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vendredi 3 janvier 2014

Lumière des ténèbres


Dans la galaxie des fanzines, Darkness, dirigé par Christophe Triollet, se situe résolument à part. Chaque numéro se construit à partir d'un ou deux dossiers très denses consacrés aux questions de censure, d'interdits, d'obscénité et autres déviances cinématographiques. 
Pour autant, le but n'est pas de choquer ou de racoler les amateurs de cinéma extrême mais bien de réfléchir en profondeur aux limites aussi bien légales que morales qui peuvent concerner le cinéma. Juristes, universitaires, journalistes professionnels et autres spécialistes de tous poils font de Darkness une somme qui pourrait en rebuter certains mais, heureusement, il y a Christophe Bier...
Le numéro 14 est disponible chez Sin'Art, le communiqué de presse annonce clairement la couleur : 

"Qu'est-ce que le cinéma obscène ?
Dans les années 30, le code de production américain interdisait les baisers « excessifs ou
lascifs » qualifiés d'obscènes par une élite bien-pensante. Mais l'obscénité se rapporte-t-elle
exclusivement à la sexualité et à sa représentation ? Quelles différences existe-t-il entre
l'obscénité et la pornographie, l'indécence et l'érotisme ? L'obscénité ajoute-t-elle
nécessairement l'atteinte à la dignité humaine à celle infligée à la pudeur par le législateur ou
bien constitue-t-elle simplement l'alibi moral de ce qui ne doit pas être rendu accessible au
plus grand nombre ?
Si tout écart par rapport au modèle de sexualité normée demeure une perversion aux yeux de
notre société, la liste des interdits est souvent bien différente ailleurs dans le monde. Ainsi au
Japon, le bondage, le sadisme et certaines pratiques extrêmes y sont admis alors que dans le
même temps l'image de la pilosité est soigneusement évitée.
Le 14ème numéro de Darkness Fanzine vous propose d'explorer certains des sujets les plus
controversés sur grand écran mais aussi de voyager à travers l'histoire de la réglementation
du cinéma et de la télévision aux États-Unis.
Sur plus de 150 pages, Agnès Giard (Libération.fr), Chloé Delaporte (Université Sorbonne
Nouvelle), Albert Montagne (Histoire juridique des interdits cinématographiques en France),
Benjamin Campion (Libération.fr), Alain Brassart (Université de Lille III), Christophe Bier
(Dictionnaire des longs métrages français pornographiques et érotiques en 16 et 35 mm),
Isabelle Labrouillère (École supérieure d'audiovisuel de l'Université de Toulouse II), Alan
Deprez (Lui.fr) et sept autres auteurs ont apporté leur contribution à ce numéro exceptionnel.
"

mardi 1 octobre 2013

jeudi 13 juin 2013

Actualité fanzinale

Après Edwige Fenech (3ème tirage), Charles Bronson (deuxième tirage) et la Nazisploitation (épuisé), le fanzine Toutes les couleurs du bis devrait continuer à cartonner avec son numéro 4 consacré à Tobe Hooper. On apprend beaucoup dès la couverture, notamment que le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse compte une filmographie de 26 titres !

On avait aussi un peu oublié d'évoquer la sortie du numéro 2 du hors-série que le très recommandable Cinétrange a consacré au cinéma des années 80. 130 pages qui viennent compléter un premier volume déjà fort copieux, de quoi vous donner envie d'aller rouvrir vos cartons de vieilles VHS qui moisissent à la cave !


