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jeudi 27 novembre 2025

Biguine Wabap séminale : Robert Mavounzy (1953)

 


L'autre grand nom de la Biguine Wabap avec Albert Lirvat (dont il était question ici), c'est celui du saxophoniste et clarinettiste Robert Mavounzy (1917-1974). Quant à la Biguine Wabap, c'est toute la tradition antillaise survitaminée à l'orée des années 50 par l'incorporation d'influences venues du be-bop et du jazz afro-cubain. Chauffe, Robert, chauffe! C'est un emblème plus que tonique que vous offre la Cellule aujourd'hui :

Orchestre Robert Mavounzy - Chauffe La Biguine Là [1953]

 

jeudi 5 juin 2025

Vipère swing au cœur de l'Occup : Jean Ferret et son Sixtette (1943)

 

Paris, le 15 décembre 1943... Gare! La vipère du trottoir de Vincent Scotto vous observe... L'interprétation est celle du Sixtette de Jean "Matelo" Ferret, de la célèbre fratrie. Le vibraphone de Camille Mertens, la clarinette de André Sylvio Sioboud et la guitare de Matelo se relaient et vous gardent à l’œil tandis que la section ryhtmique (René Duchossoir, Marcel Fabre et Jacques Bourgarel) assurent les arrières.

Jean Ferret et son Sixtette "La Vipère du trottoir" (1943)

 


 

vendredi 10 janvier 2025

Accordé à l'accordéon (15) : la virtuosité étourdissante de Medard Ferrero (1932)

 


Monté à Paris depuis Marseille en 1922, Médard Ferrero (1907-1972) est un prodigieux virtuose qui se partage entre le classique (il interprète aussi Liszt, Saint-Saens, Rachmaninoff, Brahms ou Rossini) et le musette. Il deviendra un pédagogue respecté, réputé pour son intransigeance. En 1932, il grave quelques faces parmi les plus étourdissantes de l'accordéon musette. Comment ne pas rester ébaubi par les tours de force du "champion international de l'accordéon" ? On vous en laisse juger :

Médard Ferrero "Mazurka-Fantaisie" (1932)


mardi 7 janvier 2025

Accordé à l'accordéon (14) : Vent et cordes - Gus Viseur et Baro Ferret - Musette et swing manouche en union libre en 1938

 


Nous sommes à Paris le 28 septembre 1938 et le Gus Viseur's Music - c'est le nom de la formation en perfectangliche - est d'attaque pour graver un morceau du genre spécial cosigné par l'accordéoniste belge Gustave-Joseph Viseur (1915-1974) et par Pierre 'Baro' Ferret (1908-1976), guitariste manouche d'origine espagnole, grand. disciple de Django Reinhardt. Derrière Gus et Baro, deux autres guitaristes de la famille de ce dernier, son jeune frère Jean 'Matelo' Ferret et son cousin René 'Challain' Ferret, ainsi que le bassiste de Gus, Maurice 'Momo' Speilleux. Ainsi vent et cordes, musette et jazz manouche (avec un fort parfum d'Espagne) se trouvent réunis pour convoler en union libre et merveilleuse quoiqu'un peu inquiétante aussi.

Gus Viseur's Music "Wind and Strings (Andalousia)" (1938)

 




lundi 4 novembre 2024

Accordé à l'accordéon (13) : Règlement de compte à Ménilmontant (Marcel Azzola, 1951/1954)

Dans l'escadrille des grands accordéonistes du musette, Marcel Azzola (1927-2019) tient une place éminente : un as parmi les as aux talents multiples et variés dont les premiers enregistrements datent des années 50. Pleine de tension, cette célèbre valse-jazz vous laisse vous faire votre cinéma.

Marcel Azzola - Règlement de compte (1954) 

Marcel était natif de Ménilmuche. Allez, ça netour avec cette mazurka à variations, merveilleux classique dédié à la rue où Azzola est né (à l’hôpital Tenon).

Marcel Azzola - Rue de la Chine (1951)






 

mercredi 19 juin 2024

Accordé à l'accordéon (12) - valse-swing, valse fantôme, mystérieuse... merveilles du musette

 

Il est temps pour la Cellule d'entrer en matière et de plonger enfin dans les merveilles du musette. Pourquoi ne pas débuter avec l'immense Jo Privat (1919-1996) qui nous guide dans les mystères de Paris?

