Névroses d’une grève oubliée
Un quotidien de bruit et de sueur, des cadences qui écrasent le corps et l’esprit, l’échiquier du pouvoir syndical et l’amitié qui, quelques fois, résiste : telle est l’expérience ouvrière vécue et racontée par le narrateur, ancien délégué syndical de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois.
Témoin et acteur des luttes syndicales et des grèves de 1982, 2005 et 2007, José Luis Toribio nous plonge dans les conflits internes entre syndicats, l’aliénation, la violence du monde ouvrier et les espoirs déçus du militantisme.
Porté par une écriture incisive, L’Usine interroge notre rapport au travail et aux engagements collectifs, dressant le portrait poignant et personnel d’un monde en voie de disparition.
Un récit à la croisée de l’intime et du politique où la fragmentation du mouvement ouvrier et l’usure des engagements militants sont racontés à travers un regard lucide et sans complaisance.
Fils d’immigrés espagnols, né à Coulommiers en Seine-et-Marne en 1970, José Luis Toribio quitte l’école en deuxième année de CAP mécanique générale. Entre 16 et 21 ans, il perd son temps à La Ferté-Gaucher entre stages et missions d’intérim.
Il en profite pour lire les Classiques, et développe dans les cinémas du Quartier latin une cinéphilie commencée enfant devant sa télé.
L’amour du cinéma ne le quittera plus pendant les 27 années suivantes passées à la chaîne des usines PSA-Citroën. Quand débute à Aulnay la plus longue grève enregistrée jusqu’alors au 21e siècle, il ose enfin prendre la plume.