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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour : 14.07.2026
12685 articles


14JUILLET

Publié le 14/07/2026 à 15:38 par papilacabane Tags : sur mer france place presse air message

 

14-Juillet : face à la montée des périls, un défilé « historique » et « stratégique »

Analyse

Réservé aux abonnés

Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026.

Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026. Daniel Perron / Hans Lucas via AFP

La parade militaire mise en scène par l’Élysée pour le défilé du 14-Juillet entend montrer aux Français les effets concrets de l’augmentation du budget de l’armée. Et aux Russes que la France et ses alliés se préparent activement à la guerre de haute intensité.

« Historique », « un record », les superlatifs de l’Élysée pleuvent sur ce défilé militaire du 14-Juillet, l’ultime du président Emmanuel Macron. Après le spectaculaire défilé de l’armée chinoise, le 3 septembre 2025, ou celui, moins flamboyant que les années passées, de l’armée russe le 9 mai 2026, au tour donc de la France de montrer sa puissance, en cette période de retour possible de la guerre de haute intensité dans les relations internationales. Face à cette bascule géopolitique rapide et dangereuse, Emmanuel Macron a placé son dernier défilé sous le thème du « réveil stratégique de l’Europe ».

Montrer, faire voir, sont les maîtres mots de ce 14-Juillet, et de façon polysémique. D’abord, en direction des Français. « Nous voulons leur montrer que les efforts budgétaires consentis par la nation au profit des armées se traduisent de manière extrêmement concrète et visuelle. Vous allez voir une armée française dans ses dimensions terre, mer, air, défiler avec des matériels absolument renouvelés. Une armée qui, grâce aux crédits qui lui sont alloués, est capable de répondre à toutes les missions que leur ordonnera le président de la République et pourra faire face aux chocs les plus durs », assure à La Croixle général Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris.

Montrer la « massification » des moyens

Il n’y aura toutefois pas de grandes nouveautés dans les armements et matériels présentés. À une ou deux exceptions près, comme la présence de l’escadron de drones de chasse du 1er régiment d’infanterie de Marine (RIMa) d’Angoulême. Le premier escadron composé de drones, précise le général Mizon, signe de la dronisation en cours de l’armée française.

Mais l’accent du défilé est ailleurs. Il est porté sur la « massification »(l’augmentation significative du volume des forces et des équipements en vue de la haute intensité), souligne le général Mizon. « Nous mobilisons 70 avions, d’habitude. Cette fois, nous avons voulu faire une démonstration de puissance en faisant voler au-dessus des Champs-Élysées 130 avions, presque tous avec la cocarde bleue, blanc, rouge », ajoute pour La Croix le général Julien Sabéné, directeur du défilé aérien du 14-Juillet et commandant en second de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Avec la coalition des volontaires

Autre dimension du défilé, la place faite aux alliés de la France. « Nous avons voulu montrer que, comme depuis le début du XXe siècle et même avant, l’armée française n’agit pas seule. Elle compte sur des alliés, sur des partenaires, des frères et des sœurs d’armes. Nous avons donc souhaité mettre en valeur des partenariats stratégiques », souligne le général Mizon. En tout, 39 nations ont été invitées, précise l’Élysée, toutes membres de la coalition des volontaires, cette structure militaire lancée en 2025 à l’initiative de la France et du Royaume-Uni pour garantir la sécurité de l’Ukraine une fois qu’un accord de paix aura été trouvé avec la Russie. Parmi elles, 35 pays ont répondu positivement, les alliés historiques de la France comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, mais aussi les pays d’Europe centrale, scandinaves et ceux du flanc est de l’Europe.

Seront présentes aussi des puissances extra-européennes comme le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Le Japon, invité, a décliné. Ils seront en tout 503 militaires étrangers, chaque pays défilant dans un groupe de 25 personnes maximum autour de leur porte-drapeau. Seront mis à l’honneur les Ukrainiens, qui seront les derniers du bloc des alliés à défiler. Et deux de leurs pilotes en formation en France seront les copilotes des Mirage 2000B qui encadreront la Patrouille de France en ouverture de défilé.

Un message pour la Russie

Ce défilé est donc pensé pour dire que la France n’est pas faible et qu’elle n’est pas seule. C’est l’effet recherché le plus important, « un signal stratégique », souligne le général Sabéné. C’est-à-dire un message adressé aux « compétiteurs » de la France et des Européens afin qu’ils réfléchissent à deux fois avant de recourir à la force contre eux. À destination, en premier lieu, de la Russie qui, selon les principaux services de renseignements européens, est la menace la plus probable, la plus structurante et la plus immédiate, prévoyant un choc de haute intensité à horizon deux à quatre ans. Peut-être même bien avant.

En effet, les États-Unis ont alerté Varsovie de la possibilité d’une incursion terrestre russe d’ici à quelques mois, a rapporté début juillet 2026 le site d’information polonais Onet. Le 29 juin, c’était le ministère néerlandais de la défense qui évoquait le risque d’une campagne militaire russe « dans l’année ».

Un défilé massif

8 500 militaires défileront sur terre et dans les airs le 14 juillet 2026, dont 503 soldats des pays membres de la coalition des volontaires, créée pour soutenir l’Ukraine contre l’invasion russe.

Défileront aussi, de manière inédite, 300 réservistes du Groupement des entités de l’aéronautique, de la défense et du spatial (Greads), d’Airbus à MDBA en passant par ArianeGroup. Une façon de montrer le continuum entre les armées et l’industrie de défense, tous nécessaires au réveil stratégique de la France et de l’Europe.

On y verra près de 300 véhicules, des chars Leclerc aux véhicules blindés multirôles (VBMR) Griffon.

Une flottille de 130 avions, dont des Rafale armés de faux missiles, des avions de transport A400M, des ravitailleurs A330 MRTT Phénix, des avions radars Awacs, survolera les Champs-Élysées. Et plus d’une trentaine d’hélicoptères.

Une trentaine de chefs d’États et de gouvernement assisteront au défilé,parmi lesquels ceux du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de l’Ukraine, assure l’Élysée.

14JUILLET

Publié le 14/07/2026 à 15:38 par papilacabane Tags : sur mer france place presse air message

 

14-Juillet : face à la montée des périls, un défilé « historique » et « stratégique »

Analyse

Réservé aux abonnés

Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026.

Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026. Daniel Perron / Hans Lucas via AFP

La parade militaire mise en scène par l’Élysée pour le défilé du 14-Juillet entend montrer aux Français les effets concrets de l’augmentation du budget de l’armée. Et aux Russes que la France et ses alliés se préparent activement à la guerre de haute intensité.

« Historique », « un record », les superlatifs de l’Élysée pleuvent sur ce défilé militaire du 14-Juillet, l’ultime du président Emmanuel Macron. Après le spectaculaire défilé de l’armée chinoise, le 3 septembre 2025, ou celui, moins flamboyant que les années passées, de l’armée russe le 9 mai 2026, au tour donc de la France de montrer sa puissance, en cette période de retour possible de la guerre de haute intensité dans les relations internationales. Face à cette bascule géopolitique rapide et dangereuse, Emmanuel Macron a placé son dernier défilé sous le thème du « réveil stratégique de l’Europe ».

