pour ceux qui souhaitent en écouter plus sur " look de paris " voici titres sur youtube
" c'est barock "" ar
Par anonyme, le 17.08.2026
bonjour triste merci a toi pour tes partages a très vite
Par Vintage Rétro Musi, le 17.08.2026
la première sur .fr est abondamment fournie, bravo pour le travail et merci pour les découvertes que j'ai pu f
Par TonTonMusiK, le 16.08.2026
bonjour, merci pour les infos .je cherche un lien pour voir "deus batons pour un rocker".je n ai même pas trou
Par Anonyme, le 13.08.2026
bonjour
bravo et merci. vous construisez jour après jour une véritable caverne d'ali baba où il fait bon alle
Par Anonyme, le 06.08.2026
Date de création : 13.02.2019
Dernière mise à jour :
15.08.2026
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Après la sortie de son premier album solo (novembre 73), il est urgent pour Rapsat de défendre ses chansons sur scène. Après une première ébauche de groupe qui sombrera très vite par manque de disponibilité de ses membres, Rapsat retourne sur ses terres à Verviers où il contacte l’orchestre de bal Virginia dont le bassiste n’est autre que Francis Geron, ex membre du groupe de bal et thés dansants Les Tricheurs (vite renommé Les Ducs) dont Rapsat avait été le guitariste rythmique jusqu’à son départ pour l’armée.
Deux autres musiciens de Virginia rejoignent Rapsat : le guitariste André Delvigne et le claviériste Jean-François Maljean. Il ne manque plus qu’un batteur, ce sera Christian Willems du groupe Eyes.
Parallèlement à la préparation de son 2ème album qui sera enregistré en fin d’année en France avec les mêmes musiciens que l’an passé (Albert Marcoeur et Patrice Tison auxquels se joindront cette fois-ci François Bréant et Pascal Arroyo), Rapsat consacre une bonne partie de l’année 1974 aux répétitions avec son groupe issu des thés dansants.
C’est d’ailleurs comme attraction d’un thé dansant que « Peter Rapsat » (comme indiqué sur l’affiche) fera son retour sur scène avec ses musiciens.
Bals, dancings, chapiteaux et autres petites salles accueillent la « tournée New-York » avec ses bulles de savon, ses masques blancs et un Rapsat qui ne chante qu’en anglais.
L’année 75 c’est encore moult répétitions mais aussi la sortie de « Musicolor » (une version anglaise et une version française). Moins original que « New-York », l’album déçoit et se vend moins bien malgré quelques titres bien pêchus comme « Un jour les couleurs », « Adieu les clowns » ou encore « Rapsatus vulgaris ».
Courant 76, Jean-François Maljean part aux States parfaire sa technique de jazz au Berklee College of Music de Boston. Il est remplacé par Alain Wintquin aux claviers.
Par la suite, le multi instrumentiste Christian Boissart (ex-Laurélie et ex-Serpents Noirs) rejoint le groupe sur scène.
« Eurovision or not Eurovision ? That is the question » de l’année 76. Mais après tout, pas grand-chose à perdre si ce n’est une image de rockeur déjà bien écornée par les exigences de la production sur « Musicolor ».
Et comme le dit Rapsat « Vous savez, pendant un an, les quatre gars qui m’accompagnent et moi-même, nous n’avons pas gagné un franc. Alors, si l’Eurovision pouvait nous permettre de présenter un spectacle plus complet, de disposer de meilleur matériel, bref, de mieux faire notre métier, ce serait déjà formidable ». Bilan des courses : à trois votes de la fin, Rapsat descend de la 2ème place à la 8ème à cause des français et des espagnols ! C’est vraiment con pour un chanteur d’origine espagnole qui chante en français !
Ceci dit Rapsat ne reniera jamais « Judy & cie », ce sera l’un des grands classiques de son répertoire qu’il interprétera tout au long de sa carrière. Judy, la fille moche qui morfle (thème de la chanson d’Eric Van Hulse le parolier de Rapsat) n’aura pas eu droit aux sucettes à l’anis d’Annie !!!
C’est au Reward Studio de Schelle (des anciens membres des Jokers, Jos Clauwers et Ronny Sigo) que les albums de Laurélie et du Jenghiz Khan avaient été enregistrés (tout comme les maquettes de « New-York » et « Musicolor »).
