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vendredi 10 avril 2026

3 nouveaux livres

 A chaque passage en librairie je suis effaré par les nouveautés, de plus en plus

Un déluge chaque mois 

Je vous mets là trois "valeurs sures" à mes yeux



J'aime tout ce que nous propose Cyrille
Cette adaptation ne fait pas exception, même si plus "légère" en apparence
Un vrai plaisir de se balader avec lui 




Il semble préparer en ce moment de belles com


il prépare surtout un récit avec un mega connu diable cornu


personnage d'un Mignola à qui il fait un beau clin d'oeil, je trouve, sur des séquences de sa bd très Mignoliennes comme celle ci


Comme pour Cyrille, je suis toute la production de Bruno Duhamel, là encore sans exception car j'ai toujours estimé que pour les auteurs que l'on apprécie une vision d'ensemble est un vrai plus ,en suivant tout



 Il a l'art de raconter des histoires qui peuvent sembler simples, mais qui disent plus que le récit principal, avec des convictions sous jacentes, que je partage. Ici le prétexte est celui d'une chasse au métal, dans un magnifique milieu rural





Enfin, un auteur bien plus âgé, dont je suis très loin de connaitre toute la production mais que j'apprécie 

Baru fait une "autobio" rock and roll qui me parle et dont j'ai hâte d'avoir la suite





jeudi 17 juin 2021

Pause hexagonale

 

Retour aux USA dès lundi, mais aujourd'hui deux albums français qui, selon moi, méritent d'être exposés (à ma petite échelle)

L'un évoque la France avec une trait un peu ricain , et l'autre évoque les usa avec un trait français, même si aujourd'hui chaque genre se mêle à l'autre

Très agréable surprise


Je suis le travail de Benoit Springer d'assez près depuis de nombreuses années

S'il était resté  avec son trait musculeux à la Conan de ses débuts j'aurais lâché rapidement, mais il a changé, s'est mis à expérimenter, à moduler son approche graphique et à changer de thèmes, souvent

J'ai à peu près tout ce qu'il a pu faire

Cette adaptation de Victor Hugo, avec Sévrine Lambour, m'a conquis

J'ai complètement retrouvé mon ressenti de la lecture d'origine, un peu ancienne

L'art du découpage, des attitudes corporelles, de l'encrage...tout est pesé et tout fonctionne parfaitement

Ne parlons même pas du sujet, universel et intemporel, que tout le monde doit connaitre



La colo, par le duo aux manettes, est bien, mais quand je vois des bouts d'encrage sur FB je me dis que si c'est n'est pas déjà prévu il faut absolument sortir une version n et b

L'encre sur le papier à grain...miam



Les USA vus par Bruno Duhamel


Là encore je suis tout ce qu'il fait, et depuis qu'il oeuvre en solo chez Bamboo c'est un sans faute, avec quasi une livraison par an, sur des thèmes à la fois "grand public" et personnels

Il fait toujours en sorte de distraire avec une histoire bien construite et agréable à suivre, mais il place toujours des thèmes sociétaux et des sujets qui semblent le toucher de près : la solitude, l'inadaptation, le vernis social, les medias, la marginalité...

Ici on suit un cow boy qui n'en est pas un mais qui en est un quand même...Je ne dévoile pas et vous laisse découvrir

les couleurs nous rappelent à la fois que c'est la vraie vie et du "carton pate"


La partie "vrai western" joue avec les codes, et la couleur change pour l'occasion


Un wip montré par l'auteur, du rough à la colo

Ce n'est pas un reproche et je ne saurais véritalement l'étayer mais pour le suivre donc depuis longtemps j'ai une petite frustration : je sens qu'il en a sous le pied et serait probablement en mesure de se lâcher un peu plus au dessin. Il reste sage et, surtout pour les perso et leurs attitudes, il se maintient dans une zone apparente de confort que j'aimerais le voir bousculer un peu.
Je suis certain qu'il pourrait surprendre davantage, peut être en poussant moins son crayonné, voire en passant du rough à l'encrage, ou alors en mettant plus de "folie" dans le découpage

Ce n'est qu'un ressenti perso et son travail reste très bon

Et puisque c'est dans 2 jours...

Tant qu'à faire, offrez un package avec Claude Gueux


mercredi 18 septembre 2019

Tout frais, et à lire!

 La rentrée littéraire, c'est un raz de marée, qui touche aussi la BD
Que lire?
Je fais cette entrée pour 5 livres très récents, qui sortent en moins d'un mois, de mi août à mi septembre, et que je conseille très chaudement
(nul doute qu'il y en aura d'autres, les arrivées ne faisant que commencer)

