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03 novembre 2024

PIXIES : Velouria


Acquis neuf probablement à Reims en 1990
Réf : 30364 -- Édité par 4AD en France en 1990
Support : CD 12 cm
Titres : Velouria -- Make believe -- I've been waiting for you -- The thing

Je ne sais plus à quelle occasion c'était, mais j'ai récemment réécouté Velouria et je me suis dit que c'était quand même excellent. Un revirement pour moi car, j'ai beau avoir acheté fidèlement tous les disques des Pixies à partir de Surfer Rosa et jusqu'à leur séparation après Trompe le monde, j'ai toujours considéré que Monkey gone to heaven et Velouria étaient toutes les deux un ton en dessous de Gigantic ou Here comes your man et d'autres chansons de leurs albums pas sorties en single. Je pense aujourd'hui que j'avais tort, et ce single, avec ses quatre titres en 10'30, est un disque de haute tenue.

1990, ça correspond au moment où je suis passé au CD (j'ai dû acheter mon premier lecteur courant 1989). Jusque-là, j'avais tous les disques du groupe en vinyl. Je ne regrette pas ce changement, sauf pour la taille des pochettes (là, l'illustration a même été tournée d'un quart de tour pour gagner un peu en échelle). Par contre, je regrette par principe d'avoir revendu mes 33 tours de Come on pilgrim et Surfer rosa quand, vers cette époque, je les ai rachetés en doublon en CD.

Dès la guitare rythmique bien crade en intro (celle de Black Francis je suppose), avant que la rythmique solide arrive et que la guitare solo toujours aussi remarquable de Joey Santiago se lance, Velouria a un gros son, mais sur un tempo pas très rapide. Avec deux particularités remarquables, le thérémine du musicien de session invité Robert F. Brunner et le travail impressionnant que fait Kim Deal tout au long en deuxième voix.
La rime vocalement accentuée de "velouria" avec "adore ya" me fait toujours penser à celle un peu tirée par les cheveux de "Cleopatra" avec "at-ra" dans Abdul & Cleopatra. Le point de référence qu'apparemment personne n'a saisi, c'est Victoria des Kinks. Rien d'évident pour moi à l'écoute en-dehors bien sûr du "-ria", mais Frank Black lui-même s'en est étonné dans un entretien pour Q en 1990 : "Velouria : c'était Ma Victoria, pas mal, mais la chanson des Kinks... Je ne sais pas, ça doit être une bonne chanson pour que je m'en sois sorti". Il a confirmé son intérêt pour les Kinks en reprenant This is where I belong pour une face B en 1994.
Une version de Velouria a été enregistrée le 11 juin 1990 en session pour John Peel. Visiblement, Black Francis l'interprète seul à la guitare électrique.
Vu qu'il est question dans la chanson de velours ("Velouria", "Velveteen"), j'ai toujours eu naturellement tendance à associer Velouria avec la face B instrumentale du single suivant, Velvety. Mais les deux n'ont rien à voir : Velvety est une chanson que Black a écrite vers ses 15 ans et qu'il a fini par chanter en 2002 sur l'album Devil's workshop.

Make believe est un petit rock classique à la Pixies. C'est aussi une pochade chantée par le batteur David Lovering, qui fait référence à sa fanscination pour la chanteuse Debbie Gibson, dont la carrière fulgurante et assez fugace aux États-Unis a inspiré au moins une autre chanson, Debbie Gibson is pregnant with my two headed love child de feu Mojo Nixon et Skid Roper.

I've been waiting for you est une reprise, d'une chanson du premier album de Neil Young. Elle est pas mal, mais elle pâlit à côté de la version de Winterlong que le groupe avait publiée l'année précédente sur la compilation hommage The bridge : A tribute to Neil Young.

L'autre grand moment du disque avec Velouria, c'est The thing. C'est le titre que j'ai le plus écouté et diffusé depuis sa parution. C'est en fait la deuxième partie de la chanson The happening sur Bossa nova, mais elle est présentée ici dans un autre arrangement et en tant qu'entité indépendante. Elle raconte le trajet en voiture d'un gars qui se rend à Las Vegas, où l'atterrissage d'extras-terrestres a été annoncé dans l'émission de radio The Billy Goodman happening.
Le chant est "parlé" et la musique joue comme en boucle. Et, si mes oreilles ne me trompent pas, fait exceptionnel pour ce groupe, c'est un piano qui donne une partie du rythme ! Le tout est pour moi assez hypnotique.