On peut commander les fanzines ici et .

dimanche 6 janvier 2013

Métaluna est désormais en librairies

On a déjà dit tout le bien qu'on pensait de Métaluna, et l'on  récidive. Tout en couleurs, sur papier glacé, l'objet ressemble à un véritable magazine professionnel. Heureusement, le contenu rédactionnel garde l'esprit fanzine. 
Le sommaire propose ainsi un dossier+interview autour de Ray Harryhausen, un sujet original concernant les films de guerre de la Hammer, un article un peu moins original mais toujours bon à prendre sur Barbara Steele, et  beaucoup d'autres réjouissances, notre préférence allant à la dizaine de pages consacrées aux Space Boogers, sous-titré "Les fluides mortels et autres crottes de nez venues de l'espace" (Le Blob, par exemple). 
Même si l'équipe de Métaluna Productions a d'autres activités prenantes (notamment la production du prochain film du tandem Maury/Bustillo), le fanzine tient bon et en est déjà à son numéro 8.


On peut se procurer la chose sur leur site, où dans certaines libraires spécialisées qui font bien leur boulot.

vendredi 21 décembre 2012

Miroir Noir, fanzine flibustier

Même dans l'univers autonome et libre des fanzines, il y a des conformistes, des besogneux qui vénèrent  tellement leurs ainés des années 70 qu'ils refont sensiblement la même chose 40 ans après. 
Nous mêmes, à Peeping Tom, n'avons nous pas pêché par manque d'imagination en reprenant sans le savoir le nom d'une publication créée en 71 par Michel Heurtault ?

Mais foin d'auto-flagellation, célébrons le sang neuf, l'iconoclastie, le ruage dans les brancards d'un nouveau venu qui vient de sortir son numéro 2 : Miroir Noir
Plus de 250 pages, format A4, en noir et blanc, abordant non seulement le cinéma de genre et le cinéma d'exploitation mais aussi, entre autres, le surréalisme, la musique psychédélique, les rapports entre drogue et littérature et Jean-Pierre Bouyxou !
L'éclectisme n'est pas seulement dans le sommaire : malgré une  certaine sobriété (certaines pages de textes sans illustration), la maquette est très hétéroclite, varie à l'envi la taille des caractères ou enchaine plusieurs pages de photos à la suite d'un article, privilégiant particulièrement le nu féminin. On notera par exemple une section fétichiste et roborative de plus de 20 pages consacrées au "bain au cinéma".
Mais l'originalité fondamentale de Miroir Noir vient d'une sévère tendance à privilégier liste, référencement et retranscription. On y trouve ainsi l'intégralité d'échanges passionnant tirés d'émissions de radio (Mauvais Genre) ou de bonus DVD. Si cette tendance à la citation exhaustive peut sembler surprenante et peu orthodoxe (Droits d'auteurs ? Quels droits d'auteurs ?), l'assemblage de ces sources orales retranscrites à l'écrit amènent un recul particulier sur les propos spontanés tenus lors d'une émission de radio ou d'un entretien filmé. 
C'est cet esprit frondeur et atypique, lié à la richesse de ces assemblages qui fait de Miroir Noir un fanzine à nul autre pareil. Comme il n'y a pas de faute de gout, on oublie les fautes d'orthographe, et l'on se plonge avec délice dans ce sommaire anarchique. Des dossiers opiacés, des discussions enflammées sur le cinéma porno, la discothèque idéale de Julian Cope, un dossier sur les Krimi adaptés des romans d'Edgar Wallace, et des nichons en veux-tu en voilà : le pavé ressemble à un kaléidoscope dans lequel on finit par se perdre avec complaisance. Le responsable de la chose est Mickaël Gueydon qui se tape une grosse partie du boulot aidé par 3 autres rédacteurs. 

On peut se procurer Miroir Noir pour 10€ ,port compris, en adressant un courrier à :
Mickaël Gueydon – 12, rue des Agaches – 62000 Arras
Le numéro 1 est épuisé depuis longtemps. Grouillez-vous !

vendredi 19 octobre 2012

Enfin !

