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jeudi 19 mai 2016

American nightmare 2 : Anarchy


Titre : American nightmare 2 : Anarchy (The Purge 2 : Anarchy)
Réalisateur : James DeMonaco
Acteurs : Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford
Date de sortie en France : 23 juillet 2014
Genre : thriller

Synopsis : 
Leo, un homme sombre et énigmatique, brigadier de police, est hanté par la disparition de son fils. S'armant d'un arsenal offensif et défensif, cet homme possédé est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n'ont pas les moyens de s'offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n'ont d'autre choix que de s'en remettre à leur libérateur fortuit, Leo.

Avis : 
Après un premier volet décevant, qui ne tirait absolument pas parti de sa thématique prometteuse,James DeMonaco nous offre enfin, avec cette première suite (un troisième film est déjà prévu), ce que l'on pouvait attendre de cette fameuse purge. Autour d'une chasse à l'homme assez classique, le réalisateur et scénariste va explorer les pires aspects de l'être humain.


Evidemment, il y a ceux qui en profitent pour se venger, pour laisser parler la jalousie ou le ressentiment, ou pour assouvir leurs fantasmes, seuls ou en groupes plus ou moins organisés. Les plus riches s'achètent littéralement des pauvres pour pouvoir les massacrer en paix dans leurs demeures, ou chargent des groupes de kidnapper des victimes en puissance. Bref, tout ce qu'il manquait au premier film.

Anarchy tente également d'enrichir son univers avec une réflexion sur la vengeance, ou une toile de fond politique qui, si elle n'est pas vraiment développée ni convaincante, a le mérite d'exister. Evidemment, tout cela reste en surface, afin de ne pas ralentir le rythme de cette chasse à l'homme. C'est d'ailleurs l'autre force du film : on ne s'ennuie pas une seconde, les scènes violentes se succèdent, offrant parfois quelques scènes jubilatoires.

American nightmare : anarchy est donc beaucoup plus réussi que le premier volet, embrassant enfin pleinement son concept, pour un thriller rythmé et intense, malgré quelques petits défauts. Espérons que le troisième volet continue dans cette direction !

Note : 7/10




mercredi 20 janvier 2016

Fastlife


Titre : Fastlife
Réalisateur : Thomas Ngijol
Acteurs : Thomas Ngijol, Karole Rocher, Julien Boisselier
Date de sortie en France : 16 juillet 2014
Genre : comédie

Synopsis :
FASTLIFE : aller toujours plus loin, plus vite, pour briller aux yeux des autres : telle est la devise de Franklin. Franklin est un trentenaire mégalomane obnubilé par l’envie de briller à n’importe quel prix. Il devra choisir entre devenir un homme ou continuer à vivre la Fastlife.

Avis :
Fastlife nous invite à suivre la no-success story de Franklin Ebagué : quelques années après avoir obtenu, avec une grosse dose de chance, une médaille d'argent aux jeux olympiques, le sportif n'est que l'ombre de lui-même, mais estime toujours être une star. Excès, relations douteuses, exigences irréalistes : Franklin veut aller plus haut, plus loin, et veut surtout tout obtenir immédiatement, sans aucun effort.


 A la façon d'un Rocky 3 - l'oeil du tigre, il lui faudra pourtant revenir aux sources pour se reconstruire et – peut-être – retrouver les sommets et la reconnaissance. Mais la tentation de prendre des raccourcis est souvent la plus grande. Thomas Ngijol met en scène et interprète ce personnage tellement arrogant, tellement agaçant, qu'il en devient presque agaçant malgré lui. L'humour acerbe de Ngijol nous place face à une situation assez inédite : on ne sait pas si on veut vraiment qu'Ebagé réussise, ou qu'il s'écrase à nouveau.

Evidemment, la critique de la course à la notoriété reste facile, tout comme l'importance de l'image, des rumeurs et des réseaux sociaux. Mais Ngijol fait régulièrement oublier les nombreux défauts du film par une certaine générosité et quelques situations très réussies. On sent clairement tout le potentiel de Ngijol, notamment dans l'humour acerbe, mais Fastlife peine largement à convaincre sur la longueur, en dépit d'une formidable idée de départ.

Restent quand même quelques vrais sourires, et une conclusion parfaite : ce Fastlife a tout d'un brouillon, mais est bien plus intéressant que de nombreuses autres comédies françaises de ces dernières années...


Note : 5,5/10


vendredi 15 janvier 2016

Le Sel de la Terre


Titre : Le Sel de la terre (The Salt of the Earth)
Réalisateur : Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado
Acteurs : Sebastiao Salgado, Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado
Date de sortie en France : 15 octobre 2014
Genre : documentaire, biopic

Synopsis :
Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète.
Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe.

Avis :
César du meilleur film documentaire 2015, Le Sel de la Terre se penche sur l'oeuvre du photographe Sebastiao Salgado. On y découvrira certains éléments de sa vie, mais aussi des témoignages sur ses grands travaux, la façon dont les grands drames qu'il a capturé sur image l'ont marqué et influencé.


Le film alterne ainsi entre photographies de l'artistes, scènes d'illustration et témoignages. On replonge ainsi dans des contrées oubliées, on (re)découvre certaines photographies particulièrement marquantes prises en Amérique du Sud (La mine d'or de Serra Pelada) ou en Afrique lors du génocide Rwandais. Le pouvoir de l'image fonctionne à merveille, et la succession de photographies suffit à provoquer chez le spectateur curiosité, fascination, effroi ou révolte.

C'est aussi là que se situe la limite du film : même si le cadre géopolitique de ces photos est évoqué par les commentaires, Le Sel de la Terre n'est bien souvent qu'une succession de photographies, par définition figées. On peut ainsi s'interroger sur la pertinence cinématographique d'une telle œuvre, même si voir ces images sur grand écran leur donne un jour nouveau. On perd notamment l'intérêt d'un recueil, dans lequel on peut voyager, revenir en arrière, remettre en perspective, alors que cette suite à sens unique perd tout aspect narratif, d'autant qu'elle se complaît dans la mise en valeur, parfois excessive, de l'artiste.

