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samedi 17 février 2024

Impérial : quand Sam Cooke rencontre Little Anthony (1959)

 


Quand Little Anthony rencontre Sam Cooke en 1959 à New-York, ce sont pas tout à fait deux générations qui entrent en contact, mais presque. Jerome "Little" Anthony Gourdine, à tout juste dix-neuf piges, est le leader d'un groupe de doo-wop qui vient de changer de nom - les farceurs ("Jesters") sont devenus les Imperials tout de même plus majestueux - et qui est sur le point de se transformer en machine à tubes qui vont squatter les charts pop du début des 60's. Sam Cooke, de dix ans son aîné, est quant à lui tout en haut de l'affiche, considéré depuis longtemps comme l'un des plus grands musiciens noirs que l'Amérique ait jamais enfanté. Les puristes ont pleuré sa désertion du circuit gospel mais sa popularité est immense. La collision imprévue de l'étoile à son zénith et de la jeune pousse donne naissance à un des morceaux les plus intenses de la période (qui détonne passablement dans la discographie du petit Anthony).

Little Anthony & The Imperials - I'm Alright (1959)


 


vendredi 3 février 2023

En orbite : Tom Verlaine (1949-2022)

 

 

Grande perte que la mort de Tom Verlaine. 

Idée n° 1 : pieusement réécouter Marquee Moon pour la cent-millième fois. Idée n° 2 : écouter quelques-uns des disques qui nous avaient échappés. 

Et d'emblée, la pioche est mirifique avec ce disque de 2006, Songs and other things, à côté duquel nous étions complètement passé et peut-être vous aussi?

Sombres, lumineux, mettant tout cliché en torsion, voici trois morceaux de ce très excellent album resté un peu sous les radars :

Tom Verlaine "Orbit"

Tom Verlaine "A Stroll"


 Tom Verlaine "The Earth Is In The Sky"


On l'a beaucoup aimé Tom Verlaine et on est heureux d'en trouver encore de nouvelles raisons. Bye, bye.

 


vendredi 15 juillet 2022

Des larmes de crocodile pour fêter la Saint Gary Davis

 

Si vous êtes tombé dedans pour vous rafraichir les feuilles, difficile de sortir de l'écoute de Reverend Gary Davis. Son jeu de guitare est fascinant. Il y a plein de disques à écouter... Alors après : écoute-t-on une chanson de pur déchirement? Est-ce une interprétation où l'implication émotionnelle relève d'abord du jeu ? Ces larmes sont-elles en simili croco? La question est difficile à trancher et ça n'a jamais empêché de se laisser bouleverser par la délicatesse de la musique...

Reverend Gary Davis "You're Going To Quit Me Baby" (c. 1965)

 



samedi 2 avril 2022

Accordé à l'accordéon (4) : 1950, le meringue arrive à New-York avec Angel Viloria

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin dans notre exploration du merengue. Quittons pour un moment la république dominicaine dominée par le dictateur Rafael Trujllo (conseil de lecture : l'essai de Hans Magnus Enzensberger qui lui est consacré, tout à fait recommandable si vous êtes curieux d'un des côtés les plus sinistres de l'histoire des Caraïbes) et exilons-nous à New-York en suivant les pas de l'accordéoniste Angel Viloria et ceux de son orchestre (dans le merengue, traditionnellement, c'est l'accordéoniste le leader). Nous sommes en 1950, et si le merengue est outrageusement instrumentalisé par Trujillo, champion poids lourd du népotisme tropical, l'île ne possède pas pour autant de studio d'enregistrement digne de ce nom. C'est à New-York qu'il faut aller pour graver ses galettes et Angel Viloria, son orchestre cibaeño típico (du nom de la région de Cibao où le merengue puiserait ses racines) et son chanteur Dioris Valladares ne vont pas chômer enregistrant entre 1950 et 1952 des dizaines de disques sur le label dédié Ansonia, qui vont poser les bases du merengue sur microsillon. La production est pléthorique et sa chronologie précise oubliée. Mais peu importe, ouvrons donc le bal sans plus tarder en dansant avec Josephine :