Ce disque a beau avoir largement plus de trente ans, il tombe en pleine actualité : les Pixies viennent de sortir un nouvel album, The night the zombies came, tandis que Kim Deal s'apprête à sortir ce mois-ci un premier album sous son nom, Nobody loves you more.

Et sinon, je changerai peut-être d'avis d'ici quelques décennies, mais je trouve toujours Dig for fire et Alec Eiffel un ou deux crans en-dessous dans la discographie single des Pixies.




Pixies, Velouria, en direct en studio en 1990.


Pixies, Velouria, en concert à la Brixton Academy à Londres le 26 juin 1991.


Pixies, The happening, en concert à la Brixton Academy à Londres le 26 juin 1991.

11 août 2019

THE PIXIES : Teenage love


Acquis chez Récup'R à Dizy le 6 août 2018
Réf : D.181 X 45 -- Édité par Diamond à Hong Kong dans les années 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Teenage love -/- Yie Lai Shan

The Pixies ne sont pas toujours ceux que l'on croit et je n'allais pas me priver de l'opportunité de dérouter certains de leurs fans...
Cela faisait un moment que je revenais systématiquement bredouille de la ressourcerie. Au premier abord, j'ai cru qu'une fois de plus il n'y avait pas de nouveaux disques, puis, en regardant derrière les premiers 45 tours d'une des boites, j'ai vu un EP de Charles Trenet. Du coup, je me suis mis à fouiller un peu plus et je me suis rendu compte que des poignées de nouveaux disques avaient été ajoutées derrière ceux en façade dans quelques-unes des caisses de 45 tours. Au bout du compte, j'ai trouvé une bonne quinzaine de disques, surtout de la chanson française (plusieurs Trenet, mais aussi Léo Ferré et Pierre Dudan), et aussi deux disques du Cambodge et deux 45 tours publiés par Diamond à Hong Kong, dont celui-ci. Je pense que presque tous les disques que j'ai choisis avaient le même ancien propriétaire, même s'ils ne sont pas tous marqués "Michel" sur la pochette.
Mon autre disque est par Kong Ling, l'une des vedettes d'un style en vogue à Hong Kong des années 1950 au milieu des années 1970, l'English Pop, soit des chansons en anglais, originales ou reprises du répertoire américain, adaptées. Diamond était l'un des labels importants sur ce marché. Sur le 45 tours de Kong Ling, on trouve une reprise de No other love, une chanson sur l'air de Tristesse de Chopin, et une autre de More than I can say, un titre de 1960 des Crickets.
Il semble que The Pixies de Hong Kong sont beaucoup moins connus que Kong Ling. Pour tout dire, je n'ai trouvé en ligne aucune référence à ce 45 tours, et même carrément aucune mention du groupe. Sur Discogs, en plus des Pixies que l'on connaît, il y a quatre "The Pixies" et un "The Pixies Three", mais aucun n'est de Hong Kong...
Sur leur disque, pas de reprise de titres américains. A la place on trouve sur la face A, Teenage love, un "original" dans le plus pur style de la pop US, dont l'auteur est Vic Cristobal, l'une des grandes figures de l'English Pop de Hong Kong. Il était originaire des Philippines et s'est installé au Canada pour sa retraite.
Il n'est pas tout à fait impossible que, comme le titre, les paroles de Teenage love soient en anglais. Mais, si c'est le cas, elles sont incompréhensibles, tant elles sont transformées en un yaourt asiatique chanté à au moins deux voix.
La face B est une reprise, mais d'une chanson sino-japonaise, pas d'un titre anglo-saxon.
Yie lai shan est une chanson très renommée en Asie et nous avons la chance de disposer d'une présentation en français de cette œuvre sur le site Jmusic-Hits.com. L'histoire de cette chanson reflète bien les relations entremêlées et tumultueuses de la Chine et du Japon au 20e siècle. Elle a été créée en 1944 par Yamaguchi Yoshiko, également connue sous le nom de Li Xianglan. C'est une sorte de rumba avec une très belle mélodie. La version en 78 tours par sa créatrice est très bien. Il en existe de nombreuses reprises, dont beaucoup sont disponibles en ligne. Celle de mon 45 tours par The Pixies est une réussite, ma préférée de toutes celles que j'ai entendues. Il y a un clavier que l'on entend aussi sur la face A, une sorte d'orgue que j'ai du mal à identifier.
Une très bonne pioche en tout cas. Et on reparlera peut-être de mes disques cambodgiens si j'arrive à déchiffrer les informations qui sont sur leurs étiquettes.

