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samedi 24 septembre 2016

Une sacrée putain de fête à la saucisse.

Le projet théâtral ClicKlick est une expérience basée sur le fait de faire jouer acteurs wallons et flamands sur des textes bilingues, les traductions nécessaires étant  projetées sur un écran noir au fond de la scène pour que le public suive.


Une sacrée putain de fête est donc un projet bilingue, joué à Bruxelles en Mai, au PBA de Charerloi en cette fin Septembre et sera encore programmée à Mouscron en Décembre.
Si l'initiative de proposer une pièce loin des clivages linguistiques du pays est louable et mérite plus que du soutien , il en va autrement de la pièce en elle-même.

Décryptage d'un désastre.

Une petite discothèque, la fête est finie, quelques invités sont encore là.Des piques-assiettes aussi.
Des amis, des ennemis, des couples et des anciens couples au bord de l'explosion. Ça discute, ça danse, ça se pelote, ça baise (et pas dans un coin, non , devant tout le monde : âge de pierre t'avons-nous quitté un jour ? ) , ça branle des queues de billard devant une danseuse (et on est loin du Showgirls de Paul Verhoeven et c'est encore moins drôle involontairement que le navet avec Demi Moore). Malaise.

Ça se menace aussi entre amis, ça se reluque et ça cause pédophilie l'air de rien parce que bon, ça serait moche de dénoncer un voisin , ça casserait l'ambiance pas vrai ? (je ne veux plus que ma fille joue chez toi.Voila ce qui sera dit. Les filles des autres voisin, ça ne compte sans doute pas. Chacun sa merde, sauvons MA gueule et les autres on s'en fout). Ça file la gerbe, tout simplement..
C'est un peu comme si les frères Dardenne écrivaient Strip-tease (ah, on me dit dans l'oreillette que c'est pourtant typiquement leur niveau ça ), sauf qu'eux sont plus méchants et condescendants (dans leurs œuvres, je ne les connais pas personnellement ) que la défunte émission de télévision dont personne ne pleure la mort. Pas même les sous-humains qui en furent les "héros" .

Tirons notre chapeau à la majorité des acteurs qui ont su trouver  en eux de quoi interpréter le néant de personnage aux existences plébéiennes crasseuses, des barakis de bas-étages pour la plupart, rappelant plus des insectes grouillant que des êtres humains ( revoyez le début du film Idiocracy , un baraki c'est pire encore, pour situer le niveau à mes lecteurs français).
Polanski avait le Bal des Vampires, nous voila dans le bal des dégénérés. Des personnages ayant en eux l'ADN de donner en deux générations la famille de la série de films La colline a des yeux et pour qui le summum de l'éducation et de la fierté doit être de savoir épeler "chômage" sans faute d'orthographe.


Tranche de vie, tranche de vide,art comptant pour rien, la pièce n'a pas vraiment de début et la fin arrive sans prévenir car elle ne possède aucune progression dramatique, aucune. Plongé in media res,le spectateur devient le témoin-voyeur de cette heure dans la vie de protagonistes dont Hannibal Lecter ne voudrait même pas comme victimes au rabais alors qu'il crèverait la dalle.
Telle Elsa de La Reine des Neiges, les tracas des personnes nous laissent plus que froids, carrément congelés. L'autre point commun avec ce classique récent du studio Disney, c'est qu'on ressort de là libéré, délivré...et délesté du  prix d'un billet que l'on pouvait investir dans quelque chose de plus consistant et intéressant, comme une saloperie de burger de fast-food en passe d'être fermé par l'inspection alimentaire par exemple.

Une sacrée putain de merde à qui il ne faut nier le mérite de nous rappeler que ces gens-là, comme disait Brel, sont la majorité de la population et que c'est probablement cette image de l'humanité qui sera la dernière que le cosmos contemplera. Une pièce qui me donne envie de voter à droite, voire à l'extrême, personnellement ça me fait vomir. Je préfère encore croire naïvement, comme un beau con, que nous avons de l'avenir. Je me trompe, mais je m'en fous, voila mon opium.

C'était la dernière représentation, la brasserie du PBA était ouverte, la soirée post-sacrée putain de fête était bien plus sympa. Pas préparée et pourtant d'un tel autre niveau.


https://vimeo.com/166420477 (pour un aperçu et quelques infos en plus).

dimanche 3 avril 2016

Monika (gang) bang.

Dyptique entamé en Mai 2015 et terminé en Septembre de la même année, Monika signe le retour de Guillem March dans les librairies européennes. Le dessinateur espagnol avait un temps officié sur le titre "Catwoman " de DC Comics (pas la meilleure période de la belle Selina Kyle d'ailleurs). Il met ici en image un scénario de Thilde Barboni.

La série, éditée par Dupuis dans sa collection " Grand public " (d'après leur site officiel) est pourtant, sur la même page web déconseillée au moins de 16 ans. Première absurdité éditoriale qui signe en réalité une cohérence totale avec l'œuvre en elle-même. Ça en est presque métaphysique tout en étant surréaliste à la belge ( Dupuis étant encore basé en partie à Marcinelle, c'est raccord).