Angel Viloria "Yo Baile Con Josefina" [c. 1950]

 

Essayons maintenant de consoler une sœur éplorée, Rosaura, au cœur de ce grand classique :

Angel Viloria "Rosaura" [c. 1950]

Et pour finir et bien retenir les pas du merengue :

Angel Viloria - El Vironay (c. 1950)


 

 



mardi 21 décembre 2021

L'art extraordinaire du violoniste épirote, Alexis Zoumbas

 

Attention merveille! Alexis Zoumbas est un immense violoniste qui s'inscrit dans une tradition fabuleuse (avis de pur néophyte), celle des musiciens gitans d’Épire au nord de la Grèce. Issu d'une longue dynastie de musiciens des environs de Ioannina, Alexis Zoumbas (1885?-1946) atteignit un niveau exceptionnel qui lui permit de garder son violon sur le devant de la scène en ce début de vingtième siècle alors que les clarinettistes éclipsaient de plus en plus ses homologues moins illustres avec tout leur volume sonore. Musicien réputé dans son pays, Alexis Zoumbas se joignit cependant au grand exode de ses compatriotes vers les États-Unis où il s'installa en 1916. Il enregistra à partir des années 20 plus de 35 titres comme artiste solo et un plus grand nombre encore en accompagnement, la plupart à New-York, pour le plus grand plaisir de la diaspora. Deux compilations ont récemment exhumé ces bandes extraordinaires : la première en 2014, sur le label Long Gone ; la seconde sur Mississippi Records en 2019. Les deux sont extrêmement recommandables.

Elles se recoupent pour ce morceau de 1926, dont il était trop difficile de faire le deuil, on le comprend. Tout est ici d'une virtuosité ébouriffante non sans teinter votre écoute d'une certaine inquiétude.

Alexis Zoumbas - Tsamiko Makendonias (1926)

    

Écoutez ensuite ce morceau plus joyeux, épithalame envoutant avec cymbalum et violoncelle.

Alexis Zoumba - Triantaphyllia (1927)


Et pour terminer, ce morceau de berger venu d'ailleurs, de très très loin, absolument bouleversant.

Alexis Zoumba - Tzamara Arvanitiko



jeudi 16 décembre 2021

Calendrier de l'Avent 16 : Danse sous les saules

 

Nous n'avons guère eu le temps en cette nouvelle année bouleversée de garnir notre rubrique du Calendrier de l'Avent. Pour changer les habitudes, nous vous proposons aujourd'hui d'échanger le traditionnel sapin contre les saules d'Europe orientale et de vous réjouir en suivant les toniques  suggestions de Pawlo Humeniuk, "le roi du violon ukrainien" (voyez une notice bio ici), qui vous offre en guise de cadeau, et en 3min 18s chrono, un pot-pourri de morceaux endiablés agrémentés des grelots de saison. Nous sommes en 1926 et cela fait déjà plus de vingt ans que Pawlo a quitté les confins de l'Autriche-Hongrie pour venir s'installer à New-York où la diaspora le porte aux nues.

Pawlo Humeniuk "Danse sous les saules (tanec pid werbamy)" (1926)



jeudi 25 février 2021

Euphorie : High Life de Pharaoh Sanders!

 

New York, 1972, l'album s'intitule La Sagesse à travers la musique mais quand ça commence c'est plutôt "La Sagesse à travers l'euphorie", ce qui est un programme franchement recommandable. En gros les principaux ingrédients sont le free jazz et la musique cubaine que vous faîtes sauter à feu vif en ajoutant une cuillerée pleine à ras bord d'épices venus du golfe de Guinée. "High Life" tout est dit! Yeah, Yeah, Yeah, Yeah! Yeah! Yeah!

