Au fil des visionnements guidés par le Dictionnaire des films français érotiques et pornographiques en 16 et 35 mm, nous allons fermer un peu les yeux et nous délecter de quelques extraits sonores, parfois franchement explicites, revendicatifs, amusant, ridicules mais bien souvent étonnants.
Bonne écoute !
Un érotico-fantastique de Jesus Franco dont la voix off annonce la couleur dès la première minute :
Et le cependant tient dans le fait que la fille du comte de Karlstein est l'héritière de la malédiction des buveurs de sang.
Des filles dans le village sont retrouvées mortes avec les marque dans le cou. Un inspecteur débonnaire à deux doigts de se faire doubler par un journaliste très curieux mène mollement l'enquête pendant que Jefferson (Jesus Franco), ésotériste chevronné, parle :
Les zooms intempestifs sur des pubis fournis, un Howard Vernon qui fait des abdo dans son cercueil et n'ayant aucune réplique à part un ou deux râle, Jesus Franco dans un double rôle où il semble pour une fois plus impliqué que de coutume, rien n'y fait. Le rythme est bien trop lent, donnant l'impression de se taper un épisode de Derrick en Bretagne bénéficiant d'une mise en image un peu plus stylisée.
Film très surprenant de Claude Pierson versant dans le surnaturel poétique. Un homme fait enterrer sa femme ayant trouvé la mort auprès de son amant, dans le cercueil il tient à ce qu'elle soit parée de son manteau de fourrure puis se console rapidement avec la fille qui prenait soin de la défunte. Mais dès le lendemain, la disparue lui apparait :
En fait d'hallucinations, nous découvrons qu'une entité extra-terrestre a pris possession du cadavre et, comme d'autre nouveaux venus sur la planète, envisagent de la coloniser. En attendant, mon bon vieil Alban se retrouve grimé en alien (ho, juste du bleu autour des yeux) et se voit apprendre un peu de l'anatomie humaine sur la musique sublime d'Eric Satie :
Entre une traque et une fascinante scène de cérémonie se terminant en partouze de morts-vivants d'une certaine poésie (et hop, on fait la toupie), les envahisseurs font état de leur grand plan :
Si l'on fait abstraction de quelques maladresses, comme le fait de confondre OVNI et ET ou Alien, ou bien cette voix monotone un peu abusive, la Fille à la Fourrure est à voir sans hésitation pour se changer des films d'initiation de jeunes bourgeoises fraîchement mariées. Là, elles sont déjà mortes.
Dans le haut du panier des Rollinades d'ambiance, Fascination est aujourd'hui immédiatement rattaché à l'image de Brigitte Lahaie tenant sa faux vêtue d'un unique tissus noir.
Un groupe de malfrats met la main sur un coffre plein d'écus, mais le plus vif d'entre eux s'échappe avec et trouve refuge dans une grande maison occupée uniquement de 2 jeunes femmes qui se présentent comme étant le petit personnel attendant le retour des propriétaires. Que va-t-il faire d'elles ?
C'est de la poésie ne vous inquiétez pas.
Il n'empêche qu'à minuit, il doit se passer quelque chose dans cette grande maison et les filles jouent sur les nerfs de l'homme qui ne sait pas ce qui l'attend. Les brigands aux trousses du fugitif sont décimés un par un autour de la propriété. Arrive la maîtresse de cérémonie et 4 membres d'une étrange sororité.
Encore du mystère. Le vampirisme n'est jamais frontalement évoqué, Rollin préférant décliner la poésie du sang sur l'aspiration qu'on les bourgeois à le considérer comme un remède aux problèmes de santé, au déclin de leur espèce peut-être. La légende étant ainsi racontée :
Saurez-vous reconnaître Evelyne Thomas parmi les membres de la secte ?
C'est beau la poésie, mais il faut quand même s'accrocher pour ne pas s'endormir.
L’appréciation d'un film de Jesus Franco est variable selon l'humeur ou le niveau d'éveil de son spectateur. En l'occurrence Les Expériences Erotiques de Frankenstein a été l'occasion d'un visionnement amusant et plus agréable que d'habitude s'agissant de ce réalisateur.
Tout d'abord, on voit la naissance du monstre dans le laboratoire de son créateur, une réussite toute relative :
Puis vient Cagliostro, interprété par Howard Vernon en pleine forme qui fait capturer la créature et tuer le docteur Frankenstein avec l'aide d'une magnétique femme oiseau.
Son plan : créer une femme composite pour l'unir au monstre et créer une race de surhommes sous les holà silencieux d'une poignée de simili morts-vivant. Évidemment, cette opération requière de la matière première et les jeunes filles du coin commencent à disparaitre.
