Postulations contradictoires.
Je n'ai rien résolu, et j'arrêterai probablement d'écrire ici avant de prendre une décision.
6 ans.
La tête dure comme un caillou, l'obstination portée fièrement en blason, le coeur sur la main et une préférence marquée pour les bisous. Mon doux-dur, mon Paolo, qui me rend dingue, chaque jour un peu plus. Personne n'a comme lui la capacité de se couler à ce point exactement dans mes bras, adoptant une forme qui nous devient commune. Mon caméleon, shape-changing, malléable à en devenir une partie de ma chaleur.
Qu'est-ce qui, depuis un an, a changé? Je n'ai pas l'impression qu'il change. Il est la personne la plus fidèle à lui-même que je connaisse, sans pause ni calcul. Toujours la même tête têtue, le même sourire soleil, les yeux les plus beaux qui se soient posés sur moi. Il grandit, apprend un peu (il ne tient pas trop à apprendre), s'habitue doucement aux changements qu'il n'aime pas trop. Pour la première fois depuis que nous avons quitté Paris (il n'avait pas trois ans), il a commencé l'année dans un lieu et un environnement connu. Je le regarde y évoluer avec l'étonnement heureux qui lui vient d'une innattendue familiarité. Pour la première fois, il va pouvoir inviter ses copains à son anniversaire. Il n'en peut plus d'attendre le jour de la fête.
Je n'ai même pas pensé, comme l'année dernière, au jour de sa naissance. Aujourd'hui, je n'ai pensé qu'à lui, lui tel qu'il est aujourd'hui, à 6 ans. Comme un caillou qui fait facilement des étincelles, si on sait s'y prendre.