Affichage des articles dont le libellé est 1964. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1964. Afficher tous les articles

lundi 29 avril 2024

Les Nuits de Saïgon au mitan des sixties : Phương Tâm

 

 

La carrière musicale de Phương Tâm à Saïgon est météorique. A seize ans à peine, elle devient chanteuse professionnelle dans la capitale du Viet-Nam du sud, dans un pays en guerre où la présence américaine est toujours plus forte. Elle choisit de placer son répertoire sous l'influence directe de la puissance d'Outre-Pacifique, qui excite alors, il est vrai, les oreilles de la planète entière. La nuit, elle passe d'un établissement à l'autre, motorisée par son paternel qui la transporte de night-club en night-club dans la partie huppée de Saïgon. Puis l'amour arrive et l'arrache à cette vie à 100 à l'heure et Phương Tâm plaque tout, à 21 ans, pour une relation interdite avec un toubib de l'armée. En deux ans, de 1964 à 1966, elle a cependant eu le temps d'enregistrer de nombreux hits qui auraient pu rester ensevelis dans les décombres de l'histoire (l'exil d'un côté, le puritanisme intransigeant des viet-congs de l'autre se conjuguant pour faire disparaître les traces de cette aventure musicale) sans l'obstination de sa fille qui découvrit tardivement - et d'abord avec incrédulité - cette facette de la vie se sa chère maman. Une très bonne compilation sous l'étiquette Sublime Frequencies est née de sa quête (vous la trouverez ici). Plonger donc dans le bain avec un de ses morceaux les plus toniques :

Phương Tâm - Có Nhớ Đêm Nào (Souviens-toi de la Nuit) [1964]


Autre facette fascinante de cette discographie nocturne :

Phương Tâm - Đêm Huyền Diệu (Nuit Magique) [1965]



lundi 7 février 2022

Jubiler avec Lulu, et aussi en allemand

 

 

Les pommettes de Lulu! Leur malice espiègle! Sa façon de crier le rock'n'roll à quinze ans comme si elle en avait cinquante en bouteille! Lulu, c'est jubilatoire (jubilululatoire!) et imprévu quand elle sort son meilleur teuton pour vous titiller les esgourdes. Ça se passe en 1966 et l'Allemagne est affamée de tout ce qui vient d'Angleterre (et même d’Écosse en l’occurrence).

Lulu "Wenn Du Da Bist" (1966)


On ne résiste pas à la tentation de placer aussi deux classiques du tonnerre de dieu et de revenir aux débuts plus sauvages de Lulu (avec Jimmy Page qui fait des étincelles à la guitare).

Lulu "I'll Come Running Over" (1964) 


 

Lulu "Surprise Surprise" (1964)




vendredi 18 septembre 2020

Surfin' Lamotte-Beuvron

 


Et si Elvis était né à Limoges ? Et si le delta du Mississippi débouchait en baie de Somme ? Et si Woodstock avait eu lieu dans la banlieue de Beauvais ? Et si Lennon et Mc Cartney s'étaient rencontrés au Lycée à Saint-Flour ? Qu'en serait-il de leur musique ? Pour les amateurs d'uchronie musicale André Popp nous offre une pièce de choix : Et si les Beach Boys étaient de Lamotte-Beuvron et s'étaient épris de chasse plutôt que de surf ? Voici la réponse en trois minutes :



vendredi 14 août 2020

Guitares et Bongos : la recette de l'euphorie avec Lou Christie et les Tammys (1964)




La Cellule vous propose aujourd'hui un concentré d'euphorie juvénile pour dégeler définitivement votre été. Enregistré en juin 1964 avec pas moins de quatre guitaristes, une dose assez rare de percussions tropicales et le groupe vocal féminin le plus cintré de l'époque, les Tammys, "Guitars and Bongo" fut un petit succès pour Lou Christie dans sa Pennsylvanie natale mais surtout dans l'hémisphère sud, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Allez hop, c'est le moment de gigoter autour de la piscine pleine de citron avec un cocktail acidulé au possible :

Lou Christie "Guitars and Bongos" (1964) 





dimanche 15 septembre 2019

Autour du Bayou : en apnée avec Johnny Jenkins (1970)

La Louisiane de Johnny Jenkins est un marais d'adoption. Le guitariste est en effet originaire de Macon en Géorgie (pas en Saône-et-Loire). Et oui, comme le jeune Otis Redding, qui d'ailleurs jouait quelquefois avec ses Pinetoppers et faisait office aussi de chauffeur.

