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dans nos députés beaucoup ne servent à rien ,qu il soit de droite d'extrême droite ou la bande à mélenchon
Par Anonyme, le 28.08.2025
le"systême" s'est mis en place il y a logtemps à sept-fonds. deux "jeunes"moines , vers les années 7o, s'étaie
Par Yon, le 21.07.2025
merci frère de votre courage à nous partager votre souffrance. je vous prends dans la prière.
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Par Anonyme, le 17.07.2025
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Par Anonyme, le 31.08.2024
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Par lutter-contre-coro, le 18.08.2024
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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour :
14.07.2026
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Vladimir Poutine a signé vendredi un décret autorisant les habitants de la Transnistrie, région séparatiste de Moldavie, à obtenir la citoyenneté russe sans avoir à résider en Russie ni à parler russe,rapporte Politico.
La présidente moldave, Maia Sandu, a répliqué samedi en déclarant que les autorités russes avaient « probablement besoin de plus de monde à envoyer à la guerre en Ukraine ». Elle a suggéré qu’il s’agissait d’une des tactiques de la Russie pour menacer la Moldavie en raison de ses efforts pour réintégrer la Transnistrie, une région de l’est de la Moldavie soutenue par Moscou et où des troupes russes sont stationnées depuis l’effondrement de l’Union soviétique.
« Depuis le début de la guerre en Ukraine, la plupart des habitants de la région ont opté pour la citoyenneté moldave, car ils se sentaient plus en sécurité en ayant la citoyenneté de la République de Moldavie plutôt que celle de la Russie », a déclaré MmeSandu, qui s’exprimait lors d’une conférence sur la sécurité à Tallinn.
La Moldavie a obtenu le statut de pays candidat à intégrer l’Union européenne en 2022 et a officiellement entamé des négociations en vue de son adhésion au bloc en 2024.
D’importantes frappes de drones ont fait au moins trois morts et quatre blessés en périphérie de Moscou, a annoncé le gouverneur régional, moins d’une semaine après la fin d’une trêve avec l’Ukraine.
« Depuis 3 heures du matin [2 heures à Paris], les forces de défense anti-aérienne repoussent une attaque de drones sur la région de la capitale », a déclaré Andreï Vorobiov sur Telegram.
Il a fait état d’une femme morte dans la localité de Khimki, au nord-ouest de Moscou, et de deux hommes tués dans un village dans la commune de Mytichtchi (nord-est de la capitale), tandis que dans le reste de la région, plusieurs habitations ont été endommagées et des « infrastructures » ont été attaquées.
Plus tôt, le maire de la capitale russe avait annoncé que les défenses anti-aériennes avaient abattu 74 drones, affirmant qu’elles n’avaient fait que des « dégâts mineurs ». Il n’a pas précisé l’origine de ces appareils.
L’Ukraine, en riposte aux bombardements quotidiens de l’armée russe depuis plus de quatre ans, frappe régulièrement des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi énergétiques afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son offensive. Si la région de la capitale fait régulièrement l’objet d’attaques de drones, Moscou elle-même, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, est plus rarement visée.
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RécitConfronté à un risque sanitaire inédit, depuis la crise liée au Covid-19, l’exécutif s’est mis en ordre de marche par à-coups, pour définir sa stratégie et prendre en charge les 27 personnes à date exposées au virus. Du rapatriement des croisiéristes français à l’annonce des résultats négatifs des cas contacts, retour sur la chronologie des faits.
Test positif, cas contact, isolement… Le retour, ces derniers jours, de tout un lexique éprouvé durant l’épidémie de Covid-19, a pu donner quelques sueurs froides. A aucun moment, Matignon n’a parlé de « crise sanitaire », et pourtant, tout au long de la semaine qui a suivi le rapatriement, dimanche 10 mai, des ressortissants français du bateau devenu un foyer d’infections à hantavirus, la pression n’a cessé de monter.
