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mardi 16 août 2016

Huis - clos.

Michelle quitte son appartement précipitamment et roule toute la nuit. Malheureusement, un
chauffard la percute et sa voiture termine sa course dans un ravin. Elle se réveille sur un matelas, une attelle au genou et enchaînée au mur. Son «  geôlier » , Howard, lui affirme qu’il l’a récupérée dans l’épave du véhicule et qu’elle est maintenant enfermée dans un bunker de survie, une attaque de nature indéterminée ayant frappé le monde. L’autre homme habitant cet endroit enterré se nomme Emmet et confirme à Michelle l’histoire d’Howard. Ne croyant absolument pas ce qu’on lui raconte, Michelle décide de s’échapper…

10 Cloverfield Lane n’est pas à proprement parler une suite de Cloverfield, mais il en partage une partie de l’ADN selon son producteur J.J Abrams.
Il partage aussi une partie de son pitch avec l’histoire de bande-dessinée « Protège-moi (Shelter Me) » parue dans le magazine Métal Hurlant.
Mais le traitement sera tout autre.
Tourné dans le pus grand secret pour surprendre le public , 10 Cloverfiel Lane débarque donc presque à l’improviste dans une année cinéma assez molle. En grande partie pour nous secouer !

Le réalisateur Dan Trachtenberg signe ici son premier long-métrage après avoir réalisé quelques épisodes de séries télévisées ( comme le producteur J.J Abrams avant lui…ou encore un certain Steven Spielberg, grande influence de Abrams himself).
Trachtenberg ne révolutionne pas la façon de filmer mais jamais il ne lasse le spectateur malgré l’unité unique de lieu, un bunker sous terre à peine plus grand qu’un appartement moyen et un casting très réduit , 3 acteurs plus la voix de Bradley Cooper ( l'acteur ayant travaillé un moment avec J.J Abrams quand ce dernier se consacrait à sa série Alias).
Le montage est nerveux, énergique mais sans effet de style clipesque ou facile. Le scénario relance d’ailleurs la machine toutes les 10 minutes sur les 100 minutes que dure le film. Impossible de s’ennuyer : la tension, le suspense et un peu d’action font monter crescendo le stress du spectateur jusqu’au final qui , s’il ne lie pas le film à Cloverfield, a bel et bien un lien de sang avec le genre auquel le film de Matt Reeves appartenait.




Howard est incarné par la légende John Goodman. Cet immense acteur ( dans plusieurs sens du terme ) passe en quelques secondes d’un personnage flippant à une personne attentionnée mais dérangée. Le public ne sait sur quel pied danser avec lui, ce qui le force à rester en alerte durant toute la projection. Quand écriture et interprétation sont au diapason, le résultat est toujours brillant.
Mary Elizabeth Winstead incarne une Michelle volontaire et prête à tout pour se sortir de la gueule du loup. Son personnage, pourtant vite catalogué comme une lâche qui fuit au premier petit pépin va devoir trouver une nouvelle force en elle jusqu’à se transformer entièrement. Winstead se hisse alors sans soucis au niveau des Ellen Ripley et autres Sarah Connor. Tout le film se déroule de son point de vue, on ne la quitte jamais et on s’attache à elle autant que l’on s’interroge : aurait-on le cran que montre son personnage pour s’en sortir ?






Série B de luxe qui démontre, par son sens du rythme et sa réalisation faisant monter la tension minute par minute, que le temps est effectivement relatif (le film file à une vitesse folle ), 10 Cloverfield Lane est assurément un spectacle ébouriffant plus que conseillé.

vendredi 1 juillet 2016

You had one Jobs !

Steve Jobs. Voila bien un nom que tout le monde connait désormais. Pourtant, ce pionner de l’informatique aura attendu longtemps avant que le grand public ne l’associe à une grande marque, contrairement à Bill Gates. Enfin soit, depuis le succès des nouveaux produits à la pomme croquée à la toute fin des années 90, l’homme était reconnu, admiré, conspué, détesté, aimé, etc… Il en va des visionnaires comme des odeurs : ils ne laissent pas indifférents.

Si Mark Zuckerberg avait eu droit à son film de son vivant, Jobs aura attendu son trépas pour être honoré par le grand écran…deux fois. Mais « Jobs » ne compte pas, c’est un mauvais film déjà oublié par tout le monde. «  Steve Jobs » par contre, c’est une toute autre histoire.

Peu après la mort de Jobs, les rumeurs vont bon train sur l’apparition au cinéma d’un film sur sa vie. Très vite, deux projets concurrents voient le jour. Dont l’un devant réunir Aaron Sorkin, le scénariste de The Social Network, et David Fincher, réalisateur du film suscité. Mais la vie étant ce qu’elle est, le projet atterrira entre les mains de Danny Boyle. Capable du passable ( Trainspotting, Sunshine) comme du pire ( Slumdog millionnaire, The Beach ), Boyle est certes un plasticien intéressant mais reste un réalisateur peu ambitieux. Mais ! Mais le scénario de Sorkin est si bon qu’un chimpanzé réussirait le film. Bref, impossible de se vautrer. Mieux, Boyle se pose même quelques questions de mise en scène pour faire passer le film. Et pose une idée toute conne mais fantastique pour plonger le spectateur dans les différentes époques qui forment le film.

