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je pense et même je le souhaite au plus profond de moi, qu'un jour une école de france pays initiateur des dro
Par Anonyme, le 02.10.2024
mon dernier commentaire semble avoir été coupé. avec le smartphone c'est moins pratique. je disais que j'avais
Par Michèle Pambrun , le 15.08.2024
je m'avise de ce que vous êtes du même pays géographique que marie-hélène lafon et bergou. pierre bergounioux
Par Michèle Pambrun , le 15.08.2024
j'ai regardé, on est toujours curieux de la vie des écrivains qu'on aime, tant pis pour eux
Par Michèle PAMBRUN , le 15.08.2024
je vais l'acheter illico.
de séverine chevalier j'ai lu jeannette et le crocodile.
c'est une voix singulièr
Par Michèle PAMBRUN , le 15.08.2024
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Date de création : 08.07.2011
Dernière mise à jour :
31.01.2025
425 articles
Joyland
De Stephen King Editions Albin Michel
Je sors d'une période heureuse ...Puisque je lisais un Stephen King ! C'est toujours un grand moment pour moi de commencer le dernier né du "maître". Je ne me jette pas goulument dedans tel un chien affamé sur sa gamelle de croquettes hors de prix (Vous avez remarqué que la nourriture des animaux de compagnie est devenue un véritable business ?)
Bref, j'ai à peine débuté mon billet que déjà je digresse ... Avant d'entrer dans un roman de King je tripote le livre, je le renifle, le détail sous toutes ses coutures. Je fais tourner les pages en écoutant ce son si caractéristique des feuilles qui se poursuivent, ce petit souffle d'air et cette odeur de papier si typique. A ce moment là seulement je peux ouvrir le livre pour de bon, l'oeil curieux, le coeur battant. Je suis comme un enfant qui se forcerait à attendre avant de dévorer un glace posée devant lui, qui sait qu'il la mangera quoi qu'il advienne, qui savoure ce moment qui précède.
S'agissant du passé, on écrit tous de la fiction. Cette phrase je l'ai péchée dans Joyland. Elle claque de toute sa vérité.
Devin Jones a 21 ans à l'automne 1973 lorsqu'il se rend à Heaven's Bay en Caroline du Nord pour postuler à job en attendant son retour à l'université. Il en a gros sur la patate notre Dev. Depuis deux ans il fréquente Wendy, il en pince pour elle, il pense Wendy, respire Wendy, projette Wendy. Mais pour la première fois, les voilà séparés. Wendy a dégoté un job vers Boston avec une copine. Dev sent que quelque-chose cloche, le fond de âme sent la fin proche, mais Devin ne veut pas voir, il ne veut pas savoir, il se voile la face. King résume très bien ce mécanisme : Tu commences par t'inquiéter, et puis tu commences à piger, et ensuite tu sais.
Le voilà embauché et locataire d'une chambre chez Mrs Shoplaw. Son job ? Gentil assistant dans un parc d'attraction indépendant, le Joyland. Ce parc, un des derniers rescapés d'une époque où tout était possible résiste encore aux rouleaux compresseurs qui broyent tout sur leur passage. Ces énormes machines à divertir, ces vastes étendues aseptisées estampillées Disney machin chose qui prétendent vendre du rêve mais où les employés vient un cauchemar et où la surprise a déserté le moindre recoin. Dans ce parc où l'humain est encore au centre des préoccupations, Devin Jones va vivre une période qui le marquera pour la vie. Il va s'immerger dans un monde fabuleux, qui possède son propre langage (La Parlure) un dialecte vernaculaire très imagé et poétique. Un monde de rêve qui vend du rêve, un endroit posé au bord de l'océan, presque niché dans le sable de la plage.
Très vite notre jeune homme se fait deux très bon amis, Tom et la sublime rousse qui répond au nom d'Erin. Pendant tout le temps qu'ils passeront ensemble à Joyland ils seront inséparables. Ils passeront d'inoubliables soirées sur la plage, autour d'un feu, à boire des bières et se faire des confidences. Ils referont le monde, étaleront leurs projets, leurs rêves, soigneront leurs blessures. Et justement Devin est gravement blessé. C'est officiel, Wendy vient de le larguer. Sans le lui dire ouvertement, juste en s'éloignant peu à peu, comme une boué s'écartant d'un naufragé au gré de la houle jusqu'à qu'il ne la voit plus.
