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vendredi 25 août 2023

Et maintenant chantons !


Ah mais que nous sommes heureux d'être vendredi, puisque voilà bientôt le weekend mais voilà surtout le jour où nous partageons. Et n'est-ce pas finalement ce que nous aimons le plus, partager avec vous, pour que la suavitude gagne le monde et que nous vivions tous enfin heureux, un long drink à la main ? Et quand en plus il s'agit d'Henry Mancini...

Débutée en 1959, la saga "Mr Lucky" peut joyeusement remonter jusqu'à nous puisque, si son heure de gloire fut bien les années 60, jamais l'enregistrement de la composition d'Henry Mancini ne cessa, et elle reprit de plus belle depuis les années 2000, le titre étant devenu un standard, pour les jazzmen ou les chanteuses de bar d'hôtels. 





























Il n'est pas impossible, d'ailleurs, qu'avec les Beatles, Henry Mancini ait été l'un des rares compositeurs à voir fleurir, de son vivant, autant d'albums hommage, généralement intitulés "XXX sings Mancini", ou "Tribute to Mancini" et encore "XXX loves Mancini", quand ce n'était pas "The Mancini songbook", à la manière d'un Gershwin ou d'un Cole Porter. 

En 1965, l'album consacré à Mancini par Anita Kerr fut sans doute le premier à remporter un immense succès, et un Grammy à Anita, beaucoup d'autres suivront, en fait cela ne s'est jamais arrêté. 


Terminer cette semaine avec l'ultra groovy Jimmy McGriff et l'über suave Quincy Jones, franchement, pourions-nous imaginer mieux ?  Voilà pourquoi il ne nous reste plus qu'à nous taire et vous laisser vous diriger vers tout ce que nous avons pu écouter depuis lundi, sans peur et sans risque puisque c'est Mancini. 








Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez commencer faire, bande de petits chanceux. 

mercredi 12 juillet 2023

Et maintenant chantons !


L'histoire de la chanson "Spooky" est formidable parce qu'elle incarne à elle toute seule l'esprit des années 60 : nous avons à l'origine un instrumental jazzy louchant vers la musique d'ascenseur, qui devient un tube lorsqu'un groupe pop rock tendance garage lui ajoute des paroles. Et puisque cela fonctionne, le morceau, dans l'année même de sa consécration, va être mis à absolument toutes les sauces, de la plus pure variété à la pop un peu pointue. 

Et personne n'ignore que dans les années 60 justement, lorsqu'un titre atterrit sur un album d'Andy Williams, c'est qu'il en passe d'entrer dans le patrimoine national. Quiconque voudrait d'ailleurs avoir un aperçu de ce qu'on écoutait lors de cette décennie n'a qu'à s'offrir l'intégrale 60's du bel Andy : avec 19 albums enregistrés entre 1961 et 1969 et plus de 250 chansons, on comprend que pas un seul tube n'ait pu lui échapper. Et n'oublions pas que tout est bon dans le Williams, à moins que ce ne soit dans le cochon. Et quand en plus il y a Gladys...



Sans parler de Michele Lee qui est une habituée de nos sagas musicales et estivales, Chris Montez est un autre cas représentatif puisque rockeur dans l'âme, il arrive sous les feux des projecteurs en pleine période twist et mashed potatoes, fait danser les foules avec "Let's dance" en 1962, tremble de n'être que le chanteur d'un seul tube et se réinvente en crooner nouvelle génération sous les conseils de son producteur Herb Alpert. 

"Call me" et "The more I see you" seront des succès énormes, et Chris va devenir une sorte d'Andy Williams plus jeune, plus hispanique et surtout plus aigu. Et non, Chris n'est pas une demoiselle, comme on aura tendance à le penser, comme l'indique sa moustache, même si on nous signale que ce n'est pas forcément une preuve irréfutable. 
























Nous aurions été très tristes si nous avions eu vent de cette nouvelle au moment opportun : le 10 octobre 2022 est décédée à Genève où elle résidait depuis 50 ans Anita Kerr, âgée de 95 ans, bon d'accord, mais quand même. Et pour ceux qui n'auraient jamais croisé son nom sur nos pages, ce qui relève du surnaturel puisqu'elle est partout, Anita fut la femme derrière pratiquement tout ce qui s'enregistra à Memphis dans les années 50 jusqu'au milieu des années 60, réglant les arrangements et les choeurs de titres pour Elvis, Patsy Cline, Willie Nelson, Roy Orbison, Gene Autry ou Brenda Lee. 

