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mercredi 15 mars 2023

Cubaines, italiennnes, hindoues, parisiennes... Les racines d'un grand classique de l'exotisme (1936)

 

La Cellule vous embarque aujourd'hui sur les traces d'un grand classique cubain, ou peut-être para-cubain devrait-on dire, ou méta-cubain, ou sur-cubain pourquoi pas... ou comme vous voulez. Les choses se passent à Paris où le monde du spectacle de l'Entre-deux-guerres est friand d'exotisme et peu regardant sur l'authenticité des pedigrees annoncés en haut des affiches. Les musiciens du Lecuona Cuban Boys sont cependant tout ce qu'il y a de plus cubains et sillonnent l'Europe en crise depuis quatre ans. Arrivés de La Havane en Espagne en 1932, les LCB avaient connu des débuts difficiles. En 1934, le compositeur Ernesto Lecuona, gravement malade, avait été obligé de les laisser poursuivre leur périple sans lui mais dès lors qu'ils mettent les pieds à Paris, où ils sont acclamés, leur succès est phénoménal sur tout le continent. Le seul élément que le grand orchestre de plus de douze membres avait négligé d'emporter des Caraïbes était un chanteur du cru. Aussi embauchent-ils une star italienne de retour d'Hollywood, Alberto Rabagliati qui officie sur la plupart de leurs disques des années 30. Sa voix n'en fait pas moins merveille sur cette composition d'Armando Valespi Orefiche et Armando Orefiche (deux Armand pour le prix d'un), ce dernier étant le pianiste et faisant figure de leader de l'ensemble. Le morceau évoque quant à lui un sous-continent indien d'opérette - exotismes en chaîne! - et constitue une merveille d'équilibre avec un arrangement d'une modernité saisissante, devenu plus tard (dans les années 50-60) un standard du sous-genre de l'exotica - exotismes concaténés! Il a été enregistré à Paris le 29 septembre 1936.

Lecuona Cuban Boys - Hindou (1936)



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samedi 25 janvier 2020

Bagarre calypso (1936) : Rendez-nous nos bâtons!

Lors du carnaval de Trinidad, des combats de bâton ont traditionnellement lieu. A l'époque colonial, ils ont été plusieurs fois interdits ou limités. Au tout début du XXe siècle, un certain Millington, apparemment un policier, semble avoir eu un rôle tout particulier dans la répression du kalinda, cet art martial d'origine africaine. Trente-cinq ans plus tard King Radio (alias Norman Span) et The Tiger (Neville Marcano) se mettent à deux pour réclamer en français créole leur bâton. Un morceau complètement entêtant eneregistré à New-York en 1936, où le calypso lorgne du côté du scat!

 King Radio, The Tiger accompagné par Gerald Clark et des Caribbean Serenaders "Millington" (1936)


PS : Si vous voulez en savoir plus à propos du tableau peint par le suisse François Aimé Louis Dumoulin (1753-1834) et conservé au Musée de Vevey, n'hésitez pas à suivre ce lien.

vendredi 6 mai 2016

"Are you ready, Hezzie?" : les Hoosier Hotshots

Un peu de swing rural ce matin, de vaudeville des années 30, avec les Hoosier Hotshots, venus de l'Indiana avant de faire leur trou à Chicago et d'exploser à Hollywood (bien entendu). Ce quatuor amateur de jazz pas triste ne dédaignait pas les instruments habituels (contrebasse, guitare ou clarinette, etc.) mais Hezzie Trietsch (celui avec la casquette) ajoutait une pincée de fantaisie en inventant ses propres instruments, le "zither" ou le " wabash washboard", que le musée de l'Indiana a pieusement recueilli dans ses collections, le voilà :


Mais écoutez donc ces deux sketchs musicaux cintrés pour vous placer du bon côté de la journée.


Avec un bonus filmé pour vos mirettes, les veinardes!






mardi 6 janvier 2015

Les classiques : why don't you do right?

Au début, il y a les Harlem Hamfats, un groupe de musiciens basé à Chicago qui s'est contenté d'enregistrer sans jamais jouer en public mais qui n'en a pas moins inventé le son le plus hot de la fin des années 30 en mêlant le blues âpre du Sud avec le jazz plus sophistiqué développé dans les villes du Nord. Venus des campagnes de Louisiane et du Mississippi ou de La Nouvelle-Orléans, les sept membres originaux du groupe ont tous connus un parcours similaire remontant le fleuve jusqu'aux grands lacs en s'arrêtant parfois en chemin à Memphis. Un de leurs tubes de 1936, écrit par Joe Mc Coy (qui avait auparavant accompagné Memphis Minnie) s'intitule "Weed Smoker's Dream". Il est donc d'abord question de beuh et des effets plutôt malencontreux, en l'occurence, de ladite herbe. Tel quel, le morceau est parfaitement excellent, plein de variations et de puissance.



Puis en 1941, Joe McCoy a l'idée de transformer les paroles d'une chanson initialement teintée de misogynie pour laisser tout la place nécessaire à une voix féminine. C'est la sublime Lil Green qui s'y colle. Les arrangements sont épurés avec au maximum : juste le piano et la guitare de Big Bill Broonzy. La mélancolie prend une intensité inédite et le reste appartient à l'histoire...



dimanche 3 mars 2013

Les classiques : Mango Vert / Monkey


Pour commencer, un des grands ancêtres du calypso : "Mango vert", enregistré par le Lovey's Band, alors en tournée aux Etats-Unis lors de sessions historiques, de loin les plus anciennes de la musique trinidéenne, dès 1912! Ce qui est incroyable, c'est que le son est déjà excellent et le groove dingue.



Parmi les chansons dérivées de "Mango vert", "Monkey" est sans doute une des plus proches. Ici la version du trio formé par King Radio, The (Roaring) Lion et The (Growling) Tiger, trois stars des années 30 (ici en 1936).


Puis celle vitaminée de Derrick Harriot, transplantée en 1963 dans la non lointaine Jamaïque. "Monkey Ska", ça casse tout.

Comment faire quelque chose d'original sans être ensuite infiniment imité? Le tout c'est que le singe soit doué, non?