Qui a peur de la baisse de la natalité ? En France comme ailleurs, elle alimente deux pronatalismes qui s’affrontent en apparence : l’un réactionnaire, veut restaurer la famille traditionnelle ; l’autre progressiste, croit pouvoir « corriger » la fécondité par des congés parentaux et des places en crèche.
Ce livre oppose à ces récits une autre boussole, en montrant que la démographie ne peut redevenir un outil d’intelligibilité du présent qu’à condition d’être libérée de l’injonction à produire des naissances, et que la lutte contre l’infertilité, érigée en priorité nationale, reconduit sous des dehors médicaux une grammaire hétéronormée de la reproduction.
À rebours du natalisme, il pose la liberté et l’autonomie reproductives comme seul horizon légitime d’une politique de population.
Armelle Andro est professeure de démographie, spécialiste en études de genre et en études sur les sujets sensibles, ses recherches portent sur des questions de sexualités et de santé sexuelle.