A écouter : The Pixies : Yie Lai Shan



06 décembre 2014

PIXIES : Debaser


Acquis par correspondance probablement chez Action Records en Angleterre vers 1998
Réf : AD 710 -- Edité par 4AD en Angleterre en 1997
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Debaser (Demo) -/- #13 baby (Demo)

Depuis la séparation originale des Pixies, et alors que j'avais à peu près toute leur discographie officielle, j'ai assez bien résisté aux tentations commerciales brandies sous mes oreilles par le groupe et son label 4AD : je n'ai pas acheté la compilation Death to the Pixies de 1997, ni le Pixies at the BBC de 1998 (en tout cas pas avant de le trouver à 1 € dans un vide-grenier en 2012), encore moins les Complete 'B' sides de 2001, ni même le Pixies de 2002 (la moitié inédite de la "Purple tape", l'autre constituant Come on pilgrim, que j'ai écoutée et appréciée en l'empruntant à la médiathèque) et pas non plus le Wave of mutilation - Best of Pixies de 2004. Et vous vous en doutez, si j'ai un tant soit peu résisté aux enregistrements originaux, ce n'était pas pour acheter les différentes parutions en concert ou en studio du groupe reformé...
Mais là, vingt-cinq ans après, j'ai craqué et j'ai acheté Doolittle 25, la réédition en trois CD de Doolittle, que je n'avais jusque-là qu'en 33 tours. Mais bon, 14 € pour trois CD, avec l'un des derniers grands albums post-punk des années 1980, et un grand album de l'histoire du rock tout court, plus les faces B et les Peel sessions d'époque, plus tout l'album en versions démo, la plupart inédites, j'ai hésité mais je me suis laissé tenter. Et je ne regrette pas !
L'occasion pour fêter ça de ressortir ce 45 tours avec deux démos de titres de Doolittle, qui est bien la preuve que je n'ai pas été complètement insensible aux différentes parutions posthumes pendant toutes ces années.
En 1997, pour appuyer la sortie de Death to the Pixies, 4AD a sorti en single Debaser, le titre d'ouverture de l'album, en trois versions, CD studio, CD live et 45 tours démo. Action Records les proposait toutes pour pas cher du tout, alors j'ai commandé le lot. En les recevant, j'ai commencé par pester car j'avais tous les titres du CD live sur le Pixies live des Inrocks, mais il restait trois titres de session radio inédits sur l'autre CD, et surtout ce 45 tours démo.
Debaser, c'est l'un des nombreux grands titres des Pixies. Avec sa rage et sa relecture enfiévrée d'Un chien andalou, c'est du niveau des Buzzcocks avec Howard Devoto au chant et aux paroles, ou de David Thomas faisant de l'avant-garage avec Rocket From The Tombs ou Pere Ubu. La version studio est excellente, mais cette version démo n'a pas grand chose à lui envier, à part un son évidemment moins puissant. On a même droit à des chœurs plus nombreux et plus réussis. Pareil avec #13 baby, qui n'était pas une de mes chansons préférées sur l'album, mais que j'ai appris à mieux apprécier avec cette excellente version démo.
Le 7 juin 1989, on a rempli une voiture avec quelques copains pour aller à Paris voir le concert au Bataclan des Pixies lors de la tournée qui a suivi la sortie de Doolittle. Ce que j'ai retenu du concert, c'est qu'une partie du groupe, Mrs John Murphy en tête, s'est frayé un chemin parmi nous alors qu'on était dans la file d'attente pour entrer. Pour le reste, le son et l'interprétation étaient sûrement irréprochables, mais le concert lui-même et la communication avec le public sans vie moi m'ont laissé froid. J'ai pourtant commis l'erreur d'aller voir Frank Black en concert quelques années plus tard : c'était encore pire. Heureusement il nous reste les disques qui, même des années, continuent à faire des petits...

