Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne
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27.5.24

NATHALIE FERLUT


Nathalie Ferlut a illustré la couverture et le livret de l'album de One Another Orchestra, comme elle l'avait fait pour Falen Chrome de Jac Berrocal & Riverdog. Ses albums de bande dessinée Les Lettres d'Agathe ou Ève sur la balançoire (pour ne citer que ceux-ci) sont d'insignes perles d'union narration et dessin (de réflexion sur la lumière même).
• Petit portrait ici  

 

 

21.1.24

QUI AVANCE ?

 


"Ils tentent leur chance, ils misent sur l'alliance hâtive
De ceux pour qui depuis toujours, le France doit rester la France.
Leur idéal est pure machination, leur discours de la science fiction."
Extrait (résonnant) des paroles de Spike dans "Qui avance" in l'album d'Ursus Minor Zugzwang sorti en 2005 (avec aussi Boots Riley, D'de Kabal, M1, Umi, Ada Dyer, Jeff Beck)

13.1.23

JEFF BECK (NOS FRAGMENTS)

 

Nom de l'enfance avancée, de la petite adolescence, dans nos irremplaçables revues-boussoles, il a une place à part, moins criante, mais plus coriace que le reste, coriace dans la guitare. Nous sommes alors dans un monde de guitares à voix hautes. Jimi Hendrix a dit ce qu'il lui devait. Il y a eu les Yardbirds. Inévitables positionnements des cours de récré pour les trois guitaristes (les deux derniers transiteront en même temps - on verra Blow Up d'Antonioni bien plus tard) "Alors lequel tu préfères ?". Les copains apprentis guitaristes en parlent tout le temps. 

"Salut c'est Pop 2 !" et on entend "Superstition" au Bataclan pour pour la première fois. Stevie Wonder l'a écrit pour lui. Il en offrira sa propre version plus tard. Quand Tony Hymas vient à Chantenay-Villedieu en 1984, les musiciens anglais présents parlent de lui car Tony a été dans son groupe, l'histoire liant les deux hommes est forte. 

En 1990, terres indiennes. Tony coupe court à une explication-gymnastique, essai typique de producteur pour se retenir de nommer ; essai donc de décrire le type de solo nécessaire pour le texte de John Trudell à propos de Crazy Horse dans Oyaté : "C'est à Jeff Beck que tu penses ?" Un coup de fil de Tony et Jeff Beck enregistre. On est content. Ben oui, on est content. Ce n'est pas la célébrité, c'est la multiplicité des images qui s'accordent. Michel Doneda, Hugh Burns et Stuart Elliott sont avec Tony les autres musiciens. 

Dans un disque de John McLaughlin de 1995, Jeff Beck joue le "Django" de John Lewis (avec McLaughlin, Hymas et Mark Mondésir), c'est très gracieux, l'éclipse sans nécessité d'éclipser. C'est quoi le jazz ? Quelque chose qui se joue dans une vallée entre "Django" et "Superstition" ?

Tiens "Supersition" ! En 2003, Ursus Minor se forme (Tony Hymas - François Corneloup - Jef Lee Johnson - Dave King) et invite Boots Riley, Dead Prez, D' de Kabal, Spike, Ada Dyer et Jeff Beck. L'aventure est rendue possible grâce au festival Sons d'Hiver, très impliqué. Des répétitions à Campus, enregistrements aux Studios de la Seine, deux concerts les 18 et 19 janvier et un disque qui sortira en 2005 (Zugzwang). "Your guy is good" dit Jef Beck à Tony hymas après avoir entendu Jef Lee Johnson lors des répétitions. Guy Le Querrec photographie, offre son livre à l'ex Yardbird qui y retrouve certains de ses copains : "Oh Stanley !" (Clarke) ... Pendant la balance du 19 janvier, un petit riff joué par hasard ou par saine habitude donne naissance à une idée toute simple. Le concert se terminera, en forme de rappel, par une longue version de "Superstition" ou le rappeur M1raconte l'histoire du morceau pendant l'introduction, puis Ada Dyer chante (elle connait ça par cœur, elle est passée chez Tamla-Motown), tout le monde rappe, c'est furieux, c'est libre, et cette guitare vibre des inattendus et des métamorphoses dont elle est la racine.

Des années plus tard dans le Minnesota, Beck-Bozzio-Hymas sont au même programme que BB King, lequel invite l'auteur du fondamental Beck Ola, disant à l'auditoire : "sans ces jeunes types en Angleterre qui aimaient tant notre blues, jamais je n'aurais pu être vraiment un King". 

N'empêchons jamais les chemins de terre de se croiser, ceux de traverses des ombres particulièrement. La guitare éclair traçant son présent s'est tue le 10 janvier. 

