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lundi 14 avril 2014

Bienvenue au Spider-Man Inférieur.

James Horner s'est fait virer après avoir composé la bande-originale du premier Amazing Spider-Man (le reboot inutile et profondément raté de la saga Spider-Man au cinéma).
Il fallait donc le remplacer, n'est-il pas ?

Mark Webb n'a aucune intégrité artistique et cède à tous les caprices des fans ayant descendu ses choix : le nouveau costume ne leur plait pas ?On le change!

L'actrice qui joue Mary-Jane dans le second opus ne leur plaît pas ? On la coupe au montage (et on l'annonce en grandes pompes dans la presse pour marquer le coup. Elle a du se sentir bien la pauvre)!

James Horner ne leur plaît pas ? On va chercher celui qui a dynamité les adaptations DC récentes sous l'égide de Christopher Nolan (aaah, la quête de caution artistique).

Hans Zimmer, contrairement à beaucoup de compositeurs à Hollywood, n'oublie jamais de remercier une personne dans les livrets de ses bandes-originales et ne cachent pas les auteurs de musiques additionnelles (l'académie des Oscars estime que la paternité d'une musique revient à celui ou celle qui a écrit 70% de l'œuvre. Là où beaucoup ont des "assistants" limite anonymes, Zimmer cite des noms et lance des carrières.). Hans Zimmer aime travailler au contact des gens et a lié des amitiés avec un nombre pas croyable de musiciens venus d'horizons très divers.

Puisque Spider-Man est un univers tout a fait étranger à son approche des super-héros, il a donc choisi de s'entourer pour créer une toute nouvelle approche. S'il est presque certain que les sessions d'écriture ont été stimulantes vu les protagonistes, difficile de trouver quelque chose de vaguement écoutable ici.

Hans Zimmer, mon compositeur préféré (je le rappelle avant qu'on ne m'accuse de partialité), et son équipe chient magistralement dans la colle et nous fourgue une B.O indigne d'eux : il y a plus d'idées dans deux têtes que dans une mais quand on est 7, il finit sans doute pas y avoir trop d'idées qui se superposent  et cela ne crée pas une dissonance artistique mais juste…du bruit. Le nouveau thème principal, loin des ambiances dépressives de Gotham City ( oui , ils ont pigé que Spidey est un héros solaire ) ressemble plus à un générique de JT américain qu'autre chose ( c'est la partie la moins ratée).

Reste une idée intéressante cependant : les vocalises ont toujours été un élément apprécié par Zimmer (tout le monde se souvient de son emploi de la voix de Lisa Gerrard dans Gladiator par exemple, les fans se souviendront qu'elle a aussi bossé sur quelques autres B.O de Zimmer après cela : M:I-2 , Tears of the Sun, King Arthur) , et l'élément vocal est ici employé d'une manière rappelant les chansons sans en être une : une voix masculine, presque étouffée, distille une ambiance sur de l'électro en ne se cachant pas derrière du latin ou un pseudo-langage mais de manière directe, en anglais, cherchant à créer une sorte d'aliénation audio. Intéressant donc et juste à demi-loupé.

Avec du LSD, l'écoute doit peut-être valoir le coup. Clean, c'est une torture auditive de tous les instants. Nul n'est à l'abri des casseroles, Zimmer en a déjà eu avant cela, mais celle-ci ne restera pas confidentielle.

mercredi 12 septembre 2012

Hans Zimmer : un teuton à Hollywood.


Ça faisait un bon moment que l'idée me trottait dans la tête : écrire un article relativement complet sur mon compositeur favori : Hans Zimmer. Pour ceux qui ne connaitraient pas, il ne s'agit pas d'un obscur compositeur classique. Non, il s'agit d'un compositeur de musique de film.

Même si son nom ne vous dit rien, sa musique vous est sans doute connue...

Même la musique me ramène au cinéma, vous avez le droit de me trouver obsessionnel.

Il y a deux façons de procéder pour parler de l'œuvre d'un artiste.
La manière chronologique ou la manière thématique. J'ai ici privilégié la méthode chronologique qui permet d'approfondir bien plus d'aspects personnels et de comprendre comment le compositeur travaille et en est arrivé là ou il est aujourd'hui.

Dans un livre, il est aisé d'intercaler certains encarts thématiques à-même le texte principal. Dans un blog comme celui-ci,c'est une autre histoire.

Néanmoins, il s'agit pour moi de tenter de faire le tour d'horizon le plus complet possible (et non une analyse poussée. Je serais d'ailleurs incapable de longuement déblatérer sur le sujet purement musical, je ne suis pas musicien et n'ai jamais fait de solfège ). Une partie plus thématique sera donc proposée une fois l'aspect chronologique passé.

Hans Zimmer Begins
Hans Florian Zimmer naît le 12 septembre 1957 à Francfort, en Allemagne dans une famille aisée. Son père est médecin, sa mère musicienne. Très tôt,le jeune Hans se montre intéressé par la musique mais il est totalement allergique au système d'enseignement du solfège ( rejoignant en ça son ami Steven Spielberg) : son professeur privé de piano jettera l'éponge parait-il au bout de deux semaines. Malgré tout, les ambitions artistiques de Hans restent à la surface. Il apprendra en autodidacte : l'un des compositeurs les plus respectés du milieu a longtemps eu du mal à lire une partition !

Lorsqu'il a 7 ans, son père décède. Au fil des années, sa mère n'arrive plus à canaliser les élans créatifs de Hans , ces élans qui sont en train de miner profondément ses résultats scolaires. En désespoir de cause, elle prend contact avec une école anglaise qui aborde l'enseignement sous un autre angle et laisse aux élèves une certaine liberté dans des disciplines ciblées dont la musique.

The British Years.
À 14 ans, Zimmer débarque donc à Londres. Il se fait convoquer chez le directeur de l'établissement juste avant la rentrée des classes. En effet, ce dernier prend peur à la lecture des anciens bulletins de notes et autres dossiers scolaires de Hans. Le directeur va droit au but en lui demandant comment éviter une catastrophe scolaire qui semble plus qu'annoncée : inévitable ! Hans Zimmer lui répondra qu'il veut juste faire de la musique et ne pas être brimé dans cette démarche.  Sentant que la motivation du petit n'est pas feinte, le directeur adapte les horaires du futur lauréat d'un Oscar et il rédigera personnellement les bulletins qui seront envoyés à la mère de Zimmer. Ses résultats en math seront toujours limites et pour cause : Hans Zimmer avouera n'avoir jamais rencontré le prof de math de l'établissement.


La cave de l'école devient son repère. Un antre dans laquelle il se réfugie avec les autres aspirants musiciens de l'établissement. À 17, il devient l'un des premiers acquéreurs au monde d'un nouveau système de synthétiseur musical : il lui faudra 6 mois pour arriver à en tirer quelque chose. Car entendons-nous bien, nous ne parlons pas ici d'un clavier comme on imagine un synthétiseur de nos jours. Non, il s'agit d'un monstre technologique relié à un clavier.  Et quand on se paye se genre d'engin, on est vite repéré. Il intègre le groupe des Buggles et travaille sur leur titre phare : Video killed the radio stars. Il compose également des jingles pour un studio londonien et fait petit à petit son trou dans le monde de la musique. Il travaillera aussi sur un album de Michel Polnareff (qui le saluera des années plus tard dans ses mémoires).


