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lundi 30 juin 2025

Plagiat par anticipation : The Beach Boys / The Auteurs

 

C'est un peu difficile à croire comme ça, mais l'ambiance musicale du premier album des Auteurs, et bien, il semblerait que la première fois qu'on l'ait entendue, ç'ait été dans la maison de Brian Wilson lors des sessions d'enregistrement du merveilleux Surf's Up au printemps 1971. Comme le morceau n'est pas sorti à l'époque, Luke Haynes n'a pas pu l'écouter et encore moins s'en inspirer. C'est par conséquent un cas de plagiat par anticipation d'une très grande pureté. Mais écoutez donc : 

The Beach Boys - Sweet and Bitter (1971)

 

Le titre est signé Brian Wilson et Don Goldberg et c'est Mike Love qui anticipe la voix de Luke Haines de manière très convaincante : la Californie était d'avance habillée pour se transporter sur les bords brumeux de la Tamise.


 

jeudi 10 août 2023

Un tube psyché-pop brésilien d'Erasmo Carlos en 1971

 


En 1971, Erasmo Carlos sort un superbe album, euphorisant puissant que la Cellule aidera volontiers - si vous ne le connaissez déjà - à se forer un passage jusqu'à vos feuilles endormies par la torpeur estivale. La porte d'entrée proposée est une chanson ultra-tubesque évoquant "26 ans de vie normale". On vous laisse juge de ce que l'ami d'enfance de Tim Maia et de Roberto Carlos peut entendre par là...

Erasmo Carlos "26 anos de vida normal" (1971)




dimanche 6 juin 2021

Doux, délicieux, méconnu : Tudor Lodge (1971)

 

Le groupe eut une brève existence. A peine le temps d'enregistrer un album merveilleux à l'orée des années soixante-dix avant de jeter l'éponge épuisé par les tournées. Il y eut ensuite des reformations mais c'est de ce disque aérien enregistré en deux semaines au mois de février 1971 qu'il s'agit de faire l'apologie. Le trio est composé des guitaristes Lyndon et John Stannard et d'Ann Steuart qui joue du piano ou de la flute. Pour l'album, il s'est adjoint une section rythmique de luxe avec Danny Thompson et Terry Cox qui propulsent leurs harmonies vocales enchantées avec une sûreté absolue. Le résultat est un des albums folk les plus mélodiques que l'on puisse connaître. Rien ne pèse ici. Tout est comme suspendu, en apesanteur, hors du temps. La cellule vous transmet ses sentiments les meilleurs avec la Face A de ce chef d’œuvre passablement méconnu, quintessence de bienveillance joyeuse.

Tudor Lodge - Tudor Lodge (f ace A)



lundi 31 août 2020

Toujours pas de miracle en vue : les Great Scots / Václav Neckář



"I Ain't No Miracle Worker" des Brogues, est un classique garage entre tous. La Cellule vous en avez déjà entretenu là (ainsi que de la formidable reprise en italien par les Corvi). Aujourd'hui, c'est d'abord sous les jupes des Great Scots que nous allons chercher la version qui nous excite. Comme leur nom l'indique, les Great Scots sont un groupe canadien... mais de Halifax, en Nouvelle-Ecosse, tout s'explique. Précédemment nommés The Beavers et dotés d'une crête pré-punk étonnante, ils troquèrent, sous l'impulsion d'un producteur facétieux, cette panoplie minimaliste pour enfiler de merveilleux kilts d'origine douteuse garantie. Cela ne les empêcha pas de produire une musique hyper-tonique bien propre à dégeler vos sous-vêtements (si vous en portez évidemment).

The Great Scots "I Ain't No Miracle Worker" (1966)


Mais ne nous éternisons pas en terre anglo-saxonne et reprenons la route des adaptations exotiques. Il ne s'agit pas cette fois-ci d'une reprise proprement dite mais le thème est le même de toute évidence. Il ne s'agit plus d'être un travailleur miraculeux mais un gladiateur et nous sommes en Tchécoslovaquie cette fois-ci car, voyez-vous, c'est partout un peu pareil : il est assez difficile de répondre aux attentes démesurées. Et puis, non, n'insistez pas, Václav Neckář (le chouchou tchèque de la Cellule) refuse obstinément de faire de la gonflette.