L'éditeur vend cette série comme, et je cite, " un suspense érotique, une histoire de femme sensuelle qui cherche dans ses propres reflets à saisir le monde qui l'entoure. Ils ont composé un splendide thriller en deux parties, évoquant "Cinquante nuances de Grey", "Eyes Wide Shut" ou "Ghost in the Shell". "
Quand ça balance des phrases pompeuses à la limite de la psychanalyse de bazar et les références à gogo, ça sent généralement l'œuvre inclassable ou la connerie de l'année. C'est dans la seconde catégorie qu'il faudra ranger Monika.

Monika est une artiste peintre, photographe, vidéaste ( biflez la mention inutile,oui j'ai osé. C'est simple, j'ose tout ce qui sied à un homme, qui n'ose pas...mais vous avez lu "Macbeth", vous connaissez la suite ) qui prépare un happening créatif prévu prochainement.
Son meilleur ami, Théo, revient en catastrophe du Japon où il a dérobé de la technologie de pointe ( que l'on devine vite être un androïde en pièce détachée – c'est le fameux côté Ghost in the Shell, série qu'ils n'ont sans doute pas lue chez Dupuis ) et a besoin de se planquer. Monika a une sœur, Erika, qui a disparu. Heureusement, Théo arrive à pirater son portable et cela met Monika sur la piste de Christian Epson, homme politique du moment ( ça c'est le côté 50 nuances d'engrais – le prénom et les goûts inusuels en matières de cul ) qui fréquente des bals masqués ho hé ho hé où les filles dévêtues tout en latex et body paintings excitants font tourner les têtes ( de nœud ) des hommes ( et ça, ça doit être le côté Eyes Wide Shut : la subtilité et l'érotisme en moins).

On va commencer par le positif : les dessins de Guillem March. Si son trait est reconnaissable pour celui qui l'a découvert sur Catwoman , il faut lui concéder qu'il a abandonné ce côté un peu putassier et opulent au-delà du raisonnable qui suintait des pages consacrées à la plus belle féline de Gotham City.
March se met lui-même en couleur sur cette série et les tons qu'il emploie , des couleurs chaudes qui rappellent autant l'aquarelle que le pastel délicatement utilisé, flattent la rétine.
Les planches sont délicatement découpées et pensées. Les détails sont aussi fort nombreux, ce qui rend la composition des dessins très immersive pour le lecteur.
Si l'espagnol n'arrive pas encore à insuffler le supplément d'âme nécessaire pour différencier ses dessins de nus d'un étalage de chairs vain et gratuit, il est indéniable qu'il s'est amélioré. S'il continue sur cette lancée, peut-être arrivera-t-il à se hisser au niveau de l'italien Milo Manara.
En l'état, donnez la même scène à dessiner aux deux artistes et March vous livrera un porno chic et Manara un tableau pornographique : l'un est agréable à l'œil, l'autre vous fascine et vous excite délicatement.



Niveau scénario…putain quel foutoir.
Entre une fille paumée qui se fait passer pour forte et sûre d'elle en n'oubliant aucun cliché, les intrigues de politique/terrorisme à deux balles dont on peine à prendre au sérieux et à comprendre l'antagonisme ( pourquoi ce groupe ne s'en prend qu'au parti politique de Epson ? À part pour lui donner une aura de victime aux yeux de Monika, je ne vois pas) et l'intrigue cybernétique bien pratique scénaristiquement ( quand on a un robot plus tétu qu'un Terminator voulant vous protéger et capable de pirater le web entier, on obtient vite les infos qu'on veut. Infos qui viennent confirmer, dans le tome 2, ce que le lecteur avait compris en 10 minutes dans le tome 1. Alors que la gourdasse d'héroïne ne capte décidément rien), c'est le bordel, le boxon innommable , la bazar co(s)mique.



C'est lourd et ça phagocyte les personnages au point qu'aucune caractérisation psychologique ne va dépasser le stade de la note vague d'une fiche de personnage. De la part d'une scénariste qui a été psychologue clinicienne, c'est assez paradoxal.
Difficile aussi de dire si Monika tombe trop vite amoureuse de Christian ou si elle est si perturbée qu'elle cherche absolument un sens à la copulation humaine ( elle se comporte comme une ado de 16 ans après l'avoir vu quoi, 4 heures ? Et lui c'est pas mieux hein !  ). Seule l'histoire d'amour entre Erika, la sœur de Monika, et son amante semble moins artificielle, sans doute parce qu'elle est moins mise en avant.
Quant aux prétextes pour faire dessiner des filles en tenues légères, si l'argument fonctionne dans le premier tome, l'angle choisi pour le second et la façon dont c'est amené est si simple et bête qu'il en est risible.

Ni bandant, ni intellectuellement stimulant pour un sou ( Marc Lévy sous tranxène écrirait un meilleur thriller ), Monika ne vaut que pour les dessins de Guillem March, la série étant peut-être ses premiers pas vers la grandeur. Mais la route n'est pas finie.

Dupuis précise sur son site que la série est "en cours". Prions qu'il n'en soit rien et que les frais s'arrêtent ici.



mercredi 11 septembre 2013

50 nuances d'engrais.

