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mercredi 17 juin 2026

Cumbia stellaire à Iquitos : Ranil y su Conjunto Tropical (1978)

 


Nous sommes au cœur de l'Amazonie péruvienne, à Iquitos à la fin des 70's. La cumbia la plus entêtante se projette dans le vide des espaces infinis sous l'égide de Raúl Llerena Vásquez, alias Ranil, maître des combinaisons psychédéliques les plus improbables. Surf tropical et wah-wah polaire, aucun mélange ne nous effraie. Vive Ranil et son orchestre Tropical! 

Ranil y su Conjunto Tropical - Vuelo a Saturno [1978] 

Il y a quelque chose de glacial dans cette musique équatoriale. Malgré les milliers de kilomètres, le chaud-froid de la musique de Ranil me fait penser à celle du Super Mama Djombo, pas vous?

Analog Africa qui avait sorti une merveilleuse compilation de Ranil en 2020 (on y trouve le morceau ci-dessus), vient de réitérer. Chaudement recommandé!

dimanche 3 septembre 2023

Cumbia, baisers : en orbite avec Los Golden Boys (1965)

 

Nous sommes en 1965 à Medellin et Los Golden Boys enchaînent les galettes à succès à une vitesse impressionnante depuis leur premiers enregistrements un an plus tôt. En Orbito Con Los Golden Boys est déjà leur sixième album et l'on ne compte pas les 45T... Fondé en 1961 par les frères Garcés (nous avions déjà parlé de Pedro Jairo ici), le groupe de ces garçons en or est, comme son nom l'indique, sous influence de la vague planétaire de la musique populaire venue des pays anglo-saxons. En Colombie, la pop s'hybride naturellement avec la cumbia ou la gaita indigène qui continuent pourtant à dominer mais l'accordéon local peut laisser la place à la guitare (de Pedro) ou à un clavier acide plus cosmopolites et  dans l'air du temps. Le résultat est une des choses les plus euphorisantes de la période. Alors pour la rentrée : cumbia sixties et baisers à tous et toutes, la Cellule ne trouve rien de mieux à envoyer.

Los Golden Boys "Cumbia y Beso" (1965)

Le merveilleux label Mississippi Records a concocté l'an dernier une compilation resserrée (12 titres) des Golden Boys qui est absolument parfaite. Allez donc voir .


vendredi 30 juin 2023

Accordé à l'accordéon (8) : mambo loco!

 

 

Aníbal Velásquez, comme Franco, le T.P.O de Cotonou ou James Brown, fait partie de ces musiciens dont les disques se comptent par centaines (plus de 300 albums et 500 simples dans son cas, dit-on). Accordéoniste révéré en Colombie et plus largement en Amérique latine, Aníbal Velásquez se distingue par quelques-unes des cumbias les plus déstructurées de l'histoire sur lesquelles la Cellule attire votre attention aujourd'hui. Écoutez donc le bien nommé "Mambo loco" :

Aníbal Velásquez "Mambo Loco"


Ou notre chouchou remarquablement sapé :

Aníbal Velásquez "Vestido Nuevo"

 



mercredi 30 mars 2022

Accordé à l'accordéon (1) : commençons par un tube cumbia, La Zenaida d'Armando Hernández (1983)

 

Pour commencer une série consacrée à l'accordéon, quoi de mieux qu'un tube de cumbia? C'est donc le maestro Armando Hernández qui ouvre le bal avec ce tube de 1983. Attention, grand classique, grand morceau!

Armando Hernández - La Zenaida (1983)



jeudi 31 octobre 2019

La ronde des prénoms chéris et la cumbia wah-wah de Los Destellos




A la croisée du rock instrumental dérivé des groupes comme les Ventures et des traditions locales (cumbia, guajira), Los Destellos créés en 1968 ont enchanté les seventies péruviennes fournissant chaque année un ou plusieurs albums. En 1975, ils sortent l'album Linda Chiquilina, en intégrant à leur son quelques claviers d'époque furieusement bien sentis. Deux des meilleurs titres célèbrent des jeunes femmes à qui nous rendons à notre tour hommage :

Los Destellos - Natalia (1975)


Los Destellos - Linda Chiquilina (1975)


En bonus, n'oublions pas leur tube interstellaire, le chef d’œuvre de la cumbia wah-wah, l'ode immortelle à la gloire de toutes les Patricia!

