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lundi 2 octobre 2017

Espérer le soleil.

Quand on pense science-fiction, fantastique, fantasy, ce sont bien souvent des auteurs anglo-saxons
qui nous viennent en tête. La production anglophone de récits de ces genres est si énorme que peu seraient sans doute capables de citer des romanciers francophones. Pourtant, il serait mensonger de comparer la France et la Belgique à leur production cinéma. Au niveau de l’écriture, nos pays abritent des talents capables de rivaliser avec nos cousins d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Citons Émilie Ansciaux, Alex Nikolavitch , Pierre Pevel, Xavier Mauméjean, Thomas Day et Nelly Chadour donc, qui nous occupera le temps de cette critique.

1951. Staline a dévasté l’Europe par le feu nucléaire. L’hiver infernal et radioactif qui s’est installé sur le monde a caché le soleil.
Alors la neige est grise, l’humeur vire au noir à Londres où de l’horreur ayant mis fin à la guerre ont surgit des hordes de créatures démoniaques. Les Rôdeurs ont infesté les souterrains. Des vampires bas de gamme en comparaison de Vassilissa, une vampire russe plusieurs fois centenaire inféodée à l’armée anglaise. (Ça vous fait penser à Alucard dans le manga Hellsing ? Il y a de ça mais la russe est un tout autre animal !)
Alors que des enfants disparaissent, la police lance Vassilissa sur les traces du coupable avant que les tensions communautaires ne ravagent la ville. C’est dans cette ambiance cendreuse qu’Arthur, reporter-photographe américain fera la connaissance de Gwen, pauvre petite fille riche et de Satinder, jeune sikhe dont les petits frères ont disparu. C’est également dans cette bonne vieille capitale de la perfide Albion qu’il retrouvera James Hawkins, chef de la pègre et vieille connaissance.

Le mélange des genres, c’est super. Une fois mixés et incorporés les uns aux autres, il est parfois difficile de placer une histoire dans une case précise. Oh certes, on peut sentir bien souvent un courant dominant mais lui seul ne peut définir l’œuvre. Uchronie, fantastique, urban fantasy, horreur même , se côtoient en un joyeux tour de montagnes…russes, bien évidemment. Pourtant, le train sur le départ semble un peu lent. Chadour va tout d’abord poser ses personnages principaux et malheureusement, l’amateur de vampire déchante un peu quand il comprend (bien trop vite) que l’accent ne sera pas forcément mis sur Vassilissa. Passés cette petite frustration  et la mise en place de l’échiquier, ça y est , la chenille peut démarrer.

Dotée d’un style sans fioriture mais néanmoins travaillé pour ne pas être épuré, Nelly Chadour nous entraine dans un monde ravagé parfois autant que les vies de ses personnages. Généreuse, elle ne prive pas son lecteur de surprise et il serait mensonger de parler ici de roman de vampire car le suceur de sang est un élément fantastique parmi quelques autres dont je vous laisse la surprise.  Si certains aspects fleurent la série B décomplexée mais pêchue, c’est surtout dans les moments d’angoisses et d’explorations psychologiques que l’auteure est la plus forte. Aucun personnage ne sonne creux, car aucun ne l’est. Leurs passés ont marqué leurs psychés, leurs chairs et leurs parcours. Très vite ils existent pleinement pour le lecteur.

L’auteure s’amuse (et nous avec ) en jouant avec les codes et les connaissances populaires sur certains sujets pour les tordre ou en faire quelque chose de neufs. Tous ces éléments profitent à une intrigue qui, une fois sur orbite, ne s’arrête plus avant un grand final tant épique sanglant que cathartique. Une agréable découverte qui ne renouvelle aucun des genres auxquelles elle appartient mais qui se tient, nous tient et fait rimer efficacité narrative avec réel talent d’écrivain ( non, les deux ne vont pas forcément de paire : regarder Da Vinci Code, difficile de lâcher le livre et pourtant au final, c’est pas jojo ) : ça se pose quand il faut, ça hémoglobine , ça brûle , ça surprend et au final, c’est qu’on referait bien un tour dans ce wagon d’Halloween-Land lancé un soir de vendredi 13.

vendredi 29 septembre 2017

"Ghost in the Shell, la saga cyberpunk décryptée" ou " Les androïdes rêvent-ils de se faire pigeonner?"

2017 aura été l’année Ghost in The Shell : un film hollywoodien à gros budget et grand spectacle, l’édition de la série Arise, la ré-édition perfect des divers mangas et la sortie , enfin ( !!!!) en blu-ray de la longue série Stand Alone Complex.

C’est donc avec une certaine joie que fut accueillie l’annonce d’un ouvrage édité conjointement par Huginn&Muninn ( gros éditeurs de beaux livres sur la pop-culture ) et Kana, la branche manga des éditions Dargaud.

Débarque donc sous une couverture à jaquette du plus bel effet Ghost in the shell, la saga cyberpunk décryptée!Un sujet vaste , une promesse colossale.
Mais une promesse électorale tant le titre de l’ouvrage tient d’un mensonge que ne renierait pas 99% de nos élus.

Premier indice qui devrait mettre la puce à l’oreille : l’épaisseur.
160 pages pour décortiquer un corpus de 600 pages et plus de 30 heures d’adaptations cinématographiques et télévisuelles, ça semble plus mince que Kate Moss après avoir perdu un os.

Et en effet, à la lecture, c’est la débandade. Ghost in the shell est une œuvre culte et visionnaire qui aborde des notions aussi passionnantes que l’évolution technologique de pointe : le cyber-espace, les prothèses cybernétiques, ce qui reste d’humain en nous une fois que l’on accepte de petit à petit céder aux sirènes de devenir un cyborg, les I.A , l’évolution politique mondiale, etc…

Les premières annonces sur les sites spécialisés semblaient promettre un ouvrage maousse costaud.Comptez une épaisseur d'un tiers par rapport à cette image.

Et que retrouve-t-on dans ce livre supposé être un hommage à un tel monument ?
Un résumé plus ou moins détaillé des œuvres animées, quelques croquis éparpillés, beaucoup d’images provenant des dessins-animés et deux malheureuses interviews croisées , l’une consacrée aux deux actrices ayant doublé vocalement le major Mokoto Kusanagi et une autre des réalisateurs ayant officié sur les trois déclinaisons japonaises du manga.
Des interviews peu intéressantes tant tout le monde semble vouloir dire du bien de son collègue et se tirer la nouille allègrement dans un bel exercice de langue de bois promotionnel comme le cinéma ultra-commercial aime le faire dans les making-of au rabais inclus dans les bonus blu-ray du premier film venu.

Aucune analyse , je dis bien, aucune, n’est présentée, développée, proposée !
Le titre est donc bel et bien mensonger, rien n’est décrypté à part peut-être certains aspects visuels ( le look de certains personnage et l’architecture…mais le tout reste très à la surface des choses, des choses que le spectateur avait déjà compris à la vision de l’ensemble ).

Le manga de Shirow Masamune est à peine évoqué alors qu’il est à la base de tout.
Kana n'avait les droits que de l'adaptation du premier film en manga, c'est en effet Glénat qui s'occupe de la VF du manga d'origine. Le fait que cet éditeur ne soit pas associé au projet était une puce supplémentaire à notre oreille, un murmure que notre ghost n'a pas senti assez tôt.







Il s'agit en fait de la traduction du livre japonais Ghost in the Shell Perfect Book 1995-2017 , un ouvrage que l'on imagine bien avoir été pensé pour être réalisé en vitesse pour surfer sur la sortie du film de Ruppert Sanders.