C'est ainsi qu'un beau jour de 1962, Otis conduisit Jenkins à Memphis dans les studios de la Stax pour une session d'enregistrement mais il arriva que ce fut Otis qui prit le micro pendant une pause, qu'il enregistra alors "These Arms Of Mine" (avec Jenkins à la guitare) et que ce fut Otis Redding qui devint la plus grande étoile de la soul music. Jenkins n'enregistra quant à lui qu'un seul single pour le label, un instrumental génial au demeurant ("Spunky" en 1964), puis ce fut le temps d'un long silence. 

Ce n'est qu'en 1970 qu'il revint sur le devant de la scène en homme des bayous inquiétant avec un album Ton-Ton Macoute sous forte influence de Dr John, qui venait d'enregistrer son séminal Gris-Gris. L'accompagnaient dans cette aventure Duane Allman et certains de ses amis (comme le génial Eddie Hinton placé pour une fois aux percussions). Le résultat est un disque de blues-rock hanté par le vaudou qui s'ouvre par une reprise de Dr John.

"I Walked On Gilded Splinters"


La version de Jenkins aura d'ailleurs une belle postérité, puisque Beck la samplera pour son premier tube "Loser". Ton-Ton Macoute compte quelques autres précieuses pépites comme "Sick and Tired" avec son pur groove de La Nouvelle-Orléans. A tomber par terre, plus encore que l'original de Chris Kenner :

"Sick and Tired"


Mais l'album entier est excellent! Je crois que je l'ai vu passer par là.


vendredi 19 avril 2019

Cuba-Hawaï-Kinshasa aller retour



Régulièrement au Tiki Lounge, rue de la Fontaine au Roi à Paris, on peut voir se produire le groupe Kanis & Lou. Armé d'un cocktail et entouré d'un décor du meilleur goût, on peut entendre l'une des formations les plus enthousiasmantes dans le genre hawaiien/exotica, à la fois très respectueuse du répertoire et décontractée. Ils alternent les reprises des as de la guitare hawaïenne comme King Benny Nawahi, standard intemporels de l'exotisme comme le Sleepwalk des italo-américains Santo et Johnny ou une version très inspirée de Bali Hai issue de la comédie musicale South Pacific.

Le morceau qui m'a marqué hier soir est une très rare occurence d'une influence cubaine sur la musique des îles du pacifique : Kou Kino Mambo, par the Polynesians. De Cuba à Hawaï en deux minutes et demi.


Ce morceau, qui réussit l'alliance improbable et idéale entre la décontraction polynésienne et l'énergie caribéenne m'en a immédiatement évoqué un autre : le Mambo Hawaïenne de Docteur Nico.

Colosse de la guitare congolaise, il serait un peu long de résumer la carrière du "docteur" Nico Kassanda entamée dès l'âge de 14 ans auprès de Grand Kallé et l'African Jazz puis aux commandes de l'African Fiesta avec Tabu Ley Rochereau. Disons simplement que son style rythmique et inventif marquera une inflexion dans la musique congolaise dont on encore les échos aujourd'hui. En 1962 ou 1963 -soit un an avant nos amis polynésiens- l'as de la guitare nous livre cette réjouissante rêverie hawaïanisante toute en glissandos. D'Hawaï à Kinshasa en deux minutes et demi.


Les notices de wikipedia se contredisent mais il paraît que le mot Mambo viendrait du Yoruba ou du Bantou, qu'il signifierait voix en coeur ou plus simplement "parler". Que le genre fut popularisé par Arcaño y sus Maravillas à la fin des années trente. Du Congo et ses environs à Cuba. Retour au point de départ.

samedi 2 juin 2018

La clique beat en Italie : le plein d'énergie!

Quatre petits quarante-cinq tours entre 1964 et 1965, et puis s'en vont. La discographie de La Cricca, "la clique", est expéditivement courte (La Nuova Cricca ne durera guère plus...). Oui, mais c'est un concentré d'énergie ultra-efficace, l'expression de l'éruption adolescente sans aucun filtre. Un peu comme les Tammys italiens!


Un poil de surf :


Et n'hésitez pas à quitter vos godasses (Patti Smith vous dirait la même chose) :


Okay, okay, la face B aussi, puisque vous insistez :


lundi 21 mai 2018

Angola séminal : N'Gola Ritmos (1964)



C'est un des premiers groupes angolais à avoir enregistré sa musique. Le morceau, Nzagi, a été gravé à Lisbonne en 1964. Il s'agirait d'un conte mettant aux prises une grenouille et un lézard... Il existe aussi une vidéo avec le mythique combo (pour la télévision portugaise, j'imagine). C'est rare et c'est beau à s'évanouir.


mardi 10 avril 2018

Frénésie klezmer à Bogota : la cumbia et la clarinette


Il n'y a pas que l'accordéon dans la cumbia. Il y a aussi la clarinette et quand elle rentre en frénésie on pourrait croire quelquefois que c'est d'un orchestre yiddish qu'elle émerge. Si vous ne me croyez pas écoutez donc Guillermo Gonzales et son ochestre célèbrant "Lupita" en 1964.


