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mardi 31 mars 2026

Des nouvelles de la guerre : Lightnin' Hopkins (1950)


Nous sommes vraisemblablement en 1950 (l'enregistrement ne sortira qu'en 1970) et les bruits de bottes persistants sur fond d'apocalypse nucléaire inspirent à Lightnin' Hopkins ce morceau qui résonne bizarrement dans notre époque, alors que les grands démâtés ont pris le gouvernail et que la guerre revient faire son nid dans nos vies.

 Lightning Hopkins "War News Blues" [1950]


 

Quand tu ouvres la radio tôt le matin, des mauvaises nouvelles tous les jours

Oui, j'ai été prévenu les ennuis arrivent

Les pauvres petits enfants viennent en courant et pleurent : "Whoaa, maman, maman, qu'est-ce qu'on doit faire maintenant?"

"Oui", répond-elle "Il ne reste plus qu'à prier, les enfants, la même chose arrivent à maman aussi"

*

 

Je vais me creuser un trou, au matin, le creuser bien profond dans la terre

Comme ça, s'il arrive qu'une bombe tombe à côté quelque part

Je n'entendrais pas l'écho quand ça pètera.  

 

 

You may turn your radio on soon in the morning, sad news every day
Yes, you know I got a warning trouble is on its way.  
Poor children running, crying, “Whoa, mama, mama, now what shall we do?”
 “Yes,” she said, “You’d better pray, children, same thing is happening to mama too. 

 I’m gonna dig me a hole this morning, dig it deep down in the ground
So if it should happen to drop a bomb around Somewhere
I can’t hear the echo when it sounds. 

 

Sur Lightning Hopkins et ses chansons dédiées à la guerre, allez donc voir là, un intéressant texte de Joe W. Specht.


 

lundi 31 mars 2025

Pessimisme concentré et antidote provisoire : Jimmy Reed (1954)

 


Parce qu'on sent bien que le processus de dislocation de ce que l'on avait pris l'habitude d'appeler l'Occident va être long et pénible, engloutissant sans doute beaucoup de choses belles et précieuses... Il faut se mettre un peu de courage au cœur, en écoutant, par exemple, le merveilleux Jimmy Reed qui ne perd jamais la pulsation du rythme même dans l'obscurité  : 

Jimmy Reed "Boogie In The Dark" (1954)

 




mercredi 28 août 2024

Les classiques : West End Blues en juin 1928 (Louis Armstrong/King Oliver).

 


Douceur, minimalisme, merveille évanescente et bouleversante, c'est peu de dire que j'aime ce morceau détaché de toute pesanteur. Louis Armstrong a enregistré le titre de King Oliver (dédié à un quartier excentré de La Nouvelle-Orléans) avec ses Hot Fives, le 29 juin 1928 à Chicago. Houlala, mais c'était il y a presque un siècle... Et oui!

Louis Armstrong & His Hot Fives "West End Blues" (1928)


Pour plus ample développement sur cet enregistrement qui a marqué l'histoire de la musique, voir par exemple ici.

Et voici une autre version par King Oliver lui-même, enregistrée 17 jours plus tôt à New York.

King Oliver & His Dixie Syncopators - West End Blues (1928)

 




mercredi 18 octobre 2023

Energie / Angoisse : Blind Owl Wilson et le Canned Heat jouent avec nos émotions (1969)

 

Il résonne vraiment bizarrement ce morceau du Canned Heat aujourd'hui. D'abord parce que musicalement, il est franchement impossible à situer : du blues 60's sous influence indienne qui sonne comme un précurseur improbable de morceaux électros beaucoup plus récents? Et puis, le décalage entre l'entrain euphorisant de cette merveille saturée d'énergie et le côté absolument noir des paroles... puisque Blind Owl Wilson se demande avec angoisse si, au train où ils vont, les hommes ne seraient pas capables de détruire la lune à brève échéance. En d'autres temps (pas si lointains), on aurait pu considérer le propos comme gentiment perché mais par ceux qui courent...