Un petit mois de retard, mail il est là : voici quelques pages du Numéro 7 de Peeping Tom.
Par choix, nous sommes passés à une couverture non pelliculée que nous trouvons plus belle et qui devrait éviter certains gondolages des numéros précédents.
Pour le commander en ligne, aller à l'onglet Boutique.





























mardi 24 avril 2012

Un rétroviseur en or massif

L'objet est tombé un petit peu sans prévenir. Et il n'a pas encore fait tout le boucan qu'il devrait faire...
ROCKYRAMA n°1, énorme hybride de quelques 340 pages se situant dans une zone inconnue entre le livre, la revue de librairie et le fanzine de luxe. Un concentré de fétichisme, de l'aveu même de son rédacteur en chef, Johan Chiaramonte, porté par un amour déraisonné des années 80.
Pour avoir une idée de la culture mise en avant par l'équipe rédactionnelle, c'est très simple : il suffit de partir en page 290 et découvrir le top 10 des films de la décennie, établi et commenté par ce même rédac'chef  et Guillaume Baron, autre obsessionnel qui semble particulièrement impliqué dans la chose :


1 Piège de Cristal de John Mac Tiernan
2 L'Empire contre-attaque d'Irvin Kershner
3 Shining de Stanley Kubrick
4 Aliens, le retour de James Cameron
5 Blade Runner de Ridley Scott
6 Predator de John Mac Tiernan
7 Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg
8 Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg  
9 Terminator de James Cameron
10 Retour vers le futur de Robert Zemeckis

On l'aura compris au vu de cette liste : ce qui est célébré ici ce sont les années 80 de la testostérone, du merveilleux, du plein la gueule et de la pop culture. La revue de détail le confirme : ROCKYRAMA choisit la culture populaire. Tout l'underground, toute la contre-culture de l'époque est hors-sujet.


Une esthétique
D'emblée, avant de lire la première ligne, s'impose une évidence : la chose a de la gueule. La couverture assume le kitsch d'époque en mêlant le Stallone en cuir et lunettes de Cobra, le Kurt Russell version Plisken, l'incontournable De Lorean et deux ou trois autres marqueurs de la culture eighties.
Mais il faut vraiment ouvrir le volume (surtout si votre pourvoyeur de culture habituel le présente bêtement emballé dans un plastique transparent, à déchirer sans vergogne) pour se rendre compte du boulot exceptionnel fourni par les graphistes et maquettistes qui s'y sont attelés.
Photos de films de grandes tailles habilement retravaillées, graphismes colorés, originaux et soignés, et -idée géniale- une tripotée de publicités d'époques qui finissent par donner un charme fou et une cohérence inattendue : l'identité visuelle de ROCKYRAMA est son premier atout et réussit à célébrer une époque passée, tout en s'intégrant parfaitement dans le présent. C'est d'ailleurs un trait qui caractérise tout le volume.



Choix rédactionnels
Impossible ici de détailler les 40 articles qui font le sommaire gargantuesque de ROCKYRAMA, mais on peut distinguer quelques tendances. En gros, les articles se divisent en quatre catégories : 
- Ceux qui balayent une tendance, un style des années 80 à travers les objets qui le composent : la pop synthétique, la culture Métal, les films à sensations fortes, etc  
- Les portraits : John Hugues, Alan Moore et les Watchmen, Tom Cruise, Run DMC...
- Les interviews : Bob Gale, John Carpenter, Joel Silver...
- Les articles qui focalisent sur un film, un objet, une histoire : Le Superman II version Richard Donner qui n'est jamais sorti, Le survêtement Laser Adidas, Police Fédérale Los Angeles, ou encore l'accident de Michael Jackson sur le tournage du spot Pepsi  
Ces approches très variées amènent aussi des différences de styles et de niveaux de traitement. On sent d'emblée qu'on est loin de l'intellectualisation universitaire et plus proche de l'esprit fanzine, ce qui n'empêche pas, au contraire, quelques articles remarquables.
Le regard transversal de Jac sur "Les nouveaux barbares", qui part du Vietnam et arrive aux jouets Mattel pour mettre en perspective la décennie des biscottos turgescents est un régal. Très touchante aussi la défense de la musique Métal envers et contre tous par Guillaume Baron, même si on peut regretter un sempiternel et anachronique règlement de comptes avec le mouvement Punk.
Les pointures pointent !  Jérome Wybon fait ce qu'il fait de mieux : du Jérôme Wybon (oui, le Superman II sorti des oubliettes c'est lui) et Stéphane Moïssakis s'échappe de Mad Movies pour un article impeccable sur Cobra, mais aussi, un papier plus surprenant sur Eddy Murphy et son spectacle de stand up édité à l'époque en VHS.
Les interviews s'avèrent toutes passionnantes, avec une réserve sur celle de maître John Carpenter que nous n'avons pas lu pour raison technique (Seul dérapage sur les 340 pages : l'impression en bleu clair sur fond bleu foncé qui rend la lecture épuisante), mais aussi deux mentions particulières :
- Jack Hues, membre de Wang Chung qui composa entre autres la B.O. de Police Fédérale Los Angeles (To Live and die in L.A.). Parce que très peu de gens en France connaissent cette pierre angulaire des années 80
- Bob Gale, producteur (entre autres) de Retour vers le Futur, pour l’honnêteté et la pertinence de ses réponses.