 

• Photographie : Guy Le Querrec - Magnum, Ursus Minor à Sons d'Hiver, Villejuif, 18 janvier 2003

10.4.22

FRANÇOIS CORNELOUP CHEZ TEXTURE

Au levé des années 70, André Francis avait inventé à Châteauvallon le terme "solo absolu". Il indiquait clairement qu'il ne s'agissait pas d'un musicien qui quittait son groupe habituel pour se produire avec quarante musiciens, ni de solos accompagnés, l'usuel rayonnant du jazz et de ses enfants, mais de "seul en scène face au monde". Le monde hier, 9 avril 2022, c'était la bien nommée librairie Texture à Paris 19e et l'absolu, le généreux solo de François Corneloup. Il était là pour présenter son livre de photographies Seuils (éditions Jazzdor series, texte Jean Rochard) et c'est bien une forme de loyauté pour ce fameux espace-titre à franchir, puis son dépassement, que joua le saxophoniste. Entouré de livres exaltants, il chemina par les sentiers aimantés d'histoire, saluant de grands ainés tel Harry Carney chez Duke Ellington, faisant surgir des phrases musicales reliées comme autant de poèmes, de naissances solidaires, de partages propices ou de petits festins éclatant les parenthèses, ne se contentant jamais d'acquis, mais désireux, puissamment désireux, de la rencontre.


Photo Z. Ulma

21.9.21

À TROIS-PALIS, UNE FEMME S’EST LEVÉE


 

C’était presque une habitude d’une époque où l’expression, le chahut, le mot complémentaire ou contradictoire et l’abolition de la séparation de la scène marquaient les accents vers le relief, fut-il outré. Et puis tout le monde est revenu dans son rôle assigné : concerts sous contrôle, musiciens sous contrôle, public sous contrôle - sous autocontrôle même. L’idée du rêve dans les nuits de l’amour et les jours fraternels s’était faite beaucoup plus discrète, démissionnaire peut-être. Ne jamais dire jamais!

Le 19 septembre 2021, à Trois Palis (Charente), à l’issue de trois journées d’un festival de village exactement organisé (le village est une forme) par le musicien Bruno Tocanne et ses camarades, une femme s’est levée pour dire le bien que lui faisait la musique, que nous faisait la musique, pour dire notre besoin d’ouverture au rêve, celui d’une autre vie que celle des figures imposées où le besoin matériel monnayé serait la seule règle. Cette femme, debout, s’adressant à ce qu’il est convenu d’appeler «public» parce que les statisticiens du goût l'ont catégorisé comme tel (en réalité un groupe de personnes librement assemblés par un désir voisin), déclara qu’elle n’avait pas l’habitude de parler en public, mais on sentit de suite comme elle était pressée par la beauté reçue et partagée pendant ces trois jours, comme elle souhaitait les vivre au-delà, comme elle souhaitait vivre.

Les trois jours de Trois-Palis furent d’une pénétrante lucidité, d’une beauté de lumière sèche traversée par l’ondée, lumière de vérité, clair obscur où se découvrent les visages intactes de leur humaine révolte. Solos diurnes de Robin Fincker, Vincent Courtois et nocturne de Denis Badault taquinant l’histoire du jazz en acrostiche, duo de Marc Ducret et Samuel Blaser à cheval sur l’horizon, trio de Robin Ficker, Bernard Santacruz et Samuel Silvant porteurs toniques d’une forme très au jazz [1] chantant si fort les capacités d’anticipation de son habitat fondamental, et quartet nommé à point Entre les terres avec François Corneloup, Jacky Molard, Catherine Delaunay et Vincent Courtois, s’adossant sur le panorama pour en livrer tous les secrets. Musiques de grandes énergies, d’étreintes douces, de villages assumés et de violences fraternelles. Musiques si belles qu’une femme s’est levée. Quelle belle nouvelle. Ne restons plus couchés !

 Photo : Bernard Santacruz par B. Zon


[1] Depuis 1957, d’abord Sonny Rollins avec Ray Brown et Shelly Manne, Wilbur Ware et Elvin Jones, Henry Grimes et Specs Wright , Oscar Petitford et Max Roach, Henry Grimes et Kenny Clarke, Henry Grimes et Pete La Roca, Jymie Merritt et Max Roach,, Niels Henning Orsted Pedersen et Alan Dawson, Gilbert Rovère et Art Taylor, Jimmy Garrison et Elvin Jones... Puis parmi tant d’autres: • Albert Ayler - Gary Peacock - Sunny Murray • Ornette Coleman - David Izenson - Charles Moffett • Lee Konitz - Sonny Dallas - Elvin Jones • Sam Rivers - David Holland - Barry Altschul • John Surman - Barre Phillips - Stu Martin • Evan Parker - Barry Guy - Paul Lytton • François Jeanneau - Jean-François Jenny-Clark - Jacques Thollot • Paul Motian - Jean-François Jenny-Clark - Charles Brackeen • Marion Brown - Beb Guérin - Eddie Gaumont • Dewey Redman - Malachi Favors - Ed Blackwell • Steve Lacy - Jean-Jacques Avenel - John Betsch • Bernard Santacruz - Frank Lowe - Denis Charles • Daunik Lazro - Jean Bolcato - Christian Rollet • François Corneloup - Claude Tchamitchian - Eric Echampard • Fat Kid Wednesdays • Catherine Delaunay - Guillaume Séguron - Davu Seru …

30.8.21

AU SUD DU NORD À CERNY

 

