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lundi 18 mars 2019

Bob and Co

 Sur Fb Bob Mcleod a partagé énormément d'exemples de ses encrages. En voici une petite sélection, thématique et perso
Au dessus vous avez un crayonné très Ronin de Frank Miller que Mcleod rend plus lisse, mais c'est plutôt joli. Notez combien un encreur était payé en 1980 pour une couv : 40 usd!!

Il avait déjà encré un tout jeune Miller avant DD, complètement sous influence Gil Kane, ci dessous
 Ce jeune Miller était également relativement proche, à l'époque, du trait de celui dont je n'ai jamais rien aimé, Jim Starlin, qui fournissait là des crayonné non finis, terminés à l'encre
 Le duo que j'ai du trouver le mieux avec Mcleod est celui qu'il a formé avec Dale Keown sur Hulk. Beau et explosif
 Kraven Last Hunt, avec Mike Zeck, était grandiose, mais sur la fin le dessinateur n'a plus fourni que des découpages, que Mcleod respectait bien
 sur la "suite" de Last Hunt les choses ont dégénérées, l'encreur changeant son style. Il a dit que l'editor lui avait laissé entendre (sans injonction) qu'il fallait coller au style de finition alors à la mode because Image. Du sous Scott Williams!
Pas beau avec ces hachurages sans aucun sens
Sur celle ci ca va
Ca se corse
 La cata
 Amusant de voir que Mcleod trouva le perso de Ron Frenz trop petit, demandant l'accord (à l'editor!) de le faire plus grand

 Sur celle ci il précise que McFarlane fut payé au tarif crayonnés finis, alors qu'il estimait, lui, encrer des crayonnés pas si terminés que ça.
Pas faux


 Michael Golden est dur à encrer. Il sait très bien ce qu'il envisage au final et il devrait toujours s'encrer lui même
Sur cette page Mcleod est assez proche de ce que ferait Golden je pense
Malgré le lavis, ici aussi il respecte plutôt bien l'absence d'aplats noirs dans le crayonné de Golden
 Tandis que là, étrangement, il ajoute pas mal de noirs
 Une rareté : un jeune Sienkiewicz encore en mode Neal Adams, encore plus retenu par son encreur
 Mcleod a encré de nombreux comics de John Buscema. A mon sens il enlevait de la sauvagerie de l'approche de Big John mais il fut loin d'être un mauvais encreur.
Là il s'agit clairement de simples découpages que Mcleod doit terminer avant d'encrer
 Idem. Au final on a du Buscema ET du Mcleod qui termine sans chercher à modifier
 Sur du crayonné fini il est encore très respectueux
 Il se considère, sans modestie excessive mais justifiée, comme l'un de ceux ayant su encrer le très difficile Gene Colan
Je lui préfère, et de loin, Janson et Palmer, mais il s'en sortait bien
Sur cette page il est étrange de voir qu'il a sorti de l'ombre, totalement, le perso de la case 4. Que ce soit logique, ou pas, cette décision relèverait tout de même plus du dessinateur qui livrait là des crayonnés finis (car rappelons qu'il n'était pas attendu la même chose, ni les mêmes libertés, d'un encreur à qui on donnait des découpages, des crayonnés non finis, ou des crayonnés finis)
 Là c'est le choix de quasi faire disparaitre les cases 4 et 6 sous la brume qui peut sembler excessif, même si artistiquement assez logique
 Pour finir, la première page d'une étrangeté : une parodie dessinée par Mcleod et encrée par Janson. On voit bien les 2, malgré un dessinateur en mode Jack Davis