C’est donc là que (hormis Francis Géron retenu par son travail et remplacé à la basse par Christian Boissart) tout le monde se retrouve pour l’enregistrement du nouvel album de Rapsat « Je suis moi ».
Pour Rapsat, les planètes sont alignées : il est libéré de tout contrat, son vieux complice Eric Van Hulse et l’éditeur belge Hans Kusters financent la production de l’album, il a ses musiciens de scène avec lui et de plus il a l’habitude de travailler au Reward Studio avec Sigo et Clauwers aux manettes. Tout se présente bien, Rapsat peut faire ce qu’il veut.
Le résultat est là, « Je suis moi » est une formidable réussite avec un Rapsat qui n’a rien perdu de son mordant, avec un Van Hulse dont la plume n’a jamais été aussi inspirée et avec des musiciens qui pour leur première expérience de studio veulent faire savoir qu’ils ont la niaque.
Pas de version anglaise cette fois-ci, simplement un disque à la croisée des chemins où le rock côtoie la chanson française et qui nous propose pas moins de trois chefs d'oeuvre.
Tout d’abord « Les artistes d’eau douce », magnifique ode à tous « ces artistes sans prétention (qui) font trois tours de piste et puis...qui s’en vont... ». Au fil des ans, cette chanson est devenue un classique que ce sont appropriées de nombreuses chorales en Wallonie.
Quant à « Je suis moi », incontestablement l’un des titres les plus forts du répertoire de Rapsat où celui-ci assume ses choix « Lancé dans la bagarre, au lieu d’un emploi qui m’parlait pas, j’ai choisi la guitare et ses aléas... » et hurle « Je me fous d’être un mythe...je me fous d’être un roi… mes amours, mes limites, sont à moi... ».
Après une intro avec arpèges et spoken words, Rapsat et ses musiciens nous entraînent de plus en plus haut vers cette autre perle qu’est «L’ enfant du 92ème ». Une pure merveille avec des arrangements sublimes, éblouissants qui écrabouillent la version initiale enregistrée en 74 par Jeanne-Marie Sens.
Quoi d’autre ?
Rien à jeter. Pas de remplissage. Toutes les plages méritent une écoute attentive.
Notamment une reprise d’un 45T de 74 qui a bénéficié lui aussi d’un sacré lifting : « Les machines ». Y a pas photo, cette longue plage progressive 100% belge de 7 minutes enfonce le clou : cette fois-ci c’est sûr, Rapsat est vraiment entouré d’un foutu bon groupe !
Et pour le reste ?
Dans une ambiance sinistre et glauque, tel un complément à la première plage de « New-York », le titre « Les chauve-souris du métro » nous plonge dans ce « boyau où se réveille le ventre de la ville…il n’est guère que cinq heures...j’entends comme un bruit d’ailes dans les couloirs du métro... ».
En outre, dans cet album, Rapsat et Van Hulse rendent deux hommages : l’un à « Gauguin », « Qui se souvient ? Du vagabond plein de colère et de vin qui se mourait sous le soleil tahitien, abandonné par tous les siens... », l’autre aux quatre de Liverpool avec « Nous les Beatles » « Rien ne sera plus jamais comme avant ! Rien n’a plus le même goût. Ce n’étaient que des chansons dans le vent. Oui mais les Beatles après tout, C’était nous ! ».
Sinon, match nul sur la face B où le slow de l’étape « Qu’on est bien » qui se conclut par un tendre et romantique « Dors...Je m’endors...Et ton corps me rassure » est vite contrebalancé par le constat final du titre « Les canaux de Mars » à savoir « De jour en jour...Mon implacable amour…Tu m’emmerdes ! » .
Et alors ? Alors ?
Avec l’appui d’un certain Yves Simon (qui avait acheté et aimé « New-York »), « Je suis moi » est distribué par RCA. Mais malheureusement, le fait d’être présent chez les disquaires ne suffit pas. L’album ne cartonne pas que ce soit en Belgique ou en France.
Avec le recul, il est étonnant qu’aucun 45T n’ait accompagné la sortie d’un disque contenant autant de hits en puissance.
