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vendredi 29 septembre 2017

"Ghost in the Shell, la saga cyberpunk décryptée" ou " Les androïdes rêvent-ils de se faire pigeonner?"

2017 aura été l’année Ghost in The Shell : un film hollywoodien à gros budget et grand spectacle, l’édition de la série Arise, la ré-édition perfect des divers mangas et la sortie , enfin ( !!!!) en blu-ray de la longue série Stand Alone Complex.

C’est donc avec une certaine joie que fut accueillie l’annonce d’un ouvrage édité conjointement par Huginn&Muninn ( gros éditeurs de beaux livres sur la pop-culture ) et Kana, la branche manga des éditions Dargaud.

Débarque donc sous une couverture à jaquette du plus bel effet Ghost in the shell, la saga cyberpunk décryptée!Un sujet vaste , une promesse colossale.
Mais une promesse électorale tant le titre de l’ouvrage tient d’un mensonge que ne renierait pas 99% de nos élus.

Premier indice qui devrait mettre la puce à l’oreille : l’épaisseur.
160 pages pour décortiquer un corpus de 600 pages et plus de 30 heures d’adaptations cinématographiques et télévisuelles, ça semble plus mince que Kate Moss après avoir perdu un os.

Et en effet, à la lecture, c’est la débandade. Ghost in the shell est une œuvre culte et visionnaire qui aborde des notions aussi passionnantes que l’évolution technologique de pointe : le cyber-espace, les prothèses cybernétiques, ce qui reste d’humain en nous une fois que l’on accepte de petit à petit céder aux sirènes de devenir un cyborg, les I.A , l’évolution politique mondiale, etc…

Les premières annonces sur les sites spécialisés semblaient promettre un ouvrage maousse costaud.Comptez une épaisseur d'un tiers par rapport à cette image.

Et que retrouve-t-on dans ce livre supposé être un hommage à un tel monument ?
Un résumé plus ou moins détaillé des œuvres animées, quelques croquis éparpillés, beaucoup d’images provenant des dessins-animés et deux malheureuses interviews croisées , l’une consacrée aux deux actrices ayant doublé vocalement le major Mokoto Kusanagi et une autre des réalisateurs ayant officié sur les trois déclinaisons japonaises du manga.
Des interviews peu intéressantes tant tout le monde semble vouloir dire du bien de son collègue et se tirer la nouille allègrement dans un bel exercice de langue de bois promotionnel comme le cinéma ultra-commercial aime le faire dans les making-of au rabais inclus dans les bonus blu-ray du premier film venu.

Aucune analyse , je dis bien, aucune, n’est présentée, développée, proposée !
Le titre est donc bel et bien mensonger, rien n’est décrypté à part peut-être certains aspects visuels ( le look de certains personnage et l’architecture…mais le tout reste très à la surface des choses, des choses que le spectateur avait déjà compris à la vision de l’ensemble ).

Le manga de Shirow Masamune est à peine évoqué alors qu’il est à la base de tout.
Kana n'avait les droits que de l'adaptation du premier film en manga, c'est en effet Glénat qui s'occupe de la VF du manga d'origine. Le fait que cet éditeur ne soit pas associé au projet était une puce supplémentaire à notre oreille, un murmure que notre ghost n'a pas senti assez tôt.







Il s'agit en fait de la traduction du livre japonais Ghost in the Shell Perfect Book 1995-2017 , un ouvrage que l'on imagine bien avoir été pensé pour être réalisé en vitesse pour surfer sur la sortie du film de Ruppert Sanders.




Au mieux, le livre est un guide officiel couvrant les dessins-animés, listant les épisodes, proposant des résumés plus ou moins détaillés ( la série Stand Alone Complex se contentant d’en rester à des résumés type Télé 7 Jours car il manquait vraisemblablement de la place pour détailler l’ensemble de la série ) et présentant encore et encore les mêmes personnages dont les déclinaisons d’une œuvre à l’autre sont identiques à 99% ! Du remplissage pur et simple.




Pour décrypter et analyser Ghost In The Shell, chose que la couverture promet , ce livre est aussi utile qu’une valise sans poignée.
Une arnaque pure et simple qui aurait au moins pu avoir la décence de proposer un bon de réduction pour une crème contre les hémorroïdes qui ne manqueront pas de fleurir sur le derrière des pigeons qui se feront avoir par une cover aguicheuse et leur sentiment d’amour pour une saga riche, complexe et tentaculaire, au moment de refermer ce semi-art book bien pauvre au demeurant.
35€ pour ça, ça fait mal au cul !

mercredi 3 décembre 2014

Emballé dans un paquet cadeau, avec un beau nœud rose.

Mine de rien les cocos, le réveillon c'est déjà dans trois semaines.
D'où la question existentielle "On met quoi sous le Sapin cette année ?".

Et Noël rimant avec magie, penchons-nous sur l'option "la magie des étoiles" (vu que le premier teaser de Star Wars est sorti, suivons la vague !).




Chez Huginn & Muninn, le livre Les guerres des étoiles revient sur la période pré et post-Star Wars en tentant d'être le plus exhaustif possible. Jérome Wybon nous explique que le phénomène Star Wars n'est pas sorti de nulle part mais que son succès, sorti de nulle part lui, a ouvert la voie à toute une série de films et de séries télévisées que l'auteur passe en revue.
Chaque film est décortiqué sommairement, nous ne sommes pas dans un uber-making of non plus.





Deux ou trois coquilles, parfois ubuesques comme deux mots mélangés ensembles, parsèment malheureusement l'ouvrage. Ouvrage richement illustré et de très bonne facture si l'on fait abstraction des dites coquilles.






Chez Akiléos, sortie du Making-of Star Wars cette année (l'an dernier avait vu la sortie du Making-of L'empire contre-attaque). Également écrit par J.W Rinzler, ce making-of est une source d'informations phénoménale pour tout fan qui se respecte un minimum. Autant chronique au jour le jour de la conception du film que making-of complet, il devrait ravir tout amateur de Star Wars ou de cinéma (car que l'on aime ou pas la saga de Lucas, elle aura marqué l'histoire du cinéma et c'est un morceau de cette histoire qu'il nous est donné de lire ici).


Pour rester dans les étoiles, Alex Nikolavitch, chez Les moutons électriques, sort un nouvel essai thématique (après Mythes et Super-héros et Apocalypses que je vous invite cordialement à lire) : Cosmonautes, qui nous entraîne sur la voie des pionniers de l'espace et du manque d'intérêt qui suivit !


D'une grande érudition et doté d'une plume agréable, Alex Nikolavitch nous convie à un grand voyage en sa compagnie. On regrettera cependant que l'éditeur ait changé ses habitudes : finies les premières pages illustrées couleurs sur papier glacé et adieu papier granuleux de qualité.