Au mieux, le livre est un guide officiel couvrant les dessins-animés, listant les épisodes, proposant des résumés plus ou moins détaillés ( la série Stand Alone Complex se contentant d’en rester à des résumés type Télé 7 Jours car il manquait vraisemblablement de la place pour détailler l’ensemble de la série ) et présentant encore et encore les mêmes personnages dont les déclinaisons d’une œuvre à l’autre sont identiques à 99% ! Du remplissage pur et simple.




Pour décrypter et analyser Ghost In The Shell, chose que la couverture promet , ce livre est aussi utile qu’une valise sans poignée.
Une arnaque pure et simple qui aurait au moins pu avoir la décence de proposer un bon de réduction pour une crème contre les hémorroïdes qui ne manqueront pas de fleurir sur le derrière des pigeons qui se feront avoir par une cover aguicheuse et leur sentiment d’amour pour une saga riche, complexe et tentaculaire, au moment de refermer ce semi-art book bien pauvre au demeurant.
35€ pour ça, ça fait mal au cul !

vendredi 3 février 2017

Cinéma de Minuit

Scott Macgrath est journaliste.
Son boulot lui a fait perdre crédibilité et mariage alors qu’il enquêtait sur Stanislas Cordova, réalisateur mystérieux vivant dans le plus grand secret et dont la filmographie déchaîne les passions de par ses thèmes et sa cryptique symbolique. Cordova, c'est Kubrick qui aurait eu un enfant avec David Lynch et David Cronenberg tout en étant le modèle jamais vaguement atteint d'Eli Roth tendance snuff. 
Macgrath n’a aucune raison de se relancer dans une chasse au Cordova,mais lorsque Ashely, la fille du réalisateur, est retrouvée morte (suicide) , Scott va tenter de retracer le parcours de la jeune fille …et ressortir ses vieux dossiers.
Avec l’aide de deux pré-paumés ayant vu Ashley peu avant le drame ( Nora , hôtesse de vestiaire , et Hopper, petit dealer ), Scott remonte la piste d’un gibier étrange, maître de la manipulation , et s’enfonce peu à peu dans l’univers underground vouant un culte à l’œuvre de Cordova…et à sa fille, enfant prodige ayant peut-être trop de dons pour que cela soit honnête, ou naturel...

J’avais déjà dit tout le bien que je pensais de Marisha Pessl, je reconfirme mes dires.
Alors que nous l’avions laissée écrivant à la place d’une jeune fille de 18 ans, nous la retrouvons nous narrer l’histoire à la première personne d’un homme d’âge mûr. Grand écart total qui démontre la versatilité stylistique de l’auteur.
Plus brut mais pourtant toujours délicatement ciselé pour se lire comme on boirait un doux sirop , la narration du roman garde l’empreinte Pessl : des tonnes de références culturelles – moins nombreuses que dans La physique des catastrophes, Macgrath ne jouant jamais les puits de science pompeux et insupportable -  et un amour du cinéma indéniable ( le personnage de Hanna, dans le roman précédent, était professeur de cinéma, rappelons-le. Et ce n'est pas le seul thème qui sera ici récupéré, sous d'autres angles ).

Marisha Pessl crée une ambiance de polar pour bifurquer petit à petit vers le film d’horreur psychologique. Plus les personnages progressent dans le monde de Cordova, plus ils en saisissent le sens, les sens ou l’essence, plus l’ambiance « Twin Peaks aux frontières du réel » se resserre sur eux, tel un étau noir prêt à broyer leurs âmes,leurs corps et leurs cœurs. 
On avale tout ce que l’auteur raconte tant elle aura passer son temps à nous faire entrer dans la tête de Macgrath (le narrateur) , très rationnel... donc quand il flippe, on a tendance à flipper aussi, et Pessl a tendance à lâcher une bonne info au bon moment pour créer un effet qui telle une vaguelette avec de l’ambition finit par se muer en vague littéraire puissante et accrocheuse.

Pour donner corps à ce « journal de bord » du personnage principal, l’auteure inclut photographies, coupures de presses et captures d’écran de divers sites « cordovistes » sur le dark web. Le procédé n’est pas nouveau mais il est extrêmement poussé et réfléchi, impliquant et immergeant le lecteur au fil des pages dans un univers où les repères se brouillent aussi vite qu’un projecteur mal réglé ! Même de fausses affiches des films de Cordova ont été réalisées et publiées sur le sit web de Marisha Pessl.
En convoquant les codes et conventions des genres les plus noires de la littérature et du cinéma , Pessl convoque notre mémoire culturelle et installe des conditions optimales pour nous agripper.
Comment, déjà, ne pas penser à Citizen Kane , ce film immense qui retrace la vie d’un millionnaire aux dernières paroles empreinte de mystère ?






Intérieur Nuit est un chef-d’œuvre. Les amoureux de cinéma s’y retrouveront, les adorateurs de la littérature seront séduits par un style qui n’a rien à envier aux maîtres du genre tout en restant immédiatement reconnaissable par les fans du premier roman de Pessl. Un coup de poing dans l’estomac de plus de 700 pages qui, à l’image des films de Cordova, recèlent plus de mystères que ce que le texte nous offre.
Un chef-d’œuvre vous dis-je !

samedi 24 septembre 2016

Une sacrée putain de fête à la saucisse.

Le projet théâtral ClicKlick est une expérience basée sur le fait de faire jouer acteurs wallons et flamands sur des textes bilingues, les traductions nécessaires étant  projetées sur un écran noir au fond de la scène pour que le public suive.


Une sacrée putain de fête est donc un projet bilingue, joué à Bruxelles en Mai, au PBA de Charerloi en cette fin Septembre et sera encore programmée à Mouscron en Décembre.
Si l'initiative de proposer une pièce loin des clivages linguistiques du pays est louable et mérite plus que du soutien , il en va autrement de la pièce en elle-même.

Décryptage d'un désastre.

Une petite discothèque, la fête est finie, quelques invités sont encore là.Des piques-assiettes aussi.
Des amis, des ennemis, des couples et des anciens couples au bord de l'explosion. Ça discute, ça danse, ça se pelote, ça baise (et pas dans un coin, non , devant tout le monde : âge de pierre t'avons-nous quitté un jour ? ) , ça branle des queues de billard devant une danseuse (et on est loin du Showgirls de Paul Verhoeven et c'est encore moins drôle involontairement que le navet avec Demi Moore). Malaise.

Ça se menace aussi entre amis, ça se reluque et ça cause pédophilie l'air de rien parce que bon, ça serait moche de dénoncer un voisin , ça casserait l'ambiance pas vrai ? (je ne veux plus que ma fille joue chez toi.Voila ce qui sera dit. Les filles des autres voisin, ça ne compte sans doute pas. Chacun sa merde, sauvons MA gueule et les autres on s'en fout). Ça file la gerbe, tout simplement..
C'est un peu comme si les frères Dardenne écrivaient Strip-tease (ah, on me dit dans l'oreillette que c'est pourtant typiquement leur niveau ça ), sauf qu'eux sont plus méchants et condescendants (dans leurs œuvres, je ne les connais pas personnellement ) que la défunte émission de télévision dont personne ne pleure la mort. Pas même les sous-humains qui en furent les "héros" .

Tirons notre chapeau à la majorité des acteurs qui ont su trouver  en eux de quoi interpréter le néant de personnage aux existences plébéiennes crasseuses, des barakis de bas-étages pour la plupart, rappelant plus des insectes grouillant que des êtres humains ( revoyez le début du film Idiocracy , un baraki c'est pire encore, pour situer le niveau à mes lecteurs français).
Polanski avait le Bal des Vampires, nous voila dans le bal des dégénérés. Des personnages ayant en eux l'ADN de donner en deux générations la famille de la série de films La colline a des yeux et pour qui le summum de l'éducation et de la fierté doit être de savoir épeler "chômage" sans faute d'orthographe.