Ne reste plus à Rapsat qu’à préparer son 4ème album avec la même équipe. Ce sera « Gémeaux » (1978).
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titre en écoute (en 192 kbps) : « Je suis moi »
par Crapou (qui dédie cette chronique à Christian Boissart décédé tragiquement avec sa femme lors de l’incendie de leur maison en août 2025)
Divine surprise : la réédition remastérisée du 10ème album studio de Rapsat « J’aime ça » (1986) est en fait un DualDisc avec le LP et quelques bonus live côté CD et la captation d’un concert sur la face DVD.
Sur cette face DVD nous découvrons une prestation de Rapsat en plein air filmée par la Télévision Suisse Romande le 21 août 1986 à Morges. La TSR avait diffusé ce spectacle en direct (ce qui explique pourquoi un générique de fin interrompt brutalement les rappels).
Lors de ce concert Rapsat est entouré de deux anciens du groupe Transfert (le groupe qu’il avait constitué en 1974 pour l’accompagner) : Christian Willems à la batterie et Christian Wagemans à la basse.
Ils sont dorénavant rejoints par deux guitaristes : Thierry Plas (Machiavel) et Jean-Pierre Froidebise (Such a Noise). Le band comporte aussi deux claviers : Eric Pire (Les Révérends du Prince Albert) et Daniel Willem (Gypsy Jazz Band). Les choeurs sont assurés par le trio vocal Leslie : Isabelle Graff, Ilona Chale et son frère Eric Chale (tous les deux ex ‘Nuit câline à la villa mon rêve’).
Il s’agit là d’un concert resserré, d’un créneau de 56 minutes dans le cadre étroit d’une émission de télévision. Malgré tout, si les p’tits suisses n’ont pas eu droit comme nos amis belges à une cavalcade de 2 heures suivie d’une série de rappels, ils ont pu faire connaissance avec « le Rapsatus Vulgaris, animal rare de la famille des bêtes de scène » (c’est ainsi que Rapsat se présentait en 1975 dans son 2ème album « Musicolor »).
« Pour moi la scène, c’est quand même là où tu transpires » aimait à dire Rapsat. D’où le rythme endiablé de ses spectacles avec ses enchaînements rapides, ses ballades glissées ci et là le temps de reprendre sa respiration avant de repartir dans une folle cavalcade…
Bien que modeste par sa durée, cette archive est un précieux témoignage sur la facette rock de l’artiste.
Lors de ce mini concert, hormis « L’enfant du 92ème », Rapsat nous propose des titres des années 80 (albums « Lâchez les fauves », « Ligne claire » et « J’aime ça »).
La réédition 2007 de « J’aime ça » étant en rupture de stock depuis longtemps, il n’y a plus que les plateformes pour découvrir cet album. Quant au DVD Live qu’il comportait…..c’est foutu….c’est kaputt…….c’est introuvable sur le Net ou ailleurs…...sauf sur Francerock70 !
Comme suggéré plus haut, la TSR ayant interrompu la diffusion de la fin du concert alors que Rapsat commençait un dernier rappel, je vous propose en guise de titre en écoute : « Parce qu’un jour » (en entier)
par Crapou
Après la disparition de Pierre Rapsat en 2002, tous ses enregistrements studio (vinyles et CD) ont eu droit à une réédition (avec des bonus live) et ont été suivis de nombreux albums live, de multiples compilations et même d’un CD spécial-bonus. Au final, en incluant les double-CD, un triple-CD et un quadruple-CD, on se retrouve désormais avec un total de 37 CD dont la plupart sont encore à notre disposition en version numérique sur les plateformes.
Malgré tout, quelques titres de Rapsat n’ont pas eu droit à une seconde chance. Aussi, même si elles ne sont pas impérissables, Francerock70 vous propose de reposer vos « cages à miel » (comme dirait l’ami Keith) à l’écoute de ces quelques chansons méconnues et plutôt éloignées de la facette rock de cet artiste.
De quoi s’agit-il ? Tout simplement de quelques titres égarés sur des 45T confidentiels et de trois inédits échoués sur des compilations vinyles jamais rééditées en CD.
C’est le cas du 45T « Harold et Maude / Les machines » et de sa version anglaise « Harold and Maud / Some call it loving » parus en 1974.
