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samedi 15 juillet 2017

Divine hérésie.

Jason Aaron et R.M Guera refont équipe après le récit policier tendu et à tiroirs qu’était Scalped.
Leur nouveau jouet commun, The Goddamned , se place dans une catégorie totalement différente.
Catégories plutôt car Jason Aaron ne se contente jamais de rester dans la même veine au sein d’un récit, mêlant les sous-genres d’un genre (oula, ça va , vous suivez ? ) allègrement pour surprendre le lecteur et s’amuser à l’écriture.
Blasphématoire et foncièrement hérétique.

1600 ans après le départ forcé d’Adam et Eve du jardin d’Eden ( une sombre histoire de pomme et de serpent qui parle…m’est idée qu’on savait en fumer de la bonne là-bas ), un homme arpente le monde. Il vient de se réveiller dans une fosse à merde, jadis point d’eau potable d’une tribu qui n’a rien trouvé de mieux que de saloper l’endroit.
Peu jouasse, notre dormeur du val pollué va se rendre au cœur de la tribu des osseux, un clan qui pensait lui faire facilement la peau. Mais il a le cuir solide et le leur est sur le point de se retrouver troué.

Vivant de la violence, pour la violence, l’homme avance, seul. Il est marqué à jamais : dans un monde où règne le chaos et les blessures, il ne porte aucune cicatrice. Une marque invisible vue de tous, une marque qui le place en dehors de l’humanité. Il est Caïn, il a inventé le meurtre et Dieu l’a puni pour cela. Il a vu le paradis, il a vu le monde beau. Et ensuite, l’humanité a détruit le monde. Mais cela ne le regarde pas, n’est-ce pas ? Lui, tout ce qu’il veut, c’est mourir, enfin. Alors il marche, à la recherche d’une faille dans la logique de ce divin enculé qui l’a maudit à jamais. Il finira par croiser Noé, bigot dévot qui rase le bois de la planète pour construire une arche en vue de survivre à un déluge qu’il annonce. La rencontre ne se passera pas pacifiquement.



Athée depuis des années, Aaron a été élevé dans la foi baptiste. Il est resté fasciné, ce sont ces mots, par les thèmes de la religion chrétienne et la foi. Fasciné, mais pas complaisant. Fonçant tête baissée dans le monde tel qu’il aurait été selon les théories bibliques et les créationnistes , Aaron ne se prive pas de faire vivre les humains décadents que le Tout-puissant veut faire partir en tirant la chasse de ses grosses toilettes ( donc oui, si Dieu existe, la Terre est son égout, pensez un peu à ça ) avec des espèces rappelant nos bons vieux locataires de Jurassic Park.




Plaçant son récit dans un désert total, le scénariste joue autant sur le terrain de Conan que de Mad Max (l'intrigue peut autant se dérouler loin dans le passé que dans le futur, sans vrai rappel temporel ), lançant un héros solitaire qui a tout perdu dans un espace où les restes de la civilisation se disputent les maigres ressources disponibles.
La loi du plus fort prévaut et Noé nous apparaît sous des traits bien plus dégueulasses que dans le film puant de Darren Aronofsky (étrangement, la bande-dessinée tirée presque du même scénario est bien différente dans la nuance et reste agréable, comme quoi...) dont le héros interprété par Russel Crowe passerait presque pour un humaniste à côté de celui qui nous occupe ici : violent, sûr du divin  consentement en ses actions, aveuglé par sa foi.
Difficile de ne pas voir les parallèles entre ce monde et le nôtre lors de la lecture. Un monde tellement perverti que même la rare beauté devient sauvage et ivre de sang, à l'image de ce paon avide de chair fraîche croisé le temps d'une page.
La nature devient aussi folle que l'humanité dès lors que même les loups se dévorent entre eux.



Odyssée barbare érudite, sanglante et désespérée, les aventures de Caïn sont un coup de poing dans la gueule, un coup de gueule contre le monde, un monde dévasté et ravagé par la bêtise et la crasse. La cruauté se cache partout, l’espoir nulle part.
À l’est d’Eden, rien de nouveau, tout est moins beau.
Les similitudes entre le récit et d’autres archétypes venus de genres différents s’entrechoquent comme les lames sur les os des victimes de raid, un héros détaché voire cynique, figure du héros solitaire qui se trouve une conscience (avant de la reperdre ? ) , des seigneurs de guerres tout-puissant mélangeant religion et voie guerrière ( Daesh, Immortan Joe…) qui imposent leurs vues par la guerre , le viol et l'esclavagisme.
Les couches du récit sont nombreuses. Comme un oignon.

Les dessins de Guera viennent encore plus accentuer l’horreur de l’endroit, son style étant taillé pour saisir les traits grossiers de la misère et de la déchéance mentale et physique des protagonistes et de leurs habitats. On peut presque sentir l’odeur de merde et de pisse en regardant trop longtemps les cases. Elle s’insinue jusque dans notre cerveau.