La vie et l'oeuvre de Sebastiao Salgado sont donc illustrées par de nombreuses photos, superbes et tragiques. Mais si l'aspect visuel est, forcément, à couper le souffle, l'intérêt de la démonstration reste discutable : on préférera finalement se plonger dans les recueils photographiques de l'artiste, finalement bien plus profonds que Le Sel de la Terre.


Note : 7/10


mardi 12 janvier 2016

Leviathan


Titre : Leviathan
Réalisateur : Andreï Zvyaguintsev
Acteurs : Aleksey Serebryakov, Elena Lyadova, Vladimir Vdovitchenkov
Date de sortie en France : 24 septembre 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Kolia habite une petite ville au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie. Il tient un garage qui jouxte la maison où il vit avec sa jeune femme Lylia et son fils Roma qu’il a eu d’un précédent mariage. Vadim Cheleviat, le Maire de la ville, souhaite s’approprier le terrain de Kolia, sa maison et son garage. Il a des projets. Il tente d’abord de l’acheter mais Kolia ne peut pas supporter l’idée de perdre tout ce qu’il possède, non seulement le terrain mais aussi la beauté qui l’entoure depuis sa naissance. Alors Vadim Cheleviat devient plus agressif...

Avis : 
Avec Leviathan, Andreï Zviaguintsev (Le Retour, Elena) vient nous offrir une image extrêmement négative de la Russie de Poutine, pourrie jusque dans ses régions les plus reculées. Corruption, violence, alcoolisme, pauvreté... Un tableau qui fera forcément scandale dans le pays du réalisateur, certains l'accusant de propager une image fausse de la Russie, uniquement destinée à exploiter les clichés pouvant plaire au public occidental.


Bien entendu, des clichés, il y en a dans Leviathan. Impossible d'éviter vodka, cigarettes et jurons chez les personnages. Pourtant, l'histoire que nous raconte Zviaguintsev reste universelle, avec la lutte inégale entre l'individu et la monstrueuse machine étatique capable de tout broyer. En refusant simplement de vendre sa propriété au maire, Kolia va peu à peu être privé de tout, sans jamais pouvoir se défendre efficacement.

Inutile de compter sur la police ou la justice : elles sont au service du pouvoir. Impossible également de se rebeller : le monstre est bien plus puissant, et s'il peut parfois être ébranlé, ce ne sera que pour frapper encore plus fort derrière. Extrêmement pessimiste, Leviathan ne nous épargnera rien de la lente descente aux enfers de Kolia, de plus en plus perdu est esseulé dans les décors si particuliers du nord de la Russie, jusqu'à un final profondément cynique.

Plus qu'une mauvaise image de la Russie de Poutine, clairement prise pour cible, c'est à une certaine conception du pouvoir que s'attaque Zviaguintsev avec son Leviathan, mêlant les idées de Hobbes à l'histoire de Job. Un film profond et poignant, magnifiquement mis en scène par un Zviaguintsev qui confirme, film après film, tout le bien que l'on pense de son cinéma

Note : 8.5/10


mardi 29 décembre 2015

Top 2014



Puisqu'on approche de la fin 2015, il me semble logique de vous livrer mon top cinéma... 2014. Oui, 2014, pour plusieurs raisons. La principale, c'est que je n'ai pas vraiment eu le temps de le faire l'année dernière. Mais il faut aussi avouer que je n'avais pas pu voir certains films très prometteurs : si certains se précipitent pour faire leur classement le plus vite possible après avoir vu 4 films sur l'année, j'ai préféré faire un tour plus complet d'une année qui a été particulièrement... animée...


Voici donc ma liste de films préférés de 2014 :

10. White God, de Kornel Mundruczò

Révoltant, violent, une oeuvre aussi intense qu'intelligente, qui met régulièrement mal à l'aise. Les scènes de chaos sont particulièrement impressionnantes, grâce à l'utilisation de dizaines de vrais chiens. Une véritable réussite.



9. Captain America : le soldat de l'hiver, de Anthony et Joe Russo

Alors que les films Marvel se ressemblent tous et n'ont finalement que peu d'intérêt, c'est par son héros le plus archétypal que le salut est arrivé : véritable suite du premier volet (ce qui est finalement assez rare), Captain America 2 est un film d'action très spectaculaire et au scénario travaillé. Le meilleur film de la saga Avengers à ce jour.


8. The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson

La formule est ringarde, mais s'applique parfaitement : The Grand Budapest Hotel est une vraie gourmandise, une sucrerie que l'on déguste sans jamais être écoeuré, grâce à un dosage parfait de différentes sortes et couches d'humour. Si je ne suis pas spécialement fan du cinéma de Wes Anderson, j'ai ici été totalement conquis.


7. Dallas buyers club, de Jean-Marc Vallée

Emmené par un Matthew McConaughey et un Jared Leto extraordinaires, Dallas Buyers Club nous fait découvrir une histoire méconnue, nous fait réfléchir, nous révolte et nous brise le coeur. Une grande claque.




6. Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki

Dernier film du réalisateur, Le Vent se lève laisse de côté la magie et la poésie des oeuvres précédentes de Miyazaki pour un film plus adulte, plus réaliste. Un regard en arrière sur une partie de l'histoire de son pays, et sur son oeuvre à travers un personnage qui lui ressemble beaucoup : Miyazaki nous abandonne avec un bijou. On saluera également l'excellent Conte de la Princesse Kaguya de l'autre grande figure du studio, Isao Takahata.