Jo Privat "La Mystérieuse" (1945)


 Jo Privat "Valse fantôme" (1950)





lundi 8 avril 2024

Minimalisme extrêmiste et premiers pas du rock'n'roll en France : Jean-Baptiste Reilles alias Mac Kac (1956)

  

La France n'a pas forcément réagi au quart de tour mais il fallait bien que quelqu'un s'y colle et ce fut un batteur un peu rondouillard et barbichu, originaire de Sète qui alluma la mèche. Nous sommes en 1956 et il s'agissait d'être dans le coup quand le jazz-band s'avisa enfin de jouer rock'n'roll quelques dizaines de mois après qu'un jeune type au sex-appeal renversant ait lancé les hostilités du côté de Memphis dans la vallée du Mississippi. Jean-Baptiste Reilles, la quarantaine déjà bien avancée, saisit alors l’occasion par les cheveux et enregistre un certain nombre de faces pour l'étiquette Versailles, qui postulent avec d'excellents arguments au titre de premiers disques de rock'n'roll hexagonaux, ce qui ne tournait certes pas nécessairement encore très rond dans les esgourdes du grand public et pas plus à vrai dire dans celles plus distinguées des esthètes amateurs de jazz. Dans cette première rafale, une ode à la dipsomanie la plus résolue se distingue par son radicalisme esthétique. La chose secoue, on vous prévient mais, sans conteste, c'est largement mieux que de se casser une patte.

Mac Kac & His French Rock'n'Roll "J'vais m'en jeter un derrière la cravate" (1956)

On peut aller voir là pour en savoir plus.





mercredi 15 mars 2023

Cubaines, italiennnes, hindoues, parisiennes... Les racines d'un grand classique de l'exotisme (1936)

 

La Cellule vous embarque aujourd'hui sur les traces d'un grand classique cubain, ou peut-être para-cubain devrait-on dire, ou méta-cubain, ou sur-cubain pourquoi pas... ou comme vous voulez. Les choses se passent à Paris où le monde du spectacle de l'Entre-deux-guerres est friand d'exotisme et peu regardant sur l'authenticité des pedigrees annoncés en haut des affiches. Les musiciens du Lecuona Cuban Boys sont cependant tout ce qu'il y a de plus cubains et sillonnent l'Europe en crise depuis quatre ans. Arrivés de La Havane en Espagne en 1932, les LCB avaient connu des débuts difficiles. En 1934, le compositeur Ernesto Lecuona, gravement malade, avait été obligé de les laisser poursuivre leur périple sans lui mais dès lors qu'ils mettent les pieds à Paris, où ils sont acclamés, leur succès est phénoménal sur tout le continent. Le seul élément que le grand orchestre de plus de douze membres avait négligé d'emporter des Caraïbes était un chanteur du cru. Aussi embauchent-ils une star italienne de retour d'Hollywood, Alberto Rabagliati qui officie sur la plupart de leurs disques des années 30. Sa voix n'en fait pas moins merveille sur cette composition d'Armando Valespi Orefiche et Armando Orefiche (deux Armand pour le prix d'un), ce dernier étant le pianiste et faisant figure de leader de l'ensemble. Le morceau évoque quant à lui un sous-continent indien d'opérette - exotismes en chaîne! - et constitue une merveille d'équilibre avec un arrangement d'une modernité saisissante, devenu plus tard (dans les années 50-60) un standard du sous-genre de l'exotica - exotismes concaténés! Il a été enregistré à Paris le 29 septembre 1936.

Lecuona Cuban Boys - Hindou (1936)



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mercredi 29 septembre 2021

Un mot, qui je vous le donne en mille...

 

Un peu comme un lipogramme mais la contrainte est facile, puisque c'est un mot, un seul qui manque. Oui mas lequel? Le tout développé avec une délicatesse rêveuse bien propre à envelopper votre matinée dans une douce euphorie un peu farceuse.

Les Frères Jacques : "La marquise a dit" (1961)




mercredi 3 mars 2021

Un genre de reggae imprévu : vénéneux et en français

 

Oh la la, la chanson française sous influence jamaïcaine en 1981... gare! Mais là c'est vraiment le contraire du ska festif, ce morceau sacrément flippé de William Sheller qui s'insinue en douce entre vos oreilles et y établit méthodiquement son nid de mélancolie épineuse.

William Sheller - J'suis pas bien (1981)





lundi 11 janvier 2021

Les Tchèques : bien des questions

 

Grise et rose, la chanson de Dick Annegarn réveille la mélancolie entêtante du tendre rhinocéros qui sommeille en vous. Nous sommes en 1992, le mur vient à peine de dégeler et il se pose encore bien des questions.