Et voici un autre morceau endiablé de "clarinete power" par le Combo Los Galleros qui joue "Tabaco Mascao" en 1965.


Enfin vous avez ici une présentation du crac de la cumbia, l'oligarque du rythme, Lucho Bermudez avec tout un documentaire qui nous fait remonter aux origines de la musique populaire colombienne, avec la clarinette bien en évidence, tout au centre :




dimanche 11 février 2018

Vikings All Over The World : la Jamaïque en force

Après les Vikings de contrebande, voilà les vrais, les authentiques, les puissants Vikings de la Jamaïque. The Mighty Vikings a d'abord été un groupe de ska emballant, avant de se joindre à la vague rocksteady. Ils ont à l'occasion accompagné les Wailers et officiaient le plus souvent dans les hôtels de l'île, raison pour laquelle ils n'ont pas gravé énormément de disques. Une de leurs particularités est aussi d'avoir compris un nombre important de membres de la communauté sino-jamaïquaine (on vous signale cet excellent article si le sujet vous intéresse). Mais trève de mots, voici d'abord un peu de ska de 1964 (Mitzles's Ska) pour se mettre en jambes :
 
 
Et leur tube rocksteady (Love Me Forever, 1969) pour ne pas laisser retomber la pression : 




mercredi 31 janvier 2018

Vikings All Over The World : un peu de flute sud-africaine (1959)

 
Les Vikings c'est aussi un des premiers groupes de rock'n'roll sud-africain. Nous sommes en 1959 et le Club Pepsi de Johannesbourg enregistre leur disque live, pour se faire de la pub. Les spectateurs n'ont pas l'air très nombreux mais ils sont complètement givrés du groupe. A vrai dire, les Vikings hésitent un peu entre le jazz et le rock, mais ce qui est encore mieux c'est quand ils adoptent un air plus local et sorte la flûte avec Kwaai Kris Kwela.


Une des énigmes liées au groupe concerne la participation (ou non) de Manfred Lubowitz (alias Manfred Mann). Manfred est en effet censé avoir fait partie d'un groupe du nom de The Vikings en Afrique du Sud, avant de gagner l'Angleterre pour fuir l'air vicié de l'apartheid, et s'accrocher avec succès au train de la pop britannique partie à la conquête du monde. Ces Vikings-là sont censés avoir gravé deux disques assez durailles à trouver puisque je n'en ai repéré qu'un. Or justement les notes de pochette dudit disque donnent le nom des membres du groupe et pas de Manfred Lubowitz parmi eux. Alors, bien sûr, il pouvait avoir pris un pseudonyme - c'est assez courant - mais c'est aussi curieux que les discographies de Manfred Mann soient toutes lacunaires sur ce premier groupe sud-af. Il y a peut-être une indice cependant : Manfred Mann est un des rares groupes des sixties à sortir régulièrement, lui aussi, un petit flutiau pour égayer leurs disques. Par exemple sur leur version de Sweet Pea (1967) qui m'a toujours amusé.


En bonus un autre titre parmi mes favoris sans flûte mais plus excité : Hubble Bubble en 1964.


Si quelqu'un en sait plus sur la filiation scandinave de Manfred Mann, qu'il n'hésite pas à contacter nos services...

samedi 6 janvier 2018

Apnée dans le bayou : Johnny Jenkins (1970)



Cocktail ultra-nutritif aujourd'hui au bar de la Cellule : vous prenez un guitariste légèrement dilettante de Macon, Géorgie, le genre de gars à passer pour une influence majeure de Jimmy Hendrix, un mec qui a lancé le jeune Otis Redding et qui l'a même accompagné jusque dans les studios Stax en 1962, mais sans s'engager plus loin parce qu'il ne souhaitait pas devenir un musicien professionnel ; donc, ce gars, vous le laissez mariner une bonne demi-douzaine d'années sans enregistrement puis vous le repêchez et vous l'entourez de toute la fine fleur des musiciens de studio et autres ingénieurs de première bourre, actifs à Memphis et aux alentours (Duane Allman, Johnny Sandlin, Eddie Hinton - qui fait une courte apparition -, le regretté Rick Hall, Terry Manning, etc.) et alors, vous lui soumettez un standard tout neuf, composé par Dr John, le sorcier du bayou, et voilà ce que ça donne :


