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jeudi 21 juillet 2016

Le sang de l'Amérique.

American Vampire, la série écrite par Scott Snyder, revient pour un 8éme tome ( 10éme si l’on compte les deux hors-séries dont la lecture reste essentielle pour tout comprendre ).

Dans les tomes précédents, la série avait pris un nouveau tour. Alors que la série s’était auparavant à faire l’inventaire des différents espèces de vampires en les mêlant à l’histoire du XXème siècle, le nouveau cycle présente un mal ancien, millénaire, qui pourrait bien se répandre sur Terre comme une plaie gigantesque.

Pearl Jones, Calvin Poole et Skinner Sweet, les "vampires américains" , se sont associés pour découvrir qui est le Marchant Gris, cet homme énigmatique qui semble servir " la Bête", une créature capable d'infecter même la race la plus résistante de vampires. Leur quête les mêmes à rencontrer les restes rachitiques de l'organisation des Vassaux de Venus dirigée par Félicia Book (dont les aventures annexes à la série principales peuvent être lues dans cet ouvrage et son petit frère ).
Les deux groupes vont devoir s'associer s'ils veulent espérer réaliser la plus importante mission de leur vie en détruisant le mal à l'origine de tous les maux.

Snyder augmente la menace mais ne diminue pas son talent, au contraire. Le récit est mené tambours battant sur fond de révision de l’Histoire (les vraies raisons qui dictent les actions des puissants et menant les nations dans le maelstrom chaotique de l’Histoire sont intimement liées au surnaturel , un truc tout simple mais très efficace pour ancrer la série dans une sorte de réalisme altéré par les forces immatérielles du bien et du mal).
Scott Snyder reste un auteur dont les obsessions se retrouvent de séries en séries (et ce même dans des œuvres plus grand public comme ses «  Batman » ) : trouver des liens entre différents mythes ( religieux, littéraires), cultures & civilisations , tordre les concepts sur les créatures folkloriques ou encore son envie de décortiquer les noms des choses pour en dévoiler la vraie nature. Ses tics d’écritures s’imbriquent dans une envie de convier les symboles connus et de surprendre le lecteur érudit.
Une connaisse pointue que ses détracteurs qualifient volontiers d’attitude pédante et hautaine mais Snyder ne donne pas cours où se regarde écrire, il joue avec la culture dans un but qui sert son histoire (et qui permet même d’apprendre des choses au lecteur au passage : lire sert à apprendre, le savoir est livresque après tout, internet n’est qu’une extension).




Alors que le récit file à toute allure sans jamais sacrifier les liens entre les personnages et leur psychologie, Snyder se permet des retournements de situation parfois drastiques qui risquent d’avoir des répercussions importantes et intrigantes lors des tomes suivants.

Aux dessins, on retrouve bien sûr Albuquerque Rafael , dessinateur de la série depuis les débuts il y a plusieurs années. Son trait a évolué depuis, ses petites scories ont disparu et son sens du story telling s’est affiné. Un vrai plaisir des yeux de la part d’un artiste possédant un style unique.

American Vampire reste donc le haut du panier des séries fantastiques éditées par DC Comics/ Vertigo et dont Urban Comics propose les traductions en français. Une lecture toujours conseillée depuis que j’écris sur ce blog et ce dernier tome ne va pas me faire changer mon fusil d’épaule.



lundi 12 janvier 2015

Trillium virat

Paru fin Octobre chez Urban Comics, un étrange objet de science-fiction signé par Jeff Lemire,
scénariste ET dessinateur.

L’humanité a conquis les étoiles, et maintenant l’humanité se meure. Un étrange virus intelligent, s’adaptant à tout, décime une à une les colonies humaines et ses avant-postes. Nika, scientifique téméraire, pense avoir découvert un moyen d’enrayer l’épidémie grâce à une plante , le trillium. Cette plante ne pousse que dans l’enceinte d’un village alien…et quand l’humain a besoin d’une chose, il demande ou il la prend.
À des années lumières de là, dans un espace-temps différent, William Pike , aventurier anglais, s’enfonce dans la jungle d’Amérique du Sud et découvre une étrange pyramide.
Ces deux êtres ne devaient pas se rencontrer. Ils vont vivre la dernière histoire d’amour de l’humanité !