The Canned Heat "Poor Moon" (1969)


PS : le morceau ouvre une compilation extraordinairement bonne de l'étiquette Mississippi Records (confiance absolue ou presque) qui sélectionne dans la discographie du Canned Heat - où il y a notoirement à boire et à manger - onze morceaux dus au génie dérangé de Blind Owl Wilson. Se jeter dessus relève de l'obligation morale.



 



mardi 11 avril 2023

No No Blues : un classique qui fuse comme une balle (Atlanta, 1928)

 

La Cellule vous propose aujourd'hui un blues qui fuse comme une balle le long d'une ligne de basse aussi sommaire qu'imparable. Nous sommes en 1928, les nuits d'Atlanta sont chaudes comme de la braise autour de Decatur Street. Officient là Blind Willie McTell ou Barbecue Bob ; et Curley Weaver, le "magicien" de la slide, qui vous hypnotise avec une chanson de dénégation dont les antiphrases ne trompent personne (sûr qu'il l'a mauvaise de s'être fait largué).

Curley Weaver "No No Blues" (1928)


vendredi 15 juillet 2022

Des larmes de crocodile pour fêter la Saint Gary Davis

 

Si vous êtes tombé dedans pour vous rafraichir les feuilles, difficile de sortir de l'écoute de Reverend Gary Davis. Son jeu de guitare est fascinant. Il y a plein de disques à écouter... Alors après : écoute-t-on une chanson de pur déchirement? Est-ce une interprétation où l'implication émotionnelle relève d'abord du jeu ? Ces larmes sont-elles en simili croco? La question est difficile à trancher et ça n'a jamais empêché de se laisser bouleverser par la délicatesse de la musique...

Reverend Gary Davis "You're Going To Quit Me Baby" (c. 1965)

 



mardi 28 juin 2022

En bonne compagnie avec la douceur éraillée du Reverend Gary Davis (1959)

 

Le morceau se trouve sur son album de 1959, Pure Religion and Bad Company. Pour un instant, le prêcheur aveugle des rues de Harlem oublie la pure religion pour se rappeler la mauvaise compagnie qu'il fréquentait dans sa jeunesse. Du gospel au blues, le timbre ne change pas et Davis chante les paradis artificiels avec la même douceur intense qu'il déploie pour décrire les félicités de l'Empyrée chrétien. Grand classique, immense chef d’œuvre avec ses paroles cryptés !

 Reverend Gary Davis - "Candy Man" (1959)


 


lundi 6 juin 2022

Pom Pom Pi Dou : des sous!

 

Au début des années 70, le bluesman Luther Johnson, guitariste originaire de Géorgie, qui a brillé avec toute la fine fleur du blues de Chicago, fait une tournée en France. Côté psychotropes, on ne sait pas à quoi il tourne, pas de la gnognote sans doute. Et il semble au moins pris d'hallucinations quand il nous raconte son entrevue avec le "voodoo man" des hauts plateaux, le seul, le vrai : Georges Pompidou, natif de Montboudif. On se pince mais c'est rien moins qu'une rencontre mystique avec le Cantalou présidentiel qu'il évoque dans ce morceau hypnotique qui clôt un album enregistré à Bordeaux le 5 décembre 1972 et sorti trois ans plus tard en 1975. Petit retour de pragmatisme à la toute fin, avec le vœu qu'il s'agit d'exaucer : "Pompidou, des sous! Pompidou, des sous!"

Luther Johnson "Impressions of France"


PS : Merci à Rémy R. pour la trouvaille (Rémy R. qui me presse de préciser qu'il la tenait de Philippe M., ce dernier la devant lui-même à son fils - honneur donc à la jeunesse!).

 



samedi 8 mai 2021

Un 45T parfait Willie West : Fairchild / I Sleep With The Blues (1970)

Un tour à La Nouvelle-Orléans aujourd'hui avec ce single de Willie West. Le chanteur rejoindra plus tard les Meters mais pour lors, nous sommes en 1970, ce sont les Meters qui viennent le soutenir le temps du petit 45. Allen Toussaint est aux manettes et il a écrit les deux morceaux. Sur la Face A, Fairchild grouve (tiens, pourquoi ne pas franciser?) avec pure classe.

Willie West "Fairchild" (1970)


 

Sur la face B, un blues dévoile l'autre facette du talent de Willie West.