08 octobre 2011

FRANK BLACK : Headache




Acquis par correspondance chez Action Records en Angleterre vers 1998

Réf : BAD 4007 CD -- Edité par 4AD en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
Titres : Headache -- Men in black -- At the end of the world -- Oddball

Réf : BADD 4007 CD -- Edité par 4AD en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
Titres : Headache -- Hate me -- This is where I belong -- Amnesia

Depuis la séparation des Pixies, Frank Black est des plus prolifiques : 15 titres pour l'album Frank Black en 1993, 22 carrément pour Teenager of the year l'année d'après, dont Headache justement, des singles et faces B dans tous les sens, et depuis ça continue à un rythme encore plus effréné, d'albums enregistrés en deux jours en collaborations diverses.
En corollaire, ça signifie que M. Charles Michael Kittridge Thompson IV a choisi de nous balancer aux oreilles la majeure partie de sa production et de nous laisser faire le tri. Pas sûr que ça lui ait réussi à la longue, parce que c'est fatigant de se fader des CD entiers pour y déterrer quelques perles. Pour ma part, je me suis très vite lassé, et ce n'est pas le concert de Frank Black & the Catholics auquel j'ai assisté à Nantes en 2003 qui m'aura fait changer d'avis : il s'est contenté d'enchaîner ses titres en mode bourrin pendant une heure sans dire un mot : ce n'est pas l'idée que je me fais d'un bon concert...

J'avais acheté Teenager of the year à sa sortie, mais j'ai quand même commandé ces deux CD singles quand je les ai trouvés en solde chez Action Records, tout simplement parce que je pense que Headache est l'un meilleurs titres de Frank Black en solo, et aussi parce que chacun contenait trois faces B inédites.
Je sais bien que se référer aux Pixies est une facilité, mais franchement je trouve que Headache a toutes les qualités de leurs meilleures chansons : mélodie dynamique, attaque, paroles ("wrinkle in my time", "crammed in my cranium"), choeurs sur le refrain, voix parlée sur le pont... Manquent bien sûr la basse et la voix de Kim Deal et la guitare de Joey Santiago, mais on récupère l'orgue d'Eric Drew Feldman ! Le tout est un tout petit peu engoncé mais je crois que je préfère cette chanson à Monkey gone to heaven, par exemple. En plus, dans son bleu de travail, Frank fait même le drôle sur la vidéo !  Un seul regret, que la version de Headache du deuxième CD soit la même que celle du premier, c'est à dire celle de l'album : il existe en effet une autre version, dite NYC car elle a été enregistrée à New-York, sortie en Angleterre en face B du 45 tours et diffusée en France avec Hate me et Amnesia sur un CD bonus fourni aux premiers acheteurs de Teenager of the year.
Bien après les Stranglers, mais avant le film du même titre, Frank s'intéresse aux Men in black avec une chanson entièrement tournée vers son refrain, pas mauvais du tout d'ailleurs et assez intéressant pour que ce titre soit réenregistré en 1996 sur l'album The cult of Ray.
At the end of the world, tout comme l'excellent Hate me, sonne un peu au début comme du Pixies époque Come on pilgrim, sauf que sa construction est artificiellement compliquée, façon pièce montée d'Elvis Costello dans un mauvais jour. Je pense d'ailleurs aux Attractions en écoutant la reprise des Kinks, This is where I belong. Une version tout à fait d'un bon niveau, mais rien à voir avec l'éclair de génie de la reprise de Winterlong de Neil Young par les Pixies.
Oddball n'est pas vraiment une mauvaise chanson : on a simplement l'impression que Black pourrait les écrire à la chaîne. Ce qu'il a fait, d'ailleurs, pendant toute sa carrière solo.
Des six faces B, Amnesia est ma préférée avec Hate me, principalement parce qu'elle sort du moule : c'est un quasi-instrumental (seul le titre est prononcé) qui évoque une musique de manège, mais saccadée comme du ska. De la migraine à la tête, ça se passe dans la tête ici et la boucle est bien bouclée.