Dimanche matin à Cerny en Essonne Isabelle Atapie chante en solo (mais pas seule) dans la chapelle d'Orgemont. Timbre, architecture et questions d'instance. Un petit chien s'invite, c'est du regard qu'il interpelle l'auditoire et c'est du regard qu'il joue en duo avec la chanteuse. Elle invite les gens à la suivre et rejoindre l'orchestre qui l'attend (Damien Argentieri, Philippe Laccarrière, Benoît Raffin) pour sa définition de standards à venir. Un autre chien s'invite (celui-là chante - belle voix, il a l'air au courant, la chanteuse lui répond), une enfant danse, l'électricité fait des siennes, la musique reste là avec ses tournoiements, ses interrogations et ses forces de tous les possibles. La situation prévaut, moment réellement constituant. Philippe Laccarrière et ses amis d'Au Sud du Nord (dénomination impeccable en ces temps où les boussoles font défaut) ont offert (pour la 25e fois ce week-end des 27, 28 et 29 août) un festival aux ouvertures douces, une certaine idée de la conciliation prompte aux surgissements inattendus (Entre les terres, Valentine trio, Temps Réel, Phat Organ trio, Kevin Reveyrand Quartet, Evry Bamako Project, Gingko Biloka, Abula invite Didier Malherbe, Le bruit des glaces). Les dispositions amicales permettent l’alternance des questions et des réponses. Ce fut également le cas dans l'après midi du samedi avec le débat des Allumés du Jazz (à ce moment-là préférables sans aucun doute aux exhibitionnistes chevaliers du ciel, héritiers de Tanguy et Laverdure dans un barouf d'enfer) où, "à deux pas du soleil", l'on discutait, démêlait, chicanait, éclairait, fouillait la question des formes "naturelles" de la musique (avec Pierre Tenne, Bernard Lortat-Jacob‌, Jean Rochard, Michele Gurrieri, Nicolas Souchal, Ben Lagren). Un moment de nouvelles solidarités possibles aussi.

 

Photo : B. Zon

21.8.19

KIND OF BELOU ORCHESTRA
Photographies Gérard Rouy

Il est des lieux alternateurs de tempéraments vigoureux, des situations où le sol et les gens qui l'habitent offrent tous leurs reliefs dans la rencontre avec un réel rendu inapte à nier l'utopie d'un instant. À Treignac pendant 4 jours du 31 juillet au 3 août, le Kind of Belou Orchestra s'est constitué physiquement, amicalement et musicalement : Catherine Delaunay (clarinettes, cor de basset, lèvres, rires), Morgane Carnet (saxophones ténor et baryton, lèvres, rires), Nathan Hanson (saxophones ténor et soprano, lèvres, rires), François Corneloup (saxophone baryton, rires), Didier Petit (violoncelle, chant, lèvres, rires), Tony Hymas (clavier, lèvres, rires), Étienne Gaillochet (batterie, chant, lèvres, rires) rejoints par Anna Mazaud (chant) et D' de Kabal (chant-rap). Le jour du concert (3 août) c'est en riant quelques minutes que l'orchestre pénètre sur scène. Tous les sentiments sont permis jusqu'à la gravité tellement actuelle lorsque D'de Kabal dresse la liste des dernières et intolérables férocités policières avant que le groupe ne salue le résistant Addi Bâ 1. On y danse aussi, beaucoup, sans mise en garde, sans garde à vue, on se donne la réplique jaillissante, la poésie veille et on rit encore. Autant d'influences, de sources différentes, de parcours émotionnels, de questions turbulentes, de façons expressives, d'accents colorés, de débats en charades, de petits trésors et de secrets sans gêne historique alors mis en commun, quand un "est un autre"2 et tous ensemble. Vieux motto et pensée moins furtifs qu'il n'y paraît : un autre monde est possible "quand tous les belous s'y mettront". Des jours très heureux pour une musique aux larges et humaines aptitudes, une musique pour se lever... naturellement.

Gérard Rouy qui fut témoin de l'effervescence de la musique libérée au tournant des années 60/70, présent lors de cette vingtième édition de Kind of Belou a photographié quelques instants de cette effervescence là.

Merci aux insulaires treignacois et treignacoises de Kind of Belou, du Treignac Project et d'autres caravanes avec qui et par qui tout cela fut vécu et vit encore : Thierry Mazaud, Isabelle Vedrenne, Thierry et Isabelle Collet, Christelle Raffaëlli, Jean Agier, Jean-Paul Peyrat, Mona Guillerot, Joël Vaujour, Martine Fourniaud, Sam Basu, Liz Murray, Sylvia Cornet, Philippe d'Hauteville, Peter Marvel, Flavien Barouty et l'irrésistible Café du Commerce.

1 Répertoire détaillé et présenté ici
2 Artur Rimbaud 

  
  
 
 

Photographies © Gérard Rouy

5.8.19

PRÉSENTATION DU RÉPERTOIRE
DU KIND OF BELOU ORCHESTRA


KIND OF BELOU ORCHESTRA
Treignac le 3 août 2019
Orchestre sans chef avec :
Catherine Delaunay (clarinettes)
Morgane Carnet (saxophones)
Nathan Hanson (saxophones)
François Corneloup (saxophones)
Didier Petit (violoncelle)
Tony Hymas (clavier)
Étienne Gaillochet (batterie, chant)

Invités :
Anna Mazaud : chant
D’ de Kabal : rap

À 20 ans, "On a des réserves de printemps / Qu'on jetterait comme des miettes de pain / À des oiseaux sur le chemin" (Léo Ferré)

Il y a 3 fois 20 ans, Miles Davis enregistrait Kind of Blue[1], album promu à un raisonnable succès qui s'entendit jusque dans le massif des Monédières, territoire des Belous, peuplade fervente de résistance qui a le sens du blues, n'en déplaise à Jules César qui provoqua un incendie pour se débarrasser des druides.