Nourri d'influences diverses, la série convoque tout autant La Genèse que les codes du western pré-historique et du récit post-apocalyptique. Un grand écart épatant qui donne envie de voir où l'équipe va nous emmener. Et quand, la bête étant en hiatus à durée indéterminée aux USA.

50 shades of light.

Alors que le BDSM a fait une entrée fracassante dans la culture populaire par le biais d’une littérature au rabais et de films moins palpitant qu’un porno sous Xanax ( oui, 50 nuances d’engrais, je pense à toi ) , il a aussi perdu en chemin ce qui le caractérise, ne laissant qu’une vision expurgée capable de plaire à la ménagère de plus de 55 ans et aux midinettes. Quelque chose de lisse, consensuelle et incapable d’être un tant soit peu transgressif. Il faut que les gens qui se sentent normaux puissent s’encanailler sans se sentir déviants ou sales.

Dieu merci ( c’est une expression, je suis athée ) , à quelque chose malheur est bon. 50 shades a ouvert une porte et au milieu de ses clones dégénérés, quelques œuvres ont pu se faire éditer…tout en ne tombant pas dans les pièges évidents dans lesquels s’est vautrée la littérature érotique à la mode actuellement. Sunstone est de celles-ci.

Stjepan Sejic est un dessinateur d’origine croate qui s’est fait connaître outre-atlantique par son travail sur le comic book Witchtblade (un seul tome de son travail sur la série a été édité en VF, la série n’ayant jamais réussi à décoller sous l’égide de Delcourt qui a pourtant tenu bon autant qu’il pouvait).  Mais l’homme est aussi connu sur deviantart où il publiait un comic , Sunstone donc. Image Comics lui a proposé de le publier en album et Sejic a commencé à retravaillé ses dessins pour les caller sur un modèle de parution livresque.

C’est donc l’histoire de Lisa et Allison, deux fans de BDSM qui se rencontre pour la première fois après des mois d’échanges sur le net. Lisa est une soumise, Alli est une dominatrice. Tout devrait bien se passer non ?
Et c’est là que la surprise survient. Loin de nous vendre un porno, Sejic nous offre…une belle histoire d’amour. La première rencontre ? Mais que ça soit pour du BDSM ou pas, ça reste un premier rendez-vous, avec ses questionnements, ses craintes, ses espoirs. Lisa et Alli se posent des questions sur elles-mêmes, sur l’autre, sur ce qu’il faut faire, ne pas faire.






Et passent à l’acte. Loin de l’imagerie à peine osée d’un Christian Grey et de son comportement abusif ( vous connaissez la blague comme quoi si il était moche, pauvre et vivait dans une caravane ça serait un épisode d’Esprit Criminel ? Et bin, c’est pas une blague ) , Sejic convoque l’imagerie BDSM-latex, baillons, etc… en indiquant tout ce que cela représente pour les personnages. Il s’agit d’un jeu de rôle et non d’un style de vie tout court. Les protagonistes sont d'ailleurs très bien dans leurs têtes vis-à-vis de leurs désirs et fantasmes. Et un peu paumé quand on arrive sur le terrain des sentiments ( ah, ces humains...)
Peu avare en images sur le sujet, Sejic ne convoque jamais le spectre de l’excitation facile. Sous un vernis hardcore, se cache en fait un érotisme féroce, agréable à regarder mais pas à reluquer. Les atermoiements érotiques se placent dans une configuration de vie de tous les jours, moments récréatifs au milieu des relations humaines qu’entretiennent les personnages.




D’abord très centré sur Lisa et Alli, la série s’ouvre au fil des tomes sur toute une galerie de personnage attachants, tous différents, si ce n’est leur goût pour le BDSM. Leur lieu de rencontre privilégié étant la boîte le Crimson. Enlevez la couche coquine, et on se retrouve dans Coupling, ou dans une moindre mesure dans Friends.
Le BDSM est ici un décor abordé sans condescendance mais ne constitue pas le cœur de l’intrigue. Non, l’intrigue se construit sur la base des psychologies solides des personnages, de leurs choix, de leurs conneries et de leurs facultés à apprendre de leurs erreurs, ou non.  Une comédie romantique solide, jamais cul-cul ( mais un peu cul quand même ) et terriblement attachante ( avec des nœuds, si possible ).

4 tomes disponibles en VF, le numéro 5 sort fin Août.

mercredi 21 juin 2017

I am Gotham

C’est l’heure du grand chambardement chez DC comics (enfin,en VF. Aux States, c’est arrivé il y a quelques mois déjà).  Toutes les  séries de l’éditeur ont été revues (ou relancées pour certaines, comme Nightwing) et affublées d’une nouvelle équipe artistique. Et pour que les lecteurs aient leurs doses, plusieurs titres sont devenus bimensuels, rien que ça.

