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lundi 30 janvier 2023

The Deadly Spawn

 

Titre : The Deadly Spawn
Réalisateur : Douglas McKeown
Acteurs : Charles George Hildebrand, Tom DeFranco, Jean Tafler
Date de sortie en France : 
Genre : gore, science-fiction

Synopsis : 
Deux innocents campeurs trébuchent sur les restes d'une météorite et découvrent à leur insu que de monstrueuses et voraces créatures ont fait de l'autostop pour déjeuner sur notre planète. Après s'être réfugiés dans une maison isolée, les aliens se préparent à dévorer un buffet monstre : des adolescents ! 

Avis : 
Il suffit parfois de pas grand chose pour qu'un film devienne culte. Prenez The Deadly Spawn, par exemple, également connu chez nom sous le nom de La Chose (c'est d'ailleurs sous ce titre que j'ai découvert l'existence de ce film, quand je furetais dans la vidéothèque de mon oncle, avec une VHS ayant un visuel n'ayant rien à voir avec la créature du film !) : un film fauché (on parle d'environ 25 000 dollars), un réalisateur et des acteurs amateurs, pour une oeuvre qui aurait pu être rapidement oubliée s'il n'y avait un point mémorable : la fameuse Chose, justement. 
 

Le monstre extraterrestre de The Deadly Spawn est un modèle de simplicité : c'est tout simplement une gueule, remplie de dizaines de dents impressionnantes, sur un corps de ver. Pas besoin de plus, pour une créature dont l'unique raison d'être est de bouffer. Une créature animée avec les moyens du bord, mais dont l'aspect de pénis énorme et visqueux, doté de dents, est tout simplement formidable. 

Elle permet de contrebalancer les interminables séquences de remplissage, avec des acteurs débitant sans passion des tunnels de dialogues insipides : on n'attend en fait que la mise à mort des personnages, qui donnent lieu à des séquences bien gores, parfois bien sales (le visage déchiqueté en gros plan notamment) et bien jouissives (le dîner). 

Bref, on s'ennuie pas mal et trop souvent, mais on s'amuse aussi beaucoup par moments. Culte ? Certainement. Bon ? Certainement pas...



mercredi 18 mai 2022

Mutronics

 
 
Titre : Mutronics (The Guyver)
Réalisateur : Screaming Mad George, Steve Wang
Acteurs : Jack Armstrong, Mark Hamill, Vivian Wu
Date de sortie en France : 
Genre : science-fiction, super-héros

Synopsis :
Los Angeles, années 1990 – Un jeune homme, Sean Barker, découvre accidentellement un étrange appareil, le Guyver. Cet artefact peut se transformer en armure, conférant à celui qui la possède des pouvoirs considérables. Le Guyver est activement recherché par les Zoanoids, des extraterrestres belliqueux. Avec l’aide de Mizuki, sa petite amie, et de Max Reed, un agent de la CIA, Barker devra affronter les Zoanoids...
 
Avis : 
 Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Predator, Les Griffes du cauchemar (Freddy 3), Le Cauchemar de Freddy, Silent night, deadly night 4 & 5, Progeny, et bien sûr Society : le CV de Screaming Mad George, spécialiste des effets spéciaux, est franchement bien rempli. Tout comme celui de Steve Wang, que l'on retrouve notamment sur Predator, lui aussi, mais également sur des films tels que The Monster Squad, Transmutations ou encore Gremlins 2. Ensemble, ils vont réaliser Mutronics, adaptation du manga Guyver, pour un film qui fleure bon les années 90, pour le meilleur comme pour le pire. 
 
 
Si le manga de Yoshiki Takaya est apparemment assez sérieux, sombre et violent, Screaming Mad George et Steve Wang choisissent d'en prendre le contrepied total, peut-être inquiets de ne pas réussir à reproduire une ambiance sérieuse avec des monstres en latex. Résultat : un film d'action / SF totalement fou, d'une générosité franchement réjouissante, que l'on regarde entre sourire béat et moue dépitée, une oeuvre qui ne s'embarrasse ni du bon goût, ni d'un scénario cohérent, ni même de personnages intéressants.

