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dans nos députés beaucoup ne servent à rien ,qu il soit de droite d'extrême droite ou la bande à mélenchon
Par Anonyme, le 28.08.2025
le"systême" s'est mis en place il y a logtemps à sept-fonds. deux "jeunes"moines , vers les années 7o, s'étaie
Par Yon, le 21.07.2025
merci frère de votre courage à nous partager votre souffrance. je vous prends dans la prière.
pers onnellemen
Par Anonyme, le 17.07.2025
ouedraogo,jose ph
Par Anonyme, le 31.08.2024
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l e grand maître spirituel gambada djogbe apporte une aide pré
Par lutter-contre-coro, le 18.08.2024
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Date de création : 30.11.2013
Dernière mise à jour :
14.07.2026
12685 articles
Éditorial
Loup Besmond de Senneville, rédacteur en chef adjoint à « La Croix ». Franck Ferville pour La Croix
La nouvelle vague de chaleur qui touche la France, la troisième en un mois et demi, impose à chacun de nous la nécessité de prendre soin de ceux qui nous entourent.
S’est installée une impression diffuse, ces dernières semaines, que la question de la canicule se résumait à celle de la climatisation. L’opportunité d’installer ou non des climatiseurs est devenue l’objet principal du débat public, entraînant les responsables politiques et les commentateurs dans des débats stériles, imposant au passage une fausse alternative entre adaptation et lutte contre le changement climatique. Comme s’il fallait choisir.
Il est un sujet, en revanche, qui a beaucoup moins occupé les plateaux de télévision : celui de l’attention à apporter aux autres. En ces temps caniculaires, l’impératif de solidarité s’impose à nous tous. Et pour cause : ces dernières semaines, la chaleur a frappé les plus âgés et les plus isolés. Beaucoup sont morts chez eux, seuls, découverts par un voisin ou un ami qui s’inquiétait de ne plus avoir de nouvelles. Cette solidarité peut s’exercer à bien des échelons : celui d’une famille, entre générations, mais aussi d’un immeuble ou d’un quartier. Déjà, dans notre pays, de nombreux bénévoles s’activent pour appeler ou visiter les personnes les plus isolées ou les plus vulnérables. La prise de conscience qui a eu lieu après la canicule de 2003 semble ne pas s’être estompée : nous devons prendre soin les uns des autres.
Évidemment, cette solidarité ne doit pas en rester là. Une fois la vague de chaleur passée – et en attendant la prochaine –, il nous faudra réfléchir individuellement et collectivement aux conséquences de ces épisodes. Il faudra aussi imposer à nos politiques, déjà lancés dans la campagne présidentielle, de prendre ce sujet au sérieux. Pour cela, chacun de nous disposera bientôt d’un outil redoutable : son bulletin de vote.
Éditorial
Loup Besmond de Senneville, rédacteur en chef adjoint à « La Croix ». Franck Ferville pour La Croix
Le sommet annuel de l’Otan s’ouvre ce mardi 7 juillet 2026 à Ankara, en Turquie, dans un contexte particulièrement tendu laissant planer l’inquiétude sur l’engagement des États-Unis en Europe.
À la veille de l’ouverture de son sommet, l’Otan semble plus fragilisée que jamais. Lors des discussions qui débuteront à Ankara, chacun autour de la table aura bien en tête les attaques récurrentes de Donald Trump. Depuis des mois, le président américain n’hésite plus à critiquer ceux qui sont pourtant encore officiellement ses alliés, les menaçant de se retirer de l’organisation. Le retrait a d’ailleurs déjà commencé : les États-Unis ont déjà annoncé le départ, d’ici un an, de 5 000 soldats sur les 36 000 positionnés en Allemagne.
Face aux menaces américaines, deux attitudes sont possibles. D’abord, on peut regretter le désengagement de Washington, se lamenter des propos du locataire de la Maison-Blanche ou espérer un départ plus ou moins rapide de Donald Trump et un rétablissement par son successeur d’une alliance solide.
Mais il est aussi permis de raisonner différemment et de prendre les menaces des États-Unis au sérieux. Car Donald Trump supporte de moins en moins cette alliance qu’il juge « unilatérale », en particulier lorsque l’Italie et l’Espagne refusent l’utilisation de leurs bases et de leur espace aérien aux avions américains s’apprêtant à bombarder l’Iran. Et il est possible que cette mise à distance de l’Europe ne s’arrête pas à la fin du mandat du président républicain, et augure plus largement de la fin d’une époque et de l’émergence de nouvelles alliances.
Dans ce cas, tirons-en les conséquences : les membres de l’Otan doivent sérieusement envisager de faire sans les États-Unis. Les ressources sont évidemment financières – le but du sommet d’Ankara est précisément de faire le point sur l’engagement des membres de l’Otan de consacrer 5 % de leur PIB à leur défense. Mais elles sont aussi politiques : après avoir longtemps rechigné, il est temps pour l’Europe de dépasser les vieux clivages et de s’unir enfin.
Analyse
Lors du Mondial de l'automobile de Paris, en 2016. Alain Guilhot
Si le secteur de l’événementiel s’est un peu modernisé ces dernières années, les hôtesses chargées d’accueillir et informer le public demeurent souvent réduites à leur physique et exposées au harcèlement. Et dans un travail essentiellement sous-traité, prendre la parole reste difficile.
À chaque étape du Tour de France, qui s’est élancé samedi 4 juillet à Barcelone, une femme et un homme montent sur le podium pour entourer et féliciter les lauréats du jour. Une habitude depuis 2020. Covid obligeait, la « bise aux vainqueurs » avait été proscrite, enterrant dans le même temps une tradition jugée sexiste et dénoncée par plusieurs associations féministes.
Le Tour s’est ainsi modernisé, comme d’autres rendez-vous majeurs ou, en dehors du sport, le Mondial de l’automobile à Paris. Les femmes hypersexualisées, appelées à jouer les faire-valoir des modèles présentés, y ont cédé la place à des commerciales ou des hôtesses en pantalon et baskets.