 Václav Neckář "Nejsem gladiátor" (1971)


Comme souvent, ça vaut le coup de faire marcher google translate (erreurs y compris). Regardez ce que ça donne : 

Je ne suis pas Lamzelezo, ni Hercule.
Le temps est un temps sans temps.
Ils disent que ça ne vous dérange pas
que je fasse beaucoup d'erreurs.
A vos yeux, je ne suis tout simplement pas du tout du genre.
Je devrais être un héros et un bagarreur,
mais je suis juste un dormeur passionné.

J'écoute tes raisons comme me jeter aux lions.
Je ne suis pas un gladiateur,
je ne suis pas un gladiateur 
et je n'ai pas de lance ou de bouclier 
et la bête j'en aurais probablement un peu peur. 

Je ne suis pas un gladiateur, 
je ne suis pas un gladiateur, 
si tu le veux juste, 
alors peut-être aller à un bal costumé.

Je ne serai plus jamais astronaute. 
Si je commençais à boxer, 
j'assommerais tout de suite, 

Je ne suis tout simplement pas l'idéal
des rêves de tes filles,
j'ai juste mal à la gorge, 
je vais succomber tout de suite

Je devrais être un héros et un bagarreur, 
mais je suis juste un dormeur passionné,

J'écoute tes raisons comme quand un lion me jette.
Je ne suis pas un gladiateur,
je ne suis pas un gladiateur, 
Je n'ai pas de lance ni de bouclier
et la bête j'en aurais probablement un peu peur.

Je ne suis pas un gladiateur, 
je ne suis pas un gladiateur, 
si tu le veux juste, 
alors allez plutôt à un bal masqué.

Je ne suis pas un gladiateur, 
je ne suis pas un gladiateur, 
Je n'ai pas de lance ni de bouclier 
et la bête j'en aurais probablement un peu peur. 

Je ne suis pas un gladiateur, 
je ne suis pas un gladiateur, 
si tu le veux juste, 
alors allez plutôt à un bal masqué. 

Je ne suis pas bon pour vous, 
après tout, j'ai des côtes comme radiateur. 
Alors je préfère te conseiller : 
attendez que le gladiateur vienne seul.




samedi 11 avril 2020

Splendeurs des musiques lusophones d'Afrique, deux confetti à ne pas oublier : São Tomé e Príncipe


São Tomé e Príncipe constitue un petit archipel, vraiment très peu connu, dans le golfe de Guinée. En français, on devrait les appeler les îles de Saint-Thomas et du Prince, mais la recommandation est désormais plutôt Sao-Tomé-et-Principe, ce qui est linguistiquement assez monstrueux. Ah, cette manie du littéralisme qui prétend être plus respectueuse mais qui produit dans les faits de plus graves distorsions encore. São, par exemple, en portugais ça donne quelque chose d'assez proche de san, [sˈɐ̃w̃] pour être exact. Saint ce n'est pas donc si loin, mais alors sa-ho comme on dit en bon français, quelle horreur!

Mais revenons rapidement à l'histoire et à la géographie, l'île de São Tomé fut découverte le 21 décembre 1471, jour de la Saint-Thomas. Comme Principe, elle était alors inhabitée. Premier territoire en Afrique tropicale à être dominé par des Européens, les deux îles furent le laboratoire de l'affreux système de la plantation esclavagiste qui s'implantera ensuite aux Amériques et un point d'appui au commerce triangulaire.



Sautons de multiples épisodes pour nous intéresser à la musique santoméenne que le label genevois Bongoe Joe vient de mettre à l'honneur en publiant une excellente compilation "Léve Léve" que l'on vous recommande vivement. La musique populaire prend ici le nom de puxa, on y entend les influences brésiliennes et caraïbes, ainsi que celles des pays africains lusophones (notamment le Cap-Vert et l'Angola) ou non (tout particulièrement le Congo voisin avec ses guitaristes magiques). 