Pharaoh Sanders "High Life" (1972)



mercredi 10 février 2021

S'immuniser contre la peur du désordre : Eugene Chadbourne et Evan Johns

 

Aujourd'hui la Cellule vous transmet les conseils pédagogiques d'Eugene Chadbourne et Evan Johns. Vous en faites ce que vous voulez, bien sûr, la Cellule, comme vous savez, n'est pas le moins du monde prescriptive mais voyez en France (ils idéalisent quand même un peu pour la France) ou en Allemagne, ça ne donne pas de mauvais résultats du tout. Et puis pour vous immuniser contre la peur du désordre, c'est sans doute encore ce qu'il y a de mieux. Alors : oui, sus à la prohibition et laissez-les boire tant qu'ils sont jeunes.

Eugene Chadbourne et Evan Johns "Let' em Drink While They're Young" (1992)

 



vendredi 31 juillet 2020

Quand le gospel suit un rythme cubain : Mahalia Jackson au sommet de son art (1954)

Le 10 mai 1954, Mahalia Jackson est en studio avec on ne sait trop qui. Aux bongos, aux maracas ou à l'orgue (renversant, l'organiste!), ce ne sont que des musiciens excellents mais parfaitement inconnus. Le temps de cette session new-yorkaise, la grande Mahalia Jackson se laisse entraîner par les rythmes cubains et c'est sans conteste un des disques de gospel les plus enthousiasmants jamais sorti qui en résulte. "On My Way" est un pur classique et un chef d’œuvre d'énergie quasi rock'n'roll :

Mahalia Jackson "On My Way" (1954)


Sur la face B, "My Story" offre une variante hantée et cinématographique de ce syncrétisme improbable cubano-gospel.

Mahalia Jackson "My Story" (1954)



jeudi 30 avril 2020

Le 30 avril 1959 : l'unique galette de Ray Ethier (deux instrumentaux qui déménagent)


Le 30 avril 1959, le chanteur Ben Hewitt entre dans les studios Mercury de New York avec son petit groupe pour enregistrer sous la houlette de Clyde Otis. Quatre titres sont rapidement mis sur bande mais comme il reste un peu de temps à la fin de la session, on propose à son guitariste, Ray Ethier, de graver deux excellents instrumentaux qui déménagent et constituent la totalité de sa discographie personnelle. Les deux titres aux noms énigmatiques évoque une "fille en esclavage" et "la marche du président". La Cellule vous plonge dans le rockabilly confidentiel et puissant ce matin en compagnie de ce cousin très méconnu de Link Wray.

Ray Ethier "Slave Girl" (1959)



Ray Ethier "President's Walk" (1959)
 
 






jeudi 5 mars 2020

Les protest songs intenses de Jerry Moore (1967)

Cela se passe à Greenwich Village et ça s'entend immédiatement. Un folk habité soutient le propos d'un activiste de la cause des droits civils et le résultat est bouleversant. Comme Jerry Moore a indéniablement la peau noire, on pense à l'impeccable Terry Callier. La ressemblance est même tout à fait troublante sur l'adaptation du poème de Dudley Randall qui évoque l'attentat raciste de Birmingham (1963), en Alabama.
 
 Jerry Moore "Ballad Of Birmingham" (1967)
 
 

Plus optimiste et entrainant, "Winds Of Change" est, comme sa sœur de combat dylanienne, un chant d'encouragement extrêmement efficace.

Jerry Moore "Winds Of Change" (1967)
 
 
"Life Is A Constant Journey Home" qui donne le titre à l'album se rapproche quant à lui de très près de la veine de Fred Neil. Un monde de douceur dissonante vous déchire le cœur avec une grâce lumineuse. 

Jerry Moore "Life Is A Constant Journey Home" (1967)
 
 
C'est peut-être plutôt l'ombre de Tim Hardin qui plane derrière ce sermon anti-militariste.  