Mais que sont ces défauts face à l'immense point fort du film : ses monstres ? Si l'on pourra certainement qualifier le film de nanar et le trouver ridicule, on pourra difficilement nier la qualité des costumes, avec des créatures qui ont une vraie personnalité (parfois trop, même). Et ça tombe bien, le film est particulièrement généreux avec ses Zoanoids, les montrant le plus possible dans sa seconde partie et multipliant les affrontements pour le plus grand plaisir du fan de tokusatsu que je suis. Bien sûr, on pourra regretter leurs séquences humoristico-ringardes, très typées années 90 (le bon gros personnage stéréotypé de Striker, juste là pour être le noir amusant de service, même après sa transformation), mais ça fait aussi partie de la douce folie du film, et je dois avouer que ça m'amuse assez. 
 
 
 
On s'amusera aussi de la présence de nombreuses tronches du cinéma fantastique de l'époque. On retrouve ainsi Mark Hamill (doit-on encore présenter le Luke Skywalker de la saga Star Wars ?), agent de la CIA moustachu dont la principale fonction est d'apparaître sur les supports promotionnels du film, quitte à faire croire au spectateur qu'il sera le fameux Guyver du film ; Michael Berryman (La Colline a des yeux, Une créature de rêve, Amazonia la jungle blanche...), qui en fait des tonnes ; Linnea Quigley (Le Retour des morts-vivants), dans une apparition en tant que... Scream Queen ; Jeffrey Combs (le fameux savant fou de Re-Animator), dans le rôle du Dr... East ; et surtout le formidable David Gale (le Dr. Hill de Re-Animator également), qui éclipse facilement le reste du casting en cabotinant comme si sa vie en dépendait !


Bref, Mutronics est un véritable plaisir coupable, le genre de bobines un peu folles et formidablement généreuses que ne pouvaient offrir que les années 90 : si vous êtes fans de monstres en latex qui se foutent sur la tronche pendant 40 minutes en faisant des bonds de 10 mètres, d'acteurs qui en font des tonnes, de bons gros clichés un peu honteux, de clins d'oeil un peu foireux, alors le film de Screaming Mad George et Steve Wang est fait pour vous !
 
 

EN PLUS : 

Disponible en BR chez Le Chat qui fume, en VOST et VF, et avec en bonus une présentation du film par l'inévitable et passionnant Julien Sévéon !

mercredi 30 mars 2022

Evil dead trap 2

 
 
Titre : Evil Dead Trap (Shiryo no wana 2 : Hideki)
Réalisateur : Izo Hashimoto
Acteurs : Shoko Nakajima, Rie Kondoh, Shino Ikenami
Date de sortie en France : 15 février 2022 (Blu-ray)
Genre : thriller, horreur
 
Synopsis : 
Aki Otani, projectionniste, femme en surpoids et solitaire, se voit hantée par les apparitions d'un garçonnet. Victime d’un traumatisme, elle éventre des femmes auxquelles elle retire l’utérus. Son amie, Emi, journaliste TV, suit les méfaits du tueur des rues. Elle lui présente Kurahashi, son amant. Une relation étrange s'établit entre eux trois...
 
Avis : 
Evil dead trap 2 n’a rien à voir avec Evil dead, mais on s’en doutait déjà après avoir vu le premier film. Plus étonnant, il n’a pas grand-chose de commun avec Evil dead trap. Changement de  réalisateur, changement de décor, changement d’ambiance pour cette suite qui n’en est pas une, et qui nous propose de suivre Aki, projectionniste obèse et timide. Et accessoirement psychopathe. 


Evil dead trap mêlait giallo, slasher, fantastique et thriller, dans le décor froid d’un bâtiment désaffecté. Evil dead trap 2 nous plonge dans les entrailles d’une mégalopole dans un drame qui va virer à l’horreur absolue. Des rues glauques, sordides, où l’on pourrait presque croiser Joe Spinell, et qui sont le théâtre de crimes particulièrement violents (cette fois, c’est Jack l’éventreur qui ne semble pas bien loin)… et mis en scène de très belle façon par Izo Hashimoto, notamment sur certains magnifiques plans larges.

L’ensemble culmine dans une dernière partie complètement folle, qui tranche radicalement avec un rythme qui était, jusque là, assez lent. On en sort un peu groggy, un peu étourdis par tout ce qui saute au visage, tant au niveau symbolique que visuel (la séquence de la baignoire), et le sentiment d’avoir sans doute raté quelques pièces pour rassembler tout le puzzle. Cela nous fera un bon prétexte pour replonger dans ce Evil dead trap 2 qui, s’il n’a rien à voir avec le premier, a quand même ce point commun : c’est une œuvre étonnante et très réussie, que l’on aura clairement envie de revoir !

