(Texte extrait de Le Jardin du dedans)
samedi 16 mai 2026
La pollution des opinions
vendredi 15 mai 2026
Après l'ascension...
jeudi 14 mai 2026
Bêtise utile
Le maître n'en a-t-il pas marre de lutter contre la stupidité humaine ?
Question de Fabian Roiz
La réponse de Prabhuji :
Non mon ami on ne se fatigue pas car en réalité on ne se bat pas directement contre.
Dès que vous commencez à lutter contre la stupidité humaine, vous en faites déjà partie. La folie aime la bataille parce qu'elle se nourrit d'opposition, s'engraisse d'arguments, se parfume d'idéologies et sort dans la rue fièrement en disant : « Regarde, j'ai raison ! ”
Et ne pensez pas que l'imbécilité est un manque d'intelligence, parce qu'elle a parfois un doctorat, une cravate, une chaire, un drapeau, un livre sacré sous son bras. Hannah Arendt a vu quelque chose de terrible là-dedans : le mal peut devenir banal quand la pensée s'endort. Un monstre n'est pas nécessaire ; un fonctionnaire obéissant suffit, un esprit qui répète des slogans, une conscience qui a renoncé à examiner ce qu'il fait. La stupidité la plus dangereuse ne crie pas toujours ; parfois elle signe des documents, donne des phrases, prêche des sermons et parle avec une grammaire impeccable.
Pour sa part, le sage ne se bat pas, mais allume seulement une lampe, rien de plus, et l'obscurité, au lieu de se sentir offensée, disparaît tout simplement. Il n'est pas nécessaire d'essayer de le frapper avec un bâton ou de le tirer avec un fusil de chasse. Imaginez un homme entrant dans une pièce sombre avec une épée en criant : « Obscurité, sortez d'ici ! ” Il me semble que, si c'était possible, l'obscurité éclaterait de rire. Une petite flamme suffit, une petite allumette, pour que l'obscurité qui semblait si vaste ne soit plus là. Parce que la bêtise humaine n'est pas une substance, mais une absence de conscience. Je ne vous conseille pas de la détester, car dès que vous le détester, vous en devenez contaminé ; si vous le méprisez, vous devenez arrogant et fier, et si vous voulez corriger les autres, vous devenez un réformateur professionnel, l'une des pathologies les plus respectables de l'asile humaine. Spinoza a appris que rien n'est compris alors qu'il est détesté. Haïr, c'est rester asservi de ce qui est rejeté. La vraie liberté commence quand une passion cesse de nous traîner et devient un objet de compréhension. Par conséquent, comprendre la stupidité ne signifie pas la justifier ; cela signifie l'empêcher de nous entrer sous une forme raffinée de ressentiment.
Regarde, le piège c'est de croire que la stupidité humaine n'est là que chez les autres, chez les autres. L'ego dira toujours : « Ce sont eux les stupides. ” Et en cet instant le plus grand idiot est né : celui qui croit être libre de la stupidité. Nous savons tous que dans notre société, les stupides sont la majorité. Cependant, aucun d'entre nous n'a jamais eu le plaisir de voir l'un d'entre eux se présenter comme tel, reconnaissant sa propre stupidité. Au contraire, bien que nous sachions que les cons sont majoritaires, nous nous considérons tous comme faisant partie de cette minorité lucide.
La vraie révolution commence quand on est capable de rire de sa propre bêtise. Parce qu'alors il y a de l'espoir, parce que celui qui peut se permettre d'accepter qu'il a été con n'est plus complètement con. Quiconque agit de cette façon a ouvert une petite fenêtre par laquelle l'air frais commence à entrer.
Fatigue ? Eh bien, la vérité est que, même si le corps et l'esprit peuvent être très fatigués, la conscience ne s'épuise pas car, au lieu de pousser la rivière, elle coule avec. La conscience ne s'efforce pas de transformer les pierres en roses, mais n'offre que soleil, terre, pluie, espace. Certaines graines se réveillent, tandis que d'autres continuent à dormir ; l'existence n'est pas pressée, les seuls pressés sont les politiciens, les névrosés et les promoteurs de croyances.
