"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

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mercredi 9 avril 2008

COMMENT LIQUIDER

LES QUESTIONS REVOLUTIONNAIRES

DE MAI 68 ?

HEDONISME BOURGEOIS ET URTICAIRE ESTUDIANTIN



Prenons comme canevas pour ce message-blog, Henri Weber, intellectuel en herbe avant de devenir intellectuel de gouvernement, qui a fait un stage de formation politicarde à la sortie du PCF dans les JCR puis la Ligue krivinesque de 1966 à 1976, afin d’entamer une brillante carrière au PS et finir sénateur. Tous les dix ans il republie sa version mal réchauffée de 1988 (Que reste-t-il de mai 68 ? est devenu « Faut-il liquider mai 68 monsieur Sarkozy? » qui en 2018 devrait devenir « Mai 68 dans son sarcophage Nicolas») . Le moteur de 68 aurait été une « classe d’âge », il voit partout ailleurs une coupure entre mouvement ouvrier et jeunesse (Allemagne, Etats-Unis) pourtant pour ces deux derniers pays il y a des circonstances atténuantes : en Allemagne la classe ouvrière a été laminée par le nazisme et le pays est encore « puni » coupé en deux ; les Etats-Unis sont en pleine guerre du Vietnam et les premiers touchés ne sont pas les ouvriers mais les jeunes étudiants ; les luttes parcellaires ou partielles comme le mouvement des noirs, des féministes, noient toute spécificité prolétarienne dans un pays aux rapports sociaux primaires et violents, sans solide tradition d’affirmation de la classe ouvrière.

Debray le guérillero rangé des voitures y voit une modernisation du capital français. Rien ne motive une crise révolutionnaire en France : pas de défaite militaire ni grave krach.

« Tout gauchistes que nous étions, nous savions qu’on ne lutte pas dans une démocratie comme contre une dictature. Les travailleurs avaient beaucoup obtenu (sic), pacifiquement, par « l’action de masse », au cours des vingt dernières années, et n’étaient nullement disposés à se saisir des mitraillettes et des pains de plastic (…) Déclencher la guérilla urbaine dans ces conditions eût été une preuve d’insondable débilité politique ». (p.46)
Des sociologues « faisaient pourtant observer, avec quelque raison, que la classe ouvrière industrielle avait clairement montré, au cours des « événements », qu’elle ne constituait plus la force motrice du progrès historique… ». Foin du « catastrophisme millénariste » des militants de la Ligue
Weber, qui n’est pas stupide, reconnaît que la mai français n’est que le point culminant d’un mouvement international d’insubordination qui date du début des sixties, mais aussitôt il en démolit le sens en reprenant le concept officiellement estampillé de « génération ». Il ne voit pas l’interrelation entre la révolte étudiante et ouvrier, la remise en cause des hiérarchies mutuelles, bien qu’il assure parfois que ce sont les étudiants qui ont donné l’exemple, ce qui est archi faux vu l’antériorité des luttes ouvrières autrement plus subversives depuis la grève des mineurs en 1963.
Le CCI, secte super-hiérarchisée, occulte la dimension anti-hiérarchique de 68 (la révolte des catégories méprisées de la classe ouvrière)(*) roule d’ailleurs complètement derrière l’interprétation néo-trotskienne du sénateur Weber, comme il reprend carrément la fiction de tous les gauchistes dans l’immédiat post-68 : les étudiants vus comme avant-garde éclairée de la nouvelle classe ouvrière ! Le nouveau film du CCI en feuilleton refait l’histoire à travers cette grille gauchiste où la classe ouvrière (pourtant bien ficelée tout au long des deux mois de 68) est mise en scène comme force « présente aux côtés des étudiants » alors qu’elle est baladée par les syndicats ; elle est sensée « prendre le relais des étudiants » (RI n°388). Jamais, pendant les 20 ans qui ont suivi 68, RI ancienne série n’aurait osé écrire une stupidité pareille !
Le jeune Trotsky avait constaté en 1905 en Russie que les étudiants « singeaient » la grève ouvrière. Ils la singent toujours mais dans l’ordonnancement médiatique et restent peu dangereux et plus contrôlables que les prolétaires en lutte. Tout ce qui brille n’est pas or, tout ce qui conteste n’est pas révolutionnaire. Ce n’est pas parce que la canaille stalinienne vitupérait contre ses rivaux « organisés », d’ailleurs du sérail de ses propres « jeunesses communistes » , que l’on pouvait souhaiter que les étudiants gauchistes (antifascistes et cire-pompes du syndicalisme) puissent « rencontrer les prolétaires » dans leurs usines. De la rencontre (acte manqué) entre population sorbonnarde et des prolétaires en bleue de chauffe n’aurait pas plus surgie la science infuse d’une nouvelle prise du pouvoir inactuelle et invraisemblable.

Rôle de l’étudiant ?

Quelle est la nature des étudiants, ces adolescents suspendus entre les classes, incertains quant à leur avenir ? « Plaque sensible » selon Lénine, « baromètre » ou « singes » selon Trotsky ? Avant-garde tactique (Mao) ?
Pour le sociologue nanterrois Touraine les étudiants des sixties inauguraient la nouvelle « base sociale », comme détachement avancé de la « nouvelle classe des professionnels », « fer de lance des « mouvements sociaux antitechnocratiques » ; Weber a raison là, cette analyse était du pipeau, comme la démobilisation de ce milieu l’a confirmé peu après et avec le retour à leurs chères études dans les années 1970 et 1980, puis leur régulière manipulation par les estafettes du PS (futurs présentateurs de télé ou, feignasse pour CES comme Isabelle Thomas, collectionneurs de montres et députés comme Julien Dray) jusqu’au refus corporatif du CPE… où le plus beau fleuron, le fils Julliard, a conquis ses lettres de noblesse médiatique pour se faire élire adjoint du maire PS de Paris. C’est un fait patent, la lutte étudiante sert depuis 40 ans à dégager les futurs « leaders d’opinion » journalistes ou députés de gauche, tous anciens leaders de syndicats étudiants. Les « enfants de la classe ouvrière » comme dit le CCI dégénéré se battent donc à chaque fois pour produire une poignée d’édiles bourgeois qui pourront vivre confortablement en parasites sur le dos des exploités. C’est étrange quand les « pères de la classe ouvrière » doivent se contenter de raclures de chefs syndicaux, mais il est vrai qu’ils ne sont pas cultivés ni formés sous les lambris universitaires !
Peu d’appelés à devenirs élus de la bourgeoisie, mais le plus grand nombre est trimballé dans des manifs avec le décorum habituel et donc conditionné au futur cirque impuissant et moutonnier du syndicalisme en entreprise. Bel apprentissage de la lutte pour les soit disant rejetons éclaireurs du prolétariat !
Weber recopie le réactionnaire Tocqueville qui aimait souligner la propension de l’intelligentsia à parler au nom de la conscience universelle, et il constate, à juste titre, que le milieu étudiant (donc pas la jeunesse en général ni telle génération) se pique de prendre en charge l’intérêt général de la société. Voici donc l’étudiant identifié comme fraction de l’intelligentsia ; c’est encore lui faire trop d’honneur car il n’est que le principal consommateur de ladite intelligentsia bourgeoise repue et enrichie.

Les étudiants appartiennent de façon écrasante à la classe moyenne par leur
famille, les revenus de celle-ci et en projets arrivistes. Leur passage à
l'université reste une qualification pour emplois plus privilégiés. Ils sont
formatés pour occuper les positions hiérarchiques supérieures dans la
division du travail. La plupart des animateurs des groupes gauchistes et
ultra-gauches sont d'anciens "étudiants radicaux", qui n'échangeraient pas
leurs fonctions "supérieures" (enseignants, cadres) contre celles des
couches d'exécutants!