Parmi les groupes de la compilation, Os Úntuès offre un concentré de sautillante énergie ouvert aux influences pop.

 Os Úntuès "Piquina Piquina" [vers 1971]


La compil compte un autre morceau, "Chi Bô Sá Migu Di Védê", qui a la même efficacité expéditive

Fondé en 1967, le groupe s'était transporté à Lisbonne en 1971 pour enregistrer un EP où figurent les deux titres. Le disque fut curieusement intitulé Folklore des îles de Saint-Thomas et Prince, alors que les morceaux semblent passablement pop mais peu importe. On trouve aussi sur la toile les deux autres morceaux issus de la même session. Le premier, sous influence manifeste des guitaristes congolais, est lui aussi très bien.

 Os Úntuès "Olha Tendê Vê Bê" [vers 1971]


L'autre ne semble pas mauvais du tout mais le son offert sur youtube est franchement pas top.





dimanche 15 mars 2020

Les plus chouettes légendes psyché-folk perdues et retrouvées (en Bretagne)


Tout un album de démo avait été enregistré en 1971, la pochette même était dessinée, mais aucune maison de disque n'avait souhaité le commercialiser et seuls une vingtaine de pressages test en avaient été tirés. Trente-trois ans plus tard, Dawson Pratter du label Locust Music dénicha un de ces rarissimes pressages, retrouva Stephen Titra et assura la sortie en 2009 de ce magnifique disque égaré dans les méandres de l'industrie musicale. 

L'histoire avait commencé à la fin des années 60. Après être passé dans différents groupes folk de Chicago plus ou moins sous influence du Grateful Dead, Stephen Titra eut l'idée d'un projet plus sophistiqué, plus doux aussi. Le nom choisi, Of Wondrous Legends, s'abrège en O.W.L et c'est donc une chouette habitée de merveilleuses légendes qui ouvrent ses grands yeux pour vous au sortir des placards de l'histoire du psyché-folk. L'album avait été conçu au retour d'un voyage en France. Ce qui nous vaut une évocation funambulesque de la Bretagne :

O.W.L. "Breton Landscape" (1971)


Si l'on veut chercher une référence, ce serait peut-être l'excellent Kaleidoscope anglais (à ne pas confondre avec l'américain) qui sonnerait le plus proche de O.W.L. surtout sur certains titre comme :

O.W.L "Be Alive" (1971)


L'album s'ouvre et se ferme sur deux petites merveilles que l'on ne résiste pas à vous faire écouter. 

O.W.L "Legends" (1971)



O.W.L "Sunsets Of Smiles" (1971)


Des couchers de soleil pleins de sourires, c'est bien tout ce qu'on vous souhaite. En Bretagne, si vous y êtes. Dans une Bretagne imaginaire sinon, que ce soit celle récréée par O.W.L. ou celle hantée du peintre tchèque Jan Zrzavý qui a composé en 1935 ces "bateaux endormis" que nous faisons figurer en haut de ce post et qui se trouvent amarrés à la Galerie nationale de Prague, dans la section consacrée à la Première République des collections permanentes à Holešovice, avec quantité de pièces remarquables réunies là dans un écrin scénographique d'une intelligence rare.

jeudi 31 octobre 2019

La ronde des prénoms chéris et la cumbia wah-wah de Los Destellos




A la croisée du rock instrumental dérivé des groupes comme les Ventures et des traditions locales (cumbia, guajira), Los Destellos créés en 1968 ont enchanté les seventies péruviennes fournissant chaque année un ou plusieurs albums. En 1975, ils sortent l'album Linda Chiquilina, en intégrant à leur son quelques claviers d'époque furieusement bien sentis. Deux des meilleurs titres célèbrent des jeunes femmes à qui nous rendons à notre tour hommage :

Los Destellos - Natalia (1975)


Los Destellos - Linda Chiquilina (1975)


En bonus, n'oublions pas leur tube interstellaire, le chef d’œuvre de la cumbia wah-wah, l'ode immortelle à la gloire de toutes les Patricia!

