Entretien avec L’AMBULANCIER, croqué à L’Olympia, en première partie de EIFFEL (24 mars 2026)

Il était déjà passé sous les feutres noirs et les craies de couleurs de Nicolas Barberon en 2022 (article ici) Le revoilà sous les marqueurs et les lumières de L’Olympia. Rencontre avec L’Ambulancier, aka Palem Candillier, qui revient sur ses urgences rock, ses premières fois et sa première partie pour Eiffel dans la salle la plus mythique du tout Paname.
Allumez les gyrophares, on part direction le French Manhattan.

Couleurs pop et esthétique comics des 80’s, Olivier Laude signe une identité visuelle forte pour L’Ambulancier.

Comment as-tu ressenti le set à l’Olympia ? Vous étiez en formation réduite, sacré challenge ! Avez-vous fait les choses différemment ?


C’était irréel et en même temps facile. On a beaucoup travaillé pour ce concert en amont, ce qui fait que le jour J, le moindre stress me passait à côté. Pourtant, ce n’était pas gagné : j’ai failli emboutir une bagnole en arrivant, j’ai eu des soucis de retours et on a balancé en quelques minutes à peine. Mais je me suis senti à l’aise dès les premières secondes, parce que j’avais confiance en ce que je faisais et confiance dans le public. D’ailleurs la plus belle sensation que j’ai eue, ce sont les réactions des spectateur.ices pendant les morceaux. Les applaudissements en fin de chanson, c’est génial dans une salle pareille. Sentir l’énergie et les cris pendant que tu joues, c’est le retour que tu provoques quelque chose de bien.
La production d’Eiffel nous avait demandé d’être en duo. C’est souvent le lot des premières parties de devoir s’adapter, pour plein de raisons, en particulier l’économie technique. Ça ne m’a pas fait peur : j’adore jouer avec mon batteur, Wilson, on se connaît et on se comprend depuis longtemps. En plus, il y a dans ma musique une composante electro qui m’aide à faire sonner mes chansons quelle que soit la configuration. C’est toujours mieux quand on est à 4 sur scène : je peux bouger en tant que chanteur et on a une grosse énergie. Mais là, il a fallu adapter des éléments, rajouter des basses qui assurent bien sans faire playback et arranger certaines parties. Ma priorité, c’était que ça reste cohérent et dynamique avec des machines, une guitare et une batterie.

Nicolas Barberon en plein croquis, imperturbable sous les gyrophares de l’Olympia.

La dernière fois que tu étais dans cette salle, c’était à quelle occasion ?


Je n’ai même pas fait exprès mais j’avais mes billets pour voir Carpenter Brut à l’Olympia quatre jours avant moi ! Le live était phénoménal – je suis un immense fan de cet artiste – et ça m’a permis de refaire connaissance avec la salle. J’ai flippé en me projetant à la place de leur première partie, mais je me suis souvenu que le public d’Eiffel est ouvert et curieux. J’avais déjà fait leur ouverture en solo à Rambouillet, quelques mois avant, et j’avais eu pour moi une salle de 270 personnes bien réactives et bienveillantes.

Comment on se retrouve en première partie d’Eiffel à l’Olympia ?


Dans mon cas, c’est une longue aventure de vingt ans ! Ça part du début des années 2000, quand je commence à écouter Eiffel en boucle, que j’intègre la communauté de fans en ligne, que je bricole autour de ce groupe… Et puis je commence à croiser Romain Humeau çà et là, je me mets à avoir des projets de dates ou d’enregistrement avec leur bassiste de l’époque, Hugo Cechosz, qui maintenant est un compagnon de studio et de scène pour eux et un peu pour moi aussi, vu qu’il a réalisé mes deux disques. Le lien se met en place doucement, jusqu’à ce que je me propose spontanément à Romain pour cette date. C’était loin d’être gagné, mais au fur et à mesure que l’année dernière s’écoulait, beaucoup de choses se sont affirmées sur scène et dans l’évolution de L’Ambu. Il y a eu le concert à Rambouillet en fin d’année et finalement un mail miraculeux de Romain juste avant Noël qui me confirmait que ça serait moi. Je pense qu’il a senti que c’était, à plein de niveaux, le meilleur moment pour pousser L’Ambu. Leur tourneur, Base Productions, a aussi été génial sur ce coup.  

Parle-nous un peu de ton projet… Quand est né L’Ambulancier ?


L’Ambulancier a commencé son service vers 2020, un peu avant la pandémie. Ce projet arrive après des années à monter ou à participer à des groupes noise, indie et stoner. En 2018, ces projets se sont arrêtés. J’étais à bout d’énergie mais pas d’idées. J’avais des chansons prêtes, dans un autre style que ce que je faisais d’habitude, sans renier le côté guitare. J’ai pris le temps de construire autre chose et de voir ça comme un vrai projet solo et pas comme un groupe. Il ne manquait qu’un nom.

D’où vient-il ce nom justement ?


Dès 2019, il y a eu pas mal de signes qui m’ont poussé vers cette identité. Ça a commencé en trouvant dans une friperie US la chemise bleue que je porte tout le temps. C’est une vraie chemise « EMT » américaine des années 70, elle est devenue le symbole de L’Ambu.  En bas de chez moi, il y avait de plus en plus d’ambulances qui se garaient, parfois 4 ou 5, sans raison apparente. Mes artistes préférés comme Battles ou Lee Ranaldo sortaient des chansons qui s’appelaient Ambulance ou Ambulancer. Et puis il y a eu le Covid, qui a remis au premier plan les métiers d’urgence médicale. Ça faisait beaucoup d’indices. La figure de l’ambulancier me rappelle aussi ces silhouettes de thrillers et de films catastrophe américains des années 80 et 90. Il y a cette série B de 1990, L’Ambulance, dont l’ambiance colle complètement avec ce que j’aime dans le ciné US : les rues de New-York la nuit, les conducteurs mystérieux, les enquêtes qui piétinent et un côté parano. Je me suis donc enrôlé, et cette identité matchait parfaitement avec l’univers que je construisais.

 Tu chantes en français même si on note certains anglicismes, quelle est ta relation avec notre langue ?

J’ai écrit en anglais quasiment toute ma vie. J’avais quelques textes en français, mais j’osais moins les montrer. Pile à ce tournant de ma vie, avec ce projet solo, je me suis mis à écrire strictement en français. C’est comme si je n’avais plus le choix avec ce revirement. C’était cohérent avec la musique que je composais et l’idée que je me faisais de L’Ambulancier. Encore aujourd’hui, je suis infoutu d’écrire ou de chanter en anglais. Même quand j’ai voulu reprendre Joy Division ou Paul McCartney, j’ai traduit de façon un peu moderne et ironique les chansons. J’aime deux choses dans le fait de chanter en français : on peut moins se cacher derrière la langue, donc les textes sont plus personnels et ça fait aller plus loin dans les idées. Et puis on a une langue formidable, avec laquelle on peut créer des images très fortes et que le public peut comprendre tout de suite. Ça m’a aussi poussé à créer cet univers de L’Ambulancier, qui vit dans un monde où New-York et les Etats-Unis parlent français. J’adore le lien entre nos deux pays et m’imaginer qu’Elvis aurait chanté « Mes Chaussures En Suédine Bleue » à Las Vegas.

Ça aurait été une première. D’ailleurs, quel est ton premier souvenir de musique ?