Los Destellos - A Patricia (1971)


Ce dernier morceau est bien connu pour avoir figuré sur plusieurs compilations fameuses. L'étiquette Vampi-Soul vient de sortir une excellente sélection entièrement consacrée aux Destellos. Le plus sage est encore de se jeter dessus sans plus attendre.




vendredi 26 avril 2019

L'amour au printemps et la cumbia de Rodrigo Soto


Trouvé toujours sur le mirifique blog aural joy, parfait pour se mettre à l'unisson des rythmes de la nature, un peu de cumbia (sans doute de la fin des années 50) aujourd'hui. Célébrons donc ensemble l'amour au printemps :


Claviers acides à la place de l'accordéon sur cette imparable



Revisez enfin vos pas de danse avec "Guepa...je" :




dimanche 15 avril 2018

Clarinette chérie : Lito Barrientos et la cumbia en do mineur



C'est le classique des classiques de la cumbia. Nous sommes en 1970, l'ensemble de Rafael 'Lito' Barrientos fournit à la cumbia toute la puissance des grands orchestres de mambo. Et au centre une magnifique clarinette vous fait de l’œil avec insistance.



mardi 10 avril 2018

Frénésie klezmer à Bogota : la cumbia et la clarinette


Il n'y a pas que l'accordéon dans la cumbia. Il y a aussi la clarinette et quand elle rentre en frénésie on pourrait croire quelquefois que c'est d'un orchestre yiddish qu'elle émerge. Si vous ne me croyez pas écoutez donc Guillermo Gonzales et son ochestre célèbrant "Lupita" en 1964.


Et voici un autre morceau endiablé de "clarinete power" par le Combo Los Galleros qui joue "Tabaco Mascao" en 1965.


Enfin vous avez ici une présentation du crac de la cumbia, l'oligarque du rythme, Lucho Bermudez avec tout un documentaire qui nous fait remonter aux origines de la musique populaire colombienne, avec la clarinette bien en évidence, tout au centre :




vendredi 2 février 2018

Cumbia à la guitare : Pedro Jairo Garcés y Su Guitarra



La cumbia bien sûr c'est d'abord un truc d'accordéoniste mais pas toujours. Pedro Jairo Garcés (qui a d'abord officié dans le groupe Los Golden Boys) a tenté lui de recaler tout ça à la guitare électrique. C'est tout aussi hypnotique (et c'est une suggestion du DJ Bonjour qui vous salue).



jeudi 9 juillet 2015

La bagarre, la flûte, la mort et l'air du temps





Aujourd'hui, c'est de Grèce que nous partons pour vanter les propriétés martiales de la flûte et c'est l'abbé de Châteauneuf, le propre parrain de Voltaire, qui évoque ses étonnants pouvoirs :

« Chacun sait, écrit-il, que quand les Lacédémoniens allaient au combat, un joueur de flûte entonnait des chants doux pour tempérer leur courage, et de peur qu’une ardeur téméraire ne les emportât trop loin ; car pour l’ordinaire ils avaient plutôt besoin d’être retenus que d’être excités. Cependant peu s’en fallut un jour dans une bataille qu’ils ne succombassent sous les Messéniens. Le célèbre Tyrtée qui dans cette journée faisait les fonctions de joueur de flûte, s’aperçut qu’ils pliaient : il quitta aussitôt le mode lydien, et passant au phrygien, ranima leur courage que le ton précédent avait trop amolli, et ramena par ce moyen la victoire dans leur parti » (Dialogue sur la musique des anciens, 1725).

Tout ça est évidemment d'actualité, et je crois que c'est vraiment le moment de quitter le mode lydien pour passer enfin au phrygien. Vous en déduirez que, oui, moi, en ce moment je suis plutôt favorable à la bagarre.

Tout celà est bel et bon mais je dois humblement l'avouer, de flûte animée sur le mode phrygien, je n'en ai pas dans mes archives et il faut donc que je cherche des approximations pour vous encourager au combat.

Je vous en propose deux. La première vient de Colombie. On la trouve sur la mirifique compilation de cumbia primitive du label Soundway. Un certain Toño Fernandez joue pour vous "La Muerte". Parfait pour affronter un commissaire européen.