Los Destellos - A Patricia (1971)


Ce dernier morceau est bien connu pour avoir figuré sur plusieurs compilations fameuses. L'étiquette Vampi-Soul vient de sortir une excellente sélection entièrement consacrée aux Destellos. Le plus sage est encore de se jeter dessus sans plus attendre.




mercredi 16 octobre 2019

Les miettes du festin : Townes Van Zandt (1971-1972)


Townes Van Zandt fait partie de ces quelques musiciens qui ont fait vraiment trop peu de disques pour nous rassasier. On se jette sur la moindre miette qui parait en réédition parce qu'elle peut cacher une pépite. Parmi les démos de 1971-1972, période faste, publiées sous le titre "Sunshine Boy", on trouve par exemple une magnifique version de Pancho & Lefty dépouillée de ses cordes et cuivres et qui sonnent tout aussi bien sans (pas nécessairement mieux mais tout aussi bien) : 


On y trouve aussi la face B d'un 45T, quasiment inconnu, avec un gros son pas très fréquent chez TVZ.

Townes Van Zandt, Sunshine Boy (1972)


Ou encore une reprise fragile et merveilleuse de "Dead Flowers" des Stones.

Townes Van Zandt, Dead Flowers (démo)




mercredi 11 septembre 2019

Au bord du Bayou (1), Joel Scott Hill, John Barbata et Chris Ethridge (1971)

On peut dire qu'il y a du beau monde autour de la table de L.A. Getaway, ce disque méconnu de 1971 : Joel Scott Hill jouait aussi avec Canned Heat, John Barbata avec les Turtles ou le Jefferson Airplane et Chris Ethridge est un des fondateurs des Flying Buritto Brothers. Et les invités sont aussi à la hauteur : Leon Russell, Clarence White ou Dr John qui nous intéresse plus particulièrement aujourd'hui et qui offre à ce disque psyché roots une de ces comptines hantées dont il a le secret (tout en se mettant au piano).
 
Craney Crow
 
 
 
 



mardi 7 mai 2019

Oui, c'est bien le Pérou : Telegraph Avenue en 1971

Après l'explosion garage la plus notable d'Amérique du Sud (nous en reparlerons), le Pérou du début des seventies expérimente un moment psyché-pop directement branché sur ce qui se passe en Californie (malgré la dictature militaire). Le guitariste, Bo Ichikawa, par exemple, revient à Lima après un séjour prolongé à San Francisco. Son groupe prend le nom de Telegraph Avenue (une voie bien existante à SF) et sort un album en 1971 (pour l'histoire du groupe, voyez ici). La face A de la galette est une étrangeté pop des plus réjouissantes (tandis que la face B plus psyché est un peu lourdingue). Le disque commence ça ("Something Going") :


Le morceau suivant ("Happy") est une pure perle pop :


Et "Lauralie" est aussi excellent avec son intro mélancolique :


vendredi 30 novembre 2018

Grupo C.I.M. (1971) : guitare psyché au Vénézuéla

Sur le monument aux grands guitaristes inconnus, il faudra soigneusement laissé une place pour inscrire le nom du Grupo C.I.M. Je ne sais absolument rien d'eux, sinon que leur unique (?) 45 T date de 1971, qu'ils sont vénézuéliens et que "Joropo n°1" fournit en un instrumental un concentré d'énergie psyché parfait pour attaquer la journée.


PS 1 : Je sais qu'il est délicat de mettre une photo colombienne pour illustrer un post vénézuélien, mais je n'ai pas pu m'empêcher... PS 2 : La compil Soul Jazz, où l'on trouve ce morceau est excellente. N'hésitez pas!

vendredi 28 septembre 2018

Ici ou ailleurs peut-être : Caetano Veloso (1971)

Laconisme assez pur ce soir : juste un classique anglo-brésilien perché haut, oui plutôt assez haut. Vous êtes à Londres, ou peut-être à Paris, ou peut-être ailleurs encore, et peut-être êtes-vous aussi un peu esseulé (pour Caetano Veloso c'était plus exactement l'exil en cette année 1971) mais vous pouvez encore lever les yeux au ciel, oui tout comme Caetano.