J’ai trois ou quatre ans et je braille des refrains des Beatles sur la banquette arrière de la Renault 19 de mes parents, parce qu’ils ont des best-of qui tournent en boucle pendant nos trajets. En fait j’ai un rapport très « bagnole » à la musique. J’ai eu une enfance rythmée par les compilations K7 faites à la maison et les autoradios. J’ai aussi beaucoup écouté comme ça de succès des 80s ou des 90s comme Etienne Daho, The Connells, Eurythmics, Phil Collins… la programmation RFM. J’aime bien appeler ces chansons de la « backseat music », une sorte de pop d’autoroute et de voyages en famille que des gamins de cette époque ont bouffé sur leurs sièges.

Quand as-tu rencontré ton instrument ?


Il y avait une vieille guitare d’étude à la maison sur laquelle j’ai un peu joué avant de tomber plus franchement dans la guitare électrique, vers 15 ans. Je me souviens de la première fois où je l’ai branchée dans un ampli (basse, en plus). J’ai tout de suite adoré le son, même « clean », sans effets. Ça ne m’a pas lâché, mes guitar heroes sont des génies de l’électricité et des textures plutôt que des virtuoses : Sonic Youth, Korn, Nirvana, Placebo, John Lennon un peu aussi. Je m’intéresse beaucoup aux gens qui font vibrer l’instrument tout entier.

Ta première scène, c’était où, quand, comment ?


Mon premier concert était une fête de la musique, à 18 ans, dans un centre pour handicapés. J’avais déjà quelque chose avec le médical, dans cette histoire.Ça marque comme expérience, et ça m’arrive encore d’animer des endroits de soins avec mon groupe de reprises et d’y vivre des moments forts.

Comment est née la toute première chanson de l’Ambulancier ?


Je ne saurais pas dire laquelle est arrivée en premier.  Evidemment ? Alignement Désastre ? Dans tous les cas, les premiers titres sont arrivés avec des riffs, parce que c’est ce que je cultive en premier. Parfois, les riffs restent des riffs et d’autres riffs deviennent des gimmicks de synthé ou des lignes vocales. Je pense que tout est parti de l’idée de se limiter à une guitare et à une boîte à rythmes, au tout début. Et puis les paroles naissent parce qu’un mot ou un son revient dans le « yaourt » qui me sert de chant. Je me mets à suivre cette intuition qui va généralement donner le titre ou l’idée principale du texte ensuite.

Pourrais-tu nous donner 3 chansons pour ceux qui n’ont jamais entendu ta musique et qui auraient envie de te connaître ?


Iowa, parce qu’on me dit que c’est le plus entêtant.
Central.e, parce que c’est celui qui va le plus vers l’avenir avec son gimmick et son autotune.
Donatello, parce que j’ai essayé de reproduire un générique TV (que le chanteur de « Tortues Ninja » a accepté de reprendre plus tard !), mais forcément je l’ai perverti en chanson electro boiteuse.

3 sentiments que convoque ta musique


Quelque chose d’un peu épique. En fait, j’ai envie qu’elle « embarque » les gens. Je préfère l’idée de les emporter dans un film d’aventure, dans un feeling glorieux et cinématographique, plutôt que de dire que mes chansons « tabassent » ou qu’elles « cassent des gueules ». Je suis L’Ambu, je suis là pour soigner ou relever ! Je pense que mes chansons ont cette impulsion d’emmener vers le haut plutôt que de se faire projeter dans la bagarre. Plus « up » que « down ». Le soleil qui se lève sur Manhattan plutôt que la bombe atomique. Même si certains sujets sont douloureux, je cherche toujours l’ascension. Je pense aussi qu’il y a beaucoup d’espoir malgré tout dans ce que je compose. Je crois en l’esprit humain.

On sent que tu incarnes ton projet jusque dans ton costume de scène. Ça ressemble à quoi l’univers de l’Ambulancier ? On l’imagine plutôt comics, un mix entre Marvel et les tortues ninja mais as-tu une autre esthétique en tête ? Tu verrais qui pour illustrer ses aventures ?


C’ est vrai qu’il y a une grosse composante américaine vintage dans mon univers, avec des références pop, mais je ne veux pas le résumer à ça. J’ai envie d’en faire autre chose et surtout que ça soit ouvert. Avec l’album French Manhattan, j’ai vraiment lancé l’idée d’un New-York francophone, d’une timeline différente de la nôtre où les Etats-Unis seraient francisés, la culture de ce pays serait un mix entre la France et quelque chose de très américain. Nirvana versus Alain Souchon, en toute détente. Une sorte de Mais qui A Tué Pamela Rose ? aussi, parce que j’aime ne pas me prendre trop au sérieux. Il y a beaucoup de possibilités que je n’ai pas exploré encore, avec cette idée. J’aimerais que L’Ambu voyage et sorte de New-York pour intervenir ailleurs. L’amener à Salem et Providence pour enquêter chez H.P. Lovecraft, lui faire parcourir Chicago et Seattle, who knows… J’ai eu la chance de travailler avec Olivier Laude sur la pochette de l’album et sur quelques visuels autour, et il a parfaitement retranscrit mon côté coloré et 80s. Je rêve d’une collab avec Fortifem, parce que leurs images pour Carpenter Brut sont incroyables, mais rien n’est fermé pour l’avenir. Si ça se trouve, la prochaine illustration n’aura rien à voir avec la BD.

Tu as écrit sur Nirvana, les Beatles, à quel niveau ces artistes ont influencé ta musique ?


Les Beatles c’est le socle, pour le meilleur comme pour le pire, parce que j’ai grandi en pensant qu’écrire une chanson, c’était faire au moins aussi bien qu’eux. Je les ai adorés pendant longtemps, puis j’ai lâché quelques années, et j’y suis revenu en devenant musicien. C’ est une mine sans fond musicalement et humainement, une épopée moderne. Je suis heureux d’avoir écrit sur un disque aussi foutraque et sincère que l’album blanc. Nirvana c’est aussi de très haute volée niveau composition, mais je pense que j’en ai surtout absorbé l’énergie, la violence, l’efficacité. En écrivant sur « In Utero », je me suis rendu compte à quel point cet album est puissant parce que ces types pouvaient tenir sur un riff pendant des heures, et un riff qui raconte quelque chose. C’est de l’alchimie punk. Kurt Cobain n’avait même pas dit son dernier mot, il avait des projets plus expérimentaux ou plus calmes… Je pense que sa façon d’écrire les paroles m’a aussi beaucoup influencée. Il avait une méthode de collage de phrases et d’images qui lui était propre. Le sens des paroles se formait après avoir assemblé des idées d’un peu partout. Ça m’a beaucoup décomplexé pour écrire en français.

Quelles sont les paroles d’une de tes chansons dont tu es le plus fier et pourquoi ?


Il y a pas mal de petites phrases dont je suis content, mais je pense avoir exprimé un truc très personnel dans « Iowa » : « Si j’avais le cran, aller-retour pour l’Iowa / Un emploi du temps armé jusqu’aux dents, pourquoi ? / Mais je suis pas le quart de moi / Si je fais pas le quart de ça ». Ça parle de mon besoin d’être actif en permanence, de me surmener. Je pense qu’on est ce qu’on fait, mais ça peut devenir un truc vicieux où l’agenda se remplit par principe et où on se perd dans l’action. A une époque où on est tous.tes sur-sollicité.e.s, sur-stimulé.e.s partout tout le temps, je me dis qu’on doit être beaucoup à partager ce sentiment d’être perdus dans nos occupations et nombreux à chercher du sens dans tout ça.