Tranche de vie, tranche de vide,art comptant pour rien, la pièce n'a pas vraiment de début et la fin arrive sans prévenir car elle ne possède aucune progression dramatique, aucune. Plongé in media res,le spectateur devient le témoin-voyeur de cette heure dans la vie de protagonistes dont Hannibal Lecter ne voudrait même pas comme victimes au rabais alors qu'il crèverait la dalle.
Telle Elsa de La Reine des Neiges, les tracas des personnes nous laissent plus que froids, carrément congelés. L'autre point commun avec ce classique récent du studio Disney, c'est qu'on ressort de là libéré, délivré...et délesté du  prix d'un billet que l'on pouvait investir dans quelque chose de plus consistant et intéressant, comme une saloperie de burger de fast-food en passe d'être fermé par l'inspection alimentaire par exemple.

Une sacrée putain de merde à qui il ne faut nier le mérite de nous rappeler que ces gens-là, comme disait Brel, sont la majorité de la population et que c'est probablement cette image de l'humanité qui sera la dernière que le cosmos contemplera. Une pièce qui me donne envie de voter à droite, voire à l'extrême, personnellement ça me fait vomir. Je préfère encore croire naïvement, comme un beau con, que nous avons de l'avenir. Je me trompe, mais je m'en fous, voila mon opium.

C'était la dernière représentation, la brasserie du PBA était ouverte, la soirée post-sacrée putain de fête était bien plus sympa. Pas préparée et pourtant d'un tel autre niveau.


https://vimeo.com/166420477 (pour un aperçu et quelques infos en plus).

dimanche 11 septembre 2016

Une saison en enfer.

Premier sang, roman de David Morell écrit en 1972, est ressorti il y a quelques petites années dans nos vertes contrées. L’occasion de revenir sur un roman qui aura marqué les esprits de tous, même ceux qui ne l’ont pas lu.

Années 70. Un jeune homme, cheveux longs, l’air étrange, erre dans l’Amérique profonde et rurale. Le shérif du coin, Teasle , ne voulant pas d’un « hippie » dans son patelin,  lui offre un burger et un aller simple en voiture vers la sortie de la ville. Mais le gamin décide de revenir et le shérif l’embarque, le fait coffrer pour vagabondage et l’enferme dans la petite prison de la ville, espérant que le traitement le fera partir une fois remis dehors. Mais le gamin n’est pas n’importe qui. Il est revenu du Vietnam avec ce que l’on appellerait de nos jours un stress post-traumatique…Et lorsque Teasle décide de lui couper les cheveux pour éviter des soucis sanitaires, la vue des ciseaux rend le môme complètement fou. Il s’échappe en tuant un des adjoints et se lance dans une fuite vers les montagnes et la forêt. Une traque sanglante se met en place.
Mais qui est le chasseur, qui est le gibier ?

David Morell est canadien. Il fait des études de lettres américaines et décide d’écrire son premier roman en se basant sur un traumatisme qui aujourd’hui encore est peut-être la raison de la folie totale des USA : la perte de la guerre du Vietnam. Un sujet toujours sensible au pays de l’Oncle Sam, alors imaginez lors des années ayant directement suivi la débâcle.

Morell livre un récit tenant autant du duel psychologique que physique. Le gamin est un ancien béret vert, Teasle un vétéran de la Guerre de Corée. Tous les deux sont décorés de prestigieuses décorations mais chacun représente un type de soldats revenus à la vie civile de manière différente. Si les troupes qui ont servi en Corée ont vite retrouvé un emploi (économie plus douce à cette époque ), il en va du contraire pour les soldats revenus du Nam , dont beaucoup étaient mal vus en raison du caractère impopulaire qu’a pris le conflit en cours de route. Ils sont revenus non pas en héros mais souvent comme des « collabos » du gouvernement va-t-en-guerre.

Pour éviter tout manichéisme, Morell alterne les chapitres selon le point de vue du gamin et celui du Shérif. Plus le temps passe et plus le lecteur est immergé dans leurs psychologies respectives, floutant la barrière entre le tort et la raison. Difficile de ne pas comprendre les raisons de l’un et de l’autre, de sympathiser avec leurs vies cassées. En filigranes, on pourra y voir un affrontement entre les partisans de la guerre et les autres, mais plus profondément, c’est presque une dispute familiale terrible que se joue : Teasle pouvant être une figure paternelle pour le petit, lui dont la femme l’a quitté car elle ne voulait pas d’enfants.

Dans cette traque sauvage et furieuse, le lecteur devient prisonnier d’une écriture sèche, sans fioriture et terriblement prenante.Plus le duel avance, et plus la certitude que rien ne se terminera bien s’impose. Mais impossible de ne pas aller jusqu’au bout de la nuit , jusqu’au bout de l’horreur de voir ce qui se passe quand le produit d’exportation number one des USA, la guerre, revient au pays sans être capable de changer sa nature. Un roman prenant, peut-être pas aussi dur qu’il aurait pû/dû être ( c’est un premier roman après tout, mais des premiers comme ça, je veux bien en lire des dizaines) mais qui hante l’esprit après la dernière page.

Je me rends compte que je n’ai pas nommé le gamin le long de cette critique. Son nom, vous le connaissez mais vous l’associez à une image d’Epinal : Rambo.

mardi 16 août 2016

Huis - clos.

Michelle quitte son appartement précipitamment et roule toute la nuit. Malheureusement, un
chauffard la percute et sa voiture termine sa course dans un ravin. Elle se réveille sur un matelas, une attelle au genou et enchaînée au mur. Son «  geôlier » , Howard, lui affirme qu’il l’a récupérée dans l’épave du véhicule et qu’elle est maintenant enfermée dans un bunker de survie, une attaque de nature indéterminée ayant frappé le monde. L’autre homme habitant cet endroit enterré se nomme Emmet et confirme à Michelle l’histoire d’Howard. Ne croyant absolument pas ce qu’on lui raconte, Michelle décide de s’échapper…

10 Cloverfield Lane n’est pas à proprement parler une suite de Cloverfield, mais il en partage une partie de l’ADN selon son producteur J.J Abrams.
Il partage aussi une partie de son pitch avec l’histoire de bande-dessinée « Protège-moi (Shelter Me) » parue dans le magazine Métal Hurlant.
Mais le traitement sera tout autre.
Tourné dans le pus grand secret pour surprendre le public , 10 Cloverfiel Lane débarque donc presque à l’improviste dans une année cinéma assez molle. En grande partie pour nous secouer !

Le réalisateur Dan Trachtenberg signe ici son premier long-métrage après avoir réalisé quelques épisodes de séries télévisées ( comme le producteur J.J Abrams avant lui…ou encore un certain Steven Spielberg, grande influence de Abrams himself).
Trachtenberg ne révolutionne pas la façon de filmer mais jamais il ne lasse le spectateur malgré l’unité unique de lieu, un bunker sous terre à peine plus grand qu’un appartement moyen et un casting très réduit , 3 acteurs plus la voix de Bradley Cooper ( l'acteur ayant travaillé un moment avec J.J Abrams quand ce dernier se consacrait à sa série Alias).
Le montage est nerveux, énergique mais sans effet de style clipesque ou facile. Le scénario relance d’ailleurs la machine toutes les 10 minutes sur les 100 minutes que dure le film. Impossible de s’ennuyer : la tension, le suspense et un peu d’action font monter crescendo le stress du spectateur jusqu’au final qui , s’il ne lie pas le film à Cloverfield, a bel et bien un lien de sang avec le genre auquel le film de Matt Reeves appartenait.