ROCKYRAMA n'aurait pas pu exister dans les années 80
Avec la même subjectivité que l'équipe rédactionnelle, nous accorderons la palme à deux articles vraiment jouissifs :
Dans VHS after all ! Jac (encore lui) ne se contente pas de raviver la nostalgie des bandes magnétiques et de leurs jaquettes qui faisaient passer la pire daube pour le chef-d’œuvre de l'année. Il réussit, en 2 pages, à pointer ce qui s'est perdu en 30 ans de progrès techniques qui ont rendu tout disponible, à savoir : le désir.
Mais l'article le plus étonnant reste ce récit retrouvé d'une interview avortée de Menahem Golan (directeur avec son compère Globus de la Cannon, maison de production grande pourvoyeuse de films musclés et décérébrés des années 80.) Un trip intello-gonzo, narré à la première personne par un journaliste spécialiste du cinéma japonais qui ne sait ni ce qu'il fait là, ni comment s'en sortir. Ce reportage inédit, qui témoigne 30 ans plus tard de l'incompréhension totale qui séparait la critique et le cinéma d'exploitation, s'avère avec le recul assez émouvant. Trop beau pour être vrai, en fait...
Bien sûr, tout n'est pas du même niveau et l'on nourrira quelques regrets (un article sur John Hugues, certes attachant, mais tellement amoureux de son sujet qu'il n'ose pas y mettre les doigts... Encore plus frustrant quand on partage ce sentiment pour le réalisateur de Breakfast Club, récemment disparu !) Mais, au fond, ça n'a pas grande importance. Si certains articles balayent larges, abusent des superlatifs et évitent de se salir les doigts, c'est d'une part assumé dès l'édito qui annonce la couleur, mais aussi parce que ROCKYRAMA doit autant à l'héritage des fanzines qu'à la logique des blogs, des forums, des micro-niches culturelles qui se développent un peu partout, à la réappropriation constante des objets culturels.
L'adjectif galvaudé de "culte" prend ici tout son sens : ROCKYRAMA n'est pas un ouvrage de sociologie critique mais bien une célébration rendue par une équipe de fanatiques. Ce qui en fait, comme je le disais plus haut, un objet paradoxal : tourné vers le passé mais indiscutablement d'aujourd'hui.
Il y a fort à parier qu'il sera "culte" demain...



ROCKYRAMA est publié par Black Book Editions.Il coûte un peu moins de 30€ ce qui fait beaucoup d'un coup mais s'avère plutôt honnête quand on détaille la qualité d'édition, le poids de la chose et son caractère vraiment exceptionnel.  
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vendredi 2 mars 2012

Populaire mais pointu !