Si on devait remplacer la sirène des ambulances avec un autre son, une chanson, ce serait quoi ?


Je n’ai que des mauvaises idées qui ne feraient pas trop « urgence ». Le thème de Robin des Bois de Disney, celui que le barde siffle et qui m’évoque de la quiétude face aux éléments inquiétants. Beaucoup trop insouciant ! Mais peut-être que ça rendrait les choses moins angoissantes tout en restant prioritaires.

La team Croque ‘n Roll Live remercie chaleureusement Palem. On espère que cette entrevue vous aura donné envie d’en savoir plus sur celui qui «  Protège, alerte et secourt  » avec ses accents rock. Si vous êtes curieux de voir ce que l’Ambu donne en live, il vous donne rv le 21 mai sur Twitch ici : 
https://www.twitch.tv/ray_monte_en_live .
En attendant, de notre côté, on va encore un peu traîner dans le French Manhattan.

Interview : DEBBIE /// Croquis : Nicolas BARBERON /// Visuels : Olivier LAUDE

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NASHVILLE PUSSY /// HOWARD au Vip à Saint Nazaire. 02 mai 2026

Homme libre, toujours tu chériras la mer… et le Rock’n Roll ! Du coup, c’est en hommes libres que nous nous rendons à Saint Nazaire pour voir la mer et ses chalutiers (un peu) et voir et écouter du Rock’n Roll (beaucoup). L’occasion nous est ainsi donnée de découvrir le VIP, salle enfouie au cœur de l’ancienne base sous-marine dont l’épaisseur des parois garantit toute fuite de décibels susceptible de perturber la tranquillité des poissons.

La salle est petite mais bien agencée avec une mezzanine accueillant le bar et permettant de prendre un peu de recul sur la scène en contrebas avant de descendre dans la fosse. L’ambiance est cool, la moyenne d’âge du public rappelant toutefois que le Rock’n Roll attire de moins en moins les jeunes âmes perdues.

Howard entame les hostilités avec un Heavy Stoner Rock aux relents psychédéliques assez efficace, le trio parisien occupant bien la scène, avec son guitariste chanteur bien charpenté, tout en kilt et en pilosité et son organiste filiforme, dont les lunettes et les cheveux évoquent un croisement entre Ray Manzarek et Elton John, assurant à lui seul la section rythmique, tout en se démenant derrière et autour de son clavier. Leur set est au point, en saluant au passage la qualité du chant assez haut perché dans un anglais sans accent frenchy trop décelable. L’utilisation d’un thérémine au début du concert était prometteuse mais n’a pas été réitérée ensuite. Le groupe a réservé un bel hommage à Deep Purple. On a vu pire comme influence. Le chanteur prend le temps de parler d’un sujet qui lui tient à cœur : l’identité de genre, et annonce sa transition vers une non-binarité que son look de métalleux bodybuildé n’aurait pas laissé soupçonner. La bienveillance (ou l’indifférence ?) du public lui donne du baume au cœur. Au final, une première partie foutrement originale qui mérite d’aller écouter ce que ça rend en studio.

Nous voici fin prêts pour « The real thing », un pur moment de Rock’n Roll amerloque, suintant le cuir élimé et la sueur, sans oublier la bière et le Jack Daniels (on va y revenir). Voilà 30 ans que Nashville Pussy nous balance son Heavy Rock’n Roll, mâtiné de punk et de rock sudiste. Leur discographie se limite à quelques albums bourrés de riffs bien gras et de solos criards. Toujours la même recette immuable et imparable à laquelle on ne reprochera jamais de ne pas varier d’un pouce, comme un bon gros hamburger. Ils n’ont pas sorti de nouvel album studio depuis 2018 (un EP va sortir fin mai 2026) mais peu importe car c’est sur scène que le quatuor vit et révèle toutes ses qualités. Et l’âge ne semble pas avoir de prise sur eux. Ils récitent leur Rock’n Roll sur le bout des doigts.

Blaine Cartwright, dragon (c’est son signe astrologique chinois) impavide, au regard métallique de serial killer, se tient peinard au milieu de la scène. Sa voix nasillarde enchaîne les hymnes rock avec l’aisance d’un vieux briscard qu’il semble toujours avoir été. C’est ce qu’on appelle la présence scénique. Et d’ailleurs, nul besoin de s’agiter outre mesure, quand on est entouré de deux guerrières, sexy en diable qui bastonnent furieusement leur manche, multipliant les poses rock.

On n’aura pas l’outrecuidance de révéler l’âge des deux dames. Juste mentionner que Bonnie Buitrago, la bassiste et « petite jeune » du groupe était déjà une de ses fans au lycée. Un peu crispée au début du concert elle a rapidement lâché les chevaux. Et préciser qu’il ne reste à Ruyter Suys (Mme Cartwright dans le privé) que quelques années avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite. Mais quand on voit l’énergie impressionnante qu’elle déploie pendant tout le show, on ne l’imagine pas mettre au rebut sa Gibson SG avant un bail.

Quant à Dusty Watson, le batteur, disons qu’il changera de décennie l’an prochain alors qu’il officie dans le Rock depuis pas loin de 50 ans. Si sa frappe n’est sans doute pas de la toute première puissance il assure parfaitement son rôle de métronome du quatuor.

La play-list est un best-of de leurs meilleurs morceaux, tels que Come On Come On, Struttin’ Cock ou le furieux Go, Motherfucker Go, asséné en rappel et qui aurait bien mérité son petit pogo, si la salle avait été plus remplie et le public un peu plus jeune. Mais qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas ces détails qui ont fait baisser l’intensité du concert et la conviction du groupe qui n’a pas oublié de sacrifier à quelques rituels du Rock’N Roll way of life, avec dégustation de Jack Daniels au goulot, rapidement recraché par Ruyter Suys dans la fosse pour en faire profiter les premiers rangs ou éclusage de bière par Blaine Cartwright à même le Stetson, nous faisant au passage admirer sa calvitie rutilante.

Certes, Nashville Pussy n’a jamais pondu un hit qui puisse leur procurer une audience plus large que celles des fins connaisseurs de gros Rock qui tâche mais ce bon vieux et feu Lemmy ne les a-t-il pas qualifiés de « Dernier grand groupe américain de Rock’n Roll » ? Alors, inclinons-nous devant la parole évangélique de Saint Lemmy et puissions-nous célébrer encore longtemps la musique de ses apôtres.

Texte : BRUNO RIVAL /// Croquis : OLIVIER MARTIN

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RODOLPHE BURGER & JULIEN PERRODEAU : Replay Kraftwerk. La Maroquinerie (Paris 20)

16 AVRIL 2026.

Ce soir-là, à La Maroquinerie, ce n’est pas un concert auquel nous avons assisté, mais à un acte de courage, une leçon de vie, une communion avec le public d’une rare intensité, voire une séance de musicothérapie live… Cela fait fort longtemps que je désirais voir l’ex leader de Kat Onoma, groupe mythique des 80s. Je m’étais fait à l’idée que ce serait sans ses complices malheureusement disparus, de Rachid Taha à Erik Marchand en passant par Pierre Alferi. Mais j’étais loin de me douter que cette rencontre tant espérée avec Rodolphe Burger aurait pu ne jamais avoir eu lieu… 

La Maroq’ affichait complet pour ce concert centré sur sa relecture du second album du légendaire groupe allemand, édité en octobre dernier à l’occasion du 25ème anniversaire du festival C’est dans la vallée. C’eut été une lourde déception pour moi, et un drame pour les fidèles de l’Alsacien, venus en masse. Pas mal de têtes blanches donc, qu’on a le temps d’observer, Maître Nico et moi, faute de première partie. Tandis qu’il les croque pour se chauffer le stylo, je cherche moi aussi à capter leur histoire. Celle du couple – visiblement des fervents admirateurs – qui vient se tanquer à nos côtés, ou ce porteur de tee-shirt arborant avec fierté le logo des Buzzcocks. L’heure annoncée du début de set est dépassée ; les exclamations d’impatience se font entendre. 