5. Whiplash, de Damien Chazelle

J.K. Simmons dans le rôle de sa vie, celui d'un professeur de musique qui semble sorti tout droit de Full metal jacket. Un génie qui torture ses élèves, physiquement et psychologiquement, et dont on ne saura jamais vraiment s'il le fait pour leur bien ou par pur sadisme. Cela donne des séquences d'une folle intensité, pour un des films les plus impresssionnants de 2014.

4. '71, de Yann Demange

Une perle d'efficacité, un film intense et prenant, qui transcende une histoire plutôt simple (un soldat perdu en territoire ennemi) grâce à un rythme impressionnant et une absence totale de concession.




3. Interstellar, de Christopher Nolan

Après sa formidable trilogie consacrée à Batman et Inception, Christopher Nolan continue de nous offrir des blockbusters aussi soignés sur le fond que sur la forme. Quelque part entre 2001, l'odyssée de l'espace et Gravity, il nous offre un voyage grandiose dans l'espace et le temps, aux côtés d'un casting d'exception. Le meilleur film de SF depuis longtemps.

2. Gone girl, de David Fincher

Tout comme Christopher Nolan, on peut faire confiance à David Fincher pour dynamiter le petit monde du blockbuster hollywoodien. Il nous offre ici un nouveau thriller vénéneux, aux nombreux faux-semblants, au cynisme omniprésent, et tire le meilleur parti de l'interprétation monolithique de Ben Affleck. Immense !


1. Dragons 2, de Dean DeBlois

Le premier Dragons était déjà formidable : sa suite réussit l'exploit rare de le surpasser.toujours plus généreux, plus spectaculaire, plus drôle, plus touchant... plus dantesque, tout simplement. Une réussite à tous les niveaux, magnifiée par une animation très réussie et un scénario intelligent, qui donne envie de rapidement retrouver le Furie Nocturne et ses compagnons !


dimanche 5 juillet 2015

La prochaine fois je viserai le coeur


Titre : La prochaine fois je viserai le coeur
Réalisateur : Cédric Anger
Acteurs : Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
Date de sortie en France : 12 novembre 2014
Genre : policier

Synopsis : 
Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Avis : 
"Inspiré de l'histoire vraie" du meurtrier Alain Lamarre, La prochaine fois je viserai le coeur nous fait donc suivre un gendarme tueur en série, interprété par un Guillaume Canet (Jappeloup, En solitaire) très loin de ses rôles habituels. Un assassin qui nous suivons au plus près, dans son quotidien, dans son travail... et dans ses crimes. Avec apparemment la volonté d'empiler le plus de clichés possibles.


Cela démarre pourtant bien, avec cette séquence où Guillaume Canet suit longuement une jeune femme avant de l'agresser. Hélas, alors que tout semblait indiquer que cet événement aurait une importance pour la suite, la victime semblant reconnaître le gendarme qui vient l'interroger à l'hôpital, l'épisode sera rapidement oublié, et le film s'enfoncera progressivement dans un classicisme assez agaçant, notamment dans la description de son meurtrier.

Car le gendarme assassin est, évidemment, une personne réservée, qui pratique la flagellation, qui est incapable d'avoir une relation avec une femme, qui est incompris par ses proches et ses collègues. Tous les clichés y passent, et font perdre toute leur force aux scènes de meurtres, pourtant réussies. L'interprétation de Guillaume Canet suit le même mouvement, sombrant peu à peu dans l'absence totale de nuances, flingué par un personnage mal écrit et dont la crédibilité s'efface à chaque seconde.

On attendait donc un peu mieux de ce film policier hélas balisé et se contentant de suivre le cahier des charges et la liste des idées les plus éculées du genre. La prochaine fois, je regarderai autre chose...

Note : 4/10




lundi 18 mai 2015

Aux yeux des vivants


Titre : Aux yeux des vivants
Réalisateur : Julien Maury, Alexandre Bustillo
Acteurs : Anne Marivin, Theo Fernandez, Francis Renaud
Date de sortie en France : 30 avril 2014
Genre : horreur

Synopsis : 
Fuyant leur dernier jour d’école, Dan, Tom et Victor, trois adolescents inséparables, se perdent dans la campagne avant de s’engouffrer dans les méandres d’un studio de cinéma abandonné depuis des années. Un lieu décrépi devenu depuis le repère d’Isaac et Klarence Faucheur, un homme et son étrange fils, bien décidés à ne pas laisser le trio dévoiler leurs sombres secrets aux yeux des vivants.

Avis : 
A l'image du cinéma horrifique international, le cinéma d'horreur et d'épouvante français est clairement en perte de vitesse, la faute à un manque d'imagination et une frilosité trop présentes. Parmi la vague actuelle de réalisateurs de genre de l'hexagone, Julien Maury et Alexandre Bustillo se démarquent un peu de leurs collègues grâce à une vraie générosité, une démarche sincère (le duo a d'ailleurs refusé de s'exiler aux Etats-Unis, préférant garder le contrôle maximum sur leurs oeuvres, quitte à bénéficier de moyens et d'exposition bien moindres), un peu gâchés par une grosse tendance à la citation.


On retrouve tous ces éléments dans leur dernier film en date, Aux yeux des vivants, rencontre improbable entre Stand by me et Rob Zombie. Le film commence comme une chronique adolescente, avec ces gamins vaguement rebelles, pas très crédibles (les souffre-douleurs trop cool, qui fument des cigarettes éteintes, ça ne fonctionne pas), avant de sombrer dans un mélange de survival et de slasher sans surprise mais relativement efficace.

Si le boogeyman du film ne dégage absolument rien, certains passages sont marquants, notamment pendant la visite du décor de cinéma abandonné ou quand le tueur se trouve dans la maison d'une des familles. Quelques moments très réussis, très efficaces, même si la sensation de déjà-vu est comme toujours très présente. A l'image du trio de héros, Aux yeux des vivants est ainsi plutôt sympathique, mais manque cruellement de personnalité.