C'est lorsqu'il décroche le poste d'assistant de Stanley Meyers qu'il met enfin les pieds dans le monde de la musique de film. Il devient très vite co-compositeur officiel de plusieurs bandes originales avant de se lancer seul dans l'aventure A world appart, un drame sur l'apartheid en Afrique du Sud. Avec cette B.O, Zimmer démontre déjà qu'il aime s'imprégner des éléments locaux de l'action du film (ici en incluant surtout des chants africains, ce qui rejoint une autre particularité chez lui : un emploi de l'élément vocal assez conséquent) et qu'il aime jouer avec les sonorités. Si toute la B.O est jouée au synthé, il n'en reste pas moins que Hans Zimmer joue avec des sons purement électroniques et des copies de sons issus de vrais instruments. Il ne le sait pas encore, mais A World Apart va lui ouvrir les portes d'Hollywood !


Welcome to Hollywood.
Barry Levinson est un réalisateur, on lui doit notamment Le mystère de la pyramide, sympathique production Spielberg sur les jeunes années de Sherlock Holmes et du Dr.Watson. En l'an de grâce 1988, notre bon Barry cherche un compositeur pour son film Rain Man. C'est sa femme, qui avait aimé la B.O de A World Apart qui le convaincra de rencontrer Hans Zimmer. Le reste appartient, comme on dit, à l'Histoire ! 
Non seulement Rain Man fait poser  le pied à Zimmer à Hollywood mais sa première nomination à l'Oscar pour ce film le fait rester ! 
L'année d'après, c'est au tour de Ridley Scott de faire confiance au nouveau jeune prodige pour Black Rain (décidément, les histoires de pluie…). Les sonorités légèrement asiatiques entendues dans Rain Man peuvent soudain exploser dans le film de Scott qui se déroule en grande partie au Japon. Bien que doté d'un meilleur budget pour sa musique qu'à ses débuts, Zimmer doit encore compenser avec le synthétiseur. Aujourd'hui encore, il est très difficile pour un expert en la matière de distinguer les instruments réels et synthétiques qui forment la bande-originale de ce film ! Il n'oublie pas ses origines rock'n'roll et composera même la musique pour la chanson du générique du film I'll be holding on. Il signe encore de temps à autre la musique de quelques chansons ciblées cinéma ( Tell me now pour la B.O de King Arthur, A man for all seasons pour Johnny English, etc…).




Par l'intermédiaire de Ridley, Zimmer se fait embaucher sur le film de Tony Scott, Jours de tonnerre en 1990. Tony Scott convainc en effet son producteur, Jerry Bruckheimer, d'engager Zimmer. Depuis lors, la plupart des productions Bruckheimer utilisent une musique signée Zimmer ou l'un de ses protégés. Car , et c'est la rançon de la gloire, son style est si apprécié qu'il est convoité par beaucoup de personnalités hollywoodienne. Il cofonde alors un studio, Mediaventure, avec son ami Jay Rifkin qu'il rencontra lors de la composition de Black Rain. Cela permet certains avantages à Zimmer : son style de musique est plus accessible et n'est plus tributaire de son agenda, cela lui permet de travailler en groupe et de confronter ses idées à d'autres ( Zimmer déteste bosser tout seul, mais j'y reviendrai) et surtout cela lui permet de se sentir utile en laissant leur chance à de jeunes talents ( dont beaucoup proviennent d'Angleterre aux débuts du studio : des gens qu'ils avaient croisés là-bas avant de s'installer en Amérique…et de s'y faire nationaliser). 

En se faisant remarquer de la sorte, Zimmer obtient des budgets plus conséquents pour son illustration musicale et commence donc à utiliser de gros orchestres. Mais pour cela, il doit fournir des partitions, qu'il ne sait pas écrire ! Le problème sera résolu grâce à l'informatique, puisque très vite il fera mettre au point un programme qui retranscrit en notes ce qu'il pianote sur son clavier.

La bande-originale de Power of one, en 1992, se fait néanmoins remarquer par son manque flagrant d'instruments. Le film refait poser ses valises musicales à Zimmer en Afrique. Comme cela restera le cas plus tard dans sa carrière, Zimmer emprunte à la culture locale certains trucs musicaux. Ici il choisira l'approche lyrique : des chœurs africains puissants remplaceront les instruments ! C'est cette B.O qui fait dire aux studios Disney qu'il est peut-être l'homme de la situation pour un film dont personne n'imaginait à l'époque (tout le monde pensait qu'ils allaient faire un bide avec ce film) qu'il entrerait dans la légende Disney comme l'un des films les plus aimés : Le roi lion
Zimmer combinera dans cette musique tout ce qu'il aime : le synthé, l'orchestre et les vocalises ! Entre autres récompenses, c'est un Oscar qui l'attend au bout du chemin ! La reconnaissance du milieu est maintenant acquise 5 ans seulement après avoir débarqué à L.A ! Sa carrière décolle vers les sommets. Il peut se permettre de refuser les projets qui ne l'intéressent pas. Fan absolu d'Ennio Morricone, il voit dans le film ,un brin nanard mais sympathique, Broken Arrow de John Woo de composer une musique de western tout en déconstruisant musicalement le genre. Il rendra un hommage plus reconnaissable à Morricone dans la b.o de Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde.




Hans Zimmer et l'Afrique, une combinaison toujours gagnante !

Vers le milieu des années 90, Steven Spielberg s'offre une folie : son propre studio de cinéma DreamWorks ! La légende prétend ( Zimmer lui-même n'est pas certain du pourquoi du comment) que c'est en écoutant la B.O de Crimson Tide ( U.S.S Alabama ) que Spielberg décide d'octroyer le poste de directeur musical du studio à Hans Zimmer, ce qui explique pourquoi un nombre important de films sortants de ces studios possèdent une musique de Zimmer ou tout du moins zimmerienne.  Cela bien entendu ne l'empêche nullement de travailler indépendamment. En 1998, il livre une de ses bande-originales les plus intrigantes et des plus réussies : The Thin Red Line ( La ligne rouge) . cette composition atypique sera enfantée dans la douleur : Zimmer et le réalisateur Terrence Malick ayant deux points de vues radicalement opposés sur le sujet ! Le meilleur morceau de la B.O, Journey to the line, est d'ailleurs la réponse en forme de " Va te faire voir " à Malick qui ne voulait rien de mélodieux. Résultat des courses ? Zimmer se voit nominé à l'Oscar 99 de la meilleure musique. La compétition est serrée, en face il y  a John Williams et son Il faut sauver le soldat Ryan. Au final, ni l'un ni l'autre ne repartira avec la statuette, c'est La vita e bella qui remporte la palme (façon de parler).






Les années DreamWorks.


Studio encore tout jeune à la fin des années 90, Dreamworks doit d'abord faire ses preuves sur le terrain balisé d'Hollywood. Son premier film d'envergure est The Peacemaker (Le Pacificateur),thriller d'action avec George Clooney et Nicole Kidman. La musique est, bien entendu, confiée au directeur musical du studio qui vient fraichement d'obtenir le poste !