Un recrutement toujours basé sur le physiqueMais derrière ces progrès, le secteur de l’événementiel continue de recourir massivement à des hôtesses d’accueil. Et un cadre sexiste entoure toujours cette profession. « Aux hommes, il est juste demandé une tenue correcte, aux femmes, une coiffure précise, des vêtements imposés, souvent des talons, un maquillage lui aussi strict », illustre Margot (tous les prénoms ont été modifiés), hôtesse pendant ses études, qu’elle vient de terminer.
Ces exigences d’apparence sont au cœur d’un métier qui ne s’est que récemment ouvert aux hommes. Pendant longtemps, il n’a recruté que des femmes, principalement sur la base de leur physique. « On réalise dès les entretiens, en observant les autres candidates, que le premier critère reste de correspondre aux normes de beauté », estime Léa, elle aussi hôtesse quand elle était étudiante.
Il faut ainsi être plutôt grande, jeune, souriante et fine. La gamme des robes que fournissent les agences, souvent limitée à la taille 40, en témoigne. « Lors d’une prestation récurrente, nous avions réalisé que les filles qui se retrouvaient au parking, un poste moins visible, avaient toujours un peu plus de formes que celles qui géraient l’espace VIP, se souvient Célia, ancienne hôtesse à Paris et Bordeaux. Même pour nous distinguer, c’était un critère. »
Faire acte de présenceLes entreprises qui animent le secteur en proposant leur sous-traitance rejettent toutefois l’idée que seule compte l’apparence. « Compétences, professionnalisme et qualités relationnelles », met ainsi en avant le poids lourd Mahola pour expliquer sa méthode de recrutement. L’agence indique en outre avoir changé certaines de ses positions, notamment sur les tatouages ou les piercings, ou sur les chaussures – les talons, autrefois incontournables, seraient désormais l’exception.
Il n’empêche, l’apparence demeure centrale. Un enjeu d’image pour les entreprises clientes de ces agences. « Le postulat est que la présence de jeunes femmes répondant aux critères de beauté contribue à l’image de marque, à une forme de prestige », observe Gabrielle Schutz, professeure de sociologie à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), qui a mené un travail sur la profession d’hôtesses d’accueil. Dans les salons comme celui de l’automobile, cela répond aussi à l’idée que cette présence contribue à placer le visiteur – uniquement envisagé comme un homme – dans des conditions favorables pour acheter.
La mission de certaines hôtesses se réduit donc parfois à faire acte de présence. De quoi nourrir un sentiment d’inutilité. « Quand on reste debout pendant des heures à sourire, on se sent un peu potiche », confie Margot. Ces rôles très limités nourrissent, selon Gabrielle Schutz, le poncif de l’« éternel féminin », sorte d’image d’une femme réduite à son esthétisme et à sa bienveillance.
Quant aux tâches attendues, elles sont encore souvent celles de la maîtresse de maison de l’après-guerre : accueillante, serviable et souriante. « La filiation avec les hôtesses de l’air à leurs débuts est très nette », note la professeure à l’UVSQ.
De réelles compétencesPour autant, le travail des hôtesses s’avère significatif. D’abord parce que certaines missions impliquent de réels services d’accueil, allant de l’orientation au placement des invités. Ensuite, parce que des compétences relationnelles ou linguistiques peuvent être mobilisées. « Les agences ne mentent pas quand elles affirment ne pas recruter que sur le physique, estime Gabrielle Schutz. En construisant une base de données à partir du personnel d’une agence, j’ai pu montrer que les hôtesses étaient en moyenne au moins aussi diplômées que les femmes de leur génération. »
Ces compétences ne sont toutefois pas toujours bien estimées. La force des clichés réduit le travail des hôtesses à leur présence et à leur physique. Une dévalorisation de leur mission qui contribue à entretenir un climat propice aux violences sexistes et sexuelles, particulièrement marqué dans la profession.
« Les clients nous prennent parfois pour des débiles, alors quand en plus on est blonde comme moi…, déplore Célia. Cela reste le plus souvent assez léger, de l’ordre de la drague lourde en fin de soirée quand on tient le vestiaire, mais c’est quand même inapproprié. » Ce genre de paroles et de gestes déplacés semblent le lot de toute hôtesse. « Lors d’un match de football, dans les loges, un spectateur met sa main sur mon épaule, se souvient Léa. Rien de très grave, mais il se le permet parce que je suis hôtesse. »
Difficile de dénoncerDes situations d’une certaine manière encouragées par le rôle de service attribué aux hôtesses qui se doivent de garder le sourire et de ne pas froisser les clients. « Je n’ai jamais connu plus que de la drague un peu pesante mais, si cela arrivait, je ne sais pas comment je réagirais, redoute Margot. Nous n’y sommes pas vraiment préparées à part à essayer de recadrer mais toujours en restant gentille. »
Plusieurs hôtesses témoignent en effet d’une difficulté à gérer ces situations. « Beaucoup ont peur de parler car elles risqueraient de ne plus se voir attribuer de missions, avance une syndicaliste du secteur. Et les agences ne sont pas vraiment des soutiens. » Mahola assure pourtant traiter tous les incidents avec un protocole dédié, tout en reconnaissant une marge de progrès. « Si certaines personnes ont pu hésiter à signaler une situation par crainte de ne pas être entendues, cela souligne l’importance de poursuivre les actions de sensibilisation », explique l’agence dans un mail adressé à La Croix.
Une organisation du travail contraignanteLutter contre le harcèlement et les agressions est d’autant plus complexe pour les hôtesses que l’organisation même de leur profession ne les y aide pas. « Avec la sous-traitance généralisée, l’entreprise qui utilise le travail des hôtesses est cliente, et pas employeuse. Cela implique un autre rapport à la hiérarchie en cas de problème, car l’agence ne veut pas perdre de contrat, et l’entreprise responsable ne traite pas l’incident », souligne Gabrielle Schutz.
