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lundi 3 mai 2021

NICK CAVE ~ Idiot Prayer (Nick Cave Alone At Alexandra Palace) [2020]


Vous l'aurez sans doute remarqué: la Beauté s'accompagne parfois d'une dose de douleur ou de violence importante. La nuit descend et l'on se demande si Elle nous réconforte ou si, au contraire, Elle verse du sel sur nos plaies. Mais nous sommes comme des papillons qui ne peuvent s'empêcher de virevolter entre les étincelles jetées par les étoiles... Pour un soir, Nick Cave a coupé l'électricité et s'offre dans le plus simple appareil. Le gros meuble est planté au milieu de la salle vide en attendant d'être dompté. Tel un Prince Mychkine, le Nick lance sa prière au néant. Libre à vous de glisser vos ailes au milieu de ce magnifique carnage sentimental...

Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire!]  

01 - Spinning Song
02 - Idiot Prayer
03 - Sad Waters
04 - Brompton Oratory
05 - Palaces Of Montezuma
06 - Girl In Amber
07 - Man In The Moon
08 - Nobody's Baby Now
09 - (Are You) The One That I've Been Waiting For
10 - Waiting For You
11 - The Mercy Seat
12 - Euthanasia
13 - Jubilee Street
14 - Far from Me
15 - He Wants You
16 - Higgs Boson Blues
17 - Stranger Than Kindness
18 - Into My Arms
19 - The Ship Song
20 - Papa Won't Leave You, Henry
21 - Black Hair
22 - Galleon Ship
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 204       

lundi 8 mars 2021

ARTISTES DIVERS ~ Jazz Et chanson (1ère Partie) [C. 2020]

 

Un peu isolée sur son îlot francophone, la chanson française s'est toujours inspirée des musiques en vogue venues de l’étranger. Dans les années 30 et 40, la musique dominante était le jazz. Plus tard, selon la même logique, la chanson s'habillera de bossa nova, de rock n'roll, de punk, de rap ou d'electro. Pour certains chanteurs, c'était une façon de rajeunir à bon compte une image vieillissante, voire de conquérir un public plus jeune. Le jazz n'était pour eux qu'un décor de fond sur lequel le chanteur faisait son numéro sans trop s'impliquer, ni trop comprendre cette musique venue d'un ailleurs qu'ils ne connaissait pas. Mais pour d'autres artistes, le jazz fut une révélation. Tout leur parcours artistique en fut radicalement changé. Parmi ceux-ci, on peut citer Micheline Day, et surtout Jean Sablon. Bien sûr, d'autres suivront (je vous vois déjà lorgner du côté de Toulouse), mais n'allons pas trop vite.

 

Dans ce premier volume, nous allons explorer les années d’avant guerre, les années 30 et 40, l'âge d'or du jazz et du swing aux États-Unis. Certaines vedettes de ce temps-là ont laissé un souvenir jusqu'à nos jours, c'est le cas de Jean Sablon (encore lui) mais aussi de Ray Ventura qui est maintenant presque plus respecté qu'à son époque. D'autres, en revanche, seraient tombés dans l'oubli le plus profond s'ils n'avaient enregistré avec Stéphane Grapelli, Michel Warlop ou Django Reinhardt, omniprésent dans ce florilège comme il l'était dans le jazz français de ces années. Le volume suivant sera consacré aux chansons des années 50 à nos jours, mais... ceci est une autre histoire.

ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 

 




01 - Éliane de Creus et Jean Sablon - Si j'aime Suzy (14 Mars 1933)

02 - Maurice Chevalier acc. par Michel Warlop et son Orchestre - Dans les squares à Paris au printemps (14 Déc 1933)

03 - Germaine Sablon - La chanson du large (16 Mars 1934)

04 - Aimé Simon-Girard - Cocktails pour deux (13 Nov 1934)

05 - Ray Ventura - Venez donc chez moi (Peut-être 1935) 

06 - Léon Monosson - Tout le jour, toute la nuit (09 Fév 1935)