Le film se divise en 3 actes bien distincts. Chaque acte se déroule, en temps réel, 40 minutes avant les conférences visant à lancer des produits supervisés par Jobs. 1984,1988,1998.
84 est filmé en 16mm : le grain est énorme et donne un cachet vieillot à l’histoire.
88 est filmé en 35 mm : le grain s’estompe, la technique cinéma a évolué.
98 est filmé en numérique : l’image est lisse , propre.
Ce travail immerge le spectateur , de manière consciente ou pas , et pose tant les bases de l’époque visitée que des métaphores sur l’informatique : la technologie évolue, l’image aussi.





Dans le rôle principal, Michael Fassbender EST Steve Jobs. L’acteur est passé à côté de l’Oscar et il faut se demander pourquoi. C’est pourtant la meilleure interprétation de l’année, voire de la décennie. Il incarne et retranscrit toute la complexité d’un homme exécrable mais bon, égocentrique mais fidèle en amitié, bref, un personnage hors normes. Du pain béni pour un acteur. Un plaisir total pour le spectateur. 2 heures de film mais jamais, jamais l’impression que tant de temps ne passe : Einstein l’a dit après tout, le temps est relatif.

samedi 6 juin 2015

Hacker, de Michael Mann : le test du blu-ray.

Difficile de parler de Hacker sans parler de son réalisateur, Michael Mann.
Le grand public ne connaît pas forcément son nom (honte à lui !) mais il connait ses films, tout du Heat, le formidable thriller/film de gangsters/film policier/drame poignant (ne biffez aucune mention, elles sont toutes utiles) avec Robert de Niro et Al Pacino. Un film colossal auquel le reste de sa filmographie sera toujours comparée et rabaissée : Heat était un spectacle unique et Mann ne cherchera jamais à le refaire sous une autre forme. Ce qui frustrera souvent les personnes allant voir « un film par le réalisateur de Heat » et qui ressortiront déçu de ne pas avoir ressenti les mêmes émotions. Mais mes cocos, si vous voulez sentir Heat, revoyez Heat !
moins un :

Mais Heat est une bonne porte d’entrée pour saisir son cinéma : des personnages introspectifs saisis par des plans qui le sont tout autant, des personnages qui ont besoin de se connecter aux autres tout en étant souvent des solitaires acharnés ( tu m’étonnes que leur passe-temps soit l’introspection avec un tel caractère ) , des intrigues tentaculaires dans lesquelles les personnages vont tenter de continuer à avancer. Personnages, personnages, personnages. Voila le sujet de Mann. Le tout (en de rares exceptions près) , plongé dans une intrigue que l’on pourra de manière simplette qualifiée de policière. (Miami Vice est-il un film policier portant une grande romance ou un grand film romantique dans un univers de polar ? ). Le tout lui-même englobé dans la jungle urbaine, véritable terrain de la vie selon Mann. Et lorsque la révolution numérique débarque, Mann saisit la chose à bras le corps : voila l’outil dont il se servira désormais pour amplifier le réalisme de ses villes, et donc, en augmentant son terrain de prédilection, les tentacules de l’intrigue vont se fondre dans les rues, les ruelles et les méandres urbains. Et un univers expansé aura toujours un impact sur les personnages. Quadrature du cercle les enfants ! Revoyez Collateral, Miami Vice et Public Enemies. Jamais auparavant dans le cinéma de Mann, les héros n’avaient été à ce point impacté par leur environnement.

Les bases étant posées, attaquons-nous à son dernier film en date.
Une centrale nucléaire chinoise se voit être l’objet d’une cyber-attaque. L’homme chargé de l’enquête, Chen Dawai, un officier ayant fait ses études aux USA reconnait le code utilisé pour l’attaque. Peu après, le même code est utilisé aux Etats-Unis pour faire grimper le cours du soja à la bourse. Chen demande l’aide du FBI dans un effort conjoint pour retrouver le pirate derrière ses attaques. Pour cela, il a besoin de l’aide de sa sœur, Chen Lien ( le nom de famille passe en premier dans nombre de pays asiatiques ) petite génie en informatique et d’un détenu, Nick Hathaway. Nick accepte d’aider ce petit groupe si sa peine est commuée. Il sort de prison, escorté par un US Marshall bad-ass et de l’agente du FBI qui a réussi à le faire sortir. Très vite, ce petit monde décide que la mission est plus importante que tout, même certaines lois.





Grand film bancal ? Série B sérieusement pensée et troussée ? Difficile de qualifier Hacker de chef-d’œuvre, il est même décevant dans la filmo de Mann. Mais, est-ce pour autant un mauvais film ? Que nenni !
Tout d’abord, Mann utilise ce qui, il me semble, est une première pour lui : les séquences en pure image de synthèses. Le piratage informatique étant au centre de l’intrigue, Mann a imaginez comment rendre visuellement une telle attaque au sein d’un ordinateur : pour cela, il emprunte la technique chère à David Fincher jusque 2004 : laisser la caméra explorer tout ce qu’elle veut, même l’immensément petit, comme l’intérieur d’un circuit imprimé. Sans parole, sans indication, le spectateur assiste et comprend d’instinct que des lignes de codes sont déroutées, détournées, etc… Mine de rien, c’est simple mais qui y avait pensé avant ? La simplicité est la sophistication ultime nous disait Léonard De Vinci !

Ensuite, l’intrigue, complexe mais pas absconse, réserve sont lot de péripéties et de retournements de situation. Pourtant, les scènes d’actions sont peu nombreuses et même assez courtes. Mann s’attardant plus sur les conséquences de celles-ci ( avec une brutalité telle qu’elle est choquante : bien, le cinéma et l’art doivent choquer  et bousculer les spectateurs).