Dick Annegarn "Les Tchèques" (1992, version réenregistrée en 1997)



 

Hommage à peine plus acidulé, Matthieu Boggaerts reprend les choses presque au même endroit quatorze plus tard :

Matthieu Boggaerts "Les Tchèques" (2006)





vendredi 18 septembre 2020

Surfin' Lamotte-Beuvron

 


Et si Elvis était né à Limoges ? Et si le delta du Mississippi débouchait en baie de Somme ? Et si Woodstock avait eu lieu dans la banlieue de Beauvais ? Et si Lennon et Mc Cartney s'étaient rencontrés au Lycée à Saint-Flour ? Qu'en serait-il de leur musique ? Pour les amateurs d'uchronie musicale André Popp nous offre une pièce de choix : Et si les Beach Boys étaient de Lamotte-Beuvron et s'étaient épris de chasse plutôt que de surf ? Voici la réponse en trois minutes :



dimanche 3 mai 2020

De Chopin à Link Wray en passant par Tino Rossi et quelques autres

C'est peut-être la plus célèbre des études de Chopin. Tout commence donc dans les années 1830 avec cet inoubliable morceau pour piano :


Un siècle plus tard, fleurissent les adaptations munies de paroles en allemand, en français, etc. Tino Rossi livre une version suivant le motif troubadour des chansons d'aube. "L'ombre s'enfuit. Adieu Beaux rêves..."

 Tino Rossi "Tristesse" (1939)


Non moins sentimental, l'uruguayen Edgardo Donato en donne, lui, une saisissante version tango.

Edgardo Donato "La Melodia del Corazon" (1940)


N'oublions pas la version des Quatre barbus qui opèrent un retournement digne des Poésies de Lautréamont (Montevideo quant tu nous tiens!) et transforment, avec le concours de Pierre Dac, la tristesse en chant d'allégresse.

Les Quatre Barbus "Chant d'allégresse" (1960)


"Les hommes sandwich ne se mangent plus entre eux"

Et c'est enfin au tour improbable de Link Wray de pendre la mélodie de Chopin au cou de la guitare la plus sauvage d'Amérique (un peu adoucie pour l'occasion).

Link Wray "Golden Strings" (1960)
 

 




dimanche 15 mars 2020

Les plus chouettes légendes psyché-folk perdues et retrouvées (en Bretagne)


Tout un album de démo avait été enregistré en 1971, la pochette même était dessinée, mais aucune maison de disque n'avait souhaité le commercialiser et seuls une vingtaine de pressages test en avaient été tirés. Trente-trois ans plus tard, Dawson Pratter du label Locust Music dénicha un de ces rarissimes pressages, retrouva Stephen Titra et assura la sortie en 2009 de ce magnifique disque égaré dans les méandres de l'industrie musicale. 

L'histoire avait commencé à la fin des années 60. Après être passé dans différents groupes folk de Chicago plus ou moins sous influence du Grateful Dead, Stephen Titra eut l'idée d'un projet plus sophistiqué, plus doux aussi. Le nom choisi, Of Wondrous Legends, s'abrège en O.W.L et c'est donc une chouette habitée de merveilleuses légendes qui ouvrent ses grands yeux pour vous au sortir des placards de l'histoire du psyché-folk. L'album avait été conçu au retour d'un voyage en France. Ce qui nous vaut une évocation funambulesque de la Bretagne :

O.W.L. "Breton Landscape" (1971)


Si l'on veut chercher une référence, ce serait peut-être l'excellent Kaleidoscope anglais (à ne pas confondre avec l'américain) qui sonnerait le plus proche de O.W.L. surtout sur certains titre comme :

O.W.L "Be Alive" (1971)


L'album s'ouvre et se ferme sur deux petites merveilles que l'on ne résiste pas à vous faire écouter. 

O.W.L "Legends" (1971)



O.W.L "Sunsets Of Smiles" (1971)


Des couchers de soleil pleins de sourires, c'est bien tout ce qu'on vous souhaite. En Bretagne, si vous y êtes. Dans une Bretagne imaginaire sinon, que ce soit celle récréée par O.W.L. ou celle hantée du peintre tchèque Jan Zrzavý qui a composé en 1935 ces "bateaux endormis" que nous faisons figurer en haut de ce post et qui se trouvent amarrés à la Galerie nationale de Prague, dans la section consacrée à la Première République des collections permanentes à Holešovice, avec quantité de pièces remarquables réunies là dans un écrin scénographique d'une intelligence rare.

samedi 29 février 2020

Valse tropicale et aérienne en faisant un tour aux Seychelles.


