" – Peu importe d’où l’on vient. Il n’y a pas de tonique. Le thème et son développement ne sont qu’un mirage…
Il y a une musique toujours inattendue.
– Et les dissonances ?
– Dieu les a créées, elles aussi…"
Jaume Cabré - "Voyage d'hiver" - 2014

”La terre, il se pourrait bien après tout que ce soit une espèce
de merveilleux petit appareil enregistreur, plaçé là par on ne sait qui,
pour capter tous les bruits qui circulent mystérieusement dans l’Univers.”
Pierre Reverdy - ”En vrac” - 1929

”J’entends tous les bruits de la terre grâce à mes oreilles et mes nerfs de cristal
dans lesquels circulent le feu du ciel et celui des volcans.”
Michel Leiris - ”Le point cardinal” - 1927

"L'écoute, c'est l'ombre de la composition"
Pascal Dusapin - 2008

 

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21/10/2022

a singing machine

 

A strange singing machine created by the British artist Martin Riches who worked since 1972 and build music machines, speaking machines, sound installations and interactive installations.

to explore few of his creations:  Small Clicking Machine inspired by Steve Reich's "Clapping Music" - Talkin machine as an acoustic speech synthesizer - the Thinkin Machine using tubular bells - and many more ...


___

 With the composer Masahiro Miwa, and the support of the Berlin's KNM, they produced the 2013's piece titled "hitonokiesari"  (means "people vanish")
 

Introduction and Recital of a poem by Sadakazu Fujii
for Singing Machine, Ein Ton and nine players 

performed live At Radialsystem V Berlin, June 2017

 

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07/03/2021

Hôtel des Autrices

 



 

Hôtel des Autrices est tout à la fois un lieu de résidence d’écriture, une plateforme numérique d’édition et de diffusion, et un espace spéculatif de création artistique. Sur une idée originale de Marie-Pierre Bonniol et Collection Morel, ce projet est mis en œuvre par le "Réseau des Autrices francophones de Berlin".

Il explore de nouvelles façons d’écrire et de diffuser l’écriture. Il est tout à la fois un sujet littéraire, un espace de création, un objet artistique et une proposition politique. L’Hôtel des Autrices est bilingue (français et allemand) et entièrement numérique. Imaginé à Berlin pendant le premier confinement au printemps 2020, l’Hôtel des Autrices est né de la conviction que les espaces (politiques, physiques et sociologiques) dont disposent les femmes pour créer sont non seulement fragiles, mais encore trop inadaptés structurellement. À partir du topos de l’hôtel, des autrices francophones berlinoises ont conçu un dispositif de création prenant en compte ces difficultés.

Dans l’Hôtel des Autrices, chaque texte produit est un matériau pour l’élaboration d’un espace mental partagé, en constante réinvention. Le défi est d’expérimenter sous de multiples formes des contenus littéraires adaptés aux plateformes numériques tout en créant des espaces de création pour les femmes.

 

 


 

Das Hôtel des Autrices ist ein Instrument, um neue Wege des Schreibens und der Verbreitung von Literatur zu erkunden. Es ist gleichzeitig ein Symbol, ein Raum für kreatives Schaffen, ein Kunstobjekt und ein politischer Vorschlag. Es ist ein Ort des Rückzugs, der Begegnung und der Vermittlung. Das Hôtel des Autrices wurde von französischsprachigen Autorinnen in Berlin entwickelt. Es ist zweisprachig (Französisch und Deutsch) und ausschließlich digital. Das Projekt ist während des ersten Lockdowns im Frühling 2020 in Berlin entstanden. Das Hôtel des Autrices ist aus der Überzeugung heraus geboren, dass die Räume (politische, physische und soziologische), die Frauen für ihr Schaffen zur Verfügung stehen, nicht nur fragil, sondern auch strukturell ungeeignet sind. Anhand des Topos des Hotels haben französischsprachige Berliner Autorinnen ein Werkzeug geschaffen, dass diese Schwierigkeiten berücksichtigt. Im Hôtel des Autrices ist jeder entstandene Text Material für die Entwicklung eines gemeinsamen geistigen Raumes, der ständig neu erfunden wird. Die Herausforderung besteht darin, gleichzeitig kreative Räume für Frauen zu schaffen und auf unterschiedlichste Weise mit literarischem Material zu experimentieren, das für digitale Plattformen geeignet ist.