Batman n’échappe pas à la chose et la série éponyme se voit relancée sous la houlette de Tom King au scénario, épaulé par David Finch aux dessins ( du moins en grande partie : difficile de tenir le rythme de plus que 40 pages dessinées par mois sans aide de temps en temps).

Batman, jusqu’ici, était le titre jalousement supervisé par Scott Snyder. Ce dernier aide d’ailleurs Tom King lors du premier chapitre du tome 1 VF puisque Urban en profite pour relancer la série sous un autre titre pour bien différencier les deux périodes.Et même sous un format un peu plus grand que le format comics habituel. Et mine de rien cela accroît le plaisir de lecture.

Difficile de dire, lors de ce premier épisode qui écrit quoi mais la nouvelle version de Julian Day, L’Almanach, sent le Snyder à plein nez tant le concept à été poussé du côté du fantastique horrifique (et que la menace qu’il a lancée sur Gotham rappellera le run de Scott Snyder ). Mais cet épisode met aussi en place une partie du décorum que Tom King va utiliser et faire vivre.

Soucieux de récupérer (et de rendre) des jouets en ordre de marche, cet épisode règle quelques questions et menus détails comme la fortune de Bruce Wayne qui lui est restituée ( de manière facile cela-dit). Batman est avant tout un concept et Snyder avait déjà remis pas mal d’ordre dans son tableau de jeu avant de rendre les manettes.



Cet interlude introductif (notez les concepts que j’emploie quand même ) passé, King est seul aux commandes du bat-plane, et il va le faire aller à toute vitesse et à travers pas mal de turbulences. Et au final,c’est peut-être la seule chose à lui reprocher. Son rythme ultra-soutenu, certains enchaînement se font sans crier gare , mais non sans logique , et quelques dialogues qui devraient être dramatiques au possible sonnent creux.
L’intrigue pourtant  se suit avec un pied terrible : un avion va se crasher sur Gotham, Batman va donc tenter de l’en empêcher alors que les supers-héros plus aptes à gérer sont indisponibles ( pas de bol, la Justice League semble faire la nouba sans inviter Bruce…sympa les mecs ). C’est alors que surgissent deux nouveaux héros calqués sur Superman et sa cousine : Gotham et Gotham Girl. Et leur arrivée marque le double-sens du titre ( qui semble être une habitude récurrente quand l'on connait les titres des prochains arcs narratifs et un peu leurs contenus : " I am suicide" , "I am Bane" ).




C’ était casse-gueule : tant les looks et les noms de codes font cheap, l’originalité des pouvoirs est inexistante…et pourtant, ça marche. La venue de deux héros supplémentaire permet à Batman de penser à sa succession, de ne plus porter un énorme poids (et de potentiellement éviter à ses enfants de le porter plus tard ? ) . Tom King gère bien l’arrivée de nos deux larrons en les confrontant à des lieux communs du héros gothamite , comme une rencontre avec James Gordon, un brin blasé.
Bien entendu, Batounet ne va pas leur faire confiance à 100% ( quel parano ce type , j'vous jure) et une partie de l’album sera consacrée à sa petite enquête sur qui sont nos deux samaritains.



Parallèlement, une série de morts étranges secoue la ville,et le pourquoi du comment aura des répercussions importantes et mortelles. La fin de l’album offre des réponses et soulève ensuite quelques questions. Mais King gère très bien son histoire et semble savoir où il se dirige sur le long terme. Il distille des infos sur le futur de son héros et donne envie de savoir comment on va en arriver là. Il introduit un nouveau casting principal (enfin presque, Duke Thomas étant une invention de Scott Snyder quand même ) et offre souvent des dialogues savoureux entre les habitués : Alfred est impayable et ironique, Bruce un peu moins coincé. La caractérisation des personnages est une vraie réussite et ce malgré ce que je pointais plus haut, des dialogues parfois creux mais avec un fond qui lui ne l’est pas.


Aux dessins, on retrouve principalement David Finch. Un habitué de la chauve-souris mais qui a affiné un peu son style. Il est plaisant de voir un artiste compétent mais trop peu attentionné enfin se décider à étaler son talent sans ses errements habituels, il y a une vraie évolution de son trait mais nul doute qu’il est bien aidé par l’encrage et la mise en couleur. Finch se partagera la tâche avec Mikel Janin en raison de la cadence de sortie du titre : deux fois par mois, c'est presque impossible de tenir le rythme et la qualité picturale. C'est d'ailleurs Janin qui ouvre l'album avec l'épisode centré sur Julian Day. Nous le retrouverons aux commandes des cases du tome 2 : Mon nom est suicide.