Un duo de policiers enquête mais au fil des captures et pendant qu'ils piétinent, le clan Cagliostro s'amuse avec le matériel :
On retrouvera dans La Comtesse Perverse, réalisée l'année d'après, pas mal de similitudes dans la réalisation, notamment les plans en contre plongée sur une autre grande maison à l'architecture curieuse, les plans de plongée dans les escaliers et les grands angles en plans rapprochés sur les visages des acteurs.
A noter aussi que pour le moment, Franco y va mollo sur le zoom.
La musique est pop, tout comme l'ensemble des péripéties suivies à l'écran. Que naisse la fiancée de Cagliostro :
Porno minimal de John Love où l'état des forces en présence nous est donnée dès la première minute par la biais d'une voix off :
Monsieur Duperreux, joué par Étienne Jaumillot ne donnera pas de sa personne cette fois ci dans cette succession de scènes majoritairement lesbiennes entrecoupées d'intermèdes où l'on voit Michele/Micheline effectuer un quelconque rituel dans l'obscurité aidé d'un crâne en plastique.
La dernière scène où il/elle parvient à sucer la bite de Piotr Stanislas lors de la traditionnelle partouze finale laisse à penser qu'il/elle est exaucé(e).
Peut-être pas un chef d’œuvre du genre mais une aubaine pour Erotruculence tant il a été dur de se restreindre sur la sélection des extraits audio pour illustrer ce film.
Un cabinet de medium particulier cache les activités péripatéticiennes de 2 copines, l'une d'elle se présente comme une voyante lisant dans les traces de sperme, l'attribution du menu des plaisir aux clients ressemble plus à une partie de jeu de rôle ou à un épisode de Fort Boyard qu'à une virée au bordel :
Oui, vous aurez remarqué que l'actrice principale zozote et ce sera l'occasion d'un passage dialogué périlleux lorsqu'il s'agira d'aborder le sexe oral dont son amoureuse est friande :
Dans la petite entreprise de ces dames, la sodomie est une pratique fort demandée et, par conséquent âprement négociée :
Parmi les clients, nous retrouvons Rocco Siffredi encore bien jeune qui explose les canons physiques masculins des film pornographiques d'alors :
Côté technique, l'image est parfois brulée, surexposée, et l'on voit que certaines scènes sont des chutes d'autres films de Pierre Unia, mais tout cela n’entache pas le plaisir du bon moment passé devant ce qui se termine en drame, les 2 clients les plus assidus décidant d'abuser de l'amie de la voyante sous ses yeux :
Classique parmi les classiques des films érotiques. J'ai cru comprendre (moi je n'y étais pas, je n'étais ...même pas né) que la sortie d'Emmanuelle a sonné comme une révolution dans l'imaginaire sexuel des français voire des habitants de pas mal de pays. Je me rappelle surtout que nombre de personnes de l'âge de mes parents avaient "déjà vu un film porno, savait très bien ce que c'était et quand on en a vu un, on les a tous vus", mais qu'au fil de la conversation, ces personnes averties n'étaient capables de sortir comme titre de film ....qu'Emmanuelle.
1 an après sa sortie, les écrans de cinéma allaient ruisseler de sperme et de cyprine, verraient des bites parcourir des milliers de kilomètres dans des bouches humides et des chattes poilues.
La chose qu'on ne peut pas enlever à ce film, et on va commencer par là, c'est sa musique, composée par Pierre Bachelet :
Ses paroles ont toujours été bien mièvres mais il aura toujours eu un sens accrocheur pour les mélodies (on en reparlera quand on abordera Gwendoline, par le même réalisateur). Par ailleurs, on se rappelle de ses pérégrinations épatantes dans la musique électronique planante tendance Berlin School dans Collections Privées . Il remet le couvert ici, lors d'une belle séquence aquatique, évoquant plus cette fois ci le grec Vangelis dans sa période expérimentale :
Mais revenons au film.
Emmanuelle rejoint son mari en Thaïlande. Celui-ci a une conception "moderne" du couple :
Mais rien que ce personnage d'ambassadeur moustachu donne l'impression d'être devant un nouvel épisode d'OSS117 avec Jean Dujardin croisé avec le film d'initiation, type d'histoire qui sera repris à l'envie dans la vague porno-érotique des 10 années qui suivront.
Colonialisme latent (annonçant le nouveau colonialisme par le tourisme), tout ce petit monde bien portant s'ennuie et passe le temps comme il le peut à se raconter ou vivre ses aventures sexuelles se voulant libres ou légèrement décadentes pour des bourgeois de cette engeance :
Après avoir fuit avec une archéologue dont elle est tombée amoureuse, Emmanuelle finira le parcours initiatique déjà tracé pour elle dans le sillage du vieux Mario débitant ses aphorismes tenant de la philosophie de boudoir à 2 balles. A ce titre, la scène dans la fumerie d'opium est interminable :
J'ai souvent lu, même dans des articles d'aujourd'hui, qu'Emmanuelle avait été un grand moment cinématographique pour l'émancipation sexuelle des femmes :
Et bien démerdez-vous avec çà, mesdames. Moi je retourne à mes squirting-gangbangs.