Précarité, anonymat, invisibilisation dans l’entreprise renforcent aussi cette pression. « Ce n’était pour moi qu’un job étudiant et je n’étais pas vraiment précaire, mais je sentais que pour d’autres, plus en difficulté, il n’était pas envisageable de se plaindre », estime Célia.
Le profil des hôtesses, en grande partie étudiantes, joue enfin beaucoup. Moins investies dans le long terme, plutôt là pour un appoint financier, elles constituent une main-d’œuvre plus malléable. « Il est clair que nous avons du mal à mobiliser nos collègues à cause de l’important turnover des équipes », reconnaît la syndicaliste.
Ces étudiantes, jeunes et souvent engagées contre le sexisme, peuvent néanmoins aussi se trouver chahutées dans leurs convictions. « Voir d’autres hôtesses se faire reprendre sur leur physique heurtait complètement mes principes, c’est évident », assure Léa. Avis partagé par Margot, qui veut toutefois contribuer à faire bouger les lignes. « J’aimerais pouvoir collaborer de manière plus éthique et moderne avec des hôtesses »,espère celle qui souhaite travailler dans l’événementiel.
Un univers jeune et historiquement féminin
Les métiers de l’accueil comprennent l’événementiel, avec les spectacles, les rencontres sportives, les salons professionnels, etc. Mais ils concernent aussi de nombreux postes de réceptionnistes ou de standardistes dans les entreprises.
En France, le secteur est animé par quelques grandes agences nationaleset un maillage d’agences locales plus petites qui officient pour la majorité en sous-traitance.
La plupart des postes, notamment dans l’événementiel, correspondant à des missions courtes et ponctuelles, il est donc difficile d’estimer le nombre de salariées.
Le recrutement d’hommes a débuté depuis quelques années. Ils constitueraient aujourd’hui environ 20 % de l’ensemble des salariés du secteur.
Dans l’événementiel, la jeunesse des profils recherchés et l’organisation du travail conduit à une très forte part d’étudiantes parmi les salariés.
Comment la troisième canicule de l’année place la France en risque incendie maximal
Cette situation extraordinaire doit beaucoup à l’enchaînement de trois canicules précoces que nous connaissons depuis mai. Mais pas uniquement. D’abord, rappelle Jean-Baptiste Filippi, chercheur au CNRS et copilote d’une expertise sur les villes face aux incendies, « il faut se rappeler que, sur les 4 à 5 000 départs de feux qu’on recense chaque année, dans plus de 80 % des cas, l’origine est humaine, qu’il s’agisse d’un accident, d’un jet de mégot ou d’un acte intentionnel, qui reste toutefois minoritaire ».
La règle des trois 30
Trois ingrédients peuvent alors transformer le feu en incendie : « C’est la règle des trois 30 : il faut que la température dépasse 30 °C, que l’humidité soit de moins de 30 % et que le vent souffle à plus de 30 km/h », détaille David Clares, ancien pompier et cofondateur de Climate Innov, qui met à disposition deux outils gratuits pour prévoir le risque incendie à 3 kilomètres à la ronde.
« Le vent, qui n’était pas là lors des deux premières canicules, est un fort moteur de propagation, confirme Jean-Christophe Vincendon, coordinateur national feux de forêt à Météo France. À partir de 30 °C, la température peut faire dégénérer un départ de feu en incendie. Et, à partir de 38-40 °C, la sécheresse de la végétation augmente encore le risque. C’est le cas en ce moment avec un taux d’humidité de 10 à 15 % au sud de la Loire, ce qui est exceptionnellement bas. »
Experte en défense des forêts face aux incendies à l’Office national des forêts (ONF), Marion Toutchkov constate, elle aussi, que la sensibilité de la végétation à la sécheresse a deux ou trois semaines d’avance sur le calendrier habituel. « Les arbres, qui étaient encore en état correct la semaine dernière, commencent déjà à souffrir,détaille-t-elle. Mais ce sont surtout les herbacées, qui ont un enracinement superficiel, qui ont d’abord séché, rendant propice la propagation des incendies. »
Un territoire qui a beaucoup changé
Circonstance aggravante : « Le territoire a beaucoup changé, le rendant plus vulnérable aux incendies, reprend Jean-Baptiste Filippi. Dans les années 1950, de nombreux villages étaient entourés d’une ceinture agraire, qui agissait comme une zone tampon. Et on n’avait pas de maison au milieu du maquis. On s’est adapté dans le mauvais sens en remplaçant les solutions naturelles par l’amélioration des techniques de lutte contre le feu. »
Pour toutes ces raisons, « on est en train de voir arriver tout ce que les experts du climat nous avaient prédit, et peut-être même plus vite encore, résume Eric Maillé, ingénieur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Alors que jusqu’ici le risque incendie concernait essentiellement le sud de la France, on voit désormais des feux de forêts gagner tout le territoire, jusque dans les Vosges ou en Bretagne. »
Non seulement le risque incendie s’étend à de nouveaux départements mais, dans les départements où on en voyait déjà, les feux deviennent plus intenses et apparaissent de plus en plus tôt et de plus en plus tard dans l’année. « Le risque incendie est en train d’augmenter dans les pourtours de nombreuses villes,précise Antoine Denoix, cofondateur d’Axa Climate. Une ville comme Tours, qui compte aujourd’hui quatre jours de risque incendie pourrait en avoir onze en 2050. Nantes pourrait grimper de trois à sept jours et Dijon et de un à six jours. »
90 % des feux sont d’origine humaine
Les autorités appellent à la vigilancealors que les températures élevées s’accompagnent en France d’un risque d’incendie « très élevé » dans sept départements du Sud, et « élevé » dans 41 autres départements. À 16 h 30 lundi 6 juillet 2026, 41 feux de forêt étaient répertoriés en France par le site feuxdeforet.fr. Le plus gros d’entre eux, dans les Pyrénées-Orientales, a parcouru plus de 4 600 hectares, entraîné l’évacuation de 10 000 personnes et mobilisé plus de 750 pompiers.
