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jeudi 14 mai 2026

The Quatermass Experiment de Val Guest (1955) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Originaire de Londres, le réalisateur et scénariste britannique Val Guest est surtout connu et reconnu pour avoir participé à l'élaboration d'un certain nombre de films d'horreur en Angleterre sous la houlette de la société de production Hammer Film Productions pour laquelle il signera durant sa carrière, une quinzaine de longs-métrages. Et parmi ceux-ci, les deux premiers volets de la saga constituée de cinq films The Quatermass Xperiment, dont la sortie des divers opus s'étalonna entre 1955 et 2005. Poursuivi avec Quatermass 2 en 1957, Quatermass and the Pit de Roy Ward Baker en 1967, The Quatermass Conclusion de Piers Haggard en 1979 et le reboot téléfilmique de l'original sobrement intitulé The Quatermass Experiment et réalisé en 2005 par Trevor Hampton et Sam Miller, le premier long-métrage de cette série mêlant opportunément science-fiction et épouvante s'inscrit dans un courant de qualité supérieur lorsque de l'autre côté de l'Atlantique, le cinéma américain a vu ces années là, nombre de productions de très faible qualité. Pour ne pas dire d'authentiques navets, une description à laquelle échappe fort heureusement The Quatermass Experiment version 1955. Si la science-fiction et l'épouvante sont deux genres qui cultivent depuis très longtemps un rapport ténu, il faudra probablement attendre le début des années cinquante pour voir émerger un nouveau concept, entremêlant créatures venues de l'espace et ambiance anxiogène. L'un des premiers du genre à avoir vu le jour demeurant The Thing from Another World de Christian Nyby en 1951. Quatre ans plus tard sort donc sur les écrans The Quatermass Experiment de Val Guest pour la Hammer Film Productions après une première apparition du personnage central dans une mini-série éponyme sortie deux ans plus tôt. Dans ce premier long-métrage cinématographique sorti chez nous sous le titre Le monstre, une fusée conçue et envoyée dans l'espace par le British-American Rocket Group du physicien Bernard Quatermass (ici incarné par Brian Donlevy) est de retour vers la Terre mais s'écrase dans la campagne anglaise avec à son bord trois astronautes.


La population du coin afflue, tandis que les pompiers s'apprêtent à ouvrir les vannes des tuyaux d'incendie sur ordre de Quatermass. Lorsque la porte de la fusée est ouverte à distance, un homme en sort, visiblement atteint physiquement par son retour sur notre planète. Secouru par une équipe de médecins, l'homme est transporté, toujours sur ordre de Quatermass, non pas à l’hôpital mais dans le laboratoire du docteur Gordon Briscoe (David King-Wood), un collaborateur du scientifique, permettant ce dernier d'avoir un œil sur le survivant. Alors que les deux autres astronautes ont mystérieusement disparu en laissant derrière eux des combinaisons pourtant attachées à leur siège, Briscoe n'a pas de bonnes nouvelles à annoncer à Quatermass ni à l'épouse de l'astronaute ayant survécu, Victor Carroon (Richard Wordsworth). En effet, l'homme semble être victime d'une maladie qui touche en priorité sa structure osseuse ainsi que son épiderme... Si pour beaucoup l'un des premiers grands classiques à avoir touché à la science-fiction typée ''aventure spatiale'' ou ''présence extraterrestre'' ainsi qu'à l'épouvante reste le mythique Alien, le huitième passager de Ridley Scott en 1979, The Quatermass Experiment n'en est pas moins l'un de ses plus remarquables ancêtres même si ces deux aspects ne sont suggérés qu'à travers le retour de trois astronautes après leur voyage dans l'espace et la lente mutation qui va faire du seul survivant, la victime d'un mal horrible mais aussi très dangereux pour ceux qui croiseront son chemin... Intégralement filmé en noir et blanc, le long-métrage de Val Guest oppose ensuite deux protagonistes. D'un côté Bernard Quatermass, qui voit ici l'occasion de faire des recherches scientifiques et de l'autre, l'inspecteur Lomax (Jack Warner), lequel enquête tout d'abord sur la disparition des deux autres astronautes avant que l'un et l'autre des deux personnages centraux ne viennent à collaborer afin de mettre la main sur un Victor Carroon qui depuis son passage du laboratoire de Briscoe à l’hôpital a finit par s'échapper.


Autre concept que l'on peut évoquer à travers ce classique de la science-fiction et de l'épouvante, le Body-Horror. Car si même dans sa version moderne le genre a surtout été développé par le canadien David Cronenberg dès le début des années soixante-dix, dans sa version beaucoup moins contemporaine, on peut remonter jusqu'aux années 30 à travers l'excellent Frankenstein de James Whale. Et pourtant, dès 1955 et avec The Quatermass Experiment, c'est bien la vision de Val Guest qui se rapproche le plus du concept tel qu'il est développé maintenant depuis plus de cinquante ans. Des chairs en mutation, une transformation globale du corps ainsi qu'une perte de la conscience humaine pour une approche beaucoup plus ''animale'', voire ''bestiale''. En ce sens, The Quatermass Experiment peut être envisagé comme l'un des premiers témoignages d'un courant qui aujourd'hui fait florès sur grand écran. Une œuvre accompagnée d'une bande musicale parfois très innovante pour l'époque et signée du compositeur britannique James Bernard. Notons que si les maquillages prosthétiques appliqués sur le visage de Richard Wordsworth restent encore pour l'époque relativement sobre, le regard halluciné de l'acteur demeure parfois troublant, voire même très inquiétant. Notons enfin qu'au lieu d'avoir appris de ses erreurs, le professeur Bernard Quatermass choisira en conclusion d'envoyer une nouvelle fusée dans l'espace. Ouvrant ainsi la porte à une séquelle qui verra donc le jour deux ans plus tard sous le titre Quatermass 2 aux États-Unis et sous celui de La marque en France...

