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vendredi 18 novembre 2016

Tu ne tueras point


Titre : Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge)
Réalisateur : Mel Gibson
Acteurs : Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer
Date de sortie en France : 9 novembre 2016
Genre : guerre, biopic

Synopsis : 
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.  

Avis : 
Qu'on aime ou pas le réalisateur Mel Gibson, on ne pourra jamais lui reprocher d'y aller de main morte. De Braveheart à Apocalypto, violence extrême et thématiques discutables sont le fil rouge de sa carrière derrière la caméra... et Tu ne tueras point ne va pas déroger à la règle. Car si on sortira lessivé par une seconde heure terriblement forte, les motifs d'insatisfaction seront nombreux.

Passées les réminiscences inévitables de Full metal jacket lors de la formation des jeunes soldats, après une histoire d'amour particulièrement nunuche, Gibson va donc développer le sujet de son film, à savoir la participation à la guerre d'un jeune homme qui ne peut tenir une arme. Seul avec ses convictions face à l'ordre établi, Desmond va douter, se rebeller, mais ne craquera jamais, comme investi d'une mission divine. On pourra facilement reprocher au film son prosélytisme, même s'il entre parfaitement dans la description du héros du film, et on comprendra que l'histoire vraie de Desmond Doss ait pu inspirer Mel Gibson.

En dehors de ces défauts, Tu ne tueras point réserve quelques séquences formidables lorsque les batailles font rage. Le premier assaut sur Hacksaw Ridge est un moment de pure folie, d'une intensité folle, d'une violence inouïe, qui ferait presque passer Le Soldat Ryan pour un Disney. De même, toute la dernière partie, où Doss sauve un à un ses camarades blessés, est un modèle d'efficacité, de tension et d'émotion.

S'il peine parfois à s'émanciper de ses modèles, et si l'aspect prêchi-prêcha pourra par moments agacer, Tu ne tueras point est, au moins dans sa seconde partie, un formidable film de guerre, qui confirme le talent de Mel Gibson pour mettre en images des séquences dantesques, qui resteront sans doute longtemps dans les mémoires.

Note : 8/10



mercredi 13 mai 2015

Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre


Titre : Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre (Max Max beyond Thunderdome)
Réalisateur : George Ogilvie, George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Tina Turner, Frank Thring
Date de sortie en France : 25 septembre 1985
Genre : action, science-fiction

Synopsis : 
Max, de retour, s'est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l'engage pour qu'il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N'ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d'où il ressurgit à la tête d'une troupe d'enfants pour faire exploser la Ville du Troc.

Avis : 
La frontière entre ringard et non-ringard est parfois très mince : Mad Max 2 réussissait à éviter le ridicule malgré de nombreux éléments qui auraient pu prêter à rire, d'un visuel proche du grotesque à une omniprésence des stéréotypes. Avec Max Max 3, il y a apparemment peu de différences... mais cela suffit à faire basculer le film du côté du nanar de haute volée.


La première moitié du film reprend l'aspect western post-apocalyptique, où Max devient cette fois un gladiateur devant lutter pour retrouver sa liberté. Les costumes sont aussi loufoques que dans le volet précédent... mais attirent cette fois le film dans le ridicule le plus total. De MasterBlaster à Entity, tous les personnages rivalisent de ringardise, jusqu'à Max lui-même, devenu l'ombre de lui-même. Mais ça, c'est encore la meilleure partie du film.

Car la seconde moitié va aller encore plus loin, faisant de Max une figure messianique grotesque chargé de sauver un groupe d'allumés en détruisant au passage la ville du vice. Après le film d'anticipation nihiliste, la série B d'action / science-fiction jouissive, voilà donc le gentil film d'aventures avec le gentil héros qui sauve des innocents enfants ! En plus d'être très conne, cette partie est souvent très moche, et à l'exception de la poursuite finale, qui reprend celle de Max Max le défi (mais en moins maîtrisée), il ne se passe pas grand chose.