Batman Rebirth est donc une réussite. Pas totale car King a tendance à vouloir aller un peu vite mais le résultat est frais, bouscule un peu les habitudes de la chauve-souris et accroche son lecteur. De plus, le rythme bimensuel assure des sorties moins sporadiques du côté de chez Urban qui dispose de plus de matériel. Nul doute que la suite devrait arriver dans trois à quatre mois maxi. Vivement !

lundi 22 mai 2017

Space Opera

On continue nos aventures spatiales signée Mark Millar avec Empress , un délire aux confluents de deux entités supposément hétérogènes : Star Wars et Star Trek ! Ah zut, j’en vois déjà qui foutent le camp. Mais hé ho, ces deux productions ne sont pas le mal satanique hein ! Logique pourtant, après avoir joué avec Flash Gordon qui était une inspiration pour George Lucas.

Empress…Impératrice en anglais. Et en voyant la couverture, l’on pourrait être tenté de penser que la-dite Impératrice est une maléfique créature qui va faire passer Cersei Lannister pour une bisounours. Que nenni, il s’agit du look que son tyran de mari aime lui faire porter, car il est très méchant vous voyez et il se dit que sa reine l’est aussi et l’aime pour sa cruauté ( comment pourrait-il en aller autrement ? Il est le roi de la planète Ter et elle l’a épousé non ? ). Sauf qu’Emporia, c’est son nom à notre souveraine a des enfants et qu’elle ne peut plus vivre cette vie de luxe basée sur la mort et l’absence de liberté. Elle élabore alors un plan d’évasion avec l’aide de son garde du corps, le capitaine Havelock. Et c’est là que les emmerdes commencent !

Comme je le disais dans l’article précédent ( ici ) , Mark Millar aime les histoires à concepts et les tordre un peu. Ici, les influences qui le poussent dans son écriture sont flagrantes MAIS ne ferons jamais décrocher le lecteur en se disant «  Hé, mais c’est « machin » ce tuc ! ». Bref, un empire du mal, une souveraine en fuite, un père maléfique qui veut récupérer ses enfants , un vieil homme rompu à l’art de la guerre et deux sidekick improbables, ça peut faire penser à Star Wars. Mais en lieu et place d’une Galaxie lointaine il y a très longtemps, Millar choisit de garder le très longtemps ( 65 millions d’années tout de même ) mais de choisir une planète très proche : la nôtre. Il situe son histoire sous l’ère des dinosaures, prétextant qu’avant nous, d’autres civilisations ont vu le jour.





Dès lors que nos larrons quittent la planète Ter , ils sont recherchés. Mais c’est sans compter sur les capacités de Havelock a anticipé et retourné les situations en sa faveur. Et c’est un peu là le problème. Au milieu des tonnes de concepts de SF que ne renierait pas Star Trek (un peu moins Star Wars qui reste un uninvers monde quand Star Trek est centré sur la découverte de nouvelles races et civilisations toujours plus barrées les unes que les autres ), l’expédition se montre dangereuse, palpitante mais rarement emplie d’un suspense insoutenable. Néanmoins, les retournements de situations, nombreux, et leurs résolutions toujours fun et surprenantes mais pas vraiment sorties de nulle part, font que le récit nous emmène là où l’auteur le veut sans qu’on ne lâche jamais le livre.  Millar dispose ses pions et ses idées en amont avant de les exploiter comme on ne le suspectait pas. Pas les twists du siècle mais efficaces .
Le rythme rappellera le premier Star Trek réalisé par J.J Abrams dont l’énergie donnait l’impression d’assister à une seule très longue séquence. Le point négatif, écueil qu’évitait Abrams ‘d’ailleurs, c’est que les personnages sont cantonnés à leur plus simple expression : le bébé est un bébé, le capitaine volontaire est un capitaine volontaire, le petit génie est géniale et la fille rebelle et guerrière est surtout inquiète des raisons de la fuite de sa mère (envie de voir ses enfants vivre autrement ou prétexte pour se faire son garde du corps ?) . Si Millar ne révolutionne pas le space opera avec son histoire, force est de constater qu’il nous en donne pour notre argent sans nous prendre pour des cons ( ce qu’il avait tendance à faire il y a quelques années en ne bossant pas assez ses scripts : Kick-Ass anyone ? )


En haut, Empress, en bas Star Trek.

Aux dessins, on retrouve Stuart Immonen, l’homme qui a évolué ces dernières années vers un style de dessin un peu différent de ses débuts mais qui portent toujours sa patte ( et oui, c’est faisable ). Entre un trait réaliste et un brin cartoonesque, Immonen se lâche sur les design de SF : costumes ( qui rappellent un peu son passage sur X-Men avec les nouveaux uniformes stylés qu’il avait conçu ), armes et vaisseaux spatiaux. C’est que le bougre sort juste d’une collaboration avec Jason Aaron sur le comic book Star Wars où il avait fait des miracles visuels. Ses créatures, ses machineries respectaient le cahier des charges Star Wars tout en apportant des visions neuves sur un univers que les fans connaissent par cœur. Sérieusement, il faudrait l’engager sur les prochains films !