Diantre, voila qui est alléchant. Et ambitieux. Malheureusement, la forme et le fond participent peu à nous faire ressentir les sentiments amoureux des deux personnages principaux. Cependant, ils arrivent à faire tout le reste.

Tout d’abord, l’aventure est au rendez-vous. Que l’exotisme interplanétaire ou celui des jungles reculées soit exposé, le lecteur est dépaysé. Ensuite, si le sentiment amoureux est mal transcrit, les fondements psychologiques de nos héros (et leurs traumas) les habitent et nous permettent de mieux cerner deux âmes esseulées qui devaient se rencontrer.

Les dessins, s’ils peuvent sembler simples, n’en restent pas moins intéressants et participent à un certain charme désuet émanant d’une SF d’antan à la sauce d’aujourd’hui.  Car si le canevas sent bon le classique – deux personnes que tout sépare vont se rencontrer et s’aimer – il est baigné dans une SF de genres divers qui rappellent autant Alien,2001,Le trou noir, Interstellar ou le mésestimé The Fountain. Les influences sont mâchées et digérées.




Pour accentuer les divergences entre les héros, Lemire a opté pour un mode de narration que seul l’objet livresque permet. Certaines pages doivent se tourner (parfois dans plusieurs sens) pour que l’histoire prenne forme. Au bout du compte, le lecteur ne sait plus dans quel sens il est en train de tenir son livre, et c’est très bien ainsi. Les héros sont perdus, le lecteur aussi !

Bref, voila une lecture agréable et ludique à défaut d’être transcendantal sur le plan romantique. Qu’importe, le voyage vaut le coup d’être tenté (et si vous le faites avec la b.o de The Fountain en fond sonore, ça le fait carrément !!! )

mardi 16 juillet 2013

Suce moi ça !

En 2011, Panini éditait les deux premiers volumes de la série American Vampire. Lorsque cette «  maison d’édition » a perdu les droits du catalogue DC Comics, c’est l’éditeur Urban Comics qui a repris les commandes. Urban n’a pas souhaité continuer directement dans la lancée de Panini et a opté pour l’édition,sous le titre American Vamprie Legacy, de deux mini-séries dérivées suivant les aventures de Felicia Book.

Hors, voici qu’Urban relance enfin la série mère en sortant les trois premiers tomes ( dont les deux premiers correspondent à ceux édités par Panini ).

Il aurait été, à mon avis, plus avisé de ne pas séparer l’univers de cette série en deux titres. En effet, American Vampire Legacy 1 se déroulait en 1941 et le tome 2 dans les années 50.
Le tome 3 d’American Vampire tout court se déroule en 1943. Tout rapatrier sous le même titre et dans l'ordre chronologique était plus logique à mon sens. Reste que séparer série-mère et spin-off l'est tout autant.

Bon, passée cette petite remarque, que dire sur le retour en fanfare de Skinner Swett et de Pearl Jones son « enfant de la nuit » ? Que c’est encore du tout bon !

Cela fait maintenant 18 ans que Pearl Jones a été transformée par Skinner Sweet en vampire américain. Elle est la seconde de son espèce, une espèce plus forte et plus résistante que le vampire le plus commun, le carpatique ! Pearl ne souffre pas de voir le soleil se lever le matin mais reste dépendante du sang humain. Un sang que lui fournit son mari, Henry. Mais Henry vieillit et commence à se sentir inutile. C’est à ce moment que l’organisation anti-vampire « Les vassaux de Vénus » le contacte pour qu’ils prennent part à une mission de l’armée dans le Pacifique.




Encore une fois, Scott Snyder, le scénariste ( entre autres choses de Batman et Swamp Thing ), joue avec son concept de revivre l’histoire de l’Amérique Moderne ( de la fin du XIX jusqu’au la fin du XX si tout se passe bien ) en suivant une jeune vampire. Ici , la guerre contre le Japon va lui permettre d’introduire une nouvelle espèce de suceur de sang dans son arbre de l’évolution des espèces. Car l’idée la plus brillante de Snyder est bien celle-ci : les vampires ont évolués au fil des âges et ce foisonnement d’espèce lui permet non seulement de faire cohabiter les diverses variantes du mythe mais aussi de jongler avec leurs représentations : personnes de tous les jours, aristocrates dégénérés ou purs monstres comme dans ce tome.