C'est très personnel, mais plus le temps passe et plus le cinéma, période érotique, de Borowczyk me passionne.
Comme dans ses autres essais, le réalisateur, avant tout décorateur, fait appel à une photographie pleine de particules, laiteuse mais pas forcément hamiltonienne. Non, il y une façon d'exploiter la diffraction de la lumière bien à lui.
Il revisite ici le roman de Robert-Louis Stevenson et comme souvent plante son action dans une grande maison bourgeoise et observe les personnages archétypaux qui l'occupent ou viennent le visiter : un riche scientifique dilettante (Udo Kier, qui d'autre !?), un curé, un général, un docteur interprété là par un Howard Vernon éblouissant. Alors on débat, de la science, de la religion, de la politique :
Peu de nudité en vérité, mais tout est très beau, jusqu'à la froideur de l'autopsie d'une victime de Mr Hyde :
Et même la musique, synthétique, à base de drones et de manipulation de bandes parfaitement utilisée lors de la séquence de la baignoire où à l'issue de la transformation, on voit en sortir l'inquiétant Gérard Zalcberg dans un parfait silence :
Tout cela contribue à faire de Dr Jekyll et les femmes une expérience sensorielle très forte.
Un vieux drame historique et rural où Jean Carmet fait une courte apparition. la mère de Guillemette a été brûlée pour sorcellerie sous ses yeux par les villageois. Quelques années plus tard l'adolescente cherche l'absolution...et la trouve :
Seulement, notre Guillemette a peut-être bien effectivement le diable au corps ou au moins à l'esprit. C'est d'ailleurs l'occasion d'une scène de sabbat présentant quelques surprenantes nudités partielles parmi les habitants du village où la fille travaille en tant que servante pour un fermier du coin.
Fruit de son imagination, ou hallucination collective ? Toujours est-il qu'elle finit par céder aux avances de son maître et se mariera avec lui, et profitera de son statut de notable pour abuser de multiples conquêtes. Ce qui ne sera pas sans susciter l'inquiétude et la jalousie de certains :
Le Destin exécrable de Guillemette Babin montre aussi quelques effets de transparence pour quelques transformations (dont la disparition des marques du fouet lorsque l'héroïne passe à la question de l'inquisition locale), trempant un peu dans le fantastique. Mais il faut s'accrocher pour ne pas sombrer avant la fin du film dans tout cela est plat.
L'intro du film sonne comme si le grand stratéguerre confiait une mission à Goldorack ou si Capitain Flam se voyait pris d'illumination :
Mais l'essentiel des scènes seront sans intérêt aucun, illustrées par une musique synthétique planante qui aura vite fait de vous emmener au plus profond des bras de Morphée :
L'action est molle, l'enchaînement des positions prend des allures de rituel janséniste où les 4 acteurs manquent tellement de conviction (cf. la double pénétration qui n'aboutira jamais) que la dernière intervention divine total darkness et sentencieuse fera effectivement préférer la fin au spectateur :
Manque de bol, il restait encore quelques mètres de pellicule dans le chargeur.
Triste spectacle.
Trouvable en VHS sous le titre "Les phantasmes de miss Jones", Bénazéraf convoquent une poignée de très belle femmes dans une villa de la côté d'Azur pour s'y dénuder, se baigner et faire du shopping sur fond de citation d'Héraclite, de la bible et de René Char en post-synchro :
Comme souvent chez ce réalisateur Cynthia's Diary n'a pas vraiment de structure régulière, et le propos et bien hermétique, mais la photo est absolument sublime, bénéficiant de la lumière naturelle de la région du tournage, à certaines heures.
En revanche, les choix musicaux sont aussi surprenants, et je pense surtout à cette partie où une boîte à rythmes à vieux échantillons de l'époque (une Linndrum?) martèle des mesures quasiment ethno-industrielles sur des images bien moins dynamiques que la bande son ne voudrait laisser supposer :
Un drame érotique de la fin des années 60 assez mou de partout. Cependant on y retrouve 2 curiosités d'acteurs, tout d'abord Karyn Balm (qu'on reverra dans "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil") qui joue avec un naturel confondant les répliques ahurissantes de connerie du script :
En enfin, une brève apparition de Pierre Arditi dans un de ses premiers rôles au cinéma en gourou adepte du...nombril !
La musique et les vêtements d'époque assurent tout de même le charme du film (bien plus que le trio d'acteurs principaux...)