Mad Max 3 expose donc toutes les frontières du ridicule que son prédécesseur parvenait à éviter. Si la première moitié du film parvient encore à donner le change, la suite se vautre dans le ridicule et le prosélytisme les plus gênants, flinguant le personnage de Max en le transformant en héros des enfants... Pas étonnant que la saga ait ensuite mis 30 ans à revenir !

Note : 3/10



mercredi 6 mai 2015

Mad Max 2 - le défi


Titre : Mad Max - le défi (Mad Max 2: The Road Warrior)
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Bruce Spence, Vernon Wells
Date de sortie en France : 11 août 1982
Genre : action

Synopsis : 
Dans un futur non défini, les réserves de pétrole sont épuisées et la violence règne sur le monde. Max, un ancien de la sécurité routière, se porte aux secours d'une communauté de fuyards aux prises avec des pirates de la route. La bataille se concentre autour d'une citerne de raffinerie.

Avis : 
Après un premier film très sombre, Mad Max revient dans une suite bien différente. Au menu : western post-apocalyptique, ambiance beaucoup plus légère, action plus présente pour une monstrueuse série B qui va tout emporter, flirtant souvent avec les limites de la ringardise sans jamais (ou si rarement) y tomber, contrairement à sa future suite, Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre.


L'histoire est très simple : il s'agit du siège d'une place fortifiée par des méchants brigands. Et quels brigands ! Adeptes de la tenue SM, tout en chaînes et en cuir, menés par un géant à moitié à poil portant un masque de hockey, leur vie semble se limiter à être violent et zoner sur leurs véhicules. Côté gentils, ce n'est pas bien plus original : aux côtés de Max, on trouvera le sidekick comique classique, le gamin sauvage et un groupe de gentils courageux.

Et pourtant, de façon assez miraculeuse, ça fonctionne parfaitement ! Placée dans une multitude de passages cultes (le boomerang, la poursuite finale), cette galerie de stéréotypes nous divertit parfaitement grâce au sens du rythme, du spectaculaire et l'humour de George Miller, couplé à un Mel Gibson passant soudainement du anti-héros à l'icône cinématographique, cynique - mais pas trop, égoïste - mais pas trop, individualiste - mais pas trop.

Bref, ce Mad Max 2 s'ouvre à un public bien plus large, abandonnant l'atmosphère pesante de l'original pour une ambiance plus série B, développant l'univers entraperçu dans Mad Max pour verser totalement dans un monde post-apocalyptique qui sera copié des dizaines de fois. Une réussite que l'on pouvait attendre vu la qualité du premier volet, mais qui se révèle pourtant étonnante vu le nombre d'éléments au fort potentiel de ringardise qui étaient réunis !

Note : 8/10



mercredi 29 avril 2015

Mad Max


Titre : Mad Max
Réalisateur : George Miller
Acteurs : Mel Gibson, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne
Date de sortie en France : 13 janvier 1982
Genre : action

Synopsis : 
Sur les autoroutes désertées d'une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent...

Avis : 
A quelques jours de la sortie de Mad Max : fury road, revenons sur la célèbre trilogie mettant en scène le tout jeune Mel Gibson dans le rôle de Max Rockatansky. Une trilogie initiée en 1979 donc, et prenant place dans un futur proche, dans un monde à l'agonie où ne persiste que la loi du plus fort, où criminels et forces de l'ordre s'affrontent dans des courses-poursuites ultra-violentes.


Mad Max, c'est avant tout un certain paradoxe : à partir d'une histoire ultra-linéaire à base de vengeances, George Miller va pourtant nous entraîner très loin, grâce à son ambiance unique et le soin apporté à la réalisation. Véritable western post-apocalyptique (une dimension que reprendra encore davantage Mad Max 2), le film nous offre quelques scènes d'action formidables, avec notamment l'une des plus belles poursuites automobiles du cinéma, au montage parfait.

D'autres scènes restent immanquablement gravées dans la mémoire du spectateur, comme la mort de la famille de Max, et on appréciera également l'art de la suggestion de Miller, évitant au maximum les images chocs au profit de l'imagination... ce qui n'empêchera pas le film d'être longtemps interdit en France. On adorera également l'attitude monolithique de Mel Gibson, parfait en anti-héros implacable.

