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28 août 2013

Ne pas battre en retraite

Je ne vois pas pourquoi je changerais d'avis sous prétexte que le gouvernement qui propose la réforme m'est plutôt sympathique.

Je ne me vois pas du tout à 69 ans devant des élèves. 

Ce qui me tue, c'est qu'avec le précédent gouvernement, je ne me voyais déjà pas à 67 ans devant les élèves.

OrageOdésespoir, Ovieillesseennemie...

Et ce qui me tue, aussi, c'est que je me souviens d'avoir fait plusieurs manifestations contre cette aberration avec ceux qui me proposent pire. J'ai même des photos !



Alors, on peut me dire que c'est conforme aux idées du PS, mais permettez-moi d'en douter. En fait, je me souviens que ce qu'on se disait dans les cortèges, c'était : "Ils ont intérêt de s'en souvenir, de ces manifs, quand on les aura élus, les politiques qui viennent serrer des pinces, là..."

On n'était pas forcément dupes, mais quand on voit le sourire de notre cher ministre du budget, ce 2 octobre 2010 à Montbéliard, on avait un peu d'espoir. On se disait qu'il saurait faire preuve d'imagination pour trouver d'autres solutions. On se disait qu'il prendrait conscience, dans le Pays de Montbéliard où le chômage fait des ravages, que proposer aux gens de bosser plus longtemps, c'est absurde.

Espérons que la loi, telle qu'annoncée par Ayrault, soit revue et corrigée...

CC


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13 mai 2013

Marronnier

Comme chaque année, les marronniers sont en fleurs. Ils tendent leurs belles grappes coniques vers l'azur, ç'en est presque érotique.

Ces arbres pointent leurs fières fleurs comme des phallus vers le ciel...

C'est le printemps et il est donc temps de parler de ceux qui en comptent beaucoup au compteur. Des printemps. Il est donc temps de reparler des retraites. Celles que nous n'aurons jamais, comme on nous le dit, depuis toujours, depuis que je suis née, je crois. Nous, les jeunes, c'est pas demain la veille qu'on sera en retraite. Si on en a une, un jour. Le nombre de fois où j'ai entendu ça. J'en suis venue à le dire moi même, d'ailleurs : "Une retraite ! Bah ! Faut se faire une raison !"

C'est devenu un véritable marronnier.

Pourtant, moi aussi, j'aimerais profiter de mon âge d'or, j'aimerais tant profiter des croisières avec des chanteurs morts, j'aimerais tellement pouvoir manifester contre les jeunes et casser quelques cannes sur le dos des petits malpolis dans le bus ! J'aimerais tant être une vieille acariâtre persuadée que c'était mieux avant et j'apprécierais, assurément, de prendre un temps fou à la caisse des supermarchés, pour sortir mes piécettes de 20 centimes, pour ranger mes quelques courses, pour choisir avec soin les produits qui n'ont pas d'étiquette, pour ralentir les plus jeunes qui travaillent, eux, pour payer ma pauvre retraite des vieux.

CC
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6 juin 2012

Je me réjouis pour ma belle-mère !

A priori, ma belle-mère pourra prendre bientôt sa retraite grâce à Hollande. Et ça me fait plaisir. Je suis du genre à me réjouir du bonheur de ma belle-mère.

Ce qui est agréable, avec la gauche, c'est qu'on peut se réjouir, à vrai dire. Ce n'était pas le cas avec la droite. Tenez : citez-moi une mesure de Sarkozy qui nous a permis de nous réjouir...

Une seule...Je cherche...Ah...ben non. Je ne trouve pas. 

Ah ! J'ai une réponse...Une certaine Liliane B. Ce n'est pas ma belle-mère.

CC
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3 novembre 2010

ELLE, Wikio, la Bolivie et moi

Que des bonnes nouvelles, aujourd'hui !

Ce matin, à la première heure, j'apprenais que j'étais sélectionnée par le site ELLE.fr pour participer à leur grand prix des blogueuses. C'est marrant, c'est sympa et ça peut rapporter un appareil photo...Que demande le peuple ! Si vous désirez voter pour moi (chaque jour, plusieurs fois par jour, faire voter vos amis, votre famille, les inconnus dans la rue...), n'hésitez pas, cliquez sur le logo suivant.