Montrer, faire voir, sont les maîtres mots de ce 14-Juillet, et de façon polysémique. D’abord, en direction des Français. « Nous voulons leur montrer que les efforts budgétaires consentis par la nation au profit des armées se traduisent de manière extrêmement concrète et visuelle. Vous allez voir une armée française dans ses dimensions terre, mer, air, défiler avec des matériels absolument renouvelés. Une armée qui, grâce aux crédits qui lui sont alloués, est capable de répondre à toutes les missions que leur ordonnera le président de la République et pourra faire face aux chocs les plus durs », assure à La Croixle général Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris.

Montrer la « massification » des moyens

Il n’y aura toutefois pas de grandes nouveautés dans les armements et matériels présentés. À une ou deux exceptions près, comme la présence de l’escadron de drones de chasse du 1er régiment d’infanterie de Marine (RIMa) d’Angoulême. Le premier escadron composé de drones, précise le général Mizon, signe de la dronisation en cours de l’armée française.

Mais l’accent du défilé est ailleurs. Il est porté sur la « massification »(l’augmentation significative du volume des forces et des équipements en vue de la haute intensité), souligne le général Mizon. « Nous mobilisons 70 avions, d’habitude. Cette fois, nous avons voulu faire une démonstration de puissance en faisant voler au-dessus des Champs-Élysées 130 avions, presque tous avec la cocarde bleue, blanc, rouge », ajoute pour La Croix le général Julien Sabéné, directeur du défilé aérien du 14-Juillet et commandant en second de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Avec la coalition des volontaires

Autre dimension du défilé, la place faite aux alliés de la France. « Nous avons voulu montrer que, comme depuis le début du XXe siècle et même avant, l’armée française n’agit pas seule. Elle compte sur des alliés, sur des partenaires, des frères et des sœurs d’armes. Nous avons donc souhaité mettre en valeur des partenariats stratégiques », souligne le général Mizon. En tout, 39 nations ont été invitées, précise l’Élysée, toutes membres de la coalition des volontaires, cette structure militaire lancée en 2025 à l’initiative de la France et du Royaume-Uni pour garantir la sécurité de l’Ukraine une fois qu’un accord de paix aura été trouvé avec la Russie. Parmi elles, 35 pays ont répondu positivement, les alliés historiques de la France comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, mais aussi les pays d’Europe centrale, scandinaves et ceux du flanc est de l’Europe.

Seront présentes aussi des puissances extra-européennes comme le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Le Japon, invité, a décliné. Ils seront en tout 503 militaires étrangers, chaque pays défilant dans un groupe de 25 personnes maximum autour de leur porte-drapeau. Seront mis à l’honneur les Ukrainiens, qui seront les derniers du bloc des alliés à défiler. Et deux de leurs pilotes en formation en France seront les copilotes des Mirage 2000B qui encadreront la Patrouille de France en ouverture de défilé.

Un message pour la Russie

Ce défilé est donc pensé pour dire que la France n’est pas faible et qu’elle n’est pas seule. C’est l’effet recherché le plus important, « un signal stratégique », souligne le général Sabéné. C’est-à-dire un message adressé aux « compétiteurs » de la France et des Européens afin qu’ils réfléchissent à deux fois avant de recourir à la force contre eux. À destination, en premier lieu, de la Russie qui, selon les principaux services de renseignements européens, est la menace la plus probable, la plus structurante et la plus immédiate, prévoyant un choc de haute intensité à horizon deux à quatre ans. Peut-être même bien avant.

En effet, les États-Unis ont alerté Varsovie de la possibilité d’une incursion terrestre russe d’ici à quelques mois, a rapporté début juillet 2026 le site d’information polonais Onet. Le 29 juin, c’était le ministère néerlandais de la défense qui évoquait le risque d’une campagne militaire russe « dans l’année ».

Un défilé massif

8 500 militaires défileront sur terre et dans les airs le 14 juillet 2026, dont 503 soldats des pays membres de la coalition des volontaires, créée pour soutenir l’Ukraine contre l’invasion russe.

Défileront aussi, de manière inédite, 300 réservistes du Groupement des entités de l’aéronautique, de la défense et du spatial (Greads), d’Airbus à MDBA en passant par ArianeGroup. Une façon de montrer le continuum entre les armées et l’industrie de défense, tous nécessaires au réveil stratégique de la France et de l’Europe.

On y verra près de 300 véhicules, des chars Leclerc aux véhicules blindés multirôles (VBMR) Griffon.

Une flottille de 130 avions, dont des Rafale armés de faux missiles, des avions de transport A400M, des ravitailleurs A330 MRTT Phénix, des avions radars Awacs, survolera les Champs-Élysées. Et plus d’une trentaine d’hélicoptères.

Une trentaine de chefs d’États et de gouvernement assisteront au défilé,parmi lesquels ceux du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de l’Ukraine, assure l’Élysée.

14JUILLET

Publié le 14/07/2026 à 15:38 par papilacabane Tags : sur mer france place presse air message

14-Juillet : face à la montée des périls, un défilé « historique » et « stratégique »

Analyse

Réservé aux abonnés
Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026.

Plus de 8 500 soldats défileront sur terre et dans les airs pour le 14-Juillet, dont les répétitions se sont tenues le 9 juillet 2026. Daniel Perron / Hans Lucas via AFP

La parade militaire mise en scène par l’Élysée pour le défilé du 14-Juillet entend montrer aux Français les effets concrets de l’augmentation du budget de l’armée. Et aux Russes que la France et ses alliés se préparent activement à la guerre de haute intensité.

« Historique », « un record », les superlatifs de l’Élysée pleuvent sur ce défilé militaire du 14-Juillet, l’ultime du président Emmanuel Macron. Après le spectaculaire défilé de l’armée chinoise, le 3 septembre 2025, ou celui, moins flamboyant que les années passées, de l’armée russe le 9 mai 2026, au tour donc de la France de montrer sa puissance, en cette période de retour possible de la guerre de haute intensité dans les relations internationales. Face à cette bascule géopolitique rapide et dangereuse, Emmanuel Macron a placé son dernier défilé sous le thème du « réveil stratégique de l’Europe ».

Montrer, faire voir, sont les maîtres mots de ce 14-Juillet, et de façon polysémique. D’abord, en direction des Français. « Nous voulons leur montrer que les efforts budgétaires consentis par la nation au profit des armées se traduisent de manière extrêmement concrète et visuelle. Vous allez voir une armée française dans ses dimensions terre, mer, air, défiler avec des matériels absolument renouvelés. Une armée qui, grâce aux crédits qui lui sont alloués, est capable de répondre à toutes les missions que leur ordonnera le président de la République et pourra faire face aux chocs les plus durs », assure à La Croixle général Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris.

Montrer la « massification » des moyens

Il n’y aura toutefois pas de grandes nouveautés dans les armements et matériels présentés. À une ou deux exceptions près, comme la présence de l’escadron de drones de chasse du 1er régiment d’infanterie de Marine (RIMa) d’Angoulême. Le premier escadron composé de drones, précise le général Mizon, signe de la dronisation en cours de l’armée française.