90 % des départs de feu sont d’origine humaine,rappelle l’Observatoire des forêts françaises : dans 70 % des cas, ils sont dus à une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles…) ou à des gestes du quotidien (mégots de cigarettes jetés, barbecues ou feux de camp…). Plus rarement, l’origi ne des feux est criminelle. Dimanche 5 juillet 2026, deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue, l’un dans l’Hérault et l’autre dans le Rhône, pour des départs de feux suspects.
Cette situation extraordinaire doit beaucoup à l’enchaînement de trois canicules précoces que nous connaissons depuis mai. Mais pas uniquement. D’abord, rappelle Jean-Baptiste Filippi, chercheur au CNRS et copilote d’une expertise sur les villes face aux incendies, « il faut se rappeler que, sur les 4 à 5 000 départs de feux qu’on recense chaque année, dans plus de 80 % des cas, l’origine est humaine, qu’il s’agisse d’un accident, d’un jet de mégot ou d’un acte intentionnel, qui reste toutefois minoritaire ».
La règle des trois 30Trois ingrédients peuvent alors transformer le feu en incendie : « C’est la règle des trois 30 : il faut que la température dépasse 30 °C, que l’humidité soit de moins de 30 % et que le vent souffle à plus de 30 km/h », détaille David Clares, ancien pompier et cofondateur de Climate Innov, qui met à disposition deux outils gratuits pour prévoir le risque incendie à 3 kilomètres à la ronde.
« Le vent, qui n’était pas là lors des deux premières canicules, est un fort moteur de propagation, confirme Jean-Christophe Vincendon, coordinateur national feux de forêt à Météo France. À partir de 30 °C, la température peut faire dégénérer un départ de feu en incendie. Et, à partir de 38-40 °C, la sécheresse de la végétation augmente encore le risque. C’est le cas en ce moment avec un taux d’humidité de 10 à 15 % au sud de la Loire, ce qui est exceptionnellement bas. »
Experte en défense des forêts face aux incendies à l’Office national des forêts (ONF), Marion Toutchkov constate, elle aussi, que la sensibilité de la végétation à la sécheresse a deux ou trois semaines d’avance sur le calendrier habituel. « Les arbres, qui étaient encore en état correct la semaine dernière, commencent déjà à souffrir,détaille-t-elle. Mais ce sont surtout les herbacées, qui ont un enracinement superficiel, qui ont d’abord séché, rendant propice la propagation des incendies. »
Un territoire qui a beaucoup changéCirconstance aggravante : « Le territoire a beaucoup changé, le rendant plus vulnérable aux incendies, reprend Jean-Baptiste Filippi. Dans les années 1950, de nombreux villages étaient entourés d’une ceinture agraire, qui agissait comme une zone tampon. Et on n’avait pas de maison au milieu du maquis. On s’est adapté dans le mauvais sens en remplaçant les solutions naturelles par l’amélioration des techniques de lutte contre le feu. »
Pour toutes ces raisons, « on est en train de voir arriver tout ce que les experts du climat nous avaient prédit, et peut-être même plus vite encore, résume Eric Maillé, ingénieur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Alors que jusqu’ici le risque incendie concernait essentiellement le sud de la France, on voit désormais des feux de forêts gagner tout le territoire, jusque dans les Vosges ou en Bretagne. »
Non seulement le risque incendie s’étend à de nouveaux départements mais, dans les départements où on en voyait déjà, les feux deviennent plus intenses et apparaissent de plus en plus tôt et de plus en plus tard dans l’année. « Le risque incendie est en train d’augmenter dans les pourtours de nombreuses villes,précise Antoine Denoix, cofondateur d’Axa Climate. Une ville comme Tours, qui compte aujourd’hui quatre jours de risque incendie pourrait en avoir onze en 2050. Nantes pourrait grimper de trois à sept jours et Dijon et de un à six jours. »
90 % des feux sont d’origine humaine
Les autorités appellent à la vigilancealors que les températures élevées s’accompagnent en France d’un risque d’incendie « très élevé » dans sept départements du Sud, et « élevé » dans 41 autres départements. À 16 h 30 lundi 6 juillet 2026, 41 feux de forêt étaient répertoriés en France par le site feuxdeforet.fr. Le plus gros d’entre eux, dans les Pyrénées-Orientales, a parcouru plus de 4 600 hectares, entraîné l’évacuation de 10 000 personnes et mobilisé plus de 750 pompiers.
90 % des départs de feu sont d’origine humaine,rappelle l’Observatoire des forêts françaises : dans 70 % des cas, ils sont dus à une activité économique (chantiers de BTP, activités agricoles…) ou à des gestes du quotidien (mégots de cigarettes jetés, barbecues ou feux de camp…). Plus rarement, l’origi ne des feux est criminelle. Dimanche 5 juillet 2026, deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue, l’un dans l’Hérault et l’autre dans le Rhône, pour des départs de feux suspects.
La Russie, terre d’accueil
des déçus de l’Occident
1 sur 2 Le Français Fabrice Sorlin et son épouse (à g. et à dr. de Vladimir Poutine)se sont installés en Russie avec leurs enfants. Le président a remis à Isabelle Sorlin la médaille de « Mère héroïne », le 1er juin 2026.
« Je vis en Russie et j’en suis citoyen. Mais je tiens à le souligner : je reste Français. Je suis un patriote et j’aime la France. Non pas la France de Macron, mais la France éternelle. Je suis devenu russe, j’ai choisi la Russie et je l’aime comme j’aime mon épouse », explique Fabrice Sorlin, vice-président du Mouvement international des russophiles, dans une interview accordée à l’agence Tass. Il s’est installé en Russie avec sa femme et ses six enfants en 2015. Le 1er juin dernier, son épouse, Isabelle, a reçu des mains de Vladimir Poutine la médaille de « Mère héroïne ». C’est la première fois qu’une étrangère reçoit cette distinction. En 2024, toute cette famille a obtenu des passeports russes.