Le désir de sauver l'humanité peut être une forme égoïque extrêmement subtile. Les sauveurs du monde sont ceux qui lui ont fait le plus de mal ; l'humanité a déjà assez souffert de ses sauveurs.
Mieux vaut s'asseoir en silence, aimer quelqu'un sans le posséder, dire une vérité sans violence, rire sans raison, méditer sans attendre de récompense, et croyez-moi, ce parfum peut voyager bien plus loin que mille discours.
Ne jamais lutter contre la bêtise humaine mon ami. Soyez si conscient que votre présence même devient une question inconfortable ; soyez si vivant que les respectables morts se sentent perturbés. Vivez si librement que votre liberté fait que les cages commencent à se soupçonner.
Et quand vous vous retrouvez face à face avec une stupidité personnalisée, souriez et observez avec compassion, car peut-être derrière, peut-être que vous ne trouverez-vous qu'un enfant effrayé portant une armure lourde. Peut-être que vous ne trouverez que quelqu'un qui n'a jamais été aimé. Et peut-être que vous n'y trouverez qu'avec un autre masque.
Alors il n'y a pas de fatigue, car parfois, mon ami, même la bêtise a son utilité, comme la boue dont peut naître le lotus. Sans boue il n'y aurait pas de lotus, sans nuit même pas une seule étoile, et sans une humanité endormie, où pourrait-il fleurir le réveil ?
Prabhuji
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mercredi 13 mai 2026
Phytospiritualité vous conseille ce documentaire
Attendre ?
"C'est ce que nous attendons de la vie qui nous gâche ce qu'elle nous donne."
Paul de Roux 1937-1976 - Carnet - Au jour le jour tome 4
peinture: Claude Monet 1840-1926 - La pluie 1886
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mardi 12 mai 2026
Priorité intérieure
| Janus et Bellone |
"Avant tout, cette méditation semble avoir deux visages, comme Janus. Elle regarde simultanément vers Celui qui voit, à l'intérieur, et vers ce qui est vu, à l'extérieur.
Cependant, et tout en sachant que Rien ne les sépare, elle accorde la priorité à ce qui est intérieur, car c'est là que tout ce qui est extérieur prend son sens. "
Douglas Harding
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lundi 11 mai 2026
Satisfaction
« Le fait d’éprouver de la joie à faire le bien d’autrui, ou d’en retirer de surcroît des bienfaits pour soi-même, ne rend pas, en soi, un acte égoïste. L’altruisme authentique n’exige pas que l’on souffre en aidant les autres et ne perd pas son authenticité s’il s’accompagne d’un sentiment de profonde satisfaction. De plus, la notion même de sacrifice est très relative : ce qui apparaît comme un sacrifice à certains est ressenti comme un accomplissement par d’autres. »
dimanche 10 mai 2026
« Ici, on peut apporter son casse-croûte »
Nouveau bistrot dans le village. On lit sur la vitrine : « Ici, on peut apporter son casse-croûte. » C’est un lieu sans chichis. Chacun vient comme il est, avec dans sa besace ce qui devrait le rassasier. On peut y apporter aussi sa petite tranche de vie : elle se partage sur le zinc.
L’auberge du Bon Dieu doit ressembler à ça. Il ne faut pas s’attendre à des étoiles. Il n’est pas rare que la vie apportée en millefeuilles avec ses prières en miettes ait certains jours un petit goût de vieux : non pas que ce soit immangeable, c’est seulement un peu rassis. Vieilles croûtes bien emballées des habitudes de l’avant-veille que l’on transporte de jour en jour, de ces itinéraires tellement balisés qu’on ne risque plus de se perdre ni de trouver quoi que ce soit de neuf.
Croûtes du cœur : sécheresses installées, pardons remis à plus tard, élans qu’on a rangés parce qu’ils dérangeaient nos agendas. Allez, croûtes de l’Église aussi quand elle oublie qu’elle est une table ouverte et se transforme en une salle à manger où chacun mange toujours à la même place. À ce comptoir, il n’est pas rare que l’on consomme sans appétit.