A l'image d'A l'intérieur puis de Livide, il manque un petit quelque chose à ce film de Maury et Bustillo pour s'élever au-dessus du simple petit divertissement horrifique qu'on aura aussi vite vu qu'oublié. Dommage, parce qu'on sent une nouvelle fois un potentiel monstre...

Note : 4,5/10


samedi 9 mai 2015

Les Héritiers


Titre : Les Héritiers
Réalisateur : Marie-Castille Mention-Schaar
Acteurs : Ariane Ascaride, Ahmed Dramé, Noémie Merlant
Date de sortie en France : 3 décembre 2014
Genre : drame

Synopsis : 
Un professeur du lycée Léon Blum de Créteil (Val-de-Marne), décide de faire passer un concours qui a pour thème  : "les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi" à sa pire classe de seconde. Cette expérience va changer leurs vies.

Avis : 
Inspiré de l'histoire réelle de la classe de seconde d'Ahmed Dramé, lauréat en 2009 du Concours national de la résistance et de la déportation, Les Héritiers nous raconte donc l'histoire d'une classe à problèmes d'un lycée de banlieue qui va, grâce à un travail de mémoire sur les pires heures de l'Histoire de France, voir la vie autrement. Evidemment, il n'est jamais vain de rappeler les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale et de l'Holocauste, et on ne peut que saluer la volonté de se baser sur ces faits pour délivrer un message d'espoir pour les futures générations. Le problème, c'est qu'il faut aussi tirer un film de cette excellente idée de base, et c'est là que Les Héritiers va rapidement trouver ses limites.


Il est en effet difficile de croire à ce que l'on voit à l'écran, le récit étant trop décousu, souvent elliptique, permettant à toutes les situations de crise de se résoudre (ou pas ?) sans que nous en soyons témoins : l'agressivité d'un élève converti à l'Islam, les menaces de viol sur une élève, le racisme d'un père de famille, l'agression d'un professeur... Tout cela apparaît puis disparaît miraculeusement, comme s'il fallait rappeler le statut d'établissement à problèmes tout en s'efforçant de gommer immédiatement ces passages.

De même, l'évolution de la classe ne suit aucune logique, aucun fil rouge, et en dehors de deux élèves au parcours prévisible (dont la rebelle qui refuse de participer mais va quand même intégrer le groupe après avoir découvert Simone Veil), aucune progression tangible. Au contraire, ils deviennent miraculeusement géniaux d'un plan à l'autre, et passent du désintérêt à la motivation totale le temps d'un battement de cil. Ce manque de crédibilité vient même parasiter certains passages forts : à force de nous présenter des adolescents aux réactions improbables (l'élève qui ne parle jamais mais qui devient finalement la star de la classe), on finit par douter de la sincérité de la classe lors du témoignage d'un véritable déporté (Léon Zyguel), que la réalisation fait presque passer pour un acteur plutôt que comme une victime réelle !

Bref, Les Héritiers, c'est une formidable idée de base qui donne un film très moyen, se contentant de se cacher derrière cette idée sans jamais chercher à travailler ses personnages ou leurs idées. On en devient presque cynique à l'égard de cette histoire inspirée de faits réels qui ne véhicule ni émotion, ni réflexion...

Note : 4/10


samedi 25 avril 2015

Dumb & dumber de


Titre : Dumb & dumber de (Dumb and dumber to)
Réalisateur : Bobby et Peter Farrelly
Acteurs : Jim Carrey, Jeff Daniels, Rob Riggle
Date de sortie en France : 17 décembre 2014
Genre : comédie

Synopsis : 
Vingt ans après, Lloyd et Harry sont toujours amis – et toujours aussi débiles ! Quand ils apprennent qu’Harry est père, les deux amis se lancent dans un nouveau road trip à la recherche de sa fille. Ils vont sillonner le pays à bord de véhicules toujours plus improbables, semant la folie et le chaos jusqu’à un endroit où ils n’auraient jamais dû pouvoir se retrouver.

Avis : 
Vingt ans après Dumb & dumber, Jim Carrey et Jeff Daniels reprennent leurs rôles de Lloyd et Harry pour une suite que l'on n'attendait pas vraiment. L'original était d'une stupidité et d'une bêtise réjouissantes, et on avait un peu de mal à imaginer comment une suite si tardive allait pouvoir nous replonger dans une telle ambiance.


C'est simple : elle n'y parvient pas. On ne retrouve presque jamais la folie de l'original, à quelques rares expressions près (les révélations de vieux canulars sont assez croustillantes), et on a surtout l'impression que tout ça est très forcé, beaucoup moins naturel et spontané qu'il y a vingt ans. Cela se ressent surtout dans les prestations de Jim Carrey et de Jeff Daniels, qui paraissent avoir beaucoup de mal à retrouver leurs personnages.

Le film tombe ainsi très souvent à plat, et on n'y retrouvera aucune séquence culte. On peine même à rire ou à sourire, jusqu'à être plus gêné qu'autre chose devant une comédie plus lourde que drôle, tentant vainement de se raccrocher aux gags qui ont fait le succès du premier volet, comme la présence de certains personnages ou de certains objets, comme la célèbre voiture-chien.

Bref, Dumb & dumber de est une vraie déception, même si on pouvait raisonnablement prévoir un tel échec. La folie, l'humour et la spontanéité de l'original ont disparu, laissant la place à un grand vide dans lequel Carrey et Daniels se débattent vainement...

Note : 2/10


mercredi 22 avril 2015

Alléluia


Titre : Alléluia
Réalisateur : Fabrice Du Welz
Acteurs : Laurent Lucas, Lola Dueñas, Stéphane Bissot
Date de sortie en France : 26 novembre 2014
Genre : thriller, drame

Synopsis : 
Lorsque Gloria accepte de rencontrer Michel, contacté par petite annonce, rien ne laisse présager la passion destructrice et meurtrière qui naîtra de leur amour fou...