07 - Le Petit Mirsha - Maman, ne vends pas la maison (22 Fév 1935)

08 - Hildegarde Sell avec Patrick et son orchestre - Darling, je vous aime beaucoup (04 Mars 1935)

09 - Nina Rette - Mon cœur reste près de toi (06 Sept 1935)

10 - André Pasdoc - Vivre pour toi (13 Oct 1935)

11 - Yvonne Louis - Mirage (Chasing Shadows) (13 Oct 1935)

12 - Jean Sablon - Cette chanson est pour vous (07 Déc 1935)

13 - Jean Tranchant - L'amour en voyage (14 Jan 1936)

14 - Nane Cholet - Ainsi soit-il (12 Nov 1936)

15 - Micheline Day - Y'a du soleil dans la boutique (26 Oct 1937)

16 - Johnny Hess - Je Suis Swing (1938)

17 - Les Chanterelles & Michel Warlop - Verlaine (22 Nov 1942)

18 - Pierre Mingand & Michel Warlop - Ils sont zazous (04 Jan 1943)

19 - Lucienne Delyle & Joseph Reinhardt - J'attends l'amour (Décembre 1943)

MP3 (320) kbps + front cover

COOL 203 

lundi 1 février 2021

LORD VIOLIN ~ Grim Voltage [2020]


Fatalement, en cette pénible année 2020, le satané virus et son pote le confinement auront également marqué le monde de la musique de leur triste emprunte. Nos copains musiciens firent comme ils pouvaient, là où ils se trouvaient et avec les moyens du bord. Au mois de mars, notre ami Ernesto se retrouva confiné, du jour au lendemain, à Casablanca. La mesure s'est étendue sur plusieurs mois, sans grande activité, bercée par une ambiance de fin du monde, un parfum de mort flottant dans les rues. Entre ras-le bol, prière et contemplation, l'envie lui pris de concocter un disque de gospel; seulement, voilà, il ne disposait d'aucun véritable instrument... Comme il me l'a confié: "je me suis retrouvé par hasard dans des circuits de diodes et de transistors pour bricoler ces petits psaumes. Des rêveries d'enfance sont remontées pour donner un coup de main, donc le résultat sonne parfois comme un vieil Atari branché sur l'au-delà." Avant de pénétrer dans cet univers, il faut s'imaginer un Nick Drake privé de guitare (comme de toute forme d'orchestration) et dans l'obligation de se débrouiller avec trois fois rien plus un lot de clopinettes! Heureusement, nul ne résiste au talent. Grim Voltage ressemble à un train fantôme zigzagant au milieu des nuages. Après le premier effet de surprise, on se laisse facilement embarquer par ces comptines plus intimes que jamais (aussi touchantes que toujours!).

Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire!]

 

01 - Der Lindenbaum

02 - First Girl From The Sun

03 - Top 10 Books About Planes

04 - El Butcher Rio

05 - Year Of The Nap

06 - The Copernicium Parade

07 - Rogue Cherry

08 - Near-Bromine

09 - Boomer In Wonderland    

COOL 202

 

lundi 26 octobre 2020

THE PRETTY THINGS ~ Bare As Bone, Bright As Blood [2020]


Ainsi la magnifique histoire des Pretty Things s’achève ici (heureusement, il nous reste les disques pour nous rejouer l'aventure à l'envi). Étant encore en layette au moment où le groupe se formait, il m'aura fallu un certain David Bowie (deux reprises des "Pretties" sur son Pin Ups) pour m'intéresser au groupe... Des lustres et quelques chefs-d’œuvre plus tard, la pochette de ce Bar as bone, bright as blood est ornée d'un canapé vide. Le 15 mai 2020, Phil May, chanteur de l'orchestre magique, est décédé suite à un stupide et tragique accident de vélo. La vie est parfois très conne, je ne vous le fais pas dire. C'est d'autant plus cruel que ce nouvel album, entièrement acoustique, est stupéfiant de sincérité et de beauté. Ce n'est rien d'écrire qu'on a déjà entendu les diaboliques douze vieilles mesures carillonner joliment, mais rarement avec ce supplément d'âme, si souvent réclamé et, hélas, si souvent absent (en tous cas depuis un bail). Ces chansons vous attrapent au cœur dès l'ouverture pour ne plus vous lâcher jusqu'à l'accord final. Ce disque est merveilleux, ce disque est bouleversant, il vous faut l'écouter en boucle!

Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire!]


01 - Can't Be Satisfied

02 - Come Into My Kitchen

03 - Ain't No Grave

04 - Faultline

05 - Redemption Day

06 - The Devil Had A Hold Of Me

07 - Bright As Blood

08 - Love In Vain

09 - Black Girl

10 - To Build A Wall

11 - Another World

12 - I'm Ready 

MP3 (320 kbps) + front cover

COOL 200   

 


 

lundi 5 octobre 2020

TAMI NEILSON ~ Chickaboom [2020]

 

La délicieuse pochette de ce Chicka boom! le bien nommé peut éventuellement être trompeuse. N'allez point vous fourvoyer : il ne s'agit pas de la réédition de l'unique et très rare album de la cousine germaine de Wanda Jackson, pas plus que des démos de la voisine de palier de Brenda Lee, mais du septième et tout nouvel album de Tamara Neilson, plantureuse chanteuse Canadienne vivant en Nouvelle-Zélande. En ce qui concerne le style, tout est inscrit sous le titre : "The hot rockin' lady of country, rockabilly & soul". Ne serait-ce pas ce que l'on désigne désormais sous la très originale appellation : americana ? Cela se pourrait bien. Autant vous le dire tout de suite : tout est très chouette sur ce disque : la voix ultra expressive de l'ogresse Tami (quelque part entre Janis et Amy, pour vous situer le niveau) ; un groupe impeccable qui sait être jouissif tout en demeurant sobre ; la faculté avec laquelle tout ce beau monde jongle avec les styles et les sous genres sans jamais donner dans l'exercice scolaire ; des compositions originales qui ne se contentent pas de tenir la route mais vous entraînent en vadrouille bien loin de notre petit univers chaque jour plus anxiogène. Il me semble que ça commence à faire pas mal de qualités. Vous pouvez immédiatement vous jeter dessus, vous ne serez pas déçus ! 

Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

 


01 - Call Your Mama

02 - Hey Bus Driver!

03 - Ten Tonne Truck

04 - Queenie, Queenie

05 - You Were Mine

06 - 16 Miles Of Chain

07 - Tell Me That You Love Me

08 - Any Fool With A Heart

09 - Sister Mavis

10 - Sleep

MP3 (320 kbps) + front cover 

COOL 199 

 

 

        

lundi 20 avril 2020

DAVID BOWIE ~ ChangesNowBowie [2020]


"On voudrait revivre. Ça veut dire on voudrait vivre encore la même chose" chantait Gérard Manset... On sait bien, pourtant, qu'on ne retrouvera jamais l'émotion qui fut la nôtre en découvrant Hunky dory, The Rise and fall of Ziggy Stardust and the spider from mars ou Heroes... Il faut, désormais, chercher un mince bonheur dans le fond des tiroirs ; tenter de regagner un soupçon d'innocence dans des versions alternatives. Ce disque, gravé pour le Record Store Day (annulé pour cause de confinement et reporté au 20 juin), contient neuf chansons enregistrées en 1997, aux Looking Glass Studios de New York, pendant les répétitions précédant sa performance au Madison Square Garden, pour son cinquantième anniversaire.  Huit classiques (parmi les préférés du beau David) et une reprise du Velvet Underground réenregistrées dans des versions plus dépouillées et acoustiques. Ce n'est pas exactement le grand frisson (je n'ai jamais été un immense fan de la guitare de Reeves Gabrels), mais on peut éventuellement verser une larmichette quand la voix semble partie pour caresser les étoiles.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - The Man Who Sold The World
02 - Aladdin Sane
03 - White Light White Heat
04 - Shopping For Girls
05 - Lady Stardust
06 - The Supermen
07 - Repetition
08 - Andy Warhol
09 - Quicksand
MP3 (320 kbps) + front cover 


vendredi 10 avril 2020

THE JAMES HUNTER SIX ~ Nick Of Time [2020]