Belou, c'est un appel de berger, un individu solitaire, un joli bébé, un petit mouton ou une bête sauvage, une amoureuse, un buveur de bière, un voyou ou même un dieu chevauchant les nuées. Des Belous, il en est donc de plusieurs kind, au fond toutes complémentaires.

Il y a 1 fois 20 ans, au pied des Monédières à Treignac, naissait le festival Kind of Belou et voici venu, 20 ans après, comme diraient les trois mousquetaires qui cette fois seront 7, à moins qu'on ne les compte par 9, le Kind of Belou Orchestra qui résoudra l'équation sans se priver d'en poser d'autres : comment mettre 20 ans dans un orchestre, comment y mettre une définition, un paysage, des danses d'ici et d'ailleurs, des visions d'antan, des souvenirs futurs, des luttes d'ici et maintenant ?

Répertoire

The Vikings
Composition : Mario Nascimbene (1958) - Arrangement : Catherine Delaunay
Des Vikings en pays belou ? Drôle d’introduction. Certes, il y a des Vikings dans le Kind of Belou Orchestra qui viennent du Minnesota ou bien qui vont revoir leur Normandie après chaque séjour corrézien. D’aucun pourrait y voir quelques excités de la trompe songeant à déferler sur Fort Lalatte en riant très fort [2]. Mais plus simplement, il s’agit peut-être de l’emprunt d’un beau cri de ralliement pour les rêves enfantins.

Move
Composition : Jef Lee Johnson (2005) - Arrangement : Tony Hymas
Jef Lee Johnson, musicien de Philadelphie, est venu pour la première fois à Kind of Belou en 2006 avec Ursus Minor et y est revenu en 2012, quatre mois avant de nous quitter [3]. En 2015, à Treignac, Ursus Minor enregistrait sa composition « Move » avec la chanteuse Ada Dyer. [4]
« Time is never still and so you know you got to move »

Bruyères corréziennes
Composition : Jean Ségurel - paroles Jean Leymarie (1936)
Arrangement : François Corneloup
En 1936, le Front Populaire fait rêver la France un trimestre, en Espagne anarchistes et antifascistes font échec au coup d’état nationaliste, une porte de beauté s’ouvre mais le rêve tournera court, annonciateur d’un cauchemar gigantesque. Adolf Hitler présente la Volkswagen et l’Allemagne nazie se militarise à l’extrême. En Corrèze, Jean Ségurel rêve aux Monédières, sorte d’île tranquille pleine de bruyères bientôt confrontée à l’infernal tumulte.

All belous
Incl. « Les Fiancés d’Auvergne », André Verchuren (1961), « All Blues » Miles Davis (1959)
Arrangements : Catherine Delaunay - Nathan Hanson
En 1959, Miles Davis écrivait un « All Blues » à la capacité fort enveloppante d’évoquer tous les blues, ou mieux, de saisir le blues de chaque occasion. André Verchuren en eut-il vent lorsqu’il composa « Les Fiancés d’Auvergne » deux ans plus tard ? Les deux thèmes partagent une phrase commune et Treignac en sera enfin le lieu dépositaire. 

Give chance a chance to surprise you
Composition, paroles : Étienne Gaillochet (2019)
Comme plusieurs membres du Kind of Belou Orchestra, Étienne Gaillochet a joué en plusieurs points limousins signifiants (Treignac, Tarnac, Tulle, Limoges…). La logique beloue ne lui échappe donc pas. Donner à la chance la chance de nous surprendre pourrait bien être un motto avéré de l’histoire limousine.

La Paloma
Composition : Sebastián Iradier (1863) - Arrangement : François Corneloup
« La Paloma » est l’un des thèmes les plus populaires de l’histoire, bien avant son premier enregistrement phonographique en 1899. Il en existe plus de 2 000 versions où le bel oiseau blanc se pose ci et là au gré du vent, des tempos des bateaux filant dans l’océan ou de mortelles randonnées quand le souvenir perdure « n´oublie pas je t´aime ».

Free style avec  D’ de Kabal
Paroles : D’ de Kabal - Composition et arrangements collectifs (2019)
« Ma colère est mienne, est une et indivisible, incassable, incorruptible ». D’ de Kabal a rencontré Tony Hymas et François Corneloup dans le Zugzwang [5] d’Ursus Minor en 2003. Étienne Gaillochet a été le batteur du groupe de D’de Kabal : « Ma colère ». D’ a passé une année avec les élèves du collège Lakanal à Treignac. Un moment de carrefour qui ne rond point.

Addi Bâ
Composition : Tony Hymas - paroles Sylvain Girault (2013)
Addi Bâ, tirailleur d'origine guinéenne, devint chef du premier maquis vosgien, et fut fusillé le 18 décembre 1943. Son portrait figure dans Chroniques de Résistance, l’album de Tony Hymas, pensé et réalisé à Treignac avec ses compagnons : Nathalie Richard, Frédéric Pierrot, Elsa Birgé, Desdamona, François Corneloup, Journal Intime, Pete Hennig. Un album dédié aux résistants du passé, du présent et du futur.