Là où le bas blesse c’est dans les caractérisations des liens entre les personnages. Si ceux-ci sont bien écrits et bien campés ( encore une fois, Chris Hemsworth prouve que non, il n’est pas que la montagne de muscle pour midinette qu’est Thor), les liens se forment trop vite entre les protagonistes , comme si il fallait absolument que certaines alliances se forment avant tel ou tel moment du chronomètre. Le script est faiblard sur ce point, quand il est fortiche sur les aspects techniques des cyber-attaques. Contrairement à son habitude, Mann n’a pas signé ou co-signé le scénario, cela explique peut-être cela.
Ensuite, la présence au générique de 4 monteurs laisse présager que Mann n’a pas eu le final cut de son film. Les ingrédients manniens étant présents dans l’histoire, on l’imagine aisément emballé par le sujet. Le studio aurait-il son mot à dire dans l’échec de certains points importants dans ce film ? Une version director’s cut serait-elle différente ? Questions probablement à jamais sans réponse.


Reste que ces défauts, mineurs, ne viennent pas vraiment gâcher le plaisir de se retrouver devant un objet filmique bien pensé, mais qui laissera sur leur faim les shootés à l’adrénaline et à la violence édulcorée mais fun. Ici, comme dans les précédents films du cinéaste, ce sont les personnages que l’on suit plus que l’action.
En résulte un rythme parfois lent, limite contemplatif mais toujours fascinant.






Au niveau du disque en lui même...
L’image de Blackhat (Hacker) n’est pas parfaite. Mais son transfert vers le format HD l’est. Michael Mann expérimente avec les caméras numériques depuis Collateral et qui dit expérimentation dit échecs. On tâtonne, on voit ce qui marche, ce qui est loupé et on progresse comme ça. Mann en est arrivé au point de savoir ce qui fonctionne mais il lui arrive encore de louper un peu le travail et donc le résultat final en pâti. Gravement ? Certes non. Et puis, la prise de risque technique est toujours à saluer. Niveau son, une drôle d’impression : si le tout est très immersif ( et la séquence avec les hélicos est impressionnante à ce niveau), les dialogues sont parfois un peu difficiles à distinguer clairement, la palme revenant aux discussions en chinois, on a la sensation que les sons sont en décalage avec la bouche ( une incongruité linguistique mais ça choque les oreilles occidentales).
Niveau bonus, c’est très peu : le film s’étant ramassé au box office, Universal n’a sans doute pas misé sur ce blu-ray commercialement. Alors pourquoi le gaver après tout ? Dommage. Même si les 40 minutes proposées ne sont pas inintéressantes.


dimanche 2 mars 2014

Gravité de la situation.

Je brûle mon oxygène à vitesse grand V.
Mon palpitant bat la chamade et mes mains viennent juste de s'arrêter de trembler.
Si j'avais vu ce film au cinéma, je ne m'en serais pas relevé.

Non, ce n'est pas une tentative ratée de haïku que vous venez de lire.
C'est mon ressentit profond et viscéral envers Gravity qui vient de sortir en blu-ray et dvd.

Souvenez-vous; dans Avatar, le personnage de Sigourney Weaver nous disait que Pandora était l’environnement le plus hostile à l’homme.

2 ans plus tard, Ridley Scott semblait nous dire que « Pas du tout, l’environnement le plus hostile c’est la lune découverte par l’équipage du Prometheus ».

Alfonso Cuarôn nous dit d’emblée dans le texte d’introduction de son film qu’il ne faut pas aller si loin : l’espace, cette ultime frontière, est le plus hostile des environnements. Et il va vous le démonter en 90 minutes montre en main !


Pour sa première mission spatiale, le Dr Ryan Stone ( Sandra Bullock ) aurait pu s’emmerder. Mais parce que les russes ont foiré la destruction d’un de leur vieux satellite, tout va s’animer. Et la propulser dans une lutte pour la survie dans un milieu froid, coupé de tout et où la technologie humaine ne demande qu’une chose : défaillir !

Avant d’aller plus avant, mettons à jour nos connaissances et concepts scientifiques. Et comme le rédacteur de cet article est mauvais en vulgarisation scientifique, ne lui en veuillez pas de nous faire un petit copier-coller pour vous expliquer le syndrome de Kessler et la gravité un peu plus loin.





Le syndrome de Kessler est « un scénario envisagé en 1978 par le consultant de la NASA Donald J. Kessler , dans lequel le volume des débris spatiaux en orbite basse atteint un seuil au-dessus duquel les objets en orbite sont fréquemment heurtés par des débris, augmentant du même coup et de façon exponentielle le nombre des débris et la probabilité des impacts. Au delà d'un certain seuil, un tel scénario rendrait quasi-impossible l'exploration spatiale et même l'utilisation des satellites artificiels pour plusieurs générations.
Le syndrome de Kessler est un exemple de réaction en chaîne. Les vitesses relatives des objets en orbite peuvent dépasser 10 km/s. Tout impact à de telles vitesses entre deux objets de taille appréciable (de quelques centimètres ou décimètres) crée un nuage de débris à trajectoires aléatoires, dispersant l'énergie cinétique de la collision, qui sont autant de projectiles susceptibles de provoquer d'autres collisions. Lors d'une collision majeure mettant en cause un gros satellite comme la station orbitale, la quantité de débris pourrait rendre les orbites basses totalement impraticables. » (merci à mes amis Wik et Pédia pour le coup de main).