Jerry Moore "Anti Bellum Sermon" (1967)
 
 
Vous avez maintenant fait le tour de plus de la moitié de ce disque trop méconnu. Le voyage n'ira guère plus loin. Jerry Moore n'a plus rien enregistré après ce magnifique album.
 

samedi 1 février 2020

L'adolescence dorée du Ghetto : le Har-You Percussion Group (Harlem, 1968)


Il n'est jamais trop tard pour découvrir les classiques insubmersibles comme l'unique album du Har-You Percussion Group en 1968. L'histoire est belle car l'ensemble est composé d'adolescents de Harlem (entre seize et dix-neuf ans) venant de bénéficier des activités proposées par le Harlem Youth Opportunities Unlimited (Har-You), et tout spécialement d'une initiation plus que poussée aux grandes heures de la musique noire américaine (jazz, blues et une haute dose de musique afro-cubaine) sous la houlette du percussionniste Montego Joe. Le résultat est un merveilleux disque dont vous ne pourrez bientôt plus vous passer. Voyons d'abord le magnifique "Oua Train" qui illustre la veine plus jazz


Puis le jubilatoire, "Welcome To The Party", bourré à craquer de tonus afro-cubain.






samedi 25 janvier 2020

Bagarre calypso (1936) : Rendez-nous nos bâtons!

Lors du carnaval de Trinidad, des combats de bâton ont traditionnellement lieu. A l'époque colonial, ils ont été plusieurs fois interdits ou limités. Au tout début du XXe siècle, un certain Millington, apparemment un policier, semble avoir eu un rôle tout particulier dans la répression du kalinda, cet art martial d'origine africaine. Trente-cinq ans plus tard King Radio (alias Norman Span) et The Tiger (Neville Marcano) se mettent à deux pour réclamer en français créole leur bâton. Un morceau complètement entêtant eneregistré à New-York en 1936, où le calypso lorgne du côté du scat!

 King Radio, The Tiger accompagné par Gerald Clark et des Caribbean Serenaders "Millington" (1936)


PS : Si vous voulez en savoir plus à propos du tableau peint par le suisse François Aimé Louis Dumoulin (1753-1834) et conservé au Musée de Vevey, n'hésitez pas à suivre ce lien.

jeudi 23 janvier 2020

Trinidad quintessence : deux calypsos et une valse avec l'orchestre de Lionel Belasco

Le pianiste Lionel Belasco est un des pionniers du Calypso. C'est aussi peut-être le musiciens antillais à avoir enregistré avec son orchestre le plus de morceaux avant la Deuxième Guerre mondiale. Ses origines à la fois juives et afro-américaines font de lui un représentant exemplaire du métissage généralisé de l'ile de Trinidad, qui s'exprime dans la musique par le grand mélange des traditions africaines, brésiliennes, européennes et nord-américaines. Mais rentrons vite dans le vif du sujet avec un calypso classique chanté à moitié en anglais et à moitié en créole français par le grand Wilmoth Houdini accompagné par l'orchestre de Lionel Belasco, dont il faut admirer la versatilité poly-rythmique.

"Blow Wind Blow" (1928)


On ne quitte pas cette session d'enregistrement new-yorkaise du 14 août 1928 et on se laisse charmer par "Caroline".

"Caroline" (1928)

On peur remonter maintenant dix ans en arrière et se lancer dans une valse caribéenne, peut-être encore plus dépaysante et toujours parfaite pour notre rubrique prénominale :





lundi 30 septembre 2019

Collision : la rumba en swing


Nous sommes en 1947 et la fine fleur de la musique cubaine est de plus en plus tentée d'aller secouer le cocotier de la réussite dans les frimas du nord de l'Amérique. C'est ainsi à New-York que se retrouvent le grand conguero Chano Pozo, Arsenio Rodriguez le génial guitariste aveugle avec sa guitare à trois cordes (tres) ainsi que Machito et tout son orchestre flamboyant. On organise alors quelques séances d'enregistrement mythiques où les meilleurs musiciens afro-cubains se frottent volontiers au swing local. 