Mais l’accent du défilé est ailleurs. Il est porté sur la « massification »(l’augmentation significative du volume des forces et des équipements en vue de la haute intensité), souligne le général Mizon. « Nous mobilisons 70 avions, d’habitude. Cette fois, nous avons voulu faire une démonstration de puissance en faisant voler au-dessus des Champs-Élysées 130 avions, presque tous avec la cocarde bleue, blanc, rouge », ajoute pour La Croix le général Julien Sabéné, directeur du défilé aérien du 14-Juillet et commandant en second de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Avec la coalition des volontaires

Autre dimension du défilé, la place faite aux alliés de la France. « Nous avons voulu montrer que, comme depuis le début du XXe siècle et même avant, l’armée française n’agit pas seule. Elle compte sur des alliés, sur des partenaires, des frères et des sœurs d’armes. Nous avons donc souhaité mettre en valeur des partenariats stratégiques », souligne le général Mizon. En tout, 39 nations ont été invitées, précise l’Élysée, toutes membres de la coalition des volontaires, cette structure militaire lancée en 2025 à l’initiative de la France et du Royaume-Uni pour garantir la sécurité de l’Ukraine une fois qu’un accord de paix aura été trouvé avec la Russie. Parmi elles, 35 pays ont répondu positivement, les alliés historiques de la France comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, mais aussi les pays d’Europe centrale, scandinaves et ceux du flanc est de l’Europe.

Seront présentes aussi des puissances extra-européennes comme le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Le Japon, invité, a décliné. Ils seront en tout 503 militaires étrangers, chaque pays défilant dans un groupe de 25 personnes maximum autour de leur porte-drapeau. Seront mis à l’honneur les Ukrainiens, qui seront les derniers du bloc des alliés à défiler. Et deux de leurs pilotes en formation en France seront les copilotes des Mirage 2000B qui encadreront la Patrouille de France en ouverture de défilé.

Un message pour la Russie

Ce défilé est donc pensé pour dire que la France n’est pas faible et qu’elle n’est pas seule. C’est l’effet recherché le plus important, « un signal stratégique », souligne le général Sabéné. C’est-à-dire un message adressé aux « compétiteurs » de la France et des Européens afin qu’ils réfléchissent à deux fois avant de recourir à la force contre eux. À destination, en premier lieu, de la Russie qui, selon les principaux services de renseignements européens, est la menace la plus probable, la plus structurante et la plus immédiate, prévoyant un choc de haute intensité à horizon deux à quatre ans. Peut-être même bien avant.

En effet, les États-Unis ont alerté Varsovie de la possibilité d’une incursion terrestre russe d’ici à quelques mois, a rapporté début juillet 2026 le site d’information polonais Onet. Le 29 juin, c’était le ministère néerlandais de la défense qui évoquait le risque d’une campagne militaire russe « dans l’année ».

Un défilé massif

8 500 militaires défileront sur terre et dans les airs le 14 juillet 2026, dont 503 soldats des pays membres de la coalition des volontaires, créée pour soutenir l’Ukraine contre l’invasion russe.

Défileront aussi, de manière inédite, 300 réservistes du Groupement des entités de l’aéronautique, de la défense et du spatial (Greads), d’Airbus à MDBA en passant par ArianeGroup. Une façon de montrer le continuum entre les armées et l’industrie de défense, tous nécessaires au réveil stratégique de la France et de l’Europe.

On y verra près de 300 véhicules, des chars Leclerc aux véhicules blindés multirôles (VBMR) Griffon.

Une flottille de 130 avions, dont des Rafale armés de faux missiles, des avions de transport A400M, des ravitailleurs A330 MRTT Phénix, des avions radars Awacs, survolera les Champs-Élysées. Et plus d’une trentaine d’hélicoptères.

Une trentaine de chefs d’États et de gouvernement assisteront au défilé,parmi lesquels ceux du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de l’Ukraine, assure l’Élysée.

GUERREENUKRAINE

Publié le 14/07/2026 à 14:54 par papilacabane Tags : sur monde

Guerre en Ukraine : 293 civils tués en juin ; une série d’explosions à Kiev De la fumée noire, provenant d’une attaque russe, s’élève au-dessus d’immeubles d’habitation à Kiev, en Ukraine, le 11 juillet 2026.

De la fumée noire, provenant d’une attaque russe, s’élève au-dessus d’immeubles d’habitation à Kiev, en Ukraine, le 11 juillet 2026. Yevhen Kotenko / ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Selon un rapport de l’ONU publié mardi 14 juillet, juin 2026 a été le mois le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022, avec 293 tués et 1 990 blessés. Pendant ce temps, Kiev a essuyé une nouvelle attaque de missiles balistiques. Suivez les dernières informations sur la guerre en Ukraine de ce mardi 14 juillet.

Le mois de juin 2026 a été le mois le plus meurtrier pour les civils depuis avril 2022

Le mois de juin 2026 a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis avril 2022, après plus de quatre ans d’invasion russe, selon un rapport publié mardi par l’ONU.

« Après la forte hausse enregistrée en mai, le nombre de victimes civiles a continué d’augmenter, atteignant le nombre total le plus élevé de civils tués et blessés depuis avril 2022 », a affirmé la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine dans un communiqué, précisant qu’« au moins 293 civils ont été tués et 1 990 blessés en Ukraine » pour ce mois de juin.

Une série d’explosions entendue à Kiev après une alerte aux missiles

Une série d’explosions a été entendue mardi peu après minuit dans la capitale ukrainienne, a constaté un journaliste, après que l’armée de l’air a averti que plusieurs missiles étaient à l’approche.

« Les systèmes de défense aérienne sont en action dans la capitale. L’ennemi attaque Kiev avec des missiles balistiques », a indiqué le maire Vitali Klitschko sur Telegram.

La force de réassurance européenne effectuera des exercices dans « les pays voisins »

La force multinationale destinée à se déployer en Ukraine une fois que les armes se seront tues va commencer à s’entraîner dans les « pays voisins » dans les « prochains mois », a annoncé lundi le président français Emmanuel Macron.

« Nous avons décidé aujourd’hui des exercices qui se tiendront dans les prochains mois (..) Ils seront déployés dans les pays voisins de l’Ukraine pour valider nos plans de déploiement et démontrer que nous sommes prêts, déterminés et crédibles », a-t-il dit à l’issue d’une réunion de la « coalition des volontaires » à Paris.

INCENDIES

Publié le 14/07/2026 à 07:59 par papilacabane Tags : sur france place homme enfants fille

Incendies : qui met le feu aux forêts françaises ?
Dans la Drôme, les pompiers tentent de maîtriser le violent incendie qui s’est déclaré à Die et qui a déjà parcouru plus de 4 000 hectares. Fabrice Hebrard / Le Dauphiné/MaxPPP

L’identification des auteurs, en revanche, n’a rien d’évident. Dans un incendie, les indices disparaissent rapidement et la plupart des enquêtes n’aboutissent jamais à un responsable identifié. Samedi 11 juillet, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a néanmoins annoncé l’interpellation de 32 personnes soupçonnées d’être à l’origine ces dernières semaines de départs de feu dans 22 départements répartis sur une dizaine de régions. « Ces comportements inacceptables(…) relèvent désormais de la justice », a-t-il déclaré sur X.

Les pyromanes, une place « disproportionnée » dans les médias

Parmi ces interpellations, environ deux tiers concernent des faits susceptibles d’être volontaires et un tiers des départs de feu accidentels. Cette répartition ne reflète toutefois pas l’ensemble des incendies survenus en France, dont la plupart ne donnent lieu à aucune identification de leur auteur. Plus de la moitié des incendies de forêt d’origine humaine résultent d’imprudences ou de comportements dangereux.