 


mercredi 16 mars 2022

Evil dead trap

 
 
Titre : Evil dead trap (Shiryo no wana)
Réalisateur : Toshiharu Ikeda
Acteurs : Miyuki Ono, Aya Katsuragi, Hitomi Kobayashi
Date de sortie en France :15 février 2022 (Blu ray)
Genre : horreur

Synopsis : 
Nami Tsuchiya, présentatrice d'une émission TV de nuit, reçoit un jour la cassette vidéo d'un snuff movie tourné dans une base militaire désaffectée. Avec son équipe, elle se rend sur les lieux où un tueur entreprend de les décimer les uns après les autres...

Avis : 
Si les mots « culte » et « ovni cinématographique » sont souvent galvaudés, ils sont particulièrement adaptés à Shiryo no wana, ce film d’horreur absolument unique venu du Japon et mieux connu dans nos contrées sous le titre de Evil dead trap. Longtemps invisible chez nous, le titre s’est dévoilé petit à petit, évoqué par des fanzines spécialisés, raconté par des téméraires ayant pu en voir une version sans sous-titres. Et si on peut depuis quelques années le voir relativement facilement, le Chat qui fume permet enfin de (re)découvrir ce film dans des conditions royales. 
 

Evil dead trap (le film n’a rien à voir avec celui de Sam Raimi, et n’est là que pour faciliter son exploitation internationale) ne ressemble à aucun autre film. Mélange de thriller, de slasher, de giallo, il enchaîne les séquences folles à un rythme soutenu : de l’introduction à la Guinea Pig aux célèbres mises à mort de ses personnages (l’empalement, la scène de l’arbalète), le film de Toshiharu Ikeda prend un malin plaisir à nous surprendre et à nous terrifier, grâce à une ambiance très travaillée (ce bâtiment désaffecté, aussi froid que poisseux), une réalisation très solide et une superbe partition musicale (qui rappelle étrangement celles des Goblin).

Finalement, seul le final, bien qu’entraînant le film vers de nouveaux sommets de bizarreries, me laisse un peu sur ma faim. Cela n’empêche pas d’avoir envie de revoir régulièrement ce Evil dead trap qui, quelque part entre Cronenberg, Argento, Bava, se fait une place de choix… et est régulièrement, à son tour, cité par des réalisateurs contemporains tels que James Wan (Saw en reprend par exemple l’idée de l’appareil photo et des pièges, et Malignant pour un hommage encore plus appuyé). Une petite perle made in Japan !



mardi 6 avril 2021

La Nuit de la mort

 


Titre : La Nuit de la mort
Réalisateur : Raphaël Delpard
Acteurs : Charlotte de Turckheim, Betty Beckers, Isabelle Goguey
Date de sortie en France : 22 octobre 1980
Genre : horreur

Synopsis : 
À la suite d'une dispute avec son ami Serge, Martine accepte un poste d'infirmière au «Doux Séjour», maison de retraite isolée en rase campagne. Elle sympathise rapidement avec Nicole, sa collègue de travail, qui disparaît bientôt dans de mystérieuses circonstances. Entre une directrice autoritaire, un gardien et homme à tout faire au comportement étrange et des pensionnaires passablement allumés, Martine finit par réaliser qu'elle est prisonnière de la maison. mais surtout qu'elle pourrait courir un grave danger.

Avis : 
Entre manque de moyens et de considération, le cinéma d’horreur français ressemble en 1980 à un désert, souvent visité seulement par l’unique Jean Rollin. Parmi ces rares films, on trouve La Nuit de la mort de Raphaël Delpard, précédé d’une tenace réputation de navet, voire de nanar.



Pourtant, s’il ne s’agit évidemment pas d’un chef d’oeuvre, le film est finalement assez sympathique malgré quelques énormes défauts. On appréciera ainsi l’ambiance générale, grâce à sa galerie de petits vieux archétypaux et assez troublants. Leur lente procession dans les couloirs, lorsqu’ils s’éveillent pour aller capturer leur proie, est très réussie, avec une musique bien stressante (que je n’ai, contrairement à beaucoup, pas trouvée trop présente), malgré la tendance de certains à surjouer la menace par d’indescriptibles expressions faciales.