Chano Pozo y su Conjunto (avec Arsenio Rodriguez) "Seven Seven" (1947) 


Machito et son orchestre, avec Chano Pozo et Arsenio Rodriguez "Rumba en Swing" (1947)


Peu de temps après, Chano Pozo sera embarqué par Dizzie Gillepsie dans l'aventure be bop et aura un rôle fondamental dans la fusion du jazz moderne et des musiques afro-cubaines. Le voyage sera intense mais bref. Après avoir créé avec Diz plusieurs des morceaux les plus emblématiques du genre naissant Chano Pozo se fait flinguer à Harlem, au mois de décembre 1948. Il n'a que 34 ans. Mais c'est encore une autre histoire.

lundi 26 août 2019

Dérouter la prohibition à Porto Rico en 1929

NB l'inscription : "Too old"

1929. Porto Rico est écartelée entre son ancrage hispanique et un processus de rattachement progressif aux Etats-Unis si lent qu'il n'est toujours pas complet à l'heure actuelle. La musique est marquée par la tradition indigène mais les problématiques sont souvent importées de l'envahissant grand frère. C'est ainsi au son de l'accordéon que l'on se débat contre les contraintes de la prohibition (voir ici une étude historique sur le sujet). Ainsi, les Rois de la plena, le nouveau genre à la mode, s'emparent du thème. Rafel Gonzalez Levy dirge l'orchestre qu'il a fondé et bien sûr, c'est à New York que l'on va enregistrer le 78tours : 

Los Reyes de la Plena "La Prohibicion nos Tiene"


Los Reyes de la Plena ne négligent les autres sujet d'actualité, comme les transports ferroviaires par exemple : 

Los Reyes "La Maquina"


Et toute une sélection d'autres morceaux vous attend ici.

samedi 25 mai 2019

Friandise : The Free Design (1967)


C'est sucré, c'est vrai, mais aussi subtil, léger, aérien. La Cellule vous propose ce matin une irrésistible .friandise :

"Kites Are Fun"


Vous prendrez bien une seconde part, ne faites pas la fine bouche. Pourquoi pas une reprise de Simon and Garfunkel. On prend le temps ce matin.

"59th Street Bridge Song"






dimanche 12 mai 2019

L'âge d'or du boléro : Daniel Santos

Le nombre de boléros que le chanteur portoricain Daniel Santos a enregistré dans presque tous les pays riverains du golfe du Mexique est absolument immense (une discographie très complète est disponible [hosanna!] ici). Nous vous proposons aujourd'hui de vous laisser embarquer par deux magnifiques productions mélodramatiques de l'époque new-yorkaise, en 1942.


Te lo juro




 




mardi 12 février 2019

Embardée mystique : Laraaji (1984)



Trip new age sur la Cellule ce soir. Nous sommes en 1984, une boîte à rythme mène la danse et s'occupe très sérieusement de modifier vos états de conscience. Laraaji (qui avait travaillé avec Eno en 1980) dirige la séance : le voyage va être un peu zarbi, on vous prévient, jusqu'à ce que, pour vous, tout à coup, l'infinité soit un autre jeu.

All of a sudden


Allez la maison n'est pas avare : et pour le même prix, un tour de plus avec "Cosmic Joe" :



samedi 15 décembre 2018

Sublime : George Ku and his Paradise Islanders (1932)

Tout se passe lors d'une des trois sessions d'enregistrement réalisées par Georges Ku et ses Paradise Islanders à New-York en 1932. "Kuu Lei" est un des sommets de cet âge d'or pendant lequel Hawaï brille au sommet des musiques populaires mondiales. Une beauté édénique et pourtant pleine de mélancolie scintille à travers la planète, ce genre de beauté qu'évoque peut-être E.T.A. Hoffmann dans Le Vase d'Or.


Pendant que vous écoutez ce morceau sublime, ne sentez-vous pas, comme l'étudiant Anselmus du conte, ces "deux yeux splendides, d'un bleu profond" qui vous regardent "empreints d'une si indicible nostalgie que [vous sentez] presque éclater [votre] cœur, soudain envahi par un sentiment jamais éprouvé où une félicité sans pareille se mêle à la plus poignante douleur"?

Et pour la sobriété, nous nous en occuperons une autre fois.