Howard est incarné par la légende John Goodman. Cet immense acteur ( dans plusieurs sens du terme ) passe en quelques secondes d’un personnage flippant à une personne attentionnée mais dérangée. Le public ne sait sur quel pied danser avec lui, ce qui le force à rester en alerte durant toute la projection. Quand écriture et interprétation sont au diapason, le résultat est toujours brillant.
Mary Elizabeth Winstead incarne une Michelle volontaire et prête à tout pour se sortir de la gueule du loup. Son personnage, pourtant vite catalogué comme une lâche qui fuit au premier petit pépin va devoir trouver une nouvelle force en elle jusqu’à se transformer entièrement. Winstead se hisse alors sans soucis au niveau des Ellen Ripley et autres Sarah Connor. Tout le film se déroule de son point de vue, on ne la quitte jamais et on s’attache à elle autant que l’on s’interroge : aurait-on le cran que montre son personnage pour s’en sortir ?






Série B de luxe qui démontre, par son sens du rythme et sa réalisation faisant monter la tension minute par minute, que le temps est effectivement relatif (le film file à une vitesse folle ), 10 Cloverfield Lane est assurément un spectacle ébouriffant plus que conseillé.

mercredi 24 décembre 2014

Avoir les crocs.

Ici s'achève la trilogie du Dernier Loup-garou.

Jake Marlowe n'est plus, Tallulla a donné naissance.
Vie, mort. Un cycle éternel. Comme celui de l'amour et de la guerre.


La guerre : l'Église Catholique ( la plus grande génocidaire de l'histoire religieuse ) a trouvé un moyen de se réapproprier le pouvoir spirituel en devenant le premier culte à divulguer publiquement l'existence des vampires et des garous mais aussi en devenant le premier culte à leur faire la chasse dans le monde moderne. Se présenter en sauveur a toujours été leur crédo, et quand les gens n'en ont rien à foutre d'être sauvés de leurs péchés, sauvons-les de monstres plus frappants.
L'amour ensuite : Remshi, le plus vieux des vampires, se remémorent sa dernière maîtresse, morte il y a des milliers d'années. Hors, Tallulla pourrait en être la réincarnation ( la phrase vous fait rire ? lui aussi).  Tallulla, elle, se détache de son amant, Walker et rêve de Remshi dans des songes interdits aux moins de 18 ans.

Glen Duncan change sa façon de raconter ses histoires avec ce dernier tome : fini la narration à un narrateur : place à plusieurs. L'auteur avait déjà prouvé qu'il savait passer avec aisance d'un personnage à un autre ( en changeant la façon de s'exprimer, de penser, les références littéraires ou culturelles, etc…une sacrée plume ! ) et Rites de sang le prouve souvent : au moins 4 narrateurs nous livrent cette histoire qui semble décousue et qui, pourtant, ne peut que mener au dénouement…que l'on attendait pas forcément d'ailleurs.

Hélais, la sauce ne prend plus aussi bien que la dernière fois. La faute à qui ? Pas celle de l'auteur en tous cas…C'est ce que j'appelle l'effet Retour Du Jedi.
La magie et l'émerveillement sont toujours là, ils sont toujours palpables : mais si les premiers tours nous voyaient spectateurs, le dernier – de par notre curiosité, notre esprit – nous voit être devenu disciple : nous avons assimilé la magie, comprit instinctivement comment elle fonctionne; et si nous ne savons pas l'utiliser, nous discernons sa divine mécanique. Cela impacte notre vision de l'œuvre, la rendant moins percutante subjectivement alors que le boulot est objectivement toujours aussi dantesque, si pas plus.

Car la plume habille, la culture générale imposante ( lisez avec un dictionnaire encyclopédique à vos côtés : on apprend des choses , c'est génial ! ), la patte de Duncan est là et toujours là. (et les lecteurs de la Tour Sombre de Stephen King devraient être contents de retrouver un certain poème classique et épique dans ces pages).

Ici s'achève la trilogie du Dernier Loup-garou.
Mais Jake était le dernier, les autres sont là. Et la vie étant un cycle, rien ne dit que Tallula ne nous reviendra pas.

lundi 6 octobre 2014

Dracula que l'on encu...

Au commencent, il y eu un roman, publié en langue anglaise en 1897 : Dracula, écrit par Bram Stoker.
L'histoire est connue de tous, du moins dans les grandes largeurs : l'arrivée en Angleterre DU vampire et de comment un petit groupe aidé par les conseils du Prof.Van Helsing va réussir à le repousser et finalement le détruire dans son château transylvanien.

Le cinéma s'emparera de l'histoire et ce média de masse imprimera à jamais la légende dans l'inconscient collectif dès les années 20.

Mais Dracula, ce n'est pas que le nom d'un comte transylvanien, c'est aussi l'un des surnoms de Vlad III "L'empaleur", Voïvode de Valachie ayant régné sur une partie de l'actuelle Roumanie au XVeme siècle. Son père, Vlad II était dit Dracul en raison de son appartenance à l'ordre du Dragon. La particule "a" en fin du mot signifie "petit" ou "fils de".
Dracula est donc le petit dragon (ou fils du dragon) encore que Dracul puisse également signifier "Diable" (mais l'ordre défendant la Croix face aux Croissants des Ottomans, difficile de penser que l'aspect diabolique soit vraiment associé à l'histoire qui nous préoccupe en ce moment).

Vlad III est connu pour ses actions violentes et sanglantes ( mais la plupart des sources de bases proviennent des Ottomans, une certaine prudence, qui n'a semble-t-il jamais été de mise dans les récits historiques vulgarisés, est donc à appliquer sur tout ceci) et son goût prononcé pour empaler ses adversaires. Surtout les turcs ottomans dont il a été l'otage royal durant une bonne partie de sa vie avant de monter sur le trône.
Stoker n'a jamais admis s'être vraiment inspiré de Vlad III pour créer son vampire mais les théories sur la chose n'ont cessé d'être répandues et, en 1993, un film va définitivement mélanger les deux et ils seront désormais indissociables.

Le Dracula de Francis Ford Coppola commence donc par une séquence absente du roman : la venue au monde du Vampire après une vie humaine. Vlad "Dracula" l'empaleur devient le vampire Dracula sous les yeux du public après qu'une ruse ottomane ait poussé sa femme au suicide. Rongé par la haine envers un Dieu qu'il avait défendu et la peine d'avoir perdu l'amour de sa vie, Dracula erre sur Terre pendant 400 ans avant de retrouver Mina Murray qui pourrait être la réincarnation de sa défunte épouse.



Monstre dramatique et romantique, Dracula va tenter de la conquérir tout en assouvissant ses viles habitudes nutritives…
Les bonnes intentions de Coppola se sont transformées en pavés infernaux pour le mythe du vampire en général et pour le comte sanguinaire en particulier. En littérature comme en fiction visuelle, tout le monde y ira de sa petite version des origines du vampire ( de la plus proche de celle de 1993 à la plus éloignée) pour le meilleur mais plus souvent pour le pire…

Le meilleur.

Le pire. Dracula serait en fait Judas. 