L’étudiant est plus souvent tenté par l’engagement idéologique que corporatif, bien que ce dernier comportement soit dominant depuis trente années. Pour son compère Morin l’étudiant serait à la fois membre de « l’intelligentsia et de l’adolescence », vexant non ?
Weber en déduit par conséquent que la mouvance étudiante est devenue une force de frappe de l’intelligentsia (entendez du PS) avec son ami « l’excellent Laurent Joffrin » qui a réussi lui son examen de passage patronal pour succéder à July en mettant en boite comestible mai 68 justement en 88.
Royaume d’adolescents et de « post-adolescents », cette « fraction » supposée de l’intelligentsia a claironné la nécessité de « nouveaux besoins », plus d’accès aux « biens sociaux », au « pouvoir », à la « citoyenneté » ; en gros la fraction agitée de la petite bourgeoisie réclamait un meilleur partage du gâteau au futur chef pâtissier du PS ! C’est en tout cas ce que déduit le petit sénateur du pervers « jouir sans entrave » et du libidineux « plus je fais la révolution, plus je fais l’amour ». Tout cela est du bla-bla de sénateur bourgeois, la question étudiante est SECONDAIRE EN 68; la vérité est que les enfants des couches moyennes (majoritaires à l'époque en fac de "sciences humaines") comme leurs parents, prennent peur à l'idée de TOMBER DANS LE PROLETARIAT. Dans les moments de crise politique et sociale, la petite bourgeoisie doit choisir son camp, soit refouler sa peur d'être rabaissée dans la hiérarchie des classes en prenant le parti du prolétariat (par défi ou bravade de la classe dominante ingrate) , soit rejoindre les rangs de la contre-révolution (stalinisme ou fascisme). Dans une phase d'affirmation du prolétariat, elle peut aussi être du côté du manche comme le souligna Rosa Luxemburg; en 1968 une bonne partie des couches moyennes se sentirent de coeur avec les émeutiers face à la rigidité de l'Etat gaulliste, mais pour se jeter dans les bras de la gauche caviar une dizaine d'années à peine plus tard.

La plupart des étudiants qui ont fini par réussir socialement depuis 40 ans, beaucoup comme toubibs, juristes, journalistes, paysans, avocats (catégories de bourgeois, contrairement à ce que dit la lamentable revue Perspective internationaliste n°48) mais aussi comme demi-prolétaires, c'est-à-dire enseignants, cadres d'administration ont contribué à restaurer peu à peu le paternalisme autoritaire qui prévalait avant 68 dans les entreprises, et ont considéré à leur tour les salariés subordonnés comme de grands enfants…
Weber, qui ne s’est pas foulé, à l'instar son pote Cohn-Bendit et sa ridicule brochure d'interview, en croyant qu’il suffit de radoter les poncifs soixantehuitards bourgeois d’hédonisme et d’individualisme romantique, a juste fourni pour sa réédition perpétuelle de 1988 en 2008, 21 pages d’intro. C’est un notable bien installé depuis un fauteuil du Palais du Luxembourg qui pontifie :

- « C’est au nom de la défense des valeurs démocratiques que les enfants et petits enfants des soixantehuitards (entendez les couches successives d’étudiants) descendent régulièrement dans la rue, souvent en famille (sic) » ;

- Heureusement le marxisme s’est effondré,

- Le bilan social est largement positif…."

Ouais, ouais... les ouvriers sont plus riches, mieux logés, peu menacés par le chômage… Weber se garde de rappeler que les augmentations salariales ont été minables, le sabotage de la CGT, les tractations en coulisse des futurs tenants du « programme-commun » sauf pour le caviar et les bonnes planques dans les nationalisations, etc
Pour le vieux sénateur matois, il faut donc DEPASSER MAI 68 TOUT EN LE CONSERVANT, et DONC :

- Renoncer à la violence comme moyen d’action dans nos démocraties développées (sic)

- Changer la société par la conviction, les élections, les contrats, la loi (mon cul!)

- Abandonner l’utopie chimérique de la société parfaite pour adhérer à l’utopie réaliste d’une démocratie accomplie, bla-bla, bla-bla, bla-bla…

Abandonnons ce vieux cacique bouffi, transfuge d’un gauchisme excité disparu, à ses palabres de salon, et concentrons-nous encore sur ce pauvre étudiant. La place et le rôle des étudiants à l’époque moderne n’a jamais été clairement établie par la plupart des minorités révolutionnaires depuis 68, avec un vague sentiment de culpabilité. Probablement parce que dès le moment de leur formation, les sectes radicales n’étaient composées que d’étudiants, avec un prolo ou deux pour faire « prolétarien ». En général, cela se passait toujours de cette manière par le passé du mouvement ouvrier, excepté pour le chartisme et les mouvements trade-unionistes les plus bornés. Même les partis staliniens les plus ouvriéristes ont toujours été animés par de faux ouvriers ou des étudiants avec de fausses barbes.
Pour avoir été partie prenante de plusieurs groupes, et témoin des opinions des divers militants, je peux réaffirmer que l’opinion commune a toujours été celle des situs : l’étudiant est un con. Etre le plus méprisé, disait Khayati dans le célèbre pamphlet. Sauf, oui sauf lorsqu’il renie ce méprisable petit milieu d’aspirants cadres du prolétariat (dans l’industrie, l'enseignement ou les partis politiques). J’ai connu nombre d’étudiants tout à fait honorables qui ont poursuivi leurs études jusqu’à leur terme, sans se soucier des prurits successifs du milieu universitaire, en daubant la bêtise gauchiste ou bobo, tout en militant sur les positions du prolétariat et pour le rôle exclusivement dirigeant du prolétariat dans la transformation révolutionnaire.
Mais, à chaque nouvel urticaire étudiant ou lycéen (en ce moment c’est pour préserver l’emploi de leurs profs au rabais, pas fichus de se défendre eux-mêmes ?), les mêmes analyses opportunistes refont surface : et s’ils étaient à nouveau des déclencheurs ? Ne sont-ils pas plus imaginatifs que les prolétaires en grève lorsqu’ils secouent leurs petites menottes pour ne pas gêner les orateurs ?
Les études managériales ne se déroulent-elles pas désormais hors de l’université dans des écoles ou instituts privés ? L’étudiant de fac, futur chômeur programmé, n’est-il pas mieux armé conceptuellement pour se joindre au combat de classe ?
Salades que tout cela. Personne ne peut nier le gonflement considérable de la population étudiante à l’époque moderne bien sûr, ni le fait que la réussite sociale s’amenuisera de plus en plus pour le plus grand nombre, ni le fait que nombre de diplômés (avec diplômes inutiles) se retrouvent au chômage. En rester à ce constat est oublier que la bourgeoisie et son Etat ne restent pas inertes. Au XIXe siècle, la jeunesse était celle des classes pauvres et elle joua un rôle incontestable dans les révolutions et grèves. Aujourd’hui, la bourgeoisie met le paquet pour domestiquer une jeunesse scolarisée massive et indifférenciée sous le régime laïque faussement égalitaire. Elle déverse d’abord l’idéologie de l’égalité des chances. Jusqu’au baccalauréat personne ne peut y trouver à redire. La bourgeoisie offre même des paliers pour les échoués en cours de route par des diplômes professionnels (BEP, etc.) mais en leur faisant bien comprendre qu’ils sont des repêchés, des nullards incompétents à décider ou à gérer quoi que ce soit.

