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mercredi 3 mars 2021

Un genre de reggae imprévu : vénéneux et en français

 

Oh la la, la chanson française sous influence jamaïcaine en 1981... gare! Mais là c'est vraiment le contraire du ska festif, ce morceau sacrément flippé de William Sheller qui s'insinue en douce entre vos oreilles et y établit méthodiquement son nid de mélancolie épineuse.

William Sheller - J'suis pas bien (1981)





lundi 27 juillet 2020

Reggae pour l'été : John Holt, 1972-1973.

Au début des années 70, après la vague rocksteady, la musique jamaïcaine suit résolument un mouvement orienté vers des racines réelles ou réinventées. C'est cette route qui dominera (et heureusement car c'était indéniablement la plus riche). L'histoire n'était pourtant pas écrite d'avance et un autre voie plus pop aurait aussi pu emporter le morceau. Certains hésitèrent entre les deux directions. En 1973, c'est le cas de John Holt, auparavant chanteur des fameux Paragons. Son album Time Is the Master comporte quelques violonades superflues mais n'en compte pas moins des morceaux excellents sous influence musicale du renouveau roots mais plus portés sur les méandres de la vie amoureuse certes que sur le revival jah-jah. Pour l'été, c'est léger. Pour l'été c'est parfait, peut-être. Remontons donc le temps :

John Holt -Time Is The Master (1972)


Et puis, il y a aussi sur le disque ce pur chef d’œuvre. Quoi qu'en pensent les puristes, une des merveilles de la Jamaïque.

John Holt "Riding For A Fall" (1972)


jeudi 9 juillet 2020

Minimalisme reggae, plagiat par anticipation et aussi comme le goût du tango : Augustus Pablo



Il n'est jamais trop tard pour découvrir les classiques du mélodica. Au début, on peut trouver la chose un peu fade (je l'avoue) et puis elle fait son nid entre vos deux feuilles de choux et on se retrouve rapidement accros à ses adaptations pleines de mélancolie minimaliste. Prenez, par exemple, un joyaux de Ken Boothe, mettez-le à la diète, remplacez le thème amoureux par une inspiration rastafari (pour un instrumental, ça ne coute pas cher - changer seulement le titre) et laissez faire le mélodica.

Augustus Pablo "Jah Light" (1977)


Le maître du genre est Augustus Pablo, qui diffusa le son du petit piano de bouche dans toutes les seventies jamaïcaines à la manière d'une irrésistible épidémie. East Of The River Nile est un de ses albums phare enregistré en 1977 dans les studios de Lee Perry. Le morceau suivant en est tiré comme tous ceux de ce post :

Augustus Pablo "Africa (1983)" (1977)


Intensément jamaïcaine, la musique d'Augustus Pablo essaima un peu partout. En France, Pascal Comelade fut à n'en pas douter un de ses plus attentifs auditeurs, si bien que certains morceaux d'Augustus Pablo pourraient presque passer pour des plagiats par anticipation de ceux du catalan magnifique. Oui, il y a comme un goût des tangos de poche de Comelade dans ce reggae-là, vous ne trouvez pas?

 Augustus Pablo " Sounds From Levi" (1977)


mercredi 6 avril 2016

Reggae au pays des merveilles : Lloyd Charmers & Karl Walker



Un peu de reggae dépaysé aujourd'hui pour fêter le retour du printemps, du gentil soleil et des méchantes allergies au pollen. La Cellule vous propose un aller simple pour le pays des merveilles avec un morceau produit par Lloyd Charmers (le producteur du grand Ken Boothe). Choeurs inhabituels et ambiance cinématographique, au programme.


Et pour agémenter le voyage, deux étranges chansons toujours produites par le charmant Charmers avec la participation d'un deejay assez peu connu Karl Walker et d'une guitare comme égarée.



jeudi 29 janvier 2015

Timbré : pour l'Angola


Celui-ci sera comme le revers du précédent post. Nous traversons en effet l'Afrique australe et passons du Mozambique à l'Angola qui devient dans les années 70, le symbole des dernières luttes anti-coloniales et le thème de quelques magnifiques chansons très densément politiques à travers le monde.

Pile en face, de l'autre côté de l'Atlantique, le grand Jorge Ben consacre ainsi un morceau à imaginer l'intervention du redoutable Zumbi dos Palmares, leader d'une vaste révolte d'esclave au Brésil du XVIIe siècle, mobilisé pour donner un coup de main décisif aux Angolais insoumis. Il figure sur un étrange et très bel album concept consacré par ailleurs à l'alchimie : A Tabua de Esmeralda.


Rapprochons-nous très près de Luanda avec le non moins grand Docteur Nico dont l'African Fiesta dédie dès 1964 un morceau exaltant la lutte naissante pour l'indépendance angolaise ; curieusement le morceau est doté d'un titre espagnol.


Et passons enfin à la Jamaïque où Pablo Moses tout à son Revolutionnary Dream incite ses concitoyens à mettre un terme au plus vite aux violences politiques qui déchirent l'île et à diriger leur énergie martiale vers l'Afrique ancestrale pour venir en aide à leurs frères angolais.


Remarquons pour conclure que si la guerre de décolonisation entraîna à juste titre une large mobilisation internationale et donna naissance à quelques immenses chansons, les aléas encore plus destructeurs de la très longue guerre civile qui suivit, entre les différentes factions issues de la guerre anti-impérialiste, ne suscita à peu près aucun intérêt...

lundi 15 juillet 2013

Deux instrumentaux parfaits

D'abord une reprise du grand classique, "Comin' Home Baby" par Booker T. & The MG's, le groupe maison des studios Stax, qu'il n'est pas la peine de présenter. Si vous voulez avoir une idée de ce que le mot finesse peut vouloir signifier, écoutez-moi ça.



Descendez maintenant le Mississippi, embarquez à La Nouvelle-Orléans et traversez le golfe du Mexique jusqu'à Kingston. Lloyd Charmers est un autre organiste de classe mondiale. Avec ses Hippy Boys ou d'autres groupes, il a soutenu les plus grands d'Alton Ellis à Ken Boothe. Sur "Reggae Is Tight", économie de moyen et virtuosité se conjuguent pour hérisser délicieusement vos poils les plus sensibles.