Le résultat est un concentré du style Zimmer des années 90 et rappelle aussi bien USS Alabama que le thème de Rock (pour la petite histoire, Rock n'est pas de lui, la majorité de la B.O est de Nick Glennie-Smith. Zimmer est arrivé tardivement sur le projet à la demande du producteur qui souhaitait un nouveau thème principal. Zimmer n'a composé que 15 minutes du film…mais comme ses compositions ont été utilisées de manières plus longues et disséminées sur tout le long-métrage, la musique lui est souvent entièrement attribuée, à tort).



On retrouvera également Hans Zimmer au générique du dessin-animé Le Prince d'Egypte, pour lequel il décrochera une nomination à l'Oscar !


Le studio se diversifie et , jusque son rachat par Paramount il y a quelques années, alterne film en live et film d'animation. Durant toutes ces années, la majorité des projets sont confiés musicalement à Hans Zimmer ou à des membres de son studio. Rien d'étonnant, c'est lui le directeur musical après tout. Il n'est donc pas étonnant de retrouver des accents zimmeriens sur des films tels que Shrek, Sinbad ou encore Transformers !


Harry-Gregson Williams signe la musique de Sinbad.2 ans plus tard, il signera le Kingdom Of Heaven de Ridley Scott.Tout reste en famille



Un petit air de Gladiator, n'est-ce pas ?


Gladiator, parlons-en ! En 2000, il retrouve Ridley Scott avec qui il n'avait plus travaillé depuis Thelma & Louise ( ce n'est pas tout à fait vrai : Zimmer travailla sur 1492, le film de Scott sur Christophe Colomb. Sa musique fut rejetée par les producteurs et Scott confia la musique à Vangelis, autre compositeur ayant déja travaillé avec lui. À ce jour, à part les acteurs de cette histoire, personne ne sait à quoi ressemble la partition de Zimmer sur le projet.)  

Gladiator, film Dreamworks, débarque et emporte tout sur son passage. Jusque 2004, Zimmer et Scott ne se lâcheront d'ailleurs plus ! Hannibal,Black Hawk Down et Matchstick Men ( Les associés,en VF ).

Gladiator met tout le monde d'accord. Sa nomination aux Oscars ne fait aucun doute tout comme sa victoire. Et là, roulements de tambours, apocalypse mondiale : Zimmer perd face à Tigre & dragon. Encore aujourd'hui, cela fait partie des énigmes des Oscars à ranger à côté de "Comment Shakespeare in love a-t-il obtenu celui du meilleur film face à Il faut sauver le soldat Ryan et La Ligne rouge  ?" et " Pourquoi The dark knight n'a pas été nominé dans la catégorie meilleur film ? ".  

Il existe une explication simple à la défaite de Zimmer , enfin, plutôt deux : 
Tigre & dragon est sorti 5 mois après Gladiator, la musique était plus fraiche dans la tête des votants .
2° On a vu un phénomène massif de votes de soutiens face à ce que tout le monde voyait comme le grand vainqueur : Gladiator. Malgré encore pas mal de nominations, Zimmer n'a jamais regagné un Oscar depuis Le roi Lion… Pourtant, aujourd'hui encore, si je vous passe un morceau de Gladiator, vous risquez fort de le reconnaître. Alors que Tigre & Dragon

La même année, il livre la partition très Rock'n'roll de Mission:Impossible 2. Peu recherchée, elle propose néanmoins un morceau d'anthologie, rehaussé par le talent vocal de Lisa Gerrard,timbre fantomatique de la b.o de Gladiator !


Un morceau non utilisé dans le film...mais quelle montée en puissance dans le dramatique.


L'hommage à Ennio Morricone.




Le morceau justifiait à lui-seul la possession de la B.O

Gladiator le laisse lessivé ! De plus , en hommage appuyé, son ouverture du film (qui se déroule en pleine guerre) reprenait les mêmes éléments instrumentaux et thématiques que l'œuvre de Gustav Holst  consacrée à Mars  (dieu romain de la guerre) dans sa Symphonie des planètes. Un procès lui sera intenté par les ayant-droits…qui seront déboutés.



À vous de vous faire votre idée sur la chose.



Si Zimmer reste accroché à des projets parfois très épiques, comme,en 2001 avec Pearl Harbor ou en 2003 avec  Le dernier Samourai, ce n'est qu'en 2004 qu'il retrouve enfin un souffle, qui ne le lâche plus depuis, avec King Arthur









Morceau absent du CD.Incompréhensible!

Pearl Harbor est considéré par Zimmer comme un semi-échec. Fatigué, il travaille d'arrache-pied pour livrer le thème musical romantique ultime...il est encore dépité d'avoir livré une mélodie agréable mais loin de ses aspirations. Les moments de bravoures musicales sont beaux mais tellement entendus qu'ils ne finiront même pas sur le CD ( ce qui est bien dommage, ils n'avaient rien,mais alors rien, de honteux).



Il arrive cependant en 2002 à livrer, avec Spirit, l'une des plus belles ouvertures musicales de ces dernières années.




Spirit est un album assez spécial puisque le film, centré sur un cheval, ne laisse pas de place aux animaux pour parler.Ce sont donc les chansons qui doivent transmettre le message. Les musiques des-dites chansons sont signées ou co-signées par Zimmer et les paroles et les vocalises sont de Bryan Adams.Autant B.O qu'album d'Adams,Spirit s'écoute sans déplaisir aucun !


Durant toutes ces années, Zimmer subira nombres de critiques portant sur son utilisation de compositeurs de musique additionnelle. Un b.o est mise au crédit de son auteur si celui-ci à écrit au moins 70% de celle-ci,le pourcentage est le même pour pouvoir être nominé aux Oscars.

Hors, dans le monde de la musique hollywoodienne, parler des compositeurs de musique additionnelle est presque tabou. Ils sont certes crédités comme assistants ou dans les remerciements sur le livret du CD mais jamais vraiment reconnus. La politique de Zimmer est de citer toutes les petites mains qui ont permis d'arriver au résultat final : il n'oublie jamais que c'est comme cela que sa carrière a commencé et refuse de cacher l'implication de l'un ou l'autre. Il ne compose pas seul ( ça l'emmerde : rappelons que ses débuts se sont fait dans des groupes ou en collaboration) et il n'a pas honte de le faire savoir, après tout, il assume la paternité de la plus grosse partie, comme la plupart des compositeurs...même le grand John Williams travaille de cette façon.

Un peu avant 2005, Zimmer quitte le studio Mediaventure.Son associé ayant détourné des fonds, Zimmer claque la porte et s'en va fonder seul Remote Control Productions. Plusieurs de ses poulains le suivent.