 

mercredi 15 février 2023

La conquête de l'espace (Conquest of Space) de Byron Haskin (1955) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de ce qui devint l'un des grands classiques de la science-fiction La guerre des mondes (The War of the Worlds) deux ans auparavant, le réalisateur et scénariste américain Byron Haskin se fit notamment l'un des spécialistes de la science-fiction puisqu'il renoua avec le genre à plusieurs reprises (From the Earth to the Moon en 1958, Robinson Crusoe on Mars en 1964 ou The Power quatre ans plus tard). En 1955, il revient avec un projet ambitieux avec, sans doute, la volonté d'écrire une nouvelle page dans l'histoire de la science-fiction typée ''Space Opera''. La conquête de l'espace (Conquest of Space) relate en effet le voyage vers la planète Mars d'une équipe réduite de sept hommes (dont un ''clandestin'') chargée d'être la première à se rendre sur la surface de la quatrième planète du système solaire. D'une durée n'excédant pas les quatre-vingt une minutes, le projet semble tout d'abord d'une certaine ampleur. Sans préciser de date formelle concernant l'époque où se situe l'action, une voix-off indique qu'une station spatiale en forme de roue est en orbite autour de la Terre à environ 1600 kilomètres de distance. À bord, de nombreux spationautes aux spécialités diverses...


On y croise en effet des médecins, des ingénieurs et autres techniciens chargés de maintenir en bon ordre le fonctionnement de celle-ci ainsi que la santé de ses passagers. Aux abords de la station spatiale se trouve l’Épervier, un vaisseau spatial à bord duquel une poignée d'hommes doit bientôt prendre place à destination de la Lune. Mais la mission change entre temps et le général Samuel T. Merritt (l'acteur Walter Brooke) ainsi que quatre hommes dont son fils, le capitaine Barney Merritt (Eric Fleming), vont être missionnés pour un voyage vers la planète Mars. Quatre-vingt une minutes, cela semble court pour un projet cinématographique d'une telle ambition. D'autant plus que contrairement aux promesses de découvrir une œuvre s'appuyant sur un certain réalisme, le spectateur aura la désagréable surprise de découvrir que le film manque très souvent de sérieux. À vrai dire, La conquête de l'espace hésite entre des séquences au premier degré et d'autres, beaucoup plus légères, notamment ruinées par l'interprétation de Phil Foster dans le rôle de Jackie Siegle, lequel incarne un personnage généralement insupportable. Pointant un certain humour dont l'efficience reste d'ailleurs encore à examiner, l'astronome en herbe constatera en outre certaines incohérences de taille qui ne demandent pourtant pas de connaissances particulières pour paraître absurdes. Notons par exemple l'arrivée d'une fusée aux abords de la station spatiale qui plutôt que de s'y raccorder afin de permettre à ses passagers de passer d'un engin à l'autre leur fait prendre le risque de se perdre dans l'espace en les projetant sans cordage, sans moyen de propulsion ou autre système de protection !


Et puis, il y a cette décision d'envoyer cet équipage à la surface de Mars prise seulement un jour plus tôt sans que son futur commandant et ses hommes ne soient prévenus à l'avance ! Mais ce qui mine davantage le récit au delà de ces quelques bévues scénaristiques est le temps que prend Byron Haskin pour envoyer ses interprètes à la surface de la planète rouge. Beaucoup de bavardages inutiles dont au moins l'un d'entre eux retiendra tout de même l'attention du spectateur. En effet, Imoto (l'acteur Benson Fong), seul passager d'origine japonaise expliquera les raisons pour lesquelles il accepte de participer à la mission martienne. Remontant au temps anciens d'un pays, le Japon en l'occurrence, dont les ressources menèrent son peuple à une existence passablement miséreuse. Les curieux de tous poils, après de courtes recherches, découvriront vite que certains termes évoqués (comme l'emploi des baguettes pour se nourrir) n'ont historiquement absolument rien à voir avec ses propos. La conquête de l'espace bat donc le froid et le chaud. Entre séquences crédibles et ton humoristique pas toujours justifié, le long-métrage de Byron Haskin est sinon une déception, du moins n'atteint-il pas les objectifs promis par son seul titre : celui d'un voyage aux confins du système solaire et de la visite de la célèbre Mars. À noter la présence de l'acteur Ross Martin dans le rôle d'Andre Fodor. Acteur qui fut mondialement rendu célèbre grâce à celui d'Artemus Gordon qu'il tint dans la série Les mystères de l'Ouest entre 1965 et 1969...

 

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