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jeudi 27 novembre 2025

Biguine Wabap séminale : Robert Mavounzy (1953)

 


L'autre grand nom de la Biguine Wabap avec Albert Lirvat (dont il était question ici), c'est celui du saxophoniste et clarinettiste Robert Mavounzy (1917-1974). Quant à la Biguine Wabap, c'est toute la tradition antillaise survitaminée à l'orée des années 50 par l'incorporation d'influences venues du be-bop et du jazz afro-cubain. Chauffe, Robert, chauffe! C'est un emblème plus que tonique que vous offre la Cellule aujourd'hui :

Orchestre Robert Mavounzy - Chauffe La Biguine Là [1953]

 

vendredi 27 juin 2025

Avis de recherche pour une berceuse espagnole

 

 Ce morceau magnifique figure sur une compilation fourre-tout (Talking Latin) qui ne donne pas la moindre indication sur sa provenance, excepté le nom de la chanteuse : Carmen Torres. Le catalogue de la BnF est un peu plus disert, qui nous permet de savoir que le titre figure sur un 78T enregistré pour l'étiquette Columbia (n° LF219) avec "Granadinas" sur l'autre face et que c'est Jean Borredon le guitariste. On peut déduire des quelques autres enregistrements recensés que Carmen Torres fut une chanteuse lyrique espagnole active à Paris en 1949-1950. And That's all Folks! Si vous arrivez à en savoir plus, faites-nous en profiter! En attendant, laissez-vous bouleverser par cette berceuse perdue dans le vaste océan du quasi-anonymat.

 Carmen Torres - La Nana 

jeudi 5 juin 2025

Vipère swing au cœur de l'Occup : Jean Ferret et son Sixtette (1943)

 

Paris, le 15 décembre 1943... Gare! La vipère du trottoir de Vincent Scotto vous observe... L'interprétation est celle du Sixtette de Jean "Matelo" Ferret, de la célèbre fratrie. Le vibraphone de Camille Mertens, la clarinette de André Sylvio Sioboud et la guitare de Matelo se relaient et vous gardent à l’œil tandis que la section ryhtmique (René Duchossoir, Marcel Fabre et Jacques Bourgarel) assurent les arrières.

Jean Ferret et son Sixtette "La Vipère du trottoir" (1943)

 


 

vendredi 10 janvier 2025

Accordé à l'accordéon (15) : la virtuosité étourdissante de Medard Ferrero (1932)

 


Monté à Paris depuis Marseille en 1922, Médard Ferrero (1907-1972) est un prodigieux virtuose qui se partage entre le classique (il interprète aussi Liszt, Saint-Saens, Rachmaninoff, Brahms ou Rossini) et le musette. Il deviendra un pédagogue respecté, réputé pour son intransigeance. En 1932, il grave quelques faces parmi les plus étourdissantes de l'accordéon musette. Comment ne pas rester ébaubi par les tours de force du "champion international de l'accordéon" ? On vous en laisse juger :

Médard Ferrero "Mazurka-Fantaisie" (1932)


mardi 7 janvier 2025

Accordé à l'accordéon (14) : Vent et cordes - Gus Viseur et Baro Ferret - Musette et swing manouche en union libre en 1938

 


Nous sommes à Paris le 28 septembre 1938 et le Gus Viseur's Music - c'est le nom de la formation en perfectangliche - est d'attaque pour graver un morceau du genre spécial cosigné par l'accordéoniste belge Gustave-Joseph Viseur (1915-1974) et par Pierre 'Baro' Ferret (1908-1976), guitariste manouche d'origine espagnole, grand. disciple de Django Reinhardt. Derrière Gus et Baro, deux autres guitaristes de la famille de ce dernier, son jeune frère Jean 'Matelo' Ferret et son cousin René 'Challain' Ferret, ainsi que le bassiste de Gus, Maurice 'Momo' Speilleux. Ainsi vent et cordes, musette et jazz manouche (avec un fort parfum d'Espagne) se trouvent réunis pour convoler en union libre et merveilleuse quoiqu'un peu inquiétante aussi.