 


Cet après-midi, à la deuxième heure, j'apprenais grâce à Nicolas qui reprenait la nouvelle de l'Hérétique, que mon blog avait encore gagné une place au classement politique du wikio ! Merci à tous les lieurs et à tous les liseurs !

Enfin, ce soir, à la troisième heure, j'apprenais grâce à un lien dans facebook que la Bolivie abaissait l'âge de la retraite de 65 à...58 ans ! Comme quoi, on peut toujours avoir de l'espoir !

Que la positive attitude soit avec vous !

CC
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27 octobre 2010

Définitivement ?

La réforme des retraites a été votée définitivement à l'Assemblée.

C'est le message officiel relayé par tous les médias.

Définitivement. Voilà quelque chose qui semble éternel, gravé dans le marbre, pour toujours.

Définitif, quoi. Irrémédiable. Quelque chose sur lequel on ne pourra pas revenir.

Espérons que l'usage de ce mot sera aussi absurde que celui de réforme : normalement, une réforme, c'est un changement dans le but d'une amélioration. Il faudrait être fou pour penser que bosser jusqu'à 67 ans constitue une amélioration.

Si les mots n'ont plus de sens, dans cet étrange mandat sarkozyste, alors faisons en sorte de rendre provisoire le texte définitif de réforme qui apporte une régression. Demain, il y a manif.

CC
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25 octobre 2010

Il ne faut pas que la polémique casse la grève...


La polémique sur les casseurs qui pourraient être aussi, parfois, peut-être des policiers, fait rage.

A perdre la raison
Je prends des précautions, parce qu'un syndicat de police a porté plainte contre Mélenchon, (qui publie la même photo de Chambéry que moi...) aujourd'hui. Et je n'ai pas un parti de gauche pour payer d'éventuels frais d'avocat.

Il n'empêche que, comme le souligne Gaël, cette histoire n'a rien de très surprenant pour qui a l'habitude des manifestations.

Mais ce qui est le plus agaçant, dans tout ça, c'est qu'après 5 manifestations massives qui se sont déroulées dans le calme, on a désormais l'impression de ne retenir que ces débordements. Le coup médiatique est donc réussi.

N'oublions pas de parler des retraites. Cette loi est défendue par des types qui vont toujours au turbin à 70 balais avec le sourire. On ne vit pas dans le même monde.

La loi a été votée au sénat, rapidement, tout d'un bloc et sans plus de discussion et de débat qu'avec les syndicats.

Qu'y a t-il de si honteux et de si urgent pour qu'on veuille faire passer cette loi à toute allure ?

CC
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23 octobre 2010

Casseurs ? Casseurs de grève...

Après avoir lu ce billet de Guy Birenbaum, j'ai reçu dans ma boîte à lettre ce témoignage, de la part de quelqu'un en qui j'ai confiance. Je vous le livre, avec la photo.

Voilà photo à l'appui comment s'y prend la police pour provoquer des violences et dénaturer un mouvement.
Ci-dessous témoignage d'un vieux militant qui était présent à Chambéry
N'hésitez pas à dénoncer et faire circuler !!

Dans toute enquête criminelle on commence par se demander à qui profite le crime.

Brusquement à l'approche de la 6ième journée nationale d'action contre la réforme des retraites il y a des violences. Alors que lors des 5 précédentes, tout était calme.
Bernard Thibault appelle au "dialogue".Eric Woerth répond : "le temps du dialogue est terminé, il y a de la violence, il nous faut la combattre." [France Info, 19/10/2010, 19:00]Il faut faire un dessin ou tout le monde a compris ?
Chambéry 19/10/2010, 18h00 avenue De Boigne, des jeunes encagoulés jettent des pierres sur un cordon de robocops (CRS ou gendarmes mobiles). Ça dure un bon moment...

Puis trois des ces jeunes, l'instant d'avant les plus hardis à jeter des pierres, remontent un brassard orange sur leur manche droite, foncent sur l'un d'entre eux et l'immobilisent.

Remarquable coordination car immédiatement surgissent une dizaine de robocops qui protègent le groupe.
Et devant les commerçants médusés on voit trois jeunes encagoulés embarquer un de leurs potes sous la protection des robocops.
Sur la photo jointe, un de ces "brassards oranges", sweat à cagoule gris et bandeau noir, APRÈS l'interpellation ci-dessus racontée.