La concurrence n'existant pas dans le monde merveilleux du fanzinat, il serait honteux de ne pas parler ici de nos précieux confrères activistes de Chéribibi, revue saisonnière dédiée aux cultures populaires, dont la lecture fait régaler le corps et l'esprit.
Le numéro 007, sorti déjà depuis quelques mois, persiste et signe dans la redécouverte d'objets culturels propres à réveiller nos cerveaux ramollis par la médiocrité ambiante. 
Au rayon cinéma, après d'édifiants articles sur le western Zappata (numéro 2) ou les kung-fu révolutionnaires (le 3), Chéribibi a entrepris une série de dossiers sur les femmes actives dans le cinéma populaire. Par "femme active", je n'entends pas les cheftaines d'entreprise en jupe et tailleur, mais une galerie de demoiselles en butte à la violence, l'autorité et la domination masculine qui décident que la coupe est pleine et prennent les armes, les devants, le pouvoir, etc.
Dans ce numéro 7, le dossier sur le "Rape and revenge", signé DPC, s'impose comme l'article le plus pertinent et l'un des plus complets qu'on ait lu sur ce sujet épineux. Complet et non pas exhaustif, ce qui s'avèrerait d'une part fastidieux et surtout indigeste : "... dans la préparation d'un dossier kung-fu ou western, bon je vois des daubes et c'est pénible, mais quand c'est de bon films c'est cool. Là aussi, un mauvais R&R est pénible à voir, mais par contre, un bon également." Car, comme le précise également DPC, le "Rape and revenge" qui consiste à raconter le parcours d'héroïnes qui prennent leur revanche après un viol, n'est pas un genre, mais bien une figure particulière du cinéma, qui irrigue plusieurs genres et plusieurs catégories de productions (allant de très douteux films d'exploitation à de très douteux films hollywoodiens). 
On voit très clairement tout ce que ce type d'histoires peut générer de complaisant, voire d'alibi lourdingue pour satisfaire le voyeurisme le plus odieux. Et c'est là que la qualité du dossier en impose : interrogeant très clairement le rôle que jouent dans ces films les femmes, la violence, la morale chrétienne ("oeil pour oeil") les clichés sociétaux (La victime ne l'a-t-elle pas cherché ? Le violeur n'a-t-il pas d'excuse ?) et les contraintes de production (Comment donner l'impression de défendre la cause des femmes tout en exploitant leur nudité), l'approche évite les simplifications douteuses qu'on trouve notamment sur certains forums. 
Le tri méticuleux qui s'opère sur 16 pages très denses permet ainsi d'y voir plus clair entre les films qui posent de réelles questions aux spectateurs et ceux qui alimentent ses fantasmes. On y croise pêle-mêle les fleurons du genre (de La Source de Bergman à Sweet Karma du Canadien Andrew T. Hunt, 2009, en passant par les incontournables Day of the Woman de Meir Zarchi ou L'Ange de la vengeance d'Abel Ferrara). Mais on y aborde aussi une flopée de titres méconnus qui montrent d'une part la pérennité archétypale de ce type de récits, mais aussi son évolution, ses dérives, ses curiosités et ses perles à réévaluer. 
Avec une grande vigilance sur les diverses orientations des scénarios et mises en scène de cette filmographie éprouvante, le dossier dépasse largement l'identification et le balayage d'une spécificité du cinéma pour élargir à une réflexion sur la représentation et plus simplement la place des femmes dans le cinéma..
On retrouve cette qualité de regard et cette curiosité tout au long de Chéribibi qui évoque avec la même gourmandise contagieuse la peinture (Clovis Trouille), la chanson paillarde jamaïcaine (?!) ou encore la littérature de gare (avec un article jubilatoire qui donne envie d'aller fouiner aux puces pour récolter toute la collection des TNT).

Et c'est comme ça depuis le premier numéro ! 