Sung in Vain
Composition : Nathan Hanson (2009) - Auteur : Kid Dakota
« No melody could ever reach him ». Composée par Nathan Hanson et Kid Dakota pour un album saluant Leonard Cohen[7], la chanson « Sung in Vain » se défie elle-même car la mélodie en a touché plus d’un et une au point d’ailleurs de devenir un standard de la Fanfare des Belous. 

La semaine sanglante (version beloue 2019)
Composition : Jean-Baptiste Clément sur un air de Pierre Dupont (1871)
Arrangement : Tony Hymas
Il est de belles chansons qu’on espérerait n’avoir plus aucune actualité. Ce n’est pas le cas avec « La semaine sanglante », écrite par Jean-Baptiste Clément au lendemain de l’écrasement de la Commune de Paris. La version beloue reprend quatre couplets avec une légère modification du texte final.

Belou, blue, blues
Composition : Catherine Delaunay (2018)
Dans son énumération des « Hommes sans visage, bas les masques », le Sous Commandant Marcos[8] disait être « gay à San Francisco, noir en Afrique du Sud, asiatique en Europe, chicano à San Isidro, anarchiste en Espagne, palestinien en Israël, indigène dans les rues de San Cristóbal, (…) féministe dans les partis politiques, communiste dans l’après-guerre froide, prisonnier à Cintalapa, pacifiste en Bosnie, Mapuche dans les Andes (…), artiste sans galerie ni portefeuille, maîtresse de maison un samedi soir dans n’importe quelle colonie de n’importe quelle ville de n’importe quel Mexique, guérillero dans le Mexique de la fin du XXe siècle, journaliste bouche-trou dans les pages intérieures, (…) femme seule dans le métro à 22 heures, paysan sans terre, éditeur marginal, ouvrier au chômage, médecin sans cabinet, étudiant non conforme, dissident du néolibéralisme, écrivain sans livres ni lecteurs, et, pour sûr, zapatiste du Sud-Est mexicain ». Se risquerait-on à dire qu’un Belou pourrait avoir été ou pourrait être gilet jaune sur les ronds-points, gilet noir au Panthéon, zadiste à Notre-Dame-des-Landes, jeune fêtard à la fête de la musique à Nantes, immigré à Lampedusa, indien au Brésil, résistant en Corrèze, Communard à Paris, juif dans le ghetto de Varsovie, bluesman dans le Delta du Mississippi ? En tout cas, les Belous, le blues, ils connaissent. Catherine Delaunay, bien à l’écoute de leurs sentiments, en a composé un pour la treignacoise Fanfare des Belous.

**********

Une fantaisie issue de la complicité fraternelle
du festival Kind of Belou et des disques nato.



[1] Kind of Blue, Miles Davis (Columbia, 1959)
[2] The Vikings, Richard Fleischer (1958)
[3] Thisness, Jef Lee Johnson (Hope Street – nato 2005)
[4] What matters now, Ursus Minor (Hope Street – nato 2016)
[5] Zugzwang, Ursus Minor  (Hope Street – nato 2003)
[6] Chroniques de résistance, Tony Hymas (nato 2014)
[7] How the Light gets in, Fantastic Merlins with Kid Dakota (Hope Street – nato 2010)
[8] Depuis les montagnes du sud-est du Mexique (éditions Les Ecrits Des Forges)

Photo : B. Zon

15.7.19

KIND OF BELOU ORCHESTRA
3 août 2019

À 20 ans "On a des réserves de printemps / Qu'on jetterait comme des miettes de pain / À des oiseaux sur le chemin." (Léo Ferré)

Il y a 3 fois 20 ans, Miles Davis enregistrait Kind of Blue, album promu à un raisonnable succès qui s'entendit jusque dans le massif des Monédières, territoire des Belous, peuplade fervente de résistance qui a le sens du blues, n'en déplaise à Jules César qui y provoqua un incendie pour se débarrasser des druides.

Belou, c'est un appel de berger, un individu solitaire, un joli bébé, un petit mouton ou une bête sauvage, une amoureuse, un buveur de bière, un voyou ou même un dieu chevauchant les nuées. Des Belous, il en est donc de plusieurs kind, au fond toutes complémentaires.

Il y a 1 fois 20 ans, au pied des Monédières à Treignac, naissait Kind of Belou et voici venu, 20 ans après, comme diraient les trois mousquetaires qui cette fois seront 7 à moins qu'on les compte par 9, le Kind of Belou Orchestra qui résoudra l'équation sans se priver d'en poser d'autres : Comment mettre 20 ans dans un orchestre, comment y mettre une définition, un paysage, des danses d'ici et d'ailleurs, des visions d'antan, des souvenirs futurs, des luttes d'ici et maintenant ?