D’ailleurs, globalement, à l’exception d’une toute jeune Charlotte de Turckheim qui domine tout ça de la tête et des épaules, l’interprétation est assez lamentable. On pourra néanmoins concevoir qu’il est assez difficile de s’investir dans la peau de personnages aussi idiots : alors que le scénario semble nous indiquer que la chasse à la chair fraîche est une activité ancienne pour le groupe, on aura du mal à imaginer qu’ils aient pu si longtemps passer inaperçus, tant ils font tout pour être remarqués : documents et preuves laissés à la portée du premier venu, comportements inexplicablement suspects, indices échappés lors de la moindre conversation… On ne peut pas y croire, ce qui provoque invariablement le sourire.

Restent quelques effets gores réussis, et une ou deux petites surprises en fin de film. Rien qui ne fera de cette Nuit de la mort un incontournable, mais qui permettent au film d’être bien plus que le navet trop souvent décrit. Finalement, je suis assez content d’avoir investi dans le coffret du Chat qui fume !



lundi 15 mars 2021

Possession


Titre : Possession

Réalisateur : Andrzej Zulawski

Acteurs : Isabelle Adjani, Sam Neill, Heinz Bennent

Date de sortie en France : 27 mai 1981

Genre : drame, horreur

Synopsis : 

Rentrant d'un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L'amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l'amant d'Anna, Heinrich. Lorsqu'elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu'Anna s'est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres. 

Avis : 

 Si la formule est largement galvaudée, difficile de ne pas l'utiliser ici : Possession, du Polonais Andrzej Zulawski, est un film qui ne peut laisser personne indifférent, pour le meilleur comme pour le pire. Richesse thématique, interprétation hystérique, violence et sexe, il réunit tous les ingrédients pour marquer durablement le spectateur, jusqu'à le laisser un peu hébété au terme des deux heures que dure le métrage. 


 Tout commence pourtant "normalement", avec un couple en pleine rupture. Cris, larmes, coups, voisine qui savoure les miettes, enfant perdu au milieu de la guerre entre ses parents, amant perché et finalement également trahi, nous sommes dans un drame dont l'étrangeté nous frappe peu à peu. Un étrange reflet d'un côté, les cauchemars enfantins de l'autre, les mensonges de l'amant (mais en sont-ils vraiment ?), puis le comportement du personnage incarné par Adjani, entre moments d'hystérie pure et séquences d'un calme relatif. L'explosion arrive très vite, mais n'est que le prélude à l'étrange, puis à l'horreur. 

 Une horreur viscérale, que je situe plus proche du Cronenberg des débuts (Chromosome 3, par exemple) que de Lovecraft, et qui s'illustre par une créature monstrueuse ou par les crises d'Isabelle Adjani, dont celle, tétanisante, du métro, qui répousse très loin les limites de la folie sur grand écran. Sam Neill n'est pas en reste, dans une folie qui semble plus retenue, qu'il exprime comme souvent par son regard ou son sourire... mais également de façon parfois plus frontale. 

 Evidemment, un film d'une telle richesse (Zulawski parle entre autres de couple, de sexe, de politique, de double, de murs, d'enfance...) ne peut être que clivant : certains citeront par exemple l'interprétation très théâtrale comme un défaut, là où elle achève selon moi d'emmener le film dans une étrangeté permanente. De mon côté, Possession est une oeuvre formidable, qui nous plonge très loin dans ses ténèbres (au sens figuré comme au sens propre), qui nous y noie et nous y étouffe même par moments, autant grâce à son extravagance qu'à son aspect terriblement fermé et froid.




lundi 25 janvier 2021

La Bête tue de sang froid

 

Titre : La Bête tue de sang froid (L'Ultimo treno della notte)

Réalisateur : Aldo Lado

Acteurs : Flavio Bucci, Laura D'Angelo, Irene Miracle

Date de sortie en France : 30 août 1978

Genre : rape & revenge


Synopsis : 

Lisa Stradi et sa cousine Margaret Hoffenbach, âgées de seize ans, s'apprêtent à passer les fêtes de Noël à Vérone chez les parents de Lisa. Dans le train parti de Munich, elles croisent deux voyous en cavale et une bourgeoise nymphomane qui sèment le désordre. Lorsque le train est immobilisé de nuit dans une petite gare autrichienne, suite à une alerte à la bombe, les deux jeunes filles décident de changer de train et de fuir les importuns. Hélas, le trio maléfique croise à nouveau leur route. Isolées dans un wagon, Lisa et Margaret vont subir un véritable calvaire.