Willie West "I Sleep With The Blues" (1970)

 




 

samedi 19 décembre 2020

Pur classique, pur plaisir (un 45 T parfait de 1958) : Little Walter "Key To The Highway/Rock Bottom"

 

Aucune rareté sous le sapin aujourd'hui, seulement un pur classique hérité de Big Bill Broonzy, que Little Walter reprend en guise d'hommage peu après la mort de ce dernier au mois d'août 1958. Nous sommes à Chicago dans les studios Chess et c'est peu de dire qu'il y a du beau monde derrière Little Walter : Muddy Waters, Luther Tucker, Otis Spann, Willie Dixon et George Hunter (ou Francis Clay).

Little Walter - Key To the Highway (1958)

Et sur l'autre face, c'est peut-être encore mieux. Un instru complètement distordu où l'harmonica de Little Walter rivalise avec la guitare de Muddy Waters pour la plus grande jubilation de vos oreilles. Car, oui, l'autre "Rock Bottom" est aussi grand que celui du sieur Wyatt.

Little Walter "Rock Bottom" (1958)





vendredi 30 octobre 2020

Le flûtiau ultime, celui du bluesman primitif Henry Thomas

 

Henry Thomas (1874-1930), alias Ragtime Texas, les spécialistes du blues le connaissent bien. On est là aux plus près des sources du genre, quand celui-ci se dégage progressivement des genres adjacents. Mais traduisons pour vous un peu de Greil Marcus pour les présentations : "Thomas était né à l'est du Texas en 1874, et se lança pour chercher fortune - le mot de fortune renvoie ici étymologiquement à la chance, au hasard, certainement pas à la possibilité d'amonceler des quantités d'argent - à peine une dizaine d'années plus tard, comme un vagabond suivant les voies ferrées, vivant de sa musique et de la générosité des femmes, prenant le surnom de "Ragtime Texas". C'était déjà un musicien professionnel quand il joua à l'exposition universelle de Saint-Louis en 1904. Fils d'anciens esclaves ayant grandi avant que la culture noire de l'époque post-esclavagiste ait adopté ses nouvelles formes, Thomas plus qu'aucun autre musicien noir ayant été enregistré était à l'aise pour jouer les plus anciens genres de musique noire qui s'étaient développées avant la Guerre Civile. C'était une part naturelle de son répertoire. Ce qui incluait les chansons racontant des histoires, des fables, des chansons de travail (work calls), des histoires où prudemment les personnages étaient remplacés par des animaux, soit toute une tradition didactique et de divertissement ou le "je" comme manifestation tangible de l'artiste s'affirmant lui-même était absent ; une tradition qui ne correspondait déjà plus à la vraie position de Thomas, un noir indépendant lancé dans le vaste monde. Au même moment, dans les années 80 du XIXe siècle et les premières du XXe, de nouvelles tradition émergeaient en effet - jazz, blues, ragtime - plus en accord avec la situation de musiciens tels que lui, avec leur nouvelle mobilité hors des communautés géographiquement fixées et, bien sûr, Thomas était aussi partie prenante de ce mouvement. Il ne chantait pas vraiment des chansons racontant la vie des anciennes communautés déjà à moitié oubliées mais des chansons reliées aux traditions de ces anciennes communautés et, en outre, c'était aussi un homme moderne, un bluesman, un chanteur qui n'exprimait alors pas tant un esprit communautaire qu'une individualité s'adressant à cette communauté." Mais pour en savoir plus, allez donc voir ce texte qui date déjà de 1976 ici.

Loin du versant le plus tragique du blues, Henry Thomas nous parle donc d'une époque plus ancienne en train de se dissoudre dans la modernité trépidante du XXe siècle. De cette époque primitive est issue l'espèce de flûte de pan qui rythme les morceaux d'Henry Thomas. Elle est même censée venir d'Afrique. Sur "Railroadin' Some", elle imite la vapeur du train et vous embarque pour trois minutes de bourlingue, d'une gare à l'autre, avec les tramps des années 20.

Henry Thomas "Railrodin' Some" (1929)

 



Avec "The Fox and Hounds", c'est la frénésie de la perpétuelle course poursuite des vagabonds que souligne le flûtiau céleste de Henry Thomas, aussi appelé quills.