A niveau du bac, énormément d’enfants de la classe ouvrière depuis 68 plongent immédiatement dans le monde du travail, même à vil prix. Ceux qui mordent à l’hameçon des études supérieures sont placés sur une voie de garage. Les études supérieures ont remplacé le service militaire obligatoire pour maintenir la digue du chômage à un seuil acceptable. Cela est certes mieux que les rigueurs de la caserne, mais le rôle de "subordination des esprits" de la caserne est bien remplacé en pire idéologiquement. Ces études forcées et prolongées, pour nombre d’étudiants issus de milieux défavorisés, ne sont pas un facteur de prise de conscience de classe ni d'une meilleure perception de "l'identité de classe"; elles favorisent l’arrivisme. Rien n’est pire ensuite que l’arrivisme contrarié ou la déception de ne pouvoir échapper à la condition prolétaire de son père.

S'il ne finit pas employé de bureau ramollo, l’étudiant déçu et sans qualification devient en général souvent un excellent apprenti bonze syndical ou apparatchik de partis de mécontents, nullement un révolutionnaire désintéressé. Il sera de ceux qui réduisent le conflit de classe à la lutte entre l’ouvrier et le patron, dans la mesure où il sera valorisé comme avocat « intermédiaire », alors que les prolétaires ont intérêt à lutter contre la classe capitaliste tout entière. Ou alors il tentera par d’autres moyens, même peu recommandables, de se frayer une place hiérarchique honorable. La culture ou l’intelligence universitaire n’ont jamais été garantie de conscience ou de dévouement à la classe ouvrière.

CE QUI DEFINIT LA CLASSE OUVRIERE

Dans le manifeste communiste de 1848, Marx et Engels utilisent plus souvent le mot prolétariat que la locution classe ouvrière : prolétariat est utilisé 58 fois et classe ouvrière 12 fois. Pour ces deux penseurs du mouvement ouvrier, il n’y a pas opposition des termes (et nous laissons les communisateurs et leurs amis révolutionnaires semi-professionnels enculer des mouches avec la classe en soi et pour soi, tous ces gens – fonctionnaires, cadres ou enseignants – qui sont leurs propres patrons ne se posent pas les questions des prolétaires qui subissent hiérarchie et brimades (j’y viendrai dans un article « Du sexe des anges politiques »). Engels a le mieux défini, sans ambages le prolétariat moderne :

« Le prolétariat est la classe de la société qui tire sa subsistance exclusivement de la vente de son travail, et non de l’intérêt d’un capital quelconque, dont les conditions d’existence et l’existence même dépendent de la demande de travail, par conséquent de la succession des périodes de crise et de prospérité industrielle, des oscillations d’une concurrence sans frein. Le prolétariat, ou la classe des ouvriers, est, en un mot, la classe laborieuse de l’époque actuelle » (Les principes du communisme, antérieurement nommé Catéchisme communiste, et qui servit de base à la rédaction du célèbre Manifeste).

La classe ouvrière, l’immense majorité des salariés et des chômeurs, ne se définit pas par son humanité (qui est réelle) ni par sa situation de soumission :

1. Elle se fonde sur sa dépendance au travail et sa capacité concomitante à exprimer les besoins radicaux de toute l’humanité ;

2. Elle exprime, dans sa diversité moderne, un intérêt historique commun à tous les exploités, mettre fin à l’exploitation et à la division du travail ;

3. Elle est la seule à détenir le pouvoir de changer la société puisqu’elle est son « carburant » et qu’elle est aux leviers de commande de la production ;

4. Elle est la seule à rappeler à la société, par ses grèves immédiates et politiques, que le dialogue (la réforme) est impossible sous le capitalisme ;

5. Elle est une classe internationale qui n’a pas d’intérêt national, ni régional ni ethnique ni communautaire à préserver.


à suivre...

(*) Les rapports de production sont aussi des rapports de domination, dont ne parlent jamais ce genre de secte. Je reprend ici les termes d’un excellent texte de Dominique du Réseau (« Problèmes économiques de la période de transition, les bons de travail ») : « on ne peut que frémir des analyses de tous ceux qui défendent le travail obligatoire et la rémunération au mérite dans la phase inférieure du communisme » (réponse aux duettistes de Robin Goodfellow).

mardi 22 janvier 2019

GILETS JAUNES : peut-on être enterré vivant ?

Hello, I'm Macron, of Crocmort and cie

« Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent.» Proudhon


Vous vous réveillez allongé sur une surface froide et capitonnée. Avec difficulté, vous ouvrez les yeux. L'obscurité est totale. Vous tentez de vous relever mais votre tête heurte un obstacle. Instinctivement, vous tentez de le repousser, mais rien ne bouge. Où êtes-vous? Qu'est-il arrivé? Paniqué, vous vous mettez à hurler. Mais vous comprenez bientôt que c'est inutile: vous avez été enterré vivant. Dans l'Antiquité et au Moyen âge, les religions punissaient les infidèles en les enterrant vivants. Les infidèles gilets jaunes avaient déjà ce sentiment d'outre tombe au tout début. De mémoire de vivant jamais on n'a vu un mouvement social, jugé à l'aune d'une simple jacquerie, enterré jour après jour mais qui, tel Lazare, renaît sans cesse de ses cendres, voitures brûlées et yeux crevés par la police
La loi Française autorise deux types de funérailles : la crémation et l’inhumation de la personne décédée. Tous les autres modes de sépulture sont proscrits. Pourtant il existe plusieurs autres modes de sépulture pour le mouvement des gilets jaunes, être banni dans le cercueil de l'extrême droite comme ce fût le cas fin novembre, ou être placé dans une urne « électorale », comme cela semblait pouvoir être le cas fin décembre. Depuis ce fâcheux 17 novembre si imprévu1, sans oublier cette série de samedis « en acte », il est probable que le président – seul apte à décider d'une telle canonisation - réfléchit à comment enterrer vivants au Panthéon, et côte à côte, Eric Drouet et Priscilla Ludovsky. Dans le monument républicain qui a succédé à la basilique Sainte-Denis, nécropole des despotes successifs en France, l'embaumement par après de l'ouvrier Eric et de la petite bourgeoise Priscilla réconcilierait ainsi deux classes inférieures du « peuple » pour le plus grand plaisir du grand hiérarque du CCI2 qui a décrété que ces affreux gilets jaunes n'app artenaient pas à la classe ouvrière, et qu'ils pouvaient être enterrés dans n'importe quel cimetière et qu'il ne leur porterait jamais ni fleurs ni coronnes. Espérons que je suis en train de plaisanter car, comme les histoires d'amour, les jacqueries finissent mal en général3.
Autant il est étonnant de se rappeler combien peu étaient ceux qui daignaient se pencher ou même considérer un vulgaire mouvement pétitionnaire hostile aux taxes, et confondant au moment présent de voir autant de partis, de syndicats et des sectes, l'imaginant à l'agonie, se précipiter pour saluer un mouvement « émancipateur ». Le corps du gilet jaune serait-il en train de rendre l'âme, une âme coquine qui a fait péter les lignes ? Les cris et les crachats des médias redoublent d'intensité. Luc Ferry et les journalistes de BFM, ceux des bonzes syndicaux antifas, bavent de haine au point d'en oublier de s'essuyer la bave. Que d'amis soudain pourtant au même moment de ce que chacun espère être de belles funérailles: papy PCF se bouscule avec Mélenchon sur sa trotinette populaire, quand la grosse Marine pète en direction d'un grand dadet blanchi sous le harnais nommé Wauquier vaurien. Le cadre supérieur de la CFDT jette un regard de mépris mais moustache CGT envoie ses porteurs de drapeaux rouges (le fanion stalinien). On serait même fondé à alarmer le peuple : qui trop embrasse, étouffe !

