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Par le-spermatozozo-id, le 12.05.2019
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Par bou, le 05.05.2019
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Date de création : 04.12.2016
Dernière mise à jour :
25.07.2026
110 articles
Tout en cherchant un nouveau lieu d'habitation, mon père tenta encore une fois de trouver quelques fonds nécessaires à notre nouveau départ dans la vie. Il eut l'idée de contacter sa belle-mère ( bobonne ) afin de réclamer fermement sa part de la maison qu'elle avait achetée avec son père ( celui de Raymond ) depuis longtemps décédé. Cette demeure qu'elle occupait encore et qui était de toute façon trop grande pour elle seule... enfin, selon Raymond.
Les relations entre eux étaient presque exécrables, avec des hauts et des bas. N'oubliez pas, qu'à la mort de son père, il avait préféré aller vivre chez ses grands-parents paternels. Raymond n'en était pas à son premier héritage mais de cette maison, il avait légalement droit à la part de son père.
Notre belle-doche n'était pas prête à se laisser dépouiller par un gredin pour lequel elle avait très peu de sentiments. Elle lui fit remarquer que de toute façon, il n'avait pas fait bon usage de l'argent qu'il avait reçu auparavant. Et, finalement, après avoir bataillé énormément, elle se rangea malgré tout à son point de vue ; la maison était effectivement trop grande et elle allait donc la vendre pour s'installer dans un appartement plus facile à entretenir.
Raymond perçut alors une ouverture et commença à espérer en retirer une belle compensation financière qui lui permettrait de rebondir. C'était mal connaître Tatie Bobonne !
La maison fut vendue et comme elle ( Bobonne...pas la maison ) était comme cul et chemise avec le notaire, ils s'arrangèrent pour présenter à mon paternel une liste longue comme un jour sans pain, qui reprenait dans les moindres détails ce que cet enfant lui avait coûté durant sa jeunesse. Pas de bol ! La somme en fin de liste présentait le même montant que ce qu'il aurait dû recevoir comme part sur la vente de la maison. Tout était faux naturellement.. mais allez le prouver !
Dans le baigneur qu'il l'a eu notre Raymond ! Finaude la vioque.
Mais, mais, mais,... cette façon d'agir allait donner une brillante idée à ma mère qui ressortira le stratagème peu après mon mariage. Je vous raconterai cela le moment voulu car pour l'instant je n'ai encore que quatre ans.
Bref, il ne pouvait compter que sur lui-même et il prit le taureau par les cornes. Et pendant que nous étions placés « en colonie » à la côte, mon paternel dégotta une petite maison sociale dans les « fonds de Leffe » près de Dinant. Avec l'aide de son nouveau patron et surtout de Lucien, mon parrain, il emménagea avec ma mère et ma sœur en meublant la maison de façon spartiate avec les objets qu'il avait pu récupérer à gauche et à droite.
Nous étions arrivé dans l'année 1956. Cette année vit la mort de Mistinguett, l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, le prince Rainier III de Monaco épousa l'actrice Grace Kelly, le premier concours Eurovision de la chanson se déroula à Lugano en Suisse, Nasser était élu président de l'Egypte et après un an d'exil au Mexique et aux États-Unis ( États-Unis qui plus tard allaient couper les ponts avec El Commandante ), Fidel Castro rentrait clandestinement à Cuba.
Le cinéma projeta notamment dans ses salles les films suivants : Crimes et châtiments avec Gabin, Blier et Marina Vlady ; La traversée de Parisavec Gabin et Bourvil ; Les dix commandements avec Charlton Heston et Yul Brynner ; Et Dieu créa la femme avec Brigitte Bardot ; Le monde du silenceavec Jacques-Yves Cousteau et Sissi impératrice avec Romy Schneider.
Quant aux chansons, qui passaient sur la TSF et dont les airs trottent encore dans ma tête il y avait, Bambinode Dalida ; Don't Be Crueld'Elvis Presley ; L'homme à la moto d'Edith Piaf ; Love me tenderd'Elvis Presley ; Quand on a que l'amour de Jacques Brel et Que sera sera de Doris Day.