Snyder n’en oublie pas de faire vivre ses personnages, de faire évoluer leur relations et d’explorer leur psyché. À ce titre, l’épisode centré purement et simplement sur Skinner Sweet nous éclaire encore un peu plus sur son passé et sur pourquoi il aurait « sauvé » la vie de Pearl en la transformant. Depuis le début, ce salopard de première offre bien plus que ce qu’il présente au monde et son côté monstrueux est finalement très…humain.




Les dessins de Rafael Albuquerque sont d’une force viscérale. Son trait anguleux est d’une grande efficacité et tranche dans le lard des personnages soumis à de rudes épreuves. Enfin, ce tome se trouvent être charnière puisqu'il  vient redistribuer certaines cartes dans l’intrigue ! Vivement octobre pour le tome 4 !

dimanche 2 juin 2013

Mauvais sang.

Plus ou moins un an après la parution d’un premier tome, Urban Comics revient au vampirisme avec le second opus de sa collection «  American Vampire :Legacy ». Cette collection reprend en fait les minis-séries annexes à la série mère «  American Vampire ». 

Scott Snyder continue donc d’explorer son petit monde à travers les aventures des chasseurs de vampires (contre le regard des vampires Skinner Sweet et Pearl Jones dans la série principale).

1954. Londres. Le siège londonien des Vassaux de Vénus, l’organisation anti-vampire, est attaqué. 
Les assaillants ont volé le contenu d’un coffre fort ultra-sécurisé. 
À l’intérieur se trouvait le cercueil d’un vampire redoutable, premier de sa race et capable d’asservir à sa volonté les vampires de son genre : les carpatiques ! 
À Paris, Felicia Book mène une vie rangée avec son fils adoptif, Gus, enfant de feu Cash McCoogan. 
Elle essaye tant bien que mal de lui cacher qu’il fut infecté du virus du vampire américain étant bébé et qu’elle a sacrifié le remède qui l’aurait délivrée de son statut de dhampire ( si si, ce terme existe ! ) pour qu’il puisse avoir enfin une vie humaine ( techniquement, Gus a 18 ans mais il n’en fait que 12-13 ans : il peut enfin vieillir ! ).
 Son ancien supérieur la retrouve pour l’aider à retrouver le cercueil. La véritable identité du suceur de sang glace celui de Felicia : il s’agirait de Dracula…

Enfin, du vampire qui inspira Dracula. Car Snyder va ici décortiquer certains points du livre de Stoker  et de l’histoire anglaise en les assaisonnant à sa sauce.

Scott Snyder est peut-être ce qui est arrivé de plus rafraichissant au mythe du vampire ces dernières années. Professeur de littérature à l’Université de New-York, l’homme connait ses classiques et va , dans sa série, trouver le moyen de faire cohabiter les diverses incarnations des vampires grâce à une idée toute simple : l’évolution ( la théorie de Darwin, pour ceux du fond près du radiateur). Guère étonnant que depuis quelques temps maintenant il se soit attaqué à une autre chauve-souris géante : Batman !




Cette mini-série va éclairer le lecteur sur le pourquoi de la prédominance de la race carpatique sur Terre : ça c’est pour le côté pratique. Pour le côté « plaisir de lecture », Snyder va nous balader dans un récit haletant, lorgnant sur l’horreur bien sûr mais aussi sur l’espionnage et l’action. Un cocktail détonnant et plaisant qu’un soupçon de suspens viendra relever. Impossible de lâcher le livre avant la dernière page tant Snyder nous entraîne dans son univers avec une aisance rare. Les personnages principaux continuent de s’étoffer, leur histoire ( tragique ) est révélée et leur destin , pas toujours enviable, va prendre des chemins parfois dramatique.

Aux dessins, nous retrouvons non pas Sean Murphy comme dans l’opus précédent mais Dustin Nguyen. Lui aussi a pendant un temps mis en images les aventures de Batman, tout se recoupe. Son style à la limite du cartoony et du réalisme prend ici une autre dimension par les tonalités de couleurs utilisées. De plus, certaines cases sont colorisées par le principe de l’aquarelle et cela donne un effet remarquable aux scènes, souvent historiques, de l’histoire. Son découpage est fluide et permet de suivre l’intrigue sans temps morts.