De l’arrivée du navire Hondius aux Canaries au premier cas positif déclaré sur le territoire français, en passant par la recherche des cas contacts et la déclinaison des procédures d’isolement, les informations tantôt rassurantes, tantôt angoissantes ont rythmé le quotidien. Au fil des alertes, la machine sanitaire s’est mise en branle, par à-coups, avec, dans toutes les têtes, le précédent du Covid-19, quand bien même les épidémiologistes autant que les autorités de santé n’ont cessé d’écarter la comparaison.
Si, vendredi 15 mai au soir, le scénario du pire semblait s’éloigner, tous les cas contacts français ayant été testés négatifs, les journées qui ont précédé ont mis à l’épreuve le gouvernement, obligé de se mettre en ordre de marche face à une menace sanitaire pleine d’inconnues.
La séquence s’est ouverte, en réalité, plusieurs jours en amont des rapatriements, sur une question essentielle : comment prendre en charge les cinq croisiéristes français ? Le virus, à date, a fait trois morts (un bilan qui n’a pas augmenté), deux Néerlandais et une Allemande, parmi les quelque 150 passagers du bateau sur lequel circule une souche méconnue en Europe, celle des Andes.
Explication
Article réservé à nos abonnés.Au centre, la président moldave Maia Sandu et le secrétaire général du Conseil de l’Europe Alain Berset, le 15 mai 2026, à Chisinau, en Moldavie. Elena Covalenco / AP
Réunis à Chisinau en Moldavie, les pays membres du Conseil de l’Europe ont approuvé dans leur grande majorité, ce vendredi 15 mai, la création d’un tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine. Trente-six pays, pas tous européens, ainsi que l’Union européenne, vont financer cette juridiction.
Le tribunal spécial lancé par les Européens et quelques pays partenaires est destiné à juger les responsables de l’invasion de l’Ukraine. Lors d’une réunion à Chisinau, en Moldavie, le comité des ministres du Conseil de l’Europe a approuvé une résolution visant à créer le « comité de direction » de ce tribunal, une étape cruciale vers sa mise en route. « Le moment où la Russie devra rendre des comptes pour son agression approche », a commenté le secrétaire général de l’organisation, Alain Berset.
Très concrètement, cette nouvelle juridiction internationale va s’efforcer de traduire en justice les hauts responsables politiques et militaires responsables du crime d’agression contre l’Ukraine. Cela concerne en premier lieu Vladimir Poutine, mais peut aussi viser le ministre de la défense russe Sergueï Choïgou, son ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov, voire des responsables Biélorusses ou de Corée du Nord.
Ce tribunal va poursuivre des individus ayant « ordonné ou planifié » cette guerre. Les statuts du tribunal font référence à la charte des Nations Unies qui interdit tout acte d’agression d’un État contre un autre.
Pourquoi créer un nouveau tribunal en plus de la Cour pénale internationale ?La Cour pénale internationale (CPI), qui existe déjà, et qui est basée à La Haye, aux Pays-Bas, juge les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crime de génocide. Mais elle n’a pas la possibilité de juger les responsables du crime d’agression dans le cas de l’Ukraine, car la Russie n’est pas un État signataire du statut de Rome, qui a créé la CPI.
C’est pourquoi en 2022, le professeur de droit Philippe Sands a proposé la création d’un tribunal spécial. L’idée a été soutenue par de nombreux États, ainsi que par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette organisation a ensuite signé un accord avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en juin 2025, pour lancer la création de ce tribunal.
Comment va fonctionner cette nouvelle juridiction ?Ce tribunal reprend en tout point le fonctionnement de la CPI ou d’autres tribunaux internationaux, comme celui pour l’ex-Yougoslavie. Il comptera 15 juges, nommés pour 9 ans. L’accusation sera portée par un procureur indépendant. La langue de travail sera l’anglais. L’endroit où siégera ce tribunal n’a pas encore été décidé.
Il pourra condamner les personnes jugées à la perpétuité et prévoit aussi la « confiscation des profits tirés du crime commis », ainsi que de lourdes amendes. L’argent ainsi récolté doit servir à l’indemnisation des victimes. Le tribunal pourra juger les personnes inculpées en leur absence « si toutes les mesures raisonnables ont été prises pour assurer leur présence, mais sans succès ». Tout le défi sera en effet de faire comparaître des accusés protégés dans le pays qu’ils dirigent.