vendredi 4 mars 2016

Mon Geant Vert

 Près de 55 ans de publication, largement plus d'un millier de comics, des centaines d'auteurs...autant dire qu'il est impossible de passer en revue les dessinateurs (sans évoquer les scénaristes, encreurs...) qui ont usé leurs crayons sur The Incredible Hulk. Pourtant il y a eu du beau monde car comme Batman et Conan C'est un perso qui attire les auteurs, par son aspect primaire, brut, qui se prête à tous les jeux graphiques
Je montre juste les rares dessinateurs que j'associe au géant vert. Sachant que j'ai peu lu le titre et que pas mal d'auteurs m'ont laissé indifférent, ne criez pas au scandale : "où est McFarlane?! Et Gary Frank c'est de la daube?!..."j'en ai chois TRES peu
Historiquement on remonte forcément au père de tous nos héros fétiche, le King
Mais si le nom de Kirby convoque ce genre d'image...
 à ses débuts (gris, pas encore vert) Hulk n’était pas un tel colosse sous le crayon de Kirby
 sur des layout du King, Romita rendait un gars top beau, trop lisse
 Toujours pour rester sur de l'historique il y a deux auteurs qu'il faut associer à Hulk, qu'on les apprécie ou pas (je ne suis pas fan du 1er, et le 2nd est un honnête, et fiable, artisan à mes yeux) car leur passage fut long
Herb Trimpe
 Et Sal Buscema
 Un Sal Buscema qui reviendra bien des années plus tard, pour encrer Ron Garney dans une version du personnage pas si éloignée de la sienne que cela
 Mais pour moi, le personnage c'est vers un autre auteur mythique qu'il faut se tourner pour le trouver, tout en puissance et en fureur : John Buscema
Capable de le définir en quelques traits de crayon...
 et aussi brillant quand il s'agit de s'amuser avec l'une des nombreuses incarnations du colosse (Peter David nous régalera de ces versions)
 A mes yeux de fan très éloigné de cette brute verte, il y a TRES peu d'auteurs qui m'ont charmé graphiquement. Vraiment très peu
Sur du one shot il y a Wrightson et ce superbe GN Hulk et la Chose
Sur du run plus long il y a Dale Keown. Encré par McLeod puis Mark Farmer c'était la classe (scénar au moins aussi bien de David)
Il se faisait plus plaisir avec des pleines pages qu'avec du séquentiel mais c'était bon
 
 Adam Kubert a fait des merveilles. Aussi brillant sur de la finesse et de la poésie que sur du gros bourrin. Géant!
 
 Rick Leonardi a raté le coche. Son trait aurait pu coller parfaitement sur cette grande carcasse de jade, mais il a fait trop peu de numéros (des soucis de scénaristes ou d'editors, je ne sais plus) Dommage car c'était sympa
 Lee Weeks en a peu fait alors qu'il a, pour moi, l'approche idéale : un Hulk massif, trapu... une bête
 John Romita Jr fut parmi les meilleurs, prenant la puissance de Kirby, les postures de John Buscema, et un encrage idéal de Giordano puis Tom Palmer (comme sur cette double page pleine de fureur)
 Histoire de montrer que je tente de jeter des coups d'oeil à la prod actuelle, je trouve amusante (au dessin) la version qu'en fait en ce moment Frank Cho
 Byrne, qui lui non plus n'a pas fait assez d'épisodes à mon goût, résume "mon" Hulk en une seule image, sur cette commande privée

lundi 23 juin 2014

Dale Keown

 Dale Keown a débuté sur des titres obscurs et, un peu comme son idole John Byrne, il a rapidement explosé sur un titre Marvel : Ses Uncanny X-Men à lui furent en fait The Incredible Kulk, fin des 80' début des 90
Les scénar de Peter David étaient malins, inventifs et amusants, ce qui ne gâte rien
Juste pour montre que l'influence de Byrne serait dure à renier
 Bob MCLeod encrait le jeune Dale. Comme toujours avec cet encreur, une finition très propre, et pro. Keown était bridé, doublement : il aurait voulu plus d'action qu'en n'en donnait David, et un encrage plus lâché que ne le faisait McLeod. Reste une résultat agréable
 Keown était clairement plus porté sur les couv ou pleines pages qui sautent aux yeux, que sur du séquentiel/ narratif

 Cette page est particulière car c'est une commande privée d'un fan à McLeod, lui demandant de refaire la page sur papier spécial (duo tone)
 Demande du dessinateur ou heureux hasard? En tout cas l'encreur change : celui qui sublime Alan Davis depuis des années, Mark Farmer reste dans la même approche/finition, mais apporte plus de finesse et de classe
 Un exemple de la précision des crayonnés
 Une autre influence majeure est visible sur cet encrage partiel : Wrightson et ses finissions  si reconnaissables
 1993 : tout se gâte. Image Comics arrive avec son cortège de dessinateurs stars jugeant tout scénario inutile. Keown en est une caricature avec sa création The Pitt (Hulk sans le vert et sans nez); Un pitch vague, aucune idée, aucun scénario, mais de belles images bien fortes. Il se fait plaisir mais ça tourne en rond au bout de ...1 numéro

 Je termine avec un des dadas de Keown : le visage en gros plan, grimaçant (et impressionnant)
 Il l'a refait plein de fois ce coup là. Exemples


 Mais que se passe t il? Voulant maitriser l'image jusqu'au bout, il pousse le crayon et n'encre plus. On perd en puissance, presque toujours


 Dernièrement, pour moi, c'est la cata car le crayonné, poussé à ce point, fige un dessin maniéré, posé.
alors qu'il savait encrer avec force
De nos jours il en est toujours à ces couv au crayon, sans encrage. Dommage
S'il revenait à un encrage bien maitrisé, et avec un scénariste comme Peter David, le résultat pourrait faire des étincelles