 "Dans les couloirs de l’Hôtel, les portes peuvent changer en permanence de numéros. Le jardin flotte parfois, et des escaliers se forment là où le sol, il y a encore quelques minutes, pouvait paraître ferme. Les chambres comme les salons peuvent être des lieux de travail, de rencontres, de projections, de recherche comme d’élaboration. Chaque habitante peut définir l’ensemble de l’espace. C’est d’ailleurs, peut-être, le propre de cet Hôtel : un plan et des occupations sans arrêt renouvelées, vivant dans différents plans parallèles, parfois croisés, permettant l’émergence de nouvelles modélisations de pensée, individuelles comme collectives." - MPB

 


 

"Très honoré.e.s Client.e.s de l’Hôtel, nous avons l’immense plaisir de vous annoncer qu’à compter du 5 octobre 2020, votre réveil quotidien sera confié à Mme Corti Kora, éminente pianiste spécialisée dans les formes musicales répétitives. Celle-ci jouera tous les matins dans le foyer de l’Hôtel à 7h20 (horaire fixé après une concertation avec vous, cher.ère.s Client.e.s, et notre bien-aimé personnel) un ostinato de sa composition, dont le titre et une brève description seront reprises par le déroulant lumineux à l’entrée du foyer... Si vous souhaitez commander un Ostinatôt pour une occasion particulière (bain de minuit, sieste à l’ombre du chêne centenaire, mauvaise humeur chronique…) il vous suffit de vous inscrire à la réception, où les modalités artistiques et tarifaires vous seront notifiées.

En vous souhaitant un départ exquis dans toutes vos journées.  Fait à l’Hôtel des Autrices, le 23 septembre 2020. La Direction" - Ann Gasp

 
Qu'est-ce qu'un Ostinatôt? Was ist ein Wecktonato?
 


***

20/02/2021

Gobe-mouches


"Le petit gobe-mouches" est un livre publié par Christian Bourgois Editeur en 1979. 

Conçu par le poète et typographe Jérôme Peignot, grand amateur et créateur de  poésie visuelle, de Typoèmes et de Calligrammes, "Le petit gobe-mouches" fonctionne comme un dictionnaire où "les mots se prêtent à merveille à l'élaboration de construction qui, fondée en raison linguistiquement parlant, ne ressortent que du langage et de lui seul".

Recensés dans cet ouvrage passé au peigne fin, voilà quelques uns de ces mots relatifs au monde du sonore et du musical.

Bolero : ce n'est pas parce qu'on entre dedans qu'on prend une veste. 
Bugle : fleur bleue du régiment.
Chalumeau : on ne peut s'en servir que si l'on connaît la musique. 
Chanteur de charme : il faut l'arroser si on veut qu'il en pousse un.
Chef d'orchestre : s'il y en a un qui mène les choses à la baguette, c'est bien lui.
Concert : lors de celui des nations, les violons sont rarement accordés.
Contredanse : fait valser.
Courante : on connaît la musique.
Disque : on a beau le changer, le contractuel connaît la musique.
Dur de la feuille : à oreilles caduques.
Facteur d'orgue : lui aussi se préoccupe de timbres.
Fugueur : J.S.Bach a prouvé qu'on pouvait faire des fugues sans en être un.
Grosse caisse : le seul moyen de savoir ce qu'elle a dans le ventre c'est de taper dessus.
Guimbarde : rare est celle qui ne fait pas vibrer une corde sensible.
Java : on peut la faire sans y aller.
Luthier : c'est dans ses cordes de faire aussi des touches.
Musette
  1 : sous forme de bal, les riverains eux aussi, l'ont sur le dos. 
  2 : lorsqu'on ne va pas au bal,on ne l'a pas forcément dans le dos.
Oiseau-lyre : la musique de l'air.
Opéra bouffe : nourrit rarement son mélomane.
Orgue : avec lui, souffler c'est jouer.
Ouïes : grâce à elles, les poissons s'y entendent pour respirer.
Paroles : on a beau boire celles de quelqu'un, elles ne vous soûlent jamais.
Pavillon : celui de l'oreille héberge les sons.
Piano : ce n'est pas parce que sa facture est une affaire réglée que son luthier l'a été.
Point d'orgue : quand une partition vous ennuie, il arrive à point nommé.
Polka : qu'on sache ou non la danser, avec elle on a du pain sur la planche.
Portée : ne déroute pas les animaux: ils connaissent la musique.
Portugaises
  1 : quand elles ne sont pas ensablées, elles retiennent les perles.
  2 : en elles, les bougeoises parisiennes trouvent souvent des perles.
Potins : ce ne sont pas forcément les plus petits qui font le moins de bruit.
Quinte : fait tousser en musique.
Scie (musicale) : on vibre avec elle.
Son : c'est parce qu'il a un timbre qu'il voyage.
Tambour : quand on sait comment il résonne, on est en droit de se demander pourquoi on le met toujours en avant.
Tango : danse haute en couleur.
Téléphone arabe : de babouche à oreille.
Tourne-disques : devrait équiper les voitures en stationnement.
Trompe : Eustache n'est pas le seul à en avoir.
Trompette de la mort : champignon pour départ en fanfare.
Tympan : c'est grâce au sien qu'une église a l'oreille de Dieu.
Tyrolienne : il est naturel que ce soit toujours les hommes qui la chantent.