• Kind of Belou Orchestra : Treignac le 3 août 2019

Catherine Delaunay (clarinettes)
Morgane Carnet (saxophones)
Nathan Hanson (saxophones)
François Corneloup (saxophones)
Didier Petit (violoncelle)
Tony Hymas (clavier)
Étienne Gaillochet (batterie, chant)

+ invité(e)s surprises

Le 3 août, à la Salle des Fêtes de Treignac
(monument historique)

23.3.18

URSUS MINOR ET CRESCENT MOON
EN TERRES FRATERNELLES

Photo : Laurent Poiget
• Des origines à nos jours, nos Sons d'hiver
L'insistance a les habitudes de ses habitants, la stabilité de ses éclats, la donne de l'autre. Janvier 2003, au studio Campus et sur la scène de Sons d'Hiver se crée Ursus Minor, groupe d'emblée respirant par les espaces de ses ouvertures. On dit que le temps de janvier indique celui des mois suivants. 15 ans plus tard, ces mêmes endroits et Ursus Minor se retrouvent (ce fut aussi le cas en 2004, 2006, 2010, 2012 pour chaque tête de chapitre). "Voilà !" Comme on dit aujourd'hui. Lorsqu'Ursus Minor fut rêvé, pensé, déterminé, il n'entrait dans aucune case y compris dans l'espace récupérant réservé à ce qui sort du cadre et donc dans un aucun programme ou petit arrangement de type "kulturel". L'accueil de Sons d'hiver fut exceptionnel et augura de maintes suites ici et ailleurs. 15 ans plus tard, après un corrézien What matters now, riche des particularités d'expériences des années 2012 à 2016, d'une certaine histoire populaire, après plus d'un an de silence et de bouleversements du ciel, Ursus Minor, évadé de la toile de fond, réapparait en une forme neuve, plus ramassée diront les spécialistes, avec, nouveau commensal, Crescent Moon, évidente association astrale-amicale-politique.

• (Ne) Choisy (pas)-le-Roi
Le 28 janvier 2018, donc, au Théâtre Paul Éluard de Choisy-Le-Roi (la ville de Rouget de Lisle et de la Bande à Bonnot - seul le premier a une statue), Ursus Minor et Crescent Moon partageaient la scène avec P.O.S et DJ Ander Other. P.O.S et Crescent Moon sur une même scène, c'est pour tout amateur de hip hop indépendant une occasion quasi thaumaturgique. Deux voix qui surgissent du tumulte pour en accroître la fécondité. P.O.S est l'auteur d'un véritable sémaphore discographique intitulé Never better et ses autres albums sont autant de lanternes. Tout y est pur mouvement et les mots d'un formidable discernement. À partir d'une expérience intensément vécue, dans le constat implacable d'un monde traumatisé d'oppression, se dessinent toujours les courbes d'une image naissante ("I take my time with it / I take forever, so sick of work and that clever / Let's skip ahead to the next / Pushin' my own limits / I make it better / Ain't no one touching my future"), les signaux nécessaires ("They on some nonsense, we on some nonstop!" "And we float like kites through your turbulence"). Crescent Moon est le rappeur du duo Kill the Vultures (comme P.O.S également de Minneapolis), groupe dont le plus récent album, Carnelian, perle tellement organiquement inspirée, est riche de signaux multiples et neufs (on conseillera aussi vivement Ecce Beast et The Careless Flame). Stokley Williams pour l'heure envolé vers une carrière de chanteur, c'est Rodney Ruckus qui s'assoit au tabouret de la batterie aux côtés de Grego Simmons (guitariste sur What matters now ayant succédé à Jef Lee Johnson et Mike Scott) et des vétérans François Corneloup et Tony Hymas. De la voix, du geste, tout palpe et palpite, s'harmonise là où s'élancent le sens et les interstices rassemblés suggérant un corps sonore d'une folle réalité. Seule reprise, l' actualisée "United States of Amnesia" de Robert Wyatt si terriblement à l'ordre du jour (coïncidence, le 28 janvier est la date de naissance de l'ex Soft Machine) et brièvement introduite "Il n'est pas facile d'être un américain de nos jours, mais quand est-ce que ça pourrait l'être ? ", le reste du répertoire comporte cinq copieux arrangements de chansons de Kill the Vultures et cinq titres tout neufs se terminant (s'ouvrant) sur un "Standing Rock 2016" particulièrement bienvenu au regard de l'actualité. L'évocation de Philando Castile dans la ballade douce-amère argumentée en colère finale "Lucky" rejoint celle de Mike Brown dans la première partie avec P.O.S. Ferguson, Minneapolis, banlieue parisienne : crimes racistes à répétition de forces dites de "l'ordre". P.O.S rejoint le quintet pour un rappel généreusement improvisé, terminaison ouverte de cette fortifiante soirée.