Gus Viseur's Music "Wind and Strings (Andalousia)" (1938)

 




lundi 4 novembre 2024

Accordé à l'accordéon (13) : Règlement de compte à Ménilmontant (Marcel Azzola, 1951/1954)

Dans l'escadrille des grands accordéonistes du musette, Marcel Azzola (1927-2019) tient une place éminente : un as parmi les as aux talents multiples et variés dont les premiers enregistrements datent des années 50. Pleine de tension, cette célèbre valse-jazz vous laisse vous faire votre cinéma.

Marcel Azzola - Règlement de compte (1954) 

Marcel était natif de Ménilmuche. Allez, ça netour avec cette mazurka à variations, merveilleux classique dédié à la rue où Azzola est né (à l’hôpital Tenon).

Marcel Azzola - Rue de la Chine (1951)






 

mercredi 19 juin 2024

Accordé à l'accordéon (12) - valse-swing, valse fantôme, mystérieuse... merveilles du musette

 

Il est temps pour la Cellule d'entrer en matière et de plonger enfin dans les merveilles du musette. Pourquoi ne pas débuter avec l'immense Jo Privat (1919-1996) qui nous guide dans les mystères de Paris?

Jo Privat "La Mystérieuse" (1945)


 Jo Privat "Valse fantôme" (1950)





mercredi 15 mars 2023

Cubaines, italiennnes, hindoues, parisiennes... Les racines d'un grand classique de l'exotisme (1936)

 

La Cellule vous embarque aujourd'hui sur les traces d'un grand classique cubain, ou peut-être para-cubain devrait-on dire, ou méta-cubain, ou sur-cubain pourquoi pas... ou comme vous voulez. Les choses se passent à Paris où le monde du spectacle de l'Entre-deux-guerres est friand d'exotisme et peu regardant sur l'authenticité des pedigrees annoncés en haut des affiches. Les musiciens du Lecuona Cuban Boys sont cependant tout ce qu'il y a de plus cubains et sillonnent l'Europe en crise depuis quatre ans. Arrivés de La Havane en Espagne en 1932, les LCB avaient connu des débuts difficiles. En 1934, le compositeur Ernesto Lecuona, gravement malade, avait été obligé de les laisser poursuivre leur périple sans lui mais dès lors qu'ils mettent les pieds à Paris, où ils sont acclamés, leur succès est phénoménal sur tout le continent. Le seul élément que le grand orchestre de plus de douze membres avait négligé d'emporter des Caraïbes était un chanteur du cru. Aussi embauchent-ils une star italienne de retour d'Hollywood, Alberto Rabagliati qui officie sur la plupart de leurs disques des années 30. Sa voix n'en fait pas moins merveille sur cette composition d'Armando Valespi Orefiche et Armando Orefiche (deux Armand pour le prix d'un), ce dernier étant le pianiste et faisant figure de leader de l'ensemble. Le morceau évoque quant à lui un sous-continent indien d'opérette - exotismes en chaîne! - et constitue une merveille d'équilibre avec un arrangement d'une modernité saisissante, devenu plus tard (dans les années 50-60) un standard du sous-genre de l'exotica - exotismes concaténés! Il a été enregistré à Paris le 29 septembre 1936.

Lecuona Cuban Boys - Hindou (1936)



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mardi 9 juillet 2019

Sexe où l'on ne croyait pas : Line Renaud et l'egyptologie

On s'occupe de votre mémoire aujourd'hui car peut-être aviez-vous oublié... que Line Renaud a dirigé une revue tout à fait olé olé à partir de 1959 où l'on trouvait par exemple un morceau dont la Cellule, ce soir, vous susurre le curieux refrain : 


Mais nous nous en voudrions de ne pas vous aviser de l'autre trouvaille (plus franchement archéologique) de ce soir, grappillée sur les internets : celle du papyrus érotique de Turin, longtemps caché, et dont on trouve une présentation ici et sur lequel on peut aussi écouter cette conférence.




