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lundi 19 novembre 2012

La fin du Quizz de Bruno.
















Étrange Quizz que celui de la semaine dernière, mais finalement dans le ton du film dont l'image mystérieuse était tirée : "Le locataire" de Roman Polanski, adaptation que fera le cinéaste en 1976 d'un roman de Topor.

Et c'était Roman lui-même qu'il fallait reconnaître, ce que fit avec une pointe de retenue Stéphane, qui devient donc notre nouveau gagnant. Stéphane, malgré le manque d'adversaires, votre victoire est éclatante ! Chantez, dansez mais par pitié, ne vous jetez pas par une fenêtre. 













Réalisé après "Chinatown" et surtout après "Le bal des vampires", "Rosemary's baby" et "Repulsion", "Le locataire" est peut-être un peu moins magistral que les précédents films de Polanski mais il a au moins le mérite d'être le dernier avant que le cinéaste ne se lance dans des choses plus... épiques ou académiques, selon que vous aimiez les jeunes filles dans les champs ou le piano. 

Il possède également un casting invraisemblable qui réunit des noms aussi étranges, une fois accolés sur un générique, que Shelley Winters, Isabelle Adjani et Josiane Balasko. Ne parlons pas du plaisir de découvrir que 30 ans après l'avoir élégamment porté dans "Le Corbeau", Héléna Manson brille toujours dans un costume d'infirmière. 












La chose qui nous semble finalement la plus étrange dans "Le locataire" est très personnelle : nous sommes toujours troublés, lorsqu'il s'habille en femme, par la ressemblance entre Roman Polanski et Claude Gensac.



















Nous savons que tout cela est très subjectif mais enfin tout de même : le regard, la bouche, le nez même... Et d'ailleurs, nous tenons à avouer le même choc en découvrant par hasard l'affiche d'une nouvelle production Bollywood : ce regard, cette bouche, ce nez même, c'est incroyable, on dirait Isabelle Adjani !

































Renseignements pris, il s'agit d'Isabelle Adjani. La vraie ! Bombay Style ! Isabelle, cette femme imprévisible...

dimanche 5 février 2012

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Roman Polanski renvoya Joan Crawford.


Il y a quelques semaines, lors d'un entretien avec l'échotier Michael Musso du "Village Voice", une actrice présente sur le tournage de "Rosemary's baby" a confié, ce que tout le monde ignorait, qu'il était originellement prévu que Joan Crawford apparaisse dans son propre rôle dans le film et que pour d'obscures raisons, le réalisateur ait décidé de couper la scène.

Dire que ce bruit a mis en branle les fans de Joan est un euphémisme et il semblerait que les milieux satanistes en aient été tout autant troublés. Joan dans "Rosemary" ? Joan coupée ? Sachons immédiatement reconnaître une belle histoire du dimanche lorsque nous en croisons une.


Tourné en 1968 d'après le roman d'Ira Levin publié l'année précédente, "Rosemary's baby" va non seulement marquer le début de la carrière américaine de Roman Polanski mais aussi lancer celle de Mia Farrow, qui avant cela ne s'était illustrée qu'à la télévision et en épousant Frank Sinatra à la surprise générale. Le mot est célèbre : apprenant la nouvelle, Ava Gardner aurait déclaré qu'elle savait qu'un jour où l'autre, Frank finirait avec un garçon.

La genèse du film est depuis bien longtemps devenue mythique : embauché par la Paramount après les succès de "Répulsion" et du "Bal des vampires", Roman Polanski ne va finalement pas réaliser le film pour lequel on l'a fait venir à Hollywood mais "Rosemary" qu'il a découvert, lu en une nuit et dont il écrit très rapidement seul le scénario. Le choix de Mia Farrow va s'avérer judicieux puisqu'avant même le tournage, le public se passionne pour ce projet, en partie en raison des déclarations tonitruantes de Frank Sinatra, qui proclame qu'il désapprouve fortement la décision de sa jeune épouse de participer à un telle entreprise.


