"Elle avait eu l'impression qu'il voulait la toucher plus avant, mais elle n'avait pas fait un geste en ce sens. Au contraire, elle avait fait du café. Un café très bon d'ailleurs. Ca ne remplace pas une caresse bien sûr. Mais dans un sens, une caresse ne remplace pas un très bon café non plus. Mathilde estima que cette comparaison n'avait pas de sens, que les caresses et les bons cafés, ça n'était pas interchangeable. " Fred
Vargas, L'Homme aux
cercles bleus.
Mon premier
Vargas, lu pour la deuxième fois. Un vrai régal ! Je me suis bien amusée, j'ai bien mené l'enquête et cette plume hardie m'a emballée !
Je vais regarder le film. ( Bon, je connais la fin. Mais quand même. )
Natacha
Et voilà !
Mon second roman d’Antoine
Laurain : « La femme au carnet rouge. »
J’avais découvert cet auteur par hasard, avec « Le chapeau de Mitterrand » que j’avais adoré !
Je ne pourrais pas en dire moins de ce livre ! Il est formidable !
Tout commence par un sac à main. Cette fois-ci, l’élément central du roman ne sera plus un chapeau, mais ce sac. Là encore, cet objet essentiel nous emmène à la rencontre de différents personnages.
On fouille avec délice dans ce sac à main de femme. C’est fou tout ce qu’on peut trouver dans le sac à main d’une femme ! Mais qui est cette femme ? Pour la retrouver, notre héros, Laurent, tente de rassembler un maximum d’indices, tant, qu’il va lui sembler être allé trop loin. Sans le vouloir...
J’ai aimé l’idée de connaitre très bien quelqu’un qu’on n’a jamais vu. J’ai aimé l’idée d’apprendre à connaître une personne sans qu’elle ne le sache.
Ce sont ces petites choses qu’on aime faire parfois : entrer secrètement dans l’intimité des gens... Moi, par exemple, j’aime bien trouver des listes de courses dans les caddies. J’aime les lire alors que je sais que ça ne me regarde pas, mais qu’à la fois, ce n’est pas grave non plus. J’aime regarder des inconnus qui ne savent pas que je les regarde.
Antoine
Laurain écrit : « Regarder quelqu’un dormir, c’est comme lire une lettre qui ne nous est pas adressée. » C’est ça : à la fois, on ne devrait pas le faire, mais à la fois, ce n’est pas interdit non plus !
Les personnages de « La femme au carnet rouge » sont tous un peu comme ça : un tantinet coquins, mais pas méchants. Ca les rend, chacun à leur manière, touchants et authentiques.
Bon, pour Belphégor ou encore Poutine, c’est autre chose : eux sont vraiment des coquins ! Mais ce sont des chats, alors... ben... Ce sont des chats.
J’ai envie de découvrir de nombreux auteurs, le plus possible. Mais là, Antoine
Laurain, je vais devoir y revenir ! Et le plus tôt sera le mieux !
Natacha

Je me souviens qu'au moment de sa parution ( il y a une vingtaine d'années ), j'en avais entendu parler : " No et moi " de Delphine
Devigan. Mais je ne l'avais jamais lu. Là, puisque j'avais lu " Les Loyautés " qui m'avait bouleversée et que j'en voulais encore, j'ai attaqué "No et moi". Et j'ai pris une claque.
La narratrice est incroyable : une adolescente surdouée ( - au fait, un jour dans l'ascenseur, il y a longtemps, une voisine avec qui je discutais m'a parlé de son fils en disant : " mon fils qui est surdoué ". J'ai été très surprise, car j'avais déjà vu le fils en question et il avait l'air d'être tout sauf surdoué. Donc je me disais qu'il ne fallait vraiment pas se fier aux apparences, quand j'ai compris le malentendu : Son fils était sur Douai, la ville, dans le Nord ! C'est marrant, non ? )
Mais revenons à nos moutons : Donc Lou est une adolescente surdouée qui se posent pleins de questions. Elle narre au rythme de ses pensées. Donc c'est très rapide, parfois décousu et sans répit. ( Elle m'a fait un peu penser à Paloma dans "l'Elégance du hérisson". )
Lou compare, analyse, expérimente; elle veut tout comprendre. Des " choses " de la vie, elle veut tout savoir. Alors quand elle rencontre No qui n'a que quelques années de plus qu'elle et vit dehors, elle s'interroge : "On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste 3 semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue."
Ce constat n'est pas acceptable et Lou va se mettre en tête de sauver No.
" No et moi", c'est l'histoire de No et de Lou. Mais aussi celle de Lucas, le camarade de classe qui est plutôt livré à lui-même, pour un ado, et qui fait de son mieux. Il y a aussi la maman de Lou, que la souffrance a éloignée des autres. Son papa. Les autres. Ceux du dedans et ceux du dehors. Tous écorchés, tous éprouvés.