(Petite parenthèse : Je me trouvais là pour montrer à un petit jeune comment les choses se passent. En gros j'étais un peu dans le rôle du vieux mustang qui montre à un jeune poulain quelle herbe ne pas brouter. Avec un peu d'expérience et les policiers étant si prévisibles, je savais où me mettre pour montrer, en toute sécurité, la fameuse scène à mon jeune protégé. Merci aux policiers d'avoir été fidèles au rendez-vous. Sans quoi la leçon n'aurait pas été complète.)

En tous cas, je vous le dis, ces "casseurs", ils tombent chaque fois rudement bien pour arranger les affaires d'un gouvernement désapprouvé par 71% des Français sur ce projet des retraites, mais certainement approuvé par une majorité pour "maintenir l'ordre". 

NB : Pour sembler "maintenir l'ordre" et rassurer les citoyens, encore faut-il qu'il y ait désordre ... non ? ... 
Pour info :

Ce témoignage de Chambéry parvenu aujourd'hui 20 octobre tend à prouver que les casseurs (ou du moins leurs "managers" cagoulés sur le terrain) seraient des flics provocateurs déguisés en jeunes révoltés, afin de nourrir, selon le tempo décidé par l'Elysée, la chronique sarkozyste des médias aux ordres.


CC

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21 octobre 2010

Jeunes et retraités ?

Nous, on est jeunes, jeunes et retraités ?



Non, je crois qu'en fait, le problème n'est pas là.

Je dis ça parce que pour les réacs de tous poils, c'est assez facile de dire : "Feignants de salauds de jeunes ! Ils n'ont même pas commencé de travailler que déjà ils veulent s'arrêter."

Le problème n'est pas là. 

Il faudrait plutôt dire : "Ils n'ont même pas commencé de travailler et ils ne savent pas du tout s'ils pourront commencer."

A mes élèves, souvent, je dis, comme tous les profs le disent un jour : "Travaillez en classe, travaillez pour vous, pour avoir un emploi, il faut des diplômes." Je sais bien que ce n'est pas tout à fait faux et que ce n'est pas tout à fait juste non plus. Ils le savent aussi : ils ont des grands frères, des grandes soeurs, de jeunes parents bardés d'IUT, de BTS, de licences, de BEP, de CAP, de Bac Pro en tous genres et au chômage, pourtant.

Ils n'ont pas la gueule de l'emploi et la gueule du marché de l'emploi, en ce moment, c'est pas la joie.

Et si les vieux ne se mettent pas rapidement à lâcher leur job, alors c'est encore moins demain la veille qu'ils pourront prouver qu'ils ne sont pas des feignants.

CC
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18 octobre 2010

Vous sentez-vous concernés, vous ?

Aujourd'hui, je me suis demandé comment répondre sincèrement à ça :

...se demande si les activistes qui bloquent la France "pour tous les français" se rendent compte qu'ils mettent en danger le boulot des salariés précaires (dont les patrons se foutent qu'ils aient une bonne excuse pour être en retard) et des artisans/commerçants qui se tuent à la tâche pour payer leurs charges...
 ...me demande si tout ceux qui profitent un peu ou beaucoup de la sécu, des allocations en tous genres, si ceux qui sont allés à l'école dans le système public, tout ceux qui profitent du chômage quand ils sont au chômage, des avantages de la Loi Scellier, du bouclier fiscal, va savoir, des niches fiscales pour garder les gosses, bref, de tout ce pognon public...si tout ceux-là ne feraient pas bien de se joindre au cortège pour continuer de pouvoir bénéficier de toutes ces petites choses qui rendent la vie un peu moins difficile quand ça va mal. 

...me demande si ce sera mieux quand on paiera une mutuelle complémentaire à MMA pour avoir une retraite. J'espère au moins que MMA aura de la chance au jeu quand il jouera en bourse mon pognon.

Allez, un petit compte de Noël, pour faire dormir les enfants et les grands...

Il était une fois un petit Nicolas qui avait un gros souci. Il ne savait pas quoi offrir à son frère pour Noël : celui-ci avait déjà toute la panoplie du petit capitaliste. Il avait eu les cigares au Noël dernier. Il avait déjà depuis longtemps le costume à 4 plaques. C'était pourtant un beau Noël et il fallait trouver un beau cadeau. Alors Nicolas eut une idée : il décida de lui offrir les retraites.

Il n'avait pas de cadeau, il en voulait un très beau : les retraites, c'est un peu clinquant, mais comme trophée sur la cheminée, c'est vachement déco, on dirait du Damidot.