LES PREMIERS AGENTS FUNERAIRES SONT VENUS DE LA GAUCHE BOURGEOISE

Dès les premières manifestations, l'ensemble de l'extrême gauche s'est tue longtemps, avec les « gauches communistes », pour ensuite dénoncer un mouvement manipulé par l'extrême droite ; le
CCI pratiquant même la surenchère antifasciste : « La révolte populaire des “gilets jaunes”, du fait qu’elle véhicule en son sein les stigmates nauséabonds de la décomposition de la société capitaliste (les préjugés xénophobes, la peur de l’invasion des migrants qui viennent “manger le pain des Français” et “profiter de nos impôts”…) 4».
Bien plus tard, les pères en politique de cette extrême incapacité gauchiste se pointèrent à leur tour pour mettre en garde, depuis le bastion anti-caoitaliste de l'OBS. Au premier abord, le vieux trotskien, rangé des bagnoles brûlées en 68, commence plutôt bien – c'est vrai le mouvement n'a jamais été démocratique - « Le mouvement des "gilets jaunes" est en lui-même une critique vivante de la "démocratie directe" qu'il prétend incarner et qu'il désire instituer. Le refus farouche d'élire des représentants, au nom de la stricte égalité entre tous les membres du mouvement, débouche, comme toujours, sur la désignation de représentants autoproclamés, non élus, non mandatés, incontrôlés, choisis et promus par les médias selon les critères qui leur sont propres : ces porte-parole feront-ils de bonnes audiences ? Seront-ils de "bons clients" ? Assureront-ils durablement le "show" ? ». Mais est-ce que cela en fait pour autant un mouvement « facho » ? Les prolétaires en lutte lorsqu'ils font grève, bloque minoritairement la marche de l'économie et font des barrages autoritaires sans demander la permission au suffrage universel, et personne n'oserait les traiter de « fachos » ! Mais quand vous vous appelez Henri Weber, donc que vous avez été membre d'un parti bourgeois et député vous êtes plutôt un as de l'embrouille qu'un ardent chercheur de la vérité. On a horriblement affaire à une sorte d'ultra-démocratisme (trop de démocratie tue la démocratie bourgeoise...), avec comme expédient : « C'est ainsi qu'au lendemain de la Révolution russe, le Parti bolchévique a substitué sa dictature totalitaire à la "démocratie directe" des "Conseils des ouvriers, des paysans et  des soldats" – les "soviets" ». Raccourci un peu facile mais pas idiot pour ce fin connaisseur de l'histoire révolutionnaire, on ne pouvait pas avoir un « Etat des conseils ouvriers », comme on ne pourra pas en avoir un non plus à l'avenir, la classe ouvrière ne peut pas prétendre gérer seule la société transitoire au communisme. Mais Weber est un vendu à l'ordre dominant, il précise aussitôt dans quel camp il se trouve désormais. La démocratie niveau villageoise sous Périclès à Athènes coifait à peu 10.000 personnes sans compter les esclaves qui n'avaient point droite de vote. La démocratie des fachos à la Chouard est un leurre (parce que Chouard ne veut pas qu'on touche à l'Etat bourgeois avant et même pas du tout), donc avec le vendu Weber il faut saluer et conserver la supercherie existante qui a pour nom « représentativité »5ou « démocratie représentative », c'est à dire où la bourgeoisie fait ce qu'elle veut avec sa représentativité imaginaire. Chouard et Weber étant de toute façon d'accord à la base sur l'égalité « citoyenne » des votes. Or un vote de bourgeois n'équivaut pas à un vote ouvrier ; en temps révolutionnaire le vote prolétaire est supérieur parce que lui il sait ce qui ne vaspas et vers où il faut aller. C'est pourquoi pendant la révolution russe un vote ouvrier valait cinq votes paysans. Mais allez expliquer cela aux braves Eric et Priscilla ils vont lever les yeux au ciel et crier  « gardons Macron, c'est trop affreux de remettre en cause la citoyenneté ». Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a considèré que le mouvement des "gilets jaunes" "ne mobilise pas en masse" et n'a "rien inventé" par rapport aux corps intermédiaires en mesure "de réunir" les gens et "les faire débattre", heureusement que Drouet et Ludosky ne sont pas encore rémunérés comme le ministre syndical Berger, si bon gardien des moutons syndiqués !
« On a pu se rendre de compte que des agents funéraires trotskistes étaient à l'oeuvre dans le mouvement ou sous l'étiquette « gilet jaune ». Témoignage : « Dès le début, le déroulement de l’assemblée semblait déjà ficelé : l’ordre du jour était fixé à l’avance, et les propositions déjà prêtes à être "votées". Il s’agissait déjà d’une première surprise pour moi qui pensait que ce mouvement permettait justement la libre expression de chacun et l’organisation collective de la prise de parole.
Par ailleurs, la tenue de l’assemblée a été assurée du début à la fin par une seule personne, qui, renseignement pris, est membre de l’ARS-Combat, une secte trotskyste qui défend un certain nombre de positions réactionnaires. Ce fait est important car il explique en partie pourquoi cette assemblée semblait guidée sur des rails, mais aussi pourquoi toutes les propositions étaient connues d’avance : SMIC à 1800 euros, embauche de tous les chômeurs... Tout le programme de l’ARS-Combat6. Programme auquel a été ajouté la fameuse proposition du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) ! Ces messieurs ne doivent pourtant par ignorer que cette proposition est suggérée en permanence aux gilets jaunes par des mouvements d’extrême droite.7 »

LES SECONDS POSTULANTS FOSSOYEURS RESTENT CEUX DU CCI
le CCI en gilet jaune

Macron a le choix parmi ces nombreux croque-morts qui font la queue à la rubrique cimetière de pôle emploi. Tout au long de la trentaine d'articles que j'ai consacré au mouvement j'ai épinglé à plusieurs reprises cette secte qui se réclame des « gauches communistes ». Ils savent que je suis lu par tout le milieu révolutionnaire. Je n'ai pas un nombre mirobolant de connexions, mais un millier tout de même à ma lettre ouverte à Priscilla (la prochaine fois je mettrai « Priscilla nue » en titre et j'aurais peu-être autant de connexions que sa pétition). Le CCI ne répond jamais aux individus, qui n'existent pas dans la conception « marxiste scientifique ». Je doi tout de même passablement les irriter puisque, et vous ne vous en apercevez pas, j'ai droit à de petites piques sur mes conceptions (par exemple ils accordent maximalisme à casseurs...). Mais aujourd'hui, j'étais content ils m'on fait signe. Ah bien sûr ils ne m'ont pas téléphoné ni envoyé un courrier, mais fait suivre sur ma boite email leurs prises de positions sur le mouvement de gilet jaune, l'air de dire : tralala tu t'es gourré, nous on a toujours bien dénoncé de mouvement bobo étranger à la classe ouvrière ! Tu es vraiment un défroqué kaput et un petit bourgeois qui rie jaune !