Je ne résiste pas à vous monter sur travail sur la série Star Wars. Série que je vous conseille d'ailleurs tant le scénariste Jason Aaron s'amuse à reprendre l'ADN de cette saga , à le triturer un peu ( il est limité par la continuité ) et à mixer divers genres dans ses histoires.


Empress est une aventure spatiale et martiale extrêmement agréable à lire malgré un manque de caractérisation des personnages. La fin ouvre la voie vers de nouvelles aventures, espérons qu’elles arrivent vite et soient tout aussi bonne tout en corrigeant certains défauts de l’ensemble. Mais in fine, il serait dommage de se priver d’un comics aussi bon.

dimanche 21 mai 2017

Planet Opera.

Duke McQueen est un garagiste ayant entamé sa soixantaine. Veuf et isolé, ses enfants adultes étant
trop occupé à vaquer à leurs vies qu’à s’occuper d’un père qu’ils jugent au mieux embarrassant, Duke ressasse sa vie passée. Ses moments de bonheur avec sa femme avant son cancer, ses heures de gloire passées quand il était pilote pour l’Air Force. Ses aventures chez les Aliens de la planète Tentale.
Disparu quelques temps au cours d’une mission, Duke est revenu avec des histoires fantasques plein les poches. Histoires que personne n’a crues ( sauf Jo, son épouse), à commencer par ses marmots. Moqués par ses voisins, perdus dans ses souvenirs, Duke attend la mort.
C’est alors que le passé resurgit.
Non, McQueen n’est pas un vieillard sénile au cerveau en éponge ayant absorbé trop de récits de SF pulp , il a vraiment sauvé une planète de la tyrannie. Et le jeune homme dans le vaisseau spatial qui vient d’atterrir dans son jardin a besoin qu’il le refasse, encore une fois. Mais Duke est-il encore un héros apte à l’action ?


Mark Millar est un scénariste écossais ayant l’habitude de faire du comics à concept. Il doit néanmoins sa notoriété à des séries écrites pour les deux gros éditeurs que sont DC et Marvel Comics : The AuthorityThe Ultimates ou encore Civil War et Old Man Logan pour n’en citer que quelques unes. Mais le bonhomme , gêné par les impératifs d’écrire pour des héros qui ne sont pas à lui, a trouvé la parade il y a longtemps pour s’amuser avec toute la panoplie de l’amateur de culture populaire qui veut éviter les problèmes de copyright tout en jouant avec des néo-archétypes. Wanted, c’était déjà ça : et si les supers-vilains dirigeaient secrètement le monde ? Les pastiches du Joker ou de Catwoman nous montraient déjà que Millar en se laissait pas démonter si les Big Two ne lui donnaient pas les commandes. Il avait aussi en son temps écrit Superman Red Son : et si Superman s'éctait écrase en URSS et pas aux USA ? 










Avec Starlight, Millar replonge dans ses habitudes : et si Flash Gordon était vieux et que personne ne croyait en lui sauf les habitants de la planète Mongo qu’il a secourue dans sa folle jeunesse ? C’est le point de départ de notre histoire. Et puisque Millar n’a pas les droits du personnage, il va réinventer tout ça.
Et rendre poreuse les frontières entre différents univers de fiction par l’usage de clins d’œil repérables mais jamais voyant ( comment ne pas penser à un Han Solo féminin en croisant pour la première fois le personnage de Tilda ? . Le personnage de Wes rappelle même Fonzie, et le pire c’est qu’aussi gros que ça puisse paraît, ça marche ! ).




Millar frappe fort en commençant son récit en alternant les souvenirs de Duke et sa vie actuelle, un an après l’enterrement de Joannie. Le routinier et le désarroi de voir sa famille l’éviter sont contrebalancer par des flash-backs développés ou juste fugace de ses aventures. Mine de rien, ça vous pose une ambiance et un personnage. C’est la grande force d’un récit lancé à toute allure sans pour autant sacrifier ses personnages, créer un héros solide avec des failles liées à l’âge et l’expérience mais qui reste cohérent avec ses valeurs tout du long, quand bien même cette saloperie d’arthrite viendrait l’emmerder dans ses articulations douloureuses.  Le récit envoie Duke et ses alliés dans plusieurs directions, permettant à Millar de nous faire découvrir une planète riche en incongruités. Le côté «  recyclage de vieux concepts SF » est fait avec un amour profond pour ces vieux récits et pas avec un cynisme de nostalgie trop calculée pour être vraiment honnête et spontanée ( Stranger Things, suivez-mon regard ! ) dans le seul but d'attirer le gogo (power rangers ).
 Le côté naïf en devient attachant et emprunt d’une lumière qu’on oublie trop souvent ces derniers temps plein de morosités : il faut savoir encore rêver. Rêver devant des combats spatiaux de la mort qui tue, des batailles à l’épée ( au fleuret plutôt même ) qui sentent bon l’Errol Flynn dans l’espace ou encore John Carter, et les récits de guerre plus sérieux.