Et lorsqu'elle fut lasse de l'ombre, elle déménagea à Los Angeles, avec dans ses valises son groupe de choristes et devint la première dame des harmonies et des contrechants. En compagnie de son quartet ou de son choeur, elle enregistra plus d'une trentaine d'albums entre 1964 et 1977, remporta des Grammys, fut la première femme à composer une musique de film, tourna dans le monde entier et fonda à Montreux un studio d'enregistrement qui deviendra celui du groupe Queen. Et pour tout cela : reconnaissance éternelle.

Pour ajouter à son extrême suavitude, Anita jouait occasionnellement les mentor. En 1969, elle faisait découvrir au monde Teresa Bennett, alias Teresa, 18 ans, guitariste et compositrice dont elle pensait le plus grand bien. L'album qu'elle produisit pour elle n'alla nulle part mais en compensation, Anita l'engagea dans ses choeurs. Ce qui nous permet d'avoir un "Spooky" de plus, ce qui est toujours bien pratique. Et en plus c'est très frais. 

vendredi 7 février 2020

Le vendredi; c'est Scarabées !

Parce que nous n'avons jamais été réellement convaincus de la suavitude des Fab Four, tentons, chaque vendredi, de remédier à cela en parcourant le monde sans pour autant trop nous éloigner de Liverpool.



Finalement l'équation est assez simple : Beatles = harmonies = Anita Kerr. Qui a bien pu dire que les mathématiques n'étaient pas suaves ? 

lundi 13 août 2018

Et maintenant chantons !



Retrouvons avec un plaisir non dissimulé notre tourbillon harmonique estival consacré cette semaine aux formations patronymiques ce qui est une façon un peu compliquée d'expliquer que nous allons écouter jusqu'à vendredi des groupes formés autour d'un nom dès le départ célèbre ou qui ne va pas tarder à le devenir. 

Ne combattons pas l'évidence : il n'y a pas mieux qu'Anita Kerr (et son quartet - et ses chanteurs - et son orchestre - et ses violons) pour incarner cette catégorie, Anita et ses plus de cinquante albums, ses grammys, ses 60 ans de carrière puisque née en 1927, elle est toujours parmi nous et visiblement toujours relativement active. 

A l'origine de cette carrière admirable, il y a une jeune fille née à Memphis qui apprendra le piano dès l'age de 4 ans, dirigera le choeur de son église à 12 et écrira des arrangements pour la radio à 15. Musicienne, compositrice, chanteuse (c'est une très solide soprano), chef de choeur, spécialiste des arrangements alambiqués, puis productrice, Anita va rapidement prendre en main un octet qui sera réduit à un quartet plus maniable en studio et en tournée et va chanter derrière à peu près tout le monde à la fin des années 40 et au cours des années 50 , jusqu'à ce qu'elle ait envie de briller pour elle même.  




























A ce niveau, les pochettes des albums d'Anita, de n'importe quelle période et de n'importe quelle formation sont assez explicites : ce qui est important dans un disque d'Anita Kerr, c'est Anita Kerr, les autres chanteurs étant généralement assez loin derrière ou franchement absents. 

Débutant dans la country, Anita et ses singers vont explorer pratiquement tous les aspects de la musique américaine : le jazz, la pop, le chant religieux et même le rock ou le funk, ce qui à priori comblerait les envies de n'importe qui. Mais un brin hyperactive, Anita ne va jamais se contenter de l'immense succès qu'elle va obtenir avec son groupe. Elle se cache derrière une petite dizaine de noms d'emprunt qui lui permirent de se faire plaisir de façon plus ou moins discrète : les Living Voices, les Mexicali singers, les San Sebastian Strings, les Hallelujah voices, les Velvet voices. 

Elle obtiendra même un tube en 1960 avec les Little Dippers et c'est charmant. 



Ce qui fera beaucoup dans le succès d'Anita Kerr, c'est incontestablement d'être capable de prendre n'importe quel succès ou n'importe quel compositeur (Mancini, Stevie Wonder, Les Beatles, Burt Bacharach) et de le Kerriser, par sa maîtrise absolue des harmonies à quatre voix.

Et si vous l'associez irrémédiablement à la musique d'ascenseur, jetez une oreille à ses albums de la fin des années 70 et début 80, c'est assez déroutant.