Bref, en attendant qu’Urban réédite les deux premiers tomes de la série mère (et le troisième dans la foulée , en juin ), « American Vampire Legacy » est le palliatif parfait. Les vampires sont de retour, ils ont les crocs et l’hémoglobine refait enfin son apparition dans un récit de buveurs de sang !!! Plus qu’une lecture conseillée, une lecture obligatoire !!! 

mardi 29 mai 2012

Sang chichis.


Urban Comics a édité fin du mois d'avril un nouveau tome de la série AmericanVampire. Estampillé "legacy" car il ne s'agit pas ici de la série mère mais d'une mini-série centrée non pas sur les (més)aventures de Skinner Sweet ou de Pearl Jones. Sélection Naturelle se focalise sur l'autre versant de la mythologie vampirique : les chasseurs !

Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. Les vassaux de Vénus, groupe œuvrant dans l'ombre à l'éradication des suceurs de sang, a eu vent des travaux d'un chercheur qui aurait mis au point un remède contre le fléau vampirique. Mais ce dernier est aux mains des Nazis, dans un vieux châteaux d'Europe de l'Est. Et ces Nazis ont fait un pacte avec une race violente de vampire.

En effet, l'une des originalités de la série est de présenter les vampires comme une race en évolution. Et cet album fait remonter leur apparition encore plus loin dans le temps que la série originale.

Scott Snyder, le créateur et scénariste du concept ( avec Stephen King comme co-auteur sur les 5 premiers numéros) livre ici un récit mêlant mélo, espionnage et action pure et dure. L'aspect horrifique est un peu mis de côté, bien que certains passages soient un peu sanglants, voire gores.

Divisé en 5 parties, le récit est sans temps mort mais s'offre parfois quelques raccourcis narratifs un peu faciles.  Les dessins de Sean Murphy font passer la pilule lors de ces rares passages un peu moins travaillés du scénario. Des dessins aux traits anguleux et efficaces. Murphy est en outre doté d'un grand sens de la narration et la fluidité de son travail est tout à fait exemplaire.

La traduction est assurée par un cador: Jérôme Wicky, bien connu dans le milieu des traducteurs de comics. Il fait partie du collectif non-officiel du Fulchibar (ne me demandez pas ce que ça veut dire) qui comprend en son sein : Edmon Touriol, Alex Nikolavitch, etc…du beau monde et des traducteurs respectueux du lectorat, qu'on se le dise. Et notre bon Mr Wicky ( qui officiait sur Buffy lors de la saison 8 ) glisse quelques références à Die Hard dans son travail ! Jouissif, bien que peu orthodoxe. Mais si la traduction colle…

vendredi 9 décembre 2011

Sang neuf !


Dans un monde dominé par Twilight, montrer un vampire digne de ce nom est un acte révolutionnaire !

Skinner Sweet est un salopard ! Et ce n'est pas peu dire ! Il arpente l'Ouest sauvage en tuant, volant, survivant ! Jusqu'au jour où il tombe sur plus fort que lui…plus fort que n'importe quel être humain ! Mais mêmes les forts font des erreurs !

Près de 50 plus tard, en 1925, une jeune fille tente sa chance à Hollywood. Jolie, elle est invitée à une soirée dans le beau monde…jeune et jolie, la victime idéale pour une bande de suceurs de sang. Laissée pour morte, elle sera ramenée à la vie par …Skinner Sweet. L'erreur de son meurtrier a été de le laisser en vie et de ne pas faire attention à ce sang qui s'est écoulé sur lui. Car il a été tué par un vampire et Skinner en est devenu un à son tour. Mais l'espèce vampirique évolue, et Skinner est le premier de son genre : le vampire américain ! 

Plus fort, plus monstrueux, résistant au soleil et au pieu en bois ! Et il a un compte à régler avec ceux qui l'ont buté ! S' il sauve une jeune femme, ce n'est pas par bonté d'âme.