La seconde vient du Vanuatu et je propose de faire comme si ces flûtes de pan avaient été spécialement conçues pour dégommer les partisans de l'ordolibéralisme les plus teigneux.

mercredi 28 mai 2014

Plus que tous : Mingus


Oui, Moins qu’un chien, l’autobiographie fantasmatique de Charles Mingus, c’est gros. C’est gros comme une maison, comme une montagne peut-être. La mythomanie menée à ce point-là, c’est presque incroyable. En pleine période consciousness exacerbée – on est en 1971 – Mingus se réinvente une invraisemblable vie de maquereau, ce qui est pour le moins tordu. Retournant tous les stéréotypes de la domination raciale, se cognant aussi contre eux à tout bout de champ, Mingus passe sans arrêt de l’autodépréciation maladive au complexe de supériorité le plus extravagant. Le drapeau de la fierté révoltée est planté sur terreau instable des relations sexuellement asymétriques de l’Amérique clivée entre Blancs et Noirs, entre hommes et femmes aussi. Et ça tangue fort, croyez-moi. Mingus s’y affiche à la fois touchant de fragilité et comme une sorte de super-héros omnipotent, maitrisant aussi bien les arts martiaux que la contrebasse, d’une force athlétique sans égale et bien sûr d’une puissance sexuelle sans faille, sans oublier ses pouvoirs mystiques qui le rendent capables de communiquer à distance. Mais lui et ses doubles sont aussi hors de pair quand il s’agit de se faire du mal ou de cabosser ceux qu’ils aiment.

Apocryphe, le livre est en réalité tiré des entretiens d’un certain Nel King avec le jazzman. La démarche est tout à fait improbable et l’expérience de lecture déroutante. Quelquefois on s’enthousiasme pour la puissance de vie imaginée, la liberté de la divagation, le peu de précautions prises avec les conventions, à d’autres moments, on s’irrite du formalisme des longs dialogues casse-couilles ou de la mauvaise foi zénithale même si elle fait partie du dispositif. On se rend compte aussi que les déchirements de l’époque ne sont plus les nôtres.

Mais remettons-nous un peu dans le contexte : 1969, c’était la sortie de Pimp, le roman d’Iceberg Slim (autre histoire de mac qu’on m’a toujours recommandé de lire) et 1971, c’est aussi celle de Sweet Sweetback's Baadasssss Song le film séminal de Melvin van Peebles (entre parenthèses, il y a des choses tellement épatantes sur ce type dans le n°4 de Cheri-Bibi que vous devriez chercher à vous le procurer en urgence). « Le mythe de Stagger Lee » (selon l’expression de Greil Marcus) profondément ancré dans la culture afro-américaine avec son culte de la virilité agressive des mauvais garçons et de leurs conduites suicidaires mais pleine de frime prend une configuration bizarre et exacerbée au tournant des années 60, avec notamment le développement d’une veine sexuelle omniprésente. De fait, si Sweet Sweetback peut être décrit comme un film de cul politique, Moins qu’un chien tourne souvent au bouquin de luc mystico-libertaire.

Voilà en tous cas un épisode érotico-psychédélique (c’est en fait assez rare dans le livre ; le psychédélisme pas le sexe). Juste pour vous mettre l’eau à la bouche :

"Mon copain [id est Mingus] se prit à espérer que Cindy ne s’en apercevrait pas, mais c’était la première fois qu’il se défonçait à mort. Petit à petit, elle prit l’aspect étrange d’une déesse vierge grecque, tandis que mon copain flottait à travers la pièce, lentement, naturellement, convaincu qu’il était le plus grand amant du monde – va te cacher Casanova ! – et qu’il avait le sexe le plus long et le plus gros, un sexe dont la tête était munie d’une bouche et d’une langue, un sexe animé d’une intelligence qui lui était propre. Que le monde ordinaire était donc con ! quand la déesse le regardait de ses yeux qui semblaient changer de taille, ils étaient, elle et lui, aux deux extrémités d’un puissant rayon magnétique qui, parti de la base du cerveau, s’écoulait le long de leur colonne vertébrale et sortait de la chatte pour venir électrifier la bite et les couilles. Si l’un d’eux remuait la tête, à gauche, à droite, en haut ou en bas, l’autre sentait la vibration de ce mouvement dans le rayon et devait le suivre.
- Je suis défoncé ! s’écria Mingus.
- Oui, Charly baby… restons ainsi à faire l’amour par la pensée, à nous lécher mentalement jusqu’à ce que nous ne puissions pas le supporter… calmes, détendus… nous avons tout le temps… "

Je vous rassure : les protagonistes ne sont pas toujours aussi patients, mais comme ici ils n’ont positivement rien fait, vous reconnaitrez que l’honneur est sauf, pour nous en tous cas : La Cellule d’Ecoute ne s’est pas encore transformée en officine pornographique.