Au court d'une des premières soirées chez madame Shoplaw, cellle-ci leur raconte la terrible histoire de Linda Gray. Cette jeune fille était venue s'amuser à Joyland avec son copain. Dans le manège du train fantôme, dans la zone non éclairée, il lui a tranché la gorge et a disparu. Mme Shoplaw leur confie que depuis, plusieurs personnes ont vues le fantôme de Linda Gray dnas le train fantôme ...
Dès lors, Dev n'aura de cesse de tenter de voir ce spectre, d'éprouver le grand frisson. Sa curiosité est piquée et il débute une enquête pour démasquer le tueur "au tatouage".
Alors qu'il se rend à son boulot à pied par la plage, il fait la connaissance de Mike un enfant malade, d'Annie sa maman et de Milo son chien. Il ne le sait pas encore mais cette rencontre va s'avérer déterminante et marquer sa mémoire et sa vie d'un trait indélébile. Une rencontre comme nous n'en faisons que très rarement, une rencontre lumineuse et sombre à la fois, sublime et affreusement triste. Très vite Devin va se rendre compte que le petit Mike possède un don rare et précieux ... L'aventure commence là ...
Stephen King a bien roulé son monde. Nous avons cru à l'arrivée d'un nouveau roman effrayant, il n'en est rien. A la surprise générale le "maître" nous offre comme un magnifique cadeau, un roman très émouvant et palpitant. Il nous replonge dans les seventies, l'année 73 et son cortège de fantômes. Le King (l'autre, avec la banane et les kilos en trop) est encore vivant, la guerre du Viet-Nam n'en fini pas d'agoniser, la crise pétrolière aiguise sa lame et ma femme vient de naître (ça ce n'est pas dans le roman). L'auteur nous décrit cette année charnière avec une précision et une couleur incroyable, avec son sens inégalé de la narration il nous transcrit une ambiance presque palpable tandis que les Beach boys chantent les bonnes vibrations. Les années insouciantes, les années de l'Amérique à pleine puissance en version libre !
Quel talent monsieur King. Déjà dans "Misery" l'ombre du grand écrivain dépassait du livre et dans la ligne verte on ne voyait qu'elle. Stephen King sait écrire bien autre chose que des histoires qui font peur, il casse le mythe et nous montre qu'il est capable de nous émouvoir, de nous installer dans l'empathie, de raconter une histoire tout en décrivant une époque, une société, un style de vie. Il y a du Richard Ford dans ce King là, et croyez bien que je n'exagère pas. Les amateurs de frissons en seront pour leurs frais, où alors ce sera des frissons d'émotion, d'amitié, d'attachement. Avec une maîtrise parfaite, le "maître" nous emmène (car c'est un voyage les amis) où il veut, comme il le veut et quand il le veut. Et je dois bien l'avouer, je l'aurais laissé me conduire encore longtemps, bien après le mot fin et les adieux déchirants aux personnages. Et puis le style, limpide (mais pas transparent), fleuri, humoristique et très imagé. Un pzetit exemple ?! Tenez, cette scène dans laquelle Devin se trouve sur la plage : Une demi lune s'était levée traçait un sentier de lumière sur les flots.
Ce roman est la confession à la première personne d'un jeune homme qui a vu sa vie changer en quelques semaines. Il nous raconte ses illusions envolées, ses peines violentes (y-a-t-il des peines non violentes lorsque l'on a 21 ans ?), il nous confie comment il a dit adieu à son enfance et son adolescence alors que rien ne l'y avait préparé. Il nous raconte avec franchise comment la vie et les évènements l'ont dépouillé de son costume d'ados et lui ont fait endossé des habits d'homme, meurtri mais accompli.
Comme je l'ai dit plus haut, ce roman est aussi un fantastique voyage dans le milieu du divertissement et de la fête, la planète des forains, si attachante et particulière. Vous allez y croiser des personnages si réels que vous vous surprendrez à les voir apparaître à côté de vous pour peu que vous entendiez la sonnerie de la grande roue, les coups de carabines à plomb, les musiques entraînantes et les cris des terrifiés s'échappant du train fantôme, vous savez le train où une jeune fille a été assassinée ... J'ai relevé pour vous cette tirade d'un des forains, un ancien, un vieux de la vieille, un "forain de chez forain", Pop Allen, le forain en question donne sa définition de l'Histoire page 71 : L'histoire c'est la merde collective et ancestrale du genre humain, un énorme tas de fumier qui n'arrête pas monter. A l'heure où je te parle, on est planté debout au sommet.
Si ça ce n'est pas magistral ! On cerne la personnalité de Pop Allen à la perfection. En une phrase, l'auteur nous a présenté le vieux Pop.
Prenez un ticket, une barbe à papa, bouclez votre ceinture et profitez, c'est tonton King qui invite !