Christopher Nolan, le nouvel El Dorado ?
En 2005, Christopher Nolan sort Batman Begins, une exploration de ce qui a fait de Bruce Wayne un héros torturé. Nolan est convaincu que le seul homme capable de mettre Gotham en musique est Hans Zimmer. Au départ réticent, Zimmer se laisse convaincre par l'enthousiasme du réalisateur et décide de profiter de l'occasion (qui fait le larron) de travailler avec son ami James Newton Howard, également compositeur. Nolan accepte le deal, trop content de travailler avec Hans. Depuis lors, Nolan lui passe tous ses désirs et le laisse bosser comme il veut et produire la musique qu'il veut ! Une confiance absolue. Cela permet à Zimmer d'expérimenter des sonorités peu courantes à Hollywood : son thème du Joker est tout bonnement étonnant et je ne parle même pas de la musique de Inception. Et la seule fois où Nolan sortira un film post-batman begins sans confier les rênes de la musique à Zimmer, ce dernier se retrouvera producteur de la musique ( sur Le prestige,en 2006).





The dark knight rises nous a réservé des surprises sonores cet été. Et comme Nolan est bien placé pour réaliser un volet des aventures d'un autre héros emblématique, Zimmer pourrait en toute logique le suivre pour illustrer musicalement …James Bond ! 





Plus fort encore, Christopher Nolan s'est vu confié la production d'un autre film de Super-héros, qui sera réalisé par Zack Snyder ( 300 , Watchemen et Sucker Punch, c'est lui ) : Man of Steel, soit le retour de Superman au ciné depuis le bide (immérité) au box-office de Superman Returns. Et devinez qui a été choisi pour ,comme le disait l'intéressé, " être mis dans la position ingrate de passer après John Williams " ? 



Quand Nolan ne le monopolise pas…

Avec le succès surprise (mais mérité ) de Batman Begins,le studio Warner envisage de mettre à profit l'option qu'elle a mise sur un scénario qui redéfinit un autre héros emblématique, connu du grand public et détective hors pair : Sherlock Holmes !


Les films sur Sherlock suivent d'ailleurs un schéma assez proche de ceux consacrés à Batman (mais c'est un histoire pour un article sur le ciné, pas sur la musique).  Il n'est dés lors pas étonnant que le nom de Zimmer soit vite cité pour illustrer les aventures du détective londonien. Cependant, le réalisateur Guy Ritchie le prévient d'emblée : pas de pseudo-remake musical de Batman ici ! Pas de problème, Zimmer ne le prévoyait même pas ( je l'ai déjà dit je pense : ne pas innover un minimum l'ennuie ). 


Au final, la partition sera nominée à l'Oscar alors qu'aucune de celles sur Batman ne l'a été ( jusque maintenant, rien ne dit que "The dark Knight rises" ne fera pas mentir  mon affirmation).  

Holmes est un joueur de violon ? Alors les violons et les instruments à cordes vont hurler à la mort tout en accompagnant des sonorités moins stridentes mais plus brutes,le style Zimmer devenant plus agressif depuis Gladiator




Nous pénétrons maintenant dans une partie plus thématique que le reste.

Les frères Scott

Excusez ce titre ressemblant à s'y méprendre à celui d'une série pour ados qui ne reflète pas la vie d'ado.

Je l'ai abordé plus haut, Hans Zimmer doit en grande partie son implantation hollywoodienne à Ridley Scott et à Tony Scott. Si Ridley le conseille à Tony, c'est sans doute ce dernier qui lui permet le plus de marquer de son empreinte le monde de la musique de film puisque le producteur Jerry Bruckheimer use et abuse de musique zimmeriennes depuis le début des années 90. 

L'un des points communs entre les deux frères, c'est leur relation étroite mais parfois lointaine avec les compositeurs qui travaillent sur leurs films, en particulier Ridley qui papillonne plus que Tony ( qui resta attaché à Harry Gregson-Williams à partir d'Ennemi d'état jusque Unstoppable, son dernier film avant sa mort cet été).

Ridley Scott a travaillé avec Zimmer sur Black Rain et sur Thelma & Louise. 1492 marque un échec dans leur relation de travail et Ridley Scott se voit contrait de faire appel à un autre compositeur, avec qui il avait déjà travaillé, pour le remplacer. Nous sommes en 1992.


Thunderbird, morceau emblématique du film Thelma & Louise,ici joué en concert.C'était à Gand en 2000 lors du festival du film de la ville. J'enrage encore de l'avoir raté.

Il faudra attendre 8 ans avant que les deux hommes ne retravaillent ensemble. Dès que le succès de Gladiator est avéré, Scott ne cherche même plus à engager quelqu'un d'autre et Hans se retrouve sur des films aussi divers que variés : Hannibal le pousse vers le thriller, Black Hawk Down vers le film de guerre urbaine oppressante (et la musique sera très expérimentale, opposant instrumentalisation tribale à une musique purement électronique, seul un morceau sera vraiment symphonique). Les associés versera dans la comédie dramatique ( genre que Zimmer maitrise moins bien).



La cassure survient lorsque Scott décide de mettre en scène Kingdom Of Heaven : un film de chevalier en croisade. Mais Zimmer doit décliner. Il s'est laissé convaincre par un jeune réalisateur de travailler sur une autre histoire de chevalier en croisade : la croisade du chevalier noir contre le crime ! Nous sommes alors en 2005.

Depuis lors, la musique des films de Scott reste d'accent zimmerienne (il engage Harry Gregson-Williams sur Kingdom of Heaven et ne se sépare plus de Marc Streitenfeld, un ancien assistant du studio de Zimmer, depuis A good Year pour assurer l'accompagnement musical de ses films) mais le maestro n'est plus à la barre. Un temps la rumeur aura voulu qu'il revienne pour Prometheus, c'était sans compter son engagement sur The dark knight rises. Il y a peu de chance de revoir un jour Hans Zimmer sur un film de Ridley Scott tant la séparation semble consommée. Une sacrée perte tant pour Scott que pour le public. Moins pour Zimmer qui semble s'épanouir comme jamais dans le giron de Christopher Nolan.

Ron Howard.

Ron Howard marche par phases. Tant au niveau de ses films ( soit il se donne et tire un bon résultat,soit il s'en fout et fait tâche) qu'au niveau de ses collaborations musicales.

C'est pourquoi entre la première collaboration entre Zimmer et lui,sur Backdraft en 1991, et leur seconde, sur Da Vinci Code, il s'écoulera…15 ans ! Et à partir de 2009, avec Anges & Démons, les deux travaillent ensemble sur chaque film de Howard. Cela ira de la composition remarquable à l'anecdotique pure qui ne se verra même pas gratifiée d'une sortie en CD. Je parlerai du Da Vinci Code et de sa suite un peu plus longuement ultérieurement.


Un morceau si efficace qu'il sera repris dans les bandes-annonces des deux films Jurassic Park réalisés par Steven Spielberg !



Vers les 40''



Vers les 35''. Mais la musique n'est pas montée dans l'ordre de composition.Oui, vous avez le re-droit (toi qui a encore l'esprit malléable et sans doute moins de 15 ans, ce mot "re-droit" n'existe probablement pas) de me trouver obsessionnel.

De sa collaboration avec Howard, on retiendra surtout Backdraft donc, qui annonce le style Zimmer des années 90 avec plus d'orchestre et moins de synthé et celle de Frost/Nixon, composée juste avant Anges & Démons. Une b.o dont le tour de force est d'avoir été jouée presque entièrement sur synthé sans que personne ne s'en rende compte.