Une coupe de cheveux réalisée devant les photographes par Vidal Sassoon lui-même achèvera de parfaire le lancement publicitaire du film. "Rosemary's baby" est devenu l’évènement de 1968 alors que le tournage est encore en cours.

Il faut dire que le casting est excitant, mêlant jeune garde ( Mia Farrow et John Cassavetes) et vieilles gloires (Ralph Bellamy et Patsy Kelly), acteurs de composition (Ruth Gordon) et guest-stars (Tony Curtis alors au fond du trou acceptant d'être une voix au téléphone). Même si il est considéré comme un génie depuis "Le couteau dans l'eau", Roman Polanski n'est pas forcément le responsable de ce très alléchant smogarsbord et si quelqu'un peut être félicité pour cela, c'est incontestablement le producteur, William Castle.




Acteur, scénariste, réalisateur et producteur, William Castle, auquel la Cinémathèque rendit un vibrant hommage en 2009, devint célèbre à la fin des années 50 en accompagnant chacun de ses films de gimmicks destinés à attirer les foules dans les cinémas. Inspiré, disait-il, par le succès aux USA des "Diaboliques" de Clouzot et d'Hitchcock en général, il faisait voler des squelettes dans les salles, faisait signer aux spectateurs des décharges en cas de mort par peur ou insérait un entracte prévenant le public qu'il pouvait encore quitter la projection avant d'être trop effrayé.

Roi donc de la publicité et de l'horreur définitivement B mais réjouissante, William Castle avait un temps envisagé de réaliser lui-même "Rosemary" jusqu'à ce que la Paramount lui préfère Roman Polanski. Il se contenta de produire la chose et de s'accorder une apparition très hitchcockienne : c'est lui, en effet, qui tambourine à la vitre de la cabine téléphonique où Mia Farrow s'est réfugiée lorsqu'elle comprend qu'elle est peut-être victime d'une machination.



En 1968, le nom de William Castle est donc à la fois synonyme de frissons mais aussi de glamour puisque c'est à lui que l'on doit les deux dernières apparitions de Joan Crawford à l'écran : "Strait-Jacket" et "I saw what you did", savantes variations post "Baby-Jane" qui assurèrent un temps à Joan un retour en grâce et un nouveau public.



De toute évidence, c'est à lui que l'on doit la visite que firent Joan Crawford et son chevalier servant préféré de la fin des années 60, Van Johnson, sur le plateau de "Rosemary", tout cela bien sûr sous les flashs de nombreux photographes appelés afin d'immortaliser cette rencontre entre le vieil et le nouvel Hollywood... et de produire encore un peu plus de publicité.



L'histoire devient franchement croustillante puisque si l'on en croit cette source interrogée par Michael Musso, il germa dans la tête de Castle de faire apparaître Joan et Van dans une courte scène du film. Alors que son époux est occupé, Rosemary se rend avec une amie à une représentation du show "The Fantasticks", alors gros succès à Broadway qui lancera la chanson "Try to remember". Pénétrant dans le théâtre, Rosemary aperçoit les deux stars au milieu de la foule. Fin de la scène.

Le problème est que Joan et Van seraient apparus sur le plateau en léger état d'ébriété, ce qui aurait considérablement agacé un Polanski, progressivement très énervé en voyant Joan prendre la doublure de Mia Farrow pour la véritable star du film et franchement hors de lui lorsque Van Johnson se serait montré très intéressé par la bosse déformant le pantalon près du corps du réalisateur. Voyant son plateau lui échapper, Polanski aurait décidé d'annuler la scène, renvoyant tout le monde y compris une Joan Crawford outrée. Ne reste dans le film que Rosemary rentrant du théâtre.


Bruit de couloir ? Rumeur ? La chose ne serait pas aussi intéressante si l'histoire n'avait été racontée à Musso par Rutanya Alda, effectivement doublure de Mia Farrow sur le film. Alors jeune comédienne, Rutanya se rendra célèbre en participant à "Voyage au bout de l'enfer", "Rocky" ou "Amityville II" mais surtout en incarnant Carol-Ann, fidèle assistante de Joan Crawford dans "Maman très chère" en 1981.