Julien Perrodeau, musicien et arrangeur réputé, a précédé celui que nous attendons tous, s’installant derrière un clavier numérique d’un blanc immaculé et aux allures de jouet. La démarche hésitante, Rodolphe Burger rejoint la chaise haute devant laquelle l’attendent micro et guitare. Après s’être en quelque sorte débarrassé du « tube » Radio Activity, qu’il reprenait déjà du temps de Kat Onoma, il nous confesse que ce concert allait être un peu particulier. « Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais j’ai subi il y a deux mois, une opération de la colonne, puis une seconde et la question s’est réellement posée si nous allions pouvoir faire ce concert ». Et d’ajouter qu’il tenait vraiment à honorer ce rendez-vous. Tonnerre d’applaudissements, de bravos sincères et ô combien mérités. Car c’est un véritable combat – de presque une heure vingt – qu’il nous a donné à voir et à entendre. Secondé à merveille par Julien Perrodeau, avec qui il échange des regards complices, autant que par le public. Au fil des titres, on assiste à une véritable transfiguration. Ses traits crispés par une douleur manifeste cèdent la place à des sourires de moins en moins fugaces. Comme il le dira lui-même avec humour, il n’y a pas de meilleur antalgique que la musique.

Même planqué derrière le vocodeur cher à Kraftwerk, son grain de voix, entre velours et rocaille, transpire d’humanité. Ses riffs de guitare reprennent leur mordant, lancinants et puissants à la fois. Taillés dans le granit, comme lui. Après un final électro, chargé d’une véritable émotion de part et d’autres, on l’aperçoit échanger avec des proches, le sourire définitivement en bandoulière. En sortant, nous tombons sur Bertrand Belin, à qui Maître Nico serre la pince. Quelques minutes auparavant, il m’avait glissé ; « tu ne trouves pas qu’il y a comme une ressemblance… ». J’avais fait la fine bouche, l’élégant auteur-crooneur avait certes la même voix de basse, mais une posture différente. Au temps pour moi !

Texte : MAD /// Croquis : Nicolas BARBERON

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JAY-JAY JOHANSON /// GAËLLE JOLY à La Maroquinerie (Paris 20)

8 AVRIL 2026.

Ce mercredi 8 avril, le petit prince du trip-hop des 90’, célèbre pour ses faux-airs de crooner et ses compos envoûtantes, fêtait les 30 années de son album phare Whiskey. Amoureux de la France depuis un bail, le Suédois nous a gratifiés d’un show aussi touchant que millimétré, qui s’est conclu par une Hug party façon dancefloor. 

Maître Nico devant exercer son art aux premières loges, nous sommes descendus lui et moi avant tout le monde dans la salle. Alors que nous pénétrons dans notre Saint des saints commun, Jay-Jay Johanson se faufile furtivement derrière nous. La silhouette longiligne est un poil moins filiforme qu’il y a 30 ans et le blond peroxydé a cédé la place à une couleur nettement plus naturelle, mais la présence, rayonnante et diaphane à la fois du Suédois demeure inchangée.

Avant de vous narrer son set d’anthologie, quelques mots sur Gaëlle Joly, une jeune chanteuse et autrice-compositrice qui a assuré, dans tous les sens du terme, la première partie. Chevelure du plus bel effet, agrémentée de dreadlocks noires de jais, celle-ci impressionne elle aussi par sa sveltesse. Une vraie liane, dotée d’une voix aux accents soul, peut-être un peu trop présents par moments… Mais elle compense ce petit défaut par une assurance digne d’une vieille routarde de la scène, très à l’aise sur la bande-son qui l’accompagne et habile à la guitare. Chansons en français, rythmiques envoûtantes oscillant entre pop et néo-soul, Gaëlle Joly séduit le public par sa fraîcheur et son entrain. Elle échoue malheureusement à le faire danser, les fans de Jay-Jay, qui n’ont a priori rien de nightclubbers invétérés, demeurent timides, se contentant de dodeliner de la tête et de marquer la mesure.

Précédé par Erik Jansson, son alter-ego aux claviers et un duo rythmique contrebasse / batterie qui se montrera d’une redoutable efficacité, Jay-Jay Johanson nous fait don, d’entrée des deux tubes de Whiskey. À l’époque, So tell the girls that I am back in town et The girl I love is gone avaient littéralement cartonné sur les ondes.

En grande partie constitué de fans de la première heure – La Maroq affiche complet ce soir – le public réagit au quart de tour, avec cette modération de bon aloi propre aux amateurs de musique dite « easy listening ». La voisine immédiate – et très expansive – de notre dessineux fera figure d’exception en bougeant dans tous les sens, mettant à rude épreuve sa bonhommie légendaire. Les plus connaisseurs apprécient à sa juste mesure le titre suivant, I’m older now, hommage explicite à Michael Nyman, le compositeur néo-baroque des films de Peter Greenaway. La passion du Suédois pour les bandes originales est notoire et transpire dans ses compositions. Tout le monde se retrouve transporté par la grâce, empreinte d’une joyeuse mélancolie, de Heard Somebody Whistle et son refrain siffloté. Whisperings words, un autre classique johanssonien pioché parmi l’un des quinze albums du Suédois, lui succède, magnifiquement interprété a cappella. Believe in us qui clôt le set prend des allures d’une véritable communion.

En guise de point d’orgue iconoclaste à cette symbiose générale, Jay-Jay, qui a siroté deux ou trois verres de whisky bien tassés tout au long du show, se paye un bain de foule de plus d’un quart d’heures sur fond de My way version Sid Vicious et de techno endiablée. Sourire béat aux lèvres, il a bien étreint et embrassé les deux tiers du public littéralement électrisé par l’ambiance qu’il crée à lui tout seul. Notre dessineux a bien failli y passer lui aussi, mais un bel éphèbe, qui squattait comme lui le côté gauche de la fosse, lui a volé son hug ! Gageons qu’il aura droit à une accolade virtuelle lorsque notre crooner préféré se verra croqué sur Croque and Roll Live…

Texte : MAD /// Croquis : Nicolas BARBERON

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VANESSA PARADIS /// ARTHUR ELY à l’Arena Loire (Trézalé)

C’est porté par un 10 avril au climat printanier qu’Olivier s’achemine vers l’Arena Loire de Trélazé pour aller assister à un concert de Vanessa Paradis, actuellement en tournée pour son dernier album intitulé, Le retour des beaux jours.

ARTHUR ELY

La salle se remplit tranquillement alors qu’Arthur Ely et son comparse Léo à la guitare acoustique montent sur scène pour assurer la première partie de soirée.
Le jeune chanteur rappeur et poète (comme il aime à se définir) nous délivrera un petit show intimiste et sympathique plein de sincérité, d’humour et de bonne humeur.