illustration de Valerio Adami


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26/04/2019

Affabuloscope

Le réconciliateur


L'Affabuloscope est un musée situé au Mas d'Azil, en Ariège.
Il est entièrement dédié à l'artiste français méconnu Claudius de Cap Blanc
D'une grande méticulosité et rigueur, son travail, aux frontières de l'art brut y est montré.
Créateur d'inventeurs inventés et de stratagèmes des médias,
inventeur de machines, que l'on peut qualifier de "célibataires" ou (et) surréalistes,
découvreur de paysages,  Claudius de Cap Blanc est un artiste riche d'imaginaires
et d'audace qui le mène quelque temps en prison  
pour avoir exprimé son art à des endroits inappropriés!
*** 



L’affabulisme est un concept de création partant du constat que l’Histoire est lacunaire, 
pleine de ce qui a été et vide de ce qui a oublié d’être.



Ce musée ouvre ses portes du 1er Mai 2019 à Septembre/Octobre.
à ne pas manquer si vous êtes en Ariège...



"Affabuliste à l’Affabuloscope, né à l’Acheuléen (1,3 million d’années) sait d’où il vient, 
ne sait pas où il va, mais y va en brûlant de la gomme à chaque pas."
***

Un imaginaire sans bornes.


Au commencement il n’y avait que des possibles qui flottaient dans le vide. 
Pour que les possibles deviennent possible, il fallait un prétexte de départ. Ce prétexte, c’est la matière.




Claudius de Cap Blanc, depuis qu’il a cédé son oeuvre et son lieu, continue de travailler sur son sujet de prédilection, celui qu’il a peut-être le plus développé : la Vulve.


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19/04/2019

L'oxymoron d'Arcueil


Un excellent dossier autour de la figure d'Erik Satie
réalisé par Joséphine Ducat dans le cadre de ses études aux Beaux-Arts de Paris.


"Tout corps plongé dans un fluide éprouve une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du fluide qu’il déplace et appliquée au centre de gravité du fluide déplacé, ou centre de poussée. » L’exposé physique de la poussée d’Archimède appliqué à Erik Satie donnerait : le compositeur dissimule par des artifices multiples sa pensée de fond, mais par une poussée exactement inverse et de même intensité, l’esprit réapparaît de lui seul et par sa propre force à la surface...
Nous dresserons un portrait du compositeur par le minuscule et l’insignifiant, qui, en creux (comme il se doit avec Satie), permettra d’aborder la poésie et la beauté simple qui habite sa pensée. Nous avons constitué un ensemble de petits chapitres, comme autant d’articles sur un élément particulier qui noue superficialité et profondeur, dans l’idée de dresser un portrait, à sa manière cubiste, d’Erik Satie."
Joséphine Ducat - en préambule à son travail



Les différents chapitres exposés:
- Visite à Arcueil, (de l’aura d’Erik Satie en tant que vivant & défunt)
- Un cas d'école (comment cet original s’est tenu bien loin de tout académisme, en commençant par celui de son époque, le wagnérisme)
- Maître de chapelle (sur l’esprit communiste du compositeur)
- Le bon fauteuil (à propos de la candidature de Satie pour occuper un fauteuil à l'Académie des Beaux-Arts et de l’usage d’un certain mobilier musical)
- Le château de fonte  (des diverses lubies de Satie et son obsession à dessiner des châteaux)
- La phonométrie* (où il est montré que Satie fait preuve volontairement de simplicité dans son travail de composition)
- Nudités  (de la stratégie de camouflage de Satie aux antipodes de ses recherches musicales. Satie revendique comme « Maître », M. de La Palice, et ainsi œuvre-t-il à travers ses compositions et ses pensées)
- Le placard  (des costumes de Satie et de son esprit des panoplies)
- Instantanéité (où il est dit que Satie s'emploie à créer une oeuvre qui altère les conditions d'écoute et de représentation)...

* "La phonométrie est “amnésique” de la pensée musicale et de la pensée tout court." Jean Pierre Armengaud
 


extraits du chapitre "Le bon fauteuil" 
...
Satie écrit en effet une série de compositions dite « Musiques d’Ameublement » : Chez le bistrot et Un Salon (en 1920), Tapisserie de fer forgé, Teinture de cabinet préfectoral et Carrelage phonique (en 1923). Ces compositions sont toutes bâties sur le même patron : une phrase musicale répétée en boucle qui ne connaît ni prélude, ni apogée dramatique, ni même dénouement (heureux ou tragique). En 1891, Satie compose déjà un leitmotiv pianistique pour accompagner la lecture du roman Le Panthée du Sâr Péladan. Socrate s’inscrit dans cette continuité : c’est une musique au service d’un texte. « Pour Mercure, [Satie] suggéra au célèbre créateur [Massine] de mettre au point la chorégraphie sans support musical ! Il imagina qu’il pourrait écrire la musique après coup, en s’inspirant des mouvements des danseurs.»
 
