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vendredi 29 août 2025

Et maintenant dansons !


Parfois sort un titre et disons-le franchement, le résultat est relativement bof, à peine envisageable pour un manège d'autos tamponneuses, ce qui n'est pas franchement un gage de qualité. C'est globalement ce que nous pourrions dire de "Stupidisco" de Junior Jack, dj italien mais résident en Belgique sorti en 2004 puis remixé en 2006 avec le même résultat. 

Mais : lorsqu'un autre dj s'empare du titre, en l'occurrence l'espagnol David Penn, et transforme la chose en "elektrik disko remix", ce qui fait beaucoup de "K" un peu inutiles, alors il n'y a rien plus à dire et il ne reste plus qu'à poser son Maï Taï et filer sur la piste.  

Evidemment, "Stupidisco" est une revisite du "Dare me" des Pointer Sisters, que nous vénérons à un point que nous n'avons plus à préciser, surtout à vous, suaves visiteurs. Un trio emblématique, un dj inspiré, un remix disco. Que voulez-vous ? Dansons ! 

jeudi 28 juillet 2022

Et maintenant chantons !


Succès mondial des années 1938 et 1939, il était logique que la chanson de la semaine, "Bei mir bist du schön", cesse à un moment de fasciner les foules et c'est exactement ce qui se produisit dans l'intégralité des années 40 au cours desquelles on ne repère qu'un ou deux enregistrements du titre. Mais la guerre était finie, on pouvait donc passer à autre chose. En 1946 par exemple, la mode est clairement aux crooners, Perry Como et Frank Sinatra. En France, on voit la vie en rose avec Edith Piaf et on puffe avec Fernandel et Bourvil. Bref s'en est fini des cours de langues.

13 ou 14 années s'étant écoulées, au début des années 50, la chanson va commencer à revêtir un certain vernis rétro, qui ne sera rien en comparaison avec les années 60 où soudain, il redevient hip de chanter "Bei mir bist du schön". D'autant qu'on voit également refleurir un certain goût pour les groupes vocaux, si possibles familiaux. Et c'est une vague de soeurs chantantes qui se souviennent soudain des Andrews Sisters. Illustrations ! 



Les Lennon Sisters, les Clark Sisters, June Christy en ouverture de ce billet (peut-être notre version préférée) ou l'inusable Warren Kime : dans les années 60, "Bei mir bist du schön" se met à groover et devient presque soul lorsque nos soeurs chéries des années 70, les 4 Pointers, ont droit à un cours de la part de Patti Andews sur la meilleure façon d'interpréter la chose. 

Souvenons-nous qu'à leurs débuts, les Pointers Sisters vont déchaîner San Francisco d'où elles sont originaires en proposant un mélange inédit de soul et de retro, s'habillant dans les magasins de seconde main pour interpréter du Isaac Hays ou du Stevie Wonder. Donnant l'impression de sortir de Harlem dans les années 30, elles vont devenir le groupe vocal le plus excitant qu'on ait vu depuis des lustres. 

Et si "Bei mir bist du schön" arrive à 4mn et 20s dans la vidéo ci-dessous, il serait vraiment dommage de vous priver de "Little Pony", live. Une merveille. 

vendredi 20 juillet 2018

Et maintenant chantons.




Il semblait prévisible que cette semaine familiale de notre été harmonique se termine par les Pointer Sisters, qui du coup proposent une légère accélération temporelle par rapport à ce que nous écoutons depuis lundi. Cependant, en y regardant de plus près, Ruth, Anita, Bonnie et June sont en fait la parfaite conclusion à cette petite visite des années 30, 40 et 50 puisque c'est en s'inspirant précisément de ces décennies qu'elles montrèrent qu'elles n'étaient pas comme tout le monde. 

Formées dans le choeur de l'église de leur révérend de papa à Oakland en Californie, les Pointer Sisters débutèrent comme un duo, puis un trio et enfin un quatuor à partir de 1972, année où le label Blue Thumb se décida à signer cet étrange groupe qui s'habillait comme si nous étions en 1934 et chantait du Count Basie ou des reprises des Andrews Sisters avec une technique vocale qu'on pensait alors perdue. 






































Les trois premiers albums des soeurs Pointer, sortis en 73, 74 et 75, sont des merveilles absolues sur lesquelles on croise du Stevie Wonder, du Isaac Hayes, du Duke Ellington, des clins d'oeil à Peggy Lee et à Broadway mais aussi des compositions originales à l'image de ce "Fairytale", écrit comme une blague et qui leur vaudra le Grammy du meilleur groupe Country (une première pour une formation noire) et sera repris par Elvis. 