Gore Verbinski.

La collaboration entre Verbinski et Zimmer permet une approche de son travail sur la continuité musicale. En effet, si les deux hommes ont également travaillé sur The Ring, Weather Man et Rango, c'est surtout la trilogie Pirates des Caraïbes qui reste le gros morceau de leur collaboration fertile.
La gestation du premier opus est loin d'être une sinécure !

Lorsque la première bande-annonce est lâchée sur internet, les crédits informent les spectateurs que le compositeur sera Alan Silvestri. Silvestri n'est pas n'importe qui : c'est l'homme derrière Retour vers le futur, Predator et plus récemment Captain America. Et surtout derrière Le Mexicain, autre film de Gore Verbinski. Le voir donc aux commandes n'est pas surprenant. Mieux, il s'agit là semble-t-il d'une ouverture d'esprit de la part du producteur Jerry Bruckheimer qui n'a pas tenté d'imposer Hans Zimmer ou l'un de ses poulains sur le projet.

Et à 6 semaines de la sortie du film, tout s'effondre ! Le producteur trouve que la musique ne fait pas assez "pirate". Verbinski suggère alors de se tourner vers Zimmer avec qui il vient de sortir The Ring quelques mois plus tôt. Mais personne ne peut composer 3 heures de musiques potables en 4 semaines ( il faut compter deux semaines pour enregistrer, mixer, etc…).


Au final, ce n'est pas moins de 6 compositeurs qui travaillent sur la b.o du premier épisode. Le compositeur Klaus Badelt  est crédité comme compositeur principal car il est le chef d'équipe qui a mené le projet, Zimmer est simplement crédité comme producteur. Réalité moins simple que cela car c'est à lui qu'on doit le thème He's a Pirate et ceux de Jack Sparrow et du couple Will/Elizabeth.

Dès le second opus, Hans Zimmer prend toute la chose en main et la paternité des titres du la b.o précédente ne laisse plus aucun doute : les musiques emblématique sont réutilisées et le nom de Badelt n'apparait nulle part sur le générique.


Tout au long des 3 films (je ne compte pas le 4me pour deux raisons :1° le réalisateur change et 2° Zimmer n'a quasiment pas bossé sur le 4me, il a surtout réarrangé des morceaux existants. Les plus mauvaises langues vous diront qu'il a été engagé pour combler des trous alors que la sélection musicale était déjà faite en amont par le réalisateur et le producteur. Hypothèse probable puisque les coupes budgétaires étaient de rigueur sur ce film), Zimmer va travailler les thèmes de ses personnages, les restructurer et jouer avec eux en les entremêlant.


Blasé, il ira jusqu'à bousculer le thème bien établi de Will & Elizabeth pour en livrer un tout neuf à l'occasion du 3me film. Cette recherche du thème en évolution est perceptible dans les films de Nolan sur Batman également !

Un thème romantique de 10 secondes passe à...

... un thème bien plus long et dramatiquement beau ( à partir d'1'30'')

Au final, la musique ne fait pas forcément plus "pirate" mais elle est travaillée dans une optique jusqu'au-boutiste de perturber les idées et les sonorités ! Le fameux thème du Kraken est saturé parce que l'on croit être une guitare électrique. Erreur, le travail aura été de tromper les oreilles du monde avec des violoncelles toute ce qu'il y a de plus normaux ! 



Le thriller.
Souvent cantonné à des musiques d'action, Zimmer n'en est pas moins à l'aise dans le genre du thriller. Poser une ambiance lourde et angoissante est un de ses dons et quand le film réclame expressément cela, Zimmer ne se fait pas prier pour attaquer les oreilles avec une musique viscéralement stressante !






Et le tout en se répétant rarement. Ainsi, si l'usage des cordes quand il s'attaque au thriller est souvent d'usage,il ne se repose pas sur ses acquis et s'adapte au rythme où à ses envies.

Le thriller Fenêtre sur Pacifique s'offre par exemple des accents jazzy sans que cela ne soit choquant, Da Vinci Code se laisse aller aux grandes envolées sur la fin et Anges & Demons laisse derrière lui une brutalité rare. Et que dire de The Ring, dont les cordes hanteront longtemps vos nuits après l'écoute ?


Lentement mais surement, Zimmer conçoit un morceau où les cordes sont majoritaires à 90%. Un morceau qui marque dans la durée.

La grande envolée du film.Située à la fin, la mollesse du film ne permettant pas de la placer ailleurs !

À l'opposé de son grand frère, Anges & Démons est plus rythmé,beaucoup plus !



Seul le genre de la comédie réussit moins bien à Hans Zimmer, c'est pourquoi je ne m'attarderai pas sur le sujet. Sachez quand même qu'on lui doit, entre autres : Pour le pire et le meilleur (oui oui, le film avec Nicholson ! ), Les Simpson- le film , Miss Daisy et son chauffeur ou encore The holiday.

Et là, je vous achève en vous disant que j'ai omis , volontairement, de vous parler de plein d'autres choses...mais j'ai fait ici plus qu'un tour d'horizon et le reste n'intéresserait que les fans hardcore du compositeur. Cela alourdirait un article déja bien long et passablement emmerdant pour ceux qui ne s'intéressent pas au sujet ! 


samedi 19 mai 2012

Dans l'espace, personne ne les entendra composer...


Depuis A good Year (2006), Ridley Scott ne se sépare plus du compositeur Marc Streitenfeld ( ni de Russel Crowe,ce film étant le premier depuis Robin des Bois que Scott filme sans l'acteur néo-zélandais!). Simple assistant musical pour la société de composition de Hans Zimmer, Streitenfeld est propulsé par Scott sur le devant de la scène après que ce dernier ait joué les superviseurs musicaux sur Kingdom Of Heaven ( 2005) S'il est agréable à l'écoute, il n'est pas aussi marquant que son illustre mentor. 
Et sur le projet Prometheus, je dois avouer que j'avais de sacrées appréhension négatives sur le travail qu'allait remettre le bonhomme. Allait-il simplement copier la recette gagnante de la musique de The Ring (2003, la version  américaine, musique d'Hans Zimmer) ?

La crainte de devoir se farcir une musique plus que bof est montée d'un cran lorsqu'il a été annoncé qu'un autre compositeur avait été appelé en vitesse à la rescousse pour sauver les meubles : Harry Gregson-Williams, autre compositeur ayant fait partie de l'écurie Zimmer et ayant travaillé avec Ridley Scott sur Kingdom Of Heaven (mais d'innombrables fois avec Tony Scott, comme quoi, tout reste en famille au final). 

Le CD crédite Gregson-Williams de la paternité de deux pistes sur les 25. Une autre piste étant une reprise d'un thème musicale bien connu des amateurs de science-fiction…

Personne n'ignore (du moins si vous l'ignoriez, vous êtes sur le point de la savoir ) que Prometheus est un film qui s'inscrit dans l'univers de la saga Alien. C'est loin des terres zimmeriennes que le vaisseau s'est posé. Par contre on nage pleinement dans les sillons creusés par Jerry Goldsmith (Alien) et James Horner ( Aliens). Les ficelles sont les mêmes : des cuivres puissants, des cordes grinçantes, des percussions militaristes et violentes. On navigue en terrain connu,peut-être un peu trop d'ailleurs.Pas de surprises à ce niveau-là...enfin, ça veut aussi dire pas de mauvaises surprises.