La genèse du film est une aventure en soi.
En 2005, Batman Begins relançait la chauve-souris gothamite depuis le début sous la férule de Warner Bros.
En 2006, Casino Royale faisait de même avec James Bond désormais sous la protection de Columbia Pictures/Sony.
Les deux films ont eu un succès tel que les autres studios commencent à envisager de lancer des films basés sur leurs franchises phares et revenant sur les débuts de ces héros connus du public depuis des années. Le tout contenant quelques réussites ( X-men First Class, Man of Steel) et beaucoup de déchets ( Jack Ryan : Shadow Recruit, The Amazing Spider-Man,… )
Le projet est d'abord initié en 2007 par Universal sous le titre Dracula year one avant de bifurquer vers Dracula year zero.



Deux excellents films...qui donneront de très mauvaises idées (germées pour les mauvaises raisons) aux concurrents.

C'est le réalisateur Alex Proyas ( The Crow, I,Robot) qui est choisi pour mettre en scène les premiers émois sanguinaires de Dracula. Son mot d'ordre pour le film sera : " Des crocs, des filles, du sang et pas de chauve-souris ! ". Une approche qui mêle Eros et Thanatos, point.
Australien, le réalisateur souhaite tourner sur ses terres natales et jette son dévolu sur deux acteurs du crû pour incarner Vlad Dracula et son épouse : Sam Worthington ( Avatar) et Abbie Cornish (Sucker Punch).
Mais le budget du film est si colossal qu'Universal jette l'éponge. Proyas s'en va se focaliser sur son adaptation de Paradise Lost, qui elle aussi capotera.

Initié par le succès d'un héros ( Batman) c'est le succès d'une équipe qui va relancer la machine.
Avengers sort en avril 2012 et explose le box-office. Marvel Studios a mis sur pied un univers partagé au cinéma et cela donne des idées aux banquiers qui tiennent aujourd'hui les studios. Si la recette fonctionne ailleurs, pourquoi ne pas l'appliquer chez nous ? (oui, leurs réflexions primaires me laissent également sans voix).
En  mai 2012, Universal annonce son envie de relancer le concept Van Helsing en le reprenant du début. En Juillet de la même année, le projet Dracula ressort des cartons suivi du reboot de La Momie.Le but semi-avoué est de lancer une nouvelle vague de films de monstres, revenant à leurs origines et de les faire évoluer dans le même univers pour culminer avec un film Van Helsing.

Dans le même temps, le studio Legendary Pictures ( qui chapeautait pour Warner Bros. toutes les productions en rapport avec la pop-culture et les adaptations des comics DC en particulier ) se voit remercier par Warner qui souhaite signer ses succès seul sans partager louanges et royalties. Universal signe donc un contrat avec Legendary. Le pacte peut sembler aller de soi, Universal possédant dans son giron un beau bestiaire nourrissant la culture populaire comme Dracula, Le Loup-Garou, La Momie…

Gary Shore, inconnu au bataillon, est engagé pour réaliser le film. Luke Evans prend la place de Sam Worthington et l'Australie est troquée contre l'Irlande. Les premières fuites apparaissent sur le net : l'histoire contera l'histoire de Vlad III qui, face aux armées ottomanes, fera un pacte avec la sorcière Baba Yaga pour acquérir un pouvoir capable de repousser l'envahisseur. Samantha Barks est engagée pour jouer la sorcière. Pourtant, elle n'apparaitra pas dans le film. Pour les raisons ci-dessous.
Le film est prévu pour le mois d'Août 2014 avant d'être repoussé au mois d'Octobre. Car de multiples reshoots vont être exigés par Universal, ce qui retardera la sortie du film.
Film dont je vais vous entretenir maintenant…

1462, neuf ans après la Chute de Constatinople. Le Prince Vlad règne sur la Transylvanie. Ancien janissaire au service des Ottomans, Vlad a été libéré de son service et tente de maintenir la paix en son royaume. Il a renié son passé de guerrier et rangé son armure ornée d'un dragon au placard.
 Un jour, deux évènements vont sceller son destin : 1° la découverte des preuves que des éclaireurs turcs sont passés sur ses terres et sont morts en traversant la montagne de la Dent Cassée. 2° La découverte d'une grotte dans la-dite montagne renfermant une créature sanguinaire prisonnière depuis des siècles…



(Bon déjà, pour la véracité historique c'est déjà mal engagé -  Vlad janissaire, la bonne blague… - et Baba Yaga déjà expulsée du film pour cause de reshoot.)

Les éclaireurs turcs n'étaient qu'un prélude : un émissaire de Mehmed II le Conquérant ( qui prit Constantinople ) arrive à la cour de Vlad ,flanqué d'une bande de janissaire psychopathes. Celui-ci réclame un tribut en argent à Vlad ainsi que 1000 garçons pour servir dans l'armée du Sultan pour combattre en Hongrie et au siège de Vienne (oui, oui, celui de 1529…quel visionnaire ce Mehmed. Au fait, quand on veut prendre la chrétienté par surprise, on n'annonce pas ses cibles un siècle à l'avance non plus ! Je dis ça je dis rien, en stratégie militaire je ne suis qu'un amateur.)  ainsi que le fils de Vlad comme otage royal.

Refusant de livrer son enfant, Vlad tue les hommes venus le chercher et s'attire les foudres de la guerre. Son seul espoir réside dans la créature vivant dans la grotte, un vampire d'après les registres du monastère où il a fait quelques recherches, et qui pourrait lui fournir la force nécessaire pour défaire les troupes turques.


( et là, double fête du slip : le mot vampire n’apparaît pas avant le XVIIIeme siècle déjà puisque dans cette région on les appelle strigoï, terme qui donnera naissance à stryge, ensuite l'étymologie du mot donnée par le moine est complètement conne et à côté de la plaque, une honte totale et absolue que de prétendre que vampire provient du mot grec pi qui signifierait boire…et cette bêtise va s'imprimer dans tout un tas de cerveaux. Les scénaristes n'ont fait aucune recherche sur les sujets du film! pi vaut toujours 3,14 et pino veut dire boire, merci Amsterdam bonsoir !).



Commençons par les points positifs : Luke Evans est un bon acteur, il croit en son personnage et lui donne de l'épaisseur. Et deux trois bonnes idées parsèment le film. Voila…

Pour le reste : les incohérences sont légions ( comment un vampire coincé dans une grotte ,dont il faut être un alpiniste aussi fortiche que le Lénonidas de 300 pour l'atteindre, peut-il être LA peur des habitants et vivre sur un sol composé des os de centaines de personnes ? ), les incongruités sont effarantes. D'ailleurs, l'entrée de la grotte change selon  qu'elle a été tournée pour la version "Baba Yaga " et la version "vampire centenaire": on passe d'une grotte toute simple à une entrée de style pseudo-romain pour appuyer le fait (jamais clairement dit dans le film) que le dit-vampire, incarné par le toujours classe et flippant Charles Dance, soit en réalité…Caligula. Vous avez dit " n'importe quoi " ?

Le rythme et l’enchaînement des scènes sont trop rapides pour qu'une empathie quelconque puisse nous lier au sort des personnages, certaines semblant même sortir de nulle part ou avoir été placée au mauvais endroit du film.
Certains personnages, également sortis de nulle part, acquièrent une importance capitale pour certaines séquences (celle de l'incendie provoquée par les villageois est flagrante: celui qui lance le mouvement est clairement mis en évidence par la réalisation et le montage, signe , sans doute, que son personnage avait une importance dans des scènes probablement coupées : c'est ça ,soit le réalisateur ne connaît rien à la grammaire cinématographique. Pareil pour le bohémien qui souhaite servir Vlad.).
Tout cela vient renforcer le sentiment qu'il manque une pelletée de scènes et que certaines ont été rajoutées à la va-comme-je-te-pousse pour donner un peu de liant à l'ensemble.