D'abord je ne crains pas de me tromper, cela m'arrive. Dans le cas qui nous préoccupe non seulement je ne me suis pas trompé depuis le début mais j'ai vu clair, j'ai soutenu et j'ai critiqué sans concessions.
Toujours dans l'attente de la classe ouvrière en pôle position, mais tardivement, vers le 27 novembre, monsieur CCI a commencé à déblatérer sur le même ton que BFM. L'occupation des ronds points : « un terrain pourri où les plus pauvres des prolétaires se sont laissés embarquer », pfuit… même pas de grève, ce nec plus ultra de la guerre des classes ,' même pas d'appel à des AG", ce poumon démocratique du milieu ouvrier ! Un gros mensonge : « tout le monde de Le Pen à Besancenot dans ce mouvement « interclassiste » était là pour « soutenir son poison nationaliste » ! Archi-faux, il n'y avait ni l'extrême gauche ni vos concurrents les syndicalistes pros, ni aucun de vos sectateurs sur le terrain. Vous êtes restés dans vos pantoufles devant la télé.
De même que vous n'avez aucune considération finalement pour les nombreux blessés, amputés ou même morts (indirectement) de ce mouvement, de même vous avez chié sur la protestation d'une population « périphérique », pas cette pure classe syndiquée, qui avait faim et qui protestait contre les taxes à la manière des épiciers (ces ploucs n'auraient-ils pas été plus communistes collectivistes en réclamant des ransports en commun décents?).
Je me suis moqué de votre théorie complotiste du piège « pour noyer la classe ouvrière dans le peuple », parce que le peuple il n'a pas faim comme la classe ouvrière, parce qu'il faudra sans doute l'enfermer dans les goulags pour qu'il ne gêne point votre crasse « ouvriériste » ? Parce que vous n'avez jamais appris que le peuple était dans les Soviets ? Et que le parti bolcho s'est débarassé autant des conseils ouvriers que des soviets.
Puis en janvier vous avez mis un peu plus d'ouvriers dans le sac de « patates » des gilets jaunes, de ces ploucs : « les secteurs les plus périphériques et inexpérimentés de la classe ouvrière, vivant dans les zone srurales et périrurbaines » - parce que ceux des villes, qui sont si expérimentés aux trahisons syndicales ont bougé leur cul ?
C'est la faute à la télé et aux réseaux sociaux ? : « Le fait que de nombreux travailleurs salariés parmi les plus pauvres se soient embarqués dans ce mouvement interclassiste, initié sur les réseaux sociaux, les a rendus particulièrement vulnérables aux idéologies les plus réactionnaires et anti-prolétariennes : le nationalisme patriotard, le populisme de l’extrême droite (avec son programme politique “franchouillard” et anti-immigrés), et finalement la revendication du Referendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Ce n’est pas un pur hasard si le parti du Rassemblement National de Marine Le Pen (de même que toute la droite) a soutenu les “gilets jaunes” depuis le début ! ».
C'est exactement le discours des sectes gauchistes et des intellos intermittents, vous croyez ce que vous dites ? Imbéciles ! La misère et la faim vous ne les avez jamais connues, cadres et profs vous n'avez jamais manqué de rien, l'idée révolutionnaire vous tient lieu de bonne conscience, mais assis devant la télé.
Vous vouliez qu'ils chantent l'Internationale de Staline et Marchais et qu'ils marchent derrière le drapeau rouge chinois ou vert castriste ? La révolution est un processus bien trop complexe pour votre marxisme pédagogique, reconvertissez-vous dans les ordres, dieu pardonne même aux faux marxistes.
Vous avez l'aplomb de la petite brute Benalla ridiculisant le Sénat, ce mouvement n'est qu'une « énorme colère », après avoir été un « piège » qui gronde au sein de la population (pas le peuple?) mais comme les courses de chevaux à Auteuil ou la victoire des bleus : « Il n’est, au mieux, rien d’autre qu’un signe annonciateur des futurs combats de classe du prolétariat ». C'est une concaténation et un amphigouri de première.
Et cette brave « classe exploitée » qui n'arrive toujours pas à s'affirmer sur la « scène sociale » et se fait griller la politesse par ces « épiciers et routiers » que nous fait-elle risquer, ah oui la fin du monde : « ... si elle ne parvient pas à desserrer l’étau des manœuvres de sabotage syndical, la société ne pourra que s’enfoncer dans le chaos, continuer à pourrir sur pied, avec une misère sans fond et une répression implacable pour les exploités ».
Car la lutte des classes c'est seulement sur la « scène syndicale », dans ces milliers de grève qui ne servent à rien qu'à permettre aux gouvernements successifs d'entretenir tant de parasites bureaucrates qui savent promener chaque corporation dans les limites républicaines.


« C’est seulement lorsque la classe des prolétaires se reconnaîtra, dans la lutte, comme classe distincte et indépendante, qu’elle pourra intégrer dans son combat contre le capitalisme … » les gilets jaunes, en les incluant après avoir trié entre les racistes, ceux qui ont la carte du RN ou qui se trimballent avec cet horrible drapeau tricolore … « Contre toutes les formes de nationalisme, contre la xénophobie et la mentalité de “bougnat maître chez soi” ». Après le RIC on aura un autre gadget, le CFNCX, Contre les Formes de Nationalisme Contre la Xénophobie », un programme qui devrait rallier tous les antifas et antiras ! Alors que la puissance émotionnelle enfin trouvée c'est le RIC!