On l’aura compris, cet effet est exponentiel, il grossit à chaque impact. Le premier impact envoie Ryan loin du vaisseau pouvant la ramener sur Terre (et détruit celui-ci) : dès lors, ses tentatives pour rentrer seront soumises à cet effet : le nuage de débris repasse toutes les 90 minutes, toujours plus gros s’il chope des objets au passage. Bien que pensé pour le cinéma dans sa représentation filmique, cette base de travail est réelle et pose bien les enjeux dramatiques que pourrait avoir une telle chose sur des missions spatiales.

Mais il ne faut pas attendre que les débris entrent en scène pour que le réalisateur démontre un savoir faire certain. Dès la scène d’ouverture, Cuarôn met en place l’étendue immense de son terrain de jeu , lentement d’abord avant de commencer à jouer avec sa caméra virtuelle. Ses mouvements sont gracieux et l’impression d’avoir une caméra en apesanteur au moment du tournage est bien présente.
Mais Cuarôn n’explore pas que l’extérieur : sa caméra s’autorise des entrées et des sorties dans les scaphandres au gré des respirations saccadées ou explore les couloirs exigus des stations spatiales en orbite. Le mélange est quasi parfait entre prise de vue et performance capture.
On retrouve dans les remerciements des grands noms comme Guillermo del Toro, David Fincher ou encore James Cameron, des réalisateurs ultra techniques peu avares en conseils ou anecdotes de tournages avec les collègues.





Composé en majorité de plans séquences pour appuyer l’immersion en apesanteur du spectateur, le film n’en reste pas moins scotchant et ne donne jamais la nausée comme pourrait le faire une caméra à l’épaule mal gérée par exemple.

L’immersion est aussi sonore : les seuls son que l’on percevra seront ceux perçus par les astronautes. Il n’y a pas de bruit dans l’espace : ils n’entendent que la radio dans leur casque et les coups transmis dans leur combinaison. Ainsi, le spectateur peut voir arriver certains dangers avant le personnage privé d’alerte sonore. Suspens garanti !

"Plutôt que Gravité, le film devrait s’appeler Zéro-Gravité" , a ricané sur Twitter l’astrophysicien américain Neil deGrasse Tyson, directeur du planétarium Hayden à New York. Il n’a pas tort, le film se déroule loin de la gravité terrestre. Mais alors, pourquoi ce titre ?
Et bien les scientifiques n’ont pas compris que le film ne parle pas de la zéro-gravité du tout, il s’y déroule, nuance!
La gravité, c’est la force de pesanteur. La force avec laquelle la Terre vous attire vers son centre (Newton, la pomme, tout ça...le tout est de ne pas finir en compote).
Et c’est ça le sujet du film : l’attirance du personnage pour la Terre, cette lutte pour retrouver la terre ferme de sa planète natale!

Une lutte âpre et difficile, presque une quête initiatique ultime où le doute et le renoncement côtoient l’instinct de survie poussé à son paroxysme. Le danger est là, pouvant venir de toutes parts et le spectacle offre donc peu de place pour que le spectateur respire entre deux menaces : on s’accroche à son siège pour ce tour de manège qui fait passer Space Mountain pour un carrousel rouillé et fatigué.

Pas très étonnant de voir que le personnage principal est féminin. L’imaginaire collectif associe la femme à la vie et cette vie incarnée par Sandra Bullock (étonnante dans le registre : nomination méritée aux Oscars) est entourée par la mort.



La mort qui la guette mais aussi la mort de ses compagnons de voyages, la mort d’un être cher sur Terre. Dès lors, les rares passages où elle peut encore parler sont des conversations éthérées : vers un signal radio désincarné, vers le vide en espérant qu’on la capte…
La mort est partout autour d’elle et le film se teinte d’une métaphore sur le combat éternel que l’humain mène face à cet adversaire redoutable qui finira toujours par nous rattraper mais que nous tentons de tenir à distance le plus longtemps possible.
Et dans l’espace, la course est truquée, l’adversaire est plus dopé qu’un russe à Sotchi : c’est donc le moment de démontrer l’astuce humaine et ses possibilités face aux éléments.

Un très très grand film.



[edit] le film vient de faire une razzia aux Oscars et va ressortir dans de nombreuses salles de cinéma. Je l'ai loupé à la sortie, je ne vais pas le manquer là.





mardi 28 mai 2013

Django , déchaînez-vous !

À l'occasion de sa sortie en dvd et blu-ray, retour sur le dernier film écrit et réalisé par Quentin Tarantino !

Après avoir rendu hommage à des genres qu’il pouvait transposer à l’ère actuelle, Quentin Tarantino a commencé, avec Inglorious Basterds (2009) , à s’attaquer à des films de genres complètements dépendants de l’époque à laquelle ils se déroulent. Après « le film de guerre  40-45», QT s’attaque aux westerns, qu’ils soient américains ou spaghetti al dente et bolognaises ( ah si, vu la quantité de sang dans le film, il a clairement envoyé la sauce ! )

Le Dr King Shultz, un dentiste reconverti en chasseur de primes, est à la poursuite de trois truands. Sa seule piste est un témoin : Django. Problème, Django est un esclave du sud des États-Unis quelques années avant la Guerre de Sécession. Schultz retrouve Django avant qu’il ne soit vendu et lui propose un pacte : l’aider à trouver ses cibles et il rendra sa liberté à Django. Les deux hommes se mettent donc en chasse et deviennent amis. Ils forment une équipe d’exception sur diverses missions et lorsque Django décide de retrouver sa femme de qui il a été séparé, notre ex-dentiste se joint à lui.

Un Quentin Tarantino, c’est toujours un événement en soit. Parce que l’homme a parfaitement compris les mécanismes de narration des films et qu’il possède en outre une culture cinématographique à faire pâlir d’envie n’importe quel cinéphile un tant soit peu sérieux !