Les scènes de combats sont hachées et difficiles à lire, c'est fouillis et peu emballant visuellement, que ça soit lors de corps à corps plus ou moins classiques ou lorsque que Vlad fait appel à des hordes de chauve-souris qui ressemblent plus à un essaim géant de mouches qu'à des chiroptères une fois en mouvement à l'écran. Pour un homme capable de plier à sa volonté les créatures de la nuit, il ne fait appel qu'à une seule espèce d'entre elles.Et pas la plus dangereuse hein. Non, une horde de petites bestioles qui font, au mieux en Europe, 10 cm de long et pèsent moins de 30 grammes. Je n'ose imaginer ce qu'un réalisateur couillu aurait pu nous faire avec l'arsenal complet du vampire : chiroptères géants, loups, etc…

Dracula est ici une sorte de super-héros dramatique et maudit ( mort d'un être cher, entrainement pour devenir un guerrier imparable , acquisition de super-pouvoirs et un costume à emblème dont l'apparition rappelle celle du bat-costume dans Batman Begins mais en moins bien : quand on sait pas pomper, on ne pompe pas !).



Le thème du héros contraint de se damner volontairement pour préserver les siens n'est pas nouveau ( Ghost Rider, Anakin Skywalker, Spawn) mais fonctionne toujours correctement pour peu qu'il soit bien traité.
Ce n'est clairement pas le cas ici et ce ne sont pas les clins d'œil appuyés ( le name dropping de certains noms connus des adorateurs du livre de Stoker comme le col de Borgo ou les trois femmes vampires) ni l'idée d'une armée vengeresse en fin de film qui viendront sauver celui-ci ni sauver le spectateur d'un ennui gêné ( le film dure une heure et demi et semble en durer le double) renforcé par la sensation d'assister à un immense gâchis tant les bases auraient pu être solides.



Les sous-entendus thématiques sont clairement naïfs , manichéens et limites racistes tant seuls les transylvaniens chrétiens sont représentés comme pouvant faire preuve de noblesse, les musulmans et leur alliés étant des malades sadiques et malveillants ( on vous rappelle que les territoires conquis tombaient sous la liberté de culte et ce plus d'un siècle avant l'édit de Nantes ? ).

Des intentions initiales d'Alex Proyas, il ne reste presque rien car Gary Shore a tout envoyé valser : quelques crocs, du sang qu'on essaye un maximum de cacher et des nuées de chauve-souris réputées buveuses de sang des centaines d'années avant que la race des chiroptères vampires ne soit découverte.
La fin est là pour bien nous montrer qu'il s'agit ici du premier acte d'une franchise et on n'en demandait pas tant.

Dracula Untold aurait du le resté, untold.

samedi 23 août 2014

Le père Noé est une ordure. Le réalisateur aussi.

Après le succès de Black Swan, Darren Aronofsky avait le monde à ses pieds. Il choisit donc de mettre en branle un ancien de ses projets, Noé, dont il avait recyclé le scénario pour en faire une bande-dessinée.

Le cas Aronofsky est révélateur d'une chose : la majorité des critiques de cinéma sont des girouettes, bergers du troupeau qu'est le grand public. Peu importe que le réalisateur fut voué aux gémonies après son The Fountain puisque The Wrestler et Black Swan sont passés par là.
On parle bien d'un film tourné à la "frères Dardenne" et d'un autre dont un plan sur trois a été piqué à l'anime japonais Perfect Blue (ce que j'ignorais lorsque j'ai critiqué Black Swan. Depuis, le cygne a pris un coup dans l'aile. Et si vous voulez des preuves : Google est votre ami, c'est édifiant).
Girouettes ET incultes.

Car depuis le film qui valu à Natalie Portman son Oscar, il est trèèèès mal vu de taper sur le petit Darren.
Pourtant, a-t-il jamais été un grand réalisateur ou auteur ?
Les statistiques sont sans appel : un grand film malade que presque personne n'a vu  et quatre films que presque personne ne regarde plus (comment je sais que vous ne les regardez plus des masses ? Vous n'en parlez plus jamais.).

Son seul travail intime, personnel et dans lequel il semble avoir mis toutes ses idées s'appelle The Fountain. Requiem for a dream s'appuie sur quelques images chocs et surtout le livre Retour à Brooklyn d'Hubert Selby ( qui a coécrit le scénario). The Wrestler et Black Swan sont des scénarios originaux qu'il a mis en images. Mais aucune thématique commune ne se dégage jamais de film en film.
Arrive donc ce naufrage euh ce Noé, où il a décidé de se remettre à écrire avant de repasser derrière la caméra….

Le déluge. Si la vision forcément judéo-chrétienne est imprimée dans nos esprit, il n'est pas mauvais pour la culture de rappeler qu'il s'agit de l'un des nombreux emprunts de la Bible aux mythologies et rites oraux qui ont précédés les religions monothéistes.
L'épopée de Gilgamesh ( écrite il y a 5000 ans contre 3000 pour les plus vieilles parties de la Bible ) faisait déjà mention d'un antique déluge vieux de plusieurs centaines d'années avant la naissance du héros. Là aussi, un homme sauvait les graines du futur en bateau…

Bref, Noé avait des bases pour transcender les cultures. Encore que pour cela, il aurait fallu faire une chose toute simple : ne pas constamment rappeler les barrières entre les cultures et ce sans chercher, jamais, à les abattre. D'un récit, on l'a vu, commun et semi-universel, Aronofsky ne va retenir que la vision biblique, creusant de facto un fossé entre croyants d'une part et non-croyants de l'autre. Mais retenir une version déjà pré-établie, c'est plus facile, pas besoin de faire des recherches en bibliothèque pour tirer une essence et en faire une histoire originale ( influencée certes, mais originale).

Donc, comme de bien entendu, ça commence avec " Au commencement étaient les ténèbres" , le serpent ( en CGI à deux balles) et le coup de la pomme, etc... on appuie à mort sur tout ce qui fera bondir qui n'est pas un intégriste. Car dans sa grande cohérence de division de l'humanité, Aronofsky arrive même à en venir à un schisme au sein même des croyants en rappelant que certains y voient des métaphores porteuses de sagesses et d'autres une parole d'évangile que nul sur cette Terre n'a le droit de remettre en cause, ambiance...

Bref, le déluge ne pouvant servir de matière à un film de plus de 20 minutes, il va falloir quand même broder autour. Va donc venir se greffer la subtilité de l'auteur, adepte des images chocs (Requiem for a dream) et dérangeantes (Black Swan) , bref adepte de l'antithèse absolue de la subtilité.*
Et là, commence la foire du slip ultime, presque du Uwe Boll au scénario....
Tout y passe : de la civilisation industrielle ( si si, il y a des passages où les décors font passer à …Mad Max 2 ! ) qui a détruit toutes ses ressources pour faire un film  écolo engagé jusqu'au discours neuneu "carnivores méchants, végétariens gentils " (allant jusqu'à montrer que manger de la viande mène au cannibalisme hein, on va pas se priver).
Parce que bon, les carnivores mangeant la création de Dieu, ils sont d'infâmes profanateurs : CQFD.
Dieu n'a-t-il donc pas créés les fruits et les légumes qui sont aussi consommables ? Non je demande hein…
En tous cas, l'humanité qu'il a mise sur pieds n'est que blanche : pas d'ethnies.Les élus du Créateur seront blancs ! Merci Darren pour cette leçon humaine et poignante.Dire que le KKK était mal vu, mais toi, Darren, tu nous rappelles que seuls les bobos blancs, végétariens et bigots auront droit à l'éternité et aux cantiques des anges sur leurs nuages ! On se demande pourquoi Rachel Weisz t'a largué tiens....