Avis : 
Après un Colt 45 qu'il n'aura pas cautionné, refroidi par un budget régulièrement revu à la baisse et un duo Lanvin-JoeyStarr aux chevilles gonflées à bloc, Fabrice Du Welz revient à une histoire et une ambiance qui lui correspondent beaucoup plus en adaptant l'histoire de Raymond Fernandez et Martha Beck, les "Lonely Hearts Killers".


Ambiance poisseuse, histoire sordide, images sales... Alléluia rappelle forcément Calvaire, et dans une moindre mesure Vinyan du même réalisateur. Du Welz ne recule devant rien, et son histoire d'amour horrifique entre ces deux amants diaboliques oscille entre violence crue et sexe cradingue, nous mettant régulièrement mal à l'aise, nous rendant spectateurs de ce qu'on aurait préféré ne pas voir, très loin des films ayant tendance à mettre en valeur les psychopathes.

Gloria et Michel nous fascinent certes, mais nous dégoûtent surtout. Gloria est irritante à souhait, Michel manipulateur et pervers : de vrais personnages, aussi imparfaits que crédibles, interprétés avec une conviction formidable par Laurent Lucas (bien loin de son rôle de martyr dans Calvaire) et Lola Dueñas. On en oublie ainsi très vite l'aspect linéaire de l'histoire, dont le découpage en chapitres renforce l'impression de répétition... ce qui accentue également l'horreur des situations, avec les mêmes erreurs, les mêmes conséquences aux mêmes actes, tel un ruban de Moebius morbide et dégénéré.

Alléluia n'est pas un film agréable à regarder : au contraire, on grimacera souvent devant la brutalité et la crasse de cette oeuvre atypique, qui nous replonge dans une ambiance rappelant les années 70. Celles où la créativité et les couilles d'un auteur permettaient de nous offrir des oeuvres fortes, intelligentes et puissantes, à l'image du film de Du Welz, appelé à nous marquer durablement et à se bonifier à chaque fois qu'on y repense.

Note : 8/10


samedi 11 avril 2015

La Légende de Manolo


Titre : La Légende de Manolo (The Book of life)
Réalisateur : Jorge R. Gutierrez
Acteurs : Diego Luna, Zoe Saldana, Channing Tatum
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : animation, romance

Synopsis : 
Depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts. Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.

Avis : 
Produit par Guillermo del Toro, La Légende de Manolo est un film d'animation mêlant de façon étonnante coutumes mexicaines et... mythologie grecque. En effet, si l'action se déroule dans un village mexicain, et évoque la Fête des Morts, l'histoire rappelle forcément certaines légendes de la Grèce Antique, avec cette intervention des Dieux dans les affaires humaines et les épreuves traversées par le héros afin de conquérir sa bien aimée.


Pour en profiter totalement, il faudra néanmoins faire abstraction de caractères aux looks assez particuliers, tout en angles et, pour le dire franchement, plutôt laids. Mais on oublie assez vite cet élément grâce à un univers par ailleurs très coloré et très vivant, notamment lorsque Manolo arrive en Enfer. Tout cela dynamise largement un film, permettant d'oublier un scénario assez classique bien qu'efficace.

Peu de surprises en effet, le film s'adressant en priorité aux enfants, avec une gentille histoire d'amour et une rivalité à l'issue prévisible, ou encore l'attaque de grands méchants brigands dans la dernière partie. La Légende de Manolo joue la carte de la simplicité, et le fait plutôt bien, avec en prime une morale sympathique sans être trop niaise.

Bref, The Book of life est un film d'animation très sympathique, grâce à un mélange étonnant entre aventures inspirées de la mythologie grecque et un visuel issu du folklore mexicain. Cela donne un film clairement destiné aux enfants, mais au sous-texte assez riche pour être regardé sans déplaisir par les adultes !

Note : 7/10




mardi 31 mars 2015

Le Grimoire d'Arkandias


Titre : Le Grimoire d'Arkandias
Réalisateur : Alexandre Castagnetti, Julien Simonet
Acteurs : Christian Clavier, Ryan Brodie, Pauline Brisy
Date de sortie en France : 22 octobre 2014
Genre : aventures, fantastique

Synopsis : 
Dans le village de Ronenval, tout semble normal. Trop normal pour Théo qui ne rêve que d’une chose : échapper à son destin de boloss. Un jour, il déniche à la bibliothèque un livre de magie qui contient les secrets de fabrication d’une bague d’invisibilité. Avec l’aide de ses meilleurs amis Bonnav et Laura, il décide de fabriquer cette bague. Surprise : Théo disparaît pour de bon ! Victime de trois sorcières, il reste bloqué dans l’invisibilité...Il se lance alors dans une course effrénée contre le temps. Arkandias, un étrange individu toujours à leurs trousses, est peut être le seul à pouvoir les aider.

Avis : 
Le monde a Harry Potter, la France a... Théo !? Adapté du roman d'Eric Boisset, Le Grimoire d'Arkandias nous raconte donc l'histoire de trois jeunes ados confronté à des événements magiques après la découverte d'un étrange ouvrage. Avec l'aide d'un étrange sorcier, ils vont vivre d'extraordinaires aventures, affrontant notamment trois méchantes pour sauver la famille de Théo et découvrir que l'amitié et le courage sont ce qu'il y a de plus important.


Bon, d'accord, c'est pour les gosses, mais quand même : avait-on vraiment besoin de faire aussi con, aussi vulgaire, aussi niais ? A mi-chemin entre la parodie et l'hommage à Harry Potter et compagnie (allant jusqu'à pomper généreusement le thème de John Williams), Le Grimoire d'Arkandias n'est qu'une suite de péripéties convenues et gentillettes, aussi irritante que non drôle.