Quel courage par après, au moment où la répression tombe à tour de bras, où les tribunaux condamnent casseurs ou pas – quand nous sommes aussi tous des casseurs en puissance, excepté les fragiles vieillards du CCI – de dénoncer cette violence « pain béni pour la classe dominante » (nos révolutionnaires de salon sont désormais tous provinciaux et craignent pour leur résidence secondaire) ! De plus, ouais ouais, ils ont osé les médias « amalgamer la violence des gilets jaunes... avec les grandes luttes historiques du prolétariat, pour discréditer la classe ouvrière »8. Bien vu n'est-ce pas car on sait que les grandes luttes historiques (comprenez uniquement la grève intra muros) ont toujours été très pacifiques !
Nos papys de l'ultra-gauche fossilisée en conseillisme historiciste (sans le RIC) ne doivent pas zapper autant de fois que moi, mais je n'ai pas trop vu de comparaisons avec 1848 ni 1871, parfois à mai 68 mais sans exagération, parce que mai 68 c'est un gentil mouvement comparé à la gravité de celui-ci. Mais nos vieux croûtons seraient-ils devenus pédophiles 9? Ils reprochent aux médias d'avoir peu parlé de ces pauvres lycéens parqués main sur la tête (lesquels se livaient pourtant à de très prolétariens feu de poubelles, vulgairement dit, une bande de petits cons qui cassaient aussi des vitrines pour s'amuser) et d'envahir la couverture médiatique avec ces « épiciers gilets jaunes ; comme on a oublié ces « étudiants enragés » (la fine fleur du prolétariat dans le révisionnisme cciesque) qui ont tout de même annoncé un « mouvement prolétarien de 9 millions de travailleurs » qui avait permis une hausse du SMIC de 35% et de tous les autres salaires de 10% » ; exactement les mêmes propos que les deux anciens gros bras de la CGT à Billancourt récemment dans une émission commémorative ! Encore jeune étudiant à l'époque, le hiérarque du CCI qui écrit ça à 75 piges aurait eu honte de présenter mai 68 comme une victoire syndicale !
Qil n'y avait pas une telle misère en 68. Il n'y a pas eu autant de blessés, autant de graves mutilés. Il n'y a pas eu autant d'internements et de jugements arbitraires. Les flics n'ont jamais sorti les mitraillettes face aux manifestations. Les gentils étudiants contestataires ne sont jamais sortis du quartier latin et ont juste osé une promenade stupide aux usines Renault, comme si ces bobos d'époque pouvaient croire se mettre « à la tête des masses » comme leurs posters préférés Mao et Guevara. Il restera le culot indéniable au mouvement des gilets jaunes d'avoir été mettre à feu les quartiers du pouvoir à Paris, et cela vous rend minables tous ces faux-culs soixantehuitards, qui se moquent pire que le crétin Luc Ferry et insultent comme « clochards et autres sans-abri » un mouvement qui vaut mieux qu'eux et qui a tant de victimes :
« Les médias vont-ils nous montrer des clochards et autres sans abri en “gilets jaunes” défiler dans les quartiers où vivent les “riches” ? Maintenant que les “gilets jaunes” sont devenus pacifistes et ont des représentants, ils pourraient organiser un grand carnaval sur les Champs-Élysées pour favoriser “l’industrie du tourisme” ou monter une troupe de théâtre avec les différents “Actes” d’Éric Drouet ? ».
Sans aucune émotion ni compassion, on est invité à attendre Godot prolétariat pour faire face au blindage policier, et qui va engager cette « lutte massive du prolétariat qui, un jour ou l’autre, va resurgir face à la généralisation de la pauvreté ». Parce que la pauvreté ne s'est pas déjà généralisée ?10
Un article étrange et kafkaïen apparaît soudain dans leur « dossier gilets jaunes » : « La lutte de classe paralysée par le sabotage syndical ». Titre curieux qui apparaît comme un cheveu sur la soupe, comme si la lutte des classes ne concernait pas le mouvement des gilets jaunes. Curieux également qu'on parle de sabotage syndical en l'absence de grèves d'envergure. Les syndicats saboteraient-ils vingt quatre heures sur vingt quatre ? En réalité c'est encore pour décrédibiliser l'expérience des GJ avec des arguties assez tordues, qui m'oblige à reproduire tout le paragraphe pour en démonter la perversion :
« Mais loin d’assister à une riposte de la classe ouvrière contre le sabotage systématique des luttes, le profond mécontentement des citoyens en “gilet jaune” envers les syndicats s’est entièrement confondu avec l’idéologie réactionnaire de ceux qui ont lancé le mouvement : petits patrons, commerçants, artisans et toutes les couches intermédiaires appauvries et aveuglées par leur haine revancharde de l’ “assistanat” et des syndicats qui défendraient, selon eux, les prétendus privilèges des salariés du privé et, pire encore, des fonctionnaires qui bénéficieraient d’un statut ou de contrat “protecteur” et ne prendraient aucun “risque” pour gagner leur vie. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir la droite et l’extrême droite soutenir depuis le début ce mouvement 'antisyndical' ».
La première affirmation est une lapalissade ; on n'assiste pas à une riposte de la classe ouvrière contre le sabotage certes systématique des syndicats (mais pas toutes les nuits) mais cette remarque qu'a-t-elle à voir avec le paragrphe suivant – sauf à imaginer que le rédacteur espérait sans s'en être vanté à son minus comité central, que les GJ allaient être l'allumette de la plaine prolétarienne – qui est persuadé que l'antisyndicalisme des GJ est celui des petits patrons et de l'extrême droite (ce qui est l'analyse certifiée de toutes les sectes trotskistes). Le plumitif du CCI est aveugle sur une des véritables raisons de l'échappée belle gilet jaune: le secteur privé et particulièrement en province ne subit pas la mainmise des appareils syndicaux comme le prolétariat et le fonctionnariat des grandes villes. La classe prolétaire en province a parfois mieux saisi l'entourloupe de la "grève perlée" pour ces pauvres cheminots que nos révolutionnaires amateurs et ne s'est pas demandé si les syndicats étaient de droite ou de gauche, mais a constaté qu'ils étaient des professionnels du sabotage des grèves?
On retrouve en plus ce même singulier mépris des « couches intermédiaires appauvries aveuglées par leur haine revancharde de l'assistanat » ! Parce que l'assistanat ne serait pas une situation rabaissante et qu'on devrait l'aimer ? Seul un petit prof bien nourri peut sortir une imbécillité pareille. Je connais bien ce milieu des petits patrons puique j'ai eu affaire à eux toute ma vie de par mes fonctions d'agent de service public. Peut-on se permettre de les considérer ainsi comme des débiles ? Oublier que nombre d'entre eux ont été ouvriers et ont connu la pourriture syndicale quand les soldats de la secte CCI n'ont usé leur froc que sur les bancs de l'université ?
Pourquoi faire ce montage sur de « prétendus privilèges du privé », je n'ai jamais de ma vie entendu cela, par contre oui il y a des statuts privilégiés des fonctionnaires, et le nier c'est être ou un menteur ou un fonctionnaire. Marx, dans le livre I du Capital parle fort justement d'aristocratie ouvrière, c'est à dire de la couche mieux payée des ouvriers ; cela a-t-il disparu ? Cela ne se manifeste-t-il pas encore de nos jours avec mille statuts différents ? La classe ouvrière a-t-elle donc une plénitude d'intérêts et une équanimité de situations qui nous interroge au point de ne pas comprendre comment avec une telle identité de situation elle n'a pas encore fait la révolution ?
Absent sur les lieux des manifestations des GJ nos pantouflards en conclu qu'il s'agit d'un antisyndicalisme « facho ».
Sans cesse obtinés à enterrer le mouvement, si rétifs à leurs schémas étroits, nos petits sectariens voyaient le mouvement encore « se conclure » le 31 décembre, comme leur pote Macron. Mais on a droit à un petit couplet antisyndical « ultragauche » où ils croient nous révéler que les syndicats ont épuisé les ouvriers en grève en luttes stériles. C'est bien d'être dans son fauteuil et devant BFM, mais le mouvement a été un produit indirect et direct de ces sabotages syndicaux (c'est ce qui se discutait sur les ronds-points,) 11une échappée belle du cadre suprême de l'entreprise où nos radoteurs « syndicalistes révolutionnaires » font démarrer toute révolution. L'interprétation devient autiste, tout est la faute finalement de ces salauds de GJ :
« C’est à cause de la paralysie du prolétariat et sa grande difficulté à briser le carcan syndical que le mouvement citoyen et interclassiste des “gilets jaunes” a pu surgir en occupant tout le devant de la scène sociale. Cette situation de substitution momentanée de la révolte populaire des “gilets jaunes” à la lutte de classe ne pouvait que renforcer le désarroi du prolétariat et créer un rideau de fumée venant obscurcir sa conscience. C’est à cause de cet affaiblissement politique du prolétariat que les syndicats, CGT en tête, peuvent continuer à lancer des appels à des journées d’action stériles. »
L'aliénation et le cloisonnement de la pensée sectaire sont tels qu'ils inversent les données et inventent une autre réalité : la paralysie du prolétariat a laissé surgir sur la scène ces citoyennistes et « interclasssistes » GJ. Ces salauds de GJ se substituant au prolétariat l'ont par conséquent affaibli ! En plus, les syndicats en ont profité pour en rajouter une couche, continuant à en appeler à des journées stériles. Même pas vrai,! Ils ont été remarquablement silencieux, comme la secte CCI. Ils sont complètement hors sol, et incapables d'analyser ce mouvement trop intelligent pour leurs pauvres têtes de marxistes bègues qui radotent les mêmes clichés sur des luttes passées où ils n'ont été que des figurants ou des spectateurs impuissants. Les blocages de ronds-points sont assimilés ensuite aux pneus brûlés des actions CGT, « une division entre ceux qui luttent et ceux qui sont obligés d'aller bosser »(sic)... on pourra allonger la liste des perles petites bourgeoises que le CCI décadent aura accumulé pour dégobiller toute sa haine des GJ ; la phrase que je viens de citer est celle de tous les patrons et petits chefs face aux grévistes, ahahaha ! (tout comme est typiquement cégétiste leur remarque contre les actions: "ils envoient les gens au casse-pipe"!)
En gros les syndicats et les « petits bourgeois » GJ c'est pareil, des salauds qui veulent « confisquer la lutte du prolétariat »! Donc il y a bien une masse importante du prolétariat parmi les GJ!
source stats du Figaro