Noé construit donc son arche en … détruisant une forêt. Oui, comme les infâmes industriels que Dieu veut faire disparaître avec son déluge. Et lorsque ces hommes et ces femmes, forcément barbares et violents du point de vue de Noé, car seul son point de vue, qui est aussi celui de Dieu dans le film, est vraiment exprimé, veulent sauver leur peau : Noé les envoie chier.  Car, et c'est là que ça devient puant, ce point de vue est aussi celui de Aronofsky. Végétarien convaincu, il a interdit toutes sortes d'aliments sur le plateau de tournage (ainsi que l'eau en bouteille : ça a juste envoyé des acteurs à l'hosto mais ce n'est que broutille. L'humanisme du gars vaut celui de Abdellatif Kéchiche.) ainsi qu'aux avant-premières. Le réalisateur ne fait pas que défendre ses idées, il les impose ! Ce qui mène invariablement aux discours du film :
Vous pas être croyants comme moi je le suis. Vous pas mériter de vivre.C'est Dieu, le Créateur avec une majuscule, qui le dit.
(je rappelle à toute fin utile que : Parler à Dieu, c'est prier. Dieu qui vous répond, c'est de la schizophrénie.)

En ne posant aucun autre personnage principal que Noé et sa famille avant une heure de film, Aronofsky ne peut offrir aucun temps de paroles aux nuances concernant les autres humains de son récit. Ce sont les gentils contre les méchants sanguinaires, point. Ceux que personne dans le public ne souhaiterait voir sauvés. Sauf qu'arrivée la première demi-heure du film, on se déjà fout du sort des "gentils" aussi, tant le récit est premier degré absolu, pompeux et mal écrit, tant il s'évertue à faire de l'incohérence scénaristique un des beaux-arts.

Russel Crowe est en mode automatique, comprendre "il joue Maximus de Gladiator" parce que c'est une valeur sûre. Jennifer Connelly est mono-expressive (non, faux, il y a deux expressions : elle tire la gueule ou elle sourit comme une idiote. Mais dieu qu'elle est belle, au moins c'est déja ça de sauvé).
Reste quelques belles images dues au directeur photo. Mais c'est peu ( quoi, 6 plans en 2H20 de film ? ) L'homme n'est pas aidé par les idées de son réalisateur ni par les images de synthèses, grossièrement amenées, qui font passer les dinosaures de Jurassic Park pour le summum du genre 21 ans après sa sortie. Vous la sentez la supériorité de papy Steven ?

Moralement douteux et profondément anti-humaniste, le père Noé est une ordure,prônant l'idéologie de la pensée unique au risque de périr sous les coups du divin si l'on ne suit pas une certaine voie.
Le cinéma peut être un formidable outil de propagande, c'est pour ça qu'il est bon et heureux que des réalisateurs comme Aronofsky, qui ont eu trois idées dans leur vie et en sont désormais dépourvus, s'attaquent à ce genre de sujets : ça fait apparaître l'évidence de leur démarche douteuse prônant l'intégrisme religieux comme seule voie de secours pour l'humanité.
Noé est un film aux relents nauséeux niant tout humanisme ou mains tendues et Aronofsky surligne son propos nauséabond au fluo bien pétant !

Un déchet , purement et simplement.


* la subtilité n'est pas une condition sine qua non pour réaliser un bon film.on peut y aller avec ses gros sabots et fournir un travail intéressant.encore faut-il dès lors connaître des techniques de cinéma qui ne font pas que dans le choquant et dérangeant : ça aide quand on veut raconter autre chose.

mardi 22 juillet 2014

Territoire Indien

Ce qui commence dans le sang, finira dans le sang.

Jason Aaron est l'un des scénaristes phares de Marvel. Il allie intrigue sérieuse et capacité presque surnaturelle à savoir lier entre elles les folies narratives que l'on peut croiser dans les séries de super-héros, obtenant une mixture hétérogène avec de l'eau et plusieurs types d'huile. Mais ce grand pété a démarré sa carrière avec une série qui prend pied dans une réalité moins altérée que celle des comics Marvel : Scalped.

Dashiell " Dash" Bad Horse a quitté la réserve de Prairie Rose quand il avait 13 ans.
Aujourd'hui il est de retour, armé de son mauvais caractère et de sa manie à s'attirer des ennuis.
Mais l'homme a du potentiel , son passé de boxer et de soldat ayant fait le Kosovo parle pour lui,et le chef de la réserve , Red Crow, le prend sous son aile et le fait entrer dans la police tribale. Son nouveau boulot va lui permettre (et nous permettre) d'arpenter les rues de la réserve. Pour Dash, rien n'a changé : l'endroit est sale, pauvre, rongé par la violence et la drogue. Pour le lecteur, c'est un choc, une réalité qu'il connaît mal (d'autant plus s'il est Européen).
Un tiers monde au milieu du rêve américain.

Entre drame familial, péchés passés ( la mère de Dash, Gina, et Red Crow ont été activistes dans les années 70 et ont été impliqués dans un meurtre avant de prendre des chemins séparés), polar, investigation, etc… La série dépeint une réalité dure qui ne sert pas que de toile de fond à un récit fiévreux, tendu et loin du manichéisme. Aaron livre un récit très documenté, aborde les sujets qui fâchent ( et égratigne tout autant les travers des américains et des amérindiens tant lors de l'intrigue que lors de flash-backs historiques ).

Comme je le disais plus haut, Aaron, chez Marvel, utilise tous les codes et genres des comics pour écrire ses histoires. Il fera pareil ici en mêlant le polar noir, intrigue politique et intrigue mafieuse, terrorisme : tous les genres touchant de près ou de loin au genre policier sont ici abordés sans jamais que le sauce ne prenne pas car le tout est dosé avec soin.




Les dessins sont assurés en grande partie par R.M Guéra qui assure des planches réalistes mais aux traits parfois sales : cela renforce l'ambiance de la série qui, finalement, ne dépeint que peu de moments de joie ou de bonheur.

Scalped, est une œuvre dure, palpitante et passionnante dont la structure narrative en labyrinthe demande un investissement au lecteur. Et cet investissement est payant tant le voila plongé dans un récit implacable dont le final ne peut que faire bouillir le sang.



Une série complète en 10 tomes, chez Urban Comics et une série indispensable pour quiconque aime les intrigues policières se situant loin de l'aseptisation télévisuelle du sujet

samedi 28 juin 2014

Transformers : l'âge d'une bande de cons.

Michael Bay retrouve ses robots transformistes après l'interlude Pain & Gain.

Changement de statu quo et de casting pour relancer une saga qui avait fait le tour de son sujet dès le premier film ( oui, j'ai bien aimé le troisième mais j'assume mon propos ) à tel point que la mythologie autour des films ne cesse de s'enrichir et de se décharner en même temps, tant chaque nouvel élément vient contredire ce qui fut mis en place précédemment.
Mais commençons par le commencement voulez-vous ?

Je dois vous prévenir d'entrée de jeu car désormais j'emploie la méthode Game of Thrones : le matériel de base servant de matière première à certaines adaptations étant disponible depuis des lustres, je ne considère pas que je peux vous spoiler mais juste mettre en lumière le manque d'intérêt que vous pouviez porter à la chose avant que ça ne devienne à la mode (je ne vous juge pas). Vous avez eu des années pour vous mettre à jour et si vous ne l'avez pas fait, et bien c'est dommage mais c'est votre problème, pas le mien ( sauf si vous étiez dans le coma, auquel cas je vous demande de m'excuser).