Le résultat est par moment minimaliste, par moments chaotique et flippant. Il se dégage une poésie certaine de l'ensemble mais trop peu de moments restent en têtes après l'audition. Dommage, car la musique proposée ici est clairement réussie et parvient à distiller des ambiances diverses qui vont de l'émerveillement naïf à l'horreur la plus pure.

mercredi 20 juillet 2011

Ô, Combien de musiciens, combien de capitaines ?

Sortie très attendue de l'été en matière de super-héros, Captain America est le dernier film Marvel avant The Avengers l'an prochain. Marvel Studio n'a pas toujours eu le nez fin lorsqu'il s'agissait de mettre en musique leur film: en effet, Iron-man bénéficia du sans talent Ramin Djawadi qui fut remplacé par John Debny lors du second opus. Debeny livra un meilleur travail mais vite oublié une fois sorti de la salle de cinéma. Thor fut bien entendu illustré musicalement par le compositeur habituel de Kenneth Branagh : Patrick Doyle, qui comme d'habitude ne livra rien de bien transcendant et qui faisait parfois pitié. Seul Craig Armstrong avait jusqu'ici livré un travail digne d'intérêt sur Incredible Hulk. Captain America devait initialement être composé par Michael Giacchino mais celui-ci abandonna le navire ( de son plein gré ? la question reste entière) au profit d'un vieux briscard renommé de la bande-originale. Mais cela ne veut pas dire que le résultat ne fera pas saigner des oreilles ( voire le désastre sonore de Green Lantern). Alors, que vaut la partition d'Alan Silvestri ?

Pour ceux qui ne le connaissent pas de nom, sachez que vous le connaissez sans doute de part ses nombreuses compositions comme celles de la trilogie Retour vers le futur ou encore Predator. Il est le compositeur attitré de Robert Zemeckis ( le réalisateur de Retour vers le futur justement) mais depuis 2002 il travaille aussi avec Stephen Sommers pour qui il signa la musique du Retour de la momie, de Van Helsing et de G.I Joe. Si cette dernière composition ne rendait pas hommage à son talent, rappelons que celle de Van Helsing était le seul point positif du film.

Silvistri livre ici une B.O dans la droite lignée de son travail sur Le Retour de la momie et Van Helsing ( et évite le plantage de G.I Joe). Il est extrêmement à l'aise sur les pistes de suspenses et d'action, un peu moins sur celles demandant de livre de l'émotion pure, mais c'est un défaut mineur tant les pistes de ce genre ne sont pas légion. Il offre une musique classique dans le sens où très peu de synthétique s'invite entre les notes. Les cuivres et les cordes mènent la danse, remplissant parfaitement leur rôle d'accompagnement de l'action. Le thème principal est peu utilisé et ne sert donc pas de bouée de secours pour manque d'inspiration. Ce thème est fortement influencé par la musique militaire ( logique) et sent le patriotisme américain à fond, on imagine sans peine le drapeau étoilé flotter dessus, mais ce n'est pas un reproche loin de là, c'est même extrêmement justifié au vu du contexte de l'histoire !

Alan Silvestri livre donc la meilleure B.O pour un film sorti des Studios Marvel depuis Incredible Hulk et je ne serai pas contre qu'il prenne les rênes de celle de The Avengers. Il y a peu de chances mais comme le compositeur du film de Joss Whedon n'a pas encore été désigné…

[edit] : finalement mon souhait a été entendu: c'est bien Alan Silvestri qui s'occupera de la b.o de The Avengers !

jeudi 14 juillet 2011

Super 8 : super musique !

" Super 8 " le nouveau film écrit et réalisé par J.J Abrams et produit par Steven Spielberg sortira en salles le 27 juillet en Belgique et le 3 août en France. En attendant, la bande-originale composée par le compagnon de route d'Abrams depuis qu'il crée des séries télés( Alias, Lost, Fringe pour les plus connues), est déja disponible. Alors, après un "Pirates des Caraïbes" (par Zimmer) décevant et un Green Lantern ( par James Newton Howard) vomitif, tient-on une B.O digne de ce nom pour cet été empli de blockbuster ? Je le dis, la réponse est positive !!

Ce compère de longue date c'est Michael Gicchino, transfuge de la musique de jeu vidéo ( on lui doit la musique de l'adaptation de The Lost World, film de Spielberg, tiens tout se recoupe) , il n'est pas à son coup d'essai dans l'industrie cinématographique puisque outre les deux films précédents d'Abrams ( Mission:Impossible 3 et Star Trek ) il a aussi signé la musique des " Indestructibles " , Ratatouille, Up…

Ah qu'il est bon d'écouter une B.O composée avec sérieux, et référentielle avec ça. Puisqu' Abrams semble se prendre pour Steven Spielberg avec son film,il n'est pas étonnant de voir Giacchino se prendre pour John Williams ( compositeur attitré de l'ami Steven, sauf sur La couleur pourpre). Et le Williams de la grande époque, celui de Jaws, .E.T, Star Wars, Indiana Jones.

Les cuivres et les cordes sont donc légions, se mêlent et se démêlent. Le rythme soutenu offre une musique aux divers accents : contemplatif, suspense, action…le tout sans jamais faire fermer l'œil de l'auditeur ou le faire passer une piste pour passer à la suivante. On tient le futur vainqueur de l'Oscar ici, sérieusement les autres n'ont aucune chance…à moins que l'académie n'aie de la merde qui lui bouche les oreilles !

samedi 2 juillet 2011

Une soupe aux légumes verts.

Le film n'est pas encore sorti chez nous, mais la bande-originale de Green Lantern ,elle, est écoutable !

Enfin c'est une façon de parler. Elle est signée par James Newton Howard ( Peter Pan, Unbreakable, The village,…) que l'on avait connu bien plus inspiré ( Peter Pan, Unbreakable, The village,…) !

Entre des sonorités synthés dont les effets tombent à plat (sauf si l'effet recherché est d'assommer l'auditeur ) et une écriture molle au possible ( sur 1 heure de musique, 1 minute fulgurante rappelle les meilleurs moments du compositeur, c'est peu), Newton Howard sert une soupe indigeste dont le vert radioactif risque de donner le cancer à vos oreilles !

Il aurait au moins pu demander un coup de main à son ami Hans Zimmer avec qui il avait déja travaillé sur Batman Begins et The dark knight ( et aussi le rejected score de Secret Window, vous voyez j'essaye quand même d'écrire un article un peu long parce que ça frise le ridicule ) pour tenter de remonter le niveau : si Zimmer arrive à écrire des mélodies inspirées pour des films comme Drop Zone ou DaVinci Code on peut aisément penser qu'il aurait pu être d'une aide certaine à son compère !