Avis : 

Réalisé par Aldo Lado (Je suis vivant !), La Bête tue de sang froid, également connu sous le titre du Dernier train avant la nuit reprend le postulat de La Source d’Ingmar Bergman et de La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven (Aldo Lado affirme n’avoir vu aucun de ces films, ce qui semble difficile à imaginer), sorti 3 ans plus tôt : après avoir violé puis tué deux jeunes filles, un groupe de criminels se réfugie par hasard chez les parents de l’une d’elle.


Après une longue présentation des personnages, Aldo Lado va se focaliser sur l’interminable calvaire des deux jeunes femmes. Humiliations, violences, viol et enfin meurtres : les amateurs de rape & revenge seront en terrain connu, même si le film apporte un élément original via la présence d’une femme, décrite comme perverse, qui encourage les deux marginaux à agresser leurs deux victimes. Si le film en fait un peu trop dans la violence gratuite (le passager qui passe vite fait dans le compartiment le temps de violer une des deux amies avant de repartir), son efficacité réside surtout avec le parallèle constant entre le destin tragique des deux jeunes femmes et la situation au domicile de l’une d’elle, entre échanges sur la nécessité de bannir la violence de la société, repas chaleureux, danses, rires et attente enthousiaste.

 

La dernière partie, bien plus courte, sera consacrée à la vengeance du père de famille contre les deux violeurs. Là encore, rien de bien nouveau : on sent l’influence du film de Craven sur celui de Lado, une cravate remplaçant le médaillon. Le père, qui prônait plus tôt la nécessité d’évoluer vers la non-violence, devient une Bête qui tue de sang-froid, totalement aveuglé par sa tristesse et sa haine. On pourrait également déceler une espèce de sous-texte social avec ces deux marginaux finalement piégés par les plus riches (après tout, sans l’intervention de la femme dans le train, ils n’étaient que de petits loubards sans envergure, et le rôle de cette dernière dans la vengeance achève de laisser un goût amer en bouche), mais amené avec la finesse d’un coup de couteau en plein sexe…

 

La Bête tue de sang-froid est donc un rape & revenge assez classique mais efficace, qui bénéficie surtout de son ambiance particulière (nous sommes dans les années de plomb italiennes, ce qui rappelle un peu San Babila : un crime inutile également sorti chez Le Chat qui fume) et de son cadre particulier, avec ces cabines de train qui donnent un sentiment d’étouffement et de confinement.

  


jeudi 24 décembre 2020

Gwendoline


Titre : Gwendoline

Réalisateur : Just Jaeckin

Acteurs : Tawny Kitaen, Zabou, Brent Huff

Date de sortie en France : 8 février 1984

Genre : aventures, érotique

 

Synopsis : 

Décidée à retrouver son père disparu, parti en quête d'un papillon rare, Gwendoline se lance à sa recherche avec l'aide de Beth, sa demoiselle de compagnie. Parvenues dans un port malfamé de Chine, les deux jeunes femmes sont kidnappées par des truands, puis libérées par un aventurier nommé Willard. Ce dernier accepte alors d'accompagner Gwendoline et Beth dans un long périple qui les conduira jusqu'à la mystérieuse contrée de Yik-Yak. Là-bas, au coeur d'un volcan, une reine cruelle et tyrannique dirige d'une main de fer une armée d'amazones.  


Avis :  

Réalisé par Just Jaeckin (à qui l'on doit surtout le célèbre Emmanuelle quelques années plus tôt), Gwendoline est l'adaptation de la bande dessinée de John Willie, Adventures of Sweet Gwendoline, bande dessinée ayant pour thème le bondage. Interprété par Tawny Kitaen dans le rôle titre et la toute jeune Zabou Breitman, Gwendoline est un film d'aventures érotiques qui suit une structure assez proche de l'esprit bande dessinée. Le film enchaîne ainsi les péripéties, transporte les héros d'un port chinois à une cité perdue en passant par une jungle impénétrable et un immense désert, leur faisant affronter de nombreux dangers tous évités de façon légère. 

 

Indiana Jones n'est jamais bien loin, notamment avec le personnage masculin, bellâtre gentiment macho qui se révélera peu à peu courageux et digne de confiance. Cette succession d'aventures se suit sans temps mort jusqu'à sa dernière partie mettant le trio aux prises avec les étranges amazones d'une cité peuplée par des femmes et dirigée d'une poigne de fer par une reine sadique. On entre alors pleinement dans le divertissement érotique fétichiste, avec ces femmes dénudées et / ou portant des armures évocatrices, ces instruments de torture, cette utilisation de l'homme comme un objet. 