16 mai 2009

PIXIES : Rare Pixies


Acquis avec un abonnement aux Inrockuptibles en avril 1996
Réf : VISA 3680 -- Edité par 4AD/Labels en France en 1996 -- Echantillon gratuit réservé aux abonnés des Inrockuptibles. Interdit à la vente.
Support : CD 12 cm
15 titres

Il fut un temps où les CD des Inrockuptibles étaient, comme celui-ci, des disques édités spécialement, réservés aux abonnés. Il fut un temps ensuite où ces disques, réservés aux abonnés toujours, sont devenus de simples compilations largement sponsorisées (Ah! le logo Info-cidre.com collé sur la belle photo d'Abbas Kiarostami sur la pochette de Musiques printemps 2000 !). Il fut aussi un temps où les CD proposés à tous les acheteurs de la revue en kiosque, pourtant toujours largement sponsorisés, ne provoquaient pas le passage à un "prix spécial" correspondant à une augmentation de 1,5 € du prix de la revue de la revue !!
Il fut aussi un temps où Les Inrockuptibles traitaient majoritairement de musique...
On ne va pas refaire le monde, juste se contenter de regretter l'arrêt de la publication de Volume, le magazine musical des Inrockuptibles, avant de retourner lire nos magazines de vieux Mojo ou Uncut en écoutant nos vieux CD, dont celui-ci.
Ce disque a été proposé aux nouveaux abonnés des Inrocks début 1996. Je crois me souvenir que j'ai eu la chance que mon abonnement se termine dans ces moments-là et que j'en ai profité pour me réabonner sous un pseudo afin de pouvoir recevoir ce Rare Pixies, auquel je tenais absolument, même si j'avais déjà l'intégralité de ces disques en singles vinyl ou CD.
L'excellent site français consacré aux Pixies Alec Eiffel précise que ce disque est le premier sorti après l'annonce officielle de la séparation du groupe. C'est aussi leur toute première compilation il me semble (4AD s'est bien rattrapé depuis !).
Rare Pixies propose 12 faces B de singles et 3 raretés.
Les trois raretés sont excellentes, même si la démo de Tame (précédemment diffusée sur un mini-CD fourni avec le magazine anglais Spiral Scratch, que je m'étais procuré chez Parallèles) a vraiment un son pourrave, assez saturé. Les deux autres, Rock a my soul et une première version de Down to the well, datent des sessions qui ont fourni la matière de Come on pilgrim, le premier mini-album des Pixies. En 2002, 4AD a édité en CD l'album Pixies, qui comprend les 9 titres qui, avec les 8 de Come on pilgrim, constituaient l'intégralité de leur cassette démo dite Purple tape. Avant ça, les seuls disques où l'on pouvait trouver Rock a my soul et cette version de Down to the well étaient ce CD Rare Pixies ou le 45 tours compilation Sounds wave 3.
Pour le coup, je ne suis pas d'accord avec le site Alec Eiffel qui annonce que les versions CD ne sont pas les mêmes que sur le 45 tours. Après écoute comparative, je pense pouvoir affirmer qu'il s'agit bien des mêmes interprétations. Simplement, les enregistrements pour le CD ont été énormément nettoyés, super boostés et peut-être remixés, mais c'est tout.
Parmi les faces B de ce single, il y en a plusieurs qui auraient mérité une place sur un album des Pixies. Il y a même beaucoup de groupes qui n'ont jamais rien enregistré d'aussi bon que Weird at my school, Manta ray, Winterlong ou The thing, mes titres préférés de cet album.
Weird at my school est un titre que j'ai toujours beaucoup apprécié, qui aurait tout a fait eu sa place sur Come on pilgrim ou Surfer Rosa.
Doolittle est considéré comme le classique des Pixies. Pourtant, plusieurs titres de l'album me paraissent inférieurs à Manta ray, qui date des mêmes sessions et qui était sorti en face B de Monkey gone to heaven. Manta ray bénéficie énormément de l'apport vocal complémentaire de Kim Deal, largement présente sur la plupart des réussites de ce CD, comme Weird at my school, et aussi Winterlong, la reprise de Neil Young qui illuminait en 1989 la compilation hommage The bridge avant de se retrouver en face B d'un single et sur le best-of Wave of mutilation en 2004. Le seul autre titre de Rare Pixies à se retrouver parmi les 23 de ce best-of est Into the white, le long titre chanté principalement par Kim Deal, et autant je l'ai toujours bien aimé, autant ça me parait un honneur un peu exagéré.
Par contre, je trouve toujours parfaite The thing, un bijou de deux minutes qui correspond à une version différente de la deuxième partie du titre The happening sur Bossa nova. Piano, theremin, chant parfait avec prises superposées de Frank Black. C'est parfait.
Le reste du disque est un peu inégal. Il y a du très bon, comme Evil hearted you, la reprise en espagnol des Yardbirds, du moyen, et du pas bon, comme le titre chanté par le batteur, I've been waiting for you. Ça n'a pas empêché 4AD de commercialiser en 2001 un CD des Complete 'B' sides des Pixies...