Les dessins de Goran Parlov sont assez minimalistes mais se placent pleinement dans cette veine rétro mais pas trop qui colle si bien au récit. On a l’impression de lire du sous-moebius  dépouillé certes mais là encore, la démarche semble être d’adapter le trait aux références voulues pour plonger le lecteur dans un univers nouveau mais familier.



Starlight est un récit nostalgique puissant, qui rappelle le parfum des VHS trouvée dans un grenier et l’odeur des bonbons qu’on mange devant son écran sans même se rendre compte que le paquet se vide à vitesse grand V.







jeudi 4 mai 2017

Goth-âme en morceaux.

Sortie demain de «  Batman, cité brisée. Et autres histoires… » chez Urban Comics.
Un recueil compilant tous les travaux gothamites réalisés par le tandem Brian Azzarello et Eduardo Risso , les créateurs de la saga 100 Bullets.

Au programme, l’arc narratif Broken City donc, mais aussi les quelques pages de Gotham Knights déjà publiées dans l’anthologie en deux volumes Batman Black and White, Wednesday Comics et Batman Knight Of Vengeance, mini-série se déroulant durant l’event Flashpoint qui dépeint, entre autres , un monde où Bruce Wayne est mort enfant à la place de ses parents et Thomas Wayne devenant Batman.
Un chevalier noir qui a cultivé quelques différences avec la version incarnée par son fils et que nous connaissons.

Brian Azzarello est un auteur de polar. Il a ça dans le sang. Si il arrive à être très à l’aise et même carrément bon en dehors ( son run sur Wonder Woman le prouve ), il est comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de convoquer les codes du roman noir dans ses œuvres. C’est peut-être cette ambivalence qui a convaincu Miller qu’il était la bonne personne pour travailler avec lui au scénario de Dark Knight III : The Master Race  et The Last Crusade?

Si chaque histoire présente dans ce recueil respire le roman de détective privé des années 50, c’est réellement Broken City qui enfonce le clou. Si vous enlevez la couche « Batman », vous vous retrouvez avec une histoire de privé enquêtant sur un meurtre, une Police coopérante mais pas très chaude à l’idée de voir un chien fou jouer dans leur jeu de quille, une femme fatale aguicheuse, des pontes de la pègre et une exploration des bas-fonds peuplé de populations défavorisées.


Batman étant un héritier des romans pulps de détective , cet ADN roman noir se glisse parfaitement dans son univers sombre et violent. Azzarello nous plonge dans une intrigue tortueuse narrée en voix off par un Batman en pleine introspection : il ne lui manque que la clope au bec et la bouteille de gin dans la poche de sa cape.

Assurément le meilleur morceau de ce livre, Broken City se hisse presque au niveau d’un Batman Year One tant les deux font le pari d’un univers certes codifié « Batman » mais ramené à une dimension presque réaliste : plus Nolan que Burton. D’ailleurs, Knight Of Vengeance présente un Joker fort ressemblant visuellement au Joker incarné par feu Heath Ledger (et « Joker », scénarisé par Azzarello et mis en dessins par Lee Bermejo , présentait un Clown psychopathe qui s’en approchait également. Difficile de ne pas penser que Nolan s’en inspira pour son The Dark Knight…et il aurait eu tort de se priver de piocher dans un corpus riche et varié).



Cependant, il serait mensonger de prétendre que seul Broken City tire son épingle du jeu. La mise en bouche en noir et blanc annonce la couleur de la suite : ça sera violent, ça sera psychologique et ça se lira bien trop vite.

Les dessins de Risso , un peu cartoonesques , flirtent avec la grandiose. Sa gestion des ombres et du clair obscur sont parfaitement adaptés à l’univers de Gotham City. Il se paye également le luxe de faire quelques clins d’œil au style de Frank Miller le temps de quelques cases.

Du très bon Batman en somme.

mardi 7 mars 2017

True Griffe.

Après 17 ans de bons et loyaux services envers des films bons, très bons ou franchement mauvais, Hugh Jackman a annoncé son départ de la franchise X-Men et son désir d’abandonner le personnage de Logan, Wolverine, James Howlett ( vous avez l’embarras du choix pour le nommer…ça arrive quand on a presque deux cents ans, une carrière de super-héros et qu’on a une belle amnésie en prime ). Entamée en 2000 au cinéma (et oui, déjà….payez votre coup de vieux ! ) , la saga X-Men c’est 9 films (10 si l’on compte Deadpool ) dont 3 centrés sur le personnage de Wolverine, personnage déjà trèèèès mis en avant dans les autres longs-métrages de la série d’ailleurs.