En 2007, Fabrice Sorlin s’était présenté comme candidat du Front national aux législatives en Gironde (moins de 3 % des voix). Il affirme avoir quitté la France parce qu’il était « persécuté » en raison de son engagement politique auprès de Marine Le Pen. Aujourd’hui, sa famille vit près de Moscou, dans une maison qu’elle loue. Quatre autres enfants sont nés en Russie. Leur fils aîné fait ses études en France.
« La Russie suscite un immense intérêt parmi les Français conservateurs. De plus en plus de gens commencent à comprendre qu’on y dit la vérité, que la Russie défend réellement aujourd’hui les valeurs traditionnelles et protège les enfants. Cela trouve un écho auprès de centaines, voire de milliers de Français qui sont sérieusement inquiets pour l’avenir de leurs enfants en France et envisagent de s’installer en Russie pour les protéger », estime Fabrice Sorlin.
Selon l’agence russe Ria Novosti, plus d’un millier d’étrangers ont obtenu un visa en 2025, en raison de leur adhésion aux« valeurs traditionnelles russes ». Parmi eux, on trouve 140 Français, 168 Allemands et 105 citoyens des États-Unis. Ces trois nationalités arrivent en tête, selon les statistiques officielles. Ces visas ont été délivrés par Moscou, dans le contexte du conflit ukrainien, afin de promouvoir les idées antilibérales russes. Surnommés « anti-woke » par les médias occidentaux, ils ont été mis en place en 2024 à l’intention des étrangers qui s’opposent aux politiques de leur pays à l’égard de la Russie. Ils permettent d’entrer et de séjourner trois mois en Russie. Les titulaires peuvent ensuite demander un titre de séjour définitif.
L’ambassadeur de Russie en France, Alexeï Meshkov, indique que les demandes de déménagement proviennent de couches diverses de la société française, des agriculteurs aux jeunes informaticiens.« Il s’agit bien sûr de familles nombreuses qui craignent tout simplement la propagande dispensée dès le primaire », avance-t-il.
En Russie, la ville de Dobrograd (littéralement « la ville des gens heureux ») accueille 20 familles d’émigrants « anti-woke » venus d’Europe, dont cinq françaises. Cette ville a été construite en 2014, à 2 h 30 de route de Moscou. Ses fondateurs la qualifient de « capitale des traditionalistes s’opposant à la communauté LGBT ». Rappelons que la Cour suprême de Russie a criminalisé fin 2023 le « mouvement international LGBT » en le qualifiant d’« extrémiste ».
Les étrangers qui achètent un appartement à Dobrograd ont droit à une prise en charge médicale gratuite pendant un an. Ils peuvent bénéficier d’un service d’assistance, qui fournit un accompagnement juridique pour l’obtention du titre de séjour, l’ouverture d’un compte en banque, ou aide à la recherche d’un crédit bancaire.
Les émigrés en Russie évoquent rarement les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays. En règle générale, ils expriment surtout un soutien à la politique de la Russie, en matière de promotion des valeurs traditionnelles, mais aussi concernant la guerre en Ukraine.
Aide à mourir, ce qu’en disent les malades
1 sur 3 Charlotte Hoffner, chez elle à Strasbourg, le 2 juillet.
Être majeur, de nationalité française ou résider de manière stable dans le pays, être atteint d’une maladie grave et incurable à un stade avancé entraînant des souffrances inapaisables et, enfin, pouvoir exprimer une volonté libre et éclairée : telles sont les conditions cumulatives fixées par la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir pour qu’un patient puisse accéder au dispositif. Mais derrière ces critères médicaux, qui seront concrètement les personnes susceptibles, demain, de prétendre au suicide assisté et à l’euthanasie si la réforme est définitivement adoptée, comme il est probable, le 15 juillet ?
Laurent (1) ne sera pas de ceux-là. Le jour où les députés voteront définitivement le texte, il sera en voyage en Belgique. Son dernier. « Le rendez-vous a déjà été fixé avec le médecin de l’hôpital de Charleroi qui a accepté ma demande. L’injection doit se faire le matin », lâche-t-il sobrement. Un moment qu’il affirme ne pas redouter. « Étrangement, pour l’instant, je n’ai pas peur. Au contraire, ça me calme. Ça me permet de mieux supporter les jours qui passent. De toute façon, je ne me vois pas vivre comme ça jusqu’à ma mort. »
Cet Alsacien de 56 ans, séparé et père de deux grandes filles, a pris sa décision avant même l’annonce de sa sclérose latérale amyotrophique (SLA). Plus connue sous le nom de maladie de Charcot, cette pathologie neurodégénérative provoque une paralysie progressive des muscles qui conduit irrémédiablement à la mort par asphyxie, généralement en quelques années. En France, elle touche environ 7 000 personnes, avec 1 700 nouveaux cas par an, et est devenue la maladie emblématique du débat sur l’aide à mourir.
Pour Laurent, les premiers signes sont apparus au milieu de l’année 2025 : une douleur au genou, l’impression de traîner la patte, des difficultés à saisir les objets, puis des tremblements des muscles incontrôlables. « En janvier 2026, j’ai consulté un neurologue. Il m’a dit sans détour qu’il suspectait une SLA. C’est aussi ce que je redoutais, car une amie de ma mère avait eu les mêmes symptômes. En sortant de la consultation, tout était clair dans ma tête : hors de question de laisser la maladie prendre le dessus. Il fallait lui couper l’herbe sous le pied pour ne pas la subir. » La maladie progresse rapidement. « En quelques mois, j’ai dû quitter mon travail de responsable de bureau d’études dans le bâtiment et je suis devenu totalement dépendant pour tous les gestes du quotidien : se laver, s’habiller, manger. Même parler me demande un effort. Vivre comme ça n’est pas supportable », confie-t-il.