Qui va participer à ce tribunal spécial ?Trente-quatre pays membres du Conseil de l’Europe, dont la France, l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni, ont soutenu la création de ce tribunal et vont participer à son financement. Il est également soutenu par l’Union européenne qui a annoncé ce 15 mai le versement de 10 millions d’euros. Deux pays non-européens se sont joints à cette initiative : l’Australie et le Costa Rica. Cela représente donc le soutien de 36 pays.
Mais sur les 46 pays membres du Conseil de l’Europe, quatorze ont tout de même choisi pour l’instant de ne pas participer. Parmi eux, figurent quatre membres de l’Union européenne (Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Malte). S’y ajoutent quatre pays des Balkans (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Albanie), trois du Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie), ainsi que la Turquie.
Reportage
Article réservé à nos abonnés.Mounir Ez-Zoubi, le directeur jeunesse de Chenôve (au centre) bâche la bibliothèque municipale avec des jeunes sortis du circuit scolaire, en vue d’une future activité peinture, le 27 avril 2026. Sabrina Dolidze / Divergence pour La Croix
La commune de Chenôve, limitrophe de Dijon, longtemps confrontée à l’implantation de points de deal sur son territoire, a vu plusieurs de ses enfants happés par le narcotrafic. En réponse, elle a récemment développé un vaste programme de sensibilisation à destination des mineurs et jeunes majeurs.
Au collège Le Chapitre de Chenôve (Côte-d’Or), la grande salle de classe aux murs jaune pastel des 4e-2 a des airs de tribunal. Ce lundi d’avril, une dizaine d’élèves répètent une pièce de théâtre basée sur le procès de trafiquants de stupéfiants de la métropole dijonnaise. Un quatuor de jeunes filles incarne les magistrates du siège et du parquet, un autre groupe interprète les prévenus assistés de leurs avocats.
Arthur (1) joue le rôle d’un jeune dealer interpellé en pleine transaction. Il s’avance à la barre la tête baissée : « Je reconnais les faits. »Fatima, dans la peau de la présidente du tribunal, l’interroge : « Pouvez-vous expliquer le fonctionnement d’une livraison ? » Il lève le nez un instant : « Je reçois un message. On m’envoie une adresse, parfois un pseudo et la quantité à livrer. Là, c’était une plaquette de résine de cannabis. La personne arrive, je lui donne, elle paie et je repars. » La présidente insiste : « Vous dites “on m’envoie”, qui est ce “on” ? »Réponse : « Je ne souhaite pas donner son nom. J’ai peur. Si je parle, ça peut avoir des conséquences. »
Les narcotrafiquants recrutent aussi des collégiensÀ la manière d’une audience correctionnelle, la classe dissèque la mécanique d’un réseau de narcotrafiquants. Du rappel des faits au prononcé du jugement, les élèves découvrent les arrière-cuisines de ce milieu fantasmé par les séries et les clips de rap : la peur omniprésente, les victimes collatérales, la détresse des familles.
Au collège Le Chapitre de Chenôve, les jeunes répètent une pièce de théâtre basée sur le procès de trafiquants de stupéfiants, le 27 avril 2026. Sabrina Dolidze / Divergence pour La Croix
Le projet, qui occupe la bande de comédiens en herbe, s’inscrit dans un programme global, intitulé « Limits », destiné à lutter contre l’implication des mineurs et jeunes majeurs dans le narcotrafic. Il est financé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, une institution placée sous l’autorité du premier ministre. Une trentaine de villes françaises en bénéficient.