A noter qu’en 1977, sur l’album « Je suis moi » (mon album préféré de Rapsat), celui-ci proposera une nouvelle version du titre « Les machines », superbe reprise de près de 7 minutes. J’adoooore !
Quant au titre « Harold et Maude », on le retrouvera en 1976 sur la première compilation de Rapsat « Judy & Cie ». Sur cette compilation vinyle figurent également deux inédits : « Doc Holiday » et « Rien qu’une vie ».
En guise de fin de contrat, WEA publiera encore deux 45T. En 1976 ce sera « Si on s’en allait » avec une déconcertante face B de remplissage : « Boogaloo ».
Puis début 1977, ce sera « J’ai perdu l’Amérique / On aura tout inventé ».
Par la suite, en 1982, « Seul dans la métropole » sera l’unique inédit d’une seconde compilation de fin de contrat (avec RCA cette fois-ci).
Et maintenant évoquons brièvement quelques raretés interprétées par Rapsat.
Tout d’abord sur le CD publicitaire « Ode » pour le café Douwe Egberts (1997) , Rapsat mettra des mots sur la fameuse « Lettre à Elise » de Beethoven.
Toujours en 1997, sur le CD-single 3 titres intitulé « Un dimanche en automne », Pierre Rapsat nous proposera une superbe reprise du « Plat pays » de Jacques Brel.
(petite parenthèse à l’intention d’un éventuel visiteur du blog pointilleux et parvenant à suivre la pléthorique discographie de Rapsat : les titres « J’ai perdu l’Amérique », « Seul dans la métropole » et « Le plat pays » ont en fait déjà eu droit à une seconde vie sur une compilation de 2004 intitulée « Jardin secret »)
Ignoré par la France, Rapsat participera au contraire à de nombreuses émissions de télévision en Belgique notamment sur la RTBF où il n’hésitera pas à reprendre des chansons d’artistes qu’il admire.
Ce sera le cas de Brassens avec sa reprise de « La non demande en mariage », de Brel avec « Le plat pays », de Françoise Hardy avec « Des ronds dans l’eau », de Gainsbourg avec « La chanson de Prévert » (en duo avec Axelle Red).
De même, aucun télespectateur belge ne sera surpris de voir Rapsat reprendre quelques titres des Beatles qui l’ont tant inspiré : « Help », « She loves you », « Yesterday ».
En outre, sur les plateaux de la RTBF, Rapsat sera parfois amené à proposer des « Medley » à partir de quelques titres de son répertoire.
Avant de clore cette modeste compilation consacrée aux « raretés et divers inédits sur CD » de Pierre Rapsat , j’ai ajouté la deuxième version (1977) du titre « Les machines ».
Sur le zip qui accompagne cette chronique, vous trouverez également en guise de bonus la toute première trace discographique de Rapsat en tant que compositeur. Il s’agit du titre « Une poignée de neige » (1967) chanté par Eric Vion (de son vrai nom Eric Van Hulse et compagnon d’infortune de Rapsat pendant 10 ans).Les deux débutants seront effondrés par le résultat obtenu (il faut préciser que le directeur artistique et l’arrangeur de ce 45T venaient de lancer la carrière d’Adamo avec « Tombe la neige » (1963) et pensaient probablement récidiver avec cette chanson de Vion/Rapsat).
NB : Rapsat, né sous le signe des Gémeaux, n’était pas seulement le chanteur talentueux évoqué dans cette chronique, c’était aussi un formidable showman, une véritable bête de scène. Aussi, pour évoquer ce côté rock de l’artiste, j’ai complété le zip ci-joint avec deux vidéos (dont l’une avec Rapsat aux Francofolies de La Rochelle en 1987).
Rapsat ; raretés et inédits CD
titre en écoute : « Le plat pays »
par Crapou
A mon tour j’ai eu envie de faire plaisir aux visiteurs du site qui se sont manifestés suite à ma chronique sur le premier album solo de Pierre Rapsat.
Pour eux, et bien sûr pour toutes les personnes intéressées par Rapsat, je suis allé fouiller dans les boîtes à chaussures où sont stockées mes vieilles cassettes audio...