Rompre ce qui enferme
Au bistrot de la vie, Jésus ne fait pas que bénir nos repas. Il casse la croûte en s’attaquant à ce qui durcit, à ce qui commence à moisir sous le papier bien plié de nos certitudes : « Est-ce que cela te nourrit encore vraiment ? » se risque-t-il à dire…
Avec le pain, il rompt aussi tout ce qui enferme. Il casse la croûte des évidences, quand tout le monde pense savoir qui a sa place à table et qui ferait mieux d’aller manger ailleurs. Il casse la croûte des pratiques installées : ces « on a toujours fait comme ça » qui tiennent parfois lieu d’Évangile, faute de mieux. Il casse la croûte de nos sécurités spirituelles : cette petite religion transportable dans des boîtes à tartines desquelles rien ne déborde plus jamais.
Pour que sa vie circule
Osons le dire : il ne respecte pas toujours ce que nous mettons sur le comptoir. Il pousse l’impertinence jusqu’à ce geste que nous avons bien trop domestiqué : l’eucharistie. Il y a quelque chose d’incongru à l’appeler « repas » quand elle devient ce moment correct et maîtrisé, où tout doit être en ordre, calibré et prévu. Chacun s’avance, reçoit et retourne à sa place. Mais si l’on gratte un peu la croûte, on redécouvre le geste bouleversant de Jésus : il prend le pain, il rend grâce, il le rompt et le donne. Nous n’avons pas le choix : pour que sa vie circule, il faut casser la croûte.
À quelques jours de l’Ascension et de la Pentecôte, il vient mettre du désordre dans nos affaires. Il disparaît du paysage : drôle de façon de faire au moment où l’on pourrait le tenir en certitudes. Comme s’il cassait la dernière croûte : celle d’un Dieu que l’on pourrait garder sous la main.
Quand l’Esprit s’en mêle
Et puis l’Esprit s’en mêle : finies les tables alignées, finie l’allée centrale par laquelle il nous faut avancer avant de rejoindre nos places par les allées latérales ! Finie la langue unique. Ça parle dans tous les sens, ça sort, ça bouge, ça déborde.
Ce « casseur de croûtes » travaille de l’intérieur pour fissurer ce qui s’est refermé. Il ouvre des brèches. Il remet du mouvement. Il refuse le tel quel. Il nous laisse une étrange promesse : notre pain quotidien peut devenir rassasiant, à condition de consentir à ce qu’il soit rompu. Si vous allez dans mon bistrot, ne soyez pas surpris de voir un inconnu s’asseoir à votre table et avec vous casser la croûte. Laissez-le vous apprendre à savourer la foi et à goûter la vie tout autrement.
Raphaël Buyse
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samedi 9 mai 2026
Un jardin d'éveil
Revenir à la maison avec Douglas Harding
vendredi 8 mai 2026
S'arrêter de vivre
Traduction d'un post de Jeff Foster par Fabrice Jordan
NE DEVIENS PAS UN ZOMBIE SPIRITUEL !
J’ai rencontré beaucoup de personnes spirituelles au fil des années. Des enseignants. Des élèves. Des chercheurs.
Ils semblent très calmes. Très « présents ».
Et pourtant… quelque chose d’important semble manquer.
C’est comme s’ils avaient perdu leur vitalité, leur tranchant. Leur humour. Leur maladresse. Leur spontanéité. Leur passion.
Toutes les aspérités ont été lissées.
C’est comme s’ils n’avaient plus de personnalité.
Plus d’individualité.
À la place, il ne reste qu’une sorte de neutralité prudente, polie, légèrement absente.
Ils appellent ça la paix. Ils appellent ça l’éveil.
Ils appellent ça « l’écoute profonde sans jugement ».
Ils appellent ça « l’absence de soi ». Je n’y crois pas.
Quelque part en chemin, la spiritualité est profondément mal comprise.
On entend que l’ego est faux. Que la persona est un masque. Que juger est mauvais. Que les opinions sont non spirituelles. Que rien n’est bon ni mauvais.