Django Unchained est différent des autres films de Tarantino. En effet, si le film est encore clairement divisible en séquences, Quentin Tarantino laisse tomber son découpage sous forme de chapitres, découpage qui l’accompagne depuis ses débuts ! Sa verve et son sens des dialogues sont toujours aussi aiguisés mais les répliques cultes et les lignes d’humour fins mais à l’effet explosif ont-elles aussi disparues.  Comme si le sujet grave au centre de son film, l’esclavagisme, avait pris le pas sur le verbeux du cinéaste. Néanmoins, on parle de Tarantino et si les dialogues sont en dessous de ce à quoi il nous a habitué, nous restons quand même plusieurs crans au dessus de la concurrence !

Et ces dialogues sont joués par des acteurs très en formes. Jamie Foxx a une classe folle mais reste assez classique. C’est du côté de Christoph Waltz et de Leonardo DiCaprio qu’il faut chercher pour prendre son pied. Le premier ,en passant d’un chasseur de juifs à un chasseur de primes , reste dans le domaine de la traque d’humains mais dont les motivations sont tout à fait différentes. Doté d’un caractère affable et d’un bon fond, son personnage attire la sympathie dès les premières lignes de dialogues. DiCaprio , quant à lui, semble s’amuser comme un fou à jouer les salopards finis ! Samuel L.Jackson campe le secrétaire de DiCaprio, un esclave plus esclavagiste que le Ku Klux Klan et complètement exécrable !



Si le film souffre de quelques longueurs ( 2H43 de métrage ) , il n’en reste pas moins un très joli spectacle visuel. Outre une photo soignée, certaines images sont d’une beauté graphique étonnante  (le sang giclant dans le champ de coton, les couchers de soleil).
Le montage s’offre quelques surprises, comme un flash-back calme en pleine chevauchée (et nous valant une scène savoureuse sur les encagoulés du sud ).
La mise en scène et la réalisation sont bien entendues soignées et confèrent au film une ambiance, si pas follement originale, tout à fait palpable d’histoire tragique dont le dénouement se fera dans le sang, les larmes et la violence.




Car arrivé aux moments de bravoures, Tarantino va faire parler la poudre comme il a jadis fait parler le sabre Katana dans une scène interminable de fusillade où le rouge deviendra la couleur principale sur l’écran ! Et si les scènes de palabres sont parfois un peu longues,sa maîtrise formelle de la mise à mort est une fois de plus comparable à un opéra sanglant. Un Dies Irae monumental prenant aux tripes et qui ne vous lâchera qu’une fois la dernière note jouée !
Moins jusqu'au-boutiste dans sa démarche qu'Inglorious Basterds, Django Unchained n'en reste pas moins un bon gros morceau de cinéma qu'il serait mal avisé de dédaigné malgré ses quelques lourdeurs.


D’un point de vue technique, le blu-ray est une merveille. L’encodage est un sans faute et l’image proposée ici est un ravissement pour les rétines ! Les oreilles aussi en auront pour leur argent puisque les rendus sonores sont parfaitement rendus. Attention toutefois à ne pas pousser le volume trop loin, vos voisins pourraient appeler les flics , pensant qu’une fusillade se déroule dans votre salon. Les bonus sont par contre d’une pauvreté affligeante et on se demande bien pourquoi Tarantino n’intervient pas plus et dans plus de documentaires pour nous parler de son film et de ses influences. Une déception terrible à ce niveau !

lundi 1 avril 2013

Sûreté de l'État.


Homeland est LA série du moment . En reprenant le bon vieux truc de la chasse aux terroristes, les créateurs de la série (inspirée par une fiction israélienne, oh que j’ai du mal avec ce mot ) répondent au besoin de penser et de panser les plaies d’un pays encore hanté par le spectre du 11 septembre 2001.

Pourtant, il n’a pas fallu attendre Jack Bauer pour voir les terroristes de tous poils et de toutes obédiences ( n’en déplaisent aux bien-pensants qui n’ont vu que la moitié d’un épisode , il n’y avait pas que des islamistes musulmans dans le lot, loin de là…et j’assume mon pléonasme ) : John McClane dans les Die hard en butait déjà pas mal (oui je sais, ils avaient aussi un agenda caché autre que terroriste…mais je crois aux multiples facettes des gens ).

Mais le 11 septembre a tout changé. En laissant une plaie qui ne cicatrisera qu’en laissant une marque profonde dans la chaire de ce pays. 
Cet acte infâme a eu des conséquences dans l’écriture des séries, une telle ombre ne pouvant que toucher tout et tout le monde, même Hollywood basé sur l’autre côté des USA. 
Quand cela s’est produit, 4 épisodes de 24 (heures chrono ) avaient déjà été mis en boîte (bien que la série démarra en novembre, impossible de la lancer en septembre ). 
S’il m’est impossible de savoir quel impact cela a eu sur la première saison, sur la seconde c’est beaucoup plus simple : un leader clone de Ben Laden réussit à introduire une bombe sale (et atomique) sur le sol des USA. Le spectre de l’attaque ultime est largué aux heures de grandes écoutes.

 Les visages triomphants de l'Amérique, ça a été ça aussi. Et ça le restera.