Bingo ! J’ai mis la main sur les deux K7 que m’avait envoyées un copain de Charleroi il y aura bientôt 25 ans.
Avant de vous dire de quoi il s’agit, sachez que, lors de la numérisation de ces bandes, je n’ai pas touché aux plages musicales.
Par contre, j’ai eu du boulot pour rendre audible la quasi totalité des nombreux monologues de Rapsat.
J’en profite au passage pour remercier l’ami Makhno qui m’a expliqué comment atténuer les bruits de fond des monologues avec la fonction « Réduction du bruit » d’Audacity.
Bref, tout ça pour vous dire que je ne suis pas trop mécontent du résultat obtenu (et j’espère qu’il en sera de même pour vous).
Après ce préambule, il est temps d’entrer dans le vif du sujet : le contenu de ces deux K7.
« Acoustique, électrique, sympathique ...», c’est ainsi que Pierre Rapsat, au printemps 97, avait évoqué sa future série de concerts ajoutant « … je raconterai des histoires, des anecdotes... ».
Effectivement, du 23 août 97 à Huy au 27 mars 98 à Mons, Rapsat présentera 8 fois un spectacle acoustique lors de cette mini-tournée intitulée « Seul en scène … enfin presque ».
Accompagné de Didier Dessers (ex Loop the Loop), Rapsat va donc, de temps à autre, abandonner les séances d’enregistrement de son prochain album (« Volte Face » qui sortira en septembre 98) pour convier son fidèle public à une « soirée spéciale au coin du feu » (comme les affectionne tant notre boss Mister Pat).
Lors de ces quelques concerts à coeur ouvert où il se paie une petite gratte entre amis, Rapsat entrouvre son jardin secret et se raconte sans prétention aucune.
C’est ainsi que, tantôt seul à la guitare, tantôt magistralement accompagné aux claviers et aux percussions par son complice Didier Dessers, il invite son public à parcourir avec lui sa longue carrière illustrée par un titre de chacun de ses albums.
Entre deux morceaux, il évoque des souvenirs, livre des impressions sur le monde qui l’entoure, dévoile la genèse de telle ou telle chanson ou encore rend hommage à ceux qu’il admire.
Chers visiteurs, il ne vous reste plus qu’à jeter une oreille sur cette pépite où, loin de ses light show habituels et de la grosse production qu’ils nécessitent, Rapsat avait abandonné temporairement son personnage de rockeur.
Dans cet enregistrement on peut percevoir l’ossature de ses chansons telles qu’il les composait (toujours à l’oreille avec sa douze cordes car il ne connaissait pas l’écriture musicale).
Les rares fois où il a composé avec un clavier sont d’ailleurs évoquées avec humour dans cette causerie de deux heures.
Causerie fort sympathique, véritable (et émouvant) témoignage de la simplicité de cet artiste et de la complicité qui le liait à son public.
Un jour, évoquant sa carrière, Pierre Rapsat (Pierrot pour les belges) avait déclaré : « Je me suis produit moi-même comme je le voulais. Plutôt que de voyager en troisième classe sur un paquebot, j’ai opté pour ma traversée sur mon voilier ».
Seul sur scène... enfin presque
En écoute : un extrait du titre « Music man » (et du monologue qui le précède).
Par Crapou
Et, pour les visiteurs du blog (abonnés ou pas), un bonus très spécial "La saga de Pierre Rapsat " racontée par Gilles Verlant (avril 2007)
En 1972, le groupe de hard rock progressif belge Jenghiz Khan sombre avec le départ de son imposant chanteur et guitariste Big Friswa. Il faut dire que ces années 72-73 verront disparaître de nombreux groupes belges balayés par la vague glam-rock déferlant alors d’Angleterre.
Pour Eric Vion (l’ex-producteur de « Well cut » l’unique album du Jenghiz Khan), il est temps que son ami Pierre Raepsaet se décide enfin à chanter lui-même ses propres compositions.
Jusqu’à présent ce n’était pas le cas. Le duo formé par Pierre Raepsaet (musique et arrangements) et par Eric Vion (paroles et production) avait toujours fait appel à des interprètes comme Paul Simul, le Tenderfoot Kids ou encore Laurélie. A un moment, ils avaient même imaginé faire un disque avec des chanteurs occasionnels et qui se serait appelé « Pierre Raepsaet Experience ».