POURQUOI LA LUTTE DES GILETS JAUNES DERANGE LA BOURGEOISIE ET SES SECTES ULTRA... gauches

Il faudra recenser de multiples expériences à défricher à Commercy ou ailleurs (une dizaine de livres sont déjà sous presse sur cet étrange mouvement GJ). La secte CCI avec son raisonnement totalitaire, pour ne pas dire facho (thème inusable et facile), peut insulter les prolétaires comme elle le fait pour les GJ en général. C'est ce qu'on appelle l'indifférentisme et la lâcheté. Elle n'en est pas à son coup d'essais, j'en ai connu tant de lâchetés lorsque j'étais dedans. Elle peut s'aligner complètement sur les lignes de la bourgeoisie. Un seul exemple, lors de l'assassinat de Baader et ses compagnons, RI produit un article qui dénonce le terrorisme avec la même morale impudique que les médias bourgeois, provoquant haut le coeur et indignation chez une minorité d'entre nous et même de Marc Chirik qui exige aussitôt qu'on rédige un article corrigeant cette connerie, avec pour explication que les terroristes (de cette époque) sont aussi des révoltés contre le Capital, même s'ils se trompent de moyens.
Au lieu de voir l'apparition magnifique des GJ comme un évébement positif, ces cuistres qui attendent tout des grèves syndicales ou même non syndicales viennent singer les mêmes dénonciations que les bourgeois : mouvement non démocratique, petits bourgeois floués,,bloqueurs primaires de la liberté de circulation, bande de clochards sur les Champs Elysées, etc. Ils insultent comme tant de plumitifs ont insulté la Commune de Paris.
Or le mouvement , s'il a un côté accidentel comme le Paris de 1871, pas plus ouvrier que les GJ, reprend l'éligibilité-révocabilité de la Commune, qui n'est d'ailleurs pas un problème strictement ouvrier ; que d'autres couches intermédiaires veuillent un contrôle des élections à tous les niveaux ne nous est pas indifférent. Les soviers russes étaient constitiés de petits bourgeois aussi.
Le mouvement se généralise aussitôt ce qui d'ailleurs le différencie des jacqueries antiques qui restaient locales. Voilà cette fameuse généralisation dont ils bercent leurs ouailles, pratiquement réalisée et qui affole le gouvernement bien plus que n'importe quelle grève CGT, et qu'aucune grève n'a inquiété autant depuis 50 ans si on accepte la grève généralisée de mai 68, 95 n'ayant été qu'une vaste promenade syndicale de blaireaux « tous ensemble » au cul des syndicaux. Le mouvement est perçu comme mouvement international, il passionne à l'étranger et nos pantouflards font la fine bouche : « c'est étranger au prolétariat » !
Posant question au niveau international , et ce n'est pas un fake des médias, on veut l'honorer ou aller vérifier. Dans ce cas, on bouge son cul, on vient discuter dans la rue. Ne l'ayant pas fait cette secte ne peut que la fermer et on se fiche de ses tartines pédagogiques qui puent le stalinisme, époque classe contre classe, et stal contre trotsk. Tout à son mépris des petits bourgeois jamais elle ne s'est fendue d'une critique argumentée du RIC. Or c'est avec ce RIC que l'extrême droite est en train de couler plus effectivement le mouvement. Les dits « fachos » ne veulent pas la révolution, surtout pas prolétarienne. La mère Le Pen a été très clair sur son appartenance non simplement au petit commerce mais à la bourgeoisie, elle n'a pas voulu de hausse du SMIC pour ne pas handicaper les petits patrons, et, comme le CCI et la bourgeoisie régnante, elle a dénoncé les « casseurs GJ ».
Silencieux puis attentiste, comme le charognard qui attend l'affaiblissement de sa proie, ces pantouflards ont attendu que l'extrême gauche « récupère » pour nous dire «voyez l'extrême gauche » a récupéré ; malheureusement l'extrême gauche est sur le même créneau qu'eux ils attendent de prendre le pouvoir sur les masses en fusion ; ils auraient pu au moins nous aider à dénoncer les arrivistes et le RIC. Mais non ! ce mouvement puait le facho ! il valait mieux le laisser végéter et rester piloté par cette revendication nullarde des « fachos », qui dissolvent ainsi plus sûrement que par leur xénophobie ou leur nationalisme ringard. L'extrêùe droite fait au fond le même boulot chez les GJ que les syndicats chez les ouvriers, elle détruit de l'intérieur en empêchant les prolétaires de s'y affirmer comme prolétaires et en les appelant à une « vraie démocratie » sous le contrôle de l'Etat bourgeois maintenu.
Le CCI s'est exclu du mouvement social le plus important et le plus long depuis 68 pour son inintelligence étroite du mouvement social de colère face à la misère et à l'exploitation. Qu'il dégage et si certains de ses membres sont encore honnêtes qu'ils prennent le large.
Le rejet des partis et syndicats qui existe depuis très longtemps dans la classe ouvrière internationale, restera à la gloire du mouvement, qui a montré que ce rejet pouvait êre assumé sans honte, quoique le CCI le dénonce à l'unisson de BFM et de l'OBS comme poujadisme facho. Mais c'est plus difficile à prouver compte tenu du refus d'alire des délégués et pour expliquer le sabotage de toutes les démarches électorales arrivistes individuelles. Enfin, au lieu de radoter la Pologne catho de 1981, l'exemple de Drouet enrigistant une négociation secrète voilà qui a de quoi ulcérer les syndicats et le (minuscule) comité central du CCI. On ne peut pas tout montrer tout de même, c'est bien du petit bourgeois irresponsable ça !
Ce travail de charognard d'un mouvement qui n'en finit pas pourtant de ne pas se laisser étrangler, nécessitera de notre part de laisser de côté ces pépères balivernes pour fournir une analyse du fait que l'Etat n'a pas tremblé, reste droit dans ses bottes, fait le malin tant avec son petit voyou officiel Benalla qu'avec Jupiter qui à nouveau ne se sent plus planer avec son carnaval de débat national ; un Etat qui réprime sans fard avec les arguments les plus odieux dans le cadre judiciaire, comme celui de l'hélicopère gêné par un rayon laser et des manifestants bombardés par cet hélicopter qui en même temps les faisait arrêter grâce à des moyens de photographier en « haut vol ». La manière dont l'Etat assaisonne ses attaques contre les chômeurs (dont les jeunes décrits comme « oisifs » voire bons à rien), les reversions de retraite, la continuité de l'écologie punitive, etc. Il faut analyser par après l'état de classe ouvrière, pas brillant, elle est pétrie de divisions et d'avantages inégaux (qu'il est idiot de nier), qui devrait pourtant, instruite par le mouvement GJ, poser quelques problèmes aux ancadreurs syndicaux. L'exalter à la manière des sectes marxologues devrait être interdit.
Le mouvement GJ, s'il ne veut pas péricliter ou disparaître rapidement devra se libérer du chiméRIC et engager la lutte pour faire cesser la répression qui continue sourdement, et faire libérer les camarades emprisonnés autrement que par les pleurnicheries pacifistes qui dominent sur facebook. Il devra aussi se questionner sur le rôle particulier et la force en acte de la classe ouvrière, sans se laisser bercer par les appels foireux à une grève générale mythique qui ne vient jamais et ne se commande pas à Darty ou à Ikea.