Ses compositions sont douces-amères, les textes sont bruts et on se laisse aisément porter par les tranches de vie de ce jeune urbain en devenir. Jeunes et prometteurs donc, comme l’était Vanessa Paradis à ses débuts, un juste retour des choses.

VANESSA PARADIS

Après un temps d’attente, les lumières s’éteignent plongeant l’auditoire dans l’obscurité et une magnifique nuit étoilée envahit la scène.
Le tableau est magnifique, c’est très subtil. Notons d’ailleurs que l’ensemble du spectacle bénéficiera de jeux de lumières splendides, et les décors projetés, tantôt minimalistes ou plus illustratifs seront de toute beauté. Un régal pour les yeux du dessinateur et ceux du public.

Pour l’image, c’était top, mais qu’en était-il du reste ? Et bien il était à l’avenant mon Capitaine !

Olivier se doutait bien que le registre musical allait être large car Vanessa Paradis a toujours su bien s’entourer et expérimenter divers chants musicaux. Tantôt légère, douce, volupteuse, elle a aussi su sortir les griffes sur des titres marquants comme Tandem ou Commando.
Sur ce nouvel album c’est avec Etienne Daho et Jean-louis Piérot qu’elle a collaboré et le résultat est au rendez-vous.

N’ayant jamais vu Vanessa Paradis sur scène, notre croqueur, imaginait se retrouver face à une star en retrait, chantant ses chansons dans un puits de lumière, le stéréotype total quoi ! Heureusement la réalité fut toute autre !  L’artiste, certes en retrait pour les deux premiers titres, va très vite venir chercher le public sur le devant de la scène. Communiquant avec lui de manière simple, chaleureuse et directe : les bonnes vibes sont là. Vanessa s’amuse et la connivence qu’elle entretient avec ses musiciens est palpable. Chantant tantôt en anglais comme sur l’entraînant Sunday, Mondays, Be my baby ou en français comme sur Pourtant, Les initiales des Anges (une chanson sur Los Angeles), Dès que je te vois ou les célèbres Marylin et John et Joe le taxi (ici interprété dans une version disco décomplexée), tout s’enchaîne à merveille et l’Aréna est en ébullition !

Vanessa et son groupe reviendront sur scène pour un premier rappel puis un second où la chanteuse sera seule au piano et interprétera le titre I’m alive, issu de son dernier album.

Un chouette concert donc, plein de soleil, et qui fout la banane :  le retour des beaux jours ! Merci Vanessa et le groupe… Maintenant, il ne reste plus qu’à Olivier de découvrir le résultat de ces captations graphiques et d’y mettre un peu de couleurs !

Texte et croquis : Olivier MARTIN

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BS /// JRAF /// NOUVEL R /// DEMI PORTION & DJ ROLXX au Chabada (Angers)

En 2006, le groupe de rap Nouvel R (actif jusqu’en 2015) et ses 6 membres : quatre MCs, un beatboxer, un dj et un bassiste, allaient contribuer à apporter un nouveau souffle à la scène musicale angevine.

Afin de lancer et soutenir le groupe, ils créaient alors l’association, l’R de rien.

Cette asso’, fer de lance a aussi entraîné ses membres à développer divers projets en parallèle de leur activité musicale. Des ateliers pédagogiques autour de différentes disciplines  (beatbox, graph’, danse…), des résidences d’artistes pour ado, des ateliers pour les enfants ou du soutien aux projets de jeunes artistes dans les quartiers prioritaires et les territoires ruraux.

Ce soir, c’est les 20 piges de l’asso’, et ils ont décidé de fêter ça comme il se doit, pour une soirée exceptionnelle de quatre concerts sur la grande scène du Chabada.

Le groupe BS tout d’abord. Un duo de rappeurs originaire du quartier de la Roseraie à Angers, découvert par l’association l’R de rien lors d’un atelier pour ados. Ces deux jeunes ne déméritent pas et l’énergie scénique est bien là : ça envoie du lourd ! Ils ont la fougue de la jeunesse avec eux et l’envie d’en découdre, prometteurs donc et groupe à suivre.

Deuxième groupe à venir sur scène : JRAF, rappeur style pirate aux lyrics à fleur de peau. Ça balance bien sur la vie, ses hauts, ses bas et le gars est content d’être là, ça se voit. Découvert par l’association lors de son service civique chez eux, JRAF nous offre un set solide et incarné qui ne laisse pas indifférent.

La seconde partie de soirée nous gratifiera d’une prestation scénique de folie avec la reformation pour l’occasion du groupe Nouvel R. Dix ans qu’ils n’avaient pas joué ensemble mais rien n’y paraît, ça dépote et le flow est bien là ! Textes engagés, sensibles, énergie communicative et la salle est en feu ! Nouvel R est dans la place comme au bon vieux temps. A noter un featuring avec Cerbère le monsieur loyal de la soirée  et deux nouveaux titres du groupe délivrés lors de ce concert. Pouvons-nous alors espérer un nouveau projet musical pour le futur ? La question reste en suspens…

Place au dernier groupe et guest de la soirée en la personne de Demi portion et de son acolyte DJ Rolxx pour du hip hop originaire du sud de la France ( Sète). Direction la ville de Brassens, le soleil et le rap enjoué à l’énergie communicative et aux valeurs humanistes véhiculées par ce petit bonhomme au grand talent, dont le flow impressionnant de vivacité n’a d’égal que la sympathie qu’il génère. Un excellent show, clotûre de cette soirée anniversaire réussie !

Il ne reste plus qu’à se laisse porter par l’ambianceur Camilo show en sirotant une dernière bière et trinquer à la pérénnité de l’association l’R de rien : Rendez-vous dans 20 ans donc !

Texte et croquis : Olivier MARTIN

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THE SOUTHERN RIVER BAND au Petit Bain (Paris13) – 17 février 2026

Ambiance électrostatique au Petit Bain ce mardi 17 février pour tous les amoureux du rock n’ roll et les ex PVTistes en manque d’énergie australienne.

It doesn’t get any aussier than this. Les 4 mates (déjà croqués au Hellfet 2025) de Thornlie (Perth, Australia) ont fait tanguer le Petit Bain à coups de hard guitares et d’harmonies rock léchées sur fond de batterie percutante toute la soirée. Après D.I.Y, album fait maison si on en croit la légende, c’est Easier said than done que Cal Kramer (guitare voix), Dan Carroll (guitare), Pat Smith (basse), Tyler Michie (batterie), viennent présenter ce soir à un public mix d’intrigués et d’avertis.

Dans la salle, au son des premières guitares de Don’t take it to heart les jeunes et les vieux de la vieille échangent le même regard : les mecs assurent. Une chose est sûre, ce show ne va économiser personne sur scène comme dans la fosse and we’re ready for it. Bienvenue là où les corps dansent, les mains se lèvent et les têtes ricochent sans retenue au rythme brut et fondamentalement libre des riffs down under.

POV tu croques dans le noir mais c’est toi qui te fait croquer. Ou plutôt photographier. La team croque n’ roll Live prise en flagrant délit depuis la scène, dans l’œil du photographe, Jared Hinz, qui suit le groupe sur la tournée. /// POV: You’re drawing in the dark, but you’re the one getting sketched. Or rather, photographed. The Croque n’ Roll Live team caught red-handed on stage, in the eye of the photographer, Jared Hinz, who’s following the band on tour.