Pas aidés par un scénario inexistant, les acteurs se débattent dans des rôles irritants, notamment les enfants, insupportables et publicité vivante pour l'IVG. L'unique aspect remarquable du film est sa constance, démarrant de nulle part pour ne jamais arriver à destination, parvenant à nous faire soupirer de dépit dès la présentation de Théo, ce gamin forcément mis à l'écart en classe, forcément victime d'un drame familial, forcément destiné à être héroïque.

Bref, le film prend les gamins pour des cons, et le fait avec la monstrueuse prétention de se comparer avec de grandes sagas. Indigeste, tout simplement...

Note : 1/10


dimanche 29 mars 2015

John Wick


Titre : John Wick
Réalisateur : David Leitch, Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Michael Nyqvist, Willem Dafoe
Date de sortie en France : 29 octobre 2014
Genre : action

Synopsis : 
Depuis la mort de sa femme bien-aimée, John Wick passe ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste, s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy…

Avis : 
Sorti le même mois que le Equalizer de Antoine Fuqua, John Wick raconte également le combat d'un homme seul contre l'ensemble de la mafia local, exécutant sans sourciller des dizaines de sbires dans l'unique but de se venger. Comme souvent dans ce genre de film, on apprend que le héros est un surdoué de la mise à mort : ici, John Wick est l'ancien tueur ultime de la mafia russe, celui que tout le monde redoute, et qu'l vaut mieux ne pas énerver...


Evidemment, voler sa voiture et tuer son chien, ce n'était pas la chose à faire : à partir de cet instant, John Wick sort de sa retraite, et va nous offrir exactement ce qu'on attendait : un film d'action sans aucun complexe et bourrin, avec un héros invincible et capable de coller une balle dans le crâne de dix assaillants tout en perdant des litres de sang. Dans le rôle de ce tueur implacable, Keanu Reeves est impeccable, massacrant du quidam tout en restant impassible : son absence presque totale d'expression fait merveille, et n'avait en fait plus fait mouche à ce point depuis... Matrix !

L'acteur est ainsi le véritable pivot d'un film entièrement consacré à sa gloire, délaissant, sans que ce soit un défaut, le scénario ou la cohérence. On s'amuse même de cet aspect rentre-dedans, que l'on retrouve jusque dans les interprétations de Michael Nyqvist (Millénium, le film), Willem Dafoe (4h44 dernier jour sur Terre) ou Alfie Allen (Game of thrones).

Bref, John Wick remplit parfaitement son office de film d'action bourrin et décérébré, avec des séquences jubilatoires et un Keanu Reeves dans un rôle qui lui va comme un gant. C'est finalement tout ce qu'on voulait voir !

Note : 7/10




mercredi 11 mars 2015

Samba


Titre : Samba
Réalisateur : Eric Toledano, Olivier Nakache
Acteurs : Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim
Date de sortie en France : 15 octobre 2014
Genre : romance, drame

Synopsis : 
Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d'obtenir ses papiers, alors qu'elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu'au jour où leurs destins se croisent... Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d'imagination qu'eux ?

Avis : 
Après le raz de marée Intouchables, le duo Eric Toledano / Olivier Nakache revient, toujours avec Omar Sy dans les valises, pour un drame sentimental sur fond d'immigration et d'intégration. Un film rempli de bons sentiments, tout comme leur oeuvre précédente... mais bien moins réussie.


En effet, là où le côté très "politiquement correct" du modèle s'effaçait peu à peu face à la bonne humeur du film et devenait étonnamment digeste, Samba va suivre la trajectoire inverse, nous livrant une histoire bien moins touchante et un fond beaucoup plus discutable. A trop vouloir faire de Samba le gentil noir de service, victime de la grande et méchante et trop injuste et raciste administration française, le film sombre tête la première dans la caricature et rend le personnage antipathique.

L'histoire d'amour avec Charlotte Gainsbourg, certes impeccable dans un rôle taillé pour elle, n'arrangera rien, gentille petite déclinaison sur le thème de l'amour impossible sans aucune surprise ni saveur. Aucune des péripéties ne vient vraiment troublr le rythme de sénateur du film, malgré les efforts désespérés de Tahar Rahim (Le Passé, Grand central) ou de Izïa Higelin.

On ne retrouve donc à aucun moment le charme d'Intouchables. Trop paresseux, trop politiquement correct, le film de Toledano et Nakache ne décolle jamais et se contente d'aligner les clichés pour avancer.

Note : 3/10


samedi 21 février 2015

N'importe qui


Titre : N'importe qui
Réalisateur : Raphaël Frydman
Acteurs : Rémi Gaillard, Nicole Ferroni, Alban Ivanov
Date de sortie en France : 5 mars 2014
Genre : comédie

Synopsis : 
Avec ses potes, Rémi fait n'importe quoi... Pour devenir n'importe qui. Mais Sandra, sa copine, aimerait qu'il devienne quelqu'un. Et il y arrive quand même un peu.

Avis : 
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui : depuis maintenant pas mal d'années, le Montpelliérain Rémi Gaillard multiplie avec succès les canulars, les sketchs aussi drôles que grotesques. Et alors qu'il semblait s'essouffler un peu depuis quelque temps, le voilà qui nous propose un film dédié à son célèbre slogan.


on, très honnêtement, on a l'habitude de voir ce genre de choses tomber à plat, plombé par l'équilibre impossible entre les sketchs attendus et une histoire dont on se fout royalement : le dernier Jackass, Bad Grandpa, le montrait assez bien, tout comme Les 11 commandements de Michaël Youn, et N'importe qui n'échappe pas à la règle : on s'emmerde royalement pendant une bonne partie du film, parce que l'histoire est d'une nullité assez consternante, d'autant que ni Rémi ni ses camarades ne sont de bons acteurs.