23 février 2008

THE BREEDERS : Safari


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims en 1992
Réf : 35100 -- Edité par 4AD en France en 1992
Support : CD 12 cm
Titres : Do you love me now ? -- Don't call home -- Safari -- So sad about us

Certes, les Breeders sont avant tout le groupe de Kim Deal, qui a composé quasiment l'intégralité des titres du groupe, mais il ne faut pas oublier qu'au tout début il y avait une autre vedette dans le groupe, Tanya Donelly des Throwing Muses, et aussi la bassiste d'un groupe réputé, Josephine Wiggs de Perfect Disaster.
Quand Last splash, le deuxième album des Breeders est sorti, Tanya Donelly avait quitté le groupe pour fonder Belly, mais elle était encore là l'année d'avant pour ce maxi 4 titres, qui trouve le groupe à un point d'équilibre entre ses différentes formations puisque c'est aussi le premier disque sur lequel on trouve Kelley Deal.
Même si j'aime beaucoup de choses sur Pod et même si j'adore Cannonball et d'autres titres sur The last splash, Safari a toujours été mon disque préféré des Breeders, tout simplement parce que, en 12 minutes et 4 chansons toutes excellentes, il impose sa présence et son identité, plus comme un mini-album que comme un single et ses faces B.
Le premier titre, Do you love me now ? a été réenregistré pour The last splash, en un peu moins bien il me semble. Là, on a les deux voix de Kim et Tanya, un son bien moins hermétique que sur Pod, une basse lourde et des guitares stridentes comme chez les Pixies, et un petit bruitage en bonus qu'on entend tout seul à la fin du titre.
Don't call home semble être une chanson très autobiographique, l'histoire de quelqu'un qui a fui son foyer (ou qui est loin, en tournée ?) à qui on a interdit d'appeler, voire même d'écrire à la maison. Cela prend tout son sel quand on apprend en lisant les notes de pochette que Mr. John Murphy, l'ex-mari de Mrs. John Murphy, la bassiste des Pixies, Kim Deal pour l'état civil, est crédité pour une contribution aux paroles de la chanson !
Safari est peut-être le titre le plus proche de Gigantic, le classique des Pixies co-composé et chanté par Kim Deal. Ce n'est que le troisième morceau du disque, mais ce n'est sûrement pas un hasard s'il lui donne son titre générique puisque c'est aussi celui qui a été choisi lorsque le groupe s'est fait filmé pour un clip ou une émission télé.
So sad about us, une reprise des Who, est excellente aussi, mais le fait que les trois compositions originales des Breeders lui sont supérieures est à mon sens est un signe de plus de la qualité de ce disque, qui aurait fait un bien meilleur successeur à Bossa nova que Trompe le monde.
J'ai vu les Breeders en concert au Printemps de Bourges le 23 avril 1994, au plus fort du succès de Cannonball, dans une salle bourrée à craquer d'ados-diteurs de Fun Radio. Si on ajoute à ça le fait que, selon ce que racontait une interview faite l'après-midi même par Barbarian je crois me rappeler, le groupe avait passé l'après-midi à boire des coups et s'était pointé au dernier moment au festival pour jouer son concert sans avoir fait de balance au préalable, on comprendra que je garde un souvenir très mitigé de ce concert !
Safari est disponible en téléchargement sur le site de 4AD.