GILETS JAUNES DE L'OMBRE ! CESSEZ VOTRE AGITATION DE GADGETS TYPIQUES DU SYNDICALISME!

Aucun cadre de réflexion que le ping-pong sur les réseaux informatiques-toc, ni réunion ni assemblée. L'avenir de la protestation sociale n'est pas d'inventer chaque jour des trucs pour "faire voir" un mouvement sans colonne vertébrale, sans parti clair (il en faut pour toute révolution ou alors c'est une fumisterie) avec des chefs auto-proclamés qui font l'agenda sans consultation. Les actes se terminent donc au numéro X. On nous a déjà refilé "les femmes en jaune", demain "les policiers en jaune" ou "les footballeurs en jaune"? D'un côté le clan Priscilla appelle à aller manifester pour les DOM-TOM samedi mais pas pour la Lozère, ce qui aura peut-être du sens pour une éventuelle carrière de député de la demoiselle, mais aucun pour une évolution du mouvement vers l'affirmation de la classe déterminante, la classe ouvrière. La "famille" Drouet a fait corriger ses fautes pour une lettre à Macron où il voudrait nous endormir debout dans une "nuit jaune", autre recette pour prolonger un mouvement confus et incapable de réfléchir sérieusement au plan politique et social.
Le RIC reste le poison principal de la noria gilet jaune,  gadget lancé, sans esprit critique, par la mouvance Chouard-Soral pour ne pas renverser l'Etat, permettre l'établissement de la représentativité directe afin d'assurer la victoire de mamie Le Pen, et surtout un des multiples gadgets des animateurs bobos de ce mouvement pour éviter de poser la question sociale et riposter aux attaques contre les retraites et sur le chômage. Il n'y a pas de débat constitutionnel à mener pour les ouvriers qui restent considérés comme de la merde par les petits profs comme Chouard et Cie. Nous en tant que prolétaires nous voulons mener l'assaut sur les questions économiques, après on verra pour les questions politiques. On n'aura pas besoin des petits profs de l'extrême droite pour légiférer la société du point de vue du prolétariat. A moins que vous ne vouliez être vos propres fossoyeurs.



NOTES
1Surtout par nos « gauches communistes » bobos, car une poignée d'années avant un journaliste du Monde, Michel Noblecourt écrivait ceci en 2013: « Le spectre des jacqueries sociales.Compte tenu de la faiblesse du syndicalisme et de l'enkystement du sentiment de fatalisme, une explosion sociale est peu vraisemblable. Mais le risque de jacqueries sociales est réel alors que les sondages montrent que la déception par rapport à la politique de M. Hollande gagne l'électorat de gauche ». Hélas c'est Macron qui a pris pour Hollande ! Noblecourt ajoutait : « Il est vrai que la crise sociale, qui s'aggrave mois après mois et qui a même encore pris de l'ampleur depuis l'élection de François Hollande, tisse un paysage où s'entremêlent la résignation et le désespoir. L'Etat-providence apparaît quasiment en faillite. La réduction des déficits impose sa loi, sur fond de croissance zéro, voire de récession ».

2Secte dont j'ai oublié la signification des initiales, certainement corporation cyclique rémanente... ou casse couille révoltante.
3Au Moyen âge, on met le seigneur sur le grill et on viole sa femme, par après la répression massacre par milliers. En 1961 une jacquerie paysanne, alors que les élections se déroulent normalement, se contente de cramer les urnes : "Les élections se sont déroulées partout dans le calme. Presque partout, sauf dans la région de Pont l'Abbé dans le Finistère Sud, des événements graves ont eu lieu. Dans quatre communes, des groupes de paysans se sont emparés des urnes, les ont vidées et les ont brulées. Cela ne règla pas les problèmes et il s'agissait d'un problème très local et de la défense d'intérêts très particuliers... et en tout il n'y avait pas facebook pour le généraliser.
4 La révolte des gilets jaunes un mouvement sans perspective.
5« Dans nos sociétés complexes et autrement plus nombreuses, la démocratie ne peut être que représentative, la démocratie directe est impraticable. Vouloir la substituer à la démocratie représentative, c'est en réalité chercher à détruire la démocratie. En revanche, on peut et on doit compléter, corriger la démocratie représentative parlementaire, en l'enrichissant d'éléments de démocratie sociale et de démocratie directe : institution des relations professionnelles par la négociation permanentes entre syndicats de salariés et d'employeurs à tous les niveaux ; référendum sur certaines questions d'intérêt stratégique ; conseils de citoyens tirés au sort ; conseils de salariés élus dans les entreprises, de citoyens dans les localités… ».
6Je ne connaissais pas cette secte, apparemment très activiste et une marmelade de stalinisme et de trotskisme.
8Finalement ils font équivaloir casseurs et gilets jaunes, c'est du BFM pur ! Mais citons-les eux-mêmes car tu penses sans doute, lecteur que j'exagère : « En amalgamant la violence des “gilets jaunes” (excités par les provocations et violences policières) avec les grandes luttes historiques du prolétariat, la propagande des médias n’a cessé de chercher à discréditer la classe ouvrière. Les idéologues de l’intelligentsia petite-bourgeoise (historiens, sociologues, philosophes, économistes, etc.) s’imaginent que la révolution prolétarienne est le fruit d’un complot, ourdi dans l’ombre, par des groupuscules ou “petite secte” de soixante-huitards retraités ». Là je me marre, aucun historien ou journaliste n'a usé des termes « petite secte » et 68 tards retraités ! C'est moi qui suit visé et qui assume encore toujours ces qualificatifs les concernant, et les consternant.
9 Les manifestations des lycéens sur tous les territoires français(sic) (sans gilet jaune ni drapeau tricolore, ni hymne national) ont été étrangement très peu médiatisées. Il y eu très peu de “casse” et d’affrontements violents. On a pu quand même entendre à la télévision une prolétaire, enseignante de l’Éducation Nationale, affirmer que ce qu’il faudrait faire c’est une “grève générale” ... ». Les enseignants ne se prennent pourtant pas pour de la merde !Et c'est la profession la moins présente parmi les GJ, plutôt dégoûtés et hostiles à toutes les catégories de pédagogues. Au moins les petits artisans ont une culture commune et une proximité de travail avec les ouvriers en province, alors que les enseignants parisiens par exemple dont dans la lune.
10Je ne cite leur dernière phrase finale non pour relever quils ne voient pa sla pauvreté « existante » mais pour la référence bourgeoise antifa : « ce jour-là, il n’y aura pas assez de prisons pour enfermer tous les “gaulois réfractaires” à la suppression de l’ISF et autres injustices (?). Il vaudrait mieux reconstruire des camps de concentration : ça coûtera moins cher à l’État et on pourra y parquer beaucoup de monde !L’Ordre Public de la bourgeoisie, avec son “État de droit” policier, et sa “paix sociale”, c’est l’ordre de la Terreur ! Mais la terreur est ACTUELLE ! Et pas un mot pour soutenir les « clochards » GJ en prison ou battus au sol ! Lire ceci: https://reporterre.net/Le-terrible-bilan-de-deux-mois-de-violences-policieres


11Avec des réfkexions style : « on va pas se faire baiser comme les cheminots ».