mardi 26 juin 2018

Exhumons Exuma (2) : Do Wah Nanny (1970)

Cette fois, on entre dans le vif du sujet avec le troisième album d'Exuma, le troisième de l'année 1970 aussi! Tony McKay vient de quitter Mercury pour Buddah et ça marche pour lui du tonnerre de dieu, en 1970. Avec Exuma, le caranaval n'est jamais vraiment loin, sauf que ce n'est pas forcément le côté aseptisé de la chose qui apparait. Voyez donc avec le titre éponyme :


On arrête un peu les sifflets et on ralentit le rythme avec une ballade stellaire :


Enfin le morceau le plus perché, un peu comme une chanson de Bowie ou de Scott Walker plongée dans un bayou de fantasmes futuristes. Utopie ou dystopie? Au XXIIe siècle, "il n'y aura plus d'oxygène, les hommes et les femmes auront perdu leur cheveux, visages couleur de cendre, jambes debout sans plus de corps, fantômes et gobelins traverseront le pays, et alors aujourd'hui deviendra hier et hier une éternité..." 


Le morceau a tellement plus à Nina Simone qu'elle l'a immédiatement repris dès l'année suivante et il est peut-être encore mieux.


Et puis, en bonus, allez, le morceau de Scott Walker qui me démange depuis toute à l'heure. On s'éloigne (et on va même jusqu'au XXXe sicèle) mais comme le génie est tout pur ici, vous me pardonnerez peut-être mon absence de concision :




vendredi 25 mai 2018

Rocksteady dans le golfe : de la Jamaïque au Ghana

Entre le golfe de Guinée et celui du Mexique, l'histoire musicale du XXe siècle est faite de réappropriations multiples. Certains genres font l'aller-retour sans arrêt tandis que d'autres restent cantonnés d'un côté de l'Atlantique. C'est le cas du rocksteady jamaïcain qui ne posa guère plus qu'un orteil en Afrique. Le transfert s'est passé surtout au Ghana, plus ouvert aux influences anglophones en provenance des West Indies. Nous sommes en 1971 et les Ramblers reprennent donc, pour votre plaisir et délectation, "Ride Your Donkey" des Tennors. Quant à la Cellule bien sûr, elle vous offre les deux versions.


vendredi 18 mai 2018

Ma vie sans moi (11) : les Beach Boys jusqu'à en mourir



La pochette donne le la. Le dix-septième album des Beach Boys est tout sauf un monument élevé à l'euphorie de la pratique des sports nautiques, ni même à celle du hippisme d'ailleurs. La vague est passée. Surf's up. Mais la fin de partie révèle quelques titres magnifiques!

Au cœur de ce disque surtout brille une pépite noire d'un éclat sans pareil. Je me suis rendu compte il y a quelques jours que Gilles Dupuy me l'avait fait découvrir il y a à peu près 25 ans. Ce qui m'a flanqué un bon coup de jeune... Mieux vaut ne pas essayer de se remettre de ce genre de claque. Le morceau s'appelle Till I Die et voilà à peu près de quoi il s'agit :


Comme un bouchon de liège balotté sur la mer demontée qui se demande quelle est la profondeur de l'océan - comme un rocher dévalant les pentes de la montagne qui se demande si le fond de la vallée est encore loin - comme une feuille dans un jour de tourmente qui se demande combien de temps le vent va souffler. Je suis toutes ces choses et je resterai ainsi jusqu'à ce que je meurs.


Avec une autre version peut-être encore plus renversante :


dimanche 6 mai 2018

La vraie philosophie par Celestine Ukwu (1971)

Aujourd'hui, un de mes albums de highlife favoris : "True Philosophy" de Celestine Ukwu. 
Après une interruption de trois ans due à la guerre du Biafra, la carrière de Celestine Ukwu se relance en 1971 avec ce disque, qui est un classique de la musique populaire nigeriane. La légéreté aérienne du highlife, sa douceur mêlée d'excentricité, sa délicatesse teintée de mélancolie n'ont jamais été mieux servie qu'ici par un as du vibraphone qui convoque clarinette, steel guitar, yodel improbable et clochettes tintinabullantes pour vous faire passer un moment de sensualité philosophe rare. Car le vrai philosophe igbo semble être un épicurien fantaisiste : un modèle pour vous et moi et cette après-midi ensoleillée!