Il faut dire que l’aura du mutant griffu est grande depuis sa première apparition dans les comics et son interprétation par Jackman a rajouté une couche à sa popularité : le public aime les personnages tragiques qui souffrent, c’est comme ça ( Sadisme ? Empathie ? Qui sait ? ). Et de la souffrance, il y en a dans Logan. Beaucoup, sous diverses formes.


Alors que les films X-men restaient flous sur l’époque de leur action ( à peine savions-nous dans le premier épisode que tout ça se déroulait dans un futur proche. Futur Proche très vite rattrapé par la réalité morbide : les Twin Towers apparaissent dans le premier film et sont tombées un peu plus d’un an plus tard), les films se situant dans le passé n’ont jamais vraiment caché les dates.
Logan se place dans cette nouvelle approche et annonce la couleur après quelques minutes, brutales et sauvages donnant le ton du métrage.

Nous sommes en 2029. Les mutants semblent une espèce presque disparue. Un Logan vieillissant officie sous son nom de baptême, James Howlett et son facteur de régénération rapide a de sacrés ratés. Ses griffes sont de plus en plus rouillées (façon de parler), et il gagne sa vie en étant chauffeur de limousine.
Son emploi sert à entretenir Charles Xavier, mentor des X-men et père de substitution pour Logan. Charles Xavier perd la boule ( de billard ) et le nord. Pourquoi les mutants ont-ils presque disparu ? Où sont les X-men et pourquoi diable Logan et Charles vient-ils au Mexique, près de la frontière des USA avec Caliban, un mutant allergique au soleil (et déjà aperçu dans Apocalypse, incarné par un autre acteur). Le mystère plane mais les réponses viendront plus tard. Car alors que Logan pense que sa vie est un train-train parfois pesant ( Charles se comporte comme un vieil homme atteint de démence et se montre tour à tour paternel ou odieux), une femme vient lui demander de la conduire elle et sa fille,Laura, jusqu’au Dakota du Nord où elles pourront ensuite passer au Canada pour échapper à d’étranges poursuivants.
La fillette possède des dons particuliers. Des dons qui rappellent ceux d’un héros que Logan tente d’oublier et d’enfuir sous l’alcool : Wolverine !







James Mangold a une filmographie atypique. Un peu touche-à-tout ( polar, thriller,drame, espionnage, comédie, western), il semble affectionner les personnages torturés et psychologiquement atteints. Même son très fun et décomplexé Knight and Day, comédie d’espionnage portée par un Tom Cruise en forme et rigolo, est emprunt de douleur ( Knight and Day, c’est Mission :Impossible si Ethan Hunt fait une dépression nerveuse et décide de s’enfoncer dans le déni en prenant les choses à la rigolade…cocktail dangereux ! ). Le voir débarquer sur The Wolverine était une bonne chose pour ce personnage. Si le film a de gros défauts, il a aussi d’immenses qualités.




Pour ce second volet sous sa direction, Mangold change totalement de registre. L’épisode précédent voyait la renaissance de Wolverine dans un pays étranger et contrasté, le Japon, où villes géantes côtoient petits villages paisibles et intimes. Il voyait aussi le postulat de départ – Logan chien dans un jeu de quilles – partir un peu en vrille avec son délire de SF ( qui passe bien mieux au second visionnage, comme quoi).
Mais le succès aura été au rendez-vous. Et puisque que Jackman voulait quitter le rôle, autant le faire partir en beauté.
Bien plus libre que sur le précédent opus, James Mangold ( qui co-signe le scénario) décide de piquer les codes du western et de les appliquer à son Logan. Logique. Logan s’inspire très librement de Old Man Logan, un comic-book qui imagine la vie de Logan dans un futur où les héros ont disparu et où Wolverine est devenu fermier, avec femme et enfants. Un événement tragique le lancera sur les routes en quête de vengeance. Mangold a gardé l’ambiance western, la disparition des héros (ici les mutants, tous les supers dans le comic) et le côté road movie.




