" – Peu importe d’où l’on vient. Il n’y a pas de tonique. Le thème et son développement ne sont qu’un mirage…
Il y a une musique toujours inattendue.
– Et les dissonances ?
– Dieu les a créées, elles aussi…"
Jaume Cabré - "Voyage d'hiver" - 2014

”La terre, il se pourrait bien après tout que ce soit une espèce
de merveilleux petit appareil enregistreur, plaçé là par on ne sait qui,
pour capter tous les bruits qui circulent mystérieusement dans l’Univers.”
Pierre Reverdy - ”En vrac” - 1929

”J’entends tous les bruits de la terre grâce à mes oreilles et mes nerfs de cristal
dans lesquels circulent le feu du ciel et celui des volcans.”
Michel Leiris - ”Le point cardinal” - 1927

"L'écoute, c'est l'ombre de la composition"
Pascal Dusapin - 2008

 

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23/07/2022

Porto de Santos


 

"O Porto de Santos" is a 1978's movie directed by Aloysio Raulino (1947-2013) , one of a most famous cinematographers in Brasil during the second part of the XXth century. A portrait of this great harbour of Santos, close to São Paulo, describing the workers' lifes in a poetic manner.

 


"Comment nier le mélange de désarroi et de bonheur ressenti à la vue des dockers du plus grand port brésilien filmés par Raulino dans un tel climat de confiance, à celle de la jeune prostituée des quartiers populaires de Santos, ou encore à celle de la danse érotique du bandit " Escorregão", qui, d’après le directeur lui-même, avait menacé l’équipe au cas où celle-ci se refuserait à le filmer ? Comment ne pas constater une affinité avec le regard à la fois objectif et poétique des premiers documentaristes d’avant-garde, Vertov, Cavalcanti, Ivens, et pourquoi pas le Vigo de "À propos de Nice" (1930) – film face auquel "Porto de Santos" se pose comme une sorte de double en négatif : station balnéaire de l’élite française versus dockers brésiliens en grève ?" source: La symphonie des pauvres 

 


O curta, de 1978, mostra a história do porto, as atividades dos seus trabalhadores e o movimento de tudo o que circundava esse local à época da filmagem. Além de ser interessante ver as imagens do fim dos anos 70 – uma época em que Santos também representava uma força política importante na luta contra a ditadura militar -, o filme é obrigatório para entender como chegamos até aqui. 

 


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06/03/2022

Uma noite em 67



On the 21th of october1967 in Teatro Paramount (São Paulo - Brazil), the third final of the Festival de Música Popular Brasileira , being the real embodiment of the begining of the "Tropicalism".

A crazy night with lot of famous musicians, which started with a scandal by Sergio Ricardo who broke his guitar in front of the audience who disliked his song interpretation.

An amazing documentary with interviewes and excerpts of the show : Chico Buarque with the MPB 4, (don't miss a fabulous piece around 46' - where the audience had nothing to compete with the Beatles' one, at the same era)  Caetano Veloso, Gilberto Gil and Os Mutantes ....

The movie is in Portuguese langage, no subtitles, but don't miss it.
 
 
Le 21 octobre 1967 au Teatro Paramount (São Paulo - Brésil), la troisième finale du Festival de Música Popular Brasileira était comme la véritable incarnation du début du "Tropicalisme". Une soirée folle avec de nombreux musiciens célèbres, qui a commencé par le scandale provoqué par Sergio Ricardo qui a cassé sa guitare devant le public qui n'avait pas aimé son interprétation de la chanson. Un documentaire étonnant avec des interviews et des extraits du spectacle: Chico Buarque avec le MPB 4, (ne manquez pas un morceau fabuleux vers 46' - où le public n'avait rien à voir avec celui des Beatles, à la même époque) Caetano Veloso , Gilberto Gil et Os Mutantes .... Le film est en portugais, sans sous-titres, mais ne le manquez pas.


thanks to Vincent Segal for the link
 
originally published in may 2015 as a tribute to our friend RKK

 
_--*O*I*O*--_


14/04/2020

Chico Mello

Chico Mello, one of my favorite brasilian composer, bordering experimental and popular music,
as well theater works.
Chico is also a part of the duo Telebossa who interplays between musical cultures
and  incessant exploration of Samba, Jazz and Chamber Music.
featuring Helindo Brandao - from early work "Água" at Polygram - 1984




19/06/2018

A as "Alviverde"



In passing
... for the sunny days which are floating around, one of my personal hits for a long time. 

"Alviverde" is a brilliant  composition by Jun Miyake, with the smooth and voluptuous Arto Lindsay' voice, issued from "Stolen From Strangers" published in 2007.
Just enjoy!