Soufflez un peu avec cette reprise néanmoins terriblement habitée de Muddy Waters :


Vous êtes près pour repiquer une tête dans les marais infestés de groove de La Nouvelle-Orléans avec "Sick and Tired" signé par les grands Dave Bartholomew et Chris Kenner :


Sur les trois titres précédents qui sont sur l'album de 1970, Jenkins ne fait que chanter (c'est Duane Allman à la guitare), alors avant de nous quitter je vous propose encore l'instru gravé aux studios Stax en 1964 :


mardi 5 décembre 2017

Vikings all over the world : Nicotine 1964

Nouvelle série sur la Cellule consacrée à nos ancêtres les vikings. Il se trouve que presque la terre entière s'est trouvée des origines de ce coté-là un jour ou l'autre. On va vous le montrer si vous en doutez. Et voici pour commencer un groupe de rhythm'n'blues vraiment très obscur et apparemment de Nashville ville plus célèbre pour la country. Bon et en plus avouons que ça colle plutôt bien avec l'encombrement de mes bronches ce matin.


mardi 10 novembre 2015

En Auvergne et même sur la Planèze : Eloïse Decazes et Delphine Dora

Il y a quelque chose de magnétique là-dessous. Il a fallu deux intermédiaires (un à Montréal et un à Bruxelles) avant que j'entende parler de cet étrange objet enregistré pile à 237 mètres de mon domicile...

Je savais bien que Delphine Dora se livrait à d'étranges activités mais j'ignorais qu'en compagnie d'Eloïse Decazes, elle avait repris l'intégralité d'un disque du compositeur Luciano Beria, Folk Song Cycle (1964) habité par la voix de Cathy Berberian, sa compagne.

 

Ne vous y trompez pas : l'art sophistiqué de Berio & Berberian et ses références savantes et populaires sont passés à une drôle de moulinette par Decazes & Dora. Je ne saurais mieux dire que Florian Caschera dans une excellente chronique : "Art pauvre, apologie anarchisante de la reprise individuelle, déclaration émue à une discipline aussi démocratique qu'atemporelle, invitation pour les spectres à venir partager la prière et le goûter, voilà un peu ce qui se trame dans le disque bref, intense, en guenilles mais cousu d'or d'Eloïse Decazes et Delphine Dora".

Mais voyez donc avec cette interprétation d'une pièce de Canteloube - toujours le Cantal! - initialement associé à un morceau azéri que l'on vous propose aussi : 



Et en bonus, pour un nouveau changement de registre, une petite reprise pour la route ; ma préférée des Beatles Arias


mercredi 1 avril 2015

Rocksteady Chantilly : John Holt

On n'est pas toujours obligé de suivre les modes au coup de sifflet de l'histoire. John Holt, par exemple, une des plus belles voix de la musique jamaïcaine n'était pas forcément pressé au début des années 70 de s'adapter à la nouvelle mode du reggae et d'aligner les chansons aux thèmes ultra-conscious. Dans la veine rocksteady classique dont il fut une des grandes stars avec le groupe des Paragons, il préfère continuer à produire des chansons d'amour inspirées par la soul américaine. Aucune raison de s'en plaindre, vous allez voir.

Voilà trois morceaux tirés de son album The Further You Look de 1973. Prévenons les puristes, la  production est pleine de violonnades et autres artifices que la stricte morale réprouve mais que nous ne dédaignons pas du tout sur la Cellule.


Et puis, un morceau tiré de l'album suivant Dusty Roads en 1974. Plus reggae mais toujours dans la veine amoureuse plutôt que dans la veine jah jah.

Bonus en prime, les originaux des deux premières chansons :




mardi 3 février 2015

Le Hand ball et les Zombies

Pas facile de trouver quelque chose pour célébrer la toute récente victoire de l'équipe de France aux mondiaux. Le hand ball n'a pour l'instant suscité aucune littérature passionante comme le cyclisme ou le rugby ont pu le faire et, côté musical, c'est encore pire, même si là il y a abondance. Nous avons renoncé à vous infliger le rap que les handballeuses britanniques avaient commis pour gagner trois sous avant les JO, la punk-song patriotique de leurs homologues allemandes, le calamiteux "Handball für Leipzig" ou le détestable hymne touristique de la dernière compétition, etc... etc... Heureusement, il y a ce disque des Zombies sagement rangés dans l'emblématique cage rouge et blanche (même si les chansons n'ont rien à voir...). Bon, vous aurez sans doute remarqué que le ballon est plutôt un ballon de basket mais voilà la Grande-Bretagne n'ayant jamais vraiment été un pays de hand, on peut comprendre l'étourderie de Colin Blunstone. On est en tout cas dans un petit gymnase bien sobre et ça nous change de la débauche de kitsch déversée sur ce sport par l'émirat du Qatar [le post date du mondial quatari de 2015], kitsch qui se cumule bien sûr avec une mortifère avalanche d'argent sous le poids duquel ledit hand ball pourrait bien étouffer, on le craint.