Avec des emprunts au blues, au funk, au jazz, les Pointer Sisters montraient ce que des scientifiques ont depuis affirmé : que les plus belles harmonies sont produites par des voix issues de la même famille. 

Lorsqu'en 1977, Bonnie quitta le groupe pour une carrière solo chez Motown racontée ici et June prit des vacances au pays de la cocaïne, Anita et Ruth firent le point. Et si on se réinventait ? Fini le glamour - dépôt vente vintage et les voix à l'unisson, les Pointer devinrent pop et même rock, avant de devenir electro-dance et avec le retour de June, elles attaquaient les années 80 en robes fluo et allaient obtenir leurs plus grands succès. 






C'était bien, pourtant, lorsqu'elles emmenaient les Andrews Sisters à la Nouvelle-Orléans...

dimanche 21 décembre 2014

Les très suaves Heures de l'Histoire Contemporaine : le jour où Bonnie Pointer voulut qu'on l'attache.

































En ce début d'année 1978, Bonnie Pointer a toutes les raisons d'être heureuse. A l'origine des Pointer Sisters, créées en 1970 comme un duo avec sa plus jeune soeur June, puis un trio lorsqu'elles furent rejointes par Anita et enfin un quatuor après que l’aînée, Ruth, ait accepté d'abandonner sa vie de mère au foyer, elle a connu en famille une ascension fulgurante. 

Surgies de nulle part en 1972 (enfin c'est une façon de parler puisqu'elles sont originaires d'Oakland), les Pointer Sisters sont en 1977 le groupe féminin qui compte et qui décoiffe surtout. Elle vendent des disques, font du cinéma, des concerts à guichets fermés et viennent même d'empocher le Grammy de la meilleure chanson Country avec "Fairytale", une première pour un groupe pas franchement texan et franchement noir. 

















Si c'est Anita qui chante la voix principale de "Fairytale" et l'a d'ailleurs également composé, Bonnie peut être considérée comme la cheville ouvrière du groupe. Elle-même compose, parfois plus de la moitié des chansons du quatuor, elle veille aux arrangements vocaux qui sont la spécialité des soeurs et revendique la maternité de leur look vintage chic avant l'heure qui donne l'impression que les Pointer Sisters sont sorties du Cotton Club en 1923 pour atterrir directement dans les bras d'Isaac Hays ou d'Angela Davis.

Peut-on n'être que le membre d'une formation lorsqu'on a autant de talents ? Bien sûr que non ! En 1977 alors que va sortir leur nouvel album dont elle a écrit pratiquement tous les titres, Bonnie quitte le groupe, laissant ses soeurs orphelines, le quatuor devenir un trio et déclare vouloir partir à la recherche de Bonnie Pointer. Oui, Bonnie parle d'elle à la troisième personne ce qui n'est jamais bon signe mais n'anticipons pas.


































Bonnie, cependant, ne se cherche pas longtemps puisqu'à peine son départ officialisé, elle est contactée et signe chez Motown qui en 1977, peine un peu à trouver un second souffle. Il y eut les années 60 prodigieuses de Detroit mais depuis que la maison mère qui avait offert au monde Diana Ross ou Stevie Wonder s'est installée à Los Angeles, mis à part Les Commodores, le label ne brille pas par ses succès.

Nous ne vous ferons pas l'affront de vous préciser qu'en 1977, le disco est roi. Motown envisage donc sérieusement de revenir à ce qui a fait sa marque de fabrique, c'est à dire faire danser les foules et envisage sérieusement Bonnie Pointer comme nouvelle figure de proue. On lui assigne donc un producteur flambant neuf, on lui donne accès à l'intégralité du catalogue Motown en lui suggérant une ou deux reprises de bon aloi et on l'enferme dans un studio. En 1978, les portes s'ouvrent : Bonnie vient de mettre au monde son premier album solo.





















Avant que vous ne commenciez à vous poser des questions : non, nous n'avons pas bu et avons consciemment publié deux fois la même photo, enfin presque, enfin disons qu'en dehors des variations de couleurs, nous venons de publier deux photos sur lesquelles se trouvent toutes les différences qui comptent et par la même occasion, la belle histoire du dimanche qui commence maintenant.

Sobrement intitulé "Bonnie Pointer", comme d'ailleurs le sera son second album (?), la première aventure solo de Bonnie se compose de 8 titres, ce qui est peu, dont deux reprises, "When I'm gone", gentil tube pour Brenda Holloway et Mary Welles en 1962 écrit par Smokey Robinson et "Heaven must have sent you" des magiciens Holland Dozier et Holland qui ne permirent pourtant pas aux Elgins en 1966 d'en faire un hit. En ce qui concerne les 6 autres pistes, pas une seule écrite par Bonnie.





