Nous répétons régulièrement que la vie est cruelle et paradoxale. Ajoutant qu'elle est délicieusement ironique et que c'est cela, aussi, qui la rend parfois aussi suave.

lundi 4 avril 2011

La question du jour : est-ce préjudiciable de ressembler à quelqu'un ?


Les plus jeunes de nos suaves visiteurs ne manqueront pas de s'étonner : Kathy Perry ? Ici ? What is happening ? (Car nous supposons que nos plus jeunes visiteurs s'expriment en anglais quand ils reçoivent un choc). Pour les autres qui regardent circonspects la photo de cette charmante fille de pasteur, sachez qu'elle domine les hit-parades (charts en français 2011) depuis qu'elle a embrassé une fille et que ça lui a plu. Autrement dit c'est une chanteuse trrrès populaire.

Il est tout à fait possible de vivre sans connaître cette jeune femme, sauf lorsqu'on s'appelle Zooey Deschanel et qu'on tente de se faire un nom sur les écrans. Espoir du cinéma indépendant, Zooey est la fille de Mary Jo Deschanel qui jouait dans la série "Twin Peaks", la soeur d'Emily Deschanel qui incarne le rôle principal de la série "Bones"... N'est-ce pas suffisant sans en plus être le sosie d'une gloire de la pop ?


Il n'est pas évident d'être l'avatar d'un autre, et encore plus difficile d'être celui d'une autre célébrité. Soudain ce n'est plus votre nom qu'on crie, on lève un sourcil interloqué en lisant l'autographe que vous venez de signer. Il semble qu'une ressemblance, même furtive, entre deux personnes connues ne soit jamais avantageuse. Demandez à James Brolin s'il aime qu'on l'appelle Christian... chose qui finalement ne doit pas arriver souvent puisqu'il y a, au bas mot, 30 années qui séparent les deux photos ci- dessous.


Mais enfin c'est troublant. Observons, pour de plus amples éclaircissements sur la question du jour, les couples qui suivent et demandons-nous : cette ressemblance, avantage ou inconvénients ?



Dans le cas de Liz Hurley et Jacqueline Bisset, nous retrouvons le syndrome "faille temporelle". Liz ressemble à Jacqueline jeune. Jaqueline était très belle, fraîche comme la rosée après une nuit américaine. Nous dirons donc : avantage !



Catherine Alric, qui tourna une vingtaine de film et qu'on aperçut encore récemment dans l'inénarrable série "Sous le soleil" ne se départit jamais de sa ressemblance et de l'ombre de Catherine Deneuve, qui perdure d'ailleurs au-delà de la ménopause. Nous dirions donc : inconvénient ET avantage. Avec une carrière florissante, se serait-elle lancée dans l'écriture et serait-elle devenue l'auteur de "Boulette et Marcel à l'Opéra" ? Sans doute pas.



Cas similaire mais un peu plus tragique avec la Cindy Crawford française : Nadia Farès, qui trouva un peu encombrante et absurde cette étiquette, qu'on imagine aisément sortie de l'esprit farceur d'un attaché de presse facétieux. Depuis quelques années Nadia se fait rare. Elle serait d'ailleurs aux Etats-Unis où on ne la connait pas (mais où on connait Cindy... mauvais choix de destination ?) et préparerait son retour au cinéma avec un projet dans lequel elle incarnerait Dalida. Nous dirions dans ce cas gros inconvénient : Nadia est en plus le double de Séverine Ferrer. La vie est cruelle.


Pour finir un cas qui nous interpelle car nous ne parvenons pas à savoir, non seulement si le mimétisme est avantageux ou défavorable, mais surtout pour qui cela est le pire. Cela nous est apparu dernièrement, comme une évidence. A vrai dire nous n'y avions jamais songé jusque là. Mais en voyant ceci, nous sommes resté coi :




Roman Polanski et Monica Seles ! N'est-ce pas totalement invraisemblable ? C'est bien simple on dirait la même personne... d'ailleurs... à propos... les a-t-on déjà vu côte à côte ???