Chéribibi est disponible, entre autres, chez Sin'art
Sinon y'a le Chéribiblog.
  

jeudi 2 février 2012

Sept ans de rédaction


Copieux, roboratif, dense, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la nouvelle livraison du fanzine Medusa qui, après sept ans de silence, sort un numéro 23 des plus réjouissants. Porté à bouts de bras par Didier Lefevre aidé par deux poignées de rédacteurs venus de tous les horizons des cinéphilies les moins recommandables, Medusa 23 aligne quelques 222 pages avec un penchant prononcé pour le cinéma transalpin, mais pas seulement. 
On ne fera pas de revue de détail, d'autant plus que la surprise fait partie du plaisir de lecture (les pages ne sont pas numérotées : loin d'être un handicap, ça accroit l'impression de joyeux fourre-tout intarissable de ce numéro).
On se délectera donc, dans le désordre le plus total, d'interviews inédites et passionnantes (l'acteur-réalisateur d'horreur et de Z Tim Sullivan, Thierry Lopez qui raconte la jeune histoire d'Artus Films ou encore le compositeur de b.o. Franco Micalizzi), d'un dossier sur la sulfureuse Teensploitation,  mais surtout de chroniques de films de genre, de cinéma bis ou d'exploitation, qui font le plat de résistance de ce numéro de Medusa. Dans le désordre le plus total ou bien rassemblées par thèmes (western italien, fantastique espagnol...) elles évoquent des films méconnus ou carrément invisibles avec une gourmandise communicative qui excuse bien des fautes d'orthographe ou des approximations grammaticales (quel correcteur serait assez fou pour se taper 222 pages de cinéphagie ?)

Le même en coupe (ça n'est que la maquette, le numéro est relié/collé bien proprement)

Cette profusion évite la confusion grâce à une maquette claire et aérée, illustrée par de nombreuses reproductions d'affiches et de photos en noir et blanc, dans la grande tradition du fanzinat. 
Et dans cette forêt de curiosités se dégage parfois une espèce de poésie du bis, un style qui n'appartient qu'aux amateurs forcenés,  qu'aucun journaliste encarté n'est capable de produire. Citons, pour mémoire, le titre de la section consacrée aux films de cul : "Belles foufounes et  jus de roupettes". Et, tiré de la rubrique "Le bis bazar" (constitué de brèves pas toujours fraîches au vu du temps de gestation du fanzine, mais qu'importe...), ce haïku aussi mystérieux que poétique : "Si Gérard LANDRY est bel et bien français, Gérard TICHY est espagnol !"

Si l'on n'est pas certain de tenir sept ans de plus, malgré la richesse de ce chapitre 23, voilà en tous cas largement de quoi passer l'hiver au chaud. 

Pour commander Medusa Fanzine numéro 23, aller sur le blog de Medusa ou chez Sin'art



dimanche 20 novembre 2011

TORSO célèbre Joe Dante


Tandis que le dernier John Landis sortait dans une relative indifférence (Cadavres à la pelle, sorti fin aout 2011), le fanzine TORSO préparait son numéro 8 dédié à Joe Dante, l'autre grand  dévoreur de genres du cinéma américain des années 80. L'actualité éditoriale consacrée au réalisateur est d'ailleurs largement plus prolixe que sa production cinématographique, au point mort depuis 2003 (Les Looney Tunes passent à l'action) si l'on excepte un film invisible (The Hole, 2009, inédit en France... et aux Etats-Unis), ses projets avortés et ses deux mémorables Masters of Horror
Les éditions Rouge Profond sortent ce mois de novembre Joe Dante, l'art du je(u), ouvrage cumulant analyse de l’œuvre et entretien avec le réalisateur. Point de concurrence ici puisque l'auteur du livre, Frank Lafond, offre au fanzine TORSO quelques pages consacrées à la participation de Joe Dante au projet enterré : The Greatest Show Ever.  Il n'est qu'un des nombreux collaborateurs d'un numéro auquel j'ai eu la joie d'apporter ma contribution et, qu'au mépris de toute déontologie, je vous recommande chaudement. La variété des approches, qui passe allègrement de l'étude analytique à quelques échappées revigorantes (un questionnement à la fois ludique et très révélateur sur le sketch de Dante pour la version cinéma de La Quatrième Dimension), permet une lecture en zigzag, un voyage au pays des Gremlins qui va du rire aux Hurlements sans crier gare. Le tout est accompagné d'une interview du réalisateur qui s'avère passionnante... et un peu déprimante : " Mon dernier film n'est même pas sorti aux Etats-Unis. J'ai vu que le nouveau John Carpenter n'est sorti qu'en VOD, et que le dernier Peter Weir repose sur une étagère depuis je ne sais  combien de temps, attendant d'être distribué. Alors bien sûr, j'ai des projets, plusieurs, mais l'un d'entre eux seulement trouvera-t-il des fonds ?"
En attendant ce retour hypothétique et pour combattre cette frustration cinématographique, un peu de lecture ne peut que faire du bien. 