Les douleurs physiques sont constantes depuis que Laurent a décidé d’arrêter tout traitement. « C’est soit ça, soit prendre des médicaments qui vous transforment en zombie et vous déglinguent un peu plus »,explique-t-il. À cela s’ajoutent les souffrances de l’esprit. « Être immobilisé dans son corps sans plus pouvoir rien faire, c’est comme être enterré vivant. C’est cela qui fait peur. Pas la mort. » En février, Laurent a pris contact avec l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), dont les médecinsconseils l’ont accompagné dans son souhait de demander l’euthanasie en Belgique comme le font une centaine de Français chaque année. « Pour moi, la loi arrivera trop tard en France. Alors j’ai fait le choix de l’étranger. »
Diagnostiquée, elle aussi, de la maladie de Charcot en avril 2023, Sophie P., 56 ans, n’a pas encore arrêté sa décision. Mais elle a déjà fait le voyage depuis la Côte d’Opale en Belgique, conseillée dans sa démarche par le collectif de soignants Accompagner mon choix de fin de vie. À l’hôpital de Liège, un médecin l’a déclarée éligible à l’euthanasie. « Mais la date n’est pas fixée. C’est moi qui déciderai du jour et de l’heure », précise-t-elle fermement.
Jusqu’ici, Sophie supporte. « Depuis trois ans, ma dépendance est totale. Infirmière pendant trente-cinq ans, j’étais très investie dans mon travail et très active dans la vie. J’aimais cuisiner, recevoir, m’occuper du jardin. Renoncer à l’autonomie, être condamnée à l’inaction, c’est ce qu’il y a de plus difficile à accepter. » Ce qui la porte ? Son mari, leurs quatre enfants et cinq petits-enfants qui l’entourent. « Je ne vis plus que pour eux. Si je retarde le moment, c’est par peur de leur faire de la peine. Bien sûr, je préférerais mourir chez moi, en France, mais est-ce que je tiendrai jusqu’à ce que la loi passe ? »
Danielle, 79 ans, elle aussi ancienne soignante, le répète : « Pour l’instant, je vais bien. » Pour l’instant, car elle sait que le risque de rechute de sa maladie est élevé. Il y a deux ans, elle a appris qu’elle avait un cancer des ovaires très agressif à un stade avancé. Peu après l’annonce, elle a entamé les démarches pour se rendre en Suisse, pays qui autorise le suicide assisté, y compris pour les étrangers, dont une cinquantaine de Français chaque année. « C’est ce qui m’a permis de supporter l’intervention chirurgicale et les conséquences nocives des traitements », assure-t-elle.
Aujourd’hui encore, alors qu’elle est en rémission, savoir qu’elle dispose de cette possibilité l’apaise. « C’est une liberté qui me permet d’avoir moins peur de la mort. Attention : j’ai envie de vivre ! Mais si mes conditions de vie empirent, je partirai. La vie coûte que coûte ne m’intéresse pas. »
Danielle regrette que la France tarde tant à légiférer. « Pour partir à l’étranger, il ne faut pas s’y prendre trop tard, sinon on risque d’être trop diminué pour faire le voyage. Cela veut dire qu’il faut partir quand on est encore un peu en forme et qu’on n’est pas encore tout à fait au bout… »
Savoir qu’elle pourrait, si besoin, avoir recours à l’aide à mourir, c’est aussi ce qui permettrait à Annie de mieux traverser les traitements. À 72 ans, cette ancienne employée de mairie a appris récemment qu’elle était atteinte d’un cancer de l’utérus nécessitant une lourde intervention chirurgicale, susceptible de laisser des séquelles. D’où la demande déposée en Belgique, refusée pour l’instant, mais qu’elle réactualisera après son opération. « J’espère ne jamais en avoir besoin ! Je suis catholique et j’ai la foi. Mais lorsqu’il n’y a plus de possibilité de guérison, je ne veux pas souffrir inutilement. Je veux partir dignement. »
Josette, 76 ans, diagnostiquée d’un cancer du poumon il y a sept ans, n’ira pas à l’étranger, mais elle a pris ses dispositions, au cas où. « Dès le départ, je savais que je ne voulais pas d’acharnement thérapeutique. Je me suis procuré des ordonnances qui me permettront de mourir paisiblement en quelques minutes. J’en ai parlé à mes deux enfants, de 44 et 42 ans, et ils respectent totalement ma décision. Si cela devient trop lourd, je leur dirai simplement que le moment est venu. »
Pouvoir choisir : c’est aussi le souhait d’Émilie. À 47 ans, cette maman de deux filles, installée dans le bassin d’Arcachon, a appris en 2023 qu’elle était atteinte d’un astrocytome de grade 4, l’équivalent du glioblastome, la tumeur cérébrale la plus fréquente – environ 35 000 nouveaux cas chaque année – mais aussi la plus agressive, avec une espérance de vie médiane estimée entre quatorze et dix-sept mois.