Alors : repose-toi simplement dans la conscience. Écoute simplement. Reçois simplement. Sois simplement. Vis dans l’immobilité.
Ce sont de belles idées, bien sûr. Certaines peuvent transformer une vie.
Mais prises trop littéralement, elles peuvent commencer à aspirer la vie hors de toi. C’est le côté sombre de la spiritualité.
Les gens commencent à s’auto-censurer. À se lisser. À cacher tout ce qui semble trop intense, trop tranchant, trop humain, trop brut, trop audacieux, trop imparfait.
Et peu à peu, quelque chose d’essentiel disparaît.
Leur humour. Leur maladresse. Leur honnêteté. Et surtout, leur vulnérabilité.
Ce qui reste peut sembler très « paisible ». Mais souvent, cela paraît figé. Engourdi. Éteint.
J’ai rencontré trop de « zombies spirituels ». Bon sang, j’en ai été un moi-même !
Voix douce. Mots mesurés. Aucune opinion.
Aucun risque. Aucun véritable contact. Aucune vie.
Les personnes les plus vivantes, enracinées, réellement heureuses que je connaisse débordent de personnalité. Elles rient, elles se trompent, elles ont des opinions, elles montrent leur vulnérabilité, elles ressentent pleinement.
Elles n’ont pas disparu. Elles se sont éveillées à la vie.
Oui, certaines parties de la personnalité tombent. Le faux, le défensif, le théâtral, l’inconscient, l’inauthentique, le conditionné aveuglément.
Mais pas tout. C’est là le point crucial.
Pas tout. Une personnalité saine et vivante demeure.
Tu n’es pas ici pour t’effacer au nom de la spiritualité.
Tu es ici pour être réel. Pour être humain. Un peu désordonné, un peu maladroit, un peu sauvage, un peu indompté.
Un peu foutrement bizarre.
Alors garde ton humour. Garde ton tranchant. Garde ta vulnérabilité. Garde ta passion.
Ne laisse pas ta spiritualité faire de toi un mort-vivant.
Laisse-la t’ouvrir.
Laisse-la réellement te ramener à la vie.
Jeff Foster
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jeudi 7 mai 2026
Simple témoin
mercredi 6 mai 2026
Remettre au lendemain, fatigue
REMETTRE AU LENDEMAIN, FATIGUE
(extrait de Le Jardin du Dedans, couverture ci dessous)
Jeune, j’étais comme tant d’autres un adepte du grand vague et de la procrastination. Le déclic s’est produit quand j’ai compris que faire ce que j’avais à faire dès que possible ne relevait pas d’une injonction morale mais d’une gestion intelligente de mon énergie, donc de mon intérêt profond et même de ma vie spirituelle. Toute personne ayant tenté de s’asseoir pour méditer remarquera un afflux de pensées ; elle remarquera aussi qu’une grande proportion de ces pensées a trait à des choses à faire...
mardi 5 mai 2026
Je nous
Les genoux sont les articulations sur lesquelles je m’agenouille, je m’abandonne à la hiérarchie normale ou à ce qui est au-dessus de moi et aussi au mouvement et à la direction qui prennent place. Lorsque je marche, les genoux entraînent tout le corps dans le mouvement. Les genoux manifestent donc mon degré de flexibilité et servent à amortir les chocs quand la pression est trop forte. Ils représentent aussi mon degré de persévérance mais aussi d’indécision. Ils seront affectés si je me dévalorise par rapport à mon physique ou mes performances sportives. Si j’ai de la difficulté à plier les genoux, je démontre par là une certaine rigidité. Cela peut venir de mon ego qui est très fort et qui est orgueilleux. J’ai peur de perdre ma liberté. Un genou qui plie facilement est un signe d’humilité et de flexibilité.
Cela indique que j’ai de la facilité à écouter ma voix intérieure. Les genoux sont nécessaires pour maintenir ma position sociale et mon statut. De bons genoux indiquent que je suis ouvert à mon entourage et aux changements.