Scott Snyder, le créateur de la série, livre un scénario bien construit et qui se lit à une vitesse folle. Et durant les 5 premiers épisodes, il s'offre deux luxes : 1° les épisodes sont divisés en deux : la première partie se passe au XXme siècle et la seconde se déroule à l'époque où l'on place habituellement les westerns ! 2°, il délègue la seconde partie à un auteur reconnu qui n'avait plus touché du vampire depuis des lustres : Stephen King. King qui avait fourni, avec Salem, l'un des meilleurs romans de vampires de ces 50 dernières années !
Outre une intrigue qui, on le sent va s'étendre encore quelques temps, Snyder fournit une idée géniale : le darwinisme vampirique. Au fil du temps, le vampire évolue et chaque nouvelle espèce, plus forte et mieux adaptée à son époque que la précédente, apparaît et commence à décimer l'ancienne ( tel Homo Sapiens contre Neandertal…bien qu'on penche pour une autre hypothèse de nos jours). 
Le vampire américain est donc la nouvelle incarnation du vampire, celle qui est destinée à supplanter les nosferatus de l'ancien monde. Mais ces derniers ne sont pas prêts de se laisser faire !
Vous aimez les vampires ? Vous n'avez pas peur de l'hémoglobine ? Et surtout vous aimez les bonnes histoires ? Alors foncez sur les deux tomes déjà parus de " American Vampire " !

mardi 16 mars 2010

Max la menace

Les losers,c’est le nom d’une équipe de « black ops » opérant pour le compte de la C.I.A. Officiellement ils sont morts,trahis par leur boss ,le mystérieux Max,pour avoir vu ce qu’il n’aurait pas dû voir.Mais ils sont bien vivants,et décidés à reprendre leurs vies en main. Et pour ça ils vont commencer à mettre leurs nez dans les sales affaires de l’agence.

Voila encore une série du label « Vertigo ». Et comme souvent c’est une petite bombe. Alliant parfaitement l’aspect espionnage du récit avec une envie assumée d’en mettre plein la vue et de ridiculiser les blockbusters du cinéma, « Les Losers » est sans aucun doute le comics de ce début d’année. Andy Diggle crée des personnages attachants,crée des rebondissements à la pelle, et complexifie l’intrigue au fur et à mesure que l’on avance. Les dessins de Jock peuvent désarçonner au départ,mais son sens du story-telling son découpage compensent largement …et puis une fois les 3 premières pages passées, impossible de décrocher : violence,humour,dialogues référenciels, réflexions sur le rôle de la C.I.A de nos jours,tout est réuni pour passer un très bon moment.

Je ne connaissais pas le travail de Diggle avant de lire ce comics mais une chôse est acquise : j’attends impatiemment de lire son travail sur Daredevil,car j’ai comme l’impression que son arrivée sur la série de l’homme sans peur va être pour le moins jouissive.

samedi 24 janvier 2009

Fontaine,laisse moi boire de ton eau...

Projet maudit de Darren Aronofsky( le réalisateur de Requiem for a dream),The Fountain a failli ne jamais voir le jour. Abandonné par Brad Pitt peu avant le tournage, le film a été repensé pour pouvoir se monter avec un budget amputé drastiquement faute d’acteur bankable attaché au projet. Finalement, en recentrant l’histoire sur ce qui importait vraiment et surtout sur ses personnages, l’œuvre en sort sans doute grandie.

Mais ce fut un chemin de croix pour réaliser ce long-métrage. A tel point qu’Aronofsky avait un temps abandonné le projet pour le confier au soins du dessinateur Kent Williams chargé de mettre son scénario en images pour en faire un comic book du label Vertigo.



Les droits en VF de ce comic appartiennent aux éditions Emmanuel Proust et il est difficile de se le procurer depuis un moment déja. Il offre une perspective intéressante au projet, et comparer les deux œuvres serait un exercice intéressant...mais long et harassant.