Émilie est une survivante. « Une intervention chirurgicale a permis de retirer un maximum de la tumeur sans toucher aux fonctions cérébrales. Mais il reste de la tumeur résiduelle, et lorsqu’un glioblastome récidive, on bascule très vite vers une prise en charge en fin de vie », raconte-t-elle. Confrontée, en outre, à un cancer du sein diagnostiqué en début d’année, elle sait que son temps est compté et en parle avec lucidité. « J’éprouve une urgence à vivre. Mais vivre à tout prix dans un état dégradé, je ne sais pas si c’est ce que je veux laisser de moi à mon mari, mes enfants, mes proches. »
Nicolas B., lui, est arrivé à un stade où la maladie ne lui permet plus de parler. C’est grâce à un logiciel de saisie par commande oculaire qu’il a répondu à La Croix. À la question « Pouvez-vous vous présenter ? », il écrit : « J’ai 40 ans, je suis marié et jeune papa. Je suis atteint de sclérose latérale amyotrophique depuis trois ans, une maladie qui m’a tout volé. Je ne peux même plus prendre ma petite fille dans mes bras et lui raconter une histoire. » Souffre-t-il ? « La SLA transforme tout en souffrances dont personne n’imagine l’intensité. Et puis, il faut vivre avec une échéance dont on connaît l’issue sans disposer d’aucune arme pour inverser le cours des choses. »
Ce qui le fait tenir ? « Ma fille est une formidable raison de continuer. Et j’ai des projets. Je suis très engagé au côté de l’Association pour la recherche sur la SLA (ARSLA) comme cofondateur de l’Institut Charcot qui développe des solutions thérapeutiques. Je tiens à la vie plus que tout. Mais vivre ne signifie pas tout accepter, à n’importe quel prix. » Il se dit ainsi favorable à la loi sur l’aide à mourir. « Je ne sais pas où se situera ma limite, mais je voudrais avoir la certitude que, le jour où mes souffrances seront insupportables, la société m’aidera. Cette possibilité m’apaise. Paradoxalement, savoir que je serai entendu me permettrait de continuer plus longtemps. »
Charlotte, 34 ans, ne songerait pas à le contester. Mais son parcours l’a amenée à mesurer les conséquences irréversibles d’une telle décision. Après le diagnostic d’un lymphome hodgkinien – un cancer du système lymphatique – à un stade très avancé, cette salariée d’une banque se souvient qu’elle aurait « signé sans hésiter » pour mourir lors de ses traitements. « J’ai connu toutes les complications possibles : des infections qui m’ont envoyée à l’hôpital, de grandes souffrances, un séjour en chambre stérile dans un isolement total. Catholique, croyante, j’ai prié tous les jours pour en finir, même si je savais que je n’étais pas condamnée. » Six ans après sa rémission, Charlotte est aujourd’hui soulagée que ses prières n’aient pas été exaucées. « Si j’avais eu ce droit à ce moment-là, je ne serais peut-être plus là aujourd’hui. C’est pourquoi je suis pour le droit à l’aide à mourir, mais très attachée au critère d’une maladie incurable. »
« Bien sûr qu’il faut encadrer le processus, renchérit Jacques, ancien financier. Mais tout bloquer pour prévenir d’éventuels détournements ne me paraît pas éthique. Il ne faut pas que l’excès de précaution annihile toute possibilité de disposer librement de son corps et de sa mort. »
À 71 ans, ce Marseillais « papa trois fois » et « six fois grand-père »raconte avoir vu « le ciel(lui) tomber sur la tête » lorsqu’on lui a diagnostiqué un carcinome épidermoïde de l’épiglotte, un cancer ORL. « J’étais persuadé que c’était un cancer de rien du tout. Mais les traitements ont été épouvantables. Je suis passé quatre fois aux urgences, j’ai vécu cinq mois sous morphine, j’ai été nourri par une sonde pendant sept mois. J’ai cherché quelles seraient les manières les moins traumatisantes d’en finir », confie-t-il d’une voix grave. Aujourd’hui en rémission, Jacques ignore si, avec le recul, il aurait eu recours à l’aide à mourir si elle avait été accessible. « Mais le simple fait de savoir que ce droit existe aurait été important. Cela m’aurait permis de regarder les choses différemment. Choisir sa fin de vie devrait être un droit »,plaide-t-il.
Matthieu Bonvoisin connaît lui aussi la souffrance pour la vivre au quotidien. Depuis l’âge de 1 an, il est atteint d’une amyotrophie spinale, une pathologie génétique incurable qui, comme la maladie de Charcot, entraîne la paralysie progressive des muscles et la mort par étouffement. Une perspective qui ne l’a pas empêché, grâce à l’amour et au soutien des siens, de « mener une vie la plus normale possible »et de suivre un parcours brillant, jusqu’à devenir conseiller juridique à la Banque mondiale, d’abord aux États-Unis puis à Paris.
Pendant longtemps, Matthieu a suivi de loin le débat sur le suicide assisté et l’euthanasie parce qu’il ne se sentait pas personnellement concerné. « Je n’ai jamais été dans cette détresse absolue où il n’y a que la mort comme échappatoire », reconnaît-il. « Jusqu’à ce que je réalise que j’étais, si l’on peut dire, privilégié. » La prise de conscience est venue d’une rencontre avec Louis Bouffard, atteint lui aussi d’une maladie génétique dégénérative, la myopathie de Duchenne, et devenu coprésident et porte-parole de l’association Les Éligibles et leurs aidants. « Un collectif qui s’oppose à la proposition de loi sur l’aide à mourir au nom de la dignité intrinsèque des individus et de la solidarité due aux plus vulnérables, malades, personnes âgées ou handicapées », explique Matthieu.
Un combat qu’il a désormais fait sien. « Parce qu’on ne peut pas légiférer pour quelques-uns en oubliant la majorité des autres qui demandent qu’on les aide à vivre et qui vont être un peu plus fragilisés par ce texte. Parce que ce serait une injustice alors que beaucoup de malades n’ont pas encore accès à des soins véritables. Parce que ce serait une défaite morale que de légaliser la mort administrée qui ne fera que rajouter de la souffrance à la souffrance. »
Antoine d’Abbundo et Esther Serrajordia
Un nouvel incendie dans les Pyrénées-Orientales a parcouru 930 hectares dans la nuit
Un hélicoptère des pompiers lutte contre les flammes à Pouzols-Minervois, dans l'Aude, le 2 juillet 2026 Idriss Bigou-Gilles / AFP
L’incendie qui s’est déclaré samedi vers 19H30 dans un massif difficile d’accès à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, a parcouru 930 hectares dans la nuit, a-t-on appris auprès de la préfecture dimanche matin.
« Plus de 580 sapeurs-pompiers sont mobilisés sur le terrain » pour lutter contre ce feu à environ 35 kilomètres à l’ouest de Perpignan et pour lequel le préfet n’a à cette heure pas donné d’ordre d’évacuation.
Le feu « est contenu le long de la D2 entre Trévillach et Ille-sur-Têt, mais continue à se propager au sud », explique la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a ordonné la fermeture des routes départementales D2, D17 et D66 (entre Vinça et Ille-sur-Têt).
« Aucune évacuation générale n’a été donné », mais « les habitants des secteurs concernés sont invités à rester joignables et à suivre les consignes des autorités », précise la préfecture.
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a demandé pendant la nuit aux maires des communes environnantes, Rodès, Ille-sur-Têt et Montalba-le-Château, « de rassembler en mairie les habitants des habitations dispersées ».