Homeland est  lui aussi l’enfant de cette attaque. L’héroïne Carrie, est tourmentée par son incapacité à avoir empêché les attaques en 2001.Agente de terrain pour la C.I.A, elle découvre en Irak l’info qui la terrifie le plus : un soldat américain a été retourné par Abu Nazir ( un second clone de Ben Laden. Damned, je croyais que le clonage humain était impossible ). 
11 mois plus tard, le sergent Nick Brody est retrouvé dans une cache après un assaut des troupes américaines. Ce dernier, que tous croyaient mort, est resté 8 ans aux mains des islamistes. Carrie, pas parano pour un sou, pense qu’il est le fameux soldat retourné. Alors que le pays a besoin d’un héros, elle passe outre les ordres et le met sous surveillance illégale.



Avec une telle histoire, les scénaristes avaient de l’or dans les mains. Parano, faux semblants, ambiance détestable de bureau (les gars de Langley sont plus préoccupés par leur carrière que par les pistes pouvant éviter une attaque ), etc… La série, lors de ses 3 premiers épisodes, tire d’ailleurs parfaitement parti de tout ça. Mais il y a un hic. Au bout de 3 épisodes, on se rend compte qu’il y a eu autant d’avancées et de retournements de situation que dans la moitié d’un épisode de 24

Chaque personnage est  pourtant bien écrit, il y a des zones d’ombre, les acteurs sont bons. Carrie est parano mais logique. Un peu trop sans doute. Elle est aussi malade mentale : elle se fournit en lithium chez sa sœur médecin pour ne pas laisser de trace et garder son job. Son supérieur, Saul, est un vieux de la vieille qui a tout vu. Blasé mais alerte. Ils répondent tous deux aux ordres de David, arriviste mais soucieux d’empêcher son pays de sombrer. Nick Brody quant à lui, est présenté avec des failles, des traumas : il faut laisser le spectateur cogité sur son statut ou non d’agent dormant.
Mais c’est une arnaque destinée à ferrer le spectateur. La notion de suspense n'apparaît qu’aux endroits stratégiques : juste avant la pub, pour que le spectateur reste devant son écran. Ce n’est pas le pire. Brody rentre dans sa famille, retrouve ses marques avec ses enfants, sa femme ( qui s’est consolée dans les bras du meilleur ami de son mari). Un remake, pas drôle, de Desperate Housewives, au milieu d’une série à suspense. Ce cocktail , indigeste, m’avait déjà fait décrocher de The Unit.
Le tout est servi par une réalisation plan-plan, sans saveur et sans prises de risque.
Le générique, fourre-tout et vaguement conceptuel est noyé dans un jazz crispant et agressif pour les oreilles ( Carrie est fan de Jazz et le fait subir à tous et surtout à nous tout au long du show.Parfois ça passe, souvent ça casse...les pieds et les oreilles).



Mais ça ne s’arrête pas là. 
La maladie de Carrie ne sera pas exploitée avant la fin de la saison. Jamais avant cela on ne la verra vraiment montrer des signes de folie. On la sait malade mais cela arrive comme un cheveu sur la soupe. Les flashbacks et autres souvenirs de Brody , distillés au fil de la saison, n’ont aucun sens si on tente de les remettre dans leur ordre chronologique. Très vite, les scénaristes ont fait le tour du concept de base et doivent créer des tensions artificielles en se faisant croiser Carrie et Brody. Et ils ne tireront même pas profit des multiples situations que cela pouvait créer !!!!
Et quand la fin approche, ce qui était un thriller politico-paranoïaque devient peu a peu une resucée de 24 : multiples attaques, panique dans les hautes sphères du pouvoir ( 24 voyait le président être sur la brèche, ici c’est le vice-président) mais les greffes sont trop voyantes et le corps les rejette !  Le dernier épisode renoue alors avec la veine du début…mais trop tard : 4 bons épisodes, dont un dernier des plus intéressants pour la suite remarquez, ne suffissent pas à me mettre en confiance pour la suite.




Jack Bauer est bel et bien parti et les séries axées sur la lutte anti-terroriste ne semblent pas vraiment en position pour le déloger de la première place du podium ! LA meilleure série du moment ? Affirmation facile lancée par des journalistes stagiaires qui n’avaient jamais allumé un télé de leur vie…et qui a été reprise par une plèbe influençable apparemment (parce que les mêmes personnes lancent les mêmes compliments, mérités, à Game Of Thrones).

jeudi 21 mars 2013

Ne laissez pas vos ennemis s'unir.


Ressortie en blu-ray du film épique de John Woo, Les Trois Royaumes dans une jolie édition intégrale reprenant les deux montages du film. Il était temps, la première édition atteignait des prix astronomiques en seconde main.

Lors de sa sortie en Occident, ce film chinois avait été présenté dans un montage de 2H30 pour ne pas rebuter le spectateur. Hors, en Chine, ce film a été présenté en deux fois (à la manière de Kill Bill chez nous) pour atteindre une durée de près de 5h.
D’où l’émergence d’une méthodologie pour la rédaction de cette chronique : devais critiquer le film présenté chez nous où directement attaqué la version intégrale ? Et devais présenter chaque partie séparément ou comme un tout homogène ? La solution que j’ai choisie est de critiquer les deux parties en une seule fois : contrairement aux chinois, je n’ai pas attendu 6 mois entre chaque sortie, c’est donc d’un bloc que j’ai vu le film. Pas de bol, Woo a pensé son montage comme deux films se suivant mais en n’hésitant pas à leur donner une identité propre à chacun.

L’histoire est assez simple : La Chine, en 208 après J.C, est sous le contrôle de la dynastie Han. Bien qu’unis sous la bannière impériale, la Chine est divisée en trois parties. Le premier ministre Cao Cao, pour assouvir sa soif de pouvoir, convainc l’empereur que les deux autres « nations » sont en rébellion contre lui. Face à un ennemi commun, celles-ci s’allient pour ne pas tomber sous la coupe de Cao Cao. Mais ce dernier fait-il la guerre pour le pouvoir…ou pour une femme, tel un Ménélas ?