La bien pénible affaire se confirme (si besoin en était) : les dieux se fichent ostensiblement de nos mignonnes petites tronches ! Je vous pose la question : depuis combien d’années n’avions-nous pas vu un début de printemps aussi resplendissant ? Las ! la majorité de la population se retrouve claquemurée suite aux circonstances que vous connaissez… James Hunter et ses potes se gaussent du délirant boxon ambiant : les zigomars, eux, sont volontairement confinés depuis des lustres dans une douce bulle spatio-temporelle où ils jouent de la cool music : cette soul de la fin des années cinquante qui connaissaient à peine son nom et qui piochait allègrement dans le rhythm’n’blues le plus suave comme dans le doo-wop ou les délicieuses fragrances cubaines. On peut difficilement évoquer la nostalgie, puisque nos charmants drilles n’étaient même pas nés à cette joyeuse époque. M’est avis que dans sa jeunesse le James a dû farfouiller quelques heures dans la précieuse collection de pépites d’un tonton modernist. Le comble du miracle, c’est que cette sublime entreprise ne respire jamais le vilain décalque, la poussière qui colle aux esgourdes ou la nauséabonde naphtaline, mais seulement le bonheur ! Et il y a un comble du comble – si fait messieurs dames ! Je me fais berner à chaque nouvel album (honte sur moi ! mais dans notre ère glauque où les synthétiseurs asthmatiques, les boîtes à rythmes claudicantes et les samples trop faciles semblent s’être emparés du pouvoir, il devient difficile de se laisser bercer par la grâce sans appréhension) : après deux ou trois titres, je ne peux m’empêcher de me demander si chaque détail n’est pas trop parfaitement soigné pour que cela ne finisse par devenir lisse et sans âme. Je t’en ficherais ! Nos braves blancs becs sont si merveilleusement doués qu’ils franchissent les obstacles les plus sorciers comme à la parade ! Les récalcitrants (j’ai les noms bien rangés dans un joli dossier !) n’hésiteront pas à ronchonner, arguant que le sextet enregistre toujours plus ou moins le même disque, qu’il aurait peut-être besoin d’un producteur plus aventureux qui les entraînerait vers d’autres rivages. Et la fidélité, la passion pour un idiome, sont-ce des notions qui vous évoquent quelque chose ? Quand on a déniché la femme de sa vie, la fameuse âme sœur, quel besoin d’aller folâtrer avec la première pimbêche venue ? Le James Hunter Quartet n’a ni envie ni besoin d’un hurluberlu qui scratche derrière son dos pas plus que d’un joueur de cornemuse ou de balafon ! Certains auraient la plus belle fille du monde devant leurs yeux qu’ils lui demanderaient encore de se teindre les cheveux en rose ou de se faire gonfler les rotoplos à la silicone de peur de s’ennuyer ! Ce Nick of time (je vous laisse savourer le brillant jeu de mots), effectivement fort similaire à ces prédécesseurs, ne peut offrir que ce qu’il a (et qu’il aime avoir (sacrée nuance)), et je ne peux être que sincèrement attristé pour les gorets qui sont lassent de se pourlécher de caviar ! Pendant le temps qu’il dure, il a jeté sa poussière d’étoiles sur tout mon être, et je n’ai pas pensé une seule seconde à l’affreuse situation actuelle – il me semble que cela pourrait présager de sa qualité.  
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

                              
01 - I Can Change Your Mind
02 - Who's Fooling Who
03 - Till I Hear It From You
04 - Never
05 - Missing In Action
06 - Nick Of Time
07 - Brother Or Other
08 - Ain't Goin' Up In One Of Those Things
09 - Take It As You Find It
10 - Can't Help Myself
11 - How 'Bout Now
12 - Paradise For One
13 - He's Your Could've Been
MP3 (320 kbps) + front cover