Voici donc pas moins de quatre morceaux tirés de cet album mirifique :




jeudi 3 mai 2018

Les Beatles à Dada : Ghana (1971)


Aujourd'hui une des reprises les plus réussies des Beatles. Nous sommes au Ghana en 1971 et c'est Charlotte Dada qui vous fait découvrir les recoins les recoins les plus habités de "Don't Let Me Down".


samedi 13 janvier 2018

Le martinet de la vérité : de Jean-Léon Gérôme à The Undisputed Truth

Le dernier texte de Frédéric Lordon est intéressant à de nombreux titres, comme bien souvent. Mais, moi, ce qui m'a marqué, au-delà de la pertinence du propos, c'est l'illustration qui a été associée à l'article. Il s'agit d'un tableau du grand pompier en chef, Jean-Léon Gérôme, qui s'intitule : La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité. Il date de 1896 et est conservé au Musée Anne-de-Beaujeu à Moulins. En Auvergne. Le choix est absolument excellent et, comme en outre, dans ma grande inculture, je ne le connaissais pas, j'ai été ravi de cette découverte. Par ailleurs il colle parfaitement à la situation politique actuelle où les dogmatiques de l'économicisme n'ont de cesse de nous fustiger avec leur idée indiscutable de la vérité.

Le pompier en chef est ici, bien sûr, notre nigaud de président, le fayot des fayots de l'ordo-libéralisme, dont je vous extrais une citation qui n'a pas été assez commentée à mon sens :

"Notre premier devoir est tout à la fois de retrouver le sens et la force d'’un projet ambitieux de transformation de notre pays et de rester arrimés au réel. De ne rien céder au principe de plaisir, aux mots faciles, aux illusions pour regarder en face la réalité de notre pays sous toutes ses formes" (déclaration du 3 juillet 2017, à Versailles).

Or il est bien certain qu'à travers la référence à Freud et au principe de plaisir c'est tout un inconscient politique qui se révèle sous couvert de lucidité. Il y a en effet toute une pédagogie noire, une pédagogie de la douleur, qui est annoncée ici comme un programme. On le sait : l'exaltation para-religieuse d'une monnaie dysfonctionnelle, le renforcement des inégalités comme principe de dynamisme ou le libre-échange comme horizon indépassable de la coopération entre les peuples sont les pierres angulaires de l'orthodoxie du moment. Personne n'a jamais pu montrer qu'il y avait un quelconque aspect pragmatique à ces choix - et  l'expérience milite contre eux avec une évidence cruelle - mais peu importe, ce sont les canons d'une morale obligatoire. Le réel est là! Et accepter ce réel c'est aussi "ne rien céder au principe de plaisir", ce qui peut encore se traduire par : "appliquer avec résolution un principe de sadisme nécessaire". Vous voilà prévenus (si celà vous avez échappé).


Mais venons-en à la partie musicale de ce post qui concerne un groupe soul américain, lui aussi extraordinaire, The Undisputed Truth (sans doute le plus baroque des groupes du label Motown), qui nous rappelle que derrière les visages souriants peuvent se cacher les pensées les plus perverses.
 
 

Attention toutefois de ne pas sombrer dans la paranoïa : c'est l'autre lecture possible de cette chanson entêtante. Et nous en avons les preuves...

PS (après l'émission de France Culture du 19 janvier 2018): Selon Frédéric Lordon c'est à Guillaume Barou du Monde diplomatique que l'on doit le choix du tableau de Gérôme.

jeudi 14 janvier 2016

Les classiques : Caravan par Puccio Roelens



La Cellule s'égare ce soir dans les greniers de la télévision italienne avec une version de "Caravan", étrange, captivante, délicieusement kitsch aussi. C'est Amleto Armando Roelens alias Puccio Roelens qui vous guide vers cette pépite de 1971.