Il va aimer, le frangin. Et le petit Nicolas sait bien que grâce à ça, son frangin deviendra encore plus capitaliste et pourra lui faire à son tour de très beaux cadeaux. Ça tombait bien, parce que Nicolas, il n'était pas très sûr de ce qu'il ferait après 2012. Il pourrait toujours jouer dans une pub pour les retraites désormais privées de son frère ! La gloire !

Tout est bien qui finit bien.

CC
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3 octobre 2010

Retours de manif...

Chez moi, c'était sous le soleil, avec les stars de la politique locale.
Hier, c'était manif.

Les médias ne nous parlent que de la querelle des chiffres et assez peu de l'ambiance, du ressenti, du message général. C'est pour cela que des blogueurs ont essayé de jouer les reporters et de donner leur point de vue...


Quand on est arrivé à la manif, on a eu peur : il n'y avait pas grand monde. Par rapport à d'habitude, on avait l'impression que c'était mou.

En fait, c'était surtout différent. Ce n'était pas le public d'habitués des manifs. Il y avait beaucoup de familles avec des poussettes, des enfants. Ceux-là sont arrivés en retard, un peu sur la pointe des pieds. J'avais dans mes connaissances deux personnes qui manifestaient pour la première fois de leur vie. Et même un ami qui est plutôt marqué à droite, Gaulliste. Et pourtant, ils étaient bien là. Et à 14h30, le cortège était énorme.

Il y avait des jeunes, aussi. C'était d'ailleurs une manifestation plus vivante que les précédentes, car les étudiants et les lycéens n'ont pas hésité à prendre le micro et à crier des slogans.

Le grand succès de la manif, ce fut sans conteste l'autocollant du Front de Gauche : "Casse toi, pov'con !". Tout le monde le voulait. Ce n'était pas pour soutenir Mélenchon. D'ailleurs, mon pote de droite en voulait absolument un. La réforme des retraites est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, pour beaucoup. Il ressortait aussi du discours de ces nouveaux manifestants une sorte de honte par rapport au reste du monde...La une de Newsweek les avaient  marqués...

Des gens qui ne seraient jamais descendus dans la rue sans tout cela,et qui n'y étaient pas descendus depuis 2007, ont tout à coup envie de hurler leur ras-le-bol de ce président inefficace, dangereux et vulgaire. 

Dagrouik, à Paris, analyse tout cela :

Le gouvernement FNUMP en minimisant le chiffre ne fait pas que mépriser les citoyens et oublie le 71% de soutien chez les sondés : Il rassure son électorat , ou plutôt le noyau dur qui reste et qui est composé des nantis aigris  (vieux CSP++ doté d'un patrimoine et de ceux qui rêvent de l'être.  Les vidéos que nous avons fait montrent un cortège grand public à Paris, salariés, syndiqués mais aussi retraités, parents avec enfants, grands parents etc.. où des jeunes adoptant le nom d'un syndicat en collant un autocollant voir 2 de noms différents. Un coté informel et bon enfant à coté des slogans où on mesure la colère d'une partie de base qui a envie d'une grève générale (mais qui ne sait pas comment financer les salariés qui sont déjà étranglé d'un point de vue financier).

Melclalex était dans le cortège parisien aussi :

Voilà une belle journée ou la France profonde, celle méprisée par Nicolas Sarkozy et ses affidés, a manifesté dans 240 villes de notre pays. Inévitablement les gouvernants refond le coup du nombre de manifestants, mais après tout ils ruinent eux même leur crédibilité en annonçant de ridicules chiffres de manifestants. A Paris l'ambiance était joyeuse et sereine, partout les leaders des différentes formations politiques avaient fait le déplacement pour être aux côtés de leurs militants et des syndicats unis. De Jean-Luc Mélenchon à Martine Aubry, d'Olivier Besancenot à Arlette Laguiller, de Cécile Duflot à Pierre Laurent ils étaient tous là pour dire non au gouvernement et à cette réforme injuste.

Les jeunes étaient bien plus présents que les fois précédentes, il faut dire qu'un collectif les avait appeler à venir se joindre aux syndicats. Sur les boulevards parisiens comme les fois précédentes on peut estimer que que 250.000 à 300.000 personnes étaient entre La République et La Nation. 2 places au nom ôh combien symbolique.