Will Eisner disait que tout le monde peut dessiner, mais que ce qui compte, c'est ce que l'on raconte.
Comment contrarier un tel génie? Et pourtant, je pense que si le récit est important, il y a ce que l'on raconte, comment on le raconte, et avec quels moyens graphiques
 Mon mini florilège présente en peu de bouquins une bonne diversité d'approches il me semble.
On commence
 Je suis très client de Denis Robert, quel que soit son support d'expression.
La BD n'est pas "son medium naturel", ce n'est pas le rabaisser que dire cela mais il a un dessinateur, je dois bien l'avouer, qui théorise depuis si longtemps, avec un talent certain, et une mise en application continue, du coup l'ensemble est assez irréprochable, formellement. On sent bien que Franck Biancarelli connait son complice, et qu'il fait sienne la matière première qui lui a été donnée.
Ce polar est très bon. Il ne réinvente pas le genre contrairement à ce que suggère la 4 de couv, mais il est terriblement bien mené, avec des tiroirs où il faut comme il faut. Il fait réfléchir sur la justice, la morale, les zones grises, l'amour et pas mal d'autres choses, enveloppées dans un récit qui ne donne pas de leçons.
Franck Biancarelli n'a pas un dessin vers lequel j'irais spontanément. En vieillissant je vais vers plus de stylisation, de "radicalité", voire de cartoony...Il faudrait que je lui consacre une entrée pour étayer, mais pas celle ci, déjà bien (trop?) longue.
Il a une exigence qui force le respect et, surtout, un sens de la narration, et du non dit/non vu (rappelons que narration et sens de l’ellipse sont frères jumeaux et à la base de toute la bd selon moi)
 Il cherche, il essaie, il bricole, il rend hommage, il s'amuse (je pense) il prend des risques, il se plante, il réussit...avec au final un vernis (serait ce du professionnalisme/expérience?) qui lisse et harmonise l'ensemble.
Je reconnais avoir préféré l'approche graphique de Grand Est, le précédent livre du duo, car il y avait une urgence visible, un aspect brut qui me parlait plus, mais là il y a aussi de grands moments et des scènes plus "banales" qui, pour moi, fonctionnent à merveille
Morceaux choisis

 
 
 La case que deviendra ce rough est formidable, mais il vous faut acheter l'album pour le vérifier
 Le GROS best seller attendu de la rentrée
J'y allais à reculons, pour pas mal de raisons : surmédiatisation, un scénariste reconnu dont je sais ne pas être fana des bd (mea culpa) un dessin virtuose mais qui parfois me laisse dehors...
Des avis m'ayant poussé, j'ai plongé et je ne le regrette pas
On ne peut rien déflorer des astuces de cette histoire, et tout ce qui peut être dit fut dit par les auteurs en de multiples supports/entretiens
 C'est brillant, malin et super agréable
On comprend à quel genre de dessin nous aurons droit dès la première planche

 Le noir et blanc parait intéressant, mais Guarnido excelle lors de la mise en couleurs
 
 C'est le tirage de luxe qui révèle les recherches et le noir et blanc
J'aime beaucoup ce lavis/recherche d'ambiance

Depuis les Brigades du Temps et "je suis pas petite", je suis tout ce que fait Bruno Duhamel dont j'apprécie la rigueur, l'approche, la morale apparente et bien sur le dessin
 Attaquer les réseaux sociaux et parler d'un monstre type Loch Ness, c'est casse gueule et un peu repoussoir pour moi tant je ne suis pas fan du sujet 2 et que le 1 me semble un cliché.
En réalité il nous parle de ça, mais pas que. Il y a bien plus dans cette histoire de vieux bougon ermite qui se retrouve sous les feux des médias
On peut penser que l'auteur annonce/dénonce des évidences, sur la superficialité actuelle, la bêtise humaine, l'effet de groupe...mais ces portes ouvertes ne sont pas enfoncées elles sont contournées, approchées avec finesse et sourire en coin
Ca,et le fait qu'il dessine bien et qu'il raconte bien

 
 
 Lui, il est presque hors jeu car sorti le 15 août, mais je le mets car je suis hyper client de Libon, de tout ce qu'il fait, et que ces cavaliers sont un régal de gentille bêtise, de sens de l'absurde, avec un dessin qui semble si simple qu'il ne l'est pas
L'impression que donne Libon est de ne pas s'intéresser à son lectorat, au sens où il ne parait pas écrire telle ou telle série pour tel ou tel lectorat. Il semble juste s'amuser puis il laisse le bouquin chercher son lecteur
Ca marche, ce livre est pour tout le monde
 
 
 Encore un presque hors concours car dispo en théorie depuis quelques temps, mais ils se trouve que les envois aux souscripteurs n'ont pu se faire que récemment, et du coup c'est en ce moment que la grande majorité des livres arrive chez leurs propriétaires
Du coup c'est presque une nouveauté du moment, 
et tous les prétextes sont bons pour rappeler que c'est une tuerie (dans tous les sens du terme) et que le fait qu'il n'y ait pas de texte ne le rend pas plus court à la lecture
 

 En guise de conclusion, ce livre aussi est de ce mois-ci, mais sans images.
C'est l'auto bio d'un extraterrestre passionnant
Que l'on aime, ou pas, Metal Hurlant, Les Enfants du Rock ou tout autre chose que ce passeur a pu faire, on se régale des 400 pages
Je n'ai pas lu Metal Hurlant et je ne regardais pas ses émissions télé, probablement né trop tard, mais j'aime l'écouter