Pantalon glitter et crop I love Paris, Cal Kramer en bon frontman délivre une performance sincère et féroce aux côté de ses mates qui jouent comme ils respirent. Arrive l’entêtant Watch yourself (you’re gonna hurt somebody) que les initiés reprennent en coeur suivit du palpitant The Streets don’t lie, and man, the stage doesn’t either. C’est brut, sauvage, électrique, extatique.

Un regard à la coupe du chanteur et on bascule dans les années 70. Il y a des gens qui sont de véritables capsules temporelles. Ne cherchez plus la péniche du petit bain. À cet instant précis de la soirée elle est quelque part dans un glitch entre la férocité du présent, l’euphorie du passée, et la folie du futur. Zéro Ai, juste 4 mecs de chairs et d’Oz déterminés à nous faire passer une f*cking good soirée.

Envolées parfaitement maîtrisées, harmonies on point, wah-wah placée, riffs blues, ça joue franc jeu et ça chante. Nombreux sont les moments où les guitares se retourneront vers la batterie ou joueront les corps à corps. Une complicité sur scène réjouissante qui nous fait dire qu’on vit sûrement le meilleur jour de notre semaine, et ce, même si elle ne fait que commencer.

Les 450 strangers du petit bain désormais accrochés, les mecs n’ont pas besoin de bouée et surfent à l’aise sur les vagues des géants avant eux. Impossible de ne pas retrouver les accents des groupes pub-rock australiens comme AC/DC et Powderfinger dont Bernard Fanning a d’ailleurs écrit le morceau No such time interprété pendant la soirée.

Si le public sur place n’est pas fin connaisseur du groupe de rock de Brissie mené par Fanning, Darren Middleton, Ian Haug, Collins et Coghill (on citera les titres My happiness, Passenger et These Days) il n’en est pas moins ravi de la performance et accueille les quelques balades suivantes avec émotion It’s what it’s, When it all falls apart avant que Stan Qualen passe la foule au défibrillateur. Certains saisiront même l’opportunité de crowd surfer.

L’énergie en ricochets, les cris des uns déclenchent une battle live du meilleur hurlement rock des autres. Giggles on et backstage. Quand on vous dit que c’était f*cking fun.

Petite frayeur cependant avant le titre Chasin’ after love, le micro ayant faillit nous faire griller le chanteur en live à l’amorce des premières notes. Ambiance électrique, matériel qui déraille, non sans nous rappeler Metallica qui fait sauter les plombs de Taratata. Échanges de regards inquiets. La décharge s’est faite entendre dans toute la salle.

« You f*cking kill me, I ll f*cking kill you back! » crie le chanteur à la technique qui débarque en urgence vérifier le matériel. Plus de peur que de mal. Après un check rapide et un Fabrice remercié pour sa vigilance, le concert reprend avec une nouvelle intensité.

L’encore offrira 3 morceaux en rab : One of these nights ou les garçons nous préparent gentiment à leur départ « I won’t be around much longer » avant d’enchaîner sur F*ck you, pay me (l’hymne d’une génération en crise) et de terminer en sueur, tipsy mais happy sur Vice City III. Que ceux qui les ont loupés se rassurent : ils continuent leur tournée européenne jusqu’en mars et de très jolies dates sont à venir.

Le carnet a eu la chance de passer backstage après le concert. Thanks again guys! /// The croquebook* was lucky enough to get backstage access after the concert. Thanks again guys! *notebook croque n’ roll Live

Après AC/DC, le groupe vient d’annoncer leur position d’headliner lors de la tournée des Foo Fighters sur leur île l’année prochaine. See ya down under!

En attenant, on vous laisse avec leur dernier album Easier said than done, produit par Nick Didia (Pearl Jam, Bruce Springsteen) à Byron l’année dernière. Enjoy!

Cheers,
Debbie

Texte : DEBBIE /// Photos : JARED HINZ /// Croquis : Nicolas BARBERON
Special thanks to JARED and PAT

Electrostatic vibes at Petit Bain Tuesday, February 17th – For all rock n’ roll lovers and former expats missing that raw Australian energy.

It doesn’t get any «Aussier» than this. The four mates from Thornlie (Perth, Australia) sent the Petit Bain rocking with heavy guitars and polished rock harmonies, backed by hard-hitting drums all night long. Following D.I.Y.—a homemade album, if legend is to be believed—Cal Kramer (vocals/guitar), Dan Carroll (guitar), Pat Smith (bass), and Tyler Michie (drums) came to present Easier Said Than Done to a crowd of both curious newcomers and seasoned fans.

As the first chords of Don’t Take It To Heart echoed through the venue, young fans and old-timers exchanged the same look: these guys are the real deal. One thing was certain: this show wasn’t going to take it easy on anyone, on stage or in the pit—and we were ready for it. Welcome to the place where bodies dance, hands go up, and heads bang relentlessly to the raw and fundamentally free rhythm of «Down Under» riffs.

Rocking glitter pants and an «I Love Paris» crop top, Cal Kramer delivered a sincere and fierce performance as a true frontman alongside his mates, who play as naturally as they breathe. Then came the catchy Watch Yourself You’re Gonna Hurt Somebody, belted out in unison by the fans, followed by the thrilling The Streets Don’t Lie—and man, the stage didn’t lie either. It was raw, wild, electric, ecstatic.

One look at the singer’s haircut and you’re transported straight back to the 70s. Some people are genuine time capsules. Forget the Petit Bain barge; at this precise moment, it was caught in a glitch between the ferocity of the present, the euphoria of the past, and the madness of the future. Zero AI here—just four guys made of flesh, bone, and «Oz» spirit, determined to give us a f*cking good time.

Masterful solos, on-point harmonies, perfectly placed wah-wah, and bluesy riffs—this was honest, soulful playing. On several occasions, the guitars turned toward the drums or played body-to-body. Their onstage chemistry was a joy to watch, making us feel like we were having the best day of our week, even though it had only just begun.

With the 450 strangers at Petit Bain now hooked, the boys didn’t need a life jacket; they were effortlessly surfing the waves of the giants who came before them. It was impossible not to hear echoes of Australian pub-rock legends like AC/DC and Powderfinger (whose frontman, Bernard Fanning, actually wrote the track No Such Time, performed during the set).

While the crowd might not have been experts on the Brissie rock scene led by Fanning, Middleton, Haug, Collins, and Coghill (think My Happiness, Passenger, or These Days), they were nonetheless thrilled by the performance, greeting the emotional ballads It’s What It’s and When It All Falls Apart with open arms —before Stan Qualen hit the crowd like a defibrillator.

Some even seized the opportunity to crowd-surf. With energy bouncing off the walls, one person’s cheers triggered an impromptu « screaming battle » through the crowd. Nothing but giggles, on stage and off. When we told you it was f*cking fun.

There was a brief scare before the track Chasing After Love, when a faulty mic almost «fried» the singer as the first notes began. Electric atmosphere, gear malfunctioning—it was a scene reminiscent of Metallica blowing the fuses during Taratata. Anxious glances were exchanged as the discharge echoed through the room.

«You f*cking kill me, I’ll f*cking kill you back!» shouted the singer to the tech crew who rushed out to check the gear. More fear than harm, luckily. After a quick check and a thank you to «Fabrice» for his vigilance, the concert resumed with a new intensity.

The encore offered three extra tracks: One Of These Nights, where the boys gently prepared us for their departure («I won’t be around much longer»), followed by F*ck You, Pay Me (the anthem of a generation in crisis), finally ending sweaty, tipsy, but happy on Vice City III.