La Nation est en lambeau et la République est piétinée par ce pouvoir qui gère le pays avec 26% de satisfaits et 72% de mécontents, en d'autres temps les français se seraient soulevés violemment contre tant d'injustices. Bien heureusement les mœurs ont évolué et la Révolution est passée de mode mais tout gouvernant doit se souvenir qu'il est là grâce au peuple qui l'a élu et que seul le peuple peut le révoquer. Nicolas Sarkozy confiné dans sa tour d'ivoire mal conseillé par quelques faiseurs de roi ferait bien de se souvenir de l'histoire de notre pays. Gouverner contre l'avis des 3/4 des citoyens de ce pays n'est pas respecter les citoyens. Nicolas Sarkozy que certains comparent à Bonaparte est en réalité Louis XVI, loin des réalités, loin du peuple, il a l'esprit partisan en protégeant ses amis, tous les ingrédients sont là pour que le règne cesse. Alors faisons le cesser au plus vite !
Nicolas a découvert quant à lui que la province est la France qui se lève tôt !

Compliqué pour moi ! Quand je me suis réveillé, j'ai vu que la manif commençait à 20 km dans 30 minutes. Ils sont cons les Bretons, ils font les manifs le matin. 
 CC
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2 octobre 2010

Zéro tracas, zéro blabla

Nous avons pris le soleil et c'est déjà ça.

Nous n'avons pas pris la Bastille, cause qu'elle était déjà prise depuis quelque temps.


En Espagne, ils ont pris le soleil, aussi, cette semaine. De très grosses manifestations, des grèves vraiment respectables : jusqu'à 100% dans l'automobile, les syndicats parlent de 80%. Pourtant, le gouvernement annonce que la mobilisation était modérée.


Alors, ici, en France, même si 71% de la population, selon un sondage récent, soutient le mouvement, c'est peanuts. C'est moins que modéré, en tout cas.


Il y a tellement de choses énormes, incohérentes, absurdes, dans cette réforme, qu'il apparaît pourtant à tout le monde qu'elle est idéologique, qu'elle est injuste et dangereuse.


Par exemple, on supprime les droits spéciaux à la retraite pour les femmes qui ont eu trois enfants.


C'est logique. C'est une injustice, un droit spécial. C'est un privilège, et les privilèges, c'est le Mal.


Pourtant, pour les retraites par répartition, c'est un bien que les femmes fassent des enfants. C'est une force pour un pays, un taux de natalité en hausse.


Alors ? Chercherait-on à tuer les retraites par répartition qu'on ne ferait pas autrement.


Allons tous en chœur cotiser pour une assurance retraite...Chez le frère d'un certain président, par exemple...Zéro tracas...


CC
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24 septembre 2010

Les raisons que leur raison ignore...

Fillon, c'est une poupée qui fait non, non, non, nonnon, non...

Un "non ferme et tranquille".

Cette réforme est raisonnable. Mais une réforme sans cœur...

Hier soir, déjà, devant un Pujadas qui lui servait gentiment la soupe, jouait au père fouettard. Sur le mode : "Mais voyons, soyez raisonnable, cette réforme, il faut la faire, sinon, y'aura plus de sousous. Plus du tout..."


C'était un peu comme s'il nous avait pris pour Mamie Gaga. Comme s'il faisait un effort pour parler fort et avec des mots simples pour qu'on comprenne que notre petit caprice n'était pas raisonnable.


C'est donc à la raison qu'on fait appel.


"Voyons...Ce n'est pas grave, cette histoire...Il va y avoir de belles petites offres de complémentaires, d'assurances et de caisses de retraites pour vous aider à payer vos vieux jours...Et en plus, vous serez fatigués, vous prendrez votre retraite et vous mourrez bien vite, alors ne vous en faites pas..."


Et les raisons des 3 millions de personnes qui étaient hier en grève et en manifestation ? Leurs raisons étaient elles aussi raisonnables. Pourquoi est-ce qu'on abandonnerait les progrès sociaux du siècle dernier ? Pourquoi est-ce qu'on aurait envie de revenir au temps de Zola ? Ce ne serait pas raisonnable du tout, ça, de revenir à l'époque de Zola...


CC
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23 septembre 2010

Des chiffres et des Woerth...

La polémique fait rage. GRrrr...

Combien de manifestants ? Combien de grévistes ? Combien de clients de la SNCF mécontents ? Combien d'auditeurs d'Europe 1 pris en otage ? 