Les autorités demandent à la population d’éviter « impérativement le secteur afin de faciliter le travail des secours ».
Ce brusque départ de feu intervient alors que le département était repassé depuis samedi midi en vigilance orange canicule.
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l’évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d’être fixé par les pompiers vendredi.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est dit vendredi « très inquiet » que la saison des feux ait commencé dans le pays avec « un mois d’avance », lors d’un déplacement sur le site d’un autre feu, dans l’Aude cette fois, qui a parcouru 900 hectares en 48 heures.
Un hélicoptère des pompiers lutte contre les flammes à Pouzols-Minervois, dans l'Aude, le 2 juillet 2026 Idriss Bigou-Gilles / AFP
L’incendie qui s’est déclaré samedi vers 19H30 dans un massif difficile d’accès à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, a parcouru 930 hectares dans la nuit, a-t-on appris auprès de la préfecture dimanche matin.
« Plus de 580 sapeurs-pompiers sont mobilisés sur le terrain » pour lutter contre ce feu à environ 35 kilomètres à l’ouest de Perpignan et pour lequel le préfet n’a à cette heure pas donné d’ordre d’évacuation.
Le feu « est contenu le long de la D2 entre Trévillach et Ille-sur-Têt, mais continue à se propager au sud », explique la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a ordonné la fermeture des routes départementales D2, D17 et D66 (entre Vinça et Ille-sur-Têt).
« Aucune évacuation générale n’a été donné », mais « les habitants des secteurs concernés sont invités à rester joignables et à suivre les consignes des autorités », précise la préfecture.
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a demandé pendant la nuit aux maires des communes environnantes, Rodès, Ille-sur-Têt et Montalba-le-Château, « de rassembler en mairie les habitants des habitations dispersées ».
Les autorités demandent à la population d’éviter « impérativement le secteur afin de faciliter le travail des secours ».
Ce brusque départ de feu intervient alors que le département était repassé depuis samedi midi en vigilance orange canicule.
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l’évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d’être fixé par les pompiers vendredi.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est dit vendredi « très inquiet » que la saison des feux ait commencé dans le pays avec « un mois d’avance », lors d’un déplacement sur le site d’un autre feu, dans l’Aude cette fois, qui a parcouru 900 hectares en 48 heures.
Pour la saison estivale, onze canadairs sur douze sont disponibles. Trois d’entre eux sont déjà intervenus dans l’Aude, jeudi 2 juillet 2026. Frédéric Moreau / Hans Lucas via AFP
Un incendie déclenché mercredi 1er juillet dans l’Aude mobilise des centaines de pompiers et trois canadairs. L’occasion de faire le point sur l’état de la flotte aérienne française, vieillissante mais mieux dotée qu’en 2025.
Cet été encore, la façade méditerranéenne est ravagée par les flammes. Dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Gard ou les Pyrénées-Orientales, plusieurs départs de feu ont mobilisé des milliers de sapeurs-pompiers. Dans l’Aude, l’incendie déclenché mercredi 1er juillet a rapidement pris de l’ampleur, nécessitant d’importants moyens aériens, dont trois canadairs. Ces derniers n’ont toutefois pas procédé à des largages en raison de la présence d’habitants dans les zones sinistrées.
Cette année, la saison des feux a débuté avec environ deux semaines d’avance par rapport au calendrier habituel, selon le premier ministre, Sébastien Lecornu. En cause : une végétation particulièrement sèche après la canicule de juin, des températures élevées et des vents violents dans le sud du pays. De plus en plus précoces et fréquents, ces incendies imposent un recours régulier aux moyens aériens, alors même que la flotte française est jugée vieillissante et insuffisante.
La Sécurité civile dispose d’une flotte composée de douze canadairs, de huit Dash capables d’effectuer des largages d’eau ou de produit retardant, ainsi que de trois avions Beechcraft, pour la reconnaissance et la coordination des opérations. Mais chaque année, une partie de ces appareils est immobilisée pour maintenance. Les Monde/Le-canadair-bete-somme-lutte-contre-feux-2023-08-07-1201278075">canadairs français, d’un âge moyen d’environ trente ans, sont soumis à une forte usure liée à leur utilisation intensive et à la corrosion provoquée par les écopages en mer, ce qui impose des opérations de maintenance régulières et lourdes de quatre à six semaines chaque hiver.
Quatre canadairs en livraisonPour la saison 2026, la disponibilité est globalement meilleure que les années précédentes, mais elle demeure incomplète. Dix appareils étaient opérationnels au début de la campagne estivale, et un onzième devait rejoindre la flotte au cours du mois de juillet. Un autre canadair reste indisponible depuis plus d’un an à la suite d’un accident survenu en Corse en mai 2025. Ainsi, si la France dispose officiellement de douze appareils, seuls onze peuvent être mobilisés durant l’été. Côté Dash, un appareil est également en maintenance, ramenant la flotte opérationnelle à sept avions.
Quatre nouveaux canadairs devraient toutefois rejoindre la flotte française dans les prochaines années. Deux d’entre eux, commandés il y a deux ans, feront leur arrivée sur le sol français en 2028, et deux appareils supplémentaires seront livrés à l’horizon 2032. À terme, la flotte de la Sécurité civile devrait donc compter 16 avions bombardiers d’eau amphibies. En parallèle, la France explore également des solutions complémentaires, notamment des avions de lutte contre les incendies dérivés de modèles régionaux.
Cette situation alimente régulièrement les critiques sur la dépendance de la France à des constructeurs étrangers, les canadairs étant produits exclusivement au Canada. Elle met aussi en lumière les limites opérationnelles de ces moyens aériens.
Principalement basés à Nîmes-Garons (Gard), leurs délais d’intervention peuvent varier selon la distance à parcourir. Leur efficacité dépend aussi de la présence de plans d’eau à proximité pour l’écopage, ainsi que des conditions météorologiques, notamment le vent, qui peut réduire leur capacité d’action voire empêcher les largages.