Henry Thomas "The Fox and Hounds" (1927)


Le sujet de "Bull Doze Blues" n'est pas très différent, mais vous reconnaissez là sans peine la source d'un des morceaux les plus célèbres de 1968, n'est-ce pas?

Henry Thomas "Bull Doze Blues" (1928)
 







samedi 25 avril 2020

La valse des prénoms mortels : Delia (partie le 25 décembre 1900)


Certains faits divers sont devenus des mythes par le biais de la chanson populaire. Greil Marcus a consacré un fascinant article à l'assassinat de Billy Lions par "Stag" Lee Shelton dans un bar de Saint-Louis, le 25 décembre 1895 et à ses prolongements à travers la musique américaine. C'est un autre 25 décembre, cinq ans plus tard, que la jeune Delia Green, 14 ans, fut assassinée dans le voisinage de Savannah, en Géorgie, par son amant Mouse Houston, à peine plus âgé avec ses 15 ans (pour en savoir plus allez voir ici). 

On ne tarda pas à chanter l'histoire de cette afro-américaine fauchée à la fleur de son âge. Le cheminement du récit tragique fut d'abord sous-terrain et il ne nous en reste nulle trace enregistrée, puis il resurgit cinquabte ans plus tard en donnant naissance à deux traditions distinctes avant de devenir un des standards les plus souvent revisités de la musique populaire américaine.

Une des deux traditions fut d'abord illustrée par le génie local de la douze corde, Blind Willie McTell, qui grava en 1949 une interprétation inoubliable de l'histoire, un des plus incontestables chefs d’œuvre de l'histoire du blues. Dans la tradition McTell, le point-de-vue adopté pour la narration est celui d'un autre amant délaissé par Delia Green.

Blind Willie McTell "Little Delia" (1949)


L'autre tradition donna lieu pour la première fois à un enregistrement la même année en 1949 mais à Nassau cette fois-ci, aux Bahamas, dans une version du genial Blind Blake.

Blind Blake & The Royal Victoria Hotel Calypos "Delia Gone" (1949)


Dans la tradition Blind Blake, le point-de-vue est celui du meurtrier. C'est cette variantes qui a connu le plus de réinterprétations comme celle de Johnny Cash (avec ses deux versions à trente ans d'intervalle)

Johnny Cash "Delia's Gone" (1962)


 Johnny Cash "Delia's Gone" (1994)








vendredi 20 septembre 2019

Autour du bayou (4) : Nathan Abshire, l'empereur de la musique cajun

"Nathan Abshire est la grande légende de la musique cajun, au même niveau que Muddy Waters pour le blues, Professor Longhair pour le rhythm'n'blues ou Hank Williams pour la country. La musique cajun par excellence, c'est lui, avec un voix pleine de cœur, un jeu d'accordéon virtuose, un accompagnement magnifique - souvent par les Balfa Brothers - et un répertoire pioché dans les marais les plus obscurs de l'histoire cajun" (Lyle Ferbrache).

Voilà, comme ça les choses sont posées. Ajoutons que Nathan Abshire insuffle une tonalité blues à toute sa musique qui lui donne une puissance incroyable. Mais illustrons maintenant ces propos avec une petite sélection de ses disques tardifs du milieu des années 60, enregistrés avec les Pine Grove Boys sous l'étiquette Swallow.

Tout d'abord le "Pine Grove Blues" (1966) qui groove à mort dans le bosquet, avec son violon génial, un guitare slide magnifique et l'accordéon encore au-dessus du lot :

Passons ensuite à une ode endiablée à la vie sur le bayou du Courtableau. Eh le monde, c'est le temps de ramasser les écopeaux, de faire bouillir les tourloulous, d'ébouillanter les ouaouarons et d'avaler enfin ces maudites écrevisses!

"Sur le Courtableau" (1965)


Et puis, on enchaîne avec "Lemonade Song" (1966). Pour l'occasion c'est Thomas Langley qui prend le micro et qui nous entraîne à 200 à l'heure dans l'épopée de la gueule de bois éternelle sur l'air d'une vieille chanson créole de La Nouvelle-Orléans pleine d'épices caribéennes. 