Épargnez-vous une grande souffrance et zappez cette B.O (et sans doute le film aussi car je doute qu'il vole bien haut pour inspirer si peu un compositeur d'habitude bien plus agréable à l'écoute). Si le film sent le navet, sa musique sent le concombre tueur !

vendredi 15 avril 2011

Birthday Party

Aujourd'hui pas d'article à proprement parler. Je fête mon 27me anniversaire (la trentaine se rapproche). Alors voila, j'ai décidé de me faire un petit plaisir avec une sélection musicale qui je l'espère sera un peu à votre goût quand même ;-). Bonne écoute et on se retrouve quand j'aurai décuvé.

























samedi 2 avril 2011

Le Cinéma c'est l'écriture moderne dont l'encre est la Lumière...


Courant du mois de janvier, une amie me fait part de la citation de Georges Duhamel comparant le cinéma comme rien de moins qu'un "amusement d'ilotes, un passe-temps d'illettrés! ". Pris par le temps, les cours et de multiples œuvres à lire, à écouter ou à contempler (et parfois même à chroniquer), j'ai laissé le temps passer. Mais sans jamais oublier cette affirmation provenant d'un écrivain. Un être supposément instruit. Si chaque être humain sur cette planète a le droit d'avoir une opinion (à défaut que chaque être humain puisse l'exprimer librement), en tant que cinéphile mais aussi dévoreur de pages devant l'éternel (quel qu'il soit) je ne peux que me sentir visé et méprisé par un homme qui ne me connait même pas. Et malgré mon envie violente de laisser mes émotions parler (et on sait que lorsque je le fais, je ne suis pas des plus polis, cfr cet article) , je vais tenter de contre-argumenter cette déclaration de façon posée, réfléchie et logique.
Mais avant toute chose penchons sur le contexte de cette déclaration publiée dans " Scènes de la vie future". Il s'agit d'un ouvrage publié en 1930 et qui s'inspire du voyage de Duhamel aux USA en 1929. Voulait-il parler des américains en particulier lors de cette sortie ? Et d'ainsi participer à cette grande cause qui consiste machinalement à considérer nos cousins d'outre-Atlantique comme de parfais imbéciles sans aucune culture ni éducation ? Hemingway était américain et a reçu un prix Nobel de littérature. Et il n'est qu'un exemple parmi tant d'autres . J'imagine qu'il lui est arrivé d'aller au cinéma de temps en temps. Si c'est le cas, Mr Duhamel considère donc le brave Ernest comme un ignare. J'avoue user d'un syllogisme assez frappant mais il n'est pas interdit au syllogisme d'être parfois d'une logique implacable!
Ensuite, prenons la peine, non, le temps (car s'instruire n'est pas une peine) d'ouvrir un dictionnaire (dans ce cas précis le Larousse 2006) pour clarifier (au cas où) la signification d'illettré et d'ilotes… je tiens juste à signaler avant même d'ouvrir ledit ouvrage que je sais déjà que si j'étais illettré je n'aurais aucune chance de lire les définitions.
ILLETRÉ : adj. et n.1 Qui ne maitrise ni la lecture ni l'écriture. 2 Qui n'est pas lettré, inculte.
ILOTE : n.m 1 Hilote: esclave d'état à Sparte. 2 Homme réduit au dernier degré de misère, de servilité ou d'ignorance.
Tout ceci n'est certes guère reluisant mais force est de constater une logique dans ses propos : sans éducation de l'écriture et de la lecture il vous sera dur de percer dans le monde du travail et vous risquez donc en effet de vous retrouver dans la misère. Au moins son discours ne se contredit pas. On peut sans doute le décoder comme suit : "le cinéma est un plaisir de masse et il est de notoriété publique que la masse est un mouton de Panurge."
Maintenant que diverses bases sont posées, entrons dans le vif du sujet.
De tous temps, l'homme a tenté de représenter son environnement, ses pensées, ses rêves. Des chevaux de Lascaux aux visions futuristes de Spielberg…en passant par le dessin au départ, et lorsqu'il inventa le langage, l'homme trouva un autre support : les mots ! Pas une évolution ( du moins pas dans le sens artistique), un ajout (et quel ajout j'en conviens)! Avec les mots viennent les concepts, avec les concepts viennent des idées de plus en plus précises, de plus en spécifiques et explicables,les associations d'idées... Les mots sont devenus symboles sur une page, les dessins sont devenus peintures sur une toile, photos dans un cadre… images en mouvement sur une toile (quoique : illusion de l'image en mouvement soit plus juste).
figure 1 :l'homme peint ce qu'il voit.
figure 2 :l'homme peint ce qu'il imagine.
Le cinéma est pourtant un vivier artistique et littéraire. Un véritable agglutinement de différents arts préexistants et que faire coexister est un art à part entière! Cela va de la photo (le cinéma ce n'est que la projection de 24 images par seconde pendant près de deux heures, c'est la persistance rétinienne qui donne l'illusion du mouvement comme je le disais plus haut, un tour de magie optique, un tour de saltimbanque ? D'ailleurs le directeur photo sur un film donne sa texture à l'image comme un photographe préparant son cliché), au dessin (tant et tant de croquis pour les story-board, les décors, les costumes, les concepts, etc…), en passant par la musique ( l'art qui parle sans mot ni illustration visuelle, faisant vivre nos émotions jusque dans nos inconscients). Au niveau de l'art graphique l'on peut même rajouter l'infographie qui est un élément récurrent avec l'avancée des effets spéciaux. Et aussi la littérature. Je le faisais remarquer dans cet article, mais pour faire un film il faut un scénario.
story-board de Matrix.
story-board de Underworld.
story-board de L'attaque des clones.
l'infographie au service du rendu final du film.

Un morceau de musique, composé spécialement pour un film.
Un scénario cela s'écrit n'en déplaise au copain Georges ,or Neil Gaiman (romancier mais aussi scénariste télé,ciné et BD ) déclarait qu'il était infiniment plus aisé d'écrire un roman qu'un scénario. Paradoxal ? Pas vraiment: un bon auteur agencera sa description suffisamment intelligemment et avec de bien belles métaphores pour que l'imagination du lecteur fasse le reste et comble les manques de détails. Un scénario doit être plus spécifique pour que le rendu sur la planche ou sur l'écran corresponde parfaitement à la vision du scénariste. Voila déjà un point qui parle en la faveur de ceux qui font le cinéma. Et un scénario, n'est-ce pas une sorte de livret d'une pièce de théâtre ? Un art visuel également…et pourtant les adorateurs de Molière ou de Shakespeare n'ont pas droit aux insultes.
Et ce scénario, ce livret moderne, il faut le jouer : tenir et interpréter un rôle n'est pas donné à tout le monde, c'est tout un art et des plus respectés.Et il faut également le faire jouer. Le réalisateur se doit donc d'être metteur en scène,de diriger ("to direct") ses acteurs. Ce n'est pas pour rien que les anglophones parlent de " director" pour parler d'un réalisateur. Ce faisant, ne place-t-il pas ,même inconsciemment,la mise en scène plus haut que la virtuosité technique dans le maniement de la caméra ?
Et enfin,ce scénario peut aborder tous les sujets et tous les genres, comme le peut la littérature ! Et comme la littérature, les histoires racontées par le cinéma peuvent être enrichissantes et développer des idées,des concepts, faire se questionner le spectateur,...( Matrix et Inception ne posent-ils pas la question " où est la réalité ? ". Mieux que ça, pouvez-vous me prouver là maintenant que nous ne sommes pas dans la Matrice ?).
Steven Spielberg derrière sa machine à écrire.
deux pages d'un scénario.
un acteur (Heath Ledger) , interprétant un rôle.