• Cap sur Saint-Claude
Fortifiante soirée donc, alors poursuivre et en route pour une semaine fraternelle ! Le lundi matin, en chemin, on embarque le dessinateur Zou qui a assisté au concert la veille (il croquera la semaine) et on prend le train jusqu'à Saint Claude. Enfin pas tout à fait, car en Macronie les trains qui ne sont pas TGV se font tellement de soucis qu'ils sont remplacés par des cars. Donc à Bourg-en-Bresse (prononcer Bourkembresse nous indique une aimable voyageuse), tout le monde descend puis monte dans le très petit autobus (la conductrice n'est pas sûre que tout le monde rentrera). Entrainée par un jovial François Corneloup, la petite troupe chante un peu de son saoul pour égayer les voyageurs transformant cet avatar néo-libéral en voyage de vacances. Enfin, c'est l'arrivée à Saint-Claude avec un accueil immédiatement chaleureux. Après le repas, visite de la Maison du Peuple de la Fraternelle. Issue des cercles ouvriers de l'après Commune et devenue coopérative alimentaire, après avoir repris d'autres locaux sanclaudiens, La fraternelle construisit sa propre maison, sur le modèle de celles des socialistes belges. On y trouvait un théâtre, un café populaire, des salles d'assemblées, une bibliothèque, une boulangerie, des caves à vins, une imprimerie. L'actuelle Fraternelle, qui s'efforce de vivre en accord avec le vœu initial de cette maison, conserve également les traces et marques de l'histoire de celle-ci (elle fut un haut lieu de résistance pendant la seconde guerre mondiale). On s'émerveille de la bibliothèque et de ses originaux ou encore de l'imprimerie (toujours en activité). Aujourd'hui, La Fraternelle abrite donc toujours une incroyable imprimerie, mais aussi un cinéma, un café, une Art'Othèque (où l'on dégotte affiches superbes maison, cartes postales maison aussi, livres ou disques - tous liés à la vie du lieu). Cette Maison du Peuple sera le théâtre d'une semaine de vie pour Ursus Minor, Crescent Moon et Zou. On y jouera aux échecs ou l'on se promènera dans les monts alentours, on visitera les musées de la Pipe et du Diamant ou celui de l'Abbaye (où l'on retrouvera deux peintures de Rebeyrolle qui ne seront pas les seuls signes limousins du voyage), on y répétera, écoutera de la musique ou des êtres, devisera sur l'état du monde, la musique ou l'histoire, boira, étudiera, rira, dessinera, farfouillera (L'Art'Othèque de la Fraternelle à Saint-Claude a demandé aux plantigrades ainsi qu'à Zou de choisir quelques œuvres pour l'exposition dans le café, l'excitant moment du choix fut de grande joie), on y apprendra même de surprenants détails sur les renards ou les biches...  Difficile de tomber mieux, après une première escale au lieu d'origine si fidèle, pour poursuivre le voyage d'un groupe en quête de sources et de pluriels.  Il est des situations, des endroits, où la parole se libère, l'esprit poétique prend son élan, la vie se salue et où on finit toujours par danser... où on ne finit pas d'ailleurs. Cette semaine à La Fraternelle de Saint-Claude, à la Maison du Peuple, quelque chose a commencé.

• Une certaine Maîtrise
On ne perd pas (forcément) son temps à l'école. La force de l'histoire ou plutôt du rythme de l'histoire. À la bien nommée Fraternelle de Saint-Claude, les matins du 31 janvier et du 1er février, les classes de 3ème du Collège de la Maîtrise à Saint-Claude à la rencontre de Crescent Moon et Ursus Minor. Intensité et rires entre autres détails d'une certaine forme de conscience résistante qui participe du devenir immédiat du monde contre la mise en péril de l'être. Les élèves de 3e du Collège de la Maitrise à Saint-Claude ont été impressionnants de vérité poétique, de lucidité politique et d'une courageuse ouverture qui a permis cette rencontre où furent évoqué moult agitation des consciences, pressentiments et impressions mouvementées à partir du thème douloureux de la déportation.
"On est parti 302 et revenus 116" (Andreas, Samuel), "Il est beaucoup question de liberté" (Clémentine), "Il y avait une odeur, l'odeur de la peur" (Enzo, Corentin),  "Le bruit des roues qui rend sourd" (Jules, Robin), "J'ai eu beaucoup de chance de n'avoir aucun besoin" (Kenza, Quentin),  "Alors on a cherché et on a trouvé" (Lisa, Manon), "Je grave dans mon esprit cette lueur impossible" (Werther, Roméo), "Tous prêts à mourir parce qu'on a voulu se nourrir" (Alanis, Simon), "Pourquoi autant de cruauté dans ce monde désabusé" (Ménelle, Mélanie, Farah), "À l'aube, la réalité, pour me réveiller ne cesse de frapper" (Jeanne, Crystal), "Ces mots de tête qui se répètent, se répètent, se repètent, sans cesse dans cet enfer, dans la guerre meurtière, tu n'as plus les mots, les mots, les mots" (Sarah, Inès), "Jedem das sein, comprenez ça comme vous voulez" (Hugo, Nathan), "Révolté qu'il soit dans cet enfer !" (Marthe, Mélanie), "Ici dans ce camp, on ne ferme jamais l'œil, les chances de tomber dans un sommeil infini, sont plus importantes que celles de la survie" (Nicolas, Clara), "La haine est titanesque et se réveille sans fin" (Nicolas, Téo), "J'ai peur de faire mes souvenirs, je veux mourir pour enfin dormir, et partir, pour enfin entendre des rires" (Valentine, Kelly), "How are we going to get out of this house ?"
Relations continuelles d'une histoire sans abandon, (la résistance hier et aujourd'hui), brûlures actuelles (Philando Castile), luttes vivantes (Standing Rock). Et pour finir, après un révélateur morceau collectif intitulée par les élèves "Putain de maladie", la danse, évidence des corps libres, s'invita...

• À 1000 mètres : Saint-Laurent-en-Grandvaux,
La rencontre avec les enfants ne s'interrompra pas, certains se joindront même au concert du samedi. Le mercredi, au conservatoire de Saint-Laurent-en-Grandvaux, sorte d'île mystérieuse débordante d'amabilité où règne une éloquente énergie, François Corneloup mène atelier avec d'autres enfants, plus jeunes encore, certains plus petits que leur saxophone, autour de "Mercy, Mercy, Mercy", heureux thème de Joe Zawinul écrit pour Cannonball Adderley. Zou dessine toujours. Dans la même salle le soir, Tony Hymas joue Léo Ferré devant grandvallières et granvalliers si ravis qu'ils se précipitent sur l'improvisé stand de disques ("précipiter" et "disques" sont des mots qui peuvent encore aller bien ensemble, très bien ensemble). François Corneloup, Joe Zawinul, Cannonball Adderley, Tony Hymas, Léo Ferré, pas très loin de chez Gustave Courbet, au pays des rouliers où "les miroirs rêvent de nos faces".