Mounir Ez-Zoubi, le directeur jeunesse de Chenôve, chargé de piloter le programme dans la commune, voit en cette pièce de théâtre le moyen idoine pour « réaliser un travail direct de prévention avec ces jeunes sur la question du narcotrafic ». « Les collégiens sont vraiment notre cœur de cible, nous voyons désormais des profils de cet âge-là être recrutés par les organisations criminelles, poursuit l’homme de 49 ans, au crâne rasé et au regard chaleureux.On pourrait très bien imaginer qu’un jeune de cette classe finisse par se retrouver dans un réseau. »
Mounir Ez-Zoubi, directeur jeunesse de Chenôve« Jouer sur scène, prendre la parole, c’est aussi améliorer l’estime de soi et donc sa capacité à dire “non” le jour où l’on se retrouve face à une proposition illégale. »
Ce Chenevelier de naissance, éducateur de rue de formation, parle en connaissance de cause. En quatre décennies, Mounir Ez-Zoubi a vu sa ville, une commune de 15 000 habitants en périphérie de Dijon, devenir un terrain de chasse des trafiquants de stupéfiants. Des points de deal sont apparus et, dans leur sillage, tous les excès de violence nécessaires à un réseau pour asseoir son emprise sur un territoire. Il y a quelques années, Chenôve a compté ses morts par fusillade et son lot de très jeunes happés par les trafics.
Aujourd’hui, de l’aveu de tous, le climat s’est apaisé. « Depuis un an, il n’y a plus de point fixe, le trafic est devenu mobile et recrute les jeunes notamment via les réseaux sociaux », met en garde l’éducateur. Pour entretenir l’embellie et contrer cette nouvelle forme d’exploitation, la commune compte sur son volet prévention. La pièce de théâtre y contribue. « Ces collégiens sont en pleine construction, appuie-t-il. Jouer sur scène, prendre la parole, c’est aussi améliorer l’estime de soi et donc sa capacité à dire “non” le jour où l’on se retrouve face à une proposition illégale. »
De jeunes adultes en décrochage scolaireCe travail leur permet également d’acquérir des clés de compréhension du fonctionnement de la justice. « Pour beaucoup d’entre eux, le trafic de stups est banal, pose Abderrahmane Attoumani, assistant pédagogique au collège investi dans le projet. Cette pièce leur fait prendre conscience des dangers de ces activités, des peines encourues et des répercussions que cela peut avoir sur les familles. » « Un autre bienfait, c’est que l’on ouvre le champ des possibles, ajoute-t-il. Les collégiens découvrent des métiers comme procureur, greffier ou avocat et peuvent avoir un déclic en se disant “pourquoi pas moi ?”»
Visites d’entreprises, semaine « bulle » en dehors du quartier, activités en commun avec les familles pour resserrer les liens entre enfants et parents… L’inlassable effort de terrain des éducateurs de Chenôve les mène aussi au contact de jeunes, sortis du circuit scolaire, qui frayent avec les trafics. Ce même jour, Enzo, Farid et Mehdi (1), respectivement 17, 20 et 21 ans ont rendez-vous à la bibliothèque municipale. Enzo affiche la moue des mauvais jours, ces lundis matin qui commencent toujours trop tôt. « Moi les éducateurs, souvent je les envoie chier, assure l’adolescent, une silhouette maigre qui flotte dans un jogging bleu électrique. Ils me disent qu’ils peuvent m’aider, je leur réponds juste “flemme”. »
Toute la matinée, les trois jeunes bâchent le sol en vue d’une future activité peinture. « Ce chantier éducatif est un support qui permet de mobiliser les gamins et leur donner la parole », précise Mounir Ez-Zoubi. D’heure en heure, Enzo s’ouvre et se confie. Il raconte le décrochage scolaire dès la fin du collège, les fugues à répétition et son rôle de petite main sur différents points de deal, de la Saône-et-Loire jusqu’au Rhône.
Sans jugement, Mounir Ez-Zoubi l’interroge :
- « Quand tu es là-dedans, est-ce que tu dors tranquille ?
- Non c’est vrai que ça crée du stress. Mais c’est de l’argent facile, je prenais mes 150 € par jour.
- Et cet argent te servait à quoi ?