Heureusement, le film est assez court, ce qui permet d'arriver plutôt rapidement à la dernière partie où l'esprit de Rémi Gaillard reprend enfin ses droits, avec une belle flopée de séquences très drôles : on aurait même aimé que l'intégralité du film ne soit constitué que de ces gags, quitte à lui reprocher de n'avoir aucune histoire. Là encore, on pourra citer les films Jackass comme exemple, avec leurs enchaînements de sketchs sans aucun lien ni fil rouge.

Entre ennui et hilarité, N'importe qui réunit donc exactement ce que l'on pouvait craindre et ce que l'on pouvait espérer d'un film tournant autour de Rémi Gaillard. Mais on préférera sans doute se repasser en boucle ses anciennes vidéo, qui ont l'immense mérite de ne pas nous infliger une histoire insipide.

Note : 6/10


dimanche 15 février 2015

Délivre-nous du mal


Titre : Délivre-nous du mal (Deliver us from evil)
Réalisateur : Scott Derrickson
Acteurs : Eric Bana, Edgar Ramirez, Olivia Munn
Date de sortie en France : 3 septembre 2014
Genre : thriller, horreur

Synopsis : 
La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes qui menacent la ville et sa famille…

Avis : 
Avec L'Exorcisme d'Emily Rose, en 2005, Scott Derrickson avait réussi un film de possession sortant un peu de la masse des navets (Devil inside, Le Rite, Possédée, et la liste est encore longue) que le genre nous livre trop souvent ces dernières années. Certes imparfait, le film avait le mérite d'apporter une réflexion intéressante, bien que largement inaboutie, sur la confusion entre possession et maladie mentale. Avec Délivre-nous du mal, il va à nouveau se démarquer un peu du lot, ce qui n'empêchera pas son film d'être très moyen.


Ce mélange entre thriller policier et film d'épouvante très classique, va surtout s'avérer intéresser dans le premier aspect. L'enquête est intéressante, les lieux visités et les crimes découverts sont glauques, tout comme cette ambiance très sombres, avec ces nombreux passages nocturnes évoquant vaguement des films comme Seven. Eric Bana s'en sort d'ailleurs plutôt bien, dans un rôle auquel il est, c'est vrai, plutôt habitué.

Hélas, ces passages sont parasités par les passages fantastiques. Malgré un fort potentiel, comme lorsque la fille du personnage est menacée alors qu'elle est seule dans sa chambre, ou lors des recherches d'Eric Bana sur les scènes de crimes, Derrickson choisit la facilité et nous balance à la tronche un nombre incalculable de jump-scares pourris. Et, si on pouvait penser que le choix d'un homme adulte, ancien soldat, dans le rôle du possédé allait changer un peu la donne, il ne débouche que sur une séquence d'exorcisme d'une redoutable banalité...

Quelques bonnes idées et un aspect thriller intéressants, mais Délivre-nous du mal se plante lorsqu'il s'attaque à l'horreur, se vautrant dans la paresse que l'on voit trop souvent dans les films de possession... et dans les films de Scott Derrickson, qui semble avoir beaucoup de mal, malgré des films souvent sympathiques (Hellraiser V, Sinister), à vraiment convaincre à 100%...

Note : 5/10


mardi 10 février 2015

La Famille Bélier


Titre : La Famille Bélier
Réalisateur : Eric Lartigau
Acteurs : Louane Emera, Karin Viard, François Damiens
Date de sortie en France : 17 décembre 2014
Genre : comédie, drame

Synopsis : 
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à  ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l’éloignement de sa famille et un passage inévitable à l’âge adulte.

Avis : 
Il suffit parfois de peu de choses, d'un peu de spontanéité et de tendresse pour réussir un excellent film : avec une histoire plutôt simple, sans artifices, La Famille Bélier parvient à nous toucher grâce à une simplicité remarquable, en nous proposant de suivre le parcours de la jeune Paula, seule entendante dans une famille de sourds et qui se découvre un don pour la musique.


Tout en douceur, l'humour fait mouche, jouant des situations mettant en opposition la famille Bélier et leurs interlocuteurs, tout en réservant de belles séquences d'émotion, sans jamais en faire trop. Résultat : quelques passages extraordinairement émouvants, notamment lorsque la jeune Paula (Louane Emera, découverte dans l'émission The Voice, parfaite de naturel dans la peau de l'adolescente - bien plus crédible qu'Adèle Exarchopoulos dans La Vie d'Adèle par exemple) chante pour sa famille, réussissant à nous toucher en chantant du... Michel Sardou.

Cette simplicité se retrouve également dans les performances de Karin Viard (Polisse) et surtout de François Damiens, d'une tendresse et d'une retenue insoupçonnées dans le rôle du père de famille. Et si, évidemment, le film ne réserve aucune surprise et se contente de développer des bons sentiments sans jamais rien proposer de neuf, il le fait de façon impeccable.

Bref, La Famille Bélier est un très joli film qui fait un bien fou, et qui parvient à nous faire sourire et à nous toucher sans jamais en faire trop, en laissant se dérouler une histoire simple mais efficace. Une très belle réussite !

Note : 8/10


jeudi 5 février 2015

Whiplash


Titre : Whiplash
Réalisateur : Damien Chazelle
Acteurs : Miles Teller, J.K. Simmons, Paul Reiser
Date de sortie en France : 24 décembre 2014
Genre : drame, musical

Synopsis : 
Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

Avis : 
C'est l'excellente surprise de l'année, un film dont on n'avait pratiquement pas entendu avant sa sortie et qui fait depuis l'unanimité. Deuxième long métrage de Damien Chazelle, Whiplash nous propose donc de suivre l'évolution d'un jeune batteur ambitieux confronté à un professeur intraitable. Un thème finalement assez classique, mais qui va donner un film d'une étonnante intensité.


