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lundi 18 juin 2018

CRISTINA BRANCO ~ Kronos [2009]



VIAGEM A PORTUGAL # 1 

On peine à y croire au vu de la météo qu'on se coltine, mais, d'ici un mois, les grandes transhumances estivales vont commencer. Toute l'Europe du Nord se jettera sur les routes pour se rendre dans le sud et toute l'Europe du sud... Mais oui, au fait. Où les européens qui vivent déjà dans ces endroits paradisiaques que sont Séville, Malaga, Murcia vont-ils passer leurs mois d'été ? J'ai un début de réponse... Cristina Branco est née en 1972, deux ans avant la révolution des œillets. C'est donc tout naturellement qu'elle incarne avec quelques-unes de ses contemporaines le renouveau du fado. Sa carrière commence au tout début des années 2000, une époque qui marque le retour de cette musique après un rejet dû à la trop grande proximité des artistes avec la dictature militaire. Cristina Branco incorpore à sa relecture du fado des éléments issus de la variété, du tango, de la musique populaire brésilienne. Son fado n'est plus une musique dépressive, triste et nostalgique, il sait se faire joyeux, tendre, drôle et léger. Kronos, son huitième album, paru en 2009, est l'un des plus aboutis. Cristina s'accompagne elle-même au piano, au sein d'une formation à l' instrumentation traditionnelle comprenant la guitare portugaise, l'accordéon et la contrebasse. Un délice en toute saison.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Trago Um Fado
02 - Eterno Retorno
03 - Bomba Relogio
04 - Longe Do Sul
05 - Margarida
06 - O Meu Calendario
07 - Bichinhos Distraidos
08 - Tango
09 - Electrico Amarelo
10 - O Rapaz Do Trapezio
11 - O Sitio
12 - Uma Outra Noite
13 - Fado Do Mal Passado
14 - Historias Do Tempo
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 118



lundi 4 décembre 2017

LHASA ~ Lhasa Live In Reykjavik [2009 (2017)]


Elle est tombée de scène, un ange l'a prise sous son aile pour la ramener au pays des fées... Mon encrier est plein de larmes, débrouillez vous avec ça.
Jimmy JIMI 


01 - Is Anything Wrong
02 - Bells
03 - Rising
04 - Con Toda Palabra
05 - Love Came Here
06 - The Lonely Spider
07 - Fool's Gold
08 - Fish On Land
09 - La Confession
10 - De Cara A La Pared
11 - 1001 Nights
12 - Para El Fin Del Mundo
13 - A Change Is Gonna Come
14 - Anyone & Everyone
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 82


mercredi 8 mars 2017

RICHARD HAWLEY ~ Truelove's Gutter [2009]


Depuis huit ans, Richard Hawley fait la plus belle musique du monde, mais il semble que peu de gens le sachent. Depuis Late night final inaugurant sa carrière solo jusqu'à ce Truelove's gutter, l'homme n'a pas bougé d'un iota, à l'exception du précédent, Lady's bridge, son seul album à moitié raté. Il tient la barre et ne dévie pas. Entre temps, nous avons eu les Strokes, les White Stripes, un groupe avec un chanteur à tête de rat (Muse), un autre à tête de nœud (Coldplay), Keane, Arcade Fire, MGMT etc. Tout ce beau monde se décarcasse avec plus ou moins de talent pour laisser sa petite emprunte dans un rock'n'roll qui commence à sentir l'arthrite. Hawley fait tout le contraire et c'est pour ça qu'il durera plus que les autres. Hors du temps, hors du monde, l'homme de Sheffield chante des berceuses trouvant leur source à une époque que personne n'a réellement connue. Hawley, dans le fond, est comme Dylan : ses références sont toutes hors d'âge. De Gene Vincent à Hank Williams, de Dean Martin à Faron Young, il s'auto-alimente, en toute autarcie, avec les disques qu'écoutaient son père et le père de ce père, et le père de ce père. Rien d'autre n'est venu polluer ses oreilles. Depuis huit ans, il laboure le même sillon. Son art est dans la chanson d'amour, reposant sur presque rien. On trouve, en fouinant bien, du céleste, de la guitare baryton, du vibrato, de l'écho, de la batterie jouée aux balais. Mais pour le reste, c'est le vide. Hawley, Miles Davis du rock, fait ses disques de manière silencieuse. Ce sont les mêmes accords qui l'obsèdent d'album en album et, à vrai dire, le musicien travaille toujours la même chanson. Celle-ci est pleine d'écho, de vent, et chiche en notes. C'est la chanson de La Nuit du chasseur mais en version positive, en version anesthésiante... C'est l'épure absolue. Chez ce romantique vivant dans un monde pré-Beatles, à l'esthétique fifties pleine d'innocence, il n'y a pas une note en trop. Il y a même des fantômes de note. De la guitare liquide, des sons fantasmatiques, des ectoplasmes ! Et puis, le voici qui ouvre la bouche, s'empare du micro, et sort ce truc... cette voix ! Du baryton dément, plus beau encore que ceux de Lee Hazlewood et Scott Walker réunis. Lorsque Richard hawley chante, la beau des disques comme on en fait plusté du monde paraît. C'est un révélateur, un magicien. Qui gère son talent avec une infinie grâce : voir, par exemple, le crescendo hallucinant de Soldier on. Un moment rare, un frisson violent, un émerveillement. Tout le monde est tenté, après s'être enfilé cinquante fois de suite les huit morceaux de Trulove's gutter, de dire qu'il s'agit de son plus bel album. A vrai dire, non. Late night final était parfait. Cole's corner aussi. Lowedges idem. Celui-ci est seulement aussi beau que les précédents, et ce n'est pas une mince affaire. Alors que le monde tourne, s'agite, se pose des questions inutiles (Oasis reformé ? déformé ?), Richard Hawley traîne sa Gretsch et sa mélancolie, chante l'homme de tous les jours, ce working class hero dont il se sent si proche, et continue de sortir méticuleusement des disques comme on en fait plus, qui n'ont d'ailleurs jamais vraiment existé avant lui... Et, de chanson en chanson, au fil des ans, atteint la perfection suprême. Et avec lui est retrouvé le plaisir adolescent de la quête : voici enfin un auteur dont on attend chaque nouvel album en trépignant. Par conséquent, la vraie question est : comment pourrions-nous vivre sans les albums de cet homme ? Durement, sans doute.
Nicolas UNGEMUTH [Rock&Folk 507 - Novembre 2009]

C'est une nouveauté pour Absolutely Cool : de temps à autre, je vous proposerai un chef-d'oeuvre accompagné d'une chronique d'époque... Oh, je ne suis pas sans savoir que Nicolas Ungemuth (plus facile à éternuer qu'à prononcer, un blaze pareil !) compte quelques détracteurs. En général, on lui reproche sa mauvaise foi. C'est tout à fait injuste : c'est en toute bonne foi qu'il égratigne ou assassine les groupes qu'il juge insupportables ! Si je l'apprécie autant, c'est peut-être parce que je partage plusieurs de ses petites détestations, mais plus certainement parce que je me reconnais dans la majorité de ses passions - en commençant par le génial Richard Hawley. En plus, il possède un joli coup de patte, ce qui ne gâche rien. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - As The Dawn Breaks 
02 - Open Up The Door
03 - Ashes On The Fire
04 - Remorse Code
05 - Don't Get Hung Up On Your Soul
06 - Soldier On
07 - For Your Lover, Give Some Time
08 - Don't You Cry
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 5