Que de questions cruciales...

Vu sur Libé...
Le gouvernement annonce avant même le départ des manifestations qu'il y a "une baisse sensible" du nombre des manifestants. C'est Elisabeth Tessier qui a repris du service. Et Woerth, ce soir, au JT de France2 venait nous faire son père Fouettard pour nous dire que si on ne fait pas la réforme, les retraites ne seraient plus payées du tout...

Stef nous explique. Nicolas compte.

Je rappelle, de mon côté, que dans l'Education nationale, les chiffres des grévistes sont remontés en début de matinée au rectorat et que l'on compte le nombre d'absent à 8 heures sur le nombre total de personnel. On compte ceux qui auraient dû être là à 8 heures et on fait un pourcentage sur la totalité des personnels, même si ceux-là commencent habituellement à 9 heures...Par exemple, si sur 100 enseignants, il n'y en a que 10 qui commencent à 8 heures dont trois qui font grève, on déclare que 3% des enseignants sont grévistes.

C'est le logiciel "Mozart"...

Rassurez-vous, on ne fait pas ce même genre de calcul quand il s'agit de retirer la journée de salaire aux grévistes. 

CC
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22 septembre 2010

"Vous avez plus de 60 ans ?"

"Vous avez plus de 60 ans ? Cette réforme ne vous concerne pas."

Vous aviez sans doute remarqué ces deux phrases dans la propagande du gouvernement, à la radio, sur la réforme des retraites...

J'ai eu l'occasion de constater autour de moi que les gens qui sont déjà à la retraite sont enclin à accepter encore plus vite que les autres la rhétorique du gouvernement : "Il n'y a plus d'argent pour payer les retraites, il faut se faire une raison et travailler plus longtemps."

Même des gens de gauche...

Quand on est plus concerné, sans doute s'en fiche-t-on...Que les jeunes payent longtemps pour leur assurer une longue vie et une longue retraite, c'est ce qui leur semble le plus raisonnable...

Et quand on pense qu'en plus, l'espérance de vie de notre génération sera sans doute plus courte que la leur, il va falloir en effet qu'on travaille jusqu'à en crever...

CC
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15 septembre 2010

Elle est pénible, cette réforme des retraites...

Et la pénibilité du métier de blogueur sera enfin reconnue...
Il y a des mots qui, au cours des siècles, subissent la patine du temps.

Par exemple, le mot "angoisse", du latin angustia, qui signifie "resserrement", désignait d'abord une maladie, un état psychologique pathologique. Aujourd'hui, bien sûr, ce sens existe encore, mais on peut aussi être "trop angoissé à l'idée de se casser un ongle".

Autre exemple. Le travail. A l'origine, c'est tripalium, en latin : un objet de torture. Aujourd'hui, évidemment, la "valeur travail" est très positive et même, on se bat pour travailler plus, pour gagner moins, on cherche à tout prix un travail. On est maso...

Dernier exemple. Le mot pénible : ça vient du latin poena, autrement dit la peine ou encore la punition. On est encore dans le SM...Aujourd'hui, pourtant, on dit sans plus y penser : "Oh ! la ! la ! la ! la ! Ces députés qui crient, à l'assemblée, ils sont pénibles, tiens, zappe donc sur France 3, il y a Plus belle la vie."

Bref. Le mot "pénible" ne veut plus dire grand chose. Pourtant, c'est bien ce terme que le gouvernement a choisi pour faire sa propagande sur la réforme des retraites. En plus d'être plus pratique en terme de communication, il est faux, du point de vue de la loi, car c'est d'invalidité et de handicap qu'il faut parler. 

Le terme pénibilité minimise les handicaps liés au travail. Quand on se choppe un trouble musculo-squelettique, ce n'est pas juste "pénible", c'est invalidant ou handicapant.

Ce qui est sûr, c'est que cette réforme des retraites m'est angoissante. Surtout avec mon travail pénible.

CC
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11 septembre 2010

Jeune, relève-toi !

On n'y croyait plus. J'ai 32 ans et comme tous les garçons et les filles de mon âge, je n'y croyais plus.

Franchement, la retraite, faut pas y compter. Ah ! ça oui, on va cotiser pour les vieux d'aujourd'hui, ceux qui ont déjà tout eu : les yéyés, les vacances à pas cher, l'accès à la propriété, le plein emploi, l'essence pour quelques centimes (de Franc) et l'allongement de la durée de vie sur les plages de Nice à Perpignan et de Cherbourg à Honfleur...