« Que le départ de feu soit volontaire ou pas, il n’existe pas de profil type », explique Abdel Halim Boudoukha, psychologue travaillant au sein de la mission interministérielle sur les incendies de forêt. « La seule constante que l’on retrouve dans les études est qu’il s’agit majoritairement d’hommes. »

Contrairement à une idée reçue, la plupart des auteurs d’incendies volontairesne sont pas des pyromanes. Ces derniers agissent sans mobile apparent, contrairement aux incendiaires criminels, dont l’acte est prémédité et motivé par un conflit, une vengeance, une fraude à l’assurance ou du vandalisme. « On parle beaucoup de pyromanes, mais ils occupent une place disproportionnée dans les médias », souligne Abdel Halim Boudoukha. Parce qu’ils passent à l’acte de manière impulsive, sans véritable préméditation, ils laissent plus facilement des indices et sont davantage repérés par les enquêteurs.

Des profils disparates

Les dossiers de ces dernières semaines illustrent cette diversité. Dans l’Hérault, un homme de 27 ans, déjà condamné pour destruction par incendie, a été placé en détention provisoire après un feu ayant parcouru près de 20 hectares à Carlencas-et-Levas. Il reconnaît avoir brûlé une lettre d’adieu destinée à sa fille décédée, mais affirme que la propagation des flammes à la broussaille était accidentelle. Son procès est prévu le 27 août. Mais, selon les enquêteurs, plusieurs éléments du dossier tendent à établir le caractère volontaire de l’incendie.

Toujours dans l’Hérault, un second homme est soupçonné d’être à l’origine de neuf départs de feu. Sa garde à vue a été levée, mais les investigations se poursuivent. Plusieurs autres suspects ont, par ailleurs, été hospitalisés en raison de leur état psychiatrique. « Ce sont des profils disparates, résume le psychologue. C’est ce qui rend leur compréhension et leur prévention particulièrement difficiles. »

Les dossiers liés à des imprudences ou à des négligences dessinent eux aussi des profils variés. Parmi les personnes interpellées figure près d’un tiers de mineurs. Comme dans le Doubs, où deux enfants de 11 et 13 ans ont provoqué un incendie ayant détruit 3 000 m2 de végétation après avoir lancé des pétards dans un champ. Ou dans l’Ain, où un homme alcoolisé et sous l’emprise de stupéfiants sera prochainement jugé après un départ de feu survenu alors qu’il se serait arrêté pour changer une roue et réchauffer son sandwich.

Méconnaissance du risque

Pour le psychologue Abdel Halim Boudoukha, une partie importante de ces départs de feu traduit avant tout une méconnaissance du risque. « Ce sont souvent des comportements qui paraissent anodins à leurs auteurs mais qui peuvent devenir incontrôlables », explique-t-il.

Que l’incendie soit volontaire ou pas, les sanctions sont sévères dans les deux cas. Déclencher volontairement un incendie de forêt est passible de quinze ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. Lorsqu’il est provoqué par imprudence ou négligence, les peines peuvent aller de deux à dix ans d’emprisonnement et de 30 000 à 150 000 euros d’amende, selon les circonstances et les conséquences du sinistre.

Au-delà de la réponse pénale, Abdel Halim Boudoukha estime que la prévention doit être renforcée. Il pointe aussi une limite des connaissances actuelles : « Nous connaissons surtout les auteurs qui ont été interpellés. Cela ne représente qu’une partie des incendiaires et ne permet pas de dresser un véritable portrait de ceux qui passent à l’acte. »Alors que les feux gagnent en intensité et en fréquence sur l’ensemble du territoire, mieux connaître les profils de leurs auteurs pourrait devenir un axe majeur des politiques de prévention.

MACRONAUXARMEES

Publié le 14/07/2026 à 07:54 par papilacabane Tags : prix sur france place monde air demain

Emmanuel Macron aux armées : la France est prête à combattre « au prix du sang s’il le faut »
Le président Emmanuel Macron prononce son discours traditionnel devant les forces armées, à l’Hôtel de Brienne, à Paris, le 13 juillet 2026, à la veille du défilé annuel du 14-Juillet. Thomas Padilla / AFP

« Avant même que le Sahel ne sombre dans le chaos, avant même que le Proche et Moyen-Orient ne s’enflamment, avant même que la guerre n’arrive sur le sol européen, nous avions amorcé notre réarmement, a-t-il rappelé. On en mesure la nécessité. »

Nombreuses sont les missions et planifications qui témoignent de la place qu’entendent occuper les armées françaises dans les crises du temps présent. Soutenir les partenaires des pays du Golfe dont la France défend le ciel contre les drones et les missiles iraniens. Se déployer sur le flanc est de l’Europe, en particulier en Roumanie. Garantir la sécurité de l’Ukraine dans la « coalition des volontaires » dont Paris, avec Londres, a eu l’initiative. Se tenir prêt avec Londres pour assurer avec une autre coalition, la libre circulation du commerce maritime dans le détroit d’Ormuz…

Un budget doublé en dix ans

Pour être présent à ces rendez-vous et ceux de demain, le président français s’est félicité d’être parvenu à doubler le budget de l’armée entre 2017 et 2027, afin d’atteindre 64 milliards d’euros. Cet effort va même se poursuivre après la loi de programmation militaire (LPM), dont l’actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement et qui consacrera 436 milliards d’euros au budget des armées sur la période 2024-2030. C’est 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023. La ministre des armées, Catherine Vautrin, prévoit que le budget atteindra 76 milliards d’euros en 2030, soit 2,5 % du PIB.

Le redressement militaire de la France s’inscrit aussi dans une perspective européenne car seule, la France ne pourrait pas faire face au monde qui vient. « L’Europe est en train de devenir une puissance s’appuyant sur les États qui la constituent, respectueuse de leurs décisions souveraines, mais assumant de se défendre et d’agir, unis », s’est félicité Emmanuel Macron.

L’effort est là, « mais est-ce suffisant ? Non », souligne-t-il. Et de pointer les retards pris par les industriels de l’armement en France. « Nous devons innover. Nos entreprises du secteur doivent s’habituer à prendre davantage de risques », a-t-il martelé, regrettant au passage l’échec du Scaf, « l’avion du futur » victime de la mésentente entre Dassault et Airbus.

Retard dans la modernisation de l’armée française

En matière d’industrie de l’armement aussi, la collaboration entre les Européens est indispensable, a estimé le président de la République. Il a cité en exemple le projet Bromo, qui vise à parvenir à un géant européen du satellite, le « char du futur » franco-allemand, le système sol-air franco-italien (SAMP/T) ou celui de l’alerte antimissile avancée franco-allemande Jewel, destinée à détecter le plus tôt possible les tirs de missiles balistiques ou hypersoniques afin de protéger l’Europe.

Si ces efforts sont, de l’avis des spécialistes, loin d’être suffisants, ce n’est pas seulement à cause du manque de courage que le chef de l’État attribue aux industriels de l’armement, mais en raison, d’abord, du retard monumental pris par les armées françaises pour se moderniser, se massifier et se mettre à la hauteur de la réalité du combat de haute intensité d’aujourd’hui.

« La trajectoire de redressement, amorcée par l’actualisation de 2015 et consolidée par les LPM 2019-2025 et 2024-2030, porte ses fruits, mais ne doit pas tromper l’observateur »,soulignent les chercheurs Élie Tenenbaum et Stéphane Audrand dans une étude de l’Institut français des relations internationales (Ifri), publiée en avril 2026.