Attention, l'article suivant a autant pour but d'être sérieux que complètement barré lorsqu'il s'agit de critique pure. Vous qui cherchiez un article fin et subtil, abandonnez tout espoir. Pour les ouverts d'esprit, bon amusement !

Fifty Shades of Grey (traduit chez nous par 50 nuances de Grey, ce qui ne veut rien dire puisqu'on perd le double sens du titre ) est le nouveau Twilight. Une "œuvre" littéraire vide et sans âme mais, comme le public à ovaires  a grandi et découvert son corps (un peu ou beaucoup), on saupoudre le tout d'une dose de sexe. Attention, du sexe Bondage Sado-Maso parce que le but reste toujours le même dans ce genre de littérature : faire rêver tout en poussant à ne pas consommer ! Redoutable mécanique pudibonde de l'Amérique puritaine ayant tendance à contaminer notre esprit frondeur d'Européen décomplexé.

Bref, devant le succès de ce machin, les studios de cinéma ont décidé de l'adapter.
Personnellement, je m'en branle !
D'ailleurs en parlant de ça, l'industrie X californienne l'a déjà adapté avant tout le monde sous forme d'une parodie porno !

C'est d'ailleurs une affaire truculente voire succulente ! Aux USA, une parodie porno échappe vite aux poursuites sur les droits d'auteurs grâce à son statut de parodie justement (personne n'a attaqué la série Hot Shots ou Naked Gun pour contrefaçon, c'est pareil dans le X mais avec des scènes osées en sus ! ). 
Sauf que cette parodie a été attaquée pour plagiat par Universal, détenteur des droits d'adaptations pour le cinéma. 
En effet, toute l'intrigue reposant sur le cul de l'héroïne, une parodie X coupe vraiment l'herbe sous le pied des studios Universal qui, pour des raisons légales, ne pourront, pourtant  tourner qu'une version soft expurgée de tout le stupre de la chose ! (bon, pour l'aspect sérieux, c'est fini !). Universal a les boules et le montre, enfin presque !

Ana , jeune et jolie (oui, comme le film de François Ozon, le même Fraçois Ozon qui déclare que "faire la pute" est un fantasme féminin courant et répandu.Si si,là je suis sérieux en vous racontant ça.Quelle image il doit avoir chez les filles de sa famille maintenant. ) rencontre le riche et "un-peu-plus-âgé-mais-ça-se-verra-presque-pas-à-l-écran" Christian Grey. C'est le coup de foutre …euh le coup de foudre !
Mais Mr Grey, parce qu'il a eu une enfance traumatisante (ouin ouin ma mère était une pute et son mac me battait. Déjà petit, si son Mac te battait, fallait attaquer Apple ou Steve Jobs, tu serais encore plus plein aux as! Ensuite, grandir dans un bordel, ça peut aussi donner des Don Draper, c'est déja un autre niveau!) a des goûts bien particuliers en matière de sexualité. Mais par amour, Ana va apprendre à aimer le BDSM. Ah, l'amour, ça vous faire de ces conneries quand vous êtes jeunes…




Ana est incarnée par la jolie plante Allie Haze, que l'on avait pu découvrir dans le plus simple appareil dans des films tels que Viol au dessus d'un nid de cocus,Missionnaire : Impossible , Harry Peloteur et la croupe de feu, Le trésor de Braquemart le Rouge ou encore Accroche toi aux rideaux que je te tringle! Cette jeune actrice est tout bonnement ha-bitée par son rôle.
On la sent réellement pénétrée par son personnage et celui de son partenaire à l'écran ! Partenaire qui, malgré le charisme d'une huître, se lance dans un véritable élevage de moules !

Jeune, jolie et dotée d'une longue langue ! Elle va faire carrière longtemps elle !


La réalisation est bien entendu sans saveur ou originalité et le directeur photo est aux abonnées absent : nous sommes en territoire bien connu, pour les territoires verges …euh vierges, il faudra repasser, ce n'est pas encore la révolution qui légitimera ce genre de cinéma. Reste que le tout est assez bandant si l'on est réceptif à ce genre de sexualité (perso, ça m'en touche une sans remuer l'autre, syndrome de la demi-molle ou de la demi-dure selon comment vous voyez le verre ).

Fait étrange, un commentaire audio accompagne les pistes sonores du blu-ray et nous offre des anecdotes de tournages ou de production surprenantes! Ainsi, les producteurs ont sciemment choisi de réduire le nombre d'orgasmes de l'héroïne parce que, et je cite, " Même pour un porno, ça aurait fait trop chiqué ! " ou encore la réécriture totale des dialogues par un scénariste ougandais chevronné parce que, et là encore je cite, "Même pour un porno, il y avait un certain niveau qualitatif à atteindre pour que les acteurs ne se mettent pas à rire de leur texte" ! Incroyables aveux !  Plus négligeable, nous apprendrons aussi le nombre de préservatifs utilisés pour une seule scène ou encore que l'acteur principal a été repéré à Broadway dans une pièce de Shakespeare : Sodothello !