Erotisme et violence se mêlent généreusement, rythmées par la musique composée par Pierre Bachelet (dont un thème qui donnera plus tard le tube En l'an 2001, ce qui déstabilise un peu). Bref, Gwendoline est un film généreux comme on les aime, dépaysant, sexy, drôle (Zabou est souvent hilarante), une de ces pépites que Le Chat qui fume nous permet une nouvelle fois de (re)découvrir dans des conditions royales !

 


 

jeudi 11 juin 2020

Chats rouges dans un labyrinthe de verre


Titre : Chats rouges dans un labyrinthe de verre (Gatti rossi in un labirinto di vetro)
Réalisateur : Umberto Lenzi
Acteurs : Martine Brochard, John Richardson, Ines Pellegrini
Date de sortie en France : 23 octobre 1975
Genre : giallo, thriller

Synopsis :
Un groupe de touristes américains parcourt les routes lors d'un voyage organisé en Espagne. Au cours d'une escale à Barcelone, une jeune femme du cru est assassinée. Quand on la découvre, l'œil gauche énucléé, l'image saisissante renvoie les touristes à un crime identique commis un an plus tôt à Burlington. Bientôt, c'est l'une des Américaines qui succombe sous les coups du maniaque. Pour le commissaire Tudela, le groupe de touristes est forcément lié aux crimes. Mark Burton, quant à lui, commence petit à petit à soupçonner que sa femme puisse être la coupable. Insaisissable, le tueur continue à frapper...

Avis : 
Chats rouges dans un labyrinthe de verre. Gatti rossi in un labirinto di vetro. Il faut bien l’avouer, comme souvent dans le giallo de la grande époque, ce titre est superbe. Sorti en 1975, ce film ne fait pas partie des classiques du genre que l’on voit souvent cités parmi les meilleurs, et je ne le connaissais absolument pas avant sa sortie dans un de ces magnifiques coffrets dont Le Chat qui fume (Il gatto fumatore ?) a le secret.


Il faut bien avouer que sans ce blu-ray, je ne me serais pas attardé sur ces Chats rouges. D’abord parce que je ne suis pas forcément très amateur de giallo, à l’exception de classiques tels que L’Oiseau au plumage de cristal, Les Frissons de l’angoisse ou Mais qu’avez-vous fait à Solange ? ; ensuite, parce que les seuls films que j’ai vus du réalisateur, Umbero Lenzi, m’ont laissé plutôt indifférent : L’Avion de l’apocalypse est un nanar sans grand intérêt, et j’avais trouvé Cannibal Ferox très moyen. Et pourtant, j’ai passé un très bon moment devant ce film, aussi bourré de défauts que généreux.

Evidemment, ce n’est pas au niveau de l’interprétation, assez calamiteuse, ou du scénario, qu’il faudra chercher. En revanche, le nombre élevé de victimes (malgré des mises à mort décevantes), le léger mystère entourant le groupe et ces fausses pistes assez ludiques (le film essaye de nous faire soupçonner, sans grande finesse, un peu tout le monde) donne une œuvre très rythmée et agréable à suivre, d’autant que j’ai vraiment apprécié la musique de Bruno Nicolai. On en retiendra également la séquence du train fantôme, clairement au-dessus du lot, et on regrettera que le potentiel de certaines séquences ne soit pas pleinement exploité, comme cette attaque pendant la démonstration de flamenco.

C’est peut-être parce qu’il ne ressemble pas tant que ça à un giallo que j’ai apprécié Chats rouge dans un labyrinthe de verre. Un film bourré de défauts, qui donne constamment le bâton pour se faire battre… mais qui se montre tellement divertissant et généreux que l’on passe un bon moment. J’ai hâte maintenant de voir Le Couteau de glace, un autre Lenzi que l’on peut retrouver chez Le Chat qui fume !