Donc, dis-je, une fois installé, mes parents vinrent nous extraire de la « colonie » pour enfin nous permettre de retrouver une vie de famille jusqu'alors brisée... comme nos cœurs. La cicatrice se refermera pourtant rapidement ; c'est un don que les enfants possèdent lorsque leur existence s'améliore... ils oublient facilement les déconvenues, ils sont résilients.
Leffe-toi et marche !
Un lotissement social d’une dizaine de petites maisons blanches toutes pareilles. Une vallée très encaissée où serpentait un ruisseau. Une route qui grimpait dans une nature encore sauvage et qui servait annuellement d’étape spéciale de « course de côte » pour le rallye des Ardennes. Les habitations n’étaient pas encaquées, il y avait beaucoup de verdure, de rochers, de bois. A l’entrée de cette nouvelle contrée, le grand domaine des pères de l’abbaye de Leffe avec des potagers immenses clôturés de hauts murs de pierres. L’école communale et sa gigantesque cours de récréation étaient enclavés dans le domaine, entre l'abbaye et le jardin des pères. C’est là que j’ai fais mes premiers pas d’écolier, à la maternelle.
C'est aussi l'année où mes yeux s'ouvraient vraiment au monde, où je commençais à trouver ma place dans la famille, dans la société, où je découvrais les autres, où je commençais à poser de nombreuses questions sur tout ce qui m'entourait. Parfois, lorsque mon père n'avait pas la réponse directe à mes questionnements de savoir par exemple : comment une telle chose fonctionnait ou pourquoi ceci ou cela, il me répondait« c'est étudié pour ».
Mon père avait construit dans notre chambre un circuit de train électrique accroché aux murs ; il faisait le tour de la pièce. Il avait monté deux ponts métalliques magnifiques qui se relevaient pour le passage de la porte et l’ouverture de la fenêtre. La petite locomotive noire tirait quelques wagons, dont un wagon citerne « Shell » , un wagonnet rouge à bascule pour le transport de gravillons et pour terminer le convoi, un fourgon postal vert comme on en voyait dans les chemins de fer du Far-West. Le soir, nous le faisions circuler dans l’obscurité totale. Seuls les phares, trois petits points lumineux à l’avant de la locomotive perçaient la nuit ; elle tournait inlassablement sous nos yeux émerveillés. Tout avait été assemblé à la main, comme dans la réalité. Les traverses collées sur du ballast, les rails soudés entre eux et cloués sur les traverses. Je me souviens également d’un jouet qui me plaisait beaucoup. Il s’agissait d’un canon tracté, dont le mécanisme de percussion permettait de projeter des allumettes et avec lequel je faisais tomber mes petits soldats de plastic vert.
C’est aussi l’époque où la TSF ( Transmission Sans Fil – Radiodiffusion ) commençait à faire partie de mon quotidien. Comme l'école n'était pas très éloignée de la maison, je rentrais pour le déjeuner ( dîner ) et j’écoutais la radio le temps de midi pour suivre des contes radiophoniques pour enfants qui me fascinaient. Quant l’heure de l’école approchait, je demandais à ma mère de couper la radio, de ne plus y toucher afin que je puisse l’ouvrir en rentrant et pouvoir ainsi terminer l’histoire entamée quelques heures plus tôt.
Tout moutard que j’étais, j’avais comme tous les mioches, entamé une petite idylle avec une jeunette de mon âge avec laquelle j’avais pu faire une excursion scolaire à Cologne. J’avais reçu de mes vieux ( enfin... encore jeunes à l'époque ) une belle grosse pièce de cinquante francs comme argent de poche, j'étais aux anges. Je suis encore étonné aujourd'hui, d'avoir pu, à cet âge, à cette époque, effectuer une excursion scolaire. Nous étions bien sûr accompagnés d'une bande d'adultes, des personnes âgées si je me souviens bien.
Malheureusement, au bout d'une année de rêve, nous refaisions nos paquets pour nous embarquer vers une nouvelle destination. Pourquoi ? Est-ce que mon père n'avait pu signer qu'un bail d'un an ou avait-il à nouveau été titillé par ses envies nomades ?