En attendant marchons dans la lumière!

jeudi 29 janvier 2015

Timbré : pour l'Angola


Celui-ci sera comme le revers du précédent post. Nous traversons en effet l'Afrique australe et passons du Mozambique à l'Angola qui devient dans les années 70, le symbole des dernières luttes anti-coloniales et le thème de quelques magnifiques chansons très densément politiques à travers le monde.

Pile en face, de l'autre côté de l'Atlantique, le grand Jorge Ben consacre ainsi un morceau à imaginer l'intervention du redoutable Zumbi dos Palmares, leader d'une vaste révolte d'esclave au Brésil du XVIIe siècle, mobilisé pour donner un coup de main décisif aux Angolais insoumis. Il figure sur un étrange et très bel album concept consacré par ailleurs à l'alchimie : A Tabua de Esmeralda.


Rapprochons-nous très près de Luanda avec le non moins grand Docteur Nico dont l'African Fiesta dédie dès 1964 un morceau exaltant la lutte naissante pour l'indépendance angolaise ; curieusement le morceau est doté d'un titre espagnol.


Et passons enfin à la Jamaïque où Pablo Moses tout à son Revolutionnary Dream incite ses concitoyens à mettre un terme au plus vite aux violences politiques qui déchirent l'île et à diriger leur énergie martiale vers l'Afrique ancestrale pour venir en aide à leurs frères angolais.


Remarquons pour conclure que si la guerre de décolonisation entraîna à juste titre une large mobilisation internationale et donna naissance à quelques immenses chansons, les aléas encore plus destructeurs de la très longue guerre civile qui suivit, entre les différentes factions issues de la guerre anti-impérialiste, ne suscita à peu près aucun intérêt...

lundi 26 janvier 2015

Un peu de plaisir pur : les Dixie Cups

Point trop de cogitations superflues ce matin, juste la jubilation d'écouter un des girls group les plus joliment réjouissant des 60's : les Dixie Cups. En 1963, les trois filles (deux soeurs, Barbara et Rosa Lee Hawkins, et leur cousine Joan Johnson) "montent" à New-York pour y laisser exploser leurs talents. Jeff Bary et Ellie Greenwich leur écrivent une série de chansons qui ne brillent pas par la complexité de leurs paroles mais que les filles exécutent avec un sens de l'équilibre miraculeux et les tubes se succèdent comme de juste. La Cellule vous en fait déguster deux : une magnifique version de "The Chapel Of Love" et "I'm Gonna Get You", frémissant d'excitation sexuelle à peine contenue.



Et puis, cerise sur le gâteau, comme c'est de La Nouvelle-Orléans que les filles viennent, elles en profitent pour graver un des premiers enregistrements de "Iko Iko", un des hymnes emblématiques de la ville du Croissant. La chanson des black indians est ici interprétée a capella, c'est-à-dire dans un drôle de contexte pour ce morceau de parade de rue. Un classique absolu à la clé.


En bonus, la première version : celle de "Sugar Boy" Crawford en 1953. Evidemment, c'est plus brut.

samedi 27 décembre 2014

Sublime : Jorge Ben


Jorge Ben, pourquoi Jorge Ben? Parce que c'est Noël (ou presque), bande de veinards! Et qu'on avait une envie subite de mettre un morceau sublime sous les jupes du sapin. Un Jorge Ben un peu plus roots que dabe pour vozigues.






jeudi 27 mars 2014

Les classiques : le Lagos Mozart Orchestra


L'orchestre Mozart joue à Lagos dans les années 30 une musique de brass band. On se croirait presque à la Nouvelle-Orléans, le côté fanfare militaire est bien présent, et ce n'est pas loin d'être déjà du high-life. La plongée proposée est dépaysante. Qu'elle se fasse sous le patronage du grand musicien baroque de Vienne rajoute une cuillerée d'incongruité absolument magnifique. Ecoutez donc :


Le morceau a inspiré plusieurs autres musiciens. En 1960, Babatunde Olatunji en fait une adaptation sur son Drums of Passion, succès planétaire à la clef, disque lui-même massivement pillé par Gainsbourg sur le néanmoins excellent Gainsbourg percussions (Résumé de l'affaire : ici). Plagiat au carré? Rafraichissez-vous la mémoire avec les vidéos ci-dessous.