On va crever à la tâche pour qu'ils puissent s'assurer leur petit resto hebdomadaire.

Mais nous, faudra pas y compter. Nous, on fera comme les vieux américains, on finira nos jours en passant la serpillère chez MacDo...

C'est une histoire d'arithmétique, puisqu'on vous le dit. Une question de démographie. On ne descend pas dans la rue pour lutter contre la démographie, gros nigauds de syndicalistes !

Cependant, l'espoir renait. Et c'est du côté du Parti Socialiste que ça se passe. Pire : du côté de Ségolène Royal. Non, ne pars pas, ami lecteur ! Vraiment, je te jure. Elle a dit pile ce qu'il faut. Elle a sorti les chiffres, les arguments, elle a démonté les intox...Elle a assuré grave, sérieux...

Et pour en savoir plus, lis donc ces trois billets, chez Seb Musset, chez Vogelsong et chez Intox2007. (qui donne d'ailleurs les vidéos de la prestation de la Dame du Poitou.)

Et pour une petite piqure de rappel, va voir cette vidéo et fais la circuler auprès de tous tes potes qui pensent que les retraites, faudra pas y compter...

CC
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8 septembre 2010

Un jour, je travaillerai moins

...jusqu'au jour où je ne travaillerai plus...


Enfin, je dis ça, mais dans le fond, je suis comme tous les gens de ma génération. Dans le fin fond de mon cerveau lavé par la propagande qui dure depuis le milieu des années 80, il y a cette petite phrase qui est en fait le tube de la rentrée sociale : "T'façon, la r'traite, faut pas y compter..."

Hier, la manif était triste. Certes, il pleuvait. Mais le monde était quand même au rendez-vous. Beaucoup de monde. Des ouvriers, des infirmières, des enseignants, des vieux, des jeunes...

Mais il n'y avait pas cet enthousiaste qui fait souvent partie des manifestation. Les slogans n'étaient pas repris, on ne cherchait pas à faire plus de bruit. Et pourtant : "Jeune dans la galère, vieux dans la misère, on n'en veut pas..." ça sonne juste...

Ce matin, un collègue m'a parlé d'une sorte de baroud d'honneur. La manif pour dire qu'on est contre la réforme. Pour s'opposer formellement, pour pouvoir dire : "je me suis opposée"...

Mais il n'y avait pas d'espoir.

En rentrant, j'étais trempée jusqu'aux os. J'ai regardé à nouveau cette vidéo du Pavé. C'est Gaël et CSP qui me l'ont fait découvrir.

Comprendre permet peut-être d'espérer un peu. Surtout si on est très nombreux à comprendre.

Alors, un jour, je travaillerai moins...Jusqu'au jour où je ne travaillerai plus. Avant 62 ans.

CC
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5 septembre 2010

Enseignants = toujours en grève ?

Ne pas faire grève, c'est un choix assez étonnant de ma part.

Je ne suis pas d'accord avec la politique du gouvernement en matière d'éducation : les suppressions de postes, la suppression de la carte scolaire, l'absence de formation des nouveaux enseignants, le fait qu'il y ait de plus de en plus d'élèves par classe, que les programmes soient de plus en plus chargés, que l'on multiplie sans cesse les enseignements secondaires (la sécurité routière, l'informatique, les massages cardiaques...) en rognant sur les matières fondamentales...Et j'en passe...

D'un autre côté, j'ai bien l'impression qu'en posant les préavis de grève à ces deux dates, les syndicats ont tout fait pour saboter le mouvement et la contestation.

Je crois que je ne serais pas la seule à ne pas faire grève. Comme je l'ai déjà remarqué à plusieurs reprises, beaucoup d'enseignants, malgré l'épouvantable réputation qu'on leur fait parfois, sont des gens consciencieux. Ils ne laisseront pas leurs classes durant les deux premières vraies journées de classe. Ils savent que ce serait très mal perçu par les élèves, que ce serait un très mauvais signal éducatif.

La négociation des retraites est morte dans l'oeuf. Et d'ailleurs, si l'on pouvait compter sur les syndicats pour être efficaces, ça se saurait...Je crois qu'il est urgent que les profs trouvent d'autres moyens de se faire entendre...

(Image : Patrick Mignard)

CC
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15 juillet 2010

Âge


Sur la côte normande, on voit beaucoup de personnes âgées.