mercredi 16 novembre 2011

Grausam Rouge... bientôt le 2


Entre fanzine, revue de luxe et objet de culte, revoici Grausam Rouge, la production papier de l'éditeur Hantik Films. Le principe est de célébrer un film par numéro. 
Le numéro 2, annoncé pour le 14 décembre, proposera 20 pages entièrement dédiées à Hellraiser II, les écorchés. Privilégiant au maximum les photos en haute définition, tout en couleurs, Grausam Rouge contient aussi du texte : une présentation du film et du contexte dans lequel il est sorti. Le rédactionnel est proposé en 5 langues (français, anglais, allemand, italien et espagnol).
Pour couronner le tout, à rebours de la tendance générale, les amis d'Hantik Films réussissent l'exploit de l'année : le prix de la revue a baissé depuis le premier numéro !!!



Pour plus d'infos et pour se procurer directement Grausam Rouge, ça se passe .




jeudi 3 novembre 2011

Dommage...


Ben non, Torso ne pourra pas fêter son nouveau numéro à Marseille, comme prévu. On le regrette sincèrement, d'autant plus qu'ils n'y sont pour rien, apparemment lâchés à la dernière minute par leurs hôtes...
Cela ne nous empêchera pas d'attendre avec impatience ce nouveau numéro consacré à Joe Dante, qui devrait arriver très, très bientôt.
A suivre, donc !

samedi 13 février 2010

Peeping Tom 3 est disponible

Dos collé, couverture pelliculée, 64 pages couleurs : il est beau, il est frais, mais il est en tirage limité (100 ex) : Peeping Tom numéro 3 est disponible après bien des péripéties...



Pour commander ce numéro, envoyez un chèque de 9€ (8€ l'exemplaire + 1€ de participation aux frais de port - tarif lent) à l'ordre de Jan Jouvert - Adresse : Jan Jouvert, 92 rue Montmorency, 34 200 Sète.

On vous tiendra au courant ici régulièrement des différentes activités autour de ce numéro 3.
PS : Les deux premiers numéros sont officiellement épuisés.

Questions, remarques, encouragements : tompeeping@free.fr

mardi 28 juillet 2009

Tom s'affiche

Edouard Waintrop, journaliste, explorateur du cinéma passé et présent, président du Festival International du Film de Fribourg (Suisse), parle de Peeping Tom sur son blog "Cinoque". Il y parle aussi de plein d'autres choses passionnantes comme, en ce moment, son périple au Festival de Bologne, chroniqué quasiment au jour le jour.


C'est l'occasion de saluer et remercier ici tous ceux qui relayent la bonne parole pour faire connaître le fanzine. Sans ordre de préférence, citons Objectif Cinéma, Revues de cinéma.net, L'Antre magographique...

Il reste quelques exemplaires du numéro 2, espérons que cette déferlante médiatique en fera un collector !