Bigre, voilà que nous publions à présent et pour la troisième fois la pochette ! Rien ne va plus ? Au contraire, tout va bien mais pas forcément pour Bonnie qui choisit, après discussion évidemment avec Berry Gordy, "Free me from my freedom" comme premier single de son album. Autant vous le dire, elle ne s'en remettra jamais.

En elle-même, "Free me from my freedom" est une formidable chanson, avec une ligne de basse que n'aurait pas reniée le groupe Chic et un solo de banjo ce qui est malgré tout plus surprenant. La chose est extrêmement dansante (d'ailleurs, pas plus tard qu'hier soir...) mais avouons que les paroles laissent un peu perplexe, encore plus perplexe que le solo de banjo ce qui n'est pas rien. Mais écoutons voir :



Pour nos suaves visiteurs qui aurait choisi Allemand en LV1 et Espagnol en LV2 (vous pouvez d'ailleurs toujours faire un procès à vos parents), Bonnie est dans cette chanson une femme célibataire et libre qui demande à son ancien compagnon d'accepter qu'elle revienne à ses côtés. Elle lui demande donc de la "libérer de sa liberté", de lui "remettre les chaînes (de l'amour)" aux poignets et à nouveau de "l'enfermer", littéralement.

Bonnie supplie, Bonnie implore, jusqu'au pont musical qui dure de 2m50 à 3m40, après quoi la chanson s'envole dans une sorte de délire sm invraisemblable : "attache-moi à un arbre", "mets-moi les menottes", "emprisonne-moi". Petit rappel : en 1978, nous sommes toujours en pleine période féministe/droits des minorités/Black power. Le verdict dès la sortie du single est sans appel ; la chanson va faire un tabac auprès du Ku Klux Klan.

































Malgré un petit succès dans les club gays (oui, c'est étrange), "Free me from my freedom" va être banni d'à peu près toutes les radios et nécessiter que Bonnie viennent s'expliquer dans "Jet Magazine" : c'est avant tout une chanson d'amour, non, il n'y a aucune référence et surtout aucun regret de la ségrégation dans ses propos... mais c'est trop tard.

Dans un mouvement très "panique à bord", Motown sort donc immédiatement un deuxième titre bien moins dangereux, la reprise de "Heaven must have sent you" qui, heureusement pour le label, va plutôt bien marcher. C'est même un succès presque instantané en Europe, on bidouille donc une version longue de 12 minutes qu'on ajoute à l'album qu'on ressort pour l'occasion avec un petit sticker (ce qui explique la deuxième pochette ci-dessus).






















Décidant qu'il faut battre le fer etc..., Bonnie est renvoyée en studio pour donner une suite à son premier opus, ce sera donc de nouveau un album intitulé "Bonnie Pointer" et qui comprendra comme titre phare... une reprise maison à la sauce disco, le "I can"t help myself" des Four Tops de 1965.

Le disque ne sera pas un triomphe mais un micro succès d'estime. Motown dira donc au revoir à Bonnie qui attendra 5 ans avant de refaire parler d'elle musicalement. Depuis, la discographie de "celle qui abandonna ses soeurs" (qui, au passage, rencontrèrent leurs plus gros hits une fois devenues un trio) compte deux autres titres, en 1985 et en 2011 et c'est donc peu.

Ce n'est pas pour autant qu'on ne parla plus d'elle puisqu'elle est régulièrement arrêtée depuis les années 80 pour, au choix, conduite en état d'ivresse ou possession de cocaïne. Ses soeurs lui interdirent les funérailles de June, disparue en 2006 d'un cancer et d'addictions diverses mais depuis cela va bien. On les a même vu rechanter ensemble et nous ne pouvons nous empêcher d'y voir, même si les dates ne collent pas, un peu de la magie de Noël.

































Aujourd'hui Bonnie est semble-t-il heureuse. Nous ne savons pas si elle veut toujours qu'on l'attache à un arbre mais nous aimerions bien, si elle le permet, lui attacher un styliste.

En toute amitié bien sûr. 

vendredi 6 juin 2014

Et maintenant dansons !



Parce que le vendredi sait aussi être langoureux : souvent commentée, jamais élucidée, voici la "main lente" des Pointer Sisters. 

mercredi 1 février 2012

Et maintenant dansons !


Toujours difficile, presque 30 ans plus tard, de ne pas se lever et danser la danse des neutrons dès les premières notes. Mais nous ne sommes jamais très objectif dès qu'il est question des soeurs Pointer.