Tomas Creo est un conquistador au service de la reine Isabelle d’Espagne. Le pays est gangrené par l’inquisition et le sang est versé de plus en plus fréquemment. Alors que l’étau se resserre autour de son cou,la reine charge Tomas de découvrir l’arbre de vie (dont la sève serait la fontaine de jouvence cherchée par Ponce de Léo) caché par Dieu après qu’Adam ait gouté à l’arbre de la connaissance. Celui-ci serait caché par une pyramide maya. Pour sauver sa reine d’une mort certaine et revenir vivre auprès d’elle une existence éternelle, Tomas part affronter les dangers de la Nouvelle-Espagne.

Tom est astronaute. A bord d’un étrange vaisseau ne contenant que lui et un arbre immense qui lui sert de nourriture, il tente de rejoindre Xibalba,un astre mourant dont les mayas croyaient qu’ils s’agissaient du royaume des morts. Le voyage est long et Tom est hanté par le fantôme d’une femme lui demandant de terminer quelque chose.

Tommy Creo est un savant. Il travaille jour et nuit sur un moyen de soigner le cancer. Délaissant ainsi sa femme Izzy. Cette dernière est mourante et il a choisi de tout miser sur la recherche pour la sauver plutôt que de passer le reste du temps qui lui est imparti avec elle.

Ces trois histoire se mêlent et se démêlent, laissant progressivement se dévoiler les connexions et les interconnexions les reliant. Bien que visuellement bluffant, le sujet de The Fountain est des plus simple mais aussi des plus efficace : jusqu’où va-t-on par amour ? Cet amour qui peut rendre fou et vous faire perdre de vue toutes les perspectives. Car par amour, Tom/Tomas/Tommy préfère s'isoler que de profiter encore de l'objet de son affection. L'amour s'occultant lui-même tant il est fort, voila le vrai sujet du film. Un tel amour n'existe plus après un certain âge, c'est l'amour tel qu'on le conçoit adolescent: l'amour fou qui terrasse toutes les barrières ( c'est aussi celui qui mena à la mort Roméo & Juliette). Et dans un élan de poésie cinématographique, Darren Aronofsky nous replonge dans cet état d'âme. Un état qu'on voudrait tellement retrouvé que l'on souffre pour Tom, lui qui a la chance et le malheur d'encore ressentir ce sentiment avec une telle force ! On ressort de la salle un peu ailleurs, presque K.O, comme si on avait laissé quelque chose derrière nous quand le générique s'achève. Parce que le film frappe fort et juste, là où ça fait le plus mal et le plus de bien: au cœur !

Dans le(s) rôle(s) que Brad Pitt devait tenir l’on retrouve l’excellent Hugh Jackman qui prouve encore une fois que le rôle de Wolverine ne lui colle pas à la peau. Face à lui l’on peut voir une Rachel Weisz émouvante et resplendissante en femme résignée,en paix avec elle-même (elle le dit dans le film " je n'ai plus peur Tommy...") face à sa mort prochaine.

Le film se termine dans une extase cinématographique où les trois histoire se fondent en une et où la métaphysique,la mort,le temps et l’amour se confondent. Et quand de tels concepts se mélangent, alors tout devient possible...

Tout devient possible car pendant que Aronofsky chamboulait nos sentiments, il distillait petit à petit plusieurs concepts philosophiques (ou religieux) et des éléments visuels forts (le travail de cadrage est d'ailleurs l'un des grands atouts techniques du film). Tout a un sens : une alliance qui disparaît, des tatouages phagocytant un corps autant tortures que marques d'appartenance à un être qu'on a aimé plus que tout. L'univers visuel du film ne tend que vers ça : aider le héros à accepter son sort final. Que la mort ne peut être évitée, car elle fait partie intégrante de la vie : la quête de la vie éternelle n'est qu'une chimère, mais cela en fait le meilleur parcours initiatique pour peu qu'il ne soit pas vain. Et une telle quête ne peut être vaine si elle est déclenchée par l'amour.

L'amour,n'est-il pas représenté par le cercle dans le film ? L'alliance est le symbole évident, le rond de la carte symbolise l'espoir de voir cet amour enfin éclore, et la bulle l'espoir de le voir fleurir ?

The fountain est donc clairement un film qui divise. On aime ou on déteste mais il n’y a aucun juste milieu. Peut-être parce qu’il fait plus appel à nos émotions qu’à notre esprit conscient.