Retour en 1972. Très vite les deux complices vont se mettre au travail pour un premier album de l’ex-bassiste du Jenghiz Khan. Et, en quelques mois, une maquette de dix-huit titres est enregistrée avec l’aide du batteur Jean-Pierre Onraedt.
Pour la première fois Raepsaet chante lui-même ses compositions avec des textes en anglais écrits par Vion,
Les deux compères iront à Paris présenter cette maquette à Bernard de Bosson directeur général de la division française de WEA qu’Eric Vion avait connu à l’époque où lui même travaillait chez Barclay.
Raepsaet en profite pour changer son nom en Rapsat (plus facile à prononcer pour les français) tandis que Eric Vion se choisit le nom de Eric Lowery (alors qu’en réalité il s’appelle Eric Van Hulse).Trois semaines avant l’enregistrement prévu au studio Frémontel, Bernard de Bosson demande aux deux belges une version française de l’album. C’est ainsi que« New-York » et le disque suivant « Musicolor » auront droit à deux versions : une version anglaise pour la Belgique et une version française pour la France.
Quasiment deux ans plus tard, lorsqu’il aura son propre groupe, lors de la tournée New-York, Rapsat, comme tout bon rocker belge qui se respecte , fera le choix de ne chanter qu’en anglais (malgré son épouvantable accent) sous le nom de Peter Rapsat.
Nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, retour en Normandie au studio Frémontel de Jacques Denjean où travaillent à demeure les musiciens du groupe Kapak (Patrice Tison, Albert Marcoeur , Pascal Arroyo et François Bréant).
Pour l’essentiel, Rapsat (guitares, basse, chant) sera épaulé par Patrice Tison (guitares, basse, claviers), Albert Marcoeur (batterie, percussions, instruments à vent) et Jean-Pierre Onraedt (batterie). Pour assurer les choeurs, Jacques Denjean recrutera Madeline Bell (chanteuse de soul américaine), Kay Garner (James Last Band) et Joan Wilson (Zhi-Vago).
Découvrons les souvenirs de Jean-Pierre Onraedt, le 3ème belge de cette aventure : « ...Pierre m’a demandé de le rejoindre au Frémontel. J’ai dû rester trois jours, Albert Marcoeur se chargeant du reste du boulot. Sur le titre « New-York », c’est moi qui joue.Même que Pierre, longtemps plus tard, quand il a enregistré une nouvelle version de cette chanson, m’a demandé de la jouer. Le Frémontel était un studio avec une âme, une ambiance à la fois rock, ce qui était rare en France à l’époque, et très baba cool, une ambiance que j’ai retrouvée plus tard dans le Sud de la France avec Arno. C’était un peu le bordel. En Belgique, on était habitués à des studios plus clean. On a beaucoup improvisé sur « New-York » dont on a dû faire sept ou huit prises avec des délires et des solos qui n’en finissaient pas... »
Que nous propose la version française du LP ?
Tout d’abord, à partir de la face A d’un 45T du Jenghis Khan jamais publié, Rapsat nous propose une intro très symphonique tout en douceur. Cette plage d’ouverture « Introduction » (« No dreams allowed ») s’avère être une adresse à tous ces gens ordinaires qui mènent une vie bien banale :
« ...Si tout ça t’assomme
Vient de plage en plage
Le temps d’un album
Dans mon voyage. »
Ensuite une batterie très inspirée nous emporte dans un monde futuriste à la découverte de la dernière « Jonquille » (« Natural daisy »). Je me souviens que cette allusion à l’écologie avait énormément plu au jeune lecteur que j’étais de « La Gueule Ouverte le journal qui annonce la fin du monde».
« Music man » est probablement le titre-phare de l’album. C’est en tout cas une véritable profession de foi où Rapsat, révolté par le star-système, clame :
« ...Ce n’est pas une chanson pour le fric, une carotte sous le nez des marchands de musique, ceux qui se font toujours attendre, puis qui t’écoutent sans entendre, te jugent avant de te comprendre... » avant de laisser la parole à une douze cordes rageuse. Magnifique !
