Au fil des images
Thèmes

travail vie monde homme bonne chez mer enfants belle coeur mort heureux musique nature fleurs livre éléments pensées pouvoir extrait enfants

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Petites critiques littéraires (286)
· Les chansons sont aussi de l'écriture (13)
· INTERVIEWS D'AUTEURS ET ECRIVAINS (6)
· Peintures et mots enlacés (30)
· Classiques contemporains (14)
· Récit de dédicaces (17)
· Humeur d'auteur (15)
· Coups de coeur (8)
· Les mots du cinéma (13)
· Coups de sang ! (4)

Rechercher
Derniers commentaires

je pense et même je le souhaite au plus profond de moi, qu'un jour une école de france pays initiateur des dro
Par Anonyme, le 02.10.2024

mon dernier commentaire semble avoir été coupé. avec le smartphone c'est moins pratique. je disais que j'avais
Par Michèle Pambrun , le 15.08.2024

je m'avise de ce que vous êtes du même pays géographique que marie-hélène lafon et bergou. pierre bergounioux
Par Michèle Pambrun , le 15.08.2024

j'ai regardé, on est toujours curieux de la vie des écrivains qu'on aime, tant pis pour eux
Par Michèle PAMBRUN , le 15.08.2024

je vais l'acheter illico. de séverine chevalier j'ai lu jeannette et le crocodile. c'est une voix singulièr
Par Michèle PAMBRUN , le 15.08.2024

Voir plus

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "sebastienvidal" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Articles les plus lus

· Brothers in arms (Dire Straits)
· Mistral gagnant
· L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas
· Entretien avec Claude Michelet
· INSURRECTION, les maîtres d'Ecosse

· Légendes d'automne de Jim Harrison
· Des roses et des orties de Francis Cabrel
· Pierre Bachelet
· Il est libre Max de Hervé Cristiani
· Récit de dédicaces
· L'alchimiste
· Pensées pour nos Poilus
· La ligne verte, de Stephen King
· L'équipage, de Joseph Kessel
· "Les enfants des justes" de Christian Signol

Voir plus 

Statistiques

Date de création : 08.07.2011
Dernière mise à jour : 31.01.2025
425 articles


pèle mèle

Le coeur régulier de Olivier Adam

Publié le 03/05/2015 à 17:10 par sebastienvidal Tags : vie monde homme bonne chez mer enfants belle coeur mort heureux musique nature fleurs livre éléments pensées pouvoir extrait
Le coeur régulier  de Olivier Adam

Le coeur régulier

De Olivier Adam,    en poche chez Points

 

 

 

 

 

Nathan est mort. Sa soeur Sarah est persuadée qu'il s'est suicidé. Son frère, éternel écorché vif et inadapté à la vie avait pourtant trouvé l'espace d'une respiration, un endroit où être heureux, enfin apaisé. Cet endroit se situe au Japon, au milieu d'un village côtier où le temps s'est suspendu, un lieu dans un écrin de nature. Alors Sarah va partir là-bas pour comprendre, remonter le fil de la vie de son frère, disséquer, examiner et trouver des réponses aux questions qui laminent son âme. Elle part en vacances, elle part aussi et surtout en convalescence. Là-bas, écartelée entre le besoin de savoir et celui de se reconstruire Sarah va apprendre beaucoup sur la vie, ses proches et surtout sur elle. Un homme qui a bien connu Nathan va agir sur elle comme un onguent, une crème cicatrisante. Cet homme est suivi par la rumeur de sa légende, il est celui sauve les vies au bord du précipice, recueille les âmes perdues. Au chaud au creux de ses mains ridées, elles se refont une santé et parviennent le plus souvent à reprendre leur envol, tels des papillons fragiles et conquérants.

 

C'est le premier livre d'Olivier Adam que je lis. C'est une très bonne surprise, je remercie Carole de me l'avoir offert, elle m'a donné un billet pour le Japon que je ne connaissais pas, et pour beaucoup plus que cela.

Olivier Adam possède un pouvoir pas si répandu, il se cache dans son écriture une petite musique de miel empreinte de tristesse. Loin de nous enfoncer dans la déprime elle nous caresse le coeur et nous oblige à en redemander. J'ignore comment il fait cela, mais c'est bougrement efficace.

L'auteur explore les esprits de ses personnages et s'immisce dans les interstices de leurs pensées les plus repliées, les plus intimes. Nous assistons à un tableau de l'aventure humaine, une aventure dure, parfois sans pitié, triste et pourtant pleine d'espoir.

Cette petite musique entêtante est rehaussée par un style tourné vers la beauté. Loin de s'autocentrer, il inonde les pages de passages magnifiques sur les paysages, les caractères, les éléments en pleine puissance.

Olivier Adam est aussi capable d'écrire des passages sublimes et touchants sur la famille, comme ce paragraphe page 78, un tableau avec une maman placée au centre qui parlera à tous. C'est cela un écrivain, quelqu'un qui parle aux souvenirs de tant de personnes alors qu'il ne les connaît pas. Il les saisit, les emporte pour les plonger dans le berceau des souvenirs, entre les eaux émouvantes de l'enfance et de l'adolescence, cette période durant laquelle les adultes croient leurs enfants insensibles et égoïstes alors qu'ils perçoivent tout, ressentent tout, et au centuple.

 

Tou à l'heure je vous parlais de nature, et bien nous y sommes dans cet extrait de la page 100 : Le jour s'ouvre doucement et je descends vers la mer. Les branches ploient sous poids des singes, les corbeaux se mêlent aux rapaces, planent au-dessus des forêts denses, des montagnes à perte de vue où la brume s'accroche en écharpe. Le long du chemin les lanternes sont éteintes, couvertes de mousse, de lichen. Partout les les maisons semblent abandonnées, aucune lampe ne les éclaire, entre mes doigts des fleurs tardives se détachent sans peine, leurs pétales s'égrainent et jonchent les graviers.

 

Je ne sais pas vous mais j'y étais, je pouvais tout sentir, je levais la tête pour voir les corbeaux trembler sous les rafales de vent, j'entendais leur cri rauque se répercuter sur les rochers.

Des passages de ce niveau sont légion, ils ravissent et époustouflent. Je me souviens d'un moment ou l'auteur décrit un instant de volupté, Sarah est allongée sur son lit, fenêtre ouverte, le bruit de la pluie sur le toit la berce, et le monde et ses senteurs s'engouffrent dans la chambre.

 

Avec son microscope à émotions, Olivier Adam écrit avec éclat sur ces "actes manqués" qui jalonnent nos vies, ces gestes oubliés, ces phrases que l'on aurait dû prononcer et qui sont mortes au bord de nos lèvres, dans un soupir. Il n'a pas son pareil pour mettre en scène des rapports tout en retenue, les gestes bienveillants mais mal interprétés, les impulsions salvatrices et finalement tuées dans l'oeuf. Il braque le projecteur sur le grain de sable qui grippe la belle mécanique humaine.

 

Ce livre est un subtil moment de grâce qui se promène avec nonchalance entre nos mains.

 

Je laisse le dernier mot à l'auteur et ce passage de la page 191 : ... la pluie sur le toit produit un cliquetis mat, dégouline des gouttières, se dilue dans la mer, le monde n'est plus qu'une rumeur océane, une grande peau glissante et silencieuse.