To those who missed them: don’t worry. Their European tour still goes on until March with some great dates coming up. After AC/DC, the band just announced they will be headlining the Foo Fighters’ tour back home next year. See ya down under!

In the meantime, we’ll leave you with their latest album Easier Said Than Done, produced by Nick Didia (Pearl Jam, Bruce Springsteen) in Byron last year. Enjoy!

Cheers,
Debbie

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LES NUITS DE L’ALLIGATOR : THE HARLEM GOSPEL TRAVELERS /// ALICE FAYE /// RAINBOW GIRLS à La Maroquinerie (2 et 10 février 2026)

Comme chaque année, le seul et unique festival à la gloire du blues et du folk – genres qui irriguent toujours les musiques actuelles – s’invite à Paris et dans d’autres salles de l’hexagone. Nous avons esquivé la troisième soirée de cette vingtième édition, qui se déroulait à La Marbrerie Montreuilloise, mais étions fidèles au poste pour les deux autres à La Maroq’ !

THE HARLEM GOSPEL TRAVELERS (2 février 2026)

Un seul groupe à l’affiche, mais quel groupe ! The Harlem Gospel Travelers a dynamité La Maroq’ avec leur néo-gospel funky. Impossible de ne pas céder à leur ferveur communicative et à leurs voix exceptionnelles ! La salle se remplit timidement ; il est clair que La Maroq’ ne fait pas le plein ce soir. Mais cela n’a aucune incidence quant à l’accueil réservé au trio queer de Brooklyn, un public peut-être moins nombreux, mais clairement des passionnés de black music. HGT donc, trois frontmen, deux musiciens en arrière ligne – Kyle Lacy à la guitare et Chauncey Yearwood à la batterie. Et de fait, pour muscler un peu le son, des bandes enregistrées, qui n’enlèvent rien à la véracité de leur prestation. Le groupe les qualifie dans leurs indications destinées au sondier, de « quatrième chanteur ». On en déduit que l’on n’a pas affaire à de vagues boucles Appleton, mais à du vrai son vintage concocté par le musicien et chanteur Eli « Paperboy » Reed, le producteur et mentor des HGT. 

Même s’il cède volontiers la place centrale de leadvocal à ses deux complices, Ifedayo Gatling capte tout de même la plupart des regards. Difficile de ne pas être fasciné par ses pas de danses, sa silhouette longiligne perchée sur ses chaussures compensées et sa chevelure luxuriante. Un charisme à peine tempéré par ses lunettes à monture noire d’intello. À ses côtés, George Marage – l’autre membre fondateur du groupe – et Dennis Kenneth Bailey III, tous deux également vêtus de noir, en paraîtraient presque sages. Mais sur le plan de la puissance et de l’émotion, tous trois font jeu égal ; on assiste à un véritable feu d’artifice vocal, à base d’envolées soul et de gospel funky. The Harlem Gospel Travelers auront débuté pied au plancher, conservant la cadence durant tout le set, hormis peut-être pour le rappel avec Hold on. Un hymne gospel pur jus, ponctué de Don’t give up ad libitum, que Gatling vient chanter au milieu du public. Le show d’HGT est d’une authenticité et d’une intensité rare. Leur musique prend certes ses racines dans une musique religieuse, mais on retient surtout son caractère passionné. On ne peut que se laisser emporter par leurs hymnes à la joie, leur complicité et leur ferveur. « Le gospel n’avait rien connu d’aussi jubilatoire et subversif depuis le pasteur Little Richard » peut-on lire quelque part sur le net. N’ayant pas saisi l’intégralité des paroles, je suis peut-être passé à côté du contenu subversif des chansons de The Harlem Gospel Traveler, mais aucun des trois HGT ne s’est fendu d’un commentaire sur le régime liberticide, et ouvertement homophobe, actuellement au pouvoir aux States. Peut-être le seul regret de cette première soirée des Nuits de l’Alligator 2026…

PS : Si vous souhaitez en savoir plus sur HGT, je vous renvoie vers l’article de Frédéric Adrian de Jazz Magazine, bien plus sérieux et plus documenté que celui de votre serviteur ! 

ALICE FAYE /// RAINBOW GIRLS (10 février 2026)

Deux soirées, deux ambiances. La première était 100% masculine et méchamment groovy, la seconde sera 100% féminine et tendrement folk. Et c’est l’écossaise Alice Faye qui démarre – en solo – cette soirée Girls Only. Son arrivée sur scène, côté cour, nous prend… littéralement de court. J’en rate son entrée en vidéo ! En revanche, impossible de passer à côté de son sourire éblouissant, qu’elle conservera, même en chantant tout au long du set. Elle réussit l’exploit de demeurer joyeuse, l’oeil pétillant, lorsqu’elle évoque une rupture. Alice Faye est tellement heureuse d’être de retour à Paris, qu’elle remerciera à tour de bras le public jusqu’à l’overdose. Une joie sincère et touchante. Mon anglais de sixième ne me permet pas de comprendre tout ce qu’elle raconte – et elle est très bavarde -, mais au vu des éclats de rires qu’elle déclenche, elle pourrait certainement se lancer dans le stand up. Sa voix, douce et puissante à la fois, s’accompagne d’un grain qui fait merveille sur des mélodies fleurant bon les années 40 et les Sixties. Tout en précisant être plus à l’aise au piano, elle fait venir celui qui tient le merch et lui file sa guitare. Ce dernier reviendra d’ailleurs pour la chanson finale aux accents rock, toujours vintage cela va de soi. Il y a une folie douce terriblement séduisante chez Alice Faye, doublée d’un naturel irrésistible, qui fait merveille sur scène.

Le trio des californiennes de Rainbow Girls apparait comme l’exact contre-point de leurs homologues de Brooklyn. Comme eux, elles ont déjà une tournée française à leur actif. Et tout de rouge paillette vêtues, Erin Chapin, Caitlin Gowdey et Vanessa Wilbourn n’ont pas à rougir tant pour les costumes de scène ou les choeurs, et leur complicité est tout aussi évidente. Dans un style différent, mâtiné de folk et de country, elles distillent une même émotion brute, intensément féminine et furieusement engagée. C’est là qu’intervient le point de divergence. Par la voix de la blonde Caitlin Gowdey, qui s’essaye brillamment au français, elles n’hésitent pas à dénoncer l’Amérique de Trump, s’excusant même de la dérive fasciste de leur pays. Quand bien même elles ne dissimulent pas leur effroi face cette situation dramatique, elles appellent à la combattre. Leur message de tolérance, d’ouverture aux autres cultures résonne évidemment très fort parmi un public plus féminin que de coutume. Je crois avoir saisi que des mères, tantes, cousins étaient d’ailleurs dans la salle, renforçant cette sensation de proximité. Autre différence avec The Harlem Gospel Travelers, nos trois Rainbow Girls sont aussi musiciennes, et elles n’hésitent pas à échanger leurs instruments respectifs. Elles nous gratifieront d’une reprise inspirée de The Sound of Silence de Simon and Garfunkel, ponctué de références au déni du changement climatique, autre plaie d’une partie de la société américaine. Et quel final ! Toutes trois descendent parmi nous pour entonner une version a capella de Unchained Melody qui nous fout les poils. Erin Chapin restera même tailler une bavette entourée par des fans transies ; les paillettes, ce sont elles qui les ont récupérées et elles font briller leurs regards.  