Mais ce n’était sans doute pas l’idéal pour inciter des programmateurs radio (plus ou moins susceptibles) à diffuser cette chanson (bien que sortie en 45T).
« La clé » (« Subway bats ») nous propose des questions métaphysiques sur notre existence :
« Dans le ciel, face à l’immensité on est comme des grains de blé... »
Vers 02:55, ne pas hésiter à monter franchement le volume de l’ampli pour apprécier un tonitruant solo de guitare appuyé par une basse implacable. Morceau de bravoure malheureusement bien trop bref...si bref que l’on reste sur sa faim...tout s’arrête au moment où on commence à décoller.
La face B du 45T évoqué plus haut servira de base au titre « Le Géant » (« Dreams allowed ») qui évoque la puissance d’un être surhumain, immortel qui sommeille en chacun de nous :
« ...Et tu tiens dans tes doigts
Tous les rêves du monde
Quand il s’éveille en toi »
Admirablement et richement arrangé, comme d’ailleurs tous les titres de l’album, ce morceau se termine par une longue digression de guitares répétitives du plus bel effet.
« Bon appétit » (« Sammy the bee ») s’affirme comme la plage la plus rapide de l’album. Vraie musique pour ballet moderne, tel un opéra avec ses choeurs, solo vocal et instrumental, claquement de mains, etc... ce titre évoque notamment les années de galère pendant lesquelles Rapsat a mangé son pain noir :
« souvent j’ai gobé des histoires à dormir debout ...
On se nourrit d’illusions mais ça c’est la vie...
J’ai digéré des affronts...
Il faut apprendre à bouffer à tous les râteliers
Ruminant des plans pour croquer des diamants j’ai déjà mordu la poussière...»
A l’opposé « Trois roses froides » (« Cool roses ») est une ballade bien ciselée et hantée qui tisse le portrait peu flatteur de « trois roses blanches et froides (qui) m’ont raconté des salades ». La chute de ce titre, longue complainte de la trompette d’Albert Marcoeur, annonce le titre mélancolique qui suit.
Dans « Sans histoire » (« Lookin’up the sky »), Eric Van Hulse (alias E. Vion, alias E. Lowery pour ceux qui n’ont pas tout suivi) décrit un univers que Rapsat connaît bien puisqu’à cette époque, la musique ne nourrissant pas son homme, il gagne sa vie comme garçon de café et disc-jockey à La Jument Balance, le club branché de Verviers.Cela durera d’ailleurs encore quelques années. « Sans histoire » est l’histoire banale d’une rencontre qui n’a pas eu lieu, d’une occasion ratée qui se termine simplement par un laconique « ...je me suis resservi à boire ».
Ce premier album solo de Rapsat se termine avec la suite « New-York » composée de deux titres (« Foundation » et « Civilisation ») qui auraient dû se retrouver sur le second 33T du Jenghis Khan.
A l’écoute de ces deux plages caractérisées par une diversité instrumentale plus que conséquente (guitares, cordes, piano, cuivres, percussions à tout va, multiples effets sonores, onomatopées, etc.) on a l’impression qu’Albert Marcoeur a eu carte blanche pour faire joujou avec tout ce qui se trouvait à sa disposition.
Dans le titre « New-York fondation » (« New-York fundation ») la conquête de l’Amérique est évoquée avec le point de vue des colons « Arrachons...pillons...bénissons...plantons la civilisation...»
Son prolongement « New-York civilisation » sera le seul titre de l’album que Rapsat reprendra régulièrement dans ses concerts. Ce sera dans une version plus musclée où il hurlera à n’en plus finir « ...Tu mens, tu mens, tu rends tes tripes, New-York, comme un ampli sature... ».
Petite parenthèse
(Un tout premier enregistrement du titre « New-York » se trouve sur un 45T de Paul Simul mis en boîte avant même le 1er LP de Rapsat mais sorti un an après celui-ci (en 1975). Si Rapsat joue de la basse sur les deux titres de ce 45T écrit et produit par Eric Vion, il n’a pas composé le titre de la face A « Sentimental way » dont la musique est due à Jean-Pierre Castelain.
Vous pouvez retrouver cette version de « New-York » en écoute sur le blog de Doc Vinyl
https://docoverblog.blogspot.com/2020/05/lami-de-pierrot.html#comment-form
Fin de la parenthèse
Retour à l’album de Rapsat.