Note : 6/10


mardi 19 novembre 2019

Haine



Titre : Haine
Réalisateur : Dominique Goult
Acteurs : Klaus Kinski, Maria Schneider, Patrice Melennec
Date de sortie en France : 9 janvier 1980
Genre : drame

Synopsis : 
A l'entrée d'un village, une petite fille se fait renverser par un motard vétu de noir. Plus tard, un motard, habillé en blanc de la tête au pied arrive au village. L'arrivée de celui-ci va alors susciter interrogation et doute de la part des habitants du village 
Avis : 
Il y a parfois des films dont le propos est bien plus intéressant que ce que l’on a vu pendant 90 minutes. Haine en est un bon exemple. Car malgré un fond particulièrement fort, et toujours aussi tristement d’actualité, le film de Dominique Goult est quand même salement ennuyeux. 


Si le début nous intrigue, avec les premières confrontation d’un Kinski ignorant encore qu’il vient de mettre le pied dans la fourmilière et ces villageois marqués par le drame récent, on en vient rapidement à tourner en rond de façon aussi frustrante que le motard blanc coincé (un peu inexplicablement) dans le lieu. On n’échappera hélas pas à quelques lieux communs, avec cette alliance entre parias, ou ce symbole christique un peu grotesque en fin de métrage.

Pourtant, certaines séquences sont efficaces, et évoquent notamment le Duel de Spielberg, et j’ai vraiment apprécié Patrice Melennec (Frantic) dans le rôle du camionneur inquiétant et dangereux. Mais à force de se répéter, d’utiliser quelques grosses ficelles (pardonnez-moi, mais le principal problème du motard blanc est quand même d’être un peu con…), Haine ne m’a vraiment pas convaincu sur la forme, et j’ai eu beaucoup de mal à le terminer.

Mais évidemment, le message qu’il véhicule, notamment avec cette peur irraisonnée de l’étranger, cette façon de lui foutre sur le dos les crimes d’un autre, sonne encore tellement fort à nos oreilles actuellement que cette grotesque chasse à l’homme, gratuite et ridicule, reste une œuvre à voir. Avec quand même de quoi vous donner un peu d’énergie !

Note : 6/10

mercredi 13 novembre 2019

Vigilante


Titre : Vigilante
Réalisateur : William Lustig
Acteurs : Robert Forster, Fred Williamson, Richard Bright
Date de sortie en France : 12 janvier 1983
Genre : drame, thriller

Synopsis : 
Apres le meurtre de son fils et les violences faites a sa femme, un modeste electricien rejoint la milice de son quartier a laquelle il avait toujours refuse sa participation.

Avis :  
Jusqu’à il y a encore quelques jours, pour moi, William Lustig, c’était Maniac et Maniac cop. Pourtant, si la filmographie du réalisateur New Yorkais n’est pas très longue, elle comporte au moins une autre perle : Vigilante. Dans la lignée des vigilante movies tels que Un justicier dans la nuit, qui nous décrivent des individus sans histoire entraînés dans la spirale de la violence après avoir voulu venger un proche, Vigilante nous fait donc suivre le parcours de Eddie. 


Avec un point de départ terriblement efficace, bien qu’un peu difficile à avaler, le film de Lustig nous fait donc suivre la descente aux enfers de son personnage, et des conséquences de ses actes : tuer le chef d’un gang n’est pas anodin, et selon l’adage, « la violence engendre la violence ». D’autant que le meurtre de sang froid n’est pas non plus sans conséquence sur la psychologie d’un être humain normal.

En dehors de quelques séquences de remplissage, dans lesquelles il semble légitimer le recours à la justice civile, Vigilante réussit à nous faire poser pas mal de questions sur les actions de Eddie : d’un côté, on les comprend, et on peut comprendre qu’il ne croie plus en la justice. Mais à quel moment une telle vendetta doit-elle prendre fin ? A quel moment le châtiment est-il proportionnel au crime ? La dernière image du film résume à elle seule l’ambiguïté de la question, dans l’aspect dramatique est parfaitement retranscrit par l’interprétation de Robert Forster.

Avec une thématique n’a pris aucune ride (il suffit de regarder les réactions lorsqu’un meurtrier ou pédophile est arrêté – ou lorsqu’il demande une remise en liberté anticipée), Vigilante est un film terriblement efficace (l’attaque du gang dans la maison d’Eddie est glaçante) et qui nous amène à contempler la face sombre de notre propre personnalité en nous interrogeant : imiterions-nous Eddie dans sa quête de vengeance, accompagnerions-nous Nick et son groupe dans sa chasse aux criminels impunis ? Ou continuerions-nous de faire confiance à la police et à la justice ?

Note : 7,5/10