10/10/2016

Pour en finir avec Tropicália

Ernst Widmer, Lindembergue Cardoso, Rufo Herrera, Milton Gomes, Jamary Oliveira & Walter Smetak

Samon Takahashi, musicien et plasticien, nous propose de découvrir les avant-gardes qui ont influencé et accompagné le mouvement Tropicália: modernisme, concrétisme, électro-acoustique… On s’intéressera notamment dans ce premier volet à l’importance de l’Université de Bahia et de ses professeurs comme Walter Smetak, qui a exercé une influence certaines sur Caetano Veloso.
Sur Radio Vassiviére, à écouter le premier volet de cette intéressante plongée au coeur de l'avant-garde brésilienne,
et la seconde partie

Samon Takahashi, french musician and artist, propose to discover the avant-garde which had influenced the Brasilian modernism movement Tropicalia... It will focus in the significance of the Bahia’s university and its teachers as Walter Smetak, who trained a real influence on Caetano Veloso and many others.
On Radio Vassivière you can listen to the two parts of this interesting dive in the heart of the Brazilian avant-garde of the 70s.
 




Sans oublier de consulter la restitution d’une conférence audiovisuelle donnée par Samon Takahashi en 2014 à São Paulo dans le cadre d’une session OuUnPo.
Cette conférence "Helveticalia" (ou "l’invention du Brésil par les Suisses") est une fiction sur l’identité brésilienne, supposée être nourrie par des origines suisses.
 

04/05/2015

Uma noite em 67 for RKK


En hommage à notre ami Rémi Kolpa Kopoul, dit RKK, qui nous a quitté hier.
Cette excellente archive des débuts du tropicalisme au Brésil, pays qu'il aimait - et qui l'aimait - tant et dont il nous a fait, au fil des dernières décennies, découvrir les merveilles musicales. Journaliste, DJ, homme de radio (Radio Nova) et grand maître de la "sono mondiale", il nous a toujours fait entendre des merveilles et des raretés musicales des 5 continents, avec passion et générosité.

L'Improbable Portrait, film réalisé par Stéphane Jourdain de "La Huit".

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On the 21th of october1967 in Teatro Paramount (São Paulo- Brazil), the third final of the Festival de Música Popular Brasileira , being the real embodiment of the begining of the "Tropicalism".

A crazy night with lot of famous musicians, which started with a scandal by Sergio Ricardo who broke his guitar in front of the audience who disliked his song interpretation.

An amazing documentary with interviewes and excerpts of the show : Chico Buarque with the MPB 4, (don't miss a fabulous piece around 46' - where the audience had nothing to compete with the Beatles' one, at the same era)  Caetano Veloso, Gilberto Gil and Os Mutantes ....

The movie is in Portuguese langage, no subtitles, but don't miss it.


thanks to Vincent Segal for the link


07/07/2013

João


A great respect for João Gilberto who flied away yesterday,
reminding the famous "Besame Mucho" mix whe did,
Francis Falceto and I, 30 years ago, 
a 2 hours special program for the swiss "Radio Couleur 3"
with, among others, João's version,
probably one of the 10 best interpretations of this tune (among quite 250).




***

09/11/2012

Antonio das Mortes II

à propos de la remarquable soprano de la fameuse scène de la mort d'Antonio das Mortes
(cf  l'article précédent sur "beyond the coda"), le compositeur Marlos Nobre nous a fourni les détails suivants :

"I inform that, in the music of the death scene, the singer is a famous dramatic soprano, soloist 
at the Opera of the Colon Theatre in Buenos Aires. Her name is Amalia Bazan and she recorded the music with myself conducting with fine musicians of the Rio de Janeiro's Opera Theater. The work which the title is UKRINMAKRINKRIN is recorded on a double CD, with the same performers and my conducting, 
with the title "Marlos Nobre Orchestral, Chamber and Vocal Works" still available 
on the label Leman Classics Switzerland"


et à propos de Maria Bethânia, qui avait participé à la musique du film:

....
Vous avez eu un autre ennemi: Glauber Rocha.
On ne s'est pas disputé, non. Mais quand Glauber a fait "O Dragão da Maldade Contra o Santo Guerreiro", en 1969, j'ai chanté une chanson dans le film chanson qu'il a coupé. C'était un verset: "Será que o sol quebra a vidraça / Será que o sol vai quebrar?". C'est tout. J'ai enregistré sur deux jours, seulement parce que j'ai aimé Glauber et que ma meilleure amie était sa sœur, Anecy Rocha. Glauber était un Dieu. Travaillant nu à la maison, il créait un climat. Anecy disait: «Bethânia, ne va pas là parce que Glauber travaille», et je savais ce que cela signifiait: ". Glauber est nu. Ils mourraient de rire, j'étais très tendue et Anecy essaya de me détendre...

Pourquoi Glauber a-t'il coupé la scène musicale?
Je ne sais pas. Anecy m'a expliqué qu'il a dû enlever la séquence entière. Bien sûr, je n'ai jamais gagné quoi que ce soit, imaginez : Glauber, m'inviter? Un luxe! Seulement un jour, j'étais au bar Zeppelin (Ipanema) quand Odette Lara, qui était une actrice dans le film, est venu à la table et a fait quelques très mauvaises critiques, mettant tout en bas. Et moi, bien sûr, j'ai réagi, j'étais en colère.

Vous avez continué d'être amie de Glauber jusqu'à sa mort?
On se voyait beaucoup, à Paris, lui et son épouse, Juliet Berto. C'était une belle française que j'aimais bien, avec qui il a eu sa dernière maison en France, et lors d'un spectacle que j'ai fait à l'Olympia, elle m'a donné toutes les reliques de Glauber: photos, lettres, affiches de cinéma, extraits de presse. Elle m'a fait confiance et je les ai donné directement à la mère de Glauber Rocha, Tante Lucy.
....


     Maria Bethânia

....
LES LIMITES DE LA CREATION - Selon ses plus intimes, Glauber se ferme quand il commence un film. Lors de la préparation du script de son premier long métrage, "Barravento" la chanteuse Maria Bethânia, amie de sa sœur Anecy, allait à sa maison de Salvador pour jouer de la guitare et chanter. Glauber, enfermé dans sa chambre, cria: "Silence! Quelle femme chiante!" La relation entre les deux, au début pleine de débordements, s'est s'adoucie avec le temps. Glauber l'appelait par son nom complet, Maria da Purificação Bethânia. Pour elle, Glauber était "un timide qui s'extraderait dans ses films".  Quand il a réalisé "Antonio das Mortes" , Glauber a invité Bethânia  à chanter sur la bande sonore. "J'ai eu peur. La musique était difficile, semblait plus un aria pour une chanteuse d'opéra. J'ai presque abandonné".  Bethânia a passé des journées à étudier la composition et l'enregistrement, mais lentement est devenue confiante. "Glauber m'as dirigé tout le temps comme s'il dirigeait un acteur".

DIEU EXISTE? - La musique de "Antonio das Mortes," du jeune compositeur Marlos Nobre, reflète les préoccupations esthétiques de Glauber, un «torturé de la forme», selon ses amis. Bethânia chante à la fin du film, seulement quatre versets ("Se aprepara gente / Se aprepara que agora vai ter / Le Duel of the Evil Dragon /  Contre le Saint-Guerrier"), répétés en plusieurs tonalités. Le texte est basé sur les bandits légendaires de Lampião qui avaient l'habitude de ne parler qu'en vers. Une fois quelqu'un lui a demandé comment il expliquait la virginité de Marie après la naissance de Jésus et le bandit a répondu: "Tout comme le soleil se déplace à travers la fenêtre sans casser la vitre". Glauber croit-il en Dieu? "Il ne boit pas et n'est pas religieux, en dépit de la forte dose de mysticisme de ses films", explique l'acteur Mauricio do Valle, l'interprète de Antonio das Mortes. Lors du tournage de "Le Dieu noir et le Diable blond" (Deus e o Diabo na Terra do Sol) à l'intérieur de Bahia, Glauber et Mauricio grimpaient sur une colline en discutant à propos de Dieu. Soudain, une rafale de vent a frappé la caméra, qui roula à quelques mètres plus bas. Mais le matériel était intact. Mauricio do Valle, qui est très religieux, a déclaré: "Dieu existe". Glauber a dit: "C'est possible ..."
....

extrait d'un article dans le magazine Veja de mai 1969

thanks to Stephane P.  &  Lisa C. for researches & translations

 

!!!!

07/11/2012

Antonio das mortes


"Antonio das mortes", "Prix de la mise en scène" au Festival de Cannes en 1969, est le film qui consacre mondialement  Glauber Rocha, l'enfant terrible du cinéma brésilien et porte parole du "cinema novo", comme un réalisateur incontournable. 
Son oeuvre fortement politique, au travers de fables allégoriques et de paraboles baroques au naturalisme stylistique, est une réflexion sur la culture brésilienne contemporaine, les inégalités sociales, la misère du Tiers Monde.


"Je n'ai pas honte de dire que mes films sont produits par la douleur, par la haine, par un amour frustré et impossible, par l'incohérence du sous-développement." - Glauber Rocha

!!! A Paris, au Musée du Jeu de Paume, une rétrospective incluant quelques films rarement montrés, jusqu'au 18 décembre.

La bande son de la scène de la mort d'Antonio das Mortes, est stupéfiante, mêlant bruitages, cris et musique de Marlos Nobre qui propose là une forme d'opéra contemporain tout à fait déjantée. Impossible de trouver le nom de la chanteuse étonnante... Toutes informations sur ce sujet seront les bienvenues.

A écouter de toute urgence!

* le titre originale du film est ""O Dragão da Maldade contra o Santo Guerreiro"