Manque de drones

« Si le modèle d’armée “complet et équilibré” est enfin financé à la mesure de ses ambitions, le format, lui, n’est pas toujours au niveau des menaces et plus largement de l’environnement. » « Le sous-investissement est criant sur les lance-roquettes avec 13 à 26 systèmes à horizon 2035, soit seulement 10 à 30 % du besoin pour un corps d’armée », s’alarment les deux chercheurs.

La commission défense du Sénat, de son côté, vient de tirer un signal d’alarme, le 7 juillet, en publiant un rapport sur l’impréparation des armées françaises à France/Guerre-drones-France-insuffisamment-preparee-2021-07-05-1201164874">la guerre des drones. « La France n’est pas prête à la guerre des robots », estime-t-elle, regrettant que moins de 2 % de la LPM soient consacrés aux drones, un montant « modeste au regard de son rôle désormais joué dans les conflits ». « Les volumes disponibles, quelques milliers, restent insuffisants pour atteindre une véritable masse critique »comme on le voit en Ukraine, estiment ces sénateurs.

Le rapport en appelle à un réveil stratégique « afin de faire de la robotisation la colonne vertébrale des armées françaises ». Comme pour leur donner raison, il n’y aura qu’une soixantaine de drones dans le défilé « historique » des armées françaises, demain sur les Champs-Élysées.

DANSLHERAULT

Publié le 13/07/2026 à 11:34 par papilacabane Tags : sur mer bonne base france place travail coupable

Dans l’Hérault, comment les pompiers enquêteurs ont trouvé l’origine d’un incendie grâce à un escargot brûlé

Reportage

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Fort de plus de vingt-cinq années d’expérience, le Lieutenant Cédric Oustry cherche des indices sur le terrain pour déterminer les causes de l’incendie.

Fort de plus de vingt-cinq années d’expérience, le Lieutenant Cédric Oustry cherche des indices sur le terrain pour déterminer les causes de l’incendie. Nanda Gonzague / pour La Croix

Les premiers grands incendies de la saison ont éclaté samedi 5 juillet dans l’Hérault et les Bouches-du-Rhône, et de nouveau dans l’Aude. Détenteurs d’un savoir-faire digne de criminologues, des enquêteurs décèlent les causes des incendies des feux de forêt grâce à de fins indices visibles sur le terrain.

Au bord d’une route de campagne, Cédric Oustry arpente le sol noir d’un champ totalement brûlé. Grosses chaussures, pantalon orné du fameux liseré rouge, gilet jaune à l’effigie de son groupement, ce pompier professionnel est en quête d’indices pour comprendre ce qui a causé, il y a quelques jours, cet incendie qui a parcouru plus de deux hectares. « Je suis comme un cueilleur de champignons, à l’affût des moindres détails qui me mettraient sur la bonne voie », se décrit le pompier professionnel, membre de la cellule technique départementale de recherche des causes de l’Hérault.

Des experts sur le terrain

Sur cette parcelle abandonnée, dans la petite ville de Fabrègues, seuls quelques arbustes cramoisis subsistent sur une partie du champ. De près, Cédric Oustry ausculte la végétation et la terre recouverte de cendres, mais lève aussi le nez pour ressentir le vent et observer les alentours.

« Il y a la recherche d’indices, mais il y a surtout un certain état d’esprit à avoir en arrivant sur les lieux, détaille le pompier. Ne s’appuyer que sur les indices visibles sur le terrain serait une erreur. Il y a un contexte à comprendre. Il faut s’imprégner de l’environnement, en saisir le relief, sentir le vent, comprendre comment le feu s’est comporté. »Plus de vingt-cinq années d’expérience ont forgé le flair de ce pompier aguerri.

En France, trouver l’origine d’un feu de forêt est l’apanage des cellules de recherche des causes et des circonstances de l’incendie, déployées dans chaque département. Chaque cellule est composée d’un pompier, d’un gendarme et d’un agent de l’Office national des forêts ou de la direction départementale des territoires et de la mer.

Ces trois experts, qui ont tous suivi la même formation, se déplacent ensemble sur les lieux de l’incendie, missionnés par un directeur d’enquête de la gendarmerie ou de la police, suite à un dépôt de plainte ou directement par le parquet. Sur place, ils procèdent à plusieurs relevés, évaluent les surfaces brûlées, compulsent les données météorologiques à l’instant de l’incendie. Ils confrontent leurs observations et argumentent leurs hypothèses.

La preuve par l’escargot

« Parfois, nous ne sommes pas d’accord. Alors, il faut poursuivre les investigations pour éliminer ou confirmer des hypothèses », raconte Cédric Oustry. Sur un formulaire, ils établissent les « causes possibles, impossibles et conclusions retenues ». Enfin, ce rapport est remis au directeur d’enquête, parfois assorti de pièces à conviction prélevées par le gendarme, tel un mégotpar exemple.

« Les membres aguerris de cette cellule déterminent si l’origine est criminelle ou accidentelle »,explique le procureur de la République adjoint de Nîmes, Frédéric Kocher, qui précise que le cas du mégot est l’une des causes les plus difficiles à identifier. Dans le Gard, sur les 400 feux de végétation enregistrés en 2024, 14 étaient d’origine criminelle. « De cette identification va dépendre une procédure judiciaire,poursuit le procureur. Une enquête criminelle sera menée par le parquet à partir des éléments apportés par la cellule. »

La première étape du travail consiste à identifier France/Incendies-comment-enqueter-departs-feu-2021-08-22-1201171759">la zone de départ de l’incendieen remontant le sens de sa progression. Au milieu du champ, un néophyte ne saurait s’y retrouver. Cédric Oustry, lui, n’a qu’à se baisser pour déterminer l’axe de propagation de l’incendie grâce à plusieurs signes qui ne le trompent jamais. « Voilà un escargot qui n’a l’air de rien mais qui nous dit beaucoup de choses »,montre le pompier, désignant, ravi, cet indice décisif. D’un blanc immaculé, juste bordé de gris sur sa partie avant, l’escargot gît. « Ce blanc indique le côté de l’escargot qui a le plus chauffé et donc, le sens de passage du feu sur lui »,explique l’expert.

Un peu plus loin, vers ce qui pourrait être la zone de départ, un autre indice se révèle. Les troncs des arbustes portent clairement les stigmates du feu. À leur base, une ligne nette, verticale, montre une face préservée d’un côté, et, de l’autre, une face carbonisée. « C’est l’angle de carbonisation,décrit-il méthodiquement. Le feu enveloppe la base du tronc puis s’élève à l’opposé de son point d’impact. La flamme embrase le feuillage et le tronc à l’avant, mais peu à l’arrière », détaille l’enquêteur. Sur le terrain, Cédric Oustry observe également le bord des routes, les lignes électriques, écoute des témoins et scrute la moindre toile d’araignée.

Dans l’Hérault, où près de 400 hectares ont brûlé ce week-end, le service départemental des incendies et secours mène également des enquêtes dites « simples », déclenchées pour chaque incendie dépassant un seul hectare, réalisée par un seul pompier cette fois.