18 mai 2007

SOUNDS WAVES 3


Acquis chez Guerlin-Martin à Reims en 1988
Réf : WAVES 3 -- Edité par Sounds en Angleterre en 1988 -- Fourni avec le numéro du magazine Sounds daté du 19 mars 1988 -- Not for sale
Support : 33 tours 17 cm
Titres : THE SUGARCUBES : Motor crash -- THE WEDDING PRESENT : Go out and get'em boy -/- PIXIES : Down to the well -- Rock a my soul -- THE POGUES : Kitty

Pendant des années, j'ai lu les hebdos musicaux anglais, le NME principalement, mais aussi, quand ils existaient, Sounds et le Melody Maker.
Pendant plusieurs années, j'ai été abonné au NME, et il arrivait assez régulièrement chez moi, en temps et en heure. Mais avant ça, je l'achetais en kiosque, et dans une ville de province comme Reims ce n'était pas une sinécure : on le trouvait parfois à la gare, mais plus régulièrement à la maison de la presse Guerlin-Martin, place d'Erlon, mais on ne pouvait jamais être sûr du jour d'arrivée du magazine, alors il fallait y passer régulièrement, surtout les fois où une cassette ou un 45 tours était inclus en bonus, pour être sûr d'avoir son exemplaire. J'habitais à vingt minutes à pied de là, et j'en ai fait un bon paquet d'aller-retour pour aller chercher le NME et revenir bredouille !
Le plus bizarre dans tout ça, c'est que ces 45 tours inclus dans les magazines, plats certes, mais fragiles et pas tout petits, voyageaient sans trop de soucis et arrivaient intacts jusqu'à nous.
Le NME a publié quelques singles d'anthologie, le Melody Maker moins. Dans les années 86-88, Sounds a publié plusieurs séries de trois 45 tours, et celui-ci reste l'un des plus marquants de tous ces lots.
Il faut dire qu'on y trouve "Down to the well" et "Rock a my soul", deux excellents titres en studio des Pixies, et que, pendant des années, ce disque était le seul support où on pouvait se procurer ces deux titres, qui viennent en fait de la première démo des Pixies, démo d'où avaient été extraits les titres du premier album "Come on pilgrim".
Certes, une autre version de "Down to the well" a été publiée en 1990 sur "Bossa nova". Certes encore, ces deux titres ont été inclus sur "Rare Pixies", un CD hors-commerce envoyé aux nouveaux abonnés des Inrockuptibles en 1996, mais il aura fallu attendre l'édition par 4AD en 2002 de la démo connue sous le nom de "Purple tape" pour que ces deux pépites connaissent une large diffusion.
La version de "Down to the well" est excellente, et vaut largement celle de l'album. "Rock a my soul" est un cri d'enthousiasme largement aussi bon que tous ceux que les Pixies ont lâchés sans trop y réfléchir entre 1987 et 1989.
Il y a du beau monde sur le reste du disque.
Les Pogues, au sommet de leur forme dans une grande salle de Glasgow, font fort avec un titre des plus celtiques, "Kitty".
The Wedding Present, au sommet de sa vélocité éléctrique, livre une version live de l'un de ses singles, "Go out and get'em boy", probablement elle-aussi inédite par ailleurs.
Quant à "Motor crash" des Sugarcubes, le titre ici dont je pourrais le plus facilement me dispenser, il était peut-être inédit au moment de la diffusion du 45 tours, comme indiqué sur la pochette, mais en-dehors de toute autre précision je pense qu'il s'agit de l'enregistrement qu'on a très vite retrouvé sur le premier album du groupe, "Life's too good".