La « Musique d’Ameublement » crée une atmosphère. Elle suppose une activité contiguë à celle de l’orchestre, rythmant cette boucle installée dans un effet d’éternité. Le drame se déroule donc du côté du vrai, de la vie...

La musique devient un meuble et, loin d’être une oeuvre, elle est soumise aux lois du marché avant tout. Erik Satie peut donc faire commerce de sa composition : la « Musique d’Ameublement» fait partie du genre mobilier. Cette manière de composer renvoie la concentration du public sur lui-même. Satie veut capturer et observer ses spectateurs à travers la musique. Comme un miroir en médaillon, le bouffon d’Arcueil affiche un autoportrait à la hauteur de ce que les spectateurs veulent bien être. Une version tonale du 4’33’’ de John Cage, la partition n’est qu’un « fond sonore à des bruits suggestifs »...

La présentation au public des « Musiques d’Ameublement » – le test – se déroule à la galerie Barbazangues, le 8 mars 1920, à l’occasion de la création de Ruffian toujours, truand jamais de Max Jacob. Pierre Bertin – autrement connu pour avoir interprété le Président Adolphe Amédée Delafoy dans les Tontons Flingueurs (1963) de Georges Lautner – présente ici l’événement :
« Nous vous présentons pour la première fois, par les soins de MM. Erik Satie et Darius Milhaud, et sous la direction de M. Delgrange, la musique d’ameublement, pendant les entractes de la pièce. Nous vous prions instamment de ne pas y attacher d’importance et d’agir pendant l’entracte comme si elle n’existait pas. Cette musique […] prétend contribuer à la vie, au même titre qu’une conversation particulière, qu’un tableau de la galerie, ou que le siège sur lequel on est, ou non assis. Vous en ferez l’essai. MM. Erik Satie et Darius Milhaud se tiennent à votre disposition pour tous renseignements et commandes. »
 
Le baptême de la Musique d’Ameublement est un échec. Toute l’assemblée s’est tenue assise, attentive et docile devant l’interprétation cyclique de l’orchestre. Satie avait beau gesticuler et donner de
la voix pour déconcentrer son public, la mayonnaise n’a pas pris. C’est la seule Musique d’Ameublement jouée du vivant du compositeur.
...

Erik Satie - portrait par Marcellin Desboutin - 1893

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A télécharger le document complet en pdf  (31 pages)


Lizica Codreanu (1901 – 1993) 
photographiée dans l’atelier de Constantin Brancusi.
La danseuse porte le costume dessiné par Brancusi 

pour les Gymnopédies, 1922.

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2 pièces méconnues pour piano:
"Caresse" et "Je te veux"





 

***

20/02/2018

Trame XI & una Rosa


Martin Matalon (born in Buenos Aires in 1958) compose "Trame XI" en 2011,
* sur une commande du GMEM de Marseille.
* faisant partie d'un cycle d’œuvres concertantes commencé en 1997
* pour double-bass, flute, clarinet, viola, piano & percussion

"Trame XI" est composé de 8 mouvements courts qui s’enchaînent et dont la durée varie entre 30 secondes et 3 minutes. Des sections plus ou moins longues s’intercalent de manière à créer une dynamique et un rythme formels.
L’idée de miniature... C’est un véritable défi que d’utiliser ce procédé formel car deux problèmes surgissent:
1) l’œuvre résulte d’un patchwork, un collage de sections indépendantes
2) la tension formelle est inexistante en raison de l’absence de direction qui est habituellement donnée par les différents types de développements…"
Martin Matalon


_______________________________________

une interview à propos de son opéra "L'ombre de Venceslao" créé en 2016


& aussi "La rosa profunda", créée en 1992, autour de textes de Jorge Luis Borges.
dans le cadre de l’exposition “L’Univers de Borges” organisée par la BPI du Centre Georges-Pompidou.

Somptueux!

sur une mise en scène de Diana Theocharidis
Scénographie: Emilio Basaldúa
Vidéo: Maro Echeverría
Comédien: Rodolfo de Souza
Mezzosoprano: Isabelle Socoja
Ensemble Ars Nova sous la direction musicale de Philippe Nahon

18/09/2017

Les nuits électriques

 

"Les nuits électriques" est un film réalisé en 1928 par le réalisateur ukrainien Levhen Slavchenko Eugéne Deslaw (1898-1966), figure incontournable du cinéma français d'avant-garde. Il était un ami de Luigi Russolo qui joua en direct sur ses films avec le Rumorharmonium

" Le film " à acteurs " ne me tente absolument pas. J'estime que la nuit moderne, peuplée de lumières étranges et chantantes, la nuit moderne qui ne ressemble vraiment à aucune autre nuit de l'histoire, est photogénique autant, plus encore que le visage d'une belle femme... Je ne travaillais pas selon un scénario préconçu. Je sortais le soir avec beaucoup de foi et mon petit appareil que tout le monde prenait pour un simple appareil photographique. Je me perdais dans la mer, dans la nuit, dans la foule. Je chassais les images comme on chasse des oiseaux. Des vagues sonores déferlaient. Le miracle venait à pas rapides, haletant. Je le saisissais confusément et l'enfermais dans ma boîte." Eugéne Deslaw


 
Théo Martelet de l'atelier Nautilus de l'école Faverges a réalisé la musique de ce film pour le 100éme anniversaire de "L'art des bruits" de Luigi Russolo (1913-2013).