- L’argent, au final, j’en gagnais pas tellement, parce que tous les soirs je claquais ce que je gagnais la journée dans un flash et de la fume. »
Mounir Ez-Zoubi estime à une trentaine le nombre de jeunes impliqués dans les réseaux de la métropole dijonnaise. « Ce qui les caractérise, analyse-t-il, c’est une trajectoire chaotique. Ils n’ont jamais connu un moment où ils ont été mis en réussite. Le chantier éducatif leur offre un espace de valorisation. Ils se lèvent le matin, ils ont un contrat d’intérim, ils acquièrent des compétences. »
Comme avec Enzo, l’équipe d’éducateurs profite aussi de ces échanges pour déconstruire quelques mythes tenaces autour du narcotrafic. Mais les travailleurs sociaux savent aussi combien leurs efforts sont incertains face à des réseaux au solide pouvoir d’attraction. Ce matin-là, plusieurs jeunes manquent à l’appel : « On ne va pas se mentir, on galère à les accrocher et on met du temps à créer un lien de confiance, conclut Mounir Ez-Zoubi. On leur tend la main tout le temps, on se dit qu’un jour, ils la saisiront. »
Les plans de suppression d’emplois se multiplient
Une marée montante de licenciements. La hausse du chômage observée au premier trimestre, sur fond de croissance nulle, devrait se poursuivre. 8,1 % de la population active est actuellement au chômage, selon l’Insee. À en croire les projections de l’OFCE, ce taux devrait atteindre 8,3 % fin 2026 et se stabiliser en 2027. L’organisme prévoit ainsi sur cette période 175 000 destructions nettes d’emplois salariés dans le secteur marchand. Dans le même temps, en miroir inversé, l’emploi non salarié soutenu par le développement de l’autoentrepreneuriat devrait poursuivre sa progression avec environ 65 000 créations nettes par an, portant sa part dans l’emploi total à 11,9 %.
Les intentions de recrutement pour 2026 sont un autre indicateur qui montre que l’horizon s’obscurcit. Elles sont en effet en baisse de 6,5 % par rapport à 2025, soit le plus bas niveau depuis 2017, selon une étude de France Travail. Point important, cette enquête a été réalisée avant la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz.
La CGT a dressé une cartographie des plans de suppression d’emplois. Pour ce faire, le syndicat s’est appuyé sur les remontées de ses militants, ce décompte n’est donc pas exhaustif. Entre septembre 2023 et avril 2026, la centrale cégétiste a dénombré 557 plans de licenciements, en majorité dans l’industrie. « Les quatre premiers mois de 2026 sont d’ores et déjà marqués par 42 plans de suppression d’emplois, représentant 19 137 emplois supprimés ou menacés, soit 55 % du total recensé pour toute l’année 2025 », souligne dans une note Baptiste Talbot, membre du bureau confédéral de la CGT, chargé de la coordination des luttes.
Il faut dire que la hausse des défaillances d’entreprise se poursuit, selon la Banque de France, qui a enregistré en mars une augmentation de 5 % sur un an, avec près de 70 000 cas. Les données de l’Agence de garantie des salaires (AGS), qui indemnise les salariés lors d’une procédure collective, témoignent d’ailleurs de l’ampleur des défaillances à l’œuvre depuis début 2026, en particulier dans l’industrie.Un record pourrait être atteint cette année avant une stabilisation en 2027.
« On a en France une industrie à deux vitesses. D’un côté, la défense, l’aéronautique, le ferroviaire, le nucléaire et l’optique se portent très bien. De l’autre, les secteurs très gourmands en énergie (chimie, sidérurgie, verrerie…) sont en grande difficulté, et le choc du conflit au Moyen-Orient leur porte un coup supplémentaire »,décrypte Anthony Morlet-Lavidalie.
Pour cet économiste de Rexecode, un institut de conjoncture proche du patronat, outre la concurrence de la Chine, c’est la hausse de la fiscalité des entreprises décidée en 2025 qui a fragilisé le tissu français. « Les multinationales basées en France ont réduit la voilure, et ont moins sollicité leurs sous-traitants qui sont eux-mêmes confrontés à une baisse de la consommation et aux tensions géopolitiques. Avant même le choc de la guerre en Iran, l’économie française était fragilisée, et c’est en cela que c’est particulièrement inquiétant », poursuit Anthony Morlet-Lavidalie.