[Oui, je suis d'accord avec vous : bizarre, bizarre, la vidéo qu'on trouve sur youtube...]







dimanche 15 septembre 2019

Autour du Bayou : en apnée avec Johnny Jenkins (1970)

La Louisiane de Johnny Jenkins est un marais d'adoption. Le guitariste est en effet originaire de Macon en Géorgie (pas en Saône-et-Loire). Et oui, comme le jeune Otis Redding, qui d'ailleurs jouait quelquefois avec ses Pinetoppers et faisait office aussi de chauffeur.

C'est ainsi qu'un beau jour de 1962, Otis conduisit Jenkins à Memphis dans les studios de la Stax pour une session d'enregistrement mais il arriva que ce fut Otis qui prit le micro pendant une pause, qu'il enregistra alors "These Arms Of Mine" (avec Jenkins à la guitare) et que ce fut Otis Redding qui devint la plus grande étoile de la soul music. Jenkins n'enregistra quant à lui qu'un seul single pour le label, un instrumental génial au demeurant ("Spunky" en 1964), puis ce fut le temps d'un long silence. 

Ce n'est qu'en 1970 qu'il revint sur le devant de la scène en homme des bayous inquiétant avec un album Ton-Ton Macoute sous forte influence de Dr John, qui venait d'enregistrer son séminal Gris-Gris. L'accompagnaient dans cette aventure Duane Allman et certains de ses amis (comme le génial Eddie Hinton placé pour une fois aux percussions). Le résultat est un disque de blues-rock hanté par le vaudou qui s'ouvre par une reprise de Dr John.

"I Walked On Gilded Splinters"


La version de Jenkins aura d'ailleurs une belle postérité, puisque Beck la samplera pour son premier tube "Loser". Ton-Ton Macoute compte quelques autres précieuses pépites comme "Sick and Tired" avec son pur groove de La Nouvelle-Orléans. A tomber par terre, plus encore que l'original de Chris Kenner :

"Sick and Tired"


Mais l'album entier est excellent! Je crois que je l'ai vu passer par là.


vendredi 9 mars 2018

Les vaches communicantes : Marvin Pontiac (2017)

C'est à l'ami Guy G. que la Cellule emprunte la réclame de cette nouvelle série agreste dédiée à l'exaltation de plein de beaux bovidés. Et pour commencer connaissez-vous Marvin Pontiac ? Le personnage constitue une énigme bien peu gardée. Je n'évente rien : "Si John Lurie a bel et bien démystifié la chose en avouant dans un podcast pour Vice qu’il est Marvin Pontiac, Marvin Pontiac n’a jamais eu l’occasion de reconnaître publiquement qu’il est John Lurie. Mais les connivences entres leurs univers sont indéniables" (Jocelyn H.). S'il y a donc comme du plagiat par anticipation ici la réversibilité est en carton pate. Méfiez-vous pourtant : le morceau du bluesman hétéronyme a une nette tendance à s'incruster dans les méninges :



jeudi 4 janvier 2018

Chaud en 1937 : les Harlem Hamfats

1937 l'année était un peu chaude peut-être... les Harlem Hamfats vous suggèrent de laisser tomber tout ce que vous portez de superflu et de vous laisser aller pour un moment. Le lit qu'ils vous ont préparé est si moelleux que vous auriez tort d'hésiter. Rosetta Howard et Joe McCoy dialoguent pour régler les transactions nécessaires mais c'est tout vu!


Et pour les amateurs d'érudition musicale une sucrerie irrésistible avec ce post extraordinairement bien informé qui évoque les sources d'Alberta la chanson de Dylan au premier rang desquelles notre morceau de 1937. Il se trouve sur un blog que je découvre : ...Humming A Diff'rent Tune qui a l'air tout à fait fascinant.

lundi 27 novembre 2017

Vitamines bis : Cub Koda et Bo Diddley

 

Comme on dit, ce n'est pas nécessairement ceux qui en parlent le plus, etc. Et comme vous le pensez bien, il s'agit d'énergie dont il est surtout question ici. En proie à un sacré coup de pompe, la Cellule essaie par tous les moyens de se requinquer au son du rock-blues le plus tonique possible. Pour cela rien de mieux que le gigantesque Bo Diddley. Pour ne pas passer par des sentiers trop rebattus, je vous propose cependant en premier lieu une excellente reprise de "Mumblin Guitar" par le musicien et journaliste de Detroit Cub Koda.