Ceux qui s'amusent à aller au cinéma ne sont certes pas souvent conscients du travail effectué. Mais cela en fait-ils des illettrés pour autant ? Et ceux qui vont voir leurs films en V.O sous-titrées alors ? Ou des esclaves ? Des esclaves de qui au fait ? Voila un moyen d'expression qui transcende les classes. Que vous soyez riches ou pauvres, face à un film ne sommes-nous pas tous égaux : tous spectateur d'une réalité qui n'est pas la nôtre ? Que le film soit d'une bêtise abyssale ou d'un niveau de réflexion supérieur et nécessitant un engagement intellectuel de la part du spectateur ne semble rien changer pour Duhamel car il met tous les spectateurs au même niveau et donc tous les films au même niveau. Mais pourquoi ? Sans doute à cause de cette croyance absurde que les mots sont supérieurs à l'image! Pourtant un homme qui par son instruction et son travail acharné dans son apprentissage n'a-t-il pas dit un jour "Un dessin vaut mieux qu'un long discours ! " ? Cet homme s'était Napoléon Bonaparte. Et il n'est pas arrivé là où il était en étant inculte ! (bien que certaines rumeurs le disent en guerre contre l'orthographe).
Un dessin vaut mieux qu'un long discours...et pourtant "il écrivait des lettres bouleversantes à Joséphine devant Moscou qui brûlait" .
Bien sûr, le cinéma de par son accessibilité et sa surexposition a aujourd'hui une place centrale dans le monde artistique, et il serait faux de nier que c'est grâce à l'image en mouvement,le mouvement qui capte le regard de l'homme. Mais l'image en mouvement n'est - elle pas une extension métaphorique de la littérature au final ? Car une image en mouvement est changeante de nature, comme les pages d'un livre qui ne sont jamais identiques.Comme les mots qui courent sur des pages blanches et qui ,bien que fixes, s'effacent alors que nos yeux glissent vers leurs voisins de lettres et d'encre noir !
De plus, comme tous les arts, le cinéma a une histoire. Riche, très riche pour un moyen d'expression pourtant relativement récent comparé à ses grands frères. Et la retranscrire ici serait certes très intéressant mais également terriblement long. Sachez seulement que les frères Lumières ne sont pas la seule genèse de cet art et que c'est Georges Méliès qui réalisa le premier ce que cette nouvelle invention pouvait apporter à l'art visuel. Comme tous les arts il peut être décortiqué, analysé, débattu : on écrit des livres sur le cinéma et les réalisateurs : preuve en est que le cinéma peut donner naissance à des livres entiers et pas juste à une phrase toute simple dont les vers assassins n'empoissonnent qu'un peu plus l'âme de celui qui les a écrits! Et nourrissent la révolte de celui qui y répond !
Attention cependant,le livre "100 ans de cinéma" ne parle pas de cinéma, il s'agit d'une rétrospective sur le football italien !


En assénant cette phrase comme une vérité absolue, Duhamel tente de faire du cinéma un art bas de gamme. Mais les arts sont par essences poreux. Ils assimilent et laissent filer de la substance. Ce faisant ils imprègnent aussi bien nos esprits avides que leurs divers cousins artistiques. Ils se croisent, s'influencent, s'interconnectent et tentent désespérément de cartographier les aspirations, les craintes, les joies, les angoisses, les folies, etc…de l'être humain. Les arts sont donc sans fin et sans frontières. Et tenter d'en imposer un par rapport à l'autre, de les classer par valeurs est un acte d'une immense bêtise indigne d'un être supposément lettré et ouvert d'esprit! Bien entendu, sa déclaration vise plus le public que le cinéma lui-même, une porte de sortie sans aucun doute. Le but de tout art est de provoquer une ou des émotions. De faire vibrer le récepteur d'une quelconque manière. Et que ce qui est provoqué sont positif ou négatif, le but aura été atteint, faire ressentir des émotions. Toutes les formes d'arts en sont capables, toutes méritent donc une place égale (d'un point de vue humain par contre il est évident que chacun en fonction de ses ressentis et affinités effectue un classement des arts qu'il préfère aborder). L'art quel qu'il soit ne doit pas être réservé à une élite, ce n'est pas comme ça que l'on peut tirer les humains vers le haut. Si ce sont toujours les mêmes et leurs descendants qui s'élèvent alors il n'y a aucune amélioration de la condition humaine de possible.En traitant les amateurs de cinémas d'illettrés, Duhamel glorifie l'élite littéraire sans même comprendre qu'il la discrédite.
Si des illettrés et des pseudo-ilotes se rendent sans aucun doute au cinéma (et je ne parle pas forcément des hordes de sans-gênes qui envahissent de plus en plus nos salles…on peut avoir un cerveau et aucune manières correctes), ils ne constituent sans doute pas la majorité des spectateurs. Et même si c'était le cas, le déferlement constant sur l'écran de la somme de divers arts, et leur intérêts même bas pour ceux-ci une fois en dehors de la salle, n'est rien d'autre qu'une ouverture artistique dont les gens n'ont sans doute pas conscience mais qui les fait néanmoins rentrer dans un monde emplit de ce que l'homme fait de plus beau. Et qui ne les laisse pas indifférents.
De nos jours cependant, le discours envers le cinéma s'est fait bien moins violent de la part des écrivains. Parce qu'ils ont évolué pour la plupart directement dans un monde où il existait peut-être ? Pas forcément, car la BD aussi fait partie de leur monde et c'est elle qui est la cible le plus souvent des bien-pensants dont le regard sur les lecteurs de cet art est le même que celui que Duhamel avait sur les spectateurs adeptes des salles obscures. Je ne suis pas un illettré, et j'aime à penser que je ne suis pas totalement inculte (mais face à l'ensemble des connaissances humaines je m'incline humblement devant certains)… et si je suis l'esclave de quelque chose, c'est de mon amour pour le cinéma, la lecture, le Louvre, les dessins de quelques époques que ce soit du moment qu'ils provoquent en moi un sentiment plaisant, la photo ( de celle que je prends à celle que j'admire ou qui m'interpelle), la musique et les chansons…et de tant d'autres choses qu'il me reste et me tarde de découvrir.
Pour conclure,rendons à César : le titre est une citation de Jean Cocteau : cinéaste...et écrivain!

nb : quelques uns de mes films de chevet : Rencontre du 3me type,1941,Les aventuriers de l'arche perdue, The Fountain, Matrix, Inception, The dark knight,Porco Rosso,Blade Runner, Alien,Aliens,Agora,Garden State,Les poupées Russes,L'Empire contre-attaque,Kill Bill, Pulp Fiction,Retour vers le futur,...