Outre l’industrie, le commerce, la banque, les assurances ainsi que le public et le médico-social sont particulièrement concernés, relève la CGT.« Certains secteurs subissent des restructurations à bas bruit, c’est le cas de l’associatif qui perd 15 000 emplois. Et on observe des plans sociaux dans les milieux où c’était plutôt rare jusqu’à maintenant comme la santé, remarque de son côté Lydie Nicol, secrétaire nationale de la CFDT chargée de l’emploi.Dans le public, les collectivités dégraissent en ne renouvelant pas des contractuels. Ce sont des plans de licenciements qui ne disent pas leur nom. »
Alban de Montigny
Le risque du schisme
Être ou ne pas être les enfants du concile Vatican II, voici la question de fond que les fidèles lefebvristes doivent se poser d’ici au 1er juillet prochain, date annoncée pour deux nouvelles ordinations épiscopales illicites. Le Saint-Siège, par la voix du préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, a en effet rappelé, mercredi 13 mai dernier, qu’il n’y avait pas de possibilité, dans l’Église catholique, d’ordonner des évêques sans l’autorisation du pape. Ce diagnostic, nourri du respect d’une Tradition parmi les plus sûres de l’Église, le pape Jean-Paul II l’avait fait dans les mêmes termes en 1988, après les ordinations illicites de quatre évêques par Mgr Lefebvre, figure historique du courant intégriste.
Certes, le temps du dialogue n’est pas terminé, mais en près de quarante ans d’aménagements, de discussions et de motu proprio, tantôt ouverts, tantôt fermés, aucune solution stable et satisfaisante pour toutes les parties n’a été trouvée. Il apparaît donc improbable que les protagonistes y parviennent dans les semaines à venir. Désespérant ? Prévisible en tout cas, car la sagesse populaire de l’Église enseigne qu’il faut cent ans pour accueillir un concile.
En 1962-1965, lors du concile Vatican II, l’Église catholique a fait peau neuve. Acceptons cette image maladroite, qui a la vertu de dire que ni le cœur ni le souffle de l’Église n’ont été touchés dans ces nouveaux habits. Au contraire. Depuis, l’Église catholique se veut tournée au quotidien vers l’œuvre de Dieu, ouverte au temps des hommes. Habitués, nous ne mesurons peut-être plus combien cette position est audacieuse et constitue un risque qui peut faire peur. Puisant dans leur foi – dont on n’a pas le droit de douter –, les fidèles lefebvristes ont maintenant à choisir entre ce risque et celui de se séparer, une fois encore, de l’Église catholique.
Qu’on ne s’y trompe pas : sous plein d’aspects, la chute de Viktor Orban a de quoi ravir l’essentiel des États membres. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, le Hongrois avait fait de son veto un instrument de chantage pour arracher des concessions à Bruxelles, avant de faire dérailler, l’hiver dernier, un prêt de 90 milliards d’euros vital pour la survie de l’Ukraine. Remis sur la table après la déroute du Fidesz, le parti de Viktor Orban, aux élections législatives du 12 avril, le prêt a finalement été validé, et une première tranche pourrait parvenir à Kiev dès la semaine prochaine, toujours selon Marta Kos.
Pas d’adhésion « immédiate »Mais le départ du « monsieur “Niet” » de l’Europe signifie aussi que les négociations d’adhésion de l’Ukraine vont pouvoir avancer. Officiellement commencés en juin 2024, ces pourparlers étaient restés depuis au point mort. Le veto hongrois bloquait en effet depuis deux ans l’ouverture des « clusters » de négociations, six ensembles de chapitres thématiques, dont la clôture est censée matérialiser l’assimilation par le pays candidat de « l’acquis communautaire », c’est-à-dire son alignement sur la législation et les normes démocratiques de l’Union. Désormais, l’Ukraine veut aller de l’avant, et (très) vite.