• Incident à Oglala
Le jeudi soir après quelques échanges sur les étranges réalités de la production discographique, le cinéma de La Fraternelle diffuse Incident à Oglala de Michael Apted.
Pourquoi cette projection ? Il y a bien des raisons, en voici quelques-unes :
- Ursus Minor est lié à Minneapolis, Crescent Moon y vit, et c'est à Minneapolis que naquit l'American Indian Movement
- John Trudell fut un activiste de ce mouvement, ce qui eut des conséquences tragiques pour sa famille, il fut aussi un grand poète et notre ami. C'est lui qui trouva le titre de l'album Oyaté de Tony Hymas, auquel il a participé
- Dennis Banks nous a quittés l'an dernier
- Et au début de cet an dernier, le président Obama, avant de céder la place à Donald Trump, a refusé la demande de grâce demandée par les proches de Leonard Peltier en prison depuis 1976 après une caricature de procès (détaillée dans le film)
- Ursus Minor et Crescent Moon jouent un morceau intitulé "Standing Rock 2016" 
- Tony Hymas et Barney Bush ont publié un album intitulé Left for Dead dont le titre clé est dédié à Leonard Peltier

- Parce qu'il n'y a pas d'ailleurs ultérieur hors du souci réaliste et de son rêve profond
- Et puis on est à la Fraternelle alors...

• Retrouver les gestes à venir
Gustave Flaubert (écrivain raisonnablement talentueux, mais cuistre de la gent bourgeoise) s'est méfié des ours qui dansent (Madame Bovary) comme il a méprisé les communards. Ici à La Fraternelle de Saint Claude, le sentiment de Commune est fort et l'accueil des ours merveilleux. Le samedi est le jour du concert, il neige et pourtant l'affluence impressionne, l'amitié est forte, l'installation idéale, les reflets conjoints ne fléchissent pas.  Il y a un tableau de Pierre Bonnard au musée de l'Abbaye à Saint Claude, Bonnard pour qui "il ne s'agissait pas de peindre la vie, mais de rendre vivante la peinture" et pour qui "La peinture devait revenir à son but premier, l'examen de la vie intérieure des êtres humains." La musique inventée la semaine précédente se risque autrement, ouvre d'autres espaces, de sentiment et d'imagination, de pulsation où le flux des mots pénètre les interstices de glissements, de métaphores et c’est précisément dans ces interstices que s’infiltre la musique. Une sorte de figure d'origine. On est déjà dans la suite du moment même.

Remerciements chaleureux et amicaux:

• à Sons d'Hiver et au Théâtre Paul Éluard à :
Fabien, Fabien, Armelle, Nathalie, Catherine, François, Sylvain, Jacques, Nicolas, Philippe, Pierre, Laurent, Maria, Cécile, Anthony, Marc
aux camarades de Campus 

• à La Fraternelle à:
Christophe, Sylvie, Marine, Elza, Esmeralda, Natacha, Sandra, Laetitia, Antonio, Baptiste, Cisco, Zélie, Cédric, Zozo, Bruno, Adeline, Sabrina, Aurélia
aux profs de la Maîtrise:
Nathalie, Carole, Sandrine, Liendina
à Cassandre CSZ

• à Saint-Laurent à :
Philippe, Bruno, la chouette équipe de la buvette
Photo : Cassandre SCZ
Photo : François Corneloup
Photo : B. Zon
Photo : Cassandre SCZ
Photo : Cassandre SCZ

Photo : B. Zon
Photo : B. Zon
Photo : Elza Van Peps
Photo : B. Zon
Photo : Elza Van Peps
Photo et suivantes : B. Zon









Post blogum 1 :
Au cambrioleur qui a opéré à La Fraternelle : on ne cambriole pas une imprimerie, un cinéma indépendant ou une maison du peuple. C'est contre toi - choisis tes cibles - et si tu lis cette note, nous t'adresserons avec plaisir les deux volumes de la correspondance d'Alexandre Marius Jacob (correspondances aperçues d'ailleurs dans une bibliothèque de Saint Claude). Et si cela ne suffit pas alors médite cet extrait des "Stances à un cambrioleur "de Georges Brassens : "Post-Scriptum, si le vol est l'art que tu préfères / Ta seule vocation, ton unique talent / Prends donc pignon sur rue, mets-toi dans les affaires / Et tu auras les flics même comme chalands"

Post blogum 2 :
On peut parfaitement, avec un peu d'entraînement quand même dans le bus qui vous conduit pour un séjour à Saint-Claude à partir de Bourg-en-Bresse (la Macronie n'aime pas les trains qui rendent service), s'abstenir des blagues lourdingues, téléphonées et forcément agaçantes et pénibles pour les Sanclaudiennes et Sanclaudiens. Mais il faudrait tout de même que le Musée de la pipe et du diamant y mette du sien en ne plaçant pas la barre trop haut.