Peut-être parfois un peu lent, et ne cherchant jamais à nous offrir une histoire complexe, Mad Max est une oeuvre sombre, violent et crue, à l'ambiance incomparable et à l'intensité formidable, principalement dans la dernière partie et dans les courses-poursuites. Une vraie réussite, que viendra confirmer la suite, Mad Max : le défi, aussi bis que jouissif.

Note : 8/10


jeudi 21 août 2014

Expendables 3


Titre : Expendables 3 (The Expendables 3)
Réalisateur : Patrick Hugues
Acteurs : Sylvester Stallone, Jason Statham, Mel Gibson
Date de sortie en France : 20 août 2014
Genre : action

Synopsis : 
Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait. Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans... Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech. Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…

Avis : 
Après un premier volet décevant et un second chapitre beaucoup plus convaincant, on attendait les Expendables au tournant pour ce troisième film. Si Bruce Willis et Chuck Norris n'ont pas rempilé, et que Jacky Chan, Milla Jovovich, Nicolas Cage ou encore Steven Seagal, longtemps évoqués, ne rejoignent pas l'équipe, la troupe de Stallone reçoit trois nouveaux renforts de poids : Harrison Ford, Wesley Snipes, Antonio Banderas et Mel Gibson. A leurs côtés, quelques acteurs et sportifs plus jeunes... et méconnus. Changement de réalisateur également : après l'expérimenté Simon West, c'est Patrick Hugues, un seul long-métrage dans les bagages, qui s'y colle.


Hélas, tous ces changements ne suffiront pas à entraîner Expendables 3 dans la ligne du second volet. Au contraire, on va revenir à cette espèce de nombrilisme insupportable qui faisait la signature du premier film, avec en plus des héros qui s'apitoient sur leur sort et une confrontation entre vieilles gâchettes et nouvelle génération sans aucun intérêt : on ne va tout simplement pas voir un Expendables pour voir des inconnus en remontrer aux vieilles gloires, ni pour voir ces vieilles gloires faire dans l'introspection.

Le film se prend ainsi trop au sérieux, à l'exception des nouvelles recrues : Harrison Ford cabotine, Antonio Banderas, incapable de se taire, est hilarant, et Mel Gibson tire une nouvelle fois son épingle du jeu dans un rôle de méchant / badass qui semble lui coller à la peau ces dernières années (Machete kills, Kill the gringo...). Cela ne sauve cependant pas le film, handicapé par une mise en scène pachydermique et une exagération cartoonesque dans les scènes d'action qui ne colle tout simplement pas avec le ton général...

Bref, Expendables 3 constitue une nouvelle déception dans une saga qui aura une nouvelle fois eu les yeux plus gros que le ventre, et qui va en plus dans le sens contraire de ce qu'attend le public d'un tel film. Rendez nous donc nos vieux héros, leur décontraction et un réalisateur aguerri, et reprenez ce film qui n'a d'Expendable que le nom...

Note : 4/10


vendredi 6 juin 2014

Signes


Titre : Signes (Signes)
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Acteurs : Mel Gibson, Joaquin Phoenix, M. Night Shyamalan
Date de sortie en France : 16 octobre 2002
Genre : science-fiction, drame

Synopsis : 
A Bucks County, en Pennsylvanie. Après la perte de sa femme, Graham Hess a rendu sa charge de pasteur. Tout en s'occupant de sa ferme, il tente d'élever de son mieux ses deux enfants, Morgan et Bo. Son jeune frère Merrill, une ancienne gloire du base-ball, est revenu vivre avec lui pour l'aider. Un matin, la petite famille découvre l'apparition dans ses champs de gigantesques signes et cercles étranges.

Avis : 
Après les succès de Sixième sens et Incassable, M. Night Shyamalan s'intéresse au phénomène des crop-circles, ces figures géométriques gigantesques qui apparaissent mystérieusement dans des champs en l'espace d'une nuit. Des signes dont on ignore la signification et qui sont ouverts à toutes les interprétations... à l'image des événements que certains voient comme des signes du destin et qui nourrissent leur foi.