Il faut savoir que l’histoire des trois royaumes est à la base un roman classique en Asie. C’est un texte important qui est lu aussi bien en Chine qu’au Japon par exemple (et l’on connait les antagonismes qui peuvent agiter ses deux peuples). Pour le spectateur asiatique, le contexte du film est clair et lisible au premier coup d’œil ! C’est d’ailleurs sans doute pour ça que certains ont décrit ce film comme une branlette nationaliste, oubliant que ce même schéma se répète chez nous avec certains films historiques ! Mais je m’égare.
La première demi-heure est donc assez lourde : il faut identifier les protagonistes ( dont les noms sont loin d’être simple, sans compte que l’inversion prénom-nom n’arrange pas toujours les choses, du moins en V.O. Et suivre du mandarin quand on ne connaît pas la langue…faut s’accrocher aux sous-titres ! ), leur allégeance, etc…
Une fois la situation bien posée, le film gagne en fluidité : les intrigues politiques et d’alliances coulent de source et tout est clair comme de l’eau du Yang-Tsé ( du moins à l’époque, de nos jours, c’est plus le Gange que le Yang-Tsé) ! Et le tout est saupoudré d’amour et d’humour sans en faire trop ni être gnangnan !


Comme il s’agit d’un récit que l’on pourrait qualifier de « mythologique », certains éléments sont un peu capilotractés , comme le fait de tenir une conversation par cithare interposée ou encore de voir des héros  accomplir des prouesses physiques au-delà de la vraisemblance (ce que Wolfgang Petersen avait choisi d’effacer de Troie, pour le meilleur ou le pire selon votre degré d'appartenance aux puristes.Tentez d'ailleurs la version longue de ce péplum dont les ajouts, conséquents, pourraient vous faire voir le film d'une autre façon, tout comme le Alexander d'Oliver Stone ) : quand un personnage est réputé valoir 100 hommes, attendez vous à le voir dézinguer 100 gugusses facilement (même si cela se résume à un combat mano a mano avec les 99 autres qui exécutent une danse vaguement menaçante en attendant leur tour ).

Cette esbroufe visuelle n’empêche pas John Woo de mettre en œuvre des scènes plus réalistes, d’une rigueur militaire millimétrée et ce sans jamais se répéter dans sa manière de faire : que la  bataille soit rangée grâce à une formation inhabituelle, totale lors de l’assaut final ou encore navale lors d’une séquence anthologique, Woo ne sacrifie pas aux effets faciles.Oh il y aura bien des ralentis ( qui sont sa marque de fabrique, revoyez Volte/Face ) ou des zooms avant et arrière rapides ( mais cela reste un artifice de la grammaire cinématographique asiatique, il convient donc de ne pas trop l’analyser à l’occidentale) mais rien de vraiment dérangeant. Il livre d’ailleurs des images époustouflantes tant dans la barbarie guerrière que dans le calme de la vie privée des protagonistes : le sens du cadrage et de la mise en image est assez poussé, le tout rehaussé par une photo somptueuse qui offre des contrastes flatteurs pour l’œil !





Bien entendu, notre organe visuel ne pourrait en prendre autant dans la vue ( si j’ose dire ) sans une reproduction de qualité : les costumes et les décors (naturels ou non ) ont été soignés dans les moindres recoins. Un enchantement de tous les instants ! On sent où l’argent est passé !





Comme je le disais plus haut, Woo a donné une identité propre à ses deux parties. Rien de vraiment grave, juste quelques petites chipoteries (mais j’aime bien chipoter, je pense que ça se sait depuis le temps).
Ainsi, le premier film s’ouvre sur un générique en CGI lorsque le second voit son générique inclus à même les séquences filmées.
Lors du premier film, le montage utilise souvent la technique du fondu pour passer à une autre scène quand le second simule que l’image est une feuille de papier que se déchire. C’est aussi dans le second film que l’on retrouvera certaines idées de montages plus ébouriffantes mais très soignées (comme cet écran splitté car il suit la volée de plusieurs flèches tirées en même temps !).


Au final, pour peu que la façon de faire des asiatiques ne vous dérange pas, Les Trois Royaumes est une grande fresque guerrière qui ne pèse jamais sa longueur de 5 heures et dont l’aspect plus exotique permet non seulement de voyager dans le temps mais aussi dans un monde qui nous est moins familier (et donc plus intrigant). Vivement conseillé !

mardi 7 août 2012

Touché-coulé !

J'avoue avoir loupé ( à desseins ) le film "Battleship" en salle. Je ne regrette pas de n'avoir pas mis un cent dans cette bouse qu'il m'a été donné de voir il y a peu en blu-ray (mais ouf, gratuitement ! ).


Il existe un endroit pur et merveilleux qu'on appelle "Amérique" .
Cet endroit est le plus beau, le plus libre de tous et ne veut que faire profiter au monde de son exemple et de son mode de vie exceptionnel.
Un endroit accueillant, entièrement bâti par des immigrants étrangers à cette bonne terre, venus là-bas pour trouver et construire un monde meilleur et tolérant ( et buter quelques Indiens au passage. Mais que faisaient ces peaux-rouges sur des terres appartenant de droit aux blancs ? Hein ? Je vous le demande ! ).
Alors,lorsque des extra-terrestres débarquent pour la toute 1re fois dans ce pays de Bisounours bien veillant, la première réaction des autochtones est : " Mitraillez-moi cette vermine alien boys ! On a loupé le coup avec les Irlandais, on ratera pas la tronche des ces horreurs spatiales ! Et je parie que ce sont des rouquemoutes aussi !!! " .