En tout cas, il y a une Anita Kerr que nous adorons plus que tout, c'est la formidable machine à jingles radiophoniques qui travaillera pour une quantité invraisemblable de stations de radios dans les années 60 et fera attendre avec une certaine impatience l'arrivée de la rubrique météo ou le journal du soir à des milliers d'auditeurs, uniquement afin d'en entendre l'indicatif. Et si cela, ce n'est pas un talent rare...

dimanche 29 septembre 2013

Les très suaves heures de l'Histoire Contemporaine : le jour où Barbara Moore fut renvoyée pour la première fois... ou la deuxième fois.


















En 1970, le monde de la musique londonien est en ébullition depuis qu'une nouvelle a traversé l'Atlantique : Anita Kerr, la seule, l'unique chef de choeur et tête chantante des Anita Kerr Singers, recherche de nouveaux chanteurs pour son groupe, qu'elle va auditionner à Londres. 

Drôle d'idée ? En fait fort logique : pour des raisons financières et sentimentales, Anita a décidé de quitter les Etats-Unis et de venir s'installer en Suisse. Elle a, de plus, signé pour une série de shows à la télévision hollandaise. Elle cherche donc des voix qu'elle n'aura pas à faire changer de continent à chaque enregistrement. Les auditions commencent. 






















Vous vous êtes, depuis hier, familiarisés avec Barbara Moore, notre obsession du moment, qui en 1970, tire un peu le diable par la queue. Après un début prometteur et un album jazz chez CBS, "A little Moore Barbara", dans lequel elle démontrait ses talents de pianiste et chanteuse, elle en est réduite à faire les choeurs pour à peu près tout le monde. 

C'est d'autant plus navrant que Barbara a étudié la musique à l'université et s'est spécialisée dans la composition et les arrangements. La gamme n'a aucun mystère pour elle, malgré tout, on ne l'engage que pour lancer de parfois très suaves "yeyeye", comme à la télévision en compagnie de Dusty Springfield qui a l'extrême amabilité de présenter ses choristes. 



Dans le milieu des studios, Barbara Moore est un nom qu'on s'échange car elle est fiable, très professionnelle et possède (et pour cause) une excellente oreille. Besoin d'une voix ? Appelez Barbara !

Sa très bonne réputation, ce n'est pas son album qui l'a générée mais ce qui est peut-être son engagement le plus bref et le plus lucratif : 5 minutes dans un caisson insonorisé pour chanter la ligne mélodique du générique d'un feuilleton que va bientôt lancer la télévision britannique. Tendez l'oreille, "tu tu tu tu tu tu", c'est elle.



En 1970, Barbara est donc ravie de passer les auditions pour Anita Kerr et encore plus quand elle apprend qu'elle est prise. Faire partie des Singers d'Anita, c'est non seulement suave, mais c'est surtout l'assurance d'un travail régulier, d'allers et retours pour Amsterdam chaque semaine et de poser sa voix sur les très populaires albums de l'arrangeuse. 

Barbara participe donc aux shows hollandais et à "The Simon and Garfunkel songbook". C'est la félicité.



















Comme elle le racontera elle-même à la BBC lors d'une semaine qui lui était entièrement consacrée, Barbara Moore va cependant devoir quitter les Anita Kerr Singers lorsque Anita va découvrir que finalement, Barbara fait, à ses heures perdues, exactement la même chose qu'elle. On l'engage en effet pour écrire des arrangements, parfois des compositions originales pour des génériques ou des publicités. Elle a même dirigé des choeurs. 

Il ne peut pas y avoir deux arrangeuses - chanteuses - compositrices dans le même groupe. Et c'est avec un sourire contrit qu'Anita explique à Barbara qu'une des deux doit partir et qu'il est difficilement envisageable que ce soit elle-même. 






















Finalement, le renvoi de Barbara va presque être salutaire puisque c'est à la même période qu'elle va être contactée par le label De Wolfe où elle fera une partie de sa carrière jusqu'au milieu des années 80, composant les choses merveilleuses que vous avez pu écouter hier. 

Selon les dires de Barbara, c'est la seule et unique fois qu'elle fut renvoyée, ce qui n'est pas tout a fait exact. Quelques années plus tôt, Barbara faisait partie d'un groupe vocal féminin très populaire en Angleterre, The Ladybirds, dont on l'évinça lorsqu'elle commença à écrire des arrangements pour la BBC. On la pensa alors beaucoup trop ambitieuse alors qu'elle ne voulait diriger... qu'un orchestre, ce qu'à 80 ans elle fait toujours avec grâce, humour et simplicité. Barbara est une femme Soyons-Suave. 

dimanche 10 février 2013

C'est dimanche : soyons musical !





