Le principe a été établi par les linguistes. En linguistique, on le désigne sous le nom de conservatisme des zones périphériques. Si vous voulez observer un phénomène de langue ancien, il faut regarder non au centre de la zone géographique considérée mais sur ses marges et le plus loin possible même. En musique, le principe fonctionne aussi bien qu'en linguistique et si vous voulez avoir une idée des modes musicales en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et bien, allez donc jeter une oreille dans le répertoire de ces vieilles France les plus périphériques qui soient, celles des colonies les plus anciennement perdues. A ce titre, Haïti ou le Canada (avec son surgeon cajun) sont de formidable conservatoires. Mais c'est aussi le cas, et c'est bien moins connu, des Seychelles. Le Cellule est donc ravie de vous embarquer pour cette Cythérée de l'océan Indien et de vous inviter aux noces "à l'antiquité" qu'on y célèbre en musique. Bernard Koechlin est parti là-bas pour nous (et surtout pour le label Ocora) et y a enregistré, le 12 janvier 1977, un ensemble formé par Jean Baptiste, Marc Monthy, Sadi Barlett, Maxime Leon, Raphaël Labiche, Raymond Alissop et Alex Melanie, soit deux violons, un banjo, un triangle (ah le triangle! ici comme chez les Acadiens), deux guitares et une grosse caisse agrémentée d'une cymbale, auxquels il faut encore adjoindre le commandeur qui dirige de la voix les opérations chorégraphiques. Vous verrez, le plaisir est loin d'être seulement archéologique : la valse vous conviera aux réjouissances avec une légèreté sans pareille et la contredanse qui suit vous excitera sans doute aux grandes prouesses. 






samedi 15 février 2020

La very boxe catalane : Pascal Comelade vs. Arthur Cravan

Cela faisait bien trop longtemps que je n'avais pas écouté l'excellent Traffic d'abstractions du non moins excellent Pascal Comelade et j'avais complètement oublié son ouverture cravanesque. Arthur Cravan est bien la fine fleur de nos émotions ce matin :

Pascal Comelade "Arthur Cravan Was a Flor Fina" (1993)

Mais puisque nous sommes lancés en pays de connaissance, ne négligeons pas la suivante sous influence falceto-éthiopienne, nous dit le livret.
 Pascal Comelade "The Skatalan Logicofobism" (1993)


Pour la soif, ajoutons encore une célèbre reprise de Bob Dylan.

Pascal Comelade "Like A Rolling Stone" (1993)


Et enfin, ce morceau de circonstance.

Pascal Comelade "L'Orchestra del Titanic plays That's amore" (1993)




mercredi 4 décembre 2019

Graines de fleurs bleues contondantes (les sources de Boby Lapointe)

Un poète avec un couteau, on n'imagine pas Charles Trenet spontanément comme ça. Pourtant l'humour du fou chantant se teinte souvent d'une nuance tout à fait grinçante. La fleur bleue de Novalis a subi bien des outrages et celui que Charles Trenet lui inflige dans "Miss Emily" annonce si bien les fantaisies contondantes de Boby Lapointe que le lien apparaît encore plus direct qu'on ne croyait entre le chanteur de Narbonne et celui de Pézenas.

Charles Trenet - Miss Emily (1938)


Par chance, la voie de l’humour noir croise aujourd'hui notre obsession des prénoms illustrés en musique. On vous recommande à ce double titre les rimes jubilatoires de la chanson suivante que Boby Lapointe a forcément appréciées en fin connaisseur :

Charles Trenet - Annie-Anna (1939)


mercredi 6 novembre 2019

Prénoms toujours : Géraldine


En 1972, Jean-Claude Vannier compose le générique d'une émission pour France Inter : Point d’Interrogation. Le titre de ce thème : Je m'appelle Géraldine, électrisante rengaine entrainante et mélancolique. Les oreilles pointues auront reconnu la patte de l'arrangeur qui a signé l'année précédente l' Histoire de Melody Nelson avec Serge Gainsbourg.



En bonus, je vous glisse le plus percussif "L'ours paresseux" toujours composé par celui qui, selon sa légende aurait appris les rudiments de l'orchestration en potassant un « Que sais-je ? ».

vendredi 27 septembre 2019

Collision dans le bayou : cajun goes rumba




C'est un des derniers enregistrements de l'étiquette Khoury si importante pour le renouveau de la musique cajun à la fin des années 40. Nous sommes en 1956 et le tsunami du rock'n'roll vient momentanément de recouvrir la vague des enregistrements cajun. Les musiciens francophones du bayou se mettent à tenter des choses improbables. C'est ainsi que le grand accordéoniste Nathan Abshire s'adjoint le concours de la toute jeune Yvonne LeBlanc, 14 ans, pour une expérimentation cajun rumba complètement défrisante.

"Nathan Abshire et Yvonne LeBlanc - Mama Rosin (c. 1956)"


Le titre est mythique et donnera son nom à un groupe de cajun revisité, qui faisait encore le bonheur des soirées de Genève il n'y a pas longtemps (mais qui est apparemment en sommeil depuis cinq ans). Le grand spécialiste qui tient le blog early cajun a repéré les sources cubaines du morceau, qui viennent sans aucun doute d'un classique de la rumba composé par Eliseo Grenet, "Mama Inez". Mais voyez comme les choses se compliquent délicieusement : c'est apparemment la version de Maurice Chevalier (en anglais!), devenue une ode à la "Môme Inès", qui a inspiré le plus directement les cousins du bayou.

Maurice Chevalier "Mama Inez" (1931)