Lou aimerait que tout le monde s'entraide, tout simplement. Est-ce si utopique ?
Natacha
PS : Zabou Breitman a réalisé le film. Elle joue la mère de Lou et Bernard Campan joue son père. Lucas est joué par Antonin Chalon ( le fils de Zabou Breitman ) et No est interprétée par Julie-Marie Parmentier ( celle des " Blessures assassines ). A voir, donc...
Amélie
Nothomb ou l'art de trouver les mots.
Tous les ans, j'attends le roman d'Amélie
Nothomb comme un cadeau ( depuis plus de 20 ans, je pense ! ) Ce sont de vrais cadeaux que nous fait cette autrice et ils sont de plus en plus généreux !
Amélie se raconte et trouve les mots exacts. Comment fait-elle ? Sont-ce ses 4 heures d'écriture quotidienne matinales ? Est-ce une force supérieure qui guide sa plume ? Je ne sais pas. En tout cas, sa grande générosité joue un rôle. Je vous parle là d'une autrice célèbre qui a la gentillesse de répondre à mes lettres ( et à celles d'innombrables autres fans ) depuis une décennie. Et qui chaque année m'écrit pour me souhaiter une bonne fête ( c'est le 26 août, si vous voulez l'imiter !

)
En lisant "Tant mieux", j'ai compris beaucoup de choses sur la Vie, sur l'enfance, sur le modèle parental, sur la construction, sur la possibilité d'être
heureux à tout prix.
En tentant de décrire ce que j'ai ressenti à la lecture de "Tant mieux", je vois bien que moi, je ne trouve pas les mots.
J'ai surligné de nombreux passages. Parce que je m'y suis reconnue ? Parce qu'il pourrait m'être utile de les relire ? Pour ne jamais les oublier ? Pour que ceux à qui je prêterai le livre les remarque ? Pour
pouvoir m'y référer dans certaines situations ( souvent, je ne sais pas expliquer les choses, mais je peux dire : " tu devrais lire, ou regarder ça..." ) ? Pour en faire des mantras ? Je ne sais pas.
"Tant mieux" m'a offert un instant d'intense réflexion. Je dévore toujours les romans d'Amélie plutôt rapidement et on pourrait avoir l'impression que ça passe trop vite. Mais en fait, la réflexion perdure, le souvenir m'accompagne. ( Me souviendrai-je aussi de tous les nouveaux mots appris ? Rien n'est moins sûr...)
A force de lire Amélie Nothomb, quand je serai grande, moi aussi je trouverai ( un peu ) les mots.
Natacha
Je le découvre en 2023 dans le
film "Yannick". Il est différent. Son style, son ton me frappent. Sa sincérité et sa justesse m'épatent.
Je m'empresse de regarder "Chien de la casse" : Son jeu me coupe le souffle. Mais qui est donc ce Raphaël
Quenard ?
Je le revois dans "Je ne me laisserai plus faire", "Je verrai toujours vos visages", dans "L'Amour ouf", "l'Attachement" : Cet artiste est spécial et troublant.
Il m'intrigue.
Quand paraît son premier roman "Clamser à Tataouine", ma curiosité est à son comble.
Je l'ai lu et il est très intéressant.
La plume de Raphaël
Quenard est fine et vive. Chaque mot est habilement choisi. Les registres varient au gré des personnages et on retrouve à chaque fois ce qui se dégage déjà de l'acteur : une singulière justesse.
L'histoire semble si réelle que c'en devient inquiétant. Et cette mise en abyme : on pourrait presque confondre le narrateur et l'auteur...
Il y a chez Raphaël
Quenard une exceptionnelle franchise, à la fois déroutante et grisante.
Un roman à lire absolument avant de clamser.
Natacha
"Dossier 137" est un
film tout récent de Dominik Moll.
Journée de manifestations à Paris. Ca dégénère. Entre les forces de l'ordre et les manifestants, ça part en cacahuète. Pourtant, ce jeune homme dans cette ruelle n'a rien fait. Mais des policiers lui ont administré un tir de LSB en pleine tête et des coups. Il va très mal.
La police des polices va enquêter.
Le
film est tourné un peu comme un reportage.
Il dénonce les difficultés rencontrées par les administrations pour condamner un policier.
Le
film raconte aussi ce que vivent les flics et qui peut faire qu'ils en arrivent là.
Il nous raconte ces enquêteurs, qui sont eux-mêmes de la police, et qui doivent faire tomber leurs collègues.
Il nous raconte la famille de la victime, à qui on n'arrive pas à rendre justice.
Je l'ai adoré et c'est aussi ( surtout ? ) parce que le rôle principal de la commissaire de la police des polices est tenu par Léa
Drucker.