« Ces enquêtes systématiques nous permettent d’avoir des statistiques fines et des connaissances sur les origines et le développement des feux, en saison et hors saison, raconte Thomas Jacquemin, responsable du groupement Feux de forêt et risques naturels des pompiers de l’Hérault. On améliore notre dispositif de surveillance, par exemple, en intensifiant nos patrouilles là où des incendies sont survenus à répétition, surtout s’ils ont eu une origine malveillante. Grâce à ces enquêtes, on connaît aussi mieux l’état des terrains et on adapte nos moyens d’intervention selon l’endroit où se développe l’incendie. »

Le coupable ? Un épervier électrocuté

En période de risque élevé, des fermetures de massifs peuvent aussi être décidées en fonction de données relevées grâce à ces enquêtes. En juillet et en août, deux pompiers, un à l’est du département, un autre à l’ouest, se relaient quotidiennement pour assurer une garde, prêts à enquêter immédiatement sur les lieux d’un incendie, à l’image du champ de Fabrègues où Cédric Oustry avait, le jour même, démarré son investigation, avant d’y revenir.

Sur la zone de départ identifiée, Cédric Oustry plante désormais plusieurs drapeaux : rouge pour indiquer l’axe de propagation, jaune pour les flancs, blancs pour les indices et enfin, vert pour localiser la cause la plus probable. « On est assez loin de la route, j’écarte donc le jet de mégot »,déduit-il décrivant l’effet circulaire, ici inexistant, des brûlures du sol en cas de mégot.

Puis, peu à peu, l’étau se resserre sur l’incendiaire responsable : un petit épervier dont ne subsistent que quelques plumes. « Il suffit de lever le nez et de constater la présence d’une ligne électrique juste au-dessus. L’oiseau a dû s’emmêler, puis s’électrocuter, avant de retomber, enflammé, dans ce champ et de l’embraser », conclut l’expert. Sa supposition a, plus tard, été confirmée par les services d’Enedis.

repères

Neuf feux de forêt sur dix d’origine humaine

En France, neuf feux de forêt sur dix sont d’origine humaine. Plus de la moitié d’entre eux sont le fait d’imprudences et de comportements dangereux.

Dans l’Hérault, en 2024, 45 % des 133 feux de forêt étaient d’origine malveillante.

Entre 1998 et 2021, selon les derniers chiffres disponibles du ministère de l’intérieur, 39 feux en moyenne par an sont causés, en zone méditerranéenne, par le jet d’un mégot de cigarette. Quinze d’entre eux ont ravagé des surfaces dépassant 100 hectares.

En 2024, 9 827 feux, dont 1 632 feux de forêt, ont brûlé 5 440 hectares, dont 2 700 hectares de forêts (hors outre-mer). Un chiffre nettement moins élevé qu’en 2023 et 2022.

SYMONPETLIOURA

Le souvenir douloureux de Symon Petlioura, héros ukrainien

  1. Qui était Symon Petlioura, dirigeant de la première indépendance ukrainienne, tué en 1926 à Paris par un homme qui l’accusait d’être l’auteur de pogroms antisémites ? Aujourd’hui encore, son souvenir divise les mémoires. Mais son histoire résonne étrangement avec l’actualité.

 

En ce 25 mai 2026, une centaine de personnes se tassent dans une étroite allée du cimetière du Montparnasse, à Paris, autour d’une tombe de marbre noir. La petite foule transpire dans ses habits de cérémonie, en ce printemps caniculaire. Dans l’assemblée, des hommes en uniforme militaire, des femmes en vychyvanka, la chemise brodée des Ukrainiens. On reconnaît l’ambassadeur ­d’Ukraine en France et deux évêques, l’un gréco-catholique, l’autre orthodoxe. Il y a des drapeaux et des couronnes de fleurs. Ce rassemblement vient honorer ­Symon Petlioura, dirigeant de la première indépendance ukrainienne, assassiné il y a exactement cent ans à Paris.

La cérémonie autour de sa tombe débute à 14 h 10, l’heure exacte à laquelle il a été tué de cinq balles. En souvenir, les présents déposent cinq roses sur la tombe. Ce rassemblement se déroule tous les ans, mais prend cette année une ampleur particulière, du fait du centenaire qui se déroule dans le contexte de l’invasion russe.

« Hommage au héros qui nous donne la force de continuer le combat pour la paix et la liberté », lance d’une voix forte Jean-Pierre Pasternak, figure de la diaspora ukrainienne en France et dont le grand-père s’est battu dans l’armée de Petlioura. Puis viennent les prières et les chants religieux, tandis qu’un prêtre balance généreusement un encensoir en argent.

Symon Petlioura : peu de Français connaissent ce nom. Mais pour les Ukrainiens de France, dont beaucoup sont descendants de ceux qui l’ont suivi dans l’exil, il reste un personnage important. L’homme, que ses proches appelaient respectueusement l’« otaman » (le commandant en chef), a été le principal dirigeant d’une Ukraine indépendante ayant tenté de s’imposer entre 1917 et 1920.

À l’époque, à la suite de la révolution bolchevique de 1917, ­l’Ukraine a en effet tenté de prendre sa liberté. Mais son territoire est rapidement devenu un terrain d’affrontement entre l’Armée rouge (communiste, dirigée par Léon Trotski), l’armée blanche (qui veut restaurer l’empire, dirigée par Anton Denikine) et les troupes ukrainiennes de Symon Petlioura, qui tentaient de préserver une Ukraine indépendante. Dans cette mêlée furieuse, les juifs ont payé le prix fort : victimes de tueries de la part de toutes les armées, y compris celle de Symon Petlioura. C’est ce qui a conduit l’otaman à cette tombe.

Après quatre années de guerre, en 1920, il est battu par l’Armée rouge. Il doit s’exiler en Pologne à bord d’un train blindé avec les derniers soldats de son armée. Puis en 1924, il s’installe à Paris avec sa femme et sa fille. Il vit alors rue Thénard, dans le 5e arrondissement, dans un hôtel meublé, entouré d’ex-officiers et d’anciens ministres devenus chauffeurs de taxi. Un rapport de police de l’époque que nous avons pu consulter raconte :« Petlioura est actuellement accompagné d’un secrétaire particulier qui est l’ancien président du Conseil des ministres d’Ukraine ; ce dernier connaît le français, au contraire de ­Petlioura. (…)Depuis son arrivée à Paris, il ne se livre à aucun travail lucratif. Il vit de ses revenus et s’occupe à titre personnel de travaux littéraires ; il ne reçoit aucune visite. »

Symon Petlioura est en fait revenu à son premier métier, celui de journaliste. Il édite Tryzub(« Trident »), une revue pour la communauté ukrainienne en exil. Il projette la création d’une bibliothèque dont il veut faire un centre de développement de la culture ukrainienne en Europe.

Cent ans plus tard, cette bibliothèque existe toujours. Elle se trouve dans le 19e arrondissement de Paris, près de la place des ­Fêtes, dans ce qui était un appartement d’un petit immeuble d’habitation. La pièce principale sert de salle de lecture. Dans ses réserves, elle conserve 40 000 livres. Aux murs, des paysages ukrainiens et une icône de la vierge ainsi que, gravés sur une plaque de marbre, les noms des dizaines de donateurs qui ont permis à cette bibliothèque d’exister.

« En exil, les proches de ­Petlioura n’ont jamais accepté la défaite. Ils considéraient qu’ils avaient juste perdu une bataille. Cette bibliothèque avait mission de préserver et faire rayonner la culture ukrainienne. C’est la tâche que nous poursuivons aujourd’hui », explique Ganna ­Fabre, une responsable des lieux.

