Une entrée sur un gars qui ne se fait plus jamais encrer, pour un blog bien axé encrage!?! C'est comme s'il y avait eu un Point d'Encrage dans Scarce sur un dessinateur exposant du crayonné (ah oui tiens, ce fut le cas pour Paul Renaud :-)
Mais en fait Frank Quitely est si bon qu'il me fallait au moins l'évoquer
J'ai lu que son pseudo est un anagramme de ce qu'il entendait le plus, lors des refus de ses dessins par des éditeurs : "Quite frankly"... ("pour être" franc...)
Ceux qui disaient cela réalisent ils à quel point il est devenu bon, en tout : dessin pur, expressivité, fluidité, narration...
A ses débuts il se faisait encrer mais son trait était déjà précis. On voit là que l'encreur Trevor Scott joue un peu avec les épaisseurs de traits, mais sans plus
Idem avec le très bon encreur Tim Townsend qui pour l'occasion ne peut que tenter quelques pleins et déliés
La technique permettant depuis des années d'imprimer du crayon sans trop de pertes, il fait comme Charest : il pousse son trait au maximum de ses capacités. Son crayonné est ultra fin. Ne regardez pas les pages suivantes sur un smartphone, vous ne verriez pas la moitié des traits
Ce qu'il fait est magnifique, quel dommage que les scénarios m'intéressent rarement (Morrisson, Millar...je fais des efforts juste parce que c'est Quitely)
On voit bien le bleu, puis le crayon par dessus
La pression sur les épaules du coloriste est terrible, déjà parce que Quitely est un excellent coloriste lui même et que passer sur son dessin (il prendrait trop de temps à tout faire) doit être quelque chose, et puis parce que ce trait est si délicat que tout peut être détruit par une couleur mal adaptée
Probable que Quitely donne des directions assez précises à son coloriste (ici Peter Doherty)
Tout seul Quitely est excellent. Il dessine là Mr Moore
Et sur celle ci il se met en couleur. Encore une fois tout est bon
Pour finir, le coloriste Nathan Fairbairn expose son process de mise en couleur de Quitely, avec en exemple cette page. Allez y, c'est intéressant, et c'est là
J'allais oublier : jetez vous sur le tout nouveau t 1 de Jupiter's Legacy, en vf:; Panini . Millar tourne souvent à l'automatique puisque sa recette fonctionne (violence, langage coloré, provoc, un peu de politique, du sexe, narration cinemascope...) mais pour le coup ça marche carrément bien, en tout cas mieux que souvent, donc c'est un plaisir. Et le dessin...extra