Vous le sentez l'ADN Western là ? (L'affiche, le comic d'origine et un concept art)

Crépusculaire et aride, Logan est un peu le Skyfall de Wolverine mais il est carrément le True Grit du personnage. Un personnage sur le retour, qui accepte une dernière chevauchée pour aider une jeune fille en difficulté. Les paysages désertiques sont là, les couchers de soleil aussi. Les petites villes et les fermiers oppressés par de plus gros propriétaires également.
La figure des cow-boys sans scrupules trouve un écho dans la bande des Reavers, des soldats légèrement améliorés par implants bioniques. Le futur ressemble à notre présent, les téléphones, les fringues, les bagnoles, tout est « classique » ( trop peut-être ? Days of Future Past ne lésinait pas sur le futurisme). Même les implants des reavers sont peu mis en avant, l’aspect pratique l’emportant sur le clinquant.
Le côté SF est assez mis en retrait même s’il joue un rôle prépondérant dans l’aventure.
Une aventure qui ne lésine ni sur l’action, ni sur la violence graphique poussée ( ce n’est pas un film pour enfants, du tout !) ni sur les moments plus introspectifs ou plus lents. Les amateurs d’action non-stop seront déçus. Elle n’est pas le cœur du film, loin de là et ce même si elle abonde.  Pas de grands spectacle ici, pas de stylisation : la violence est montrée pour ce qu’elle est. Barbare, sanglante, dure.





Deux concept arts plus SF et qui seront mis de côté. 

Les effets spéciaux , nombreux, ne sont pas là pour en mettre plein la vue ( ce qui n’est pas un reproche en soi, c’est beau aussi quand c’est bien géré cette approche bigger than life) mais pour aider à l’immersion, presque pour semble invisible.
Les doublures numériques du films sont en fait nombreuses mais il faut le savoir.Cela permet de filmer les cascadeurs au plus près sans les grimer grossièrement. Un travail remarquable et bien plus abouti que les nombreuses tentatives de rajeunissement numérique aperçues ces dernières années ( sauf celui de Michael Douglas dans Ant-Man, bluffant de chez bluffant)  Le mate-painting aussi. Mais en ne focalisant pas sa réalisation sur ces détails, Mangold utilise des outils sans les montrer : tout semble naturel, brut. Immersif.
Jamais soucieux de ré-inventer le cinéma ou d’utiliser des mouvements de caméras compliqués, Mangold réalise avec classicisme mais énergie. Mêmes les simples moments de discussion sont pensés pour ne pas ronronner sur de simples champ/contre-champ.






Si la plupart des seconds rôles sont bien interprétés ( faut voir les acteurs aussi, c’est pas de la petite pointure), Jackman et Patrick Stewart démontrent l’étendue de leurs talents. En mec paumé et alcoolique, Hugh Jackman est aussi touchant que choquant. Il joue ici en permanence sur la corde entre salopard et grand héros au grand cœur ( allez, on sait tous qu’il est comme ça notre Wolvie). Un équilibre qui penche jusque ce qu’il faut d’un côté ou de l’autre selon la scène.
Patrick Stewart est impayable en Charles Xavier ! Émouvant face au mal si commun qui le ronge, drôle quand il pète une durite, sarcastique par moment. Méchant aussi parfois. Bienveillant et humain souvent. On ne l’avait jamais vu comme ça (même en comptant le côté sympa et décontracté que lui donnait James McAvoy) .
Dommage que Ian McKellen, en Magneto, ne fasse pas partie du voyage tant ces trois-là ont marqué l’histoire des X-Men au cinéma.
Dafne Keen interprète Laura, que les lecteurs de comics auront vite fait de reconnaître. Plus jeune que son homologue de papier, Laura est une mutante possédant un lien avec Wolverine. Véritable machine à tuer, Laura possède une sauvagerie brute que les ans n’ont pas émoussée et une sensibilité à fleur de peau.. Keen est saisissante de justesse dans ce rôle qui rappelle celui de Arya Stark incarnée par Maisie Williams. Elle évite les écueils dans lesquels les enfants acteurs tombent trop souvent et fait vite oublier qu’elle n’a que 12 ans.  Et en voulant passer la frontière pour échapper à ses poursuivants, Laura incarne le potentiel de lecture politique du film. Une minorité traquée et conspuée, qui cherche à traverser vers un avenir meilleur, poursuivie par des sbires en uniformes, ça ne vous fait penser à rien ? Dans l’Amérique de Trump, Logan, produit par la FOX (oui, celle-là même qui possède Fox News), s’offre le luxe d’avoir un propos sur la société. Subtil , mais bien là !







Il y aurait tant à dire sur Logan, dernière apparition de Hugh Jackman en Wolverine (et de Patrick Stewart en Charles Xavier, l’acteur ayant annoncé ne plus reprendre son rôle non plus). Mais ça serait déflorer la matière du film. Tout ce que vous devez peut-être savoir c’est que Logan est brutal. Viscéral. Total ! Une réussite artistique qui risque de laisser pas mal de spectateurs sur le carreau tant il est éloigné du carcan des films X-Men. Un film inattendu et beau. Un chant du cygne, la dernière chasse d'un serval , la traque finale d'un carcajou !



Des concept arts plus orientés Post-Apocalyptique comme Mad Max (notez le chien, réminiscence du même animal qui suit Max dans le second opus de Georges Miller). Qui était aussi plein de symboles western.Tout se recoupe.