Reste à vous offrir en conclusion de ce post consacré à un bouquin pantagruélique un morceau non moins gargantuesque. Mingus s’y frotte à la cumbia si fort en faveur sur ce blog. Y’en a pour 27 mn : c’est-y pas top ? Vous ne pourrez pas dire qu’on a mégoté sur le poids aujourd’hui.

mardi 3 décembre 2013

Calendrier de l'avent 3 : Los Teen-Agers


Y-a t-il deux groupes appelés "los Teen Agers"? Un colombien et un argentin? Ou s'agit-il d'une même formation à géométrie variable de quatre à sept membres ? Cumbia-twist ou garage-sud américain? Nos enquêteurs sont sur le coup, ce qui ne nous empêche pas de vous souhaiter de buenas fiestas!
 
Los Teen Agers "Buenas Fiestas" (1964) 





samedi 26 octobre 2013

Les classiques : la cumbia sampuesana


Quand on cherche à obtenir des informations précises sur tel ou tel morceau de cumbia, il y a vite de quoi s'arracher les cheveux. Par exemple, pour un classique d'entre les classiques comme la "Cumbia Sampuesana", je n'ai pas été fichu de trouver vraiment autre chose que le nom de son compositeur : Joaquín Betín. Mais après : où? quand? qui? je ne vous en dirai pas plus et je me contenterai de vous placer entre les oreilles ma version préférée (parmi celles que je connais) : celle d'Alfredo Gutierrez et ses accordéons dorés déjà évoqué sur ce blog, ainsi qu'une extraordinaire version mexicaine avec mariachi, claviers à tomber raide et cordes à l'avenant. Le nom du groupe : Mariachi Blanco y Negro, mais là encore je n'ai rien de plus à vous mettre sous la dent (si quelqu'un en sait plus, qu'il ne se gêne pas pour nous apprendre des choses - on prévoit des récompenses). Et en prime un "popurri" d'un quart d'heure de cumbia avec l'inoxydable Aniceto Molina qui commence, bien sûr, par la cumbia sampuesana. Cumbia's not dead!









lundi 23 septembre 2013

Plagiat par anticipation : Ali Mohammed Birra/ Los Wembler's de Iquitos



Absolument improbable mais tout à fait évident à l'oreille : un même son peut avoir plusieurs naissances. Dans notre cas, successivement sur les hauts plateaux éthiopiens puis dans la cordillère des Andes. Effet de l'altitude sous les tropiques? Écoutez donc l'intro de ce morceau d'Ali Mohammed Birra enregistré à une date indéterminé au milieu des années 60 (attention ça gratte!), puis un des tubes d'un des grands groupes de la chicha péruvienne, La Danza Del Petrolero de Los Wembler's de Iquitos. On dirait qu'un certain trouble s'introduit aujourd'hui dans la géographie et dans la chronologie.

"Yaa Hundee bareedaa"


Los Wembler's de Iquitos "La Danza Del Petrolero"
 
 






vendredi 14 juin 2013

La Chine et les accordéons dorés


Dans la rhumba congolaise, c'est le guitariste que l'on met en avant, dans la cumbia, c'est l'accordéon, ainsi sur ce disque d'Alfredo Gutierrez, l'homme aux accordéons dorés, avec Nacho Paredes au chant. On est en 1976 sur le célèbre label Fuentes, les percussions viennent d'Afrique via Cuba et la basse groove super funky, mais c'est bien le piano à bretelles endiablé d'Alfredo Gutierrez qui mène la danse. Il nous emmène en visite dans une Chine de fantaisie et de dissonances jubilatoires, où l'on se quitte sur un "sayonara" garanti nippon d'origine. Cumbia China!



samedi 2 février 2013

Lybie et ondes tropicales



Aujourd'hui, une chanson dédiée à la Lybie. Par Ondatropica le super-groupe de Cumbia mis sur pied par Will Holland et Mario Galeano. Sont réunis sur l'album vétérans de la cumbia et une jeune garde colombienne et internationale inspirée des rythmes colombiens. Ils sont quatorze sur "Lybia" à produire ce splendide bordel sous influences orientales, dont le grand saxophoniste Michi Sarmiento. Le disque a été enregistré aux non moins célèbres Discos Fuentes. Il est quelquefois un peu trop lisse, mais pas du tout sur ce morceau directement influencé par l'actualité politique. Son message? Ben comme c'est un instrumental, on va dire qu'ils ont eu raison de pas se mouiller.