A l'image de Black swan de Darren Aronofsky, Damien Chazelle va effectuer un parallèle entre art et souffrance physique, nous montrant les conséquences physiques de la pratique exagérée de la batterie, mais aussi les conséquences psychologiques d'une pression permanente, d'une immense soif de réussir et de progresser. Dans le rôle du jeune batteur, Miles Teller (Projet XDivergente) est étonnant, traduisant parfaitement les souffrances du musicien... mais ce n'est rien en comparaison de la performance de J.K. Simmons.

Autoritaire, manipulateur, prêt à absolument tout pour faire progresser ses élèves, l'acteur principalement connu pour ses rôles dans la série Oz, Juno ou Spiderman rappelle le personnage interprété par R. Lee Ermey dans Full metal jacket, et insuffle au film une ambiance particulière, accentuant encore le côté anxiogène qui caractérise parfois cette course à la réussite. Cela se traduit notamment par l'ambiguïté du personnage, dont on ne sait jamais vraiment s'il tente effectivement de pousser ses élèves à bout pour révéler leur talent ou s'il se plait à les torturer.

Whiplash est donc l'un des tous meilleurs films de 2014, une oeuvre prenante et intense, qui transcende une histoire de base assez simple grâce à un duo d'acteurs impressionnants, Simmons trouvant ici le rôle de sa vie.

Note : 9/10


dimanche 1 février 2015

Les Nouveaux sauvages


Titre : Les Nouveaux sauvages (Relatos salvajes)
Réalisateur : Damià Szifron
Acteurs : Ricardo Darin, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia
Date de sortie en France : 14 janvier 2015
Genre : comédie, drame

Synopsis : 
L'inégalité, l'injustice et l'exigence auxquelles nous expose le monde où l'on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

Avis : 
Vous n'avez jamais rêvé de péter les plombs ? De vous venger, sans aucune retenue, d'une crasse ou d'une injustice ? C'est ce fantasme que vont réaliser les personnages centraux des Nouveaux sauvages, film argentino-espagnol produit par Pedro Almodovar. Six segments d'une vingtaine de minutes, nous montrant les réactions extrêmes d'individus normaux placés face à des situations qui les dépassent.


On suivra donc la vengeance d'un pilote d'avion, l'altercation entre deux conducteurs, la colère d'une employée confrontée à un client qui a détruit la vie de sa famille, le pétage de plomb d'un homme dont la voiture a été enlevée par la fourrière, les manipulations d'un riche homme d'affaires pour tenter de courir l'homicide involontaire qu'a commis son fils et un mariage complètement fou : des situations qui nous mettent souvent face à nos propres défauts (El mas fuerte et Bombita nous parlent ainsi directement), et dont l'humour souvent très méchant est particulièrement efficace.

Bien entendu, les sketchs sont un peu inégaux : de mon côté, j'avoue avoir adoré les trois premiers et le dernier, mais m'être un peu plus ennuyé devant Bombita et La Propuesta, qui tournent un peu en rond malgré quelques passages hilarants. En revanche, la progression du premier sketch, Pasternak, est un modèle du genre, et le joyeux jusqu'au-boutisme de El mas fuerte en fait un passage extrêmement drôle.

Si certains passages sont moins réussis que les autres, Les Nouveaux sauvages reste néanmoins une comédie piquante, un petit défouloir qui nous permet de nous faire péter les plombs par procuration. Si vous voulez une bonne grosse dose d'humour noir et méchant, n'hésitez pas !

Note : 7,5/10


vendredi 30 janvier 2015

Le Labyrinthe


Titre : Le Labyrinthe (The Maze runner)
Réalisateur : Wes Ball
Acteurs : Dylan O'Brien, Aml Ameen, Will Poulter
Date de sortie en France : 15 octobre 2014
Genre : action, aventures, fantastique

Synopsis : 
Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec un groupe d’autres garçons dans un labyrinthe géant dont le plan est modifié chaque nuit. Il n’a plus aucun souvenir du monde extérieur, à part d’étranges rêves à propos d’une mystérieuse organisation appelée W.C.K.D. En reliant certains fragments de son passé, avec des indices qu’il découvre au sein du labyrinthe, Thomas espère trouver un moyen de s’en échapper.

Avis : 
C'est la mode du moment : les romans mettant en scène des adolescents face à des événements fantastiques, permettant à un héros que l'on ne soupçonnait pas (enfin, c'est généralement le dernier débarqué) de se révéler en sauvant au passage ses petits camarades. Adaptation du premier roman du cycle L'Epreuve de James Dashner, Le Labyrinthe va reprendre tous les ingrédients du genre, pour une aventure sans surprise.


Film d'ados apparemment uniquement destiné aux ados, il part d'un postulat peu crédible pour suivre un fil conducteur cousu de fil blanc et d'incohérences. Comment, dès le début, croire à cet enfermement alors que les personnages disposent de toutes les matières premières, de tous les outils nécessaires à s'échapper sans problème ? Comment s'attacher à ces personnages que l'on a déjà vus mille fois, à commencer par ce héros à la trajectoire d'une formidable banalité ?

Sans suspense, le film tombe ainsi à plat, même lorsqu'il tente, vainement, d'apporter un peu d'intensité ou d'action. Les passages nocturnes dans le labyrinthe rappellent mollement le passage similaire de Harry Potter et la Coupe de feu, et ne parviennent hélas pas à relever le niveau. Sans doute parce qu'on se fout royalement du destin des personnages, étant donné qu'on sait d'avance qui va survivre ou non. Peut-être aussi parce que le tout est mal amené et mal foutu, jamais spectaculaire ni effrayant ni rythmé...

Bref, Le Labyrinthe est fade, lisse, l'énième pierre ajoutée à l'édifice d'un cinéma pour adolescents sans saveur, sans aspérité, uniquement préoccupé par la volonté de ramasser du blé en suivant les sentiers battus et en empêchant le spectateur de réfléchir. Le genre de cinéma qu'on aimerait ne plus voir... tout en étant conscient qu'il y aura sans doute des suites...

Note : 2/10