samedi 1 juin 2019

Frissons : une démo hantée de Tia Blake (1976)

A 19 ans, Christiana Wallman, alias Tia Blake, avait quitté sa Géorgie natale pour faire un séjour à Paris. En cette belle année 1971, elle enregistra  un disque pour la Société Française de Production  Phonographiques qui est un sommet de dépouillement lumineux, à l'instar des disques de Sybille Baïer, et une rareté chérie des amateurs. Sa carrière discographique s'arrêta là mais en 1976, elle enregistra trois démos à Montréal restées longtemps dans des placards. Et sur ces démos, il y a cette chanson qui me bouleverse.

"My Father is a Lonely Man"


Sur Tia Blake, un bel article ici.

mardi 20 mars 2018

Mambo en pantoufles : Jean Constantin

Aujourd'hui la Cellule vous présente un auteur-compositeur-interprête à moustaches. Nous sommes dans les 50's et le mambo s'insinue partout. A Paris, Jean Constantin, "l'empereur du cha-cha sexy", fait rimer les rythmes cubains avec l'esprit déluré des cabarets locaux. Il s'associe ainsi avec Claude Nougaro, qui lui compose les paroles des "Pantoufles à papa". Il y a la version soft avec la petite histoire fantaisiste :


Et la version hardcore, live avec un minimalisme du texte radicalisé :


Jean Constantin écrit par ailleurs des chansons pour Edith Piaf ou Yves Montand, ou compose la bande son des films de Truffaut. L'orientalisme ne lui fait peur non plus ni la puissance poétique du bégaiement.



dimanche 4 septembre 2016

L'accordéon de la rentrée (2) : Orchestre Persiani, 1932



Ce sont les noces de la musette et de la guitare hawaiienne que nous célébrons aujourd'hui avec cette "Prière musicale" exécutée par l'orchestre de bal musette Persiani, où l'on peut entendre une mélancolie hawaïo-titi qui annonce un peu celle de "Mon amant de Saint-Jean". Cyril Lefebvre, le compilateur avisé de la magnifique anthologie, "Paris, plages d'Hawaii. Guitares hawaiiennes 1930", n'a pu déterminer qui était le guitariste sur ce morceau de 1932. Il est possible que ce soit Gino Bordin ou Alexandre Manara, les héros parisiens de la guitare hawaiiene des années 30. 


C'est en tout cas ledit Gino Bordin qui accompagne la version (pas piquée des hannetons) du grand classique que nous glissons en bonus ci-dessous.

mardi 3 février 2015

Les sources de Boby Lapointe (2) : Don Barreto


Dès que j'entend du fox-trot, j'ai, semble-t-il, tendance à penser Boby Lapointe et imaginer des sources pour ses tubes. Et vous, par exemple, ce "Cocktails For Two" de 1935, il  ne vous rappelle pas infailliblement celui de toilette? Avouez qu'il y a quelque chose...


Mais, au-delà de cette rencontre qui n'est peut-être pas tout à fait de hasard, c'est d'un nouvel épisode du Paris des musiques tropicales que je voudrais vous entretenir et de cette petite merveille d'orchestre que constitua le cubain Emilio Barreto au Melody's Bar de Montparnasse à partir de 1932. La biguine y avait sa part et Jean Sablon n'était pas le dernier à promouvoir la danse.


C'est cependant dans les musiques typiques cubaines, comme le souligne la presse de l'époque, que s'illustre l'orchestre avec la plus grande classe. Ecoutez donc ces deux majestueuses rumbas, parmi lesquelles figurent l'hymne de l'établissement.