"Battleship" est un film encore moins subtil que ce que vous venez de lire à l'instant. Dénué de tout second degré, d'humour volontaire ( et involontaire,1ere raison qui l'empêche d'être un nanar,parce qu'un nanar c'est marrant pris sous un certain angle ), d'ambition cinématographique, j'en passe et des meilleures (enfin…des pires). Bourré de clichés tellement énormes qu'on les voit arriver plus vite que Superman lancé au maximum de ses capacités, "Battleship" est une grosse machine Hollywoodienne (2me raison qui l'empêche d'être un nanar : son budget ) dédié à la gloire des forces militaires américaines, qu'elles soient passées, présentes ou handicapées. Si vous êtes un américain et avez porté l'uniforme, alors vous êtes un super-héros immortel au cœur pur, enclin au sacrifice de votre vie ( que vous faites semblant de risquer : vous êtes immortel ! ) pour sauver le monde…mais un petit cœur pur parce qu'une fois la fin du film venue, vous préférez faire la fête, sauter votre copine et oublier tous vos potes morts au combat ( s'ils sont morts c'est qu'ils ne devaient pas être américains, portoricains à la rigueur, peut-être même des réfugiés cubains… ou ne pas aimer les cheeseburgers et les cookies de mommy et daddy!).





Et ça c'est pour le fond…pour la forme j'en frissonne encore d'effroi : une réalisation lourde et pataude, une photo anxiogène tellement elle est moche (on a l'impression que la sueur a imprégné la pellicule ) et des personnages cons comme leurs pieds (oui parce qu'à ce niveau, je considère que mes pieds sont plus intelligents qu'eux).Le réalisateur Peter Berg a pillé la filmographie de Michael Bay ( allez, retrouvez-moi tout ce qui sort de : "Pearl Harbor" ,"Armageddon" et tous les "Transformers" ) mais en excluant la recherche de sens visuel ( sans doute parce qu'il est un acteur à la carrière ratée avant d'être réalisateur ) et la notion d'implication empathique que le spectateur doit ressentir. Il a même été jusqu'à engager le compositeur de Michael Bay , Steve Jabslonsky, qui livre sa pire partition après les pourtant ensorcelantes mélodies composées par ses soins pour la trilogie "Transformers".Mais comment être inspiré quand ce qu'il faut mettre en musique ne peut qu'évoquer une envie de vomir ou de mettre son cerveau tellement en mode "OFF" que l'on risque un coma sans retour ?

Si le film s'inspire de "Touché-Coulé (ou la "Bataille navale" selon les souvenirs que vous en avez) ", je vous suggère de jouer à un autre jeu avec ce blu-ray : "Cache-cache" ! Ne le laissez jamais trouver l'entrée de votre lecteur !

jeudi 28 avril 2011

An epic tale of epicness.

Attention bombe-ovni-délire cinématographique à l'horizon ! Scott Pilgrim VS The World est un bijou qu'il serait malavisé de louper ! Edgar Wright, le réalisateur des excellents Shaun of the dead et Hot Fuzz, adapte ici une bd déjantée en un film déjanté (et sous acide et coke, vu le rythme et les images surréalistes !).

Scott est un gentil loser de 22 ans. Il vit avec son meilleur ami gay, sort avec une lycéenne de 17 ans , Knives Chau,et joue dans un groupe de rock, les SexBob-omb. Mais un jour, Scott croise la fille de ses rêves (littéralement !! ) : Ramona Flowers. Mais très vite il découvre que pour sortir avec l'élue de son cœur, il va devoir combattre et défaire les 7 ex maléfiques de la belle !

Oui je vous l'ai dit c'est déjanté ! En deux heures, Wright filme Scott batailler pour obtenir un rendez-vous , batailler pour sa vie et sa belle et batailler pour que sa vie privée ne parte pas en sucette (rappelons pour ceux qui ont déjà oublié que Scott sort déjà avec quelqu'un !! ). Si les incrustations d'onomatopées apparaissent dès le début du film, il faut attendre que le premier adversaire maléfique apparaisse pour que ça parte dans tous les sens ! Et quand je dis tous les sens je pèse mes mots. Voici la liste non-exhaustive des références de l'œuvre : les jeux vidéos de combat, le rock, les films bollywoodiens, les mangas, le monde des acteurs,Seinfeld ,les jeux de rôles, les films tirés de comics ( Chris Evans et Brandon Routh jouent des ex maléfiques, et c'est le pied de voir Scott foutre la branlée à La Torche,Captain America et Superman dans le même film) et j'en passe et des meilleurs.

Un joyeux bordel que peu aurait su filmer pour en tirer un film cohérent à l'humour (aux humours !) ravageur(s) ! Car en plus d'être un roi de l'action (Hot Fuzz l'a démontré), Edgar Wright est le roi du timing qui fait mouche ( la scène de la fenêtre parle pour lui, un timing parfait et l'envie de se la repasser de suite). Je vais arrêter de me répandre en compliment sur le film en lui-même et continuer en parlant du blu-ray. Un disque à la définition impeccable qui est un vrai régal pour les yeux et qui rend justice à un délire visuel épatant qui joue aussi avec les codes de l'image (le film est en 16/9 mais passe souvent au cinémascope pour créer un effet, et je me demande d'ailleurs comment cela était géré en salle de cinéma).