Dans ce décor, Symon Petlioura est partout : un grand portrait de lui orne le bureau des administrateurs. Un buste s’élève dans un coin. Le visage de bronze de l’otaman regarde passer les visiteurs de ses grands yeux mélancoliques, son air déterminé et cet uniforme d’officier qu’il arbore sur de nombreuses photos. Dans une petite pièce à part, la bibliothèque conserve quelques reliques : son masque mortuaire, son manteau. Et dans une vitrine, soigneusement pliée, sa dernière chemise. On peut y voir les trous faits par les balles qui l’ont tué.

Il a trouvé la mort le 25 mai 1926, à 47 ans, à Paris. Symon ­Petlioura déjeune rue Racine, chez Chartier, où il a ses habitudes. À la sortie, devant les vitrines du libraire Joseph Gibert, il est abordé par Samuel Schwartzbard, un juif né dans l’Empire russe et naturalisé français. L’assassin l’interpelle et lui tire dessus à bout portant. Aussitôt arrêté, il indique avoir voulu venger la mort des juifs d’Ukraine, dont Petlioura serait, selon lui, le grand responsable.

Ce fait divers a très vite une grande résonance en France, et même au-delà, en Europe et aux États-Unis. Symon Petlioura est aussitôt dépeint dans la presse comme un dirigeant sanguinaire et antisémite. Le journal ­L’Humanité parle de lui comme du « chef incontesté des massacreurs »ou le nomme le « brigand Petlioura ».Pour le journal communiste, les choses sont simples : Symon Petlioura est un fauteur de troubles, tandis que seuls les bolcheviques ont su ramener l’ordre et protéger les juifs.

Aux yeux des organisations juives également, Symon Petlioura devient l’unique responsable des pogroms. Des comités s’organisent jusqu’aux États-Unis pour soutenir son assassin. Ils demandent justice. Et à leurs yeux, Samuel Schwartzbard est un héros. Le procès qui suit se termine par un acquittement.

Il faudra revenir plus en détail sur le sort des juifs d’Ukraine et sur ce verdict. Mais avant cela, il faut dire un peu plus qui était ­Symon Petlioura. Né en 1879 à Poltava, alors dans l’Empire russe, il grandit dans une famille de petits entrepreneurs, puis fait des études au séminaire orthodoxe. Dans l’effervescence de l’époque, il devient franc-maçon et rejoint le parti social-démocrate. Mais surtout, il défend l’idée nationale ukrainienne : pour lui, l’Ukraine n’a d’avenir que dans l’indépendance.

Le 20 novembre 1917, cette idée l’emporte. Alors que la révolution bolchevique est en cours à Moscou, l’assemblée ukrainienne vote l’indépendance. Symon Petlioura est au cœur de ces événements. Il devient le commandant suprême de l’armée, puis le président du pays. Maryna Paliienko, professeur à l’université Taras-Chevtchenko, à Kiev, le dépeint comme le véritable « fondateur de l’État ukrainien moderne »,car Symon Petlioura défend l’idée d’une Ukraine souveraine et démocratique, orientée vers l’Europe plutôt que la Russie.

Il croit dans l’éducation et le progrès social. La République ukrainienne de Symon Petlioura abolit la peine de mort et garantit la liberté de la presse. Il veut une Ukraine souveraine et libre. Mais pour lui, la nation ukrainienne ne doit pas se construire sur une base ethnique. Elle doit faire de la place à toutes ses composantes : les minorités russes, polonaises et juives qui comptent pour un tiers de la population.

Toutes ces minorités obtiennent des droits garantis, dont celui de s’administrer. Les décretsdu gouvernement sont rédigés en quatre langues : ukrainien, russe, polonais et yiddish. Il y a ainsi un ministre des affaires juives au sein du gouvernement qui a l’autorité sur l’ensemble des établissements d’enseignement juifs et se voit attribuer un neuvième des crédits du ministère de l’éducation. Rien, dans la trajectoire de ­Symon Petlioura, ne démontre qu’il était antisémite, au contraire. Mais en même temps que l’Ukraine garantit les droits des juifs, ils sont victimes de massacres, dont certains perpétrés par les troupes de Symon Petlioura… Car l’otaman contrôle mal son armée, faite d’unités insurgées qui n’obéissent souvent qu’à un chef local. L’Ukraine indépendante qu’il dirige est une construction fragile et inachevée. Elle ne parvient pas à ressembler à la vision qu’en a Symon Petlioura.

Alain Guillemoles

fFACEALARUSSIE

Publié le 13/07/2026 à 11:13 par papilacabane Tags : image sur bonne afrique france monde coup mort air cadre

« Face à la Russie, la France ​se défend et attaque aussi »

  1. Le général Jean Laurentin, qui dirige le Commandement des actions spéciales terre (Cast), explique comment l’armée se prépare à une guerre de haute intensité.
  • Général Jean Laurentin
  • Chef du Commandement des actions spéciales terre (Cast)

Comment les forces

spéciales de l’armée de terre

se préparent-elles à la guerre à haute intensité ?

Nous n’inventons rien en nous y préparant car c’est dans l’ADN de nos forces spéciales depuis la ​Seconde Guerre mondiale. ​Composées de petites unités, plus discrètes que les forces conventionnelles et à qui sont confiées des missions plus risquées, elles ont toujours existé, sous différentes appellations. Dans le monde occidental, elles se sont structurées pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment du côté des Américains, des Britanniques et des Français. Les forces spéciales de ces trois pays sont directement issues de ce creuset. Si elles n’ont pas le même volume, elles ont des unités du même niveau opérationnel Tier one : comme les Delta ​Force ou les Navy SEALs américains, le 22eSAS (Special Air Service, NDLR) britannique, le 1er RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de ​marine, NDLR) ou le commando Hubert pour les Français.

Concrètement, vous préparez-vous à une guerre contre la Russie ?

Nous nous entraînons à affronter un ennemi qui serait du type de l’armée russe, car il représente le modèle potentiellement le plus dangereux, et il nous contraint à dimensionner nos capacités. ​L’armée de terre s’y prépare en pouvant déployer, depuis 2025, une brigade « bonne de guerre » (c’est-à-dire dotée d’un effectif ​d’environ 5 000 militaires, d’équipements et de munitions suffisants pour être engagée immédiatement dans un conflit de haute intensité, NDLR). Elle passera à l’échelon de la division « bonne de guerre » en 2027 (composée de plusieurs brigades) et à celui de corps d’armée (plusieurs divisions) en 2030. Dans ce cadre-là, le Cast s’entraîne à remplir trois grandes missions : le renseignement, l’action et les missions d’environnement, comme le conseil. En haute intensité, les forces spéciales peuvent agir sur les arrières de l’ennemi pour faire du renseignement, neutraliser des centres de commandement ou des réseaux logistiques.

Où intervenez-vous aujourd’hui ?

La communication sur le ​déploiement des forces spéciales est fermée. Ce que je peux vous ​dire, c’est que nous sommes employées sur décision politique en complémentarité des opérations militaires conventionnelles. Et que les armées françaises sont déployées en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, et en Europe. Je peux ajouter que nos engagements ont deux piliers. Les opérations « endurantes », certaines existant depuis plusieurs années, comme en Afrique ou au Proche et Moyen-Orient. Et l’alerte. Nous nous tenons prêts à partir en six heures sur ordre du chef d’état-major des armées, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Sous votre commandement, combien de fois les forces spéciales terre sont-elles parties en « alerte » ? Et où ?