Texte : MAD /// Croquis : Nicolas BARBERON

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INSPECTOR CLUZO /// GRANT HAUA à La Maroquinerie (Paris 20)

Texte écrit après le concert du 28 janvier 2026.
Croquis réalisés le 29.

Lors de leur précédent passage à La Maroq’, il y a deux ans – même format, plusieurs soirées de suite donc – on leur avait consacré un billet double qui reste ancré dans nos mémoires respectives (et peut-être dans la vôtre, fidèle de Croque and Roll Live). Les deux rockers farmers landais les plus connus « all over the world » ont donc remis ça pour notre plus grand plaisir. Avec en prime, un cador du blues néozélandais, Grant Haua.  

Grant Haua – comme il l’a dit lui-même lors d’une ITW – c’est du blues avec la puissance du Haka. Laurent Lacrouts – chanteur et guitariste des Cluzo pour les béotiens – précisera un peu plus tard dans la soirée qu’il leur file un sacré coup de main à la ferme. Rien d’étonnant à cela. La force tranquille, doublée d’une non moins sacrée paire de paluches, prédispose le néozélandais à une activité manuelle et en lien avec la terre. À l’image de sa musique donc, authentique à 200%. Rien d’étonnant non plus que cette amitié avec nos deux rock farmers landais, se transforme en tournée commune. Grant Haua, apôtre du blues et du rock rugueux en son pays, est bien connu dans l’hexagone. Son premier album date de 2010 et il est évidemment signé par Dixie Frog, THE French label dans le domaine. On se demande d’ailleurs pour quelle raison, il n’a pas encore été sélectionné pour le festival des Nuits de l’Alligator

Grant s’installe à côté de la batterie bâchée de Mathieu, le batteur des Cluzo et brise immédiatement la glace avec une bonhomie non feinte. « Désolé, mon français est très petit », s’excuse-t-il, mais manifestement, son plaisir d’être avec nous ce soir, est très grand. Il démarre pied au plancher, en laissant plus d’un sidéré par son jeu de guitare. Technique banjo, nous glisse un collègue gratteux, cela donne un son ultra puissant et ultra rapide qui va de pair avec sa voix soul à souhait. On capte les inévitables expressions présentes dans les textes des bluesmen ; So lonely, Shame on you et autres I get the blues. Des mots simples et intemporels, magnifiés par leur interprétation charnelle. Des odes à la gente féminine, qu’elles soient Devil is a woman ou Though Love Mamma. Des chansons nouvelles, dont une sur les Politicians qu’il accompagne d’une grimace significative. Après l’agronome engagé Marc Dufumier en 2024, qui avait retourné la salle à sa manière, Grant Haua est une première partie de choix !

Laurent et Mathieu devant nous à moins de trois mètres… Difficile de se sentir davantage en pays de connaissance. Pas seulement parce « qu’on prend les mêmes et on recommence » – les Cluzo ont un public francilien d’une fidélité exemplaire – mais bien parce que ce qui nous lie à eux dépasse pour beaucoup la simple relation musicale. On imagine mal par exemple qu’un climatoscptique capitalo-droitard soit à la Maroq ce soir-là (sinon, il se serait étranglé en entendant Laurent dire que « le Mercosur, le Tafta, c’est de la merde… »). Il est peu probable également que des consommateurs de spectacles, pyrotechniques avant d’être musicaux, pour lesquels ils payent une blinde leur ticson en Arena, aient fait le déplacement dans le vingtième… Tant mieux, vous connaissez la formule à base de confiture et de cochons. La gouaille intacte et la chevelure plus hirsute que jamais, Laurent nous fait un rapide résumé de leur parcours depuis que nous nous sommes vus. Leur activité d’agriculteurs déter et engagés, entrecoupée de dates de concerts en Europe. Sortie de leur dixième opus et la tournée qui a débuté en novembre dernier… C’est donc en toute logique que nos Cluzo débutent avec Less is more justement. Et que dans la foulée, ils enchainent avec le titre Catfarm. Un titre aux effluves reggae (mais pas trop) qui suit chronologiquement sur l’album. Et un clin d’œil à leur chat qui truste la pochette (après le bouc Mig sur le précédent).

Pour As stupid as you can, Laurent nous incite fortement à relire La Société du spectacle de Guy Debord. « Ça définit à peu près la société dans laquelle on vit ».  À bon entendeur, salut… On vous passe le couplet sur ses réjouissants gimmicks, sur Appleton « live », l’opposition naturelle entre musique à clic et à fric et la musique vivante. L’anecdote du concert lors du plus grand rassemblement de bikers, à Surgie, Dakota du Sud, mérite elle d’être contée. Invités par leurs copains des Clutch, ils y ont notamment joué The Greenwashers devant un public pas franchement convaincu du réchauffement climatique et de ses conséquences…« C’est ça d’être rock n’roll en 2026, pas de faire Rock en Seine ! ».

Les Cluzo nous auront également gratifiés de leurs classiques sur scène ; le clin d’œil à Iggy Pop sur Rockophobia, les remerciements à tous ceux qui les soutiennent, de leur producteur Vance Powel à leur amie productrice d’Armagnac à leurs techniciens. Des moments de partage, de musique live, de valeurs communes, c’est ça un concert de The Inspector Cluzo. Peut-être pas unique en son genre, mais clairement rare et salutaire !

Texte : MAD /// Croquis : Nicolas BARBERON

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SOPICO /// BASH BARROW au Chabada (Angers)

Jeudi soir dernier, direction Le Chabada à Angers pour une soirée rap intimiste sur la petite scène de la fameuse salle de concert ligérienne.

Première partie de soirée avec le rappeur angevin Bash Barrow accompagné de son guitariste, tranquillement assis sur un canapé d’un autre temps, décontractés.

Le flow est tranquille, pas énervé pour un sou, pourquoi s’en faire si l’on « canne tous à la fin » comme nous dit l’une de ses chansons ? Un univers autour de la chill attitude, du gars qui rêvasse et nous emmène dans son monde, un brin mélancolique, un rien apaisant. Titre qui me trotte en tête après son show, Focus. Bonne entrée en matière et chouette découverte.

Le canapé est remplacé par un tabouret et un micro pour l’entrée de Sopico, tête d’affiche de cette soirée. L’artiste se produit également avec un groupe et électrifié, mais c’est en solo qu’il a décidé de jouer ce soir à Angers, un peu « comme si l’on était tous dans sa chambre », nous dit-il sourire en coin.

Avant d’être chanteur, Sopico était réalisateur de clip pour ses potes, et c’est en s’essayant à son tour au rap accompagné de sa gratte, sans trop y croire au départ (« je suis un croisement de Nirvana et du Wu tang » clame-t-il dans l’une de ses chansons) que la sauce prend.

Le flow est fluide, les paroles affutées, ça parle du quotidien, du soi, des émotions, de la vie.

Sopico sait accrocher l’oreille de son auditoire, sans fioritures et les titres Nuage, Arbre de vie, Tout va bien, Slide ou le somptueux La nuit  sont ses joyaux. Il nous gratifiera même d’une chanson inédite qui « ne verra peut-être pas le jour » lance-t-il, mais après écoute et au vu de l’applaudimètre, il y a fort à parier qu’elle ne va pas rester longtemps cachée, celle-là !

Une excellent soirée au Chab’, toute en finesse, idéale pour coucher quelques traits sur le papier !

Texte et croquis : Olivier Martin

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