Élégante, aérienne, elfique iraient même jusqu'à dire les amateurs de Tolkien et d'oreilles en pointe, Anita Kerr a bientôt 86 ans jouit, espérons-le, d'une retraite bien méritée. Ce serait tout de même la moindre des choses après une carrière d'une quarantaine d'années, des wagons d'albums et une reconnaissance absolue comme arrangeuse, compositrice, chanteuse, chef de choeurs et productrice. 

Anita Kerr et ses chanteurs sont des incontournables de Soyons-Suave et nous n'en finissons pas d'être émerveillés par sa capacité à chanter tout et n'importe quoi avec la même suavitude. Devinez quoi ? Les mp3 du weekend lui sont consacrés. 


















En 1979, Anita Kerr se livre à une de ces rencontres improbables dont seuls les grands génies ont le courage ou l'inconscience : elle consacre un album entier aux compositions de Stevie Wonder. Et si nous nous replaçons dans le contexte de l'époque, en 1979, Stevie Wonder est l'équivalent de Dieu. 

Depuis 1972 et "Superwoman" ou "You are the sunshine of my life", l'ex petit prodige de la Motown enchaîne des albums dont surgissent des tubes imparables. On l'envie, on le respecte et étrangement on ne se jette pas sur lui pour lui arracher ses vêtements alors qu'il est tout de même fort yummy, ce qu'on évoque rarement. 















Sentant peut-être que cette décennie n'aura pas d'équivalent et que les années 80 seront pour Stevie... un peu moins pointue et plus "Part-time lover", Anita pioche et fait ses courses dans le meilleur. 





















Mais comme Anita est élégante, aérienne et elfique iraient même jusqu'à dire les amateurs de Tolkien et d'oreilles en pointe, elle délaisse les évidences pour s'intéresser aux faces B ou aux 8e plages, à l'exception de l'imparable chose qui suit : C'est bien du Stevie tout en étant du Anita : la fusion est en marche. 





















Redécouvrons donc du Stevie oublié et des wonders à plusieurs voix selon les pistes de lecture que vous découvrirez en cliquant sur le dos de la pochette ci-dessus et qui s'aggrandit : notre but n'étant pas de tester votre acuité visuelle. C'est beau, c'est élégant, aérien. Elfique ?








Et pour télécharger tout cela au format zip, vous savez comment faire. 

dimanche 28 octobre 2012

Et maintenant dansons.



La touche Brazil sans laquelle un dimanche n'est pas totalement suave est encore une création "Soyons-Suave", est légèrement baroque parce qu'on peut y entendre un soupçon de clavecin et est surtout magistrale. Anita Kerr quoi...

samedi 24 décembre 2011

C'est samedi : soyons musical !


C'est samedi, soyons musical et terminons en beauté cette semaine entière de mp3 en cascades alors que Noël, c'est demain et que pourtant, vous frôlez déjà, peut-être par notre faute, une magistrale indigestion de "Jingle bells".

C'est cependant l'âme légère que vous écouterez ce qui est peut-être notre groupe vocal préféré post 1950 et un des albums de Noël les plus chers à notre coeur : "Spend this Holiday with me" par les Anita Kerr Singers.


Il faudrait consacrer un numéro spécial de "Soyons-Suave Weekend" pour rendre hommage à Anita Kerr et surtout, rendre justice au talent de celle qui fut musicienne, chanteuse, arrangeuse, chef de choeur, productrice, compositrice, chef d'orchestre et qui n'est même pas morte donc arrêtons de parler d'elle au passé.

Pour faire court : après une naissance au Tennessee, Anita va se rendre à Memphis où elle passera presque 20 ans à devenir la chef de choeur la plus célèbre de la musique américaine grâce à sa formation, les Anita Kerr singers, qui vont chanter derrière à peu près tout le monde pendant qu'Anita arrange et produit des albums pour tous ceux qui restent.

Installée à Los Angeles puis en Suisse, elle va enregistrer, sous son nom, une trentaine d'albums tout en composant des génériques et jingles pour télés et radios, des musiques de films et même la chanson représentant la Suède à l'Eurovision en 1985. Mais ses albums suffisent et vous pouvez même vous contenter de regarder les pochettes tant elles sont merveilleuses si vous êtes sourds.






En 1969, les Anita Kerr Singers enregistrent "Spend the Holiday with me" qui restera dans l'histoire, au moins pour sa version plus suave que suave et même que Burt Bacharach de "The bell that couldn't jingle". La liste de lecture est sur le dos de la pochette ci-dessous. C'est beau, c'est pur, c'est aérien. C'est Noël. Bonne écoute.




Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez comment faire.