Des personnes vraiment âgées, mais en bonne santé, bien conservées. Sans doute que l'Oréal n'y est pour rien : il faut des produits beaucoup plus chers pour être aussi frais à 80 ans.

Ces personnes âgées flânent sur les promenades de bord de mer. C'est classe, la Normandie qui va d'Etretat à Cherbourg, en passant par Honfleur et par Deauville, par Villers-sur-mer et par Ouistreham...

Devant les Casinos (pas les superettes) on voit donc ces vieillards heureux qui dépensent leur argent en terrasse. On les retrouve dans les restaurants...Les serveurs haussent le ton de leur voix, parce qu'ils entendent mal : le bruit de la mer, le cri des mouettes...Et puis l'âge.
Ils ont des caprices : "Ah ! Non ! Pas de glaçons dans mon verre ! La colle de mon appareil ne supporte pas les chauds et froids."

Les serveurs sont aux petits soins. Les pourboires, pour cette génération, c'est une habitude. Et comme ils ne savent plus trop, entre les Francs et les Euros, ça fait des heureux.

Cette génération est encore fringante et bien mise pour son âge. Sur les plages du débarquement, elle essuie une larme. La visite de tel ou tel mémorial leur rappelle leur jeunesse. Les privations, pour certains, la peur...Pour d'autres, c'est bien loin. La mémoire leur joue des tours...

J'aime cette génération : c'était celle de mon grand-père.

Cette génération, ça fait 20 ans qu'elle est à la retraite...

CC
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30 juin 2010

Faites des gosses, qu'ils disaient...


Article 18 du projet de loi sur les retraites.

Petit recoin de loi, détail de l'histoire : on s'en prend aux femmes, ce n'est pas grave. Juste la moitié de l'humanité. En plus, on s'en prend aux femmes fonctionnaires. C'est encore moins grave.

Depuis 1924 et jusqu'à maintenant, parce qu'on pensait que c'était un bien pour un pays qu'il soit peuplé d'enfants, les fonctionnaires, pères ou mères de trois enfants, et ayant quinze ans de service, pouvaient liquider leur retraite sans avoir à attendre l’âge légal de 60 ans.
Cette avancée sociale, cet acquis, ce beau progrès concerne à peu près 15 000 fonctionnaires chaque année.

Il sera supprimé le 1er janvier 2012. Il faudra donc avoir eu au moins trois enfants le 31 décembre 2011et 15 ans de service à cette date.

Mais en vrai, ce petit bout de loi qui est en passe de passer inaperçu est encore pire.

Dès le 13 juillet qui vient, à la va-vite, le gouvernement diminuera les pensions civiles pour trois enfants. Ainsi, toutes les femmes qui entendaient faire jouer cette clause (elles sont l’immense majorité or, l’Europe y voit une discrimination contre les hommes) ont quelques
jours pour faire valoir leurs droits et débarrasser le plancher en libérant leur poste.

Exemple :
Soit une femme a eu 3 enfants et comptabilise 15 ans de service en 2002 (soit avant la réforme de 2003 introduisant la décote dans la fonction publique), ce sont les règles en vigueur en 2002 qui s’appliquent. Elle peut donc partir en juin 2010 avec une pension incomplète de 23 ans sans décote. Le montant de sa pension sera proportionnel au nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 (durée de cotisation des fonctionnaires en 2002).

Si cette même femme n’a pas vu passer le dispositif Fillon en cours et si elle ne fait pas sa demande de départ avant le 13 juillet 2010, elle se verra appliquer les règles en vigueur aujourd’hui. Elle pourra toujours partir avant 60 ans mais avec en prime une décote. On peut estimer cette décote à environ 10% en moyenne aujourd’hui. Si cette femme est née en 1962, ce sont les règles applicables à la génération 1962 qui s'appliqueront. Soit un calcul sur 41,25 annuités, avec une décote pour toutes les années manquantes.

Ne vous cassez plus à faire des gosses, mesdames !

Cette arnaque est possible car le projet de loi Fillon/Woerth introduit cette clause de manière rétroactive. Tout est bon à prendre, quand ce n'est pas sur le dos des riches...

C’est clairement un dispositif sexiste destiné à inciter les « mères » à partir avant la fin de l’année 2010.

Femmes au foyer, hommes au boulot...Âge des cavernes...

CC

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