5 ans ont passé depuis la bataille de Chicago.
Les autobots ne sont plus alliés des USA et les decepticons restants sont pourchassés par la C.I.A qui en profitent pour également poursuivre les autobots et revendre leurs carcasses à une société cherchant à créer une nouvelle révolution technologique ( oui, ils singent Apple et ce jusque dans la calvitie de Steve Jobs ).

Le chef de ce programme de la C.I.A s'est allié ( on ne nous dira pas comment ) avec un alien transformers d'un genre inhabituel et dont les ambitions, floues et contradictoires,rappellent par moment un Brainiac du pauvre (pour savoir qui est Brainiac, cliquez ici ).
Cade Yeager, mécanicien en robotique has-been , répare et revend des tas de vieilleries pour subvenir à ses besoins et ceux de sa fille , Tessa. Un jour, il rachète un vieux camion pour le retaper en tirer ce qu'il peut. Il découvre vite qu'il est tombé sur Optimus Prime. Et dès ce moment, sa vie et celle de sa fille vont être changées.




Bon alors, le premier tiers du film se tient : la présentation des situations et des nouveaux personnages est rapide, il y a de l'action, de l'humour pas trop lourd ( Mark Whalberg a un comportement protecteur envers sa fille qui rappelle celui de Bruce Willis dans Armageddon du même Bay ) et voir des gentils se faire descendre comme des chiens donne un petit pincement au cœur. Et puis voila. Les deux autres tiers alignent les 3 L : long, lent et lourd.

Long, même avec un rythme adéquat, vos fesses l'auraient senti passé : le film dure 2H45.
Lent : malgré une action presque non-stop, comme l'empathie pour les personnages n'existe pas ( au choix : des dialogues affligeants qui donnent envie qu'ils la ferment ou se fassent buter pour qu'ils la ferment, une caractérisation  des personnages proche de celle d'un porno des années 80,etc…) et bien on s'en fout de ce qui peut bien se passer à l'écran et on finit par risquer de s'endormir, seuls les bruits et les explosions parviennent à tenir vos yeux ouverts.
Lourd : les situations WTF s’enchaînent à vitesse grand V, les personnages (dont certains sont des génies parait-il) se révèlent plus cons que mes pieds ( ouh la la, Galvatron est un méchant, comment est-ce possible quand les pièces d'origine proviennent de Megatron, le salaud ultime de l'univers ? En plus, avec un nom pareil. Moi aussi je me demande comment ça a pu merder dans les grands largeurs ce projet…).


"Je comprends pas pourquoi mon Optimus Prime 2.0 ressemble tant à Megatron alors que j'ai bossé depuis le cadavre de ce dernier pour mettre au point mon prototype. Franchement, je ne pige pas." Steve Jobs 2.0

Alors, non, tout n'est pas à jeter, il y a quelques bonnes idées dans ce foutoir sans nom : l'action est souvent filmée à niveau d'homme , on voit des humains chassés par d'autres humains ou des humains peu lâchés par la caméra pendant que des géants/dieux se mettent sur la tronche comme des bourrins sans éducation.
L'idée de prendre une technologie alien pour en l'améliorer en en faisant un produit déclinable est aussi bien vue et dans l'air du temps (on ne fait que ça de nos jours : améliorer ce que l'on a : il n'y a plus de rupture technologique depuis un moment) et  il y a même parfois une recherche, minime mais réelle pour donner un nom cohérent au produit : on s'inspire de Bumblebee, le bourdon, pour créer Stinger, le dard. Mais c'est tout et c'est peu.

Un couteau pour Transformes (donc de la taille d'une épée pour humain) se transforme bien pratiquement en fusil d'assaut avec une gâchette calibrée pour l'homme. Du très grand art.

L'amélioration et le modèle de base. Sans être un bobo-hipster désespérant (oui, vous avez repéré un pléonasme), je préfère le vintage sur ce coup-ci.

Les facilités d'écritures et de scénarios sont du pur foutage de gueule : Optimus se répare tout seul en scannant un  nouveau camion (et obtient donc un nouveau look quand il prend une forme humanoïde, logique) alors qu'il semblait juste avant ça que le remettre en état demanderait un sacré travail boulot. Et là boum, c'est magique.
Les autobots qui se cachent, comme BumbleBee, ont un nouveau look niveau véhicule mais une fois sur deux jambes, Bee est toujours le même (illogique et ce depuis le premier film où son look n'a jamais changé quand il marche d'ailleurs. C'est d'une cohérence dans l'illogisme qui confine au génie).
Même Steve Jablonsky, qui avait signé la musique des trois premiers volets, n'arrive plus à limiter les dégâts,signant la pire B.O de la saga : sans âme ni saveur.



Mais surtout, surtout…on retrouve encore la marque de fabrique de tous les films depuis Revenge of the fallen : envoyer chier la mythologie du premier film.
Dans Transformers, on nous expliquait que, et je cite : Avant le début des temps , il y avait "le cube". Personne ne sait d'ou il vient, seulement qu'il détient le pouvoir de créer des mondes et de leurs donner vie.
Ce fameux cube a crée Cybertron, la planète des transformers et lorsque la guerre entre autobots et decepticons a éclaté, le cube a disparu.  C'est la base de tout le premier film : Megatron, le leader decepticons, a retrouvé la trace du cube sur Terre, a été piégé dans les glaces de l'ère glaciaire etc…
Dans le second volet, on nous explique que Megatron n'est pas le leader, c'est un séide du Fallen.
Dans le troisième volet, on nous balance que Mégatron venait sur Terre pour rencontrer Sentinel Prime et mettre au point un plan pour amener cybertron sur Terre pour forcer les humains à devenir esclaves de leur race et reconstruire Cybertron comme des petites fourmis serviles.
Et dans ce volet, on vient nous balancer que "les créateurs de Tout" viennent reprendre leurs créations.
Attends, c'est pas LE CUBE le créateur de tout ? Parce que c'est ce que croit Optimus dans le premier et il semble avoir oublié ce détail dans ce volet (la fin est explicite ! ).
Même le titre est un mensonge puisque la seule extinction dont on vous montrera quelques images, est celle des dinosaures. Des gros dinosaures bien faux qui sont une insulte à ceux de Jurassic Park et de The Lost World ( qui ont respectivement 21 et 17 ans au compteur nom de dieu ! ).

Bref, la saga Transformers repose sur du vent, un vent qui souffle dans la direction qu'il faut aux scénaristes car ils sont incapables d'écrire dans les limites établies par eux-mêmes, et ce film est le film de trop.

jeudi 20 mars 2014

So long, l'ami...

C'est avec le cœur lourd et une plume qui ne l'est pas moins que j'ai le regret d'annoncer le décès d'un auteur que presque personne par ici ne connaît : Lucius Shepard s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 67 ans.

Son oeuvre , riche et multiple sera passée sous le radar du grand public et des instituions "respectables", ces penseurs tout sauf libres qui rechignent à ce que les arts narratifs évoluent loin des sphères qu'ils ont décidées être dignes d'intérêt, sclérosant nos aspirations à voguer vers l'infini, à atteindre l'inimaginable...


Passant d'un genre à l'autre, d'un style à l'autre, Shepard était un grand, un géant méconnu à tort que je vous invite à découvrir au plus vite (qu'importe l'ouvrage).

Il est triste que le trépas d'un tel auteur se fasse non pas dans un boum mais dans un murmure.

Lucius Shepard , grand baroudeur, entame donc son dernier voyage.
À nous de faire escale dans ses écrits....