PS : Précisons que nous empruntons l'image à la couverture du bouquin de Yannis Ruel, Les soirées Salsa à Paris que l'on est bien curieux de lire.

dimanche 9 novembre 2014

Mambo à Paris : Raul Zequeira



Achetez des disques au hasard, achetez, achetez, il en reste souvent quelque chose, comme disait papa Danton. On peut par exemple découvrir un type comme Raul Zequeira, un Cubain installé à Paris, où il a intégré un temps le groupe de Stéphane Grapelli avant de revenir à des choses plus tipicas. Comme toujours quand il s'agit de musique latina, il est très difficile d'obtenir des indications bien précises. Disons que sur la galette chinée il y a d'excellents morceaux, avec une touche venue des Antilles françaises bien perceptible. Oyez donc :


Comme beaucoup des enregistrements de cet ami de Tito Puente ont été faits à Paris, il n'est pas impossible que vous tombiez sur eux : n'hésitez pas. Et pour achever de vous convaincre, allez voir une improbable version chachacha d'une chanson de salle de garde parmi les mieux connues sous nos longitudes. C'est la BnF qui paye sa tournée de gaudriole!






vendredi 6 juin 2014

Yoyo


Ça se passe à Paris. On est en 1970. Quelques musiciens géniaux venus de Chicago réalisent le projet de balancer dans le bouillon expérimental du free jazz de l'époque tout ce qu'ils trouvent de plus excitant dans la musique savante comme dans la musique populaire. Sur le morceau du jour, ils invitent ainsi Fontella Bass, la reine de la soul, interprête de l'extraordinaire "Rescue Me" paru en 1965 sur le label Chess (sis à Chicago lui aussi). Le "Theme de Yoyo" a servi de BO à un film qu'on est pas sûr de devoir recommander. Mais ce soir, yoyo, je trouve ça parfait pour illustrer un de ces moments où la vie ne tient qu'à un fil, où on hésite à tourner une page ou à se faire un dernier noeud autour du cou, à boire une bière de plus ou à se faire le shoot définitif. C'est mélodramatique, c'est ironique, c'est furieux et désaxé, plein de poésie plus acerbe qu'un marteau : "Ta tête est comme un yoyo, ton cou est comme un ficelle, ton corps est comme un camenbert qui suinte dans sa peau, etc.".
Pour les amateurs éclairés, voici l'extrait du film qui signe l'invention de la "Jack Bagarre". "How frustrating you are", c'est si bien dit avec l'accent parisien : 




samedi 16 novembre 2013

Youpi Ya Tamoure : le twist à Tahiti


Youpi ya ya ya Youpi yé ! Aujourd'hui je suis dans le même état que Danyel Gérard sur sa barque dans son scopitone fauché car le super blog Kadao Ton Kao nous offre quatre rips de vinyles tahitiens, des raretés des années 60 de toute beauté.



Les deux premiers sont des 45 tours de Tai et ses tahitiens, un groupe qui m'était inconnu et qui frappe par le minimalisme et la rudesse de ses productions. Indéniablement modernes ces morceaux très rythmiques jouent à plein sur les onomatopées propres à la langue tahitienne et les percussions.


Tai et ses Tahitiens 1
Tai et ses Tahitiens 2


Ça fait un bout que j'étais sur la piste de ce disque là : au milieu des années 60, deux hôtesses de l'air de l'UTA, Manuia et Maeva, passionnées de chanson enregistrent un disque de reprises de standards tahitiens d'Eddie Lund ou d'Yves Roche, remis au goût du jour. L'orchestration mélange avec bonheur guitares rock, batterie twist et chant traditionnel. Une réussite sur tout la ligne (aérienne).


Manuia et Maeva


Les derniers c'est mes chouchous, ils comptent parmi les 45 tours favoris de ma collection :  Les Kaveka. Installés à Paris, le groupe animait les nuits du club Saint Hilaire, bien connu des twisteurs de la capitale. Malgré leurs efforts toniques, la combinaison particulièrement réussie de guitare twist et de percussions, le didactisme des paroles de "leçon de tamouré", la saltation tahitienne n'a pas connu le succès d'autres danses comme le jerk, le hully gully ou le madison. C'est tout de même bien regrettable.


Les Kaveka