Car Signes est avant tout un film sur la foi, utilisant la toile de fond de l'invasion extraterrestre pour confronter le personnage interprété par Mel Gibson à ses doutes sur l'existence de Dieu. A l'exception des dernières minutes, M. Night Shyamalan se garde bien de donner une réponse, laissant le spectateur se faire sa propre opinion. Mais au-delà de cette thématique apparemment sujette à controverse (beaucoup de détracteurs du film concentrent leurs critiques sur cet unique aspect), Signes démontre également le talent du réalisateur d'origine indienne pour raconter une histoire forte.

Le film suit en effet une progression remarquable, commençant par d'infimes détails pour peu à peu confirmer l'hypothèse extraterrestre : de maigres indices d'abord, puis la confirmation progressive d'une présence menaçante autour de la ferme, et une crainte entretenue par les médias. Le film réserve même quelques moments assez effrayants, comme la visite nocturne du champ de maïs ou la séquence dans la cave.

Avec en prime un casting de qualité (une toute jeune Abigail Breslin et Joaquin Phoenix accompagnent Mel Gibson), Signes est à mes yeux le meilleur film de M. Night Shyamalan jusqu'à aujourd'hui. Une oeuvre forte, intense et au scénario abouti dont on ne regrettera que les dernières minutes et une tendance à tout nous montrer, là où on aurait peut-être préféré la suggestion...

Note : 8,5/10


jeudi 26 décembre 2013

Machete kills


Titre : Machete kills
Réalisateur : Robert Rodriguez
Acteurs : Danny Trejo, Mel Gibson, Michelle Rodriguez
Date de sortie en France : 2 octobre 2013
Genre : action

Synopsis : 
Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

Avis : 
Les derniers films de Robert Rodriguez, c'est un peu l'équivalent cinématographique d'un ami pétomane ou enclin à vous assassiner d'un lapidaire "dans ton cul" quand, baissant votre garde, vous oubliez qu'il ne faut jamais débuter une question par "où" en sa présence. C'est gras et stupide, mais c'est assez amusant au début. Puis de moins en moins, jusqu'à devenir franchement lourd, indigeste, jusqu'à même provoquer une certaine honte à l'idée d'être surpris avec. Et si cela arrache parfois un sourire, au détour d'un timing impeccable ou d'une situation improbable, il faut bien le dire : on en a marre.


Car après le projet Grindhouse avec Tarantino, Rodriguez n'a pas su s'arrêter. Sa fausse bande-annonce de Machete a fait un carton ? Il en fait un film, qui ne remplira jamais les promesses entrevues, se limitant à un film sympathique mais qu'on ne verra pas une seconde fois. Plein de bonnes idées, le réalisateur annonçait de façon amusante deux suites à la fin du film. Seul problème, ce qui n'était qu'un clin d'oeil sympathique au cinéma d'exploitation est devenu un film. Et on tremble d'avance à l'idée de voir la bande-annonce de Machete kills again...in space ! se transformer en véritable film. 

Car avec Machete kills, Rodriguez est déjà proche du fond. Entre médiocrité et opportunisme, il se contente d'aligner les scènes faussement anthologiques mettant en scène un Danny Trejo plus pachydermique que jamais (on le préférera largement dans les publicités Old el paso) au milieu de guest-stars sentant déjà le réchauffé : si Mel Gibson amuse un peu la galerie, Amber Heard, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr., Charlie Sheen, Antonio Banderas et les autres ne servent à rien et ancrent un peu plus le film dans le néant. 

Rodriguez a beau se démener, tenter d'insuffler de l'énergie à son oeuvre en multipliant les rebondissements, en coupant le plus possible dans son scénario prétexte, rien n'y fait : Machete kills lasse très rapidement, et chaque tentative ressemble au dernier spasme d'agonie d'un animal mourant. Rarement drôle, chiant, lourd, indigeste et prétentieux, il ne réussit finalement à rendre hommage au cinéma grindhouse que par sa capacité à creuser toujours plus dans la médiocrité et par un opportunisme crétin à toute épreuve, ce qui est en soi presque une performance remarquable...

Note : 2,5/10