Et si l’on y ajoute la musique de Clint Mansell(Requiem for a dream) que l’on peut qualifiée de classique instantané et bien l’usine lacrymale fonctionne un maximum à la fin du film. Le compositeur fait ici appel à un orchestre des plus petits : le Kronos Kartet est accompagné par le groupe de rock Mogwai et le résultat s’écoute en boucle chez les possesseurs de la bande originale.

Le film se classe sans honte aux cotés d’un Blade Runner qui lui aussi cherchait à disséquer un peu l’âme humaine.

Pour l’anecdote il faut signaler que c’est Cate Blanchett qui devait tenir le rôle d’Izzy avant la défection du sieur Pitt. Qui depuis lors retrouve l’actrice dans divers films (Babel, The curious cas of Benjamin Button).

lundi 12 janvier 2009

Bordel of God !

Jesse Custer est révérend dans un bled paumé du Texas. Et par un beau dimanche matin, alors que son église est pleine à craquer (pour une fois que ça arrive) ,sa vie va changer…Mais revenons un peu en arrière. Au Paradis c’est la panique, Génésis s’est évadé. Génésis est le fruit (béni de vos entrailles) de l’union entre un séraphin et une démone. Cet être d’un genre nouveau pourrait rivaliser avec Dieu le paternel si elle se trouvait une conscience...et devinez où elle va aller la chercher ? Bref Jesse Custer est touché par la « grâce » mais au moment de l’impact toutes ses ouailles se retrouvent réduites en bouillies, alléluia mes frères.
Cherchant à comprendre ce qui sest passé, il se retrouve bientôt avec des emmerdes de la taille l’Empire State Building aux fesses. Les anges ont réveillé le Saint des Tueurs pour l’envoyer ad patres, sa mémé le cherche et le Graal, une organisation qui gère la lignée divine depuis des temps immémoriaux et dirige le monde en secret, lui en veut.
En cours de route il apprend également qu’à la naissance de Génésis, Dieu a démissionné de son poste ,effrayé par le pouvoir de Génésis. En quittant le paradis, Dieu est coupable aux yeux de Jesse d’abandonner les hommes. S’en est trop,il décide de ramener le Seigneur sur le trône du Ciel même si il doit le ramener par la peau du cul pour ça. Dans sa folle aventure il sera rejoint par Tulip,son ex-petite amie devenue tueuse à gages (il y a une raison à ses deux états) et Cassidy un « sympathique » vampire irlandais (qui n'est pas tout à fait décrit comme le vampire basique que l'on rencontre habituellement,ça change)...et par le pouvoir divin de Génésis à savoir la « voix de Dieu » : tous ceux qui entendent Jesse Custer doivent lui obéir. Un don assez pratique pour se tirer d’affaires délicates.




























Vous l’aurez compris,Preacher est une série assez barée,plus irrévérencieuse et dialoguée qu’un film de Tarantino et le langage châtié que j’emploie depuis le début de cet article n’est que de la pisse de chaton en comparaison de ce qui vous attend dans cet œuvre qui aurait été mise à l’index depuis un bout de temps si ce foutu révérend avait été un putain de cureton de campagne(Notons que le fameux Da Vinci Code est bel et bien à l'index,sacré Vatican và). On doit le scénario de cette série savoureuse à Garth Ennis, scénariste irlandais (pourquoi les British sont meilleurs scénaristes que les ricains en matière de comics ? Mystère mais c’est un fait quand on voit Neil Gaiman,Warren Ellis,Mark Millar ,Alan Moore etc…) et les dessins sont de Steve Dillon (bref pas la tasse de thé de tout le monde car il est réputé pour toujours dessiné le même visage mais tant pis cette série est une bombe quand même). Les couvertures sont elles signées Glenn Fabry dont le style réaliste et trash convient parfaitement à ce road-movie divin qui filera des crises cardiaques à tous les fidèles fanatiques de la crucifixion.Il est fort probable d'ailleurs que le film "Dogma" de Kevin Smith ait été fortement influencé par "Preacher".
On retrouvera ensuite Ennis et Dillon sur la série consacrée au Punisher,le justicier expéditif de Marvel avec un résultat moins bon scénaristiquement mais tout aussi jouissif quant au plaisir coupable qu’il procure à la lecture.