C’est arrivé plus de dix fois. Nous étions, par exemple, présents à chaque crise au Proche et au Moyen-Orient. Et aussi lors de la tentative de coup d’État au Bénin, le 7 décembre 2025, pour apporter un appui en termes de surveillance, d’observation et de soutien ​logistique à l’armée béninoise.

La Russie nous attaque

de manière hybride. En retour, que fait la France  ?

Ce que je peux vous dire, c’est que la France dans son ensemble se défend et attaque aussi. Cela fait déjà quelques années que le président Emmanuel Macron a choisi, dans le domaine de la guerre hybride, de se défendre en ​désignant l’agresseur et de riposter en le faisant savoir. Par exemple, quand la France intercepte la flotte fantôme russe, en arraisonnant ses bâtiments et en condamnant les armateurs identifiés à une lourde amende, comme encore le 23 juin dernier. En réalité, la France est organisée pour se ​défendre dans tous les domaines de l’action hybride comme la ​cyberdéfense ou l’influence. ​Certaines de ses ripostes sont éventuellement « sous le radar ».

Sous votre commandement ​

du Cast, combien de militaires ont été tués en opération ?

Il appartient à l’Élysée d’annoncer la mort en opération de militaires français. Nous savons que si nous sommes un jour engagés en haute intensité, cela voudra dire une possibilité de haute létalité. Nous nous y préparons sur les plans psychologique, intellectuel, matériel, social.Parmi les choses qui m’ont marqué, ce moment où j’accueillais sur le tarmac ceux qui revenaient d’une opération où ils avaient été très éprouvés par une expérience du feu difficile et ​longue. Ils portaient sur leurs visages ce qu’ils venaient de vivre. C’est difficile à oublier.

Recueilli par Laurent Larcher

LESJEUNESPOMPIERS

Publié le 13/07/2026 à 08:40 par papilacabane Tags : sur bonne vie moi france chez homme femme travail mort nuit

De jeunes pompiers volontaires prêts à affronter les incendies : « Ce qui primera toujours, c’est les autres »

Témoignages

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Le 4 juillet 2026, à Rochefort-du-Gard.

Le 4 juillet 2026, à Rochefort-du-Gard. TOM SERRANO / PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MAXPPP

Rayan et Lalie, 19 et 20 ans, sont engagés en tant que sapeurs-pompiers et prêts à combattre les feux de forêt partout en France. Ces jeunes sapeurs-pompiers volontaires racontent leur engagement, alors que l’un d’entre eux, Baptiste Gerfaud-Valentin, âgé de 22 ans, est décédé la semaine dernière en Savoie.

Rayan Bougère, 19 ans, est sapeur-pompier volontaire depuis deux ans, à la caserne de Pierre-de-Bresse, en Saône-et-Loire. « L’engagement de ma vie »,résume-t-il, qui lui permet de se « sentir utile »au quotidien mais le met aussi face à des dangers parfois mortels.

Mercredi 8 juillet 2026, le décès d’un jeune pompier volontaire de 22 ans en Savoie est venu le rappeler douloureusement : être pompier expose à de nombreux risques. Le caporal Baptiste Gerfaud-Valentin est ainsi décédé lors d’une intervention pour combattre l’incendie du Planay, en Savoie. Un hommage public lui sera rendu mercredi à la halle olympique d’Albertville.

Compter sur son équipe pour appréhender le danger

Ce risque-là, Rayan préfère ne pas trop s’attarder dessus. « On y pense et on essaye de l’éviter, mais on sait que, par notre engagement, on sera toujours les premiers à s’exposer au danger. » Même sentiment pour Lalie Boisseau, jeune femme pompier volontaire de 20 ans à Cluny (Saône-et-Loire) : « Il faut garder à l’esprit le danger mais ça ne peut pas nous arrêter. »

«On sait qu’on ne sera jamais seuls.»

Pour dépasser l’appréhension et rester dans l’action, les deux jeunes pompiers s’appuient sur le collectif. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, Rayan a participé, pour la première fois, à une mission de solidarité nationale en Côte-d’Or, à l’extérieur de son département. De 16 h 30 à 7 heures du matin, il a lutté contre un feu qui menaçait d’atteindre une ligne à haute tension. À ses côtés, une dizaine de pompiers de son département, tous plus âgés que lui. « Quand on arrive, c’est impressionnant de voir les flammes et la fumée, se remémore le jeune homme, mais après, on se met dans sa bulle protectrice, on répète les manœuvres et surtout on sait que les collègues sont en route pour nous relever. C’est la solidarité qui fait la force, on sait qu’on ne sera jamais seuls. »

Prendre confiance sur le terrain

Cette capacité à mettre le danger de côté, les jeunes recrues l’acquièrent aussi au fil des interventions : « Mon premier feu, c’était en décembre 2025, sur une ferme avec une étable complètement embrasée. J’ai été agréablement surpris de la façon dont j’ai su réagir, je me suis équipé rapidement et tout s’est fait sans hésitation. Je me suis dit que j’étais capable d’aller dans le feu. Ça m’a aidé à prendre confiance pour la suite », analyse Rayan.

Lalie se dit prête à partir sur des missions à haut risque, pour se former, acquérir de l’expérience. « Je me suis inscrite sur les listes pour partir en mission de solidarité nationale sur le front des incendies. S’il y a besoin de renforts, je pourrai être mobilisée. Ça peut être une bonne expérience pour moi, il y a beaucoup d’engins et de matériel sur ces missions, ça permet de mettre ce qu’on a appris en pratique. »

L’envie de porter secours

Si « l’adrénaline » aide à tenir lors des interventions les plus éprouvantes, il leur faudra apprendre à maîtriser leur peur. « Ce qui primera toujours, c’est les autres, affirme Rayan, on ne se met pas en danger inutilement mais si quelqu’un est en détresse, ça passe avant nous. »

La journée, je suis auxiliaire de vie auprès de personnes âgées ou handicapées. (...) Ça m’arrive de travailler la journée, de partir en intervention la nuit puis de retourner au travail le lendemain. »

« Face aux situations dangereuses, il faut bien que quelqu’un intervienne », renchérit Lalie. Pour la volontaire, se mettre au service des autres passe avant tout le reste, y compris le stress ou la fatigue : « La journée, je suis auxiliaire de vie auprès de personnes âgées ou handicapées. Et le soir, dès que je rentre chez moi, je suis disponible s’il y a une intervention. Ça m’arrive de travailler la journée, de partir en intervention la nuit puis de retourner au travail le lendemain. »

78 % des pompiers sont des sapeurs-pompiers volontaires

Ses parents étaient pompiers professionnels, elle a de qui tenir. Pas de modèle familial pour Rayan, mais « l’envie de porter secours », qui pendant qu’il s’ennuyait un peu à l’école l’a conduit à s’inscrire aux « jeunes sapeurs pompiers », qui accueillent des adolescents de 11 à 18 ans les mercredis et samedis.

À l’heure actuelle, les volontaires comme Rayan et Lalie – qui songent à devenir professionnels – représentent 78 % de l’effectif total des pompiers, selon les données du ministère de l’intérieur. Ils représentent aussi la branche la plus jeune : un pompier volontaire sur quatre a moins de 25 ans.