Depuis plusieurs mois, le président ukrainien Volodymyr Zelensky fait savoir qu’il pourrait être prêt pour une intégration dès l’année 2027. Le chef d’État souligne qu’une intégration accélérée serait, par ailleurs, nécessaire dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec Moscou, arguant que la Russie mettra à profit tout le temps dont elle dispose pour tenter de faire dérailler le processus d’adhésion.
De leur côté, les pays membres s’opposent à une adhésion accélérée. « Il est clair pour tout le monde qu’une adhésion immédiate de l’Ukraine à l’UE n’est bien sûr pas possible », a déclaré le 24 avril le chancelier allemand Friedrich Merz, lors d’une réunion des Vingt-Sept en Conseil européen à Chypre. Soutien résolu de Kiev, la Pologne avait fait savoir plus tôt qu’il ne pouvait pas exister de « raccourci » pour entrer dans le bloc. L’adhésion, martèle les dirigeants européens, doit se faire « au mérite », c’est-à-dire en fonction de l’intégration de l’acquis communautaire.
Posez la “question qui fâche” de demain
Suggérez-nous un débat d’actualité qui sera peut-être retenu comme “la question qui fâche” de demain
L’argument est juste, mais discutable. Les précédents élargissements n’ont jamais été uniquement basés sur ce critère, prenant toujours également en compte des considérations géopolitiques. Nul autre élargissement ne l’illustre mieux que l’intégration en 2004 de dix pays d’un coup, en dépit de degrés de réforme variables, et, dans le cas de Chypre, d’un contrôle seulement partiel de son territoire. Et en matière géopolitique, l’adhésion de l’Ukraine, de son armée aguerrie et de son industrie de défense innovante présenterait des atouts considérables pour l’UE.
Il est cependant indiscutable que l’Ukraine, en dépit des réformes entreprises avec le soutien de la Commission, n’est pas au niveau en matière de réformes ou de lutte contre la corruption. Mais l’acquis communautaire n’est pas le seul souci. La candidature de l’Ukraine est liée à celle de la Moldavie, et certains pays membres ne veulent pas que les pays des Balkans occidentaux, qui piaffent en salle d’attente depuis une décennie, se fassent griller la politesse.
Or, l’intégration d’un pays supplémentaire – ou deux, ou cinq – soulignera encore plus l’urgence de réformer le processus de prise de décision de l’UE en matière de politique étrangère, qui se fait aujourd’hui à l’unanimité. Et l’adhésion de l’Ukraine accroîtrait le risque d’une confrontation directe avec la Russie en cas de reprise du conflit.
Un impact sur la PACPlus explosif politiquement : l’adhésion de l’Ukraine, pays relativement pauvre et ravagé par la guerre, mais aussi superpuissance agricole, rebattra immanquablement le fléchage des fonds structurels et de la politique agricole commune (PAC).
Une étude de Bruegel, un laboratoire d’idées basé à Bruxelles, estimait ainsi dès 2024 que Kiev deviendrait le premier récipiendaire d’aides de l’UE en cas d’adhésion. Nombre de pays entrés dans l’Union en 2004, et qui n’ont pas fini de converger vers le niveau de vie des États d’Europe de l’Ouest, passeraient d’un seul coup de bénéficiaires à contributeurs nets au budget commun.
Le coût politique pourrait être particulièrement lourd en France, premier récipiendaire de la PAC en Europe. Une part considérable de ces financements pourrait être réorientée vers l’Ukraine, ce qui ne manquera pas de provoquer la colère des agriculteurs français. Conscientes de la nécessité malgré tout des perspectives à l’Ukraine pour l’aider à tenir face à la Russie, la France comme l’Allemagne ont chacune proposé à l’Ukraine une intégration partielle à la place d’une intégration accélérée.
L’Ukraine répond qu’elle refusera tout « ersatz »(« ce qui remplace », en allemand) d’adhésion. Malgré tout, les négociations se poursuivent sur la définition de statuts et de bénéfices intermédiaires pour Kiev. Dans des pourparlers qui laisseront voir, cette fois-ci en plein jour, les craintes et les ambiguïtés de chacun des Vingt-Sept.
