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mercredi 11 mars 2015

Assaut sur Montauban, juillet 1621


Assaut donné contre la Ville de Montauban, avec la défaite des troupes des sieurs de la Rochette et de Thurlinol, par monsieur le duc de Mayenne, le 26 juillet 1621.

« Monsieur le Duc de Mayenne, ayant eu avis que ces rebelles de Montauban, faisaient des corvées et sorties, se résout (vu le commandement de sa Majesté) de les attendre à Caverdoux, là où il avait eu avis que le 26 dudit (mois de juillet 1621), ils s’y devaient trouver, dont s’achemina courageusement audit lieu de Caverdoux, qui est à deux grands lieues de Montauban, pour attendre les rebelles de sa Majesté, ou ledit sieur de Mayenne était suivi de 6 compagnies de cavalerie, de 4 de chevaux légers et de 6 de carabins, dont il y avait un régiment de pied, lesquels conduisaient 6 pièces de canon.
Enfin ledit sieur Duc se campa audit lieu de Caverdoux, pour attendre les troupes de la Rochette et de Thurlinol, fit poser des sentinelles partout, et mit le reste de ses gens en bon nombre, lesquels une minute d’heure, leurs durait plus qu’un jour, étant si courageux au service de sa Majesté.
Ils n’eurent pas séjourné environ une heure, que les sentinelles aperçurent venir les rebelles de sa Majesté, qui étaient en nombre de 800, lesquels étaient fort bien équipés, et venaient pour raser et brûler ledit Bourg de Caverdoux. Enfin dès aussitôt les sentinelles donnèrent le signal, et se retirèrent promptement.
Alors  monsieur le Duc de Mayenne commanda à la cavalerie et au régiment de pied, pour leur aller devant, à celle fin de leur faire entrée. Adonc les troupes de la Rochette et de Thurlinol ayant aperçu monsieur de Mayenne qui venait à l’encontre d’eux commencèrent à prendre la fuite, l’un d’un côté, l’autre de l’autre, et ne savaient de quel côté ils devaient se retirer, à cause du sieur Duc qui tenait un coutelas à la main, et s’écriait qu’il avait désir de les voir à cause qu’il ne les avait jamais vu, mais ils ne voulaient aucunement attendre.
Les ayant atteint, il commença à leur faire savoir de son bon comportement, en chamaillant d’une façon si adextre, qu’il défit une partie de la cavalerie sur le même champ, lesquels ne faisaient grand résistance, à cause d’au lieu d’avancer, ils allaient en arrière. Lors voyant ce, il accouru courageusement après eux, lesquels se voulaient jeter dans Montauban, mais ils n’étaient pas en nombre de 30, lesquels avançaient chemin furieusement, pour n’être citoyen de Caverdoux, alors ledit Duc, voyant qu’ils approchaient bien près dudit Montauban, et qu’il ne pouvait les attraper, s’en retourna avec sa cavalerie, où il vit les beaux effets que faisaient ses gens sur les piétons de Montauban, lesquels on défit tous, et n’en resta pas un qui ne fut mis et taillés en pièces.
Alors joyeux de cette victoire, qu’il avait eu contre les rebelles de sa Majesté, il commanda à sa cavalerie d’avoir courage, et qu’il voulait les aller voir, enfin il ordonna que l’infanterie les eusse à suivre, et qu’on menasse les canons, et pour ledit Bourg, il n’y laissa environ que 300 hommes, lesquels ne se pouvaient revenir dans ledit Bourg, à cause qu’ils avaient défi de faire paraître leur valeur, pour l’honneur et service qu’ils pourraient à notre Roy. »

Edité à Lyon, 1621.



dimanche 21 novembre 2010

Louis XIII's Carabins, Arquebusiers, tireurs en volant & en courant

The king Louis XIII had, in 1621, a company of marksmen named "compagnie de tireurs en volant & en courant" wich means flying & running marksmen. The defenders of Montauban fear them... Toiras, who was to become Marshal of France, was appointed captain of this company.

En ce siège de Montauban, le Roy avait auprès de sa personne une compagnie de tireurs en volant & en courant, la plupart gentilshommes de condition qui servaient, & à ses plaisirs à la chasse, & à sa gloire à la guerre. Car des tranchées aux sièges des villes, ils tiraient avec tant de justesse contre les ennemis, qui osaient paraître tant soit peu sur leurs fortifications, que pas un seul d'eux ne montraient la tête, qu'il ne fut tué ou blessé, même on a cru qu'au siège d'Angely, Toiras avait tué de son fusil Hautefontaine qui commandait dans la place. Il était capitaine de cette compagnie comme le plus adroit arquebusier du Royaume. Le Roy même qui est par dessus tous les hommes par la dignité de se couronne, était sous lui dans sa compagnie. (...)
Ces seigneurs tiraient à balle si adroitement, qu'ils incommodaient fort les ennemis, lesquels n'osaient se faire voir dessus les bastions. Le Roy était alors brigadier dans cette valeureuse compagnie. (...)
Histoire de cette compagnie :
A cela l'amour des armes porta le Roy à établir une compagnie de tireurs, qui fut prise des seigneurs de son petit coucher, & de ses petites chasses, il ordonna que tous les lundi on tirerait au Papegay, & que celui qui l'abattrait, serait appelé capitaine tout le long de la semaine, & jusques à ce qu'un autre eût emporté le prix sur lui. Sa Majesté les menait à la chasse, là chacun s'écartait pour faire sa prise séparément ; car de tout ce jour-là, il n'était pas permis de manger, ni de servir sur table, que ce qu'on avait pris. (...)
(Histoire du Maréchal Toiras. Paris, 1666)

Mousquetaires devant la Rochelle, 1628 (Peinture de Claude Gellée dit le Lorrain).