A sa sortie en octobre 1973, ce disque d’un rockeur solitaire qui ne se contente pas de traductions de hits américains ou anglais ne fait pas beaucoup de bruit.
En Belgique francophone la version française est introuvable, en France seul Jean-Bernard Hebey diffuse le titre « New-York » sur RTL. De plus, le gros problème de Rapsat est qu’il n’a pas de groupe pour tourner.Un comble pour un artiste qui a toujours été sur scène depuis l’âge de 15 ans (thés dansants, bals puis concerts avec Laurélie et le Jenghiz Khan). Bernard de Bosson est catégorique : « Pierre était souvent absent. On ne le voyait pas beaucoup. Il aurait vécu à Paris, cela aurait changé beaucoup de choses, je pense. »
Il faudra attendre le 25 décembre 1974, pour que Rapsat défende enfin sur scène ses chansons avec le groupe qu’il est parvenu à constituer avec de jeunes musiciens amateurs de Verviers.Encouragé notamment par son jeune batteur Christian Willems, il inclura au fil du temps quelques titres en langue française avant de se rendre compte qu’il est finalement plus à l’aise, plus sûr de lui lorsqu’il comprend ce qu’il chante et qu’il n’y a pas de honte pour un fan des Beatles et de Springsteen à chanter en français dans ce petit pays où jusqu’à présent, en raison de ses disparités régionales, l’utilisation de la langue anglaise était comme une évidence, une nécessité et était perçue comme le langage incontournable du rock.
En résumé, « New-York » ne rencontrera pas le succès escompté. Il en sera de même (en pire) pour « Musicolor », l’album suivant enregistré en juillet 1974 au studio I.P. de Paris avec les mêmes musiciens plus Darras & Desumeur pour les vocaux.Album dont Eric Van Hulse dira, évoquant probablement Bernard de Bosson, Michel Bernholc et Jean-Pierre Orfino, « Musicolor était l’album des concessions de tous côtés.On n’aurait pas dû écouter les Français finalement ».
C’est vrai que ce 2ème LP effacera l’étiquette « artiste solo de rock français progressif » qu’on aurait peut-être pu coller sur la pochette du premier disque de Rapsat.
Par la suite Rapsat va durcir le ton et revenir à un style plus rock : ce qui lui fera chanter dans « Gémeaux » (4ème LP) «...C’est pas facile de s’appuyer mon style un peu Hyde, un peu Jeckyll... »
Ce sera 9 ans plus tard, lors de la sortie de son 8ème album studio « Lâchez les fauves » que Rapsat connaîtra le succès et sera enfin reconnu comme un immense artiste dans son pays qu’il aimait tant.
Lors de sa disparition, l’émotion en Belgique sera énorme. Radios et télévisions modifieront le cours de leurs programmes. Le jour de son inhumation sera vécu en Belgique quasiment comme une journée de deuil national.
L’année passée, son dernier album, « Dazibao », a été ré-édité en version de luxe. L’album s’est classé en haut du hit-parade belge.
Aussi modeste et sympathique que talentueux, ce musicien, devenu « à l’insu de son plein gré » pionnier d’un style mêlant le rock et la chanson française, avait enregistré seize albums studio.
Sur internet, on trouve de très nombreux sites consacrés à Pierre Rapsat.
De même, YT regorge de vidéos concernant Rapsat.
A retrouver également une discographie quasi complète et illustrée sur le site du regretté Christian Zurbach :
- 33T et CD (à la discographie CD on peut ajouter 5 compilations et 2 live publiés à partir de 2003de plus, deux vinyles devraient prochainement être réédités)
- 45T
(dans son infinie bonté, Mister Pat a ajouté le réenregistrement de 1991 de « New- York » à la version française)
titre en écoute : « Le Géant »
par CRAPOU
A Francerock70 on aime La radio et on aime Pierre Rapsat.
L'été est une période idéale pour se poser, prendre un bouquin et allumer le poste.
Voici la première partie d'un document sonore capté sur la RTBF en 2007 consacré à Pierre
Rapsat et c'est Crapou qui nous régale.
Voici le volume 2 de la série radio Pierre Rapsat