Bruno Retailleau n’en a jamais douté. Oui, « la France est à droite ». Le 1er avril, le commentaire ne souffre d’aucune contradiction sur le plateau de CNews. Une semaine après le second tour des élections municipales, le président du parti Les Républicains (LR) y revendique la victoire pour son camp. Les défaites à Paris, Lyon et Marseille face à la gauche ? « Ce n’est que 4,3 % du corps électoral », balaye-t-il. Le candidat à la présidentielle retient surtout la majorité de droite dans les villes de plus 10 000 habitants. A défaut d’une « vague bleue », le sénateur de Vendée sent le vent politique venir de tribord.
Rien de bien nouveau. Quand ils mettent leurs lunettes, les dirigeants LR voient un pays à droite pour mieux oublier ces quatorze années loin de l’Elysée. « La France est de droite, sans doute comme elle ne l’a jamais été », affirmait Nicolas Sarkozy en août 2024 au Figaro. A entendre le dernier président de la République de droite, la France serait une Pénélope en attente du retour de son Ulysse. Il est loin d’être le seul à embrasser cette pensée magique. Au début de sa campagne présidentielle en 2022, Valérie Pécresse assurait entendre le pouls du pays battre à droite, avant d’échouer à moins de 5 % au premier tour. « Cette certitude est inscrite dans l’ADN des dirigeants LR, observe la politiste Florence Haegel. Ils s’estiment être appelés par le pouvoir car c’est leur famille politique qui a principalement dirigé le pays sous la Ve République. »
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RécitPour la visite du président américain, Xi Jinping a soigné l’apparat, tout en se montrant très ferme sur la question de Taïwan, dossier qui conditionne tout le reste de la relation avec Washington.
Dans le sud de Pékin, le temple du Ciel resplendit avec ses trois étages de toits coniques couverts de tuiles d’un bleu profond. Les empereurs des dynasties Ming, puis Qing y venaient implorer les cieux d’offrir une récolte généreuse à leur peuple. C’est sur ce site du XVe siècle que Xi Jinping a emmené Donald Trump, jeudi 14 mai, malgré la canicule précoce, après deux heures et quinze minutes de discussions entre les présidents des deux plus grandes puissances, pour lui rappeler toute la profondeur historique chinoise. Il lui a expliqué que le Parti communiste chinois est l’héritier d’une tradition de pouvoir au service du peuple.
Le chef de l’Etat-parti avait déjà accompagné personnellement le magnat à la Cité interdite en 2017. Lors de cette visite, la dernière d’un président américain dans l’empire du Milieu, il y a presque une décennie, la diplomatie chinoise avait pu noter à quel point Donald Trump appréciait ces fastes que le régime de Pékin excelle plus qu’aucun autre à mettre à scène. Aussi, dès sa descente d’avion, mercredi soir, le président des Etats-Unis a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport de Pékin par un groupe de jeunes vêtus de blanc et de bleu ciel, alignés au millimètre, et qui agitaient des drapeaux des deux pays selon une cadence parfaite.
Donald Trump l’a martelé une nouvelle fois avant de s’envoler pour Pékin. « L’armée iranienne est décimée », a-t-il asséné devant les journalistes, mercredi 13 mai. Ceux qui prétendent le contraire sont des « traîtres », des « lâches qui jouent contre leur pays », a-t-il complété sur son réseau Truth Social, comme s’il voulait, par la seule parole présidentielle, tordre une réalité qui, peu à peu, s’impose à lui.
Quelques heures plus tôt, le New York Times avait, sur la base d’informations issues d’agences du renseignement américain, fait part d’indices laissant penser qu’après un mois de cessez-le-feu, l’Iran serait parvenu à rétablir l’accès à 30 des 33 sites de missiles situés le long du détroit d’Ormuz, menaçant potentiellement les navires de guerre américains et les pétroliers positionnés dans cet étroit couloir maritime. Sans compter les quelque 27 grandes installations souterraines baptisées « villes-missiles » disséminées à travers un territoire montagneux à la superficie trois fois plus grande que celle de la France, et abritant dans des kilomètres de galeries des projectiles balistiques et des drones.