Et pour ne pas vous laisser en reste, voici aussi l'indépassable guitare marmonnante de Bo Diddley. 




jeudi 9 novembre 2017

Guitare hawaïenne : Jim And Bob (1933)


http://www.planetgaa.com/HawGuit/JB200.jpg


C'est à Chicago en 1933 que Jim (Holstein) et Bob (Pauole) enregistrent ce tonique Hula Blues. Hawai est encore une fois le centre du monde même au milieu des grandes plaines. Pour vous renseigner sur l'énigmatique duo voyez donc cette page



mardi 24 février 2015

Les pinceaux du rock : Un peu de blues cubiste


Aujourd'hui le cubisme, et même le blues cubiste. Et d'abord, un petit mot de l'illustration. Non, ce n'est pas qui vous savez... Non, ce n'est pas non plus le deuxième auquel vous pensez immanquablement quand on prononce le mot de cubisme... Non, lui, c'est Paul Joostens, un peintre et collagiste belge que vous connaissez sans doute moins mais qui est passablement intriguant et comme la pochette de Cubist Blues, le  disque dont je voulais vous parler est franchement moche, il fallait bien que je trouve quelque chose...

Si la pochette n'est pas franchement réussie, le casting lui est de première bourre. Sur cette galette, vous trouvez Ben Vaughn, Alex Chilton, l'extraordinaire leader de Big Star et Alan Vega. Autant dire qu'il n'y a pas grand monde à avoir poussé la déconstruction des musiques populaires plus loin que ces types-là sur leurs précédents opus. Alors, blues cubiste, oui, ça n'est pas galvaudé. L'idée de les réunir au mois de décembre 1994 pour enregistrer cet album hors du temps fut en tout cas une idée magnifique. Et en voici trois fois la preuve. 

(Alex Chilton est aux claviers et à la guitare, Ben Vaughn s'occupe de la rythmique et prend aussi la guitare à l'occasion. Facile de trouver de quoi s'occupe Alan Vega)


Le dernier morceau me donne l'occasion d'enchaîner sur la version originale de Suicide, histoire de se rincer l'oeil avec la saisissante prestation d'Alan Vega. Pour celle de Cubist Blues, je soupçonne fortement Alex Chilton d'être responsable du nouveau traitement de la chanson.


Et pour être complet, n'oublions pas la version de Bruce Springsteen qui a pris l'habitude de terminer tous ses concerts avec la chanson (et dont vous trouverez de nombreuses versions sur le net). Un poil moins cubiste, cependant...

mardi 6 janvier 2015

Les classiques : why don't you do right?

Au début, il y a les Harlem Hamfats, un groupe de musiciens basé à Chicago qui s'est contenté d'enregistrer sans jamais jouer en public mais qui n'en a pas moins inventé le son le plus hot de la fin des années 30 en mêlant le blues âpre du Sud avec le jazz plus sophistiqué développé dans les villes du Nord. Venus des campagnes de Louisiane et du Mississippi ou de La Nouvelle-Orléans, les sept membres originaux du groupe ont tous connus un parcours similaire remontant le fleuve jusqu'aux grands lacs en s'arrêtant parfois en chemin à Memphis. Un de leurs tubes de 1936, écrit par Joe Mc Coy (qui avait auparavant accompagné Memphis Minnie) s'intitule "Weed Smoker's Dream". Il est donc d'abord question de beuh et des effets plutôt malencontreux, en l'occurence, de ladite herbe. Tel quel, le morceau est parfaitement excellent, plein de variations et de puissance.



Puis en 1941, Joe McCoy a l'idée de transformer les paroles d'une chanson initialement teintée de misogynie pour laisser tout la place nécessaire à une voix féminine. C'est la sublime Lil Green qui s'y colle. Les arrangements sont épurés avec au maximum : juste le piano et la guitare de Big Bill Broonzy. La mélancolie prend une intensité inédite et le reste appartient à l'histoire...