Natacha
Je suis allée le voir au bar et je lui ai dit qu'il était un acteur formidable, que je l'avais vu dans beaucoup de films, notamment dans la série " En thérapie " et que je souhaitais le féliciter. Il m'a serré la main et remerciée chaleureusement. Lors de la présentation du film, il a dit qu'il était
heureux de découvrir Amsterdam, cette belle ville qu'il ne connaissait pas. Plus tard, nous l'avons vu repartir bras dessus, bras dessous avec sa chérie vers les belles rues d'Haarlemmerplein. C'était Frédéric Pierrot, qui était présent pour le
Tapis Rouge Frans Filmfestival . Pour le film "Les musiciens" que je n'ai pas vu et pour
Dalloway que nous avons vu ce soir.
Dalloway est une adaptation du roman Les Fleurs de l'ombre de Tatiana de Rosnay.
Dans
Dalloway, une écrivaine est dans une résidence artistique pour travailler sur son nouveau roman. Là-bas, elle a une intelligence artificielle qui gère tout : le logement, l'organisation, qui l'assiste en permanence. Mais cette intelligence artificielle s'immisce de plus en plus dans l'intimité de la romancière...
Un sujet très important, inquiétant et dangereusement vrai.
Il suffit de communiquer de temps en temps sur whatsapp avec Meta AI ( je le fais ) pour comprendre à quelle vitesse l'IA nous rattrape.
Frédéric Pierrot joue l'ex-conjoint de l'autrice. Celle-ci est interprétée - magistralement - par Cécile de
France et l'IA, sans contrefaçon, n'est autre que la voix de Mylène Farmer. Rien qu'avec cette dernière information, vous courez tout de suite voir le film, non ? Et vous avez raison !
Natacha
J’avais déjà vu Joséphine Japy, dans « Respire » par exemple ou dans « Ma mère,
Dieu et Sylvie Vartan ». Mais je ne savais pas qu’elle réalisait. Avec « Qui
brille au combat », elle le fait pour la première fois et elle choisit un sujet très intime : elle s’inspire de l’histoire vraie de sa soeur cadette, Bertille, qui souffre d’une maladie incurable entraînant un comportement autistique. Dans ce film la mère ( Mélanie Laurent), le père et la soeur tentent de trouver un équilibre familial avec Bertille, qui n’est pas vraiment là et dont il faut s’occuper tout le temps. Qu’on aime tant et qui chamboule le quotidien. Je pourrais créer de nombreuses phrases comme celles-ci mais je n’en ai pas le droit : ce n’est pas mon
histoire, je n’ai pas vécu ça. Mais pendant quelques instants, dans ce film, j’ai eu l’impression de comprendre. Parce qu’il était bien fait. J’en suis sortie bouleversée, comme toute la salle je pense.
Il m’a rappelé « S’adapter », ce roman de Clara Dupont-Monod. Là aussi, un enfant est là, on l’aime, on en prend grand soin, toute la vie familiale s’harmonise autour de lui, qui est là sans l’être.
C’est terrible, mais je n’ose pas le dire car c’est aussi très beau. J’ai trop de respect pour les familles qui vivent ça : ce n’est pas à moi de choisir les mots.
Natacha
Pierre élève seul ses deux fils. Le cadet, brillant, espère entrer à la Sorbonne. Mais Félix, qu’on surnomme Fus, a moins d’ambition .Il est drôle et sympa mais il a de mauvaises fréquentations et côtoie des groupes extrémistes et violents. Son père et son frère s’inquiètent pour lui. Mais Fus continue.
Je pensais que le sujet du film était les groupes extrémistes. Mais il s’agit plutôt du rapport père-fils.
Qu’importe, c’est très intéressant.
«
Jouer avec le feu » est un film de Delphine et Muriel Coulin. C'est l'adaptation du roman "Ce qu'il faut de nuit" de Laurent Petitmangin.
J’ai adoré regarder ce film grâce aux trois acteurs principaux :
- Vincent
Lindon ( le père ) : C’est comme un vieux copain. Dire qu’il a 66 ans et qu’il joue de mieux en mieux !
- Benjamin
Voisin ( Fus ) : Je l’avais vu dans « Le bal des folles » et j’ai hâte de le voir dans « L’étranger ». A mon avis, on n’a pas fini d’en entendre parler...Quel jeu !
- Stefan Crepon : Génial, lui aussi.
Je dirais que ce film est magnifique grâce à eux 3.
Natacha
"Il en est dont il n'y a plus de souvenir,
Ils ont péri comme s'ils n'avaient jamais existé ;
Ils sont devenus comme s'ils n'étaient jamais nés,
Siracide, 44,9.
Epigraphe du très bon roman " Leurs enfants après eux" de Nicolas
Mathieu.
Ça se passe en
France, à la campagne entre 1992 et 1998. Les héros sont des ados puis de jeunes adultes... Forcément, je m'y suis vue...
Sur fond de " Smells like Teen Spirit", de désillusions, de rengaine...Et tout à coup ça chante " I will survive" et on est les champions ! Souvenirs souvenirs...
C'est très très bien écrit, allez-y !
Natacha