A voir, bien sûr, du même cinéaste Eugéne Deslaw, le formidable film "La marche des machines" datant de 1927, ainsi que le film muet "Montparnasse" de 1930 (malheureusement introuvable sur le net ces derniers temps), une déambulation poétique et surréaliste dans le quartier de Montparnasse à Paris, où se mêlent quotidien et insolite et se croisent clochards, hommes-sandwichs, saltimbanques et artistes, parmi lesquels Buñuel, Fujita, Marinetti et Russolo. 



"Montparnasse d'Eugène Deslaw est une réussite avant-gardiste, où l'oeil bascule en permanence, nourri d'insolite et de mouvement... Plans obliques, plongées déroutantes sur la fourmilière, vues qui glissent et se chassent. Le spectateur, pris d'un somnambulisme visuel, se laisse guider par l'euphorie des images... Ombres et lumières sont arbitrées habilement et inondent les lignes brisées de tel ouvrage bétonné ou de cette cariatide au dessin sensuel. La caméra se promène entre les tables de La Rotonde et surprend une coquette saupoudrant un nez brillant ou un intellectuel, des révoltes pleines le crayon. On y devine Foujita, la clope élégante, ou Buñuel rêvassant devant des mollets qui dansent... Ateliers d'artistes, foires et brocantes pavent les trottoirs et rappellent les plus belles heures du foyer intellectuel que fut Montmartre."    Gael Le Bellego

23/01/2017

Machines célibataires (2)

 
Une "typoésie" de B.P.Nichol qui nous est présentée par Jérôme Peignot.

A propos des "Machines célibataires", les contributions de Marie Pierre Bonniol, Jean-Jacques Palix,
à Montreuil, dans le cadre de la "Semaine du Bizarre", en décembre 2016, 
à voir et à entendre sur le site "Studio Walter".

"Nous sommes des machines célibataires. On nous appelle aussi le Cercle des Grands Désirants..." MPB

Et également un entretien avec Jérôme Peignot à propos de la "typoésie".


http://studiowalter.com/collection-morel-a-montreuil-et-jerome-peignot/

15/11/2016

Symphonie du monde



C’est dans la nouvelle "Le Roi-Lune" que Guillaume Apollinaire imagine que la captation de sons recueillis simultanément dans de nombreuses villes étrangères formerait une "Symphonie du monde".

Publiée tout d'abord en plaquette, cette nouvelle a été reprise en 1916 dans "Le Poète assassiné". Le flâneur découvre, dans une caverne des Alpes Bavaroises, le roi Louis II de Bavière cultivant toujours le lunatisme de façon fort honorable pour un dément mort quelque temps auparavant... Il y est question de complexes machines permettant d'avoir des relations sexuelles avec des corps surgis du passé, et aussi de ce grand mix qu'est la "Symphonie du monde". Un récit fort proche de la notion de "machine célibataire".

 
Portrait de Guillaume Apollinaire par Pablo Picasso


"Le Roi Lune"   texte intégral en document téléchargeable
&
ci-dessous, extraits

"...
Autour de la salle, de grands pavillons de cuivre sortaient de la muraille.
Le curieux personnage … était assis devant un clavier sur une touche duquel il appuya d'un air las et elle resta enfoncée, tandis qu'il mutait d'un des pavillons une rumeur étrange et continue dont je ne distinguai d'abord pas le sens.
L'inconnu écouta un moment avec attention ces rumeurs. Tout à coup il se leva, et, faisant un geste à la fois efféminé et théâtral, la main droite étendue, la gauche sur son cœur, tandis que des sites oraux s'avançait le cortège, il s'écria :
« Royaume ermite ! ô pays du Matin Calme ! l’aube pointe à peine sur ton territoire et déjà de tes couvents montent les prières dont cet appareil précis m'apporte le murmure. J'entends le bruissement des vestes en papier huilé des gens du peuple, l'orage des aumônes pleuvant parmi les bousculades des pauvres gens. Je t'entends aussi, cloche de bronze de Séoul. Dans ta voix on distingue la plainte d'un enfant. J'entends aussi un cortège, il suit son beau seigneur, l'Yang Ban magnifique sur sa selle.
…..
je compris que les bruits qui parvenaient jusqu'à nous évoquaient l'atmosphère heureuse du Japon au moment de l'aurore.
Les microphones perfectionnés que le roi avait à sa disposition étaient réglés de façon à apporter dans ce souterrain les bruits les plus lointains de la vie terrestre. Chaque touche actionnait un microphone réglé pour telle ou telle distance. Maintenant c étaient les rumeurs d'un paysage japonais. Le vent soufflait dans les arbres, un village devait être là, car j'entendais les rires des servantes, le rabot d'un menuisier et le jet glacial des cascades.
Puis, une autre touche abaissée, nous fûmes transportés en pleine matinée, le roi salua le labeur socialiste de la Nouvelle-Zélande, j'entendis le sifflement des geysers au jaillissement d'eaux chaudes.
Ensuite, ce beau matin se continua dans la molle Taïti. Nous voilà au marché de Papeete, les lascives vahinés de la Nouvelle-Cythère y erraient, on entendait leur beau langage guttural et presque semblable au grec antique : on entendait aussi la voix des Chinois qui vendent le thé, le café, le beurre et les gâteaux ; le son des accordéons et des guimbardes...
Nous voici en Amérique, la prairie est immense, une ville sans doute a surgi, autour de cette station d'où repart le pullman dont, de concert avec le roi, j'entends le sifflement.
Bruits terribles de la rue, tramways, usines, il paraît que nous sommes à Chicago, à l’heure de midi.
Nous voici à New York, où chantent les vaisseaux sur I'Hudson.
Des prières violentes s'élèvent devant un christ à Mexico.
Il est quatre heures. À Rio de Janeiro passe une cavalcade carnavalesque. Les halles de caoutchouc, lancées par des mains sûres, s'aplatissent avec bruit sur les visages et répandent les eaux de senteur comme les alcancies moresques d'autrefois, plic, ploc, rires, ah !ah !
C'est six heures sur Saint-Pierre-de-la-Martinique, les masques se rendent en chantant dans les bals décorés de grosses fleurs rouges de balisier. On entend chanter :
Ça qui pas connaîte
Bélo chabin ché,
Ça qui pas connaîte
Robelo chabin.
Sept heures. Paris, je reconnus la voix aigre de M. Ern.st L. J., car le microphone, comme par hasard, aboutissait dans un café des grands boulevards.
L'angélus sonne au Munster de Bonn, un bateau chargé d'un double chœur chantant passe sur le Rhin, se rendant à Coblence.
Puis ce fut l'Italie, près de Naples. Les voiturins jouaient à la mourre, par la nuit étoilée.
Alors vint la Tripolitaine où, autour d'un feu de bivouac. M. r.n.tt. s’exerçait à parler petit nègre, tandis que les troupes de la maison de Savoie l'entouraient martialement, prêtes à le défendre en cas d'agression improbable et tiraient quelques feux de salve onomatopéiques, cependant que de poste en poste à travers le camp se répondaient les sonneries des clairons.
Une minute après, dix heures ! Sont-ce des mendiants qui se plaignent, qui gémissent avec tant d'ardeur ?
« C est la voix d'Ispahan qui arrive jusqu'à moi, issue d'une nuit noire comme le sang des pavots. »
Et tandis qu'il y songe, c'est l'odeur des jasmins que j'imagine.
Minuit !un pauvre pâtre crie dans un désert glacé : c'est l’Asie nocturne d'où le mal s'étend sur le monde.
Des éléphants barrissent. Une heure du matin ! C’est l'Inde !
Puis le Tibet. On entend sonner les cloches sacerdotales.
Trois heures : le bruit des milliers de barques s’entrechoquant avec douceur sur les bords du fleuve à Saïgon.
Doum, doum, boum, doum, doum, boum, doum, doum, boum, c'est Pékin, les gongs et les tambours des rondes, les chiens innombrables qui glapissent ou aboient mêlant leurs voix au lugubre bruit des rondes. Un chant de coq éclate, annonçant l'aube qui, livide, abandonne déjà la blanche Corée.
Les doigts coururent sur les touches, au hasard, faisant s'élever, simultanément en quelque sorte, toutes les rumeurs de ce monde dont nous venions, immobiles, de faire le tour auriculaire." ...


 
Jean Metzinger, 1911, 
Etude pour le portrait de Guillaume Apollinaire


15/10/2016

Fécondation sonore


Dans l'ouvrage "L'expérience continue" de Paul Nougé (1985-1967), poète belge, photographe et théoricien du surréalisme, quelques expériences de fécondation poétique et sonore.



 

"Il y a une légende Nougé. Elle tient à ce nom qu'on connaît, Paul Nougé, que l'on cite dans tous les milieux littéraires, dont on dit : Ah oui, Paul Nougé, ce fabuleux poète, ce grand théoricien du surréalisme. Je ne l'ai jamais lu. Mais personne, ou presque personne, n'a lu Paul Nougé. C'est là que la légende rejoint le mystère. Paul Nougé, considéré par André Breton comme l'égal des grands, ami personnel de Francis Ponge, René Magritte, etc.. qui l'estimaient au premier rang, na jamais songé à se faire publier. Parfois, l'amité lui arrachait, avec grand effort, un texte édité dans quelque revue confidentielle.
Mais ce merveilleux ouvrier du vers, ce poète admirablement doué poussait le surréalisme jusqu'à sa plus ultime visée : la ruine de la littérature et l'anéantissement de son oeuvre personnelle."
 

Robert Georgin  <>




 
  thanks to FF et ses archives

04/03/2016

Palindrome et musique

 
Ce court texte de Marcel Schneider a été publié dans la revue "Bizarre" N° I de Mai 1955
alors éditée par Jean Jacques Pauvert.


Palindrome 
I. − Adj. Que l'on peut lire indifféremment de gauche à droite et de droite à gauche. Mot palindrome. La phrase suivante est palindrome: "Signa te, signa temere, me tangis et angis" (Phél.Ling.1976).
II. − Subst. masc. Mot ou groupe de mots qui peut être lu indifféremment de gauche à droite et de droite à gauche.
source : CNRTL
 
 
Le palindrome étant une contrainte très appréciée de l’OULIPO, Concernant le palindrome musical, on ne peut oublier l'OUMUPO, "Ouvroir de création musicale potentielle".
 

 
 
Egalement, cet article sur l’un des canons qui composent l'Offrande Musicale de Jean-Sébastien Bach à voir ICI.


Maurizio Pollini interprète "piano variations op.27" d'Anton Webern

10/02/2016

Machines célibataires

 
Au "Lieu Unique" de Nantes, une exposition de mon amie Marie Pierre Bonniol, activiste polymorphe reconnue, autour des "machines célibataires", avec une modeste contribution de ma part sous forme d'un programme musical afférent: "Méta-musique pour poussières célibataires".
Ce programme est relayé par le blog "Collection Morel" ici: <<***>>
 


Et bien sûr, ne pas oublier de rendre visite au "Studio Walter"  de Marie-Pierre Bonniol.

et aussi le programme de Jean Jacques Palix pour Collection Morel (1h52’)
 "Méta-musique pour poussières célibataires"

Cliquetis de blutoirs de moulins et d’engrenages, bruissements instrumentaux, installations autonomes générant une musique sans instrumentistes (H.Goebbels), sons de moteurs et mécaniques diverses, artefacts du futur et (ou) aléas de composition, hoquets mécaniques de machines à vapeur, sons cristallins du Theremin, collages sonores ou ”plunderphonics”, scories de piano décomposé, dislocages mélodiques, hommages aux avant-gardes des années 10 du siècle dernier… toutes les musiques données à écouter ici ont été façonnées pour combler les désirs des visiteurs, à l’image des installations du récit "Locus Solus" de Raymond Roussel.
 
00’00” : le ”Grand Moulin d’Ozon” à Châtellerault / PALIX & EVE COUTURIER  recording, editing, mix - 1988
04’39 : ”Retour chez les futuristes” / AKSAK MABOUL / LP Crammed Discs Made to Measure Vol1 - 1984
05’00” : ”Traum Mal Wieder” / HOLGER CZUKAY / LP Virgin 1984

12’10” : ”C.N.1” (tribute to Conlon Nancarrow)  / PALIX / CD ”Film” label Signature - 2003
15'03 : ”Parade” 1st part in reference to ”Parade” by Eric Satie (1917) / JOHN OSWALD / RéR CMCD - 1991
20’36” : ”Aluminium foil” / GIUSPPE  IELASI / CD limited edition - 2009 
24’01” : ”Altar of science 2” / MARCUS SCHMICKLER / éditions Mego - 2007
          et ”Tribute to JB” / PALIX - 2011 

29’04” : ”Mambo à la Braque” - 1990 / JAVIER ALVAREZ  / 
32’04” : ”Stifers Dinge” (excerpts) / HEINER GOEBBELS / CD ECM - 2012
36’52” : ”Dynamica tumultus” / PETER ZEGVELD / LP Eksat Records ”Dutch difficult music”  - 1985
40’003 : ”Futuristie - états d’âme” (excerpt) / PIERRE HENRY / LP Philips MFA  - 1975
          et : ”Le chant guerrier du Roi des Haricots” / ERIC SATIE interprété par ANGELIKA MAISCH / 25cm Film    Palast - 1982
          et : ”Finale mix” - Romance en stuc (chor. Daniel Larrieu) / PALIX / 1985

50’03” : ”Cold pin” / ELI KESZLER / installation sonore - 2012
53’57” : ”You” / HOLGER HILLER / LP Ata Tak Records - 1992
57’34” : ”Le puits et le pendule” / INSIDEN  - 2014
          et :  lecture de E.A.Poe par ? - Institut des Archives Sonores - 1942
1h02’16” : ”Mechanism” - 1923 / GEORGES ANTHEIL / CD Col Legno
           et : train à vapeur PALIX fieldwork - 2015

68’37” : ”Ivories” (excerpt) / MORGAN FISCHER / LP Strike Back Records - 1984
72’12” : ”La maquina de escribir” / LEROY ANDERSON  solist: ALFREDO ANAYA  - 2011 
73’51” : ”Did it again” / FRANÇOIS BAYLE & ROBERT WYATT & KEVIN AYERS / GRM Paris - 1968
77’00” : ”Parade” 2nd part in reference to ”Parade” by Eric Satie (1917) / JOHN OSWALD  RéR CMCD - 1991
81’18” : ”20 fois sur le métier…” / PALIX & JEAN PHILIPPE ANTOINE / live@expo ”Decorum” CNAC Paris - 2014
           et : ”La valse de Marienbad” / FRANCIS SEYRIG / musique du film ”L’année dernière à Marienbad” - 1961

circa 87’30” : ”Electricity is fiction” / ANBB ( ALAVA NOTO & BLIXA BARGELD) / CD Raster Noton - 2010
91’87” : ”Tesla” / DORIT CHRYSLER / CD PlagDichNicht - 2004 
92’56” : ”Babel” / MARTIN MATALON (text: JORGE LUIS BORGES - voice : RODOLFO DE SOUSA) / CD IRCAM - 1992
96’11” : ”Thin cities” / HARRY DE WITT / LP Eksat Records ”Dutch difficult music”  - 1985
103’57” : ”Sarabande” d’après Eric Satie  / PALIX remix - 2014
106’51” : ”Stifers Dinge” (other excerpt & final) / HEINER GOEBBELS / CD ECM - 2012 


19/01/2016

A desk but an organ

 

This atypical desk, build by the american artist Kagen Sound is in fact an incredible masterpiece titled "Pipe Organ Desk" .
More details here.





25/04/2015

Quatrième dimension


 Dans l'essentiel roman futuriste de Gaston de Pawlowski (1874 / 1933) "Voyage au pays de la quatrième dimension" (1911), quelques considérations sur le son, la musique, les yeux et les oreilles... et pour en finir avec notre vision en trois dimensions.

"... J'avais à ce moment-là essayé de lire des choses de ce Povolowski [sic] qui expliquait les mesures, les lignes droites, les courbes, etc. Cela travaillait dans ma tête quand je travaillais bien que je n'aie presque pas mis de calculs dans le "Grand Verre". Simplement, j'ai pensé à l'idée d'une projection, d'une quatrième dimension invisible puisqu'on ne peut pas la voir avec ses yeux..." - Marcel Duchamp (in "Entretiens avec Jean Clair")

*** spéciale dédicace au "Studio Walter" et à ses travaux célibataires


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29/04/2014

Star Wars Stage


Pierre Bastien performing the "Star Wars Stage" in 2007 in England.
(he will be present for a live concert at "Collection Morel" next 8th may in Brussels)


20/04/2014

Collection Morel


Collection Morel est une proposition sur l’espace, l’imaginaire et la façon dont, dans certains lieux, une superposition s’opère entre eux, ouvrant à une nouvelle perception de l’être et du temps, par l'intuition de l'instant.

Exposition, concert et programme de rencontres du 8 au 31 mai 2014 à PointCulture Bruxelles (entrée libre). 
PointCulture : rue Royale 145 (entrée par le boulevard Bischoffsheim), 1000 Bruxelles

Le soir du vernissage le jeudi 8 mai à 19h, Pierre Bastien donnera un concert pour illustrer le texte "La Société des Esthéticiennes" qui complétera le dispositif.

Egalement au programme le 9 et 10 mai, les Rencontres Morel sur l'espace, l'imaginaire et la pensée, avec des interventions sur la poétique de l'espace, l'espace topologique de l'art, l'empathie en architecture, le génie du lieu et les "chambres hantées" avec notamment Gilbert Lascault (portrait), Marco Martella (revue Jardins), Guy-Marc Hinant (Sub Rosa) et Jean-Jacques Wunenburger (Que Sais-Je ? sur l'imagination et le sacré).


Collection Morel est le nom que Marie-Pierre Bonniol, auteur, chercheur et commissaire du projet, a donné à cet espace. Dans ce lieu, elle a tâché d'explorer tout ce qui pour elle, dans sa pensée, a trait à l'espace et au mouvement. Des dessous de toits aux coins de jardin, elle est retournée dans les lieux et les instants où sa perception bifurque et les rapports d'échelle changent, pour essayer de comprendre pourquoi et comment certains lieux et certains espaces nous sont absolument différents.


Dans ces murs, un espace de projection à quatre dimensions, activé par une machinerie, est séparé d'un lit célibataire par un aquarium d'objets. Près du lit se trouvent un jeton d'affect, un répertoire d'esprits, d'impacts et d'empathies, une héraldique tissée. A l'entrée, des fictions, des impressions, une proposition de bibliothèque d'instants, une simulation de forêt. Les verres d'eau, dans cette pièce